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  • Aérien : Congo Airways, un succès à l’épreuve de l’instabilité politique

    Aérien : Congo Airways, un succès à l’épreuve de l’instabilité politique

    -Grâce à un marché porteur, la compagnie publique s’est imposée en deux ans au niveau national. En 2018, elle se lancera sur le marché régional. Moteur de sa réussite, sa gouvernance résistera-t‑elle à la situation chaotique qui règne en RD Congo ?

    Avec 365 000 passagers transportés en 2017 (contre 208 000 en 2016) et 77 millions de dollars (environ 64 millions d’euros) de chiffre d’affaires escompté (36 millions en 2016), l’année s’est conclue en beauté pour la toute jeune Congo Airways, née en octobre 2015. Des performances qui rendent Désiré Balazire, son directeur général depuis mai 2016, confiant dans la capacité de la compagnie à atteindre ses objectifs : franchir la barre des 400 000 passagers et des 99 millions de dollars de revenus en 2018.

    « Nous avons prévu d’être rentables à la mi-2019 », indique-t‑il. Certes le marché intérieur du pays, où Congo Airways dessert dix villes, est naturellement porteur. Une population de 80 millions d’habitants sur l’un des territoires d’Afrique les plus vastes (quatre fois la France) et les plus enclavés, où les airs constituent la route la plus pratique pour se déplacer. « Jusque-là, les passagers passaient par Nairobi ou Addis-Abeba pour se rendre de Kinshasa à Lubumbashi ou à Goma », complète Désiré Balazire.

    La compagnie, détenue par l’État et par des opérateurs telle la Gécamines, « est la seule à utiliser des avions de plus de 150 places », insiste le DG. Son principal rival privé, Fly CAA, a par exemple remisé ses Airbus A320 et A321 pour ne conserver que des Fokker 50 de moins de 60 places. De quoi encourager le « Léopard volant » à viser le régional. Cette année, la compagnie ouvrira d’abord une ligne vers Johannesburg et entend être présente d’ici à la fin de 2019 au Cap, à Lusaka, Harare, Dar es-Salaam, Bujumbura, Nairobi, Addis-Abeba, Bangui, Douala, Cotonou, Abidjan, Pointe-Noire et Luanda. Viendra ensuite l’ouverture de liaisons intercontinentales vers Paris, Dubaï ou Canton, en 2020.

    Pour servir ces ambitions, sa flotte comprendra dix appareils. « C’est logique, c’est le seuil sous lequel une compagnie ne peut pas survivre », commente-t‑on chez un constructeur. Propriétaire de deux A320 et de deux Bombardier Q400, le transporteur entend louer quatre A320 et deux Dreamliner neufs, ainsi que des petits modules pour les courtes liaisons. « Pour cela, il lui faut convaincre les loueurs, donc les banques, de sa solidité financière », poursuit l’avionneur.

    Sur la liste noire aérienne de l’UE

    Or, dans un pays figurant sur la liste noire aérienne de l’UE (71 crashs, 234 décès entre 2008 et 2016), tombeau de nombreux transporteurs dont Korhogo Airways, filiale de Brussels Airlines en 2015, Congo Airways y parvient. Sa discipline financière et managériale rassure acteurs financiers, constructeurs et sous-traitants.

    « Nous avions anticipé 22 millions de dollars de pertes en 2017 ; à la fin d’octobre, nous n’en étions qu’à 6 millions », rapporte le DG, comptable de formation et ex-conseiller chargé du climat des affaires à la primature. Des économies ont été générées en supprimant le catering sur les vols de moins d’une heure. Les salaires des agents ont été réduits de 17 %. Les effectifs ont diminué de 426 à 329 employés. Une transparence associée à des procédures antifraude et à un respect scrupuleux des normes internationales de sécurité.

    Déjà audité par l’UE, par le pétrolier Total et par plusieurs sociétés minières, Congo Airways devrait se voir délivrer sa certification Iosa (Iata Operational Safety Audit) d’ici à la fin de février, sésame indispensable pour opérer vers l’Europe. Mais ces bonnes pratiques survivront-elles à l’instabilité politique qui règne dans le pays ? Une grande partie de la réponse réside dans le soutien que lui apporte le gouvernement. « Jusqu’au départ du Premier ministre Augustin Matata Ponyo en novembre 2016, Congo Airways avait bénéficié de son appui, qui l’avait préservé du népotisme à l’origine de la ruine de tant de compagnies », relève un observateur. Aujourd’hui, son DG se retrouve plus isolé pour garantir la bonne gouvernance.

    Nouvelair en appui

    Le 15 janvier 2018, Congo Airways signera un contrat avec la compagnie tunisienne privée Nouvelair pour la location d’une durée de cinq mois d’un A320. Cette dernière lui fournit déjà pilotes, instructeurs et chefs personnels navigants commerciaux. En 2016, quinze experts tunisiens avaient accompagné Congo Airways dans la mise en place des procédures de sécurité.

    Avec JA

  • Mining Indaba : le moral de l’industrie minière au beau fixe, malgré les annonces fracassantes de la RDC

    Mining Indaba : le moral de l’industrie minière au beau fixe, malgré les annonces fracassantes de la RDC

    -Les professionnels du secteur minier africain se sont retrouvés au Cap, du 5 au 8 février, pour la conférence Mining Indaba, dans un contexte de hausse du prix des minerais. Un seul trouble-fête : la RDC, qui prévoit une réforme du code minier, rendu plus contraignant, et de renégocier les contrats de partenariats de la Gécamines au Katanga.

    La conférence Mining Indaba, qui rassemblait du 5 au 8 février plus de 5000 professionnels du secteur extractif africain au Cap, en Afrique du Sud, s’est terminée dans un climat nettement plus optimiste que les précédentes éditions. Et pour cause : les prix des minerais ont presque tous clôturés l’année 2017 en hausse. Le cuivre a gagné près de 7% de sa valeur l’année dernière ; le cobalt, près de 16% ; les diamants 28% ; l’or, déjà en forme depuis deux ans, 3%. Quant au prix de la cassitérite, il a pris 88%, et le coltan 130%.

    Les gisements de bauxite du continent, minerais dont on fait l’aluminium, suscitent toujours l’appétit des groupes chinois. Seules les filières du fer et du zinc sont en petite forme, mais l’inversion de leurs cours pourrait elle-aussi survenir dans les prochains mois.

    L’intérêt pour l’Afrique

    Une envolée quasi généralisée qui suscite l’intérêt des groupes miniers internationaux sur le continent, et la reprise des activités d’exploration, notamment dans l’or, où les grands de la filière, Randgold Resources, Endeavour Mining, Kinross Gold et Nordgold, dont les patrons étaient tous à la conférence du Cap, mettent les bouchées doubles pour dénicher les prochaines pépites, notamment en Afrique de l’Ouest, de la Guinée à la Côte d’Ivoire.

    Si les sociétés canadiennes, australiennes, et anglaises, qui dominent le secteur, étaient venues, comme à leur habitude, en nombre à Mining Indaba, on a pu aussi noter lors de cette édition la présence remarquée des compagnies extractives russes, emmenées par leur ministre des Mines Sergueï Donskoy.

    Ce contexte florissant donne des ailes aux gouvernements africains. Les ministres de la RDC, du Burkina Faso, de la Guinée, et du Mali, les principaux pays miniers francophones, avaient notamment fait le déplacement au Cap pour mettre en avant leurs gisements, trouver des partenaires miniers et financiers, et éclairer sur les éventuelles évolutions de leurs législations minières respectives.

    Les annonces fracassantes de la RDC

    À cet égard, les annonces fracassantes à Mining Indaba de la RDC, représentée par son ministre des mines Martin Kabwelulu, mais aussi par le président de la Gécamines, détenue par l’État, Albert Yuma Mulimbi, ont fait des vagues chez les miniers présents dans le pays.

    Le premier a confirmé la promulgation prochaine d’un nouveau code minier beaucoup plus contraignant que le précédent, et applicable immédiatement. Le second a indiqué qu’il lancerait une renégociation de tous ses contrats de partenariats dans 17 projets miniers au Katanga – dont ceux de Glencore et de China Molybdenum – dès avril prochain, suite à un audit réalisé par le cabinet Mazars.

    Avec JA

  • Le marché mondial du cobalt entre les mains de la RDC et la Chine

    Le marché mondial du cobalt entre les mains de la RDC et la Chine

    -La conférence Mining Indaba en Afrique du Sud se clôt sur un constat : la concentration de la production de cobalt entre la RDC et la Chine fait peser un risque sur l’approvisionnement mondial.

    L’abandon annoncé par la France et la Grande-Bretagne des véhicules à essence et diesel d’ici à 2040 et le virage de l’industrie automobile mondiale vers les véhicules électriques ont placé le cobalt au centre d’un débat complexe.

    En effet, ce métal entre, avec le lithium, dans la composition des batteries lithium-ion des voitures électriques comme dans celles des smartphones.

    Les projections de Transparency Market Research estiment ainsi que le marché mondial des batteries au lithium-ion devrait passer d’une valeur de 24 milliards d’euros en 2015 à 61 milliards à l’horizon 2024.

    Cette progression s’expliquant essentiellement par la demande de l’industrie automobile.

    Le cabinet de conseil Morgan Stanley estime ainsi que les véhicules électriques  devraient représenter la moitié des ventes mondiales à l’horizon 2050.

    66% de la production mondiale

    Mais cette dépendance aux batteries au lithium-ion repose sur une faiblesse préoccupante.

    Les géants de l’industrie mondiale tels qu’Apple, Samsung, Volkswagen ou Tesla sont dépendants des livraisons d’un pays africain plongé dans un profond marasme politique : la République démocratique du Congo (RDC), qui assure à elle seule les deux tiers de la production mondiale de cobalt, estimée à 148.000 tonnes en 2015 par la British Geological Survey.

    L’autre particularité du cobalt est que les pays de production diffèrent souvent de ceux où ce métal est raffiné.

    De ce point de vue, la Chine arrive largement en tête puisqu’avec plus de 48.000 tonnes par an, elle raffine à elle seule près de la moitié du cobalt disponible sur le marché mondial.

    D’ailleurs la Chine est largement présente en RDC puisqu’elle raffine la plus grande partie du cobalt extrait dans ce pays.

    Dès lors, il y a un véritable danger pour l’industrie automobile, ou celle des téléphones portables, à dépendre ainsi de la RDC.

    Dans un article publié par le site de vulgarisation scientifique The Conversation, Ben McLellan, chercheur à l’université de Kyoto au Japon, estime que l’industrie automobile “devrait se soucier du fait que l’approvisionnement d’un de ses minéraux essentiels (…) pourrait être trop centralisé dans un seul pays.”

    Si la Chine demeure par ailleurs un Etat plus fiable du point de vue économique, la crise d’approvisionnement en terres rares, entre 2009 et 2012, a montré que Pékin pouvait avoir une utilisation politique de ses ressources minérales.

    “Il y aura une pénurie d’approvisionnement en cobalt à l’avenir, lorsque le marché des véhicules électriques va se déployer”, a prédit à Bloomberg Ivan Glassenberg, le PDG du géant minier Glencore.

    Ainsi, en cinq ans, le prix de la tonne de cobalt a quasiment été multiplié par trois et la tendance reste à la hausse au London Metal Exchange, la bourse des métaux de Londres.

    La RDC s’apprête d’ailleurs à réviser son code minier jugé trop favorable aux capitaux étrangers, pour que son économie profite aussi de l’envolée des cours du cobalt, notamment par l’intermédiaire de l’entreprise nationale Gecamines.

    Travail d’enfants

    Mais ce n’est pas le seul souci. Dans un rapport publié en novembre 2017, Amnesty International a dénoncé les conditions de travail effrayantes dans les mines de cobalt en RDC, où 20% de la production serait assurée par des exploitations artisanales.

    Amnesty International a accusé des entreprises comme Volkswagen, Daimler, Microsoft et Renault de ne pas agir suffisamment – voire pas du tout – pour tracer l’origine du cobalt qu’ils intègrent dans leur production.

    Un cinquième de la production de cobalt en RDC est extrait dans des mines artisanales Un cinquième de la production de cobalt en RDC est extrait dans des mines artisanales

    Volkswagen a annoncé en janvier sa décision de s’installer au Rwanda pour y bâtir une usine d’assemblage. L’intention du constructeur automobile allemand est également de se rapprocher des gisements de cobalt en République démocratique du Congo.

    “20% de la production totale de cobalt en RDC est réalisée à la main. Les mineurs extraient le cobalt avec des outils rudimentaires et sans protection”, explique Lauren Amistead d’Amnesty International.

    “Les puits qu’ils creusent sont souvent plus profonds que la norme légale de 30 mètres. Ils descendent parfois à 60 ou 70 mètres et ils n’ont aucune protection. Ces personnes travaillent dans des conditions très dangereuses et lorsque les puits s’effondrent, il y a des morts.”

    “Si Volkswagen veut devenir leader sur le marché de la voiture électrique alors ils doivent vraiment se positionner en tant que leader du point de vue des pratiques d’extraction. Il est de la plus haute importance que la révolution des véhicules électriques ne se fasse pas sur le dos des enfants et des adultes qui travaillent dans ces conditions en République démocratique du Congo”, poursuit Lauren Amistead.

    Les industriels de l’automobile et des smartphones se retrouvent donc sous une pression croissante des ONG mais aussi des investisseurs qui exigent un “traçage” du cobalt, à l’image de ce qui a été mis en place pour les minerais et les diamants extraits dans les zones de conflits.

    Le fond d’investissement Hermes, qui pèse 34 milliards d’euros, vient de sommer les industriels de songer à utiliser des techniques telle que le “blockchain”, une technologie de stockage et de transmission de données qui fonctionne sans contrôle central, utilisée notamment avec la crypto-monnaie bitcoin.

    Appliquée au cobalt, cette technologie, déjà utilisée pour le diamant, permettrait de tracer le cobalt depuis son extraction jusqu’à son application industrielle.

    Toutefois, le cas du cobalt reste plus complexe car encore lié à une production plus artisanale. Le risque étant que du cobalt “propre” soit mélangé à la production d’autres sites qui utilisent le travail des enfants.

    DW

  • Disparition du pasteur qui a demandé à Kabila de passer le relais en RDC

    Disparition du pasteur qui a demandé à Kabila de passer le relais en RDC

    -Le pasteur François David Ekofo, qui s’est montré critique contre le régime de Kinshasa, est porté disparu, indique l’église protestante congolaise en RDC.

    “La présidence nationale de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) informe les autorités ainsi que l’opinion publique, qu’elle est sans nouvelle de son pasteur François David Ekofo depuis le 4 février 2018″, précise un communiqué dont VOA Afrique a obtenu copie.

    L’ٞéglise prie, dans le texte, les autorités de ne ménager aucun effort pour l’informer de la situation du pasteur.

    En même temps que le communiqué de l’ECC, une photo de la famille du pasteur circule dans les réseaux sociaux prétendant qu’elle (la famille) serait depuis deux jours aux Etats-Unis. VOA Afrique n’a pas pu vérifier l’information.

    L’ECC demande à ses fidèles de prier pour le pasteur François David Ekofo et pour la paix en RDC.

    Le pasteur Ekofo avait, le 16 janvier dernier, demandé au président Joseph Kabila de ” savoir passer le relais comme dans une course pour que le pays entier gagne “. Le culte auquel assistaient la famille présidentielle et les membres de différentes institutions du pays, était organisé en mémoire du 17e anniversaire de l’assassinat du président Laurent Kabila, père de l’actuel chef de l’Etat congolais.

    Depuis ce sermon, le pasteur Ekofo que l’ECC reconnait comme aumônier de la famille présidentielle, s’est mis à vivre en clandestinité. Mais la hiérarchie de l’église dit avoir perdu ses traces le 4 février et s’inquiète.

    La Mission des Nations unies en RDC (Monusco) affirme, pour sa part, que le pasteur David Ekofo a emprunté un vol de l’ONU pour quitter la République démocratique du Congo.

    “Figure de l’Eglise du Christ du Congo (ECC), le pasteur Ekofo a voyagé à bord d’un vol de l’ONU Kinshasa-Goma-Entebbe (Ouganda) samedi dernier”, a indiqué la porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), Florence Marchal.

    La Monusco facilite le déplacement des étrangers et congolais (officiels, journalistes, personnalités) en RDC, où les voyages coûtent cher.

    Le pasteur s’est ensuite rendu dimanche aux Etats-Unis, a indiqué à l’AFP un proche du pasteur Ekofo qui a requis l’anonymat.

    La RDC est en crise pour non-tenue d’élections. Le président Joseph, au pouvoir depuis 2001, avec un mandat expiré le 19 décembre 2016, s’est maintenu au pouvoir alors que la Constitution ne l’autorise pas à se représenter parce que déjà élu par deux fois à la tête du pays.

    Des marches de protestation sont organisées à l’initiative du comité de coordination des laïcs catholiques pour exiger le départ du président Kabila, mais elles sont violemment dispersées.

    Les mêmes laïcs catholiques ont, de nouveau, appelé à d’autres marches le 16 mars prochain. Mais le gouvernement ne les a pas autorisées.

    La CENI a, en décembre, reporté une énième fois les élections pour le 23 décembre 2018.

    Avec VOA

  • La RDC oblige Brussels Airlines à réduire ses vols vers Kinshasa

    La RDC oblige Brussels Airlines à réduire ses vols vers Kinshasa

    -La République démocratique du Congo a obligé la compagnie belge Brussels Airlines à réduire ses fréquences de vol vers Kinshasa de sept à quatre par semaine à partir de lundi, après un regain de tensions entre les deux pays.

    “Le nombre des fréquences hebdomadaires allouées à votre compagnie Brussels Airlines est réduit de sept à quatre à partir du lundi 5 février 2018”, a indiqué le directeur général de l’aviation civile, Jean Tshiumba Mpunga, dans un courrier adressé à la représentante de Brussels Airlines à Kinshasa.

    L’Autorité de l’aviation civile avance comme justification l’absence “de réciprocité dans l’exploitation des services aériens internationaux entre la République démocratique du Congo et le royaume de Belgique”, dans ce courrier.

    “On va trouver des solutions pour nos passagers. On regrette que nos passagers soient victimes évidemment”, a réagi une porte-parole de la compagnie jointe par l’AFP à Bruxelles.

    Il y a deux semaines, les autorités congolaises avaient signifié à Bruxelles leur volonté de fermer la “Maison Schengen” de Kinshasa, sorte de consulat de l’Union européenne géré par la Belgique pour le compte de 17 pays membres de l’UE plus la Norvège.

    Kinshasa avait aussi demandé à Bruxelles de mettre fin aux activités de son agence de développement Enabel en RDC.

    “La maison Schengen a dû suspendre ses activités”, avait indiqué vendredi l’Union européenne, indiquant que les 18 pays concernés “restent ouverts au dialogue”.

    L’ambassade de Belgique a mis en place un numéro de téléphone à la disposition des Congolais qui sollicitent un visa court séjour de trois mois. “On ne prend plus de dossier pour l’instant”, indique-t-on à ce numéro.

    Pour sa part, le standard de l’ambassade de France prenait les noms et les numéros de téléphone des Congolais sollicitant un visa.

    La Belgique avait annoncé le 10 janvier “une révision fondamentale” de sa coopération avec les autorités congolaises jusqu’à “l’organisation d’élections crédibles en RDC.

    Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders avait condamné la répression de la marche des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila qui avait fait au moins six morts d’après les Nations unies le 21 janvier.

    L’ambassadeur belge est en réunion à Bruxelles depuis une semaine.

    Début 2017, les autorités congolaises avaient annoncé la suspension de leur coopération militaire avec l’ancienne puissance coloniale.

    L’UE avait prononcé en 2017 des sanctions à l’encontre d’une quinzaine de personnalités congolaises pour “violations des droits” ou “entrave au processus électoral”.

    Le climat politique est très tendu en RDC où le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016. Des élections prévues fin décembre 2017 ont finalement été reportées en décembre 2018.

    Avec AFP

  • CONNEXIONS MINIÈRES: Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo

    CONNEXIONS MINIÈRES: Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo

    Israeli billionaire Dan Gertler walks through the Katanga Mining Ltd. copper and cobalt mine complex during a tour of the operations in Kolwezi, Democratic Republic of Congo, on Wednesday, Aug. 1, 2012. Since he first arrived in wartime Congo in 1997 at only 23 years old, Gertler has amassed an empire worth almost $2.5 billion dollars, according to Bloomberg calculations using publicly available documents. Photographer: Simon Dawson/Bloomberg via Getty Images

    -PAR Will Fitzgibbon

    Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo
    Un tribunal suisse a confirmé les enquêtes criminelles en cours sur les activités de Dan Gertler, un diamantaire israélien soupçonné de corruption à grande échelle en République démocratique du Congo (RDC).

    Le Tribunal pénal fédéral suisse a publié vendredi un jugement de 13 pages qui détaille la manière dont les Etats-Unis ont cherché à obtenir des informations, notamment des dossiers bancaires, sur les affaires de Gertler depuis 2012.

    Les sociétés de Gertler ont fait appel d’une décision suisse de fournir des informations aux États-Unis. Le tribunal a rejeté l’appel et a publié sa décision.

    Les autorités américaines prétendent détenir des preuves montrant que des pots-de-vin ont été versés à des hauts fonctionnaires de la RDC en échange de droits miniers et de prestations gouvernementales, selon le jugement.

    Les pots-de-vin concernaient des pots-de-vin et des pots-de-vin en nature tels que des articles de luxe et des «vacances personnelles extravagantes» accordés à au moins trois fonctionnaires qui n’étaient pas identifiés conformément aux pratiques juridiques suisses.

    Un avocat de Gertler représentant les entreprises qui ont fait appel de la décision a confirmé au partenaire média de l’ICIJ, Tages Anzeiger, que les États-Unis avaient fait trois demandes d’information.

    Le “Britain’s Serious Fraud Office” a également demandé des informations, a ajouté l’avocat.

    “Les Américains ne verront aucune activité illégale commise par M. Gertler”, a déclaré son avocat, Marc Bonnant. Gertler a nié à plusieurs reprises les actes répréhensibles.

    Sources:

  • RDC: à Kinshasa, le président Kabila répond à la presse après 5 ans de silence

    RDC: à Kinshasa, le président Kabila répond à la presse après 5 ans de silence

    – En RDC, le président Joseph Kabila s’est exprimé lors de sa première conférence de presse à Kinshasa depuis 5 ans et sa réélection contestée. Le président Joseph Kabila a donc décidé à la surprise générale de s’exprimer pour les 17 ans de son accession au pouvoir. Dans cette longue déclaration, il est revenu sur la situation au Kasaï. La situation est redevenue calme à 90%, a dit le chef de l’Etat congolais. Et il dénonce aussi ceux qui, selon lui, ont fait barrage à l’émergence de la démocratie dans son pays.

    « Je m’éclate quand je vois ceux qui prétendent défendre la Constitution », a dit Joseph Kabila. Le président congolais a insisté sur le fait qu’il aurait été « le seul à battre campagne » en faveur de l’actuelle Constitution congolaise en 2005, contrairement à d’autres, « restés dans des bistrots ou dans les ambassades à Kinshasa », insiste le chef de l’Etat congolais. Une référence, sans doute et entre autres, sans mentionner son nom, au principal parti d’opposition, l’UDPS qui avait appelé au boycott.

    « Ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays devraient faire preuve d’humilité en lieu et place de donner des leçons », a encore lancé Joseph Kabila à ses détracteurs. « Malgré le bon déroulement des élections de 2006, il y avait des contestations : le perdant et une partie de l’Eglise », a pointé le chef de l’Etat. Pour ce qui est des élections de 2011, le président congolais, qui avait modifié la Constitution en trois jours pour faire passer le scrutin à un tour au grand dam de l’opposition, met en cause la mission de l’ONU dans le pays, la Monusco qui aurait refusé d’apporter son soutien logistique. Ou même la communauté internationale qui lui aurait demandé de sursoir à ce scrutin. « J’ai dit non », a martelé le président congolais.

    Pour ce qui est de la présidentielle attendue pour la fin de l’année, Joseph Kabila s’est voulu rassurant. « Le processus électoral est résolument engagé », a affirmé le chef de l’Etat. Joseph Kabila est aussi revenu sur le bras de fer avec les partenaires du Congo : « Mon pays n’est pas à vendre, la RDC doit être respectée ». Concernant Monusco, la Mission des Nations unies dans le pays, Joseph Kabila dit exiger le « respect strict du Sofa », l’accord qui lie la RDC à l’ONU, accord maintes fois violé, selon lui. Il accuse même l’ONU d’avoir tardé à réagir « après des drames ».

  • Joseph Kabila demande à l’église de “rendre à César ce qui est à César”

    Joseph Kabila demande à l’église de “rendre à César ce qui est à César”

    – Au cours d’un rare face-à-face avec la presse vendredi à Kinshasa, le président congolais a déploré l’implication de l’église dans la politique en RDC. Il s’agissait de la toute première apparition publique de Joseph Kabila depuis les récentes manifestations réprimées dans le sang.

    M. Kabila a spécifiquement dénié à l’église catholique la prérogative de s’occuper des affaires politiques.

     “Jésus-Christ n’a jamais présidé une Commission électorale”, a déclaré le président congolais sur un ton d’ironie.

    “Rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Quand on essaie de mélanger les deux, c’est dangereux. Le résultat est toujours négatif”, a-t-il affirmé.

    Déplorant les pertes en vies humaines, M. Kabila a indiqué qu’il était d’avis que les manifestations soient autorisées mais que les responsables en répondent.

    L’église catholique mais aussi certaines autres confessions religieuses exigent la mise en application de l’accord politique signé le 31 décembre 2016 qui permet au président Kabila dont le mandat a expiré le 19 décembre 2016 de rester au pouvoir jusqu’aux prochaines élections.

    Ledit accord avait été négocié sous la médiation des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Les Catholiques, spécialement, font pression pour que M. Kabila annonce publiquement qu’il ne se représentera pas au prochain scrutin.

    A une question de la presse dans ce sens, le président a simplement demandé qu’un exemplaire de la Constitution soit remis au journaliste auteur.

    “Je constate depuis plusieurs années qu’on vous a tout dit. Alors tout. Sauf la vérité… “, a soutenu M. Kabila.

    Avec VOA

  • “Kin-la-belle” tient tête à la police de Kabila

    “Kin-la-belle” tient tête à la police de Kabila

    -La situation redevenait calme en fin d’après-midi. Lundi, le commerce va reprendre dans les petites échoppes de Kintambo et des Kinois retourneront boire des bières à Matonge. Jusqu’à la prochaine marche? Les prochaines élections présidentielles ne sont pas prévues avant le 23 décembre.

    “Elle n’est pas morte pour rien. C’est une martyr”, lance Jean-Claude qui s’improvise porte-parole du clan dans la cour de la résidence familiale, à Kinshasa.

    Elle, c’est sa grande sœur, Deshade, 24 ans, aspirante à la vie religieuse, qui vient d’être fauchée par une rafale de balles devant la paroisse Saint-François de Salles, à Kintambo, un quartier populaire de la capitale de la République démocratique du Congo.

    La jeune femme de 24 ans aux tresses noires et marrons, qui sourit à la vie sur un selfie présenté par ses proches en pleurs, est l’une des six victimes de la répression des marches des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    “Des soldats ont tiré au moins cinq balles. Ma grande sœur a perdu beaucoup de sang”, poursuit Jean-Claude.

    C’est une femme officier qui a donné l’ordre de tirer le coup de rafale fatale, accusent des témoins.

    Derrière le frère, parmi les femmes qui hurlent de douleur, un membre du clan se tait. Le père. “Je ne peux rien dire, je suis officier de police. Dieu jugera”, soupire l’homme, acteur malgré lui d’une tragédie congolaise.

     Une chaise renversée, des rameaux dispersés, une mare de sang qui sèche: les traces de l’agonie de la jeune femme, sont encore visibles devant l’église Saint-François.

    Saint-François, Christ-roi, Saint-Joseph, cathédrale Notre-Dame…: dans la capitale aux 160 paroisses, les fidèles ont défié les forces de sécurité et marché après les messes pour dire non à la prolongation du pouvoir du président Kabila, dont le dernier mandat a expiré le 20 décembre 2016.

    Contrairement à la précédente marche du 31 décembre, les catholiques ont résisté après les premiers tirs de gaz lacrymogènes.

    Pneus brûlés, poubelles renversées, rues barricadées, le quartier de Kintambo, l’un des plus vieux de Kinshasa avec ses petites échoppes à un étage, a été l’un des centres de la colère populaire.

    Des jeunes, des femmes, des hommes ont marché rameaux à la main, entonnant des chants anti-Kabila, au nez et à la barbe des policiers.

    “Ils nous tueront ensemble”

    “Qu’il parte! Il ne fait que tuer les gens, on n’en peut plus”, hurle un jeune homme d’une vingtaine d’années. “Kabila doit partir, nous n’allons plus lui laisser du temps”, lance un autre.

    L’espace d’une matinée, “Kin-la-belle”, la troisième mégapole africaine qui déborde d’énergie malgré la misère, a renoué avec les heures sombres de son histoire.

    Plus loin dans un autre quartier, à Lemba, un homme en civil se promène à l’arrière d’une moto en tirant des coups de feu en l’air. La scène se déroule en face du camp militaire “Mzee Kabila”, en référence à Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, assassiné il y a tout juste 17 ans en janvier 2001.

    A une vingtaine de mètres, un groupe de jeunes en colère défient des policiers, visiblement débordés.

    Les marches ont commencé à la fin des messes, comme dans la paroisse Saint-Joseph de Matonge, quartier connu en temps ordinaire pour ses bars et ses boîtes.

    “S’il arrivait qu’on nous menaçait, restons unis et s’ils veulent nous tuer, ils nous tueront ensemble”, donne pour consigne à l’assistance un responsable laïc avant la marche.

    La procession sort, les fidèles arrachent des branches d’arbres pour les agiter comme des rameaux de paix, derrière un enfant de chœur qui porte le crucifix.

    Après 100 mètres, les cantiques religieux s’arrêtent net aux premiers coups de gaz lacrymogènes.

    “Je voudrais qu’on appelle à une nouvelle marche même dans trois jours. Il faut continuer à faire pression sur ce pouvoir”, s’emporte Jean-René, un fidèle.

    “Nous avons tenu tête aux policiers malgré leur brutalité”, se félicite Néhémie, un spécialiste en communication numérique, sonné par les gaz lacrymogènes.

    Dans une autre paroisse, Christ-Roi, les fidèles ont marché sur près de deux kilomètres, avant de recevoir des tirs de lacrymogènes et de balles réelles.

    Ils ont répondu par des jets de pierre. Après un quart d’heure d’affrontement, le curé leur demande de regagner l’enceinte de l’église ou de retourner chez eux.

    “Le pays va bien, la police est très gentille”, ironise un policier qui contrôle l’équipe de l’AFP à l’un des très innombrables barrages déployés dès l’aube.

    Avec AFP

  • Le pape demande aux autorités d’éviter “toute forme de violence” en RDC

    Le pape demande aux autorités d’éviter “toute forme de violence” en RDC

    -Le pape François a appelé dimanche les autorités de la République démocratique du Congo à éviter “toute forme de violence”, à la fin d’un Angelus prononcé à Lima.

    Six personnes ont été tuées dimanche à Kinshasa dans la dispersion de marches interdites à l’appel d’un collectif catholique contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, selon la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

    “Aujourd’hui, des nouvelles très inquiétantes me parviennent de la République démocratique du Congo. Prions pour le Congo”, a déclaré le souverain pontife face à la foule réunie sur la place principale de Lima.

    “Je demande aux autorités, aux responsables et à tous dans ce pays bien-aimé qu’ils mettent en oeuvre tous leurs efforts pour éviter toute forme de violence et chercher des solutions en faveur du bien commun”, a-t-il ajouté.

    Le pape argentin conclut dimanche une tournée d’une semaine en Amérique latine, la sixième de son pontificat, qui a débuté au Chili avant de se poursuivre au Pérou, où il célébrera dans l’après-midi une messe géante dans la capitale.

    Les violences en RDC ont aussi fait 49 blessés dans tout le pays où 94 personnes ont été arrêtées, selon la porte-parole de la Monusco, Florence Marchal.

    La dispersion de précédentes marches interdites le 31 décembre avait fait six morts dont cinq à Kinshasa, selon la Monusco et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités.

    Avec AFP