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  • L’ONU enverra des observateurs sur les marches de catholiques contre Kabila en RDC

    L’ONU enverra des observateurs sur les marches de catholiques contre Kabila en RDC

    -La Mission des Nations unies au Congo va envoyer des “observateurs” dimanche pour rapporter “d’éventuelles violations des droits de l’homme” lors des “marches pacifiques” convoquées à l’appel d’un collectif catholique demandant au président Joseph Kabila de quitter le pouvoir.

    “Ces équipes seront déployées dans les principales villes de la République démocratique du Congo. A Kinshasa, elles seront composées de représentants de la force de la Mission, de la police des Nations Unies et du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme”, a indiqué la Monusco dans un communiqué.

     “Elles observeront les événements et rapporteront d’éventuelles violences et violations des droits de l’homme”, a ajouté la Monusco, qui rappelle que “le droit de manifester pacifiquement est inscrit dans la Constitution congolaise et est protégé par les engagements internationaux de la RDC”.

     

    L’interdiction et la dispersion d’une précédente marche le 31 décembre avait fait six morts, d’après les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités congolaises.

    “Toutes les parties en présence, qu’il s’agisse des manifestants ou des forces de défense et de sécurité, doivent s’abstenir de recourir à la violence sous toutes ses formes”, a insisté la Monusco, qui a précisé qu’elle n’est pas responsable du maintien de l’ordre.

    Ces marches à la sortie de la messe ont été lancées à l’appel d’un “comité laïc de coordination” proche de l’église catholique.

    Cinq de ses huit responsables, qui vivent cachés dans Kinshasa, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt, a indiqué jeudi soir à l’AFP une source du parquet à Kinshasa.

    La Monusco a par ailleurs affirmé qu’elle n’assurait pas une protection discrète des membres de ce comité, comme l’avançait une source: “Nous n’avons pas pour mandat de protéger des personnalités. Nous avons pour mandat de protéger des civils”, a indiqué à l’AFP la porte-parole de la Monusco Florence Marchal.

    Soutenu par l’opposition politique et l’influent épiscopat, le comité laïc de coordination demande au président Kabila de dire publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme le prévoit la Constitution.

    Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 d’après l’actuelle Constitution. La commission électorale a annoncé des élections pour le 23 décembre 2018.

    Avec AFP

  • le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais?

    le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais?

    -A près de 79 ans, le cardinal Laurent Monsengwo ne désarme pas. Après la répression sanglante des marches du 31 décembre 2017, approuvées par l’Eglise catholique, il n’a pas hésité à exiger « que les médiocres dégagent ». Pour les partisans de Joseph Kabila, l’archevêque de Kinshasa a prononcé les mots de trop, il est accusé à demi-mot de « tentatives subversives » visant à perturber les élections prévues officiellement pour la fin 2018. Portrait.

    Il y a un adjectif qui revient sur toutes les lèvres quand on évoque la personnalité du cardinal Monsengwo : « têtu ». « Quand il est décidé, il va jusqu’au bout », confirme le sénateur Mokonda Bonza. L’ex-directeur de cabinet du président Mobutu se souvient des messages déjà très politiques de celui qui n’était encore qu’archevêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale dans les années 90.

    Suivant les traces de son mentor et prédécesseur, le premier cardinal du Congo, l’archevêque Joseph-Albert Malula, Laurent Monsengwo perpétuait déjà à l’époque la « mission prophétique » de l’Eglise catholique au Congo, dénonçant la misère du peuple ou la corruption à une époque où le Congo vivait sous le régime d’un parti-Etat. « Ses messages égratignaient le président Mobutu sans jamais le désigner », note Mokonda Bonza.

    Selon l’ancien mobutiste, Laurent Monsengwo était déjà présenté par les faucons du régime comme « un soutien d’Etienne Tshisekedi », l’opposant historique : « Le président Mobutu ne voulait pas de lui à la tête de la conférence nationale, il a tout fait pour qu’un autre évêque soit désigné. » Le maréchal cherche à diviser la société civile et envoie son émissaire négocier le soutien des protestants et des Eglises du réveil contre le prélat catholique. Mais, en 1992, la personnalité de Laurent Monsengwo s’impose à tous, lui y compris.

    Monsengwo, la « crème de l’Eglise »

    A peine ouverte, la conférence nationale censée amener à une démocratisation du pays est suspendue par un parti-Etat devenu la cible de toutes les critiques. Le 16 février 1992, à l’appel des mouvements laïcs de l’Eglise catholique, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour réclamer la réouverture des débats dans le cadre d’une « Conférence nationale souveraine ». Pris de panique, le gouvernement congolais fait intervenir les forces de sécurité. Elles ouvrent le feu sur les manifestants. Le bilan officiel fait état d’une vingtaine de morts, l’opposition – elle – évoque un bilan d’une centaine de victimes. Le maréchal cède.

    « Le président Mobutu s’est rendu compte à ce moment-là que l’Eglise était un adversaire redoutable, il ne voulait pas faire de l’Eglise un ennemi », se souvient le sénateur Mokonda Bonza. Mobutu Sese Seko nomme même, quelques mois après cette répression sanglante, son rival, l’opposant historique Etienne Tshisekedi, Premier ministre. Alors que la rébellion de Laurent-Désiré Kabila menace son régime, il acceptera en 1994 la « troisième voie » proposée par Laurent Monsengwo et désigne l’actuel président du Sénat, Kengo Wa Dondo, comme chef de son gouvernement. Aux yeux des Congolais, la première « marche des chrétiens » reste un tournant pour un régime qui n’en finira plus d’agoniser.

    L’opposant Christophe Lutundula se souvient du jour où, en 1996, le cardinal s’est vu démettre de la présidence du Haut conseil de la République, le parlement de transition, dont lui-même était deuxième vice-président : « Quand on a commencé à lui demander de partir, il souriait, il n’arrêtait pas de répéter qu’il n’y avait pas de solutions en dehors des résolutions de la Conférence nationale, comme il le fait aujourd’hui avec l’accord de la Saint-Sylvestre ». Le vice-président du G7 lui avait donné le nom de ceux qui avaient voté contre lui. Laurent Monsengwo serait resté très calme. Selon Christophe Lutundula, sa réaction la plus expressive s’est limitée à un « ah bon, celui-là aussi ».

    C’est Laurent Monsengwo, alors président de la Cenco, qui introduit la notion de « démocratisation » dans les discours de l’Eglise catholique, rappelle l’historien congolais Isidore Ndaywel, auteur de l’imposant ouvrage Histoire générale du Congo et l’un des initiateurs du nouveau comité laïc de coordination à Kinshasa. A travers les cardinaux Malula et Monsengwo, l’Eglise catholique, accusée d’avoir été l’un des piliers de la colonisation, menacée par la montée en puissance des Eglises du réveil, cherche à ancrer dans la société congolaise l’image d’une Eglise qui défend les véritables aspirations du peuple.

    « Laurent Monsengwo est l’un des tous premiers africains à avoir choisi l’exégèse comme sujet d’étude », note l’historien Isidore Ndaywel qui a co-édité un livre sur les 25 ans de son épiscopat. Le choix de l’exégèse biblique, recherche ô combien difficile et sensible autour du texte sacré, a permis à ce jeune congolais issu d’un petit village de la province du Bandundu d’être remarqué très tôt alors qu’il faisait ses études à Rome. Cette discipline nécessite la maîtrise des langues bibliques, l’hébreu, l’araméen et le grec. « L’érudit » Monsengwo aurait « une très grande facilité à apprendre les langues », il en parlerait plus d’une quinzaine si l’on en croit ses collègues professeurs.

    C’est aussi, et en partie, à Laurent Monsengwo que l’on doit la reconnaissance par le Saint-Siège du « rite zaïrois » qui insiste sur la participation active de l’assemblée au cours de la messe, permet une « procession en cadence », pas une danse, précisera Benoit XVI. Quelques mois avant sa mort, le cardinal Joseph-Albert Malula envoie son disciple, familier du Vatican, négocier cette adaptation du rite liturgique romain, perçue comme nécessaire à la survie de l’Eglise catholique sur le continent africain. Laurent Monsengwo devra pourtant attendre plus de vingt ans pour devenir cardinal à son tour.

    En 2010, Benoit XVI lui octroie le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria « Regina Pacis » in Ostia mare. En 2013, François fait de lui l’un de ses neufs conseillers pour l’une des réformes les plus ambitieuses de l’administration du Saint-Siège, mais qui suscite des résistances : la réforme de la curie romaine. « Qu’on aime ou qu’on déteste le cardinal Monsengwo, il est stratège, il sait où il va, sinon il ne serait jamais devenu cardinal », note l’ancien directeur de cabinet du président Mobutu, Mokonda Bonza, ajoutant : « C’est même la crème de l’Eglise aujourd’hui ».

    « Kinshasa, lève-toi »

    Silence, le cardinal compose sur l’orgue dans sa chambre, dit-on. Le morceau « Kinshasa, telema o ngenge na mwinda mwa Kristu », littéralement : « Kinshasa, lève-toi et resplendis de la lumière du Christ », est souvent joué lors des messes où Laurent Monsengwo officie. « Il est très florentin », commente un officiel congolais qui dit l’avoir souvent côtoyé. « Il aime l’exercice du pouvoir sous toutes ses formes, il est capable d’être machiavélique comme il l’est aujourd’hui ». A l’adjectif « têtu », cet officiel ajoute une ribambelle d’autres : sibyllin, très méthodique, retord, rancunier… Le mélomane de l’archidiocèse de Kinshasa a toujours inquiété les autorités congolaises. « On tablait sur les divisions au sein de l’Eglise catholique, mais il a complétement renversé la vapeur », reconnaît cet officiel.

    En décembre 2015, les « évêques de l’est » partent rejoindre le pape François en Ouganda pour son premier voyage sur le continent. Les « évêques de l’ouest » en ont profité pour menacer Joseph Kabila – déjà soupçonné de vouloir s’accrocher au pouvoir – d’une « marche des chrétiens ». Le pape François aurait, dit-on, tapé du poing sur la table. La décision n’aurait pas été assez démocratique à son goût et le risque trop grand de voir couler le sang des chrétiens. A Kinshasa, à l’époque, un religieux s’emporte : « on ne peut pas laisser la Conférence épiscopale être noyautée par le G7 ». L’accusation fait sans doute référence à la proximité entre Laurent Monsengwo et plusieurs personnalités de cette plateforme dissidente de la majorité, passée à l’opposition. Ces liens avec le président et le vice-président du G7, Pierre Lumbi et Christophe Lutundula, remontent à l’époque de la Conférence nationale. Mais l’opposant Christophe Lutundula dément : « Le cardinal n’était ni pour le président Mobutu, ni pour Etienne Tshisekedi à l’époque. Il n’a pas non plus de biais politique aujourd’hui ».

    Deux ans après la visite du pape François en Ouganda, le cardinal Monsengwo semble bel et bien « renverser la vapeur ». Un comité laïc de coordination a été mis sur pied dans l’archidiocèse de Kinshasa. A l’image des mouvements laïcs de 1992, cette association formée par des intellectuels proches de l’Eglise catholique cherche à travers des prières et des marches à arracher l’application de l’accord politique de la Saint-Sylvestre signé sous l’égide de l’Eglise catholique et notamment l’ouverture de l’espace politique au Congo, avant des élections promises pour la fin de l’année.

    Ce sont cette fois les « évêques de l’est » qui sont accusés d’avoir entravé les marches du 31 décembre 2017, en décourageant les paroissiens de s’y rendre par des communiqués relayés dans les médias, comme à Goma, Bukavu ou Butembo. Même si la conférence épiscopale a démenti toute division dans le clergé congolais, de jeunes activistes sont allés frapper à la porte du Centre interdiocésain pour demander une enquête contre des prélats soupçonnés d’être « vendus au pouvoir ».

    Dans une lettre adressée aux archevêques et aux évêques du pays, l’émissaire du Vatican, Monseigneur Montemayor, a montré cette fois sans ambiguïté le soutien du souverain pontife au cardinal, à la Conférence épiscopale et au comité laïc de coordination. Ce dernier se voit même octroyer un statut d’association de droit canonique par Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, à défaut de pouvoir espérer obtenir l’agrément du gouvernement.

    « Que les médiocres dégagent »

    Après la répression des marches du 31 décembre 2017, les paroissiens tués, les gaz lacrymogènes lancés dans les Eglises, le cardinal Monsengwo ira plus loin qu’il n’est jamais allé avec le maréchal Mobutu ou l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. Il n’a jamais demandé le départ des uns ou des autres, il ne les aimait pas. « Il n’aime pas les politiciens », répètent ses proches. « Que les médiocres dégagent », lâche Laurent Monsengwo lors de sa conférence de presse le 2 janvier 2017. Face aux voix de la majorité qui protestent, accusant le cardinal d’être devenu « l’opposant numéro 1 », le secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’abbé Nshole justifie : « Médiocre, ce n’est pas une insulte, c’est une évaluation ». L’expression sans ménagement ne surprend pas Isidore Ndaywel, l’historien du comité laïc, même s’il l’attribue à une forme d’exaspération : « Le cardinal utilise des mots très forts, parfois des phrases assassines, même sur le plan religieux ».

    Pour le sénateur Mokonda Bonza, « le cardinal n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. C’est ça qui a fait mal au régime. » La majorité présidentielle qualifie les propos de Laurent Monsengwo d’« injustes et injurieux ». Le gouvernement évoque « quelques tentatives subversives initiées notamment par un membre de la hiérarchie du clergé de l’Eglise catholique de la ville de Kinshasa » et accuse la Conférence épiscopale de s’inscrire « dans un schéma anticonstitutionnel de violence, de désordre, de perturbation du processus électoral », une démarche « compromettant gravement les intérêts nationaux ». Son porte-parole, Lambert Mendé ira jusqu’à qualifier l’archevêque de Kinshasa « d’apôtre de l’insulte ».

    « Dans le gouvernement, il y en a qui sont persuadés que Monsengwo veut le pouvoir. S’il n’était pas cardinal, il aurait été arrêté », commente un officiel interrogé par RFI, ajoutant : « Il n’est pas l’opposant numéro 1, le pire, c’est qu’il est devenu le symbole de la résistance ». Les proches de l’archevêque de Kinshasa s’inquiètent pour sa sécurité, certains évoquent des messages de menaces à peine voilées. Le cardinal Monsengwo serait toujours protégé par un garde du corps. L’officiel sourit : « Monsengwo n’a pas peur, il vit dans la suspicion permanente. Il se méfie de ce qu’il mange et avec qui. En bon florentin, il a peur du poison. »

    Le 12 janvier 2017, malgré les critiques, le cardinal célèbre une messe à la mémoire des martyrs du 31 décembre. La cathédrale est archi-comble et dans le public de fidèles, à son apparition, des « Mandela  » fusent. Aux premiers rangs, ambassadeurs occidentaux et opposants congolais montrent leur soutien à l’archevêque de Kinshasa. Cette commémoration était annoncée par le comité laïc de coordination, qui avait demandé aux politiciens d’oublier les insignes de leur parti. Laurent Monsengwo ne prononce aucun mot à caractère politique. Sa parole reste rare, il laisse à d’autres le soin de porter les coups.

    Quelques coups de feu et tirs de gaz lacrymogène disperseront les partisans de l’opposition à la sortie. « La messe est plus importante que ce qui s’est passé après », estime Fidèle Babala du MLC, l’un des députés d’opposition présents. Cette « communion » du peuple avec son clergé et son Eglise serait une leçon pour eux, les politiques, les opposants qui peinent à mobiliser depuis un an et la mort de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. Rongée par les divisions internes, soupçonnée de ne s’intéresser qu’aux postes, l’opposition ne cache pas son soulagement à voir l’Eglise catholique défendre l’accord de la Saint-Sylvestre.

    Une réconciliation ratée ?

    Pourtant, en 2016, la présidence congolaise semblait plutôt satisfaite de l’amélioration de ses relations avec le Saint-Siège. Quelques mois avant la fin de son deuxième et dernier mandat, Joseph Kabila accepte de signer avec le Vatican un accord consacrant les propriétés de l’Eglise catholique au Congo. L’un des proches du pape, Monseigneur Montemayor vient d’être nommé ambassadeur du Saint-Siège dans le pays, c’était une de ses requêtes en souffrance depuis plus de dix ans, l’Eglise s’étant vue spoliée d’une partie de ses biens au fil des guerres et des ans.

    En septembre 2016, le président congolais est même reçu au Vatican par le pape François qui ne manque jamais de parler de la République démocratique du Congo dans ses homélies. Le souverain pontife suit de près la situation dans le plus grand pays chrétien d’Afrique, dit-on du côté de la nonciature, craignant qu’un chaos s’y installe et que prolifèrent des sectes religieuses ou autres groupes extrémistes. Le cœur de la chrétienté africaine fragilisé, c’est tout le continent qui serait menacé.

    Autre signe d’ouverture en septembre 2016, la Conférence épiscopale est appelée à participer à un premier dialogue sous l’égide de l’Union africaine censée régler la crise institutionnelle ouverte par l’annonce du report de la présidentielle. Les principales forces de l’opposition boycottent. C’est à la Cenco que le président Kabila fait appel pour faciliter l’ouverture d’un deuxième dialogue « plus inclusif ». Elle avait pourtant donné le cadre de ce qu’allait être l’accord : une transition d’un an, l’engagement du président Kabila à ne pas se représenter ou changer la constitution et l’ouverture de l’espace politique.

    Le 31 décembre 2016, les bases d’un accord politique global sont signées par les principales des forces politiques du pays. Le cardinal Monsengwo est resté silencieux durant les débats autour du désormais accord de la Saint-Sylvestre. C’est la Conférence épiscopale qui se prend les coups, de plus en plus accusée par la jeunesse des quartiers populaires de la capitale d’avoir permis au chef de l’Etat congolais, par ce second dialogue, de se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution. Les discussions sur le partage effectif du pouvoir trainent en longueur et les principales forces de l’opposition dénoncent une violation de l’accord, quelques semaines après sa signature.

    L’engagement de l’Eglise catholique

    « Je pense que le pape a voulu laisser la chance à l’accord », estime l’officiel joint par RFI. Un autre dit soupçonner qu’il peut s’agir du fameux plan B de l’Eglise catholique et accuse Laurent Monsengwo d’avoir tout orchestré, de pousser le comité laïc de coordination et ses marches interdites par le régime. Pendant les interminables discussions au centre interdiocésain, la Conférence épiscopale avait souvent menacé les acteurs politiques récalcitrants d’un « plan B » sans plus de précisions. Les médias congolais imaginaient déjà le cardinal Monsengwo à la tête d’une transition « sans Kabila ».

    Pourtant, aucun de ceux qui l’ont réellement côtoyé ne lui prête d’ambition politique. « Ou peut-être juste la papauté », s’amuse même l’un d’eux. Un patron de presse n’hésite pas à le qualifier de « Desmond Tutu congolais ». L’ancien directeur de cabinet du président Mobutu voit dans la posture du cardinal, celle d’un homme qui veut parachever son œuvre au Congo. « C’est le changement qu’il cherche depuis Mobutu et qui n’arrive pas », médite Mokonda Bonza. L’opposant Christophe Lutundula voit dans la posture du cardinal et l’émergence d’un nouveau comité laïc de coordination « l’histoire se répéter ou du moins bégayer ». Même si la mobilisation n’est pas encore du niveau de celle de 1992, l’intention est là.

    Le cardinal Monsengwo n’est pas le seul à s’attirer les foudres du camp présidentiel. L’abbé de la paroisse Saint-Joseph, Vincent Tshomba, est poursuivi pour tapage nocturne. C’est l’un des doyens de l’Eglise catholique à Kinshasa. Il avait initié l’opération « cloches », cet appel lancé à tous les curés de la capitale de sonner les cloches tous les jeudis à 21h pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre. Un parti réputé proche de la majorité présidentielle est à l’origine de la plainte. Le 31 décembre 2017, six personnes, dont quatre paroissiens et manifestants, ont été tuées, six prêtres et un séminariste arrêtés, une centaine d’églises encerclées, certaines envahies par les forces de sécurité, les messes interrompues, des tirs de gaz lacrymogènes dans les églises dans le seul archidiocèse de Kinshasa, selon un communiqué de la nonciature.

    Ce jour-là, le comité laïc de coordination avait appelé les paroissiens de la capitale à marcher pour réclamer l’ouverture de l’espace politique dans un pays, où toute manifestation perçue comme hostile au régime est interdite depuis un an, selon le secrétaire général de l’ONU. Pour l’opposant Christophe Lutundula, le cardinal Monsengwo ne pouvait que réagir « à des actes qui sont commis dans sa cour ». « Aujourd’hui, c’est lui, l’archevêque de Kinshasa », insiste le vice-président du G7. L’officiel interrogé par RFI doute que Laurent Monsengwo se laisse intimidé : « Plus le gouvernement va essayer de le ridiculiser, plus il va leur prouver qu’il est capable de faire mal ».

    L’indignation de Laurent Monsengwo à l’égard des autorités est approuvée par bien des prêtres de la capitale, fascinés par la forte personnalité de leur archevêque. « Le cardinal nous a toujours inspiré par son intelligence, son franc parler, son discours clair avec des mots bien choisis et puis sa notoriété », précise l’abbé Vincent Tshomba. Ce dernier n’a pas hésité à accueillir dans sa paroisse des réunions du comité laïc de coordination qui « répondait » à l’appel lancé par la Conférence épiscopale.

    L’engagement de l’Eglise catholique ne doit pas se résumer, selon l’abbé Tshomba, aux mots et aux actes posés par le cardinal : « Ce n’est pas le combat d’un seul homme, c’est tout le peuple qui doit s’engager. » Cet « engagement » du peuple est prôné par la Conférence épiscopale depuis juin 2016. Dans tous les diocèses à travers le pays, la Cenco avait lancé une campagne prônant l’engagement citoyen. A travers huit images, des « laïcs » enjoignaient les paroissiens à ne plus rester indifférent à la misère de leurs semblables, de s’enrôler pour les élections, à se méfier des querelles entre politiciens congolais obsédés par le fauteuil présidentiel. Mais la dernière image montrait des Congolais de tous âges dans les rues, revendiquant leurs droits. Un prêtre à leur côté.

    RFI

  • Communiqué de la CENCO

    Communiqué de la CENCO

    Des évêques membres de la CENCO lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 09/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

    -LA CENCO DENONCE LES ATTAQUES CONTRE L’EGLISE CATHOLIQUE ET SA HIERARCHIE 1. Le 31 décembre 2017, le Comité Laïc de Coordination (CLC), une association reconnue par l’autorité ecclésiale compétente dans l’Archidiocèse de Kinshasa, interpelé par les messages pastoraux de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), a organisé une marche pacifique et non violente pour réclamer la mise en œuvre effective, intégrale et de bonne foi de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016.    
    2. Au lendemain de cette marche pacifique, suivie également dans certaines provinces, le Nonce Apostolique a publié un communiqué rappelant à l’opinion publique « le droit de chaque baptisé catholique de se constituer en association et de promouvoir des initiatives qui soient en harmonie avec la mission de l’Eglise. La promotion de la justice sociale et la défense des droits civils et politiques des citoyens font intégralement partie de la Doctrine sociale de l’Eglise »[1]
    La CENCO a également publié un communiqué pour manifester son indignation et condamner la répression violente et sanglante par les forces de l’ordre contre les manifestants, ainsi que pour exprimer sa compassion et sa proximité spirituelle à l’égard des victimes et de leurs proches (cf. Communiqué du 2 janvier 2018).         
    A son tour, Son Eminence Laurent Cardinal MONSENGWO, dans l’état d’âme d’un père face au mauvais traitement infligé à ses fils et à ses filles dont certains en sont morts, a, avec raison, élevé le ton pour fustiger les auteurs de ces actes insupportables. 
    3. Depuis lors, l’on assiste à une campagne d’intoxication, de désinformation voire de diffamation orchestrée même par des responsables des Institutions de la République contre l’Eglise catholique et sa hiérarchie. Le Peuple congolais en est témoin. C’est inacceptable ! Cette campagne de mépris vise particulièrement l’autorité de Son Eminence Laurent Cardinal MONSENGWO, considéré à tort comme instigateur des actions visant à déstabiliser les Institutions en place et à vouloir s’emparer du pouvoir. Nous exigeons des preuves à ces graves accusations portées contre sa personne.  
    4. La CENCO désapprouve la diabolisation volontairement distillée à l’endroit de Son Eminence le Cardinal, Archevêque de Kinshasa et Membre du Conseil des neuf Cardinaux choisis par le Pape François pour le gouvernement de l’Eglise universelle. Elle lui réaffirme son soutien total et sa proximité.     
    5. Aux prises de positions de la CENCO, certains opposent le principe de laïcité de l’Etat congolais, d’autres prônent la notion de neutralité de l’Eglise. Il convient de retenir que le caractère laïc de l’Etat congolais ne peut pas empêcher l’Eglise catholique d’accomplir sa mission, celle d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, d’être au service de la population congolaise en vue du respect des droits de l’homme et de la dignité humaine indispensables à son bien-être et à son développement intégral.      
    6. En effet, « l’Eglise qui, de par sa nature, a le droit d’intervenir dans les questions de foi et des mœurs, peut prendre position en matière politique »[2] en vue « d’exercer sa sollicitude et ses responsabilités à l’égard de l’homme qui lui a été confié par le Christ lui-même »[3]. Elle a le droit de « porter un jugement moral même en des matières qui touchent le domaine politique quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent »[4].         
    7. La CENCO en appelle au respect des droits aux manifestations pacifiques et à la liberté de culte garantie par la Constitution de la République (cf. Art. 26). Elle exige le respect et la considération dus aux autorités ecclésiastiques, en l’occurrence le Cardinal Archevêque de Kinshasa, le Nonce Apostolique en RD Congo et l’ensemble des Evêques. Il est juste et urgent que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre de ceux qui ont torturé, blessé et tué nos concitoyens ainsi que de ceux qui ont délibérément profané nos églises, lieux saints consacrés à la prière et à la rencontre avec Dieu.  
    8. La CENCO dénonce également toute tentative de division de l’Episcopat congolais orchestrée à des fins politiciennes. L’Episcopat congolais ne peut se diviser ni être dédoublé comme des partis politiques. Partageant les joies et les peines de leur peuple, les Evêques membres de la CENCO restent solidaires les uns des autres dans une communion effective et affective.      
    9. Nous demandons au Peuple congolais de ne pas se laisser influencer par cette campagne dont les auteurs ignorent superbement sa souffrance. Nous l’invitons à demeurer débout et vigilant, à prendre son destin en mains et à barrer pacifiquement la route à toute tentative de confiscation ou de prise de pouvoir par des voies non démocratiques et anticonstitutionnelles.        
    10. Que Dieu bénisse la RD Congo et son peuple. 
    Fait à Kinshasa, le 11 janvier 2018.         
    + Marcel UTEMBI TAPA Archevêque de KISANGANI – Président de la CENCO  
    + Fridolin AMBONGO BESUNGU Archevêque de MBANDAKA BIKORO – Vice-Président de la CENCO

  • RDC: le G7 veut «harmoniser» les points de vue au sein du Rassemblement

    RDC: le G7 veut «harmoniser» les points de vue au sein du Rassemblement

    -C’est un courrier qui n’aurait pas dû être publié et qui met en lumière les divergences qui existent au sein du Rassemblement de l’opposition en RDC. Une lettre signée du G7, le groupe des sept partis politiques qui soutiennent la candidature de Moise Katumbi à la présidentielle, adressée mardi au président du Rassemblement, Félix Tshisekedi, pour lui demander de convoquer une réunion afin d’harmoniser les points de vue au sein de la plateforme sur la stratégie à adopter pour obtenir le départ du président Kabila comme le souhaite l’opposition congolaise.

    De part et d’autre, on se dit « surpris » que ce courrier interne ait fuité pour se retrouver sur les réseaux sociaux et vienne rappeler les divergences qui existent au sein du Rassemblement. Des divergences qui ne sont pas nouvelles, mais que l’unité affichée au sein de l’opposition à l’occasion de la marche des laïcs catholiques avait fait passer en second plan.

    D’un côté, il y a Félix Tshisekedi, leader de l’UDPS, président du Rassemblement, ainsi que Martin Fayulu. Tous deux continuent de réclamer une « transition sans Kabila » estimant qu’il serait « absurde » de faire encore confiance à un président qui, selon eux, a déjà « trahi tous ses engagements ».

    De l’autre, la position du G7, plus proche de celle du Comité laïc et des chancelleries occidentales. Pour Pierre Lumbi, le président du G7, réclamer ainsi une « transition sans Kabila » est non seulement « peu réaliste », mais reviendrait à disqualifier l’accord de la Saint-Sylvestre.

    Le retour de Moïse Katumbi en toile de fond

    Or, toujours pour le G7, ce qu’il faudrait, c’est au contraire redoubler de pressions pour que cet accord soit appliqué. Non seulement parce qu’il prévoit le retour d’exil du candidat soutenu par le G7 pour la présidentielle Moïse Katumbi, mais surtout disent-ils, car il reste la seule feuille de route pouvant mener à des élections crédibles et donc in fine au départ du président Kabila.

    Autant de questions qui doivent être débattues vendredi au cours d’une réunion de toutes les composantes du Rassemblent. A noter aussi que le président du Rassemblement, Félix Tshisekedi, a également reçu ce mercredi le patron de l’UNC, l’opposant Vital Kamerhe.

  • Bruxelles revoit sa coopération avec Kinshasa jusqu’à “l’organisation d’élections crédibles”

    Bruxelles revoit sa coopération avec Kinshasa jusqu’à “l’organisation d’élections crédibles”

    -La Belgique a annoncé mercredi “une révision fondamentale” de sa coopération avec les autorités congolaises jusqu’à “l’organisation d’élections crédibles”, en condamnant de nouveau les violences du 31 décembre à Kinshasa.

    “Un nouveau programme bilatéral de coopération avec les autorités congolaises ne pourra être conclu qu’après l’organisation d’élections crédibles, sur base des principes de bonne gouvernance”, selon un communiqué du ministère belge des Affaires étrangères.

    “Concrètement il a été décidé de mettre fin à une série d’interventions qui devaient être mises en oeuvre directement par les autorités congolaises”, indique ce communiqué rendant compte d’une réunion de la commission des Relations extérieures de la Chambre.

    “Cela concerne des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros”, ajoute le communiqué diffusé par l’ambassade de Belgique à Kinshasa.

    La Belgique affectera “les moyens libérés au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population”, poursuit le communiqué, qui parle de “davantage de coopération avec des organisations non gouvernementales”.

    “Enabel, la nouvelle agence belge de développement, recevra également la mission de soutenir des organisations de la société civile congolaise sur le plan des droits de l’homme et des libertés politiques”.

    Présents à la réunion, les ministres belges des Affaires étrangères, Didier Reynders, et de la Coopération, Alexander De Croo, “condamnent l’intervention des forces de l’ordre le 31 décembre et appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante”.

    La dispersion de marches interdites par les autorités le 31 décembre à Kinshasa a fait au moins cinq morts, selon les Nations unies et le Vatican, aucun d’après les autorités.

    Les organisateurs, des laïcs proches de l’Eglise catholique, souhaitent que le président Joseph Kabila s’engage publiquement à ne pas rester au pouvoir.

    Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016. Des élections sont prévues le 23 décembre 2018.

    Avec AFP

  • Lacroix, Delattre, Haley demandent une enquête après les violences du 31 décembre en RDC

    Lacroix, Delattre, Haley demandent une enquête après les violences du 31 décembre en RDC

    Les Chrétiens de la paroisse « Bienheureuse Anuarite» en pleine marche pacifique contre la balkanisation se dirigent vers la Cathédrale Notre Dame du Très Saint Rosaire pour assister à une messe en faveur de la paix dans l’est de la RDC. Radio Okapi/Ph. Aliana Alipanagama

    -Le secrétaire général adjoint pour les opérations de paix des Nations unies Jean-Pierre Lacroix a réclamé mardi à Kinshasa “des enquêtes” sur les auteurs des violences du 31 décembre commises par des forces de sécurité congolaises contre des civils.

    “Il est essentiel que les autorités nationales compétentes diligentent les enquêtes nécessaires pour établir les responsabilités et traduire en justice les auteurs présumés de violations des droits de l’homme”, a indiqué M. Lacroix devant le Conseil de sécurité.

    Il a aussi déploré “les entraves” au travail des Casques bleus ce jour-là par les forces de sécurité de la République démocratique du Congo.

    D’après l’ONU et la nonciature apostolique, au moins cinq personnes sont mortes dans la dispersion de marches organisées le 31 décembre à l’appel de laïcs proches de l’Eglise qui demandaient au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il quitterait le pouvoir et ne se représenterait pas.

    M. Kabila n’a pas organisé d’élections dans son pays alors que son second et dernier mandat a pris fin le 20 décembre, provoquant des manifestations étouffées dans le sang en septembre et décembre. Des élections pour organiser son départ et sa succession sont désormais prévues le 23 décembre 2018.

    Selon la nonciature, 134 paroisses ont été encerclées et cinq messes interrompues le 31 décembre.

    “La situation politique reste extrêmement fragile” et “la situation sécuritaire des plus préoccupantes”, a souligné M. Lacroix. “Le dialogue reste la seule voie” pour sortir le pays de la crise, a-t-il ajouté, mettant en garde contre tout nouveau retard du calendrier électoral.

    L’ambassadeur français à l’ONU François Delattre a “fermement condamné les violences” commises par les forces de sécurité et a appelé à “une application effective” du calendrier électoral.

    Sur la même ligne, son homologue ivoirien Bernard Tanoh-Boutchoue a appelé tous les acteurs en RDC à “la retenue” et à “éviter les manifestations violentes”.

    L’ambassadrice des Etats-Unis, Nikki Haley, a ajouté que M. Kabila devait “rendre ses forces de sécurité responsables, respecter les droits de l’homme de ses citoyens et respecter son engagement de démissionner” à la suite des élections de décembre.

    “Entendre des rapports de brutalité et de cruauté contre des civils innocents et des enfants dans les lieux les plus sacrés est vraiment horrifiant”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

    Ignace Gata Mavita, ambassadeur onusien de la RDC, a dénoncé des manifestations le 31 décembre dont les organisateurs n’ont pas respecté les procédures prévues par la législation du pays.

    “S’agissant des éléments de forces de l’ordre qui se seraient introduits dans les églises, (…) une enquête a été ouverte et des sanctions” vont être envisagées “à l’endroit des coupables”, a-t-il précisé.

    Début janvier, le gouvernement avait “félicité les forces de police et de sécurité” qui avaient fait preuve “de rigueur, de fermeté et de conformité au droit international humanitaire dans la gestion” des marches du 31 décembre 2017.

    Avec AFP

  • La Francophonie dénonce des “attaques inqualifiables” en RDC

    La Francophonie dénonce des “attaques inqualifiables” en RDC

    -La secrétaire générale de la Francophonie a dénoncé les “attaques inqualifiables et désolantes” contre des fidèles et des citoyens dimanche en République Démocratique du Congo, exhortant les autorités de ce pays à garantir le droit de manifester.

    “Mes pensées vont aux familles et aux proches endeuillés, aux blessés, aux personnes incarcérées. Les attaques lancées contre des fidèles rassemblés dans des lieux de culte” et contre “des citoyens (…) voulant que tout soit mis en oeuvre (…) pour préparer sereinement la tenue d’élections crédibles” en RDC “sont inqualifiables et désolantes”, a déclaré la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, dans un communiqué.

    “Participer à une manifestation est un droit fondamental”, a-t-elle souligné.

    Rappelant “les règles de conduite auxquels les forces de maintien de l’ordre doivent se soumettre dans l’encadrement républicain des manifestations”, la secrétaire générale a également exhorté les acteurs politiques et de la société civile de RDC à “préserver le caractère pacifique de leurs revendications”.

    Huit personnes ont trouvé la mort dimanche en RDC et une centaine d’autres ont été arrêtées, en marge de manifestations – à l’appel de catholiques congolais et auxquelles s’étaient associées l’opposition et la société civile – contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a pris fin en décembre 2016.

    Dans ce pays majoritairement chrétien, les forces de sécurité ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché ces marches qui avaient été interdites par les autorités.

    Dans ses voeux aux Congolais, M. Kabila a assuré que la publication de l’échéancier qui prévoit la tenue de la présidentielle le 23 décembre 2018 “conduit de manière irréversible vers l’organisation des élections”. Mais les catholiques ont décidé de manifester car il y a un an un accord était signé, sous l’égide des évêques, prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ de M. Kabila.

     

    “Rien ne saurait entamer la volonté et les efforts vers une sortie de crise en République démocratique du Congo”, affirme lundi la secrétaire générale de la Francophonie, rappelant la “détermination” de son organisation à oeuvrer pour des “élections libres, transparentes et crédibles en RDC”.

    L’Organisation Internationale de la Francophonie, basée à Paris, compte 58 Etats et gouvernements membres (dont la RDC), et 26 pays observateurs. L’OIF a notamment pour objectif de “promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’homme”.

    Avec AFP

  • La RDC réprime par la force des marches anti-Kabila

    La RDC réprime par la force des marches anti-Kabila

    -Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila.

    A 13h00 (locales et GMT) toutes les marches et rassemblements dans les églises avaient été dispersés, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers: les autorites congolaises ont sorti l’artillerie lourde pour étouffer les “marches pacifiques” des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester.

    Ces “marches pacifiques” sont organisées par les catholiques congolais, un an jour pour jour après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

    A Kananga, au KasaÏ, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

    A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

    Trois personnes ont été blessées par balles à la paroisse Don Bosco dans la commune de Massina, selon cette source.

    Une dizaine d’autres personnes ont été blessés à la paroisse Saint-Joseph dans la commune populaire de Matonge. A la paroisse Saint-Dominique, un vicaire et une fidèle ont également été touchés, au visage et à au front.

    La police a interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

    -Kinshasa quadrillée –

    Alors que Kinshasa était quadrillée par les forces de sécurité, la police menait des opérations dans plusieurs paroisses, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

    Des militaires de la “garde républicaine procèdent à un contrôle systématique des chrétiens à la paroisse Saint Luc”, a déclaré à l’AFP, un habitant, Giscard, à la sortie d’une messe.

    “Les gens sont placés en file indienne, les mains en l’air, ils sont fouillés avant de sortir de l’enceinte de la paroisse” par cette unité chargée de la protection du président Kabila. “Une fois dans la rue, ils sont soumis à un deuxième contrôle fait par la police”, a-t-il ajouté.

    Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel à cette marche à hauts risques, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations organisées en RDCongo.

    Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins de un dollar par jour, c’est en pleine prière au coeur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption.

    “Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église” où se déroulait la messe, a déclaré à l’AFP un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa.

    “Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vielles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivi avec les chrétiens qui n’ont pas fui”, a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

    A la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala, quartier populaire du nord de Kinshasa, les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes à l’arrivée du leader de l’opposition Félix Tshisekedi, selon des journalistes de l’AFP.

    Des militaires sont ensuite entrés dans l’enceinte de la principale église de Kinshasa, demandant aux gens d’évacuer les lieux.

    A Kinshasa, les catholiques du “comité laïc de coordination” ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin.

    Ils demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

    Ils souhaitent aussi un “calendrier électoral consensuel” à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    – Internet coupé –

    Les autorités congolaises ont coupé l’internet “pour des raisons de sécurité d’État” avant cette marche, a constaté dimanche l’AFP.

    Au cours de la nuit, l’armée et la police se sont déployées massivement devant les paroisses de Kinshasa, la capitale aux quelque 10 millions d’habitants. L’armée et la police contrôlaient et fouillaient les véhicules.

    De son côté, Kinshasa a affirmé avoir été informé d’une “distribution d’armes” destinée à déstabiliser le régime.

    Le président Kabila ne s’est pas exprimé.

    Devant l’église Saint-Michel dans le quartier populaire de Bengalou, une équipe de l’AFP a été menacée par un officier congolais.

    “Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous” , a lancé cet officier. “Moi je ne suis pas de la police, c’est l’armée. Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer”, a-t-il ajouté.

    La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a constaté l’AFP.

    La très puissante conférence épiscopale (Cenco) tout comme le représentant du Vatican en RDC n’ont pas soutenu officiellement ces marches mais ne les ont pas rejetées non plus.

    Avec AFP

  • 2 morts devant une église à Kinshasa

    2 morts devant une église à Kinshasa

    -Deux personnes ont été tués et douze enfants de chœur catholiques ont été interpellés dimanche à Kinshasa à la sortie d’une paroisse du centre de Kinshasa, alors qu’ils étaient à la tête d’une “marche pacifique” contre le maintien du président Joseph Kabila.

    Deux hommes ont été tués par balle devant l’église Sainte Alphonse à Matete à Kinshasa pendant que forces de sécurité dispersaient les manifestants pacifiques, exigeant départ de Kabila selon Ida Sawyer, directrice de Human Rights Watch en Afrique centrale.

    Vêtus de leur tenue liturgique, les douze garçons ont été embarqués dans un véhicule de police. L’un d’entre-eux portait un grand crucifix, selon cette source.

    Après avoir dispersé des messes anti-Kabila à coup de gaz lacrymogènes dans des églises à Kinshasa, les forces de police congolaises menaient dimanche des opérations musclées dans ces lieux de culte, déterminées à empêcher toute marche contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    Au moins une dizaine de personnes ont été blessées, selon un décompte de l’AFP. C’est le cas du père Jean Kongolo, vicaire de la paroisse saint-Dominique de Limete (centre) qui a été blessé au visage. Une autre femme d’une soixantaine d’années a également été blessée à la tête et présentait une entaille sur le front, selon la même source.

    Alors que la capitale congolaise était quadrillée par les forces de sécurité, la police a également interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre de Kinshasa, alors qu’ils étaient à la tête d’une “marche pacifique” anti-Kabila, a constaté l’AFP.

    Les autres manifestant qui étaient avec eux sont retournés ensuite dans l’enceinte de la paroisse, entonnant des chants à la Vierge Marie pour “faire partir Kabila”.

    Dans plusieurs paroisses, des opérations de police étaient en cours, selon des témoignages recueillis par l’AFP, étouffant ainsi toute tentative de manifestation.

    Des militaires de la “garde républicaine procèdent à un contrôle systématique des chrétiens à la paroisse Saint Luc”, a déclaré à l’AFP Giscard, à la sortie d’une messe.

    “Les gens sont placés en file indienne, les mains en l’air, ils sont fouillés avant de sortir de l’enceinte de la paroisse” par cette unité chargée de la protection du président de la République démocratique du Congo. “Une fois dans la rue, ils sont soumis à un deuxième contrôle fait par la police”, a-t-il ajouté.

    A Kinshasa, les catholiques du “comité laïc de coordination” ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin.

    Ils demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Ils souhaitent aussi un “calendrier électoral consensuel” à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    De son côté, Kinshasa a affirmé avoir été informé d’une “distribution d’armes” destinée à déstabiliser le régime et “créer une situation insurrectionnelle”.

    Devant l’église Saint-Michel dans le quartier populaire de Bandalungwa, une équipe de l’AFP a été menacée par un officier congolais.

    “Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous”, a lancé cet officier. “Moi je ne suis pas de la police, c’est l’armée. Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer”, a-t-il ajouté.

    L’Église catholique a joué un rôle majeur dans l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature de Mobutu, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président.

    Elle jouit d’une audience sur les questions politiques qui dépasse largement le cercle de ses fidèles (environ 40% des quelque 70 millions de Congolais).

    Avec AFP

  • Une résidence de Kabila incendiée dans l’est et un policier tué

    Une résidence de Kabila incendiée dans l’est et un policier tué

    -Une résidence du président Joseph Kabila a été incendiée par des miliciens présumés, dans la nuit de dimanche à lundi causant la mort d’un policier dans l’est de la RDC, selon des témoins.

    “La résidence du chef de l’État à Musienene a été la cible d’une attaque depuis 3 heures (1 heure GMT) puis incendiée par des Maï-Maï”, a déclaré à l’AFP un responsable militaire sous couvert de l’anonymat. Le chef de la police responsable de la garde de la résidence est mort calciné dans l’incendie.

    “Les assaillants ont tout pillé avant de mettre le feu à la maison et à quelques véhicules” qui s’y trouvaient, a indiqué l’officier.

     “Nous avons vu des flammes consumer la résidence du président de la République à notre réveil”, a déclaré Pascal Mukondi, un habitant de Musienene. Un autre habitant a déclaré “redouter des représailles” de l’armée.

    Musienene est une localité située à 17 km de la ville de Butembo, voisine de Beni (nord-Kivu), où la population manifeste régulièrement contre l’insécurité et le maintien au pouvoir du président Kabila après l’expiration de son mandat le 20 décembre 2016.

    L’opposition congolaise appelle à “une transition sans Kabila” après le 31 décembre 2017, estimant qu’il n’a aucune volonté d’organiser la présidentielle qui permettra d’élire son successeur.

    Plusieurs groupes armés locaux et étrangers opèrent dans cette zone du Nord-Kivu. Début décembre, 14 Casques bleus tanzaniens ont été tués lors d’une attaque attribuée aux rebelles ADF-Nalu, originaires de l’Ouganda.

    Avec AFP