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  • La Francophonie dénonce des “attaques inqualifiables” en RDC

    La Francophonie dénonce des “attaques inqualifiables” en RDC

    -La secrétaire générale de la Francophonie a dénoncé les “attaques inqualifiables et désolantes” contre des fidèles et des citoyens dimanche en République Démocratique du Congo, exhortant les autorités de ce pays à garantir le droit de manifester.

    “Mes pensées vont aux familles et aux proches endeuillés, aux blessés, aux personnes incarcérées. Les attaques lancées contre des fidèles rassemblés dans des lieux de culte” et contre “des citoyens (…) voulant que tout soit mis en oeuvre (…) pour préparer sereinement la tenue d’élections crédibles” en RDC “sont inqualifiables et désolantes”, a déclaré la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, dans un communiqué.

    “Participer à une manifestation est un droit fondamental”, a-t-elle souligné.

    Rappelant “les règles de conduite auxquels les forces de maintien de l’ordre doivent se soumettre dans l’encadrement républicain des manifestations”, la secrétaire générale a également exhorté les acteurs politiques et de la société civile de RDC à “préserver le caractère pacifique de leurs revendications”.

    Huit personnes ont trouvé la mort dimanche en RDC et une centaine d’autres ont été arrêtées, en marge de manifestations – à l’appel de catholiques congolais et auxquelles s’étaient associées l’opposition et la société civile – contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a pris fin en décembre 2016.

    Dans ce pays majoritairement chrétien, les forces de sécurité ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché ces marches qui avaient été interdites par les autorités.

    Dans ses voeux aux Congolais, M. Kabila a assuré que la publication de l’échéancier qui prévoit la tenue de la présidentielle le 23 décembre 2018 “conduit de manière irréversible vers l’organisation des élections”. Mais les catholiques ont décidé de manifester car il y a un an un accord était signé, sous l’égide des évêques, prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ de M. Kabila.

     

    “Rien ne saurait entamer la volonté et les efforts vers une sortie de crise en République démocratique du Congo”, affirme lundi la secrétaire générale de la Francophonie, rappelant la “détermination” de son organisation à oeuvrer pour des “élections libres, transparentes et crédibles en RDC”.

    L’Organisation Internationale de la Francophonie, basée à Paris, compte 58 Etats et gouvernements membres (dont la RDC), et 26 pays observateurs. L’OIF a notamment pour objectif de “promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’homme”.

    Avec AFP

  • La RDC réprime par la force des marches anti-Kabila

    La RDC réprime par la force des marches anti-Kabila

    -Les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé dimanche des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel des catholiques à manifester contre le maintien du président Joseph Kabila.

    A 13h00 (locales et GMT) toutes les marches et rassemblements dans les églises avaient été dispersés, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers: les autorites congolaises ont sorti l’artillerie lourde pour étouffer les “marches pacifiques” des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester.

    Ces “marches pacifiques” sont organisées par les catholiques congolais, un an jour pour jour après la signature sous l’égide des évêques d’un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

    A Kananga, au KasaÏ, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des chrétiens catholiques en marge d’une marche anti-Kabila dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

    A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, selon un décompte d’une équipe de l’AFP qui s’est rendue dans plusieurs paroisses.

    Trois personnes ont été blessées par balles à la paroisse Don Bosco dans la commune de Massina, selon cette source.

    Une dizaine d’autres personnes ont été blessés à la paroisse Saint-Joseph dans la commune populaire de Matonge. A la paroisse Saint-Dominique, un vicaire et une fidèle ont également été touchés, au visage et à au front.

    La police a interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

    -Kinshasa quadrillée –

    Alors que Kinshasa était quadrillée par les forces de sécurité, la police menait des opérations dans plusieurs paroisses, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

    Des militaires de la “garde républicaine procèdent à un contrôle systématique des chrétiens à la paroisse Saint Luc”, a déclaré à l’AFP, un habitant, Giscard, à la sortie d’une messe.

    “Les gens sont placés en file indienne, les mains en l’air, ils sont fouillés avant de sortir de l’enceinte de la paroisse” par cette unité chargée de la protection du président Kabila. “Une fois dans la rue, ils sont soumis à un deuxième contrôle fait par la police”, a-t-il ajouté.

    Toute l’opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila (46 ans) dès ce 31 décembre 2017 s’est jointe à l’appel à cette marche à hauts risques, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations organisées en RDCongo.

    Dans un pays majoritairement catholique où les habitants survivent avec moins de un dollar par jour, c’est en pleine prière au coeur des églises que les forces de sécurité ont fait irruption.

    “Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église” où se déroulait la messe, a déclaré à l’AFP un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa.

    “Des gens sont tombés, les secouristes étaient en train de réanimer des vielles dames, mais le prêtre n’a pas arrêté de dire la messe, elle s’est poursuivi avec les chrétiens qui n’ont pas fui”, a affirmé Chantal, une autre paroissienne.

    A la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala, quartier populaire du nord de Kinshasa, les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes à l’arrivée du leader de l’opposition Félix Tshisekedi, selon des journalistes de l’AFP.

    Des militaires sont ensuite entrés dans l’enceinte de la principale église de Kinshasa, demandant aux gens d’évacuer les lieux.

    A Kinshasa, les catholiques du “comité laïc de coordination” ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin.

    Ils demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

    Ils souhaitent aussi un “calendrier électoral consensuel” à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    – Internet coupé –

    Les autorités congolaises ont coupé l’internet “pour des raisons de sécurité d’État” avant cette marche, a constaté dimanche l’AFP.

    Au cours de la nuit, l’armée et la police se sont déployées massivement devant les paroisses de Kinshasa, la capitale aux quelque 10 millions d’habitants. L’armée et la police contrôlaient et fouillaient les véhicules.

    De son côté, Kinshasa a affirmé avoir été informé d’une “distribution d’armes” destinée à déstabiliser le régime.

    Le président Kabila ne s’est pas exprimé.

    Devant l’église Saint-Michel dans le quartier populaire de Bengalou, une équipe de l’AFP a été menacée par un officier congolais.

    “Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous” , a lancé cet officier. “Moi je ne suis pas de la police, c’est l’armée. Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer”, a-t-il ajouté.

    La correspondante de la radio française RFI a été brièvement interpellée, a constaté l’AFP.

    La très puissante conférence épiscopale (Cenco) tout comme le représentant du Vatican en RDC n’ont pas soutenu officiellement ces marches mais ne les ont pas rejetées non plus.

    Avec AFP

  • 2 morts devant une église à Kinshasa

    2 morts devant une église à Kinshasa

    -Deux personnes ont été tués et douze enfants de chœur catholiques ont été interpellés dimanche à Kinshasa à la sortie d’une paroisse du centre de Kinshasa, alors qu’ils étaient à la tête d’une “marche pacifique” contre le maintien du président Joseph Kabila.

    Deux hommes ont été tués par balle devant l’église Sainte Alphonse à Matete à Kinshasa pendant que forces de sécurité dispersaient les manifestants pacifiques, exigeant départ de Kabila selon Ida Sawyer, directrice de Human Rights Watch en Afrique centrale.

    Vêtus de leur tenue liturgique, les douze garçons ont été embarqués dans un véhicule de police. L’un d’entre-eux portait un grand crucifix, selon cette source.

    Après avoir dispersé des messes anti-Kabila à coup de gaz lacrymogènes dans des églises à Kinshasa, les forces de police congolaises menaient dimanche des opérations musclées dans ces lieux de culte, déterminées à empêcher toute marche contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    Au moins une dizaine de personnes ont été blessées, selon un décompte de l’AFP. C’est le cas du père Jean Kongolo, vicaire de la paroisse saint-Dominique de Limete (centre) qui a été blessé au visage. Une autre femme d’une soixantaine d’années a également été blessée à la tête et présentait une entaille sur le front, selon la même source.

    Alors que la capitale congolaise était quadrillée par les forces de sécurité, la police a également interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre de Kinshasa, alors qu’ils étaient à la tête d’une “marche pacifique” anti-Kabila, a constaté l’AFP.

    Les autres manifestant qui étaient avec eux sont retournés ensuite dans l’enceinte de la paroisse, entonnant des chants à la Vierge Marie pour “faire partir Kabila”.

    Dans plusieurs paroisses, des opérations de police étaient en cours, selon des témoignages recueillis par l’AFP, étouffant ainsi toute tentative de manifestation.

    Des militaires de la “garde républicaine procèdent à un contrôle systématique des chrétiens à la paroisse Saint Luc”, a déclaré à l’AFP Giscard, à la sortie d’une messe.

    “Les gens sont placés en file indienne, les mains en l’air, ils sont fouillés avant de sortir de l’enceinte de la paroisse” par cette unité chargée de la protection du président de la République démocratique du Congo. “Une fois dans la rue, ils sont soumis à un deuxième contrôle fait par la police”, a-t-il ajouté.

    A Kinshasa, les catholiques du “comité laïc de coordination” ont invité les fidèles à marcher, bibles, chapelets et crucifix à la main, après la messe de ce dimanche matin.

    Ils demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. Ils souhaitent aussi un “calendrier électoral consensuel” à la place de l’actuel, qui prévoit des élections le 23 décembre 2018 pour remplacer le président Kabila, dont le dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    De son côté, Kinshasa a affirmé avoir été informé d’une “distribution d’armes” destinée à déstabiliser le régime et “créer une situation insurrectionnelle”.

    Devant l’église Saint-Michel dans le quartier populaire de Bandalungwa, une équipe de l’AFP a été menacée par un officier congolais.

    “Si vous ne videz pas les lieux, j’ordonne qu’on tire sur vous”, a lancé cet officier. “Moi je ne suis pas de la police, c’est l’armée. Presse ou pas, personne n’entrera. En plus vous êtes avec un Blanc, une race qui nous crée des problèmes. Si vous résistez, on va tirer”, a-t-il ajouté.

    L’Église catholique a joué un rôle majeur dans l’ouverture démocratique pendant les dernières années de la dictature de Mobutu, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président.

    Elle jouit d’une audience sur les questions politiques qui dépasse largement le cercle de ses fidèles (environ 40% des quelque 70 millions de Congolais).

    Avec AFP

  • Une résidence de Kabila incendiée dans l’est et un policier tué

    Une résidence de Kabila incendiée dans l’est et un policier tué

    -Une résidence du président Joseph Kabila a été incendiée par des miliciens présumés, dans la nuit de dimanche à lundi causant la mort d’un policier dans l’est de la RDC, selon des témoins.

    “La résidence du chef de l’État à Musienene a été la cible d’une attaque depuis 3 heures (1 heure GMT) puis incendiée par des Maï-Maï”, a déclaré à l’AFP un responsable militaire sous couvert de l’anonymat. Le chef de la police responsable de la garde de la résidence est mort calciné dans l’incendie.

    “Les assaillants ont tout pillé avant de mettre le feu à la maison et à quelques véhicules” qui s’y trouvaient, a indiqué l’officier.

     “Nous avons vu des flammes consumer la résidence du président de la République à notre réveil”, a déclaré Pascal Mukondi, un habitant de Musienene. Un autre habitant a déclaré “redouter des représailles” de l’armée.

    Musienene est une localité située à 17 km de la ville de Butembo, voisine de Beni (nord-Kivu), où la population manifeste régulièrement contre l’insécurité et le maintien au pouvoir du président Kabila après l’expiration de son mandat le 20 décembre 2016.

    L’opposition congolaise appelle à “une transition sans Kabila” après le 31 décembre 2017, estimant qu’il n’a aucune volonté d’organiser la présidentielle qui permettra d’élire son successeur.

    Plusieurs groupes armés locaux et étrangers opèrent dans cette zone du Nord-Kivu. Début décembre, 14 Casques bleus tanzaniens ont été tués lors d’une attaque attribuée aux rebelles ADF-Nalu, originaires de l’Ouganda.

    Avec AFP

  • RDC: Dan Gertler visé par des sanctions américaines

    RDC: Dan Gertler visé par des sanctions américaines

    -Par Marie-France Cros.

    L’homme d’affaires israélo-congolais Dan Dertler, proche du président hors mandat Joseph Kabila, est la cible de sanctions américaines pour son rôle en République démocratique du Congo (RDC), où il est à la tête de nombreuses entreprises et passe pour avoir été favorisé par le régime. Est également visé le Belge Pieter Deboutte, lié aux activités de Gertler au Congo.

    Le Département du Trésor des Etats-Unis a annoncé jeudi des sanctions contre 15 personnes dans le monde, parmi lesquelles on note en particulier la présence de l’Israélo-Congolais Dan Gertler. L’homme d’affaires, proche du président hors mandat Joseph Kabila, dispose en effet de deux passeports israéliens, selon le site du gouvernement américain annonçant les sanctions, ainsi que du passeport congolais DB0009084, émis le 28 mai 2015 et expirant le 27 mai 2020, bien que l’article 10 de la Constitution congolaise interdise de posséder une autre nationalité que la congolaise: celle-ci est « une et exclusive ».

    18 de ses sociétés sont visées aussi

    Outre la personne de Dan Gertler, 44 ans, 18 de ses sociétés sont visées par les sanctions: Africa Horizons Investment Ltd, Caprikat and Foxwhelp sarl, Caprikat Ltd, Dan Gertler Diamonds Investments Ltd, DGI Israel Ltd, GDI Mining Ltd, Emaxon Finance International Inc, Fleurette Holdings Netherlands BV, Fleurette Properties Ltd, Foxwhelp Ltd, Gertler Family Foundation (Fondation Famille Gertler), International Diamonds Industries, Jarvis Congo sarl, Lora Enterprises Ltd, Oil of DRCongo sprl, Orama Properties Ltd, Rozaro Development Ltd et Zuppa Holdings Ltd.

    Est également visé par cette volée de sanctions le Belge Pieter Albert Deboutte, 51 ans, de Roeselare, lié aux activités de Gertler au Congo.

    Le decret présidentiel ordonnant les sanctions a été signé par le président Donald Trump le 20 décembre et « bloque les propriétés de personnes impliquées dans de graves violations des droits de l’homme et de la corruption ». Il découle du Global Magnitsky Act, adopté en décembre 2016, dont c’est la première application, selon l’ONG Enough Project.

    Celle-ci précise que cette loi permet aux autorités américaines d’imposer des sanctions « à des responsables publics dans le monde qui détournent des avoirs de l’Etat, ainsi que ceux qui attaquent des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme ». En outre, la loi prévoit que « les institutions financières américaines ne peuvent  participer à l’appui des gens qui profitent de ces atrocités ».

  • Dans un an les élections en RDC

    Dans un an les élections en RDC

    -Les 45 millions de Congolais recensés en 2017 choisiront-ils leur nouveau président, leurs députés et leurs élus provinciaux en “une seule séquence” le 23 décembre 2018 ? VOA Afrique fait le point

    Dans un an les élections en République démocratique du Congo… normalement : le compte à rebours commence officiellement samedi pour des scrutins qui doivent sonner l’heure du départ déjà retardé du président Joseph Kabila.

    Aux affaires depuis 2001, le président Kabila, 46 ans, laissera-t-il le pouvoir à un successeur élu début 2019, après avoir prolongé de fait de plus de deux ans son deuxième et dernier mandat constitutionnel qui a pris fin le le 20 décembre 2016 ?

    Les obstacles sont à la mesure d’un pays-continent de 2,3 millions de km2 qui n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960, et dont les richesses minières (cuivre, cobalt, coltan, or, diamant…) suscitent toutes les convoitises.

    Des élections devaient déjà avoir lieu au plus tard en ce mois de décembre 2017, d’après l’accord pouvoir-majorité de la Saint-Sylvestre 2016. Elles ont été reportées, officiellement en raison des violences au Kasai, dans le centre de la RDC.

    Le processus électoral commence en terrain plus que miné. La RDC est une des priorités humanitaires des Nations unies dans le monde en 2018, avec quatre millions de déplacés internes et des centaines de milliers d’enfants en danger au Kasai, d’après les alertes des agences humanitaires.

    Plus précisément, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) recense toujours chaque mois des centaines de meurtres, viols…, oeuvre des milices ou des forces de sécurité (701 violations des droits en novembre, 704 en octobre 2017, contre 644 en septembre et 441 en août…).

    La publication d’un calendrier électoral le 5 novembre, sous pression américaine, n’a pas détendu la situation politique.

    Sans réponse jusqu’à présent, l’épiscopat congolais, qui a servi de médiateur pour l’accord de la Saint Sylvestre, a demandé au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession.

    Les autorités interdisent et dispersent toute manifestation du Rassemblement de l’opposition, qui demande le départ de M. Kabila dès la fin de l’année. “Ils (ndlr: les opposants) veulent le pouvoir sans élection”, accuse une source sécuritaire.

    Un “Comité laïc” annonce encore des marches pour le dimanche 31 décembre sur des mots d’ordre très généraux -“libérer l’avenir”, “sauver le Congo”.

    Très formellement, les autorités sont déjà en retard sur le calendrier présenté par la commission électorale le 5 novembre.

    Le président Kabila n’a en effet pas promulgué comme prévu le 15 décembre la réforme électorale adoptée dans la douleur et la polémique par le Parlement dans la nuit du 15 au 16 décembre.

    Après la réforme électorale, commence la bataille du financement des élections entre Kinshasa et ses “partenaires” internationaux dont l’Union européenne, qui conditionne son aide au rétablissement des libertés et du droit de manifester.

    Des “ultimatums surannés” pour le porte-parole du gouvernement Lambert Mende qui a confirmé jeudi que le gouvernement prévoyait 500 millions de dollars -10% du budget de 2018 – pour les élections, avec notamment l’achat de “machines à voter”, nouvelle source de polémique.

    “L’élection aura lieu, même sans appui. Quand on organise les élections en Irlande, qu’est-ce que donne la Côte d’Ivoire?”, ironise devant l’AFP un très proche du président.

    Les “partenaires” étrangers de la RDC semblent jouer un double-jeu avec M. Kabila, le président “hors mandat” comme l’appelle la presse belge.

    D’un côté, les politesses diplomatiques: Bruxelles, Paris et Washington demandent le respect du calendrier électoral, promettent leur aide moyennant le respect des libertés fondamentales.

    Un haut cadre de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, a aussi réaffirmé la disponibilité des Nations unies “à travailler en appui à ce processus” électoral en rencontrant dimanche le président.

    De l’autre, les pressions et les sanctions. L’Union européenne vient de prolonger le gel des avoirs et l’interdiction de voyager à l’encontre de 16 de personnalités congolaises dont le porte-parole du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, le patron des renseignements.

    Les Etats-Unis ont aussi annoncé jeudi des sanctions contre un homme d’affaires israélien, proche du président Kabila, Dan Gertler.

    Accusé d’avoir fait perdre à l’Etat 1,3 milliard de dollars dans la vente d’actifs miniers congolais, M. Gertler a été sanctionné au nom d’une nouvelle loi qui vise “des individus qui bafouent les droits de l’homme, des cleptocrates et des acteurs corrompus”.

    Avec AFP

  • L’armée ougandaise attaque des camps d’un groupe rebelle en RDC

    L’armée ougandaise attaque des camps d’un groupe rebelle en RDC

    Helicoptere Puma

    -L’armée ougandaise (UPDF) a annoncé avoir lancé vendredi des attaques contre des camps, dans l’est de la RDC, de rebelles ougandais musulmans du groupe Allied Defence Forces (ADF) accusés d’avoir tué 14 casques bleus début décembre dans cette région.

    Les ADF “prévoyaient de mener des actions hostiles contre l’Ouganda”, a expliqué l’UPDF dans un communiqué, disant se baser sur des “informations partagées entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC)”.

    “Par mesure préventive, l’UPDF a cet après-midi (vendredi) conduit des attaques contre leurs camps dans l’est de la RDC”, a ajouté l’armée ougandaise.

    Dans la nuit du 7 au 8 décembre, 14 Casques bleus tanzaniens avaient été tués dans un raid contre leur base de Semuliki, dans la province du Nord-Kivu en RDC, non loin de la frontière avec l’Ouganda.

    Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre une force onusienne dans le monde depuis 24 ans.

    Elle a été attribuée aux ADF, un groupe présent dans l’est de la RDC depuis 1995, qui lutte contre le régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 31 ans en Ouganda.

    Créées pour défendre les droits de musulmans s’estimant bafoués par l’homme fort de Kampala, les ADF avaient été progressivement repoussées vers l’Ouest par l’armée ougandaise, jusqu’à s’installer en RDC.

    Les autorités congolaises et la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) accusent les ADF d’avoir tué plus de 700 civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs, dans le nord du Nord-Kivu.

    Les autorités ougandaises, puis de RDC, ont tenté de lier les ADF – coutumières d’une violence aveugle – à l’internationale jihadiste, mais aucun expert travaillant sur la RDC n’a réussi à établir un tel lien.

    Les ADF sont l’un des nombreux groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces orientales de la RDC frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et de trois grands lacs (Édouard, Kivu et Tanganyika).

    Avec AFP

  • Tshibala soupçonné de vouloir légaliser de faux statuts de l’UDPS à Matete (Interview)

    Tshibala soupçonné de vouloir légaliser de faux statuts de l’UDPS à Matete (Interview)

    -L’UDPS et sa dissidence sous la direction de Bruno Tshibala sont à couteaux tirés au niveau de la commune de Matete au sujet des statuts du parti.  Dans une interview accordée ce mercredi 20 décembre à ACTUALITE.CD, Peter Kazadi, Conseiller juridique de l’UDPS Tshisekedi, accuse la dissidence de vouloir légaliser de faux statuts au niveau de la commune de Matete pour permettre au groupe emmené par Bruno Tshibala de récupérer notamment le siège du parti à la 12ème rue Limete.

    Le parti a-t-il saisi la cour d’appel de Matete contre la dissidence de l’UDPS initiée par Tshibala?

    Non, nous n’avons pas saisi la justice. Nous avons découvert que la bande de Bruno Tshibala a tenté de légaliser le statut qu’ils ont modifiés au nom de l’UDPS, reprenant les insignes de l’UDPS ainsi que l’adresse. Nous nous sommes levés, nous avons fait une opposition judiciaire au nom du secrétaire général du parti et les secrétaires généraux adjoints ont également écrit au notaire avec copie pour information au ministre de l’Intérieur, de la Justice ainsi qu’au gouverneur de la ville de Kinshasa pour les informer que Bruno Tshibala n’avait pas qualité de tenir un congrès au nom de l’UDPS et de légaliser ces actes illégaux. Aujourd’hui nous étions étonnés d’avoir été alertés que ces émissaires, notamment monsieur Ndinga, docteur Loseke et Mukala, qui sont allés se présenter au notaire comme des conseillers du Premier ministre et qu’ils voulaient amener le notaire qui du reste avait pris la décision de ne pas légaliser les statuts. Eux, ils sont allés user de trafic d’influence là-bas pour que le notaire se rende au cabinet du Premier ministre. Nous nous sommes opposés. J’étais sur place et j’ai fait appel aux responsables du parti, le président Félix m’a rejoint. Heureusement pour eux, ils ont pris la fuite puisque la population a été nombreuse.

    C’était à la Cours d’appel de Matete ?

    Non, au niveau de la commune de Matete dans le bureau du notaire.

    Quelles sont les modifications qu’ils ont apportées dans les statuts ?

    Ils ont créé le poste des trois vice-présidents, ce qui n’existe pas dans le parti. Ils ont remplacé notre convention démocratique en un conseil. Ils ont modifié un tas de choses. Je me suis même procuré un exemple de ce qu’ils sont en train de faire. Il s’agit là d’un autre parti politique qui n’a rien avoir avec l’UDPS, mais qui reprend les emblèmes de l’UDPS et même l’adresse de l’UDPS, ce à quoi nous nous opposons énergétiquement. Vous savez, même si Tshibala était encore membre du parti, il n’a pas qualité de convoquer un congrès extraordinaire. Ils ont convoqué ce congrès là non seulement pour procéder au vote de leur prétendu président, mais ils ont également modifié les statuts du parti. Or, nos  statuts actuels prévoient qu’en cas du décès du président, on convoque un congrès extraordinaire avec un seul problème à l’ordre du jour celui du remplacement du président décédé. Ce qu’ils n’ont pas fait. Donc, ils sont dans l’illégalité la plus totale tant sur la forme que sur le fond.

    Comment comptez-vous faire face à cela ?

    Étienne Tshisekedi s’est battu pour l’instauration d’un Etat de droit. Nous pensons que le combat de Tshisekedi ne va pas passer inaperçu. Nous espérons que la justice doit être faite. On doit respecter les droits de l’UDPS à exister. Nous savons bien que la stratégie du pouvoir en place consiste à dédoubler les partis de l’opposition. l’UDPS, c’est un parti bâtit sur le sang de peuple congolais. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous avons posé un acte juridique et nous attendons les réponses juridiques, non une réponse politique comme le fait Tshibala.

    Les autres n’ont-ils pas droit de parler au nom de l’UDPS ?

    S’ils ont besoin de créer leurs partis, ils n’ont qu’à le créer. Bruno Mavungu est parti, il a créé son parti. S’ils veulent aussi qu’ils en créent avec leurs propres dénominations.

    Le siège de l’UDPS à la 12ème rue/Limete porte le nom de qui?

    Le nom de l’UDPS.

    UDPS en tant que personne morale ou c’est plutôt les individus tels que Félix Tshisekedi ?

    Nous étions longtemps dans la parcelle de Mutanda et cela n’a pas empêché qu’on parle du siège de l’UDPS. Ici, le problème ne se pose pas en terme du propriétaire de l’immeuble. C’est ça l’adresse de l’UDPS. L’immeuble peut appartenir à une autre personne, ce qui compte c’est le siège de l’UDPS.

    Stanys Bujakera

  • Mobilisation limitée pour l’appel de l’opposition en RDC

    Mobilisation limitée pour l’appel de l’opposition en RDC

    Manifestants de l’UDPS

    -L’appel à manifester mardi de l’opposition en République démocratique du Congo, rejeté par les autorités, a rencontré un écho très limité, avec par endroits quelques dizaines de personnes dispersées et des villes au ralenti.

    L’opposition tentait de mobiliser une nouvelle fois contre le calendrier qui renvoie au 23 décembre 2018 les élections pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin il y a un an, le 20 décembre 2016.

    Le Rassemblement de l’opposition conteste ce calendrier et demande une “transition sans Kabila” dès le 1er janvier 2018.

    Le gouverneur de la capitale Kinshasa avait prévenu le principal parti du Rassemblement, l’UDPS, qu’il “ne saurait prendre acte” de son intention d’organiser une “marche pacifique”, parce “la commission électorale a déjà fixé l’opinion (nationale et internationale) sur la date de la tenue des élections”.

    L’appel de l’opposition s’est traduit par un ralentissement de l’activité à Kinshasa, où la circulation était bien plus fluide que d’habitude.

    Sans être massive, la présence policière était plus importante qu’un jour ordinaire, à l’image d’un camion de police à l’entrée de la rue menant vers la résidence du chef de l’opposition Félix Tshisekedi dans la commune de Limete.

    A Lubumbashi (sud-est), ​les manifestants ont mis le feu au parquet prés le tribunal de paix de Lubumbashi.

    Les activités sont paralysés en grande partie dans la commune.

    A Bukavu (est), une dizaine de personnes qui tentaient de se regrouper ont fui par peur d’être arrêtées par des policiers du groupe mobile d’intervention. Une autre tentative de rassemblement aurait été dispersé à Mbuji Mayi (Kasai, centre), selon le site actualité.cd.

    A Goma (est), la ville est quadrillée depuis lundi par les forces de l’ordre en raison d’une conférence des 26 gouverneurs provinciaux, en présence du président Kabila.

    La précédente journée de mobilisation le 30 novembre s’était soldée par un mort, des dizaines de blessés et d’arrestations.

    Des dizaines de personnes avaient été tuées en septembre 2016 et décembre 2016 à Kinshasa, lorsque des manifestants étaient descendus dans la rue pour demander le départ M. Kabila à la fin de son mandat le 20 décembre 2016.

    Un accord majorité-opposition avait alors été trouvé sous l’égide de l’église catholique le 31 décembre 2016 prévoyant des élections au plus tard en décembre 2017.

    La communauté internationale a pris acte du nouveau calendrier renvoyant les élections au 23 décembre 2018, sous plusieurs conditions, dont le respect du droit de réunion.

    Avec AFP

  • RDC: l’attaque contre la Monusco «préparée et organisée», selon l’ONU

    RDC: l’attaque contre la Monusco «préparée et organisée», selon l’ONU

    Les circonstances précises de la mort de quinze casques bleus tanzaniens tués de l’attaque contre la Monusco jeudi 7 décembre, dans cette zone de Beni, ne sont toujours pas déterminées. Il s’agit de la pire attaque contre des soldats de la paix de l’ONU dans l’histoire récente, selon António Guterres, secrétaire général de l’organisation. Trois casques bleus sont portés disparus et une cinquantaine d’autres ont été blessés. C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies.

    Les Nations unies ont commencé leur enquête, essayant notamment d’interroger les survivants pour comprendre qui est responsable de cette attaque, aujourd’hui considérée comme un crime de guerre. Elle aura commencé aux environs de

    17h30 et se serait prolongée plusieurs heures, sans que le quartier général de la Monusco ne puisse contacter les troupes tanzaniennes sur le terrain.

    Qui sont les assaillants ?

    « C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies. Le secrétaire général adjoint de l’ONU l’affirme  : il s’agissait d’un groupe lourdement armé et l’attaque a été planifiée et coordonnée. Une source onusienne le complète  : « ces gens ont tout utilisé, de la machette au lance-roquette, ils ont presque rasé le camp ». Jean-Pierre Lacroix dit « présumer » qu’il s’agit des ADF, le groupe rebelle islamiste ougandais qui sévit depuis plus de 20 ans dans la région, sans pouvoir le confirmer.

    RFIComment les assaillants ont-ils pu entrer dans le camp pourtant bien protégé?

    L’ONU a commencé à interroger les survivants samedi, mais rien n’a filtré. Ce qu’on sait, c’est que dans la demi-heure qui a suivi l’attaque, les Tanzaniens sont devenus injoignables, leurs moyens de communication vraisemblablement détruits. Ont-ils été ciblés dès le départ? Personne ne semble en mesure de le dire et personne ne sait ce qui s’est passé pendant le blackout out durant lequel la Monusco aurait perdu contact avec ses casques bleus, entre 18h30 / 19h00 et le petit matin de vendredi.

    Pourquoi personne n’est venu plus vite au secours de ces casques bleus?

    Une source onusienne évoque un poste militaire congolais de quelques hommes, situé à 500 mètres du camp. Les 5 victimes FARDC viendraient de là. Mais de source militaire congolaise, on assure que les FARDC ne sont pas intervenus. Même confusion côté onusien puisque plusieurs sources assurent que la «force onusienne» était prévenue de l’attaque dès le début, jeudi soir. Or le secrétaire général adjoint de l’ONU parle d’une réponse «dès que la mission a été informée». Or les secours, ces fameux hélicoptères d’attaque, n’ont décollé que le vendredi matin, soit plus de 12 heures après la coupure des communications avec le camp attaqué.

    Le bilan de l’attaque

    Côté bilan, toujours pas de nouvelles des trois casques bleus tanzaniens portés disparus. Les blessés ont, eux, été évacués vers Goma. Et le bilan est toujours contradictoire pour ce qui est des morts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui seraient intervenues. L’ONU annonce cinq militaires congolais tués dans l’attaque intervenue jeudi 7 décembre. Le porte-parole de l’armée, à Beni donne un tout autre bilan, à savoir, un militaire blessé, un disparu et 72 assaillants tués.

    Jean-Pierre Lacroix attendu en RDC

    Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies (invité de RFI ce dimanche 10 décembre) est attendu en République démocratique du Congo en milieu de semaine, à Goma et probablement à Kinshasa. Par ailleurs, le représentant spécial adjoint David Gressly devait se rendre à Beni aujourd’hui, déplacement repoussé à cause du mauvais temps.

    Les ratissages se poursuivent et les renforts continuent d’arriver, selon le porte-parole de l’ONU. Ces deux derniers mois, on le sait, les militaires congolais et les casques bleus ont été régulièrement pris pour cible. D’ailleurs, l’axe Mbau / frontière ougandaise, où se trouve le camp de la Monusco qui a été visé, s’est à nouveau vidé. « La route était fermée aux civils alors qu’il y a quelques mois encore, FARDC et Monusco avaient réussi à sécuriser une partie de la zone », a indiqué le porte-parole de l’armée congolaise dans la région.

    RFI