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  • RDC : PPRD, parti Etat, au pas de charge sur la loi électorale

    RDC : PPRD, parti Etat, au pas de charge sur la loi électorale

    -Réunion de tous les honorables députés de la mosaïque PPRD à Fleuve Congo Hôtel, sous la double direction du SG/MP et Pdt de l’AN, ce vendredi 24 Nov 2017 à 10h00′.  L’invitaton est lancée officiellement par les dignitaires du PPRD, le parti veut faire passer au pas de charge la réforme de la loi électorale et ne cache plus ses intentions.

    Aux commandes, le secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin Minaku, soutenu par le président de l’Assemblée nationale… Aubin Minaku. L’adage est connu, mieux vaut supprimer les intermédiaires, ça évite les voix discordantes.

    Après la réunion, particulièrement houleuse, de ce jeudi 23 novembre, avec les élus de la majorité présidentielle à l’Hôtel du Fleuve, les députés de « la mosaïque » PPRD sont priés de ne pas aller se coucher trop tard pour pouvoir être présent ce vendredi après un bon petit-déjeuner, à cette nouvelle réunion.

    Objectif : bien faire comprendre les intérêts de faire passer cette réforme de la loi électorale et tenter de faire oublier la bronca menée par nombre d’élus de la MP qui ne veulent pas entendre parler du PPRD. Certains barons régionaux ne veulent pas se rendre pieds et mains liés au pouvoir de Kabila et de son clan.

    Un clan dans lequel Aubin Minaku, pourtant déjà porteur de deux casquettes, se verrait bien enfiler les lauriers.

    LLA

  • Exclusif – Réforme électorale en RDC : un enregistrement sonore révèle la stratégie du parti de Kabila

    Exclusif – Réforme électorale en RDC : un enregistrement sonore révèle la stratégie du parti de Kabila

    -Comment faire adopter un projet de loi électorale contesté aussi bien par l’opposition que par ses propres alliés ? Une réunion du PPRD, le parti du président Joseph Kabila, s’est penchée vendredi sur la question. Jeune Afrique reproduit en exclusivité l’enregistrement des débats.

    Corneille Nangaa poursuit ses consultations. Après les groupes parlementaires de la Majorité présidentielle (MP), qui ont clairement boudé, la veille, le principe d’un « seuil de représentativité » prévu dans la nouvelle réforme électorale, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) s’est entretenu, vendredi 25 novembre, avec les députés et certains cadres triés sur le volet du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique du président Joseph Kabila.

    Contacté par Jeune Afrique, le député François Bokona (PPRD), rapporteur de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale, confirme la tenue de ces concertations mais dit ne pas y avoir pris part puisqu’il devait participer à une autre réunion. D’après nos informations, Corneille Nangaa s’est évertué à rassurer les lieutenants de Kabila quant à l’intérêt, pour leur parti, de soutenir ce « seuil de représentativité » proposé dans le projet de loi électorale.

    « Seuil de représentativité », du pain béni pour le PPRD ?

    Concrètement, si la réforme est adoptée en l’état, les listes des partis et regroupements politiques ou des candidats indépendants devront atteindre ou dépasser « 3 % du nombre total de suffrages valablement exprimés » au niveau national pour espérer remporter des sièges dans l’hémicycle. Il deviendra ainsi indispensable aux formations politiques de se regrouper dans de grands ensembles sous peine de disparaître.

    Jeune Afrique s’est procuré l’enregistrement sonore des échanges qui ont suivi l’exposé du président de la Ceni. Le premier à s’exprimer est Henri Mova Sakanyi, le secrétaire général du PPRD, qui a estimé d’entrée de jeu qu’il fallait « défendre jusqu’au bout » la ligne du parti. Pas question, selon lui, de « [s’] incliner parce que l’opposition a le vent en poupe ». « C’est pour cela qu’on a aussi une majorité (…) », poursuit-il avant de donner la parole à Aubin Minaku, secrétaire générale de la MP et président de l’Assemblée nationale.

    Plus prudent, Aubin Minaku tente d’abord de sensibiliser ses camarades au risque qu’il y aurait à soutenir ce « seuil de représentativité » dans une Assemblée où, au-delà de l’opposition, les alliés même du PPRD sont prêts à rejeter l’initiative au moment du vote. « Irons-nous jusqu’au bout en sachant que cela peut se passer de cette manière-là ? Sur le plan politique, est-ce bon ? » interroge celui qui est présenté comme le dauphin putatif de Kabila.

    Le seuil de représentativité, c’est quelque chose qui remet le PPRD sur pied », selon Mova Sakanyi

    Mais pour Henri Mova Sakanyi, le PPRD n’a d’autre choix que de voter en faveur de ce seuil de représentativité. D’autant que c’est, selon lui, « quelque chose qui nous permet d’être beaucoup plus à l’aise ». Autrement dit, il ne serait plus question de partager les responsabilités au sein du gouvernement et des entreprises publiques avec des alliés politiques, voire avec des opposants, et « d’introduire [ainsi] des gens dans le gâteau, qui n’a pas grossi ». En conséquence, plus personne au sein du PPRD n’a les moyens de financer le parti pour les élections, avance-t-il sans convaincre ses camarades, qui se mettent alors à hurler…

    Devant la réticence de ses camarades à soutenir ce fameux « seuil de représentativité », qui profiterait pourtant au parti, Henri Mova Sakanyi lâche que « cela devient suspect » et rappelle que le PPRD est en train de « trahir [sa] cause » en défendant « tous les jours » le programme du gouvernement d’un « Premier ministre venu de je-ne-sais-quel bord politique ». Allusion à Bruno Tshibala, dissident du Rassemblement de l’opposition, qui a été fait chef du gouvernement avec le soutien de la MP.

    De son côté, Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre de l’Intérieur, qui va défendre ce projet de loi électorale devant le Parlement, n’est pas non plus rassuré. « Tout le monde est contre. Ici aussi, il y a des contradictions au niveau du PPRD : PPRD pur et les autres, qui […] croient qu’ils seront éliminés. Est-ce que nous aurons 260 voix pour faire passer notre projet avec le seuil ?” lance-il. La réponse de ses camarades est sans appel : « Non! »

    Comment le PPRD a fabriqué ses partis alliés

    Mais qui sont ces partis alliés du PPRD qui craignent de disparaître si le « seuil de représentativité » est adopté ? A ceux qui l’auraient oublié, Aubin Minaku rappelle qu’ils n’ont été créés que pour répondre à une « stratégie électorale » « par rapport au mode de scrutin » choisi à l’époque. Ce sont en réalité des « partis-tiroirs, sans militants et sans drapeau », résume le secrétaire général de la MP, citant même l’exemple d’une de ces formations dont les cofondateurs ont été désignés parmi son entourage proche – son épouse et son assistant notamment – pour servir de gardes-fous. Fou rire dans la salle.

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    « La machine à voter » ou l’instrument du PPRD ?

    Reconnaissant qu’il y a « quelques soucis » dans le partage des responsabilités avec ces « partis-tiroirs » ou « partis de la mosaïque », Aubin Minaku assure que les choses changeront dans l’avenir, se réjouissant au passage que Corneille Nangaa ait su « épater » et « convaincre » beaucoup de partisans sur l’utilité de « la machine à voter » en vue des prochaines élections.

    Quant au « seuil de représentativité », Henri Mova Sakanyi appelle les députés de son parti à [s]’assumer et [à] démontrer que la scène politique [congolaise] a quand même des personnalités sérieuses qui s’assument en tant que tel ». Au risque de voir le projet de loi rejeté par la plénière de l’Assemblée nationale ? Car à ce stade, même « l’encadrement » de certains élus (entendre « la distribution de billets de banque », selon un député de la MP) ne garantit pas le vote du projet de loi tel que présenté par le gouvernement, selon Minaku. « Nous avons peut-être mal choisi le moment » de faire passer cette réforme, estime le secrétaire général de la MP, laissant entendre que le même projet de loi pourrait passer après le départ de Kabila.

     

  • Gecamines: Albert Yuma va revoir unilatéralement les partenariats miniers

    Gecamines: Albert Yuma va revoir unilatéralement les partenariats miniers

    -Moins de trois semaines après la publication du rapport Carter stigmatisant la mauvaise gestion de la Gécamines, le patron de cette société publique congolaise, Albert Yuma, a annoncé mardi matin qu’il allait « revoir – j’ai dit revoir, pas renégocier, c’est nous qui allons désormais fixer les termes » – les partenariats qui lient l’entreprise congolaise à des sociétés minières privées.
    Albert Yuma s’adressait mardi matin à des agents de la Gécamines et aux nouveaux mandataires qu’il a nommés il y a quelques mois au sein des partenariats. Il leur a annoncé les « deux axes » fixés « par le chef de l’Etat », au « développement » de l’entreprise publique: « refaire de la Gécamines un véritable acteur minier » sur le plan national et international; faire en sorte que les ressources de la République démocratique du Congo (RDC) – dont la société publique détient, dit-il, « la majorité » – « profitent au peuple congolais, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».
    « On nous a trompés »
    « Dans la plupart de nos partenariats, pour ne pas dire tous », a affirmé M. Yuma, « nous n’avons jamais touché de dividendes et l’Etat n’a jamais touché d’impôts ». Depuis « la mise en place du code minier », qui date de 2002, les différents partenaires de la Gécamines, a-t-il dit, « ont exporté pour plus de 48 milliards de dollars » et « l’Etat a reçu en net – soit le revenu moins les bonus fiscaux qu’il a donnés – moins de 3 milliards de dollars ». C’est pourquoi, a ajouté M. Yuma, la Gécamines va « revoir – j’ai dit revoir, pas renégocier, c’est nous qui allons désormais fixer les termes » – les « conditions » des partenariats qui lient l’entreprise congolaise à des sociétés minières privées.
    Selon M. Yuma, « on nous a trompés, en 2000 » en disant que le Congo était incapable de développer seul ses ressources minières et qu’il fallait des partenariats. « On aurait dû toucher 350 millions de dollars de dividendes et on a touché zéro » dollars, tandis que « l’Etat aurait dû toucher 768 millions de dollars d’impôts » et a touché « zéro ». « Nos partenaires se sont toujours arrangés pour que les comptes d’exploitation apparaissent en perte d’année en année », a-t-il assuré.
    Prendre le contrôle du cobalt
    Or, la « vraie ressource » des partenariats n’est « pas l’argent » mais « les gisements » de cuivre et de cobalt de la Gécamines, a estimé Albert Yuma, assurant que « la prochaine guerre mondiale sera pour le contrôle du cobalt », dont le Congo possède « 70% » et l’entreprise publique « 40% des réserves mondiales connues ». « Depuis 15 ans, nos partenaires nous ont trompés et, disons-le, volés. Cela doit s’arrêter ».
    M. Yuma a ajouté que l’entreprise avait « aussi constaté la faiblesse de nos mandataires pour contrôler les partenariats », raison pour laquelle ils avaient été changés il y a quelques mois. Reconnaissant aussi des faiblesses dans « l’organisation » de la société publique, son patron a annoncé avoir confié à « Ernst and Young un audit organisationnel » en vue d’installer de nouvelles structures « dès le deuxième trimestre 2018″. En effet, a-t-il ajouté, la Gécamines souffre d’ »équipements obsolètes » et « surtout » d’un personnel trop vieux, la moyenne d’âge étant « 58 ans ». « On ne peut pas compter sur cette génération pour défendre nos intérêts » et « prendre des risques ».  Il faut, dit-il, que les cadres « reprennent le contrôle de la Gécamines comme, il y a 40 ans, nos frères arabes ont décidé de contrôler le pétrole ».
    « Pas un dollar ne manque »
    Répondant au rapport du Centre Carter  (https://afrique.lalibre.be/10520/ou-sont-passes-les-millions-de-la-gecamines/) selon qui « près des deux tiers de ces revenus (NDLR: générés par les partenariats miniers) – ou 750 millions de dollars – ne peuvent être tracés jusqu’à des comptes en banque de manière fiable », M. Yuma a assuré à son auditoire que c’était « une idiotie, un mensonge, une incompétence (…) Pas un dollar ne manque. Tout l’argent est enregistré dans les comptes de la Gécamines ». Il a affirmé que « la plupart de cet argent est parti dans des investissements » qu’il chiffre à « 860 millions de dollars depuis que nous sommes là », soit sept ans, « et dans le financement de l’Etat congolais. En termes de pourcentage, la Gécamines a contribué plus au budget de l’Etat que tous les partenaires réunis », a-t-il déclaré, sans expliquer son calcul.
    Toutefois, de ces « 860 millions de dollars » d’investissements et de « deux plans de restructuration, deux plans de production », « on ne voit pas les résultats », a reconnu M. Yuma, rejetant la faute sur « vos aînés ». Evoquant les « rapports bidon, basés sur des racontars », tel celui du Centre Carter, selon lui, le patron de la Gécamines a stigmatisé « certains d’entre vous qui disent n’importe quoi » à des « étrangers » contre « 1000 ou 2000 dollars, ou une auto ou une promesse d’emploi ».
    Et d’assurer que, grâce à la réorganisation de la Gécamines prévue pour 2018,  « dans 2 ou 3 ans, vous allez voir la différence ». Comme il l’a déjà annoncé – sans effet – à plusieurs reprises ces dernières années, M. Yuma a promis: « Nous serons capables de produire 100.000 tonnes ».
    Par Marie-France Cros
  • Emoi autour de la photo de l’arrestation d’une fillette en RDC

    Emoi autour de la photo de l’arrestation d’une fillette en RDC

    -La photo d’une enfant arrêtée lors des manifestations anti-président Joseph Kabila mercredi en République démocratique du Congo, selon l’opposition, a provoqué la colère des opposants, mais la police a affirmé vendredi que la fillette avait “violenté les forces de l’ordre”.

    La photo montre une fillette habillée d’un pantalon rose et d’un chemisier blanc, entourée de six policiers dont l’un lui tient les bras dans le dos comme s’il la menottait, devant un cachot.

     D’après le mouvement citoyen la Lutte pour le changement (Lucha), il s’agit de Binja Yalala, 15 ans, lors de son interpellation avec 14 autres personnes mercredi sur l’île d’Idjwi dans le Sud-Kivu (est).

    La photo a été largement partagée sur les réseaux sociaux par les opposants sous le mot-dièse #JesuisYalala.

    “A mon âge, les autres enfants mangent à leur faim, vont dans des bonnes écoles, jouent entre eux… Moi j’apprends aux adultes leur devoir”, a écrit la Lucha sur son compte. “Voici le pays dans lequel nous vivons en 2017”, déplore le député Martin Fayulu, responsable de la mobilisation au sein du Rassemblement de l’opposition.

    Réagissant dans un communiqué, la police congolaise a indiqué que “onze meneurs avaient été appréhendés y compris mademoiselle Binja Yalala qui avait été interpellée pour avoir violenté les forces de l’ordre”.

     Tous ont été libérés, a ajouté la police, qui accuse les organisateurs d’avoir placé des mineurs “en première ligne”.

    Plusieurs dizaines d’opposants ont été interpellés pour avoir tenté de mobiliser contre le calendrier électoral qui fixe au 23 décembre 2018 le prochain scrutin présidentiel. Ils demandent le départ du président Kabila dès la fin de cette année.

    Les forces de sécurité avait prévenu la veille que les rassemblements seraient interdits, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale (UE, USA, Canada, Suisse, ONU) qui demandent aux autorités le respect des libertés d’expression.

    Au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et 2011, M. Kabila ne peut pas se représenter et son mandat a pris fin le 20 décembre 2016 d’après l’actuelle Constitution, qui l’autorise à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur.

    Avec AFP

  • Paradise Papers : Glencore et les contrats miniers en RDC

    Paradise Papers : Glencore et les contrats miniers en RDC

    -Le géant suisse des mines et du négoce, Glencore, a accordé un prêt de 45 millions de dollars à une entreprise en RDC contrôlée par l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

    C’est une révélation de Paradise Papers, la dernière enquête du Consortium international des journalistes d’investigation, publiée le week-end dernier.

    Dan Gertler, l’homme d’affaires, influent en Afrique, aurait tissé des relations très étroites avec le président de la RDC Joseph Kabila et son entourage.

    Son nom apparaît dans plusieurs affaires de corruption et figure dans plusieurs listes noires destinées aux investisseurs, selon Paradise Papers.

    Dan Gertler a servi d’intermédiaire lorsque Glencore cherchait à acquérir à bas prix des droits d’exploitation pour la mine de Katanga en République démocratique du Congo.

    Selon l’enquête, la RDC aurait vu lui échapper des centaines de millions de francs CFA.

    La société Glencore a rejeté les accusations de corruption concernant les transactions l’ayant notamment conduit à disposer d’une large majorité dans Katanga Mining, ainsi que sur la renégociation de contrats miniers en RDC.

    BBC

  • Les USA appellent Kabila à quitter le pouvoir après décembre 2018

    Les USA appellent Kabila à quitter le pouvoir après décembre 2018

    -Les États-Unis demandent au président congolais Joseph Kabila de “quitter le pouvoir” après les élections prévues le 23 décembre 2018.

    Selon un communiqué du département d’État, les USA ont salué la publication de ce calendrier électoral.

    Les États-Unis se déclarent “résolus à travailler avec le peuple et les institutions de la RDC, l’Union Africaine, les partenaires régionaux et internationaux et la Monusco” pour que les “quelque 45 millions d’électeurs congolais puissent voter à temps et comme prévu en décembre 2018″.

    L’Union africaine pour sa part déclare avoir” pris note avec satisfaction” de la publication du calendrier électoral en République Démocratqiue du Congo.

    Dans un communiqué, le Président de la Commission de l’Union africaine invite l’ensemble des acteurs politiques à se montrer responsables et de s’abstenir de tout propos ou acte de nature à générer des tensions.

    L’UA réaffirme sa détermination à mobiliser toutes les ressources pour accompagner et soutenir le processus électoral en RDC.

    BBC

  • RDC: la Ceni ne cache plus son allégeance au pouvoir

    RDC: la Ceni ne cache plus son allégeance au pouvoir

    Les journaux kinois de ce mercredi 8 novembre ont publié une photo montrant le « numéro deux » de la Commission électorale nationale indépendante (sic), participant à une réunion « stratégique » des kabilistes sur les élections.

    La photo montre le président hors mandat Joseph Kabila entouré de membres de son parti, le PPRD, parmi lesquels figure le « numéro deux » de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Norbert Basengezi Kititima (encerclé de rouge sur notre cliché), considéré comme l’homme fort de cet organe. La photo illustre la réunion « stratégique » organisée mardi dans l’une des fermes privées de M. Kabila, Kingakati, pour y évoquer les prochaines élections.

    Serment de ne pas nuire à l’indépendance

    Les membres de la Ceni sont des mandataires de partis politiques et de la société civile. M. Basengezi, lui, émane du PPRD mais, comme tous ses collègues, il a, en prenant ses fonctions à la Commission électorale, juré sur l’honneur de, notamment, « n’exercer aucune activité susceptible de nuire à l’indépendance, à la neutralité, à la transparence et à l’impartialité » de la Ceni (art. 20 de la loi sur la Ceni).

    En outre, l’article 22 de cette loi ajoute que « dans l’accomplissement de leur mission, les membres de la Ceni: 1. ne sollicitent ni ne reçoivent d’instructions d’aucune autorité extérieure; 2. jouissent de la totale indépendance par rapport aux forces politiques qui les ont désignées ».

    Si la photo a fait tiquer certains journalistes, il n’en va pas de même pour le très kabiliste l’Avenir, qui  semble trouver très naturelle l’absence de neutralité du vice-président de la Ceni à une réunion destinée à « maximiser les chances de succès » du PPRD.

    La Libre Afrique

  • L’opposition appelée à des “actions fortes” contre Kabila

    L’opposition appelée à des “actions fortes” contre Kabila

    -Un mouvement congolais de jeunes a appelé les leaders de l’opposition à mener des “actions fortes” afin de forcer le président Joseph Kabila a lâcher le pouvoir à la fin de cette année en République démocratique du Congo, selon un document confidentiel.

    Le peuple attend “désespérément” de vous “une position commune ferme, invariable et sans équivoque, considérant que Kabila doit quitter le pouvoir (ou cesser d’être considéré comme président de la RDC) d’ici au 31 décembre 2017”, écrit le mouvement Lutte pour le changement (Lucha) dans ce document dont l’AFP a reçu une copie dimanche.

    Il s’agit aussi de mener dès à présent des “actions fortes, résolues et coordonnées sur le terrain pour forcer Kabila et ses auxiliaires à lâcher le pouvoir sans aucune autre forme de conciliabules”, écrit ce mouvement des jeunes basé à Goma. Ces militants, qui se présentent comme apolitiques, non partisans et non violents, demandent des comptes aux décideurs.

    “Nous savons que certains parmi vous ont commis des erreurs de jugement ou de positionnement politique par le passé, avec de fâcheuses conséquences pour le pays”, note Lucha.

    Certains responsables de l’opposition ont confirmé avoir reçu le document.

    Les élections (présidentielle, législatives et provinciales) auraient dû se tenir avant fin 2017 en vertu d’un accord majorité-opposition conclu à la fin de l’année dernière. La Commission électorale chargée d’organiser les scrutins table désormais sur des élections en 2019. Elle a promis de publier le calendrier électoral ce dimanche.

    “Comment comprendre qu’après tout ceci, certains parmi vous envisagent encore de concéder à Kabila une nouvelle prolongation au-delà de la date butoir du 31 décembre 2017, aussi courte soit-elle ?”, s’interroge Lucha dans ce document de trois pages.

    “Cet homme et son régime ont allègrement violé la Constitution, foulé aux pieds l’accord de la Saint-Sylvestre et ignoré les résolutions successives du Conseil de sécurité de l’ONU”, estime Lucha.

    “Si ceux que la population considère comme leaders n’ont pas le courage d’être en première ligne pour affronter ce régime, alors tout espoir de libération est perdu, et il faudrait trouver un autre sens au mot +leader+!”.

    “Vous avez une grave responsabilité sur laquelle l’histoire vous jugera”, a averti ce mouvement.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son dernier mandat a expiré le 20 décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter, mais la justice l’autorise à rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur.

    Le climat politique est très tendu dans le pays.

    Avec AFP

  • RDC: Fin du suspens-les élections fixées au 23 décembre 2018, annonce la Céni

    RDC: Fin du suspens-les élections fixées au 23 décembre 2018, annonce la Céni

    -Fin du suspens en République démocratique du Congo (RDC). A l’issue d’un week-end de plénière, la Commission électorale a annoncé ce dimanche, devant la presse et les diplomates, la date des élections : la présidentielle, les législatives et les provinciales se tiendront le 23 décembre 2018. Trois scrutins en une seule séquence.

    Les élections présidentielle, législatives et provinciales sont fixées le 23 décembre 2018, a annoncé le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, dimanche 5 novembre, lors de la publication du calendrier électoral.

    Les résultats provisoires de la présidentielle seront annoncés le 30 décembre 2018. Le 9 janvier 2019 seront proclamés les résultats définitifs, a renchérit le rapporteur de la CENI, Jean-Pierre Kalamba.

    La prestation de serment du président de la République est prévue au 12 janvier 2019.

    Selon le président de la CENI, Corneille Nanngaa, ce calendrier publié est conforme à l’accord du 31 décembre.

    Les élections présidentielle, les législatives et les provinciales seront toutes organisées «une seule séquence», a précisé Corneille Nangaa.

    «Le calendrier que nous présentons est basé sur le principe de la rationalisation du système électoral pour réduire le coût excessif des élections», a-t-il dit.

    Ce calendrier est assorti de quatre contraintes :

    • Légales
    • Financières
    • Logistiques
    • Politiques et sécuritaires.

    Est-ce que ce calendrier va être accepté par l’opposition ?

    En tout cas, pas par Félix Tshisekedi. Le président du Rassemblement de l’opposition que l’on vient de joindre à l’instant, rejette ce calendrier, affirme ne plus reconnaître ni le gouvernement ni la Céni. Il estime que ce calendrier est une violation de la Constitution et de l’accord politique de la Saint-Sylvestre que lui-même a signé.

    C’est l’avis d’Eve Bazaiba du MLC qui rejette également de ce calendrier. « Le peuple n’acceptera », dit-elle.

    Ce soir, tous ces leaders de l’opposition sont en réunion pour déterminer la marche à suivre.

     

  • Insalubrité en RDC: Kinshasa croule sous de très chères ordures

    Insalubrité en RDC: Kinshasa croule sous de très chères ordures

    -En République démocratique du Congo, et dans sa capitale Kinshasa, la gestion des déchets est un véritable cauchemar. Les habitants se plaignent de vivre dans une décharge. Pour faire face, le gouverneur de la province, André Kimbuta, assure qu’il doit trouver 12 millions de dollars par mois pour assainir la ville, un montant colossal qu’il espère financer à travers de nouvelles taxes aux particuliers et aux entreprises. Jusqu’à 2015, c’est l’Union européenne qui avait un programme de gestion des déchets. Depuis, rien ne va plus.

    Pour le gouverneur de Kinshasa, le calcul est simple : il y a 9 000 tonnes de déchets à collecter par jour, à 30 dollars la tonne collectée, une estimation qu’il attribue à la Banque mondiale.

    Il faudrait compter 270 000 dollars par jour, 8 millions de dollars par mois, qu’André Kimbuta arrondit à 12 millions pour faire bonne mesure, l’entretien des camions et le prix du carburant n’étant pas, pour lui, compris dans le coût d’une tonne collectée.

    Pour le gouverneur, il est urgent de revoir la conception de la gestion des déchets dans la capitale de RDC, d’avoir une gestion intégrée – collecte, tri et valorisation des déchets – comme dans d’autres villes du monde.

    Trouver d’autres financements

    Surtout, faute de moyens accordés par le gouvernement central, il faut trouver d’autres sources de financement, comme une taxe d’assainissement qui sera collectée par la Regideso auprès des consommateurs, ou une taxe pollution pour faire payer les entreprises.

    Entre 2008 et 2015, c’est l’Union européenne qui avait mis la main à la poche pour organiser la collecte des déchets à Kinshasa. Un programme pour neuf des 24 communes seulement, mais bien moins onéreux : 1 million de dollars par mois, à peine, pour collecter les déchets dans plus d’un tiers des communes.

    Le gouvernorat avait promis à l’époque de profiter de l’expérience acquise pour dupliquer le projet dans toutes les communes de la ville. Finalement, Kinshasa envisage de privatiser le secteur une fois les fonds nécessaires levés et pérennisés.

    « Il y a des poubelles partout »

    Devant l’image qu’offre Kinshasa, la population interpelle les autorités municipales. « Vous circulez dans la capitale, ici, vous allez trouver qu’il y a des poubelles partout », témoigne une jeune femme.

    Le jugement de la population est sévère. Les riverains ne sont pas fiers de l’état dans lequel se trouve leur cité. « La ville n’est pas propre ; des caniveaux bouchés , il n’y a même pas d’urinoir. Ce n’est pas normal », ajoute cette habitante.

    Et de décrire : « A Bandal, vers (le secteur) 24, où j’habite, c’est trop sale. Matongue, c’est un peu mieux. Mais vers Bongolo, il n’y a pas la route, pas de poubelle. Vers Kalamou, c’est inondé. Limete est méconnaissable. »

    Des stations d’épuration pleines

    La situation est aujourd’hui pire qu’avant, affirme un employé qui fait observer que les immondices ne sont plus évacuées. « Ah, Kinshasa est sale partout, hein ? Partout, partout ! Même à Gombe, même à Lingwala, même dans la commune de Kinshasa, même à Lemba. Donc, partout. »

    « On ne vide pas les stations d’épuration avec facilité », explique-t-il, tandis que d’autres Kinois accusent tout simplement la population. « La population n’a pas de poubelle dans ses parcelles. Et tout ce qu’il y a comme ordures, saletés, ils le déversent dans la rue », observe un homme.

    C’est déjà la saison des pluies, et la situation se dégrade de plus en plus. Les agents sanitaires craignent la propagation des épidémies comme le choléra.