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  • Félix Tshisekedi empêché de tenir un meeting à Lubumbashi

    Félix Tshisekedi empêché de tenir un meeting à Lubumbashi

    -Le chef de l’opposition congolaise a accusé la police d’avoir empêché la tenue d’un meeting à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, en tirant des gaz lacrymogènes et des coup de feu en l’air, mais la police a démenti ces tirs.

    La police a tenté de nous brutaliser. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes à quelques centimètres de mon visage. Cela ne m’a pas ébranlé. Je suis déterminé à mener mon combat contre Joseph Kabila jusqu’au bout. Il partira c’est certain”, a déclaré à VOA Afrique Félix Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition.
    “La police nous a empêchés de quitter l’hôtel en barricadant la route. Nous avons décidé de nous rendre au lieu du meeting avec la population à pieds, ils ont dressé un cordon 500 mètres plus loin, tirant sur nous des gaz lacrymogènes et montrant leurs fusils”, a poursuivi Félix Tshisekedi.

    ​”On n’a pas tiré sur lui. C’est faux. Il est avec moi, comment est-ce que j’ai pu tirer (des gaz lacrymogènes) sur lui”, a réagi auprès de l’AFP le général Paulin Kyungu, commandant de la police du Haut-Katanga, qui était en discussion avec M. Tshisekedi dans son hôtel.
    Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement, empêché de tenir un meeting à Lubumbashi, 24 octobre 2017. (VOA/Narval Mabila)
    Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement, empêché de tenir un meeting à Lubumbashi, 24 octobre 2017. (VOA/Narval Mabila)

    Plusieurs dizaines de policiers anti-émeutes étaient positionnés aux abords de l’hôtel où est logé M. Tshisekedi, a rapporté dans la soirée le correspondant de VOA Afrique.

    Lundi, plusieurs dizaines de militants d’opposition ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes alors qu’ils se rendaient à l’aéroport pour accueillir M. Tshisekedi.

    ​La RDC traverse une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016.

    La Constitution ne lui permet pas de se représenter mais l’autorise à rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur.

    Félix Tshisekedi a dernièrement qualifié de déclaration de “guerre au peuple congolais” l’annonce du président de la Commission chargée d’organiser des élections en RDC, Corneille Nangaa, selon lequel il n’y aurait pas d’élection pour la succession de M. Kabila avant 2019.

    Depuis quelques semaines M. Tshisekedi appelle à une “transition sans Kabila” après le 31 décembre 2017, si la présidentielle n’est pas organisée avant cette échéance comme le prévoyait l’accord de la Saint-Sylvestre conclu par la majorité et l’opposition.

    VOA

  • Football – RDC : les Léopards ont « encore un espoir » de se qualifier pour le Mondial, juge Cédric Bakambu

    Football – RDC : les Léopards ont « encore un espoir » de se qualifier pour le Mondial, juge Cédric Bakambu

    Les Léopards de la RDC lors de leur match contre les Diables rouges du Congo samedi 10 juin 2017 au stade des Martyrs de Kinshasa – première journée des éliminatoires de la CAN-2019 (3-1). Ph. Radio Okapi/John Bompengo

    -La RDC devra battre largement la Guinée, et miser sur une défaite de la Tunisie face à la Libye le 7 novembre, pour espérer se qualifier pour la Coupe du Monde 2018. Cédric Bakambu, l’attaquant des Léopards et de Villareal y croit, même s’il n’ignore rien de la complexité de la tâche.

    Jeune Afrique : Il faudrait un vrai concours de circonstances heureuses pour que la RDC aille en Russie, l’année prochaine…

    Cédric Bakambu : L’essentiel, c’est que nous soyons encore en lice pour la qualification. Il y a encore un espoir.  Nous avons une petite chance de nous qualifier. Tout peut arriver. Concentrons-nous sur notre match face à la Guinée à Kinshasa. Gagnons-le, ne serait-ce que pour honorer le maillot.

    C’est vrai que nous devrons compter sur une défaite de la Tunisie contre la Libye. Il faut y croire, jusqu’au bout. Nous avons battu la Libye le 7 octobre (2-1), il fallait le faire pour rester en vie. Nous ne sommes pas morts ! D’ailleurs, c’était assez bizarre de jouer ce match en Tunisie, chez notre principal adversaire, même si tout s’est bien passé au niveau de la sécurité.

    Si la RDC devait être éliminée, serait-ce la faute à cette fin de match mal négociée face à la Tunisie, en septembre à Kinshasa (2-2) ?

    C’est vrai que nous avons perdu des points ce jour-là… On a manqué d’expérience, car on menait 2-0 à une dizaine de minutes de la fin. Je ne pense pas que la RDC soit inférieure à la Tunisie. On a su lui poser des problèmes chez elle (1-2), on a failli gagner chez nous. Nous avons une équipe assez jeune, qui doit encore acquérir de l’expérience.

    Les Léopards ont-ils les moyens de devenir une des toutes meilleures sélections d’Afrique ?

    Je le pense. Cette équipe est ambitieuse. Je le suis également. Cela fait presque trois ans que je joue pour la RDC. Elle a fait beaucoup de progrès. Beaucoup de joueurs sont arrivés, on a réussi à se qualifier pour la CAN en 2015 et en 2017. Nous sommes toujours concernés par une qualification pour la Coupe du Monde.

    L’équipe est capable de marquer à chaque match. Défensivement, elle est de plus en plus solide. Ce qu’il nous manque, je le répète, c’est un peu d’expérience. Mais je suis convaincu que la RDC peut devenir une des toutes meilleures équipes d’Afrique. Elle en a le potentiel. Elle dispose d’une bonne marge de progression.

    Florent Ibenge, votre sélectionneur, laisse planer un doute sur son avenir, puisqu’il sera en fin de contrat dans trois mois…

    Oui, nous sommes au courant. On verra. Ce n’est pas nous qui décidons. Cela se jouera au niveau de la Fédération. Florent Ibenge m’a appelé en sélection, je suis devenu un des cadres. C’est un statut que j’assume, mais pour ce qui concerne la question du coach, ce n’est pas à moi de parler de ça.

    Vous avez inscrit juste avant la trêve internationale un triplé en championnat d’Espagne contre Eibar (3-0)…

    Oui, c’était mon premier triplé en Liga. J’en étais très heureux pour l’équipe. Ce succès a en quelque sorte lancé notre saison. Il est encore un peu tôt pour parler d’un objectif. On a fini à la cinquième place l’an dernier.

    Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à Villareal. C’est ma troisième saison ici. Je suis sous contrat jusqu’en 2021, et quand on me parle de mon avenir, je réponds que je me concentre uniquement sur cette saison…

    J.A

  • RDC: pourquoi Mende est-il en Europe malgré les sanctions pesant contre lui?

    RDC: pourquoi Mende est-il en Europe malgré les sanctions pesant contre lui?

    -Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende est à Bruxelles, et ce malgré des sanctions européennes prises à son encontre en mai dernier. Lambert Mende bénéficie d’une « dérogation », expliquent les autorités belges.

    Lambert Mende est à Bruxelles depuis mercredi 18 octobre et pour une durée d’une semaine, pour des « raisons familiales », explique le porte-parole du gouvernement congolais qui confirme avoir bénéficié d’une « dérogation » de la part des autorités belges pour effectuer ce voyage.

    Car depuis le 29 mai, le ministre de la Communication, accusé entre autres de mener « une politique répressive envers les médias » et de ne pas favoriser l’organisation des élections dans son pays, fait partie d’un groupe de 16 personnalités congolaises sous le coup de sanctions de l’UE.

    Des sanctions qui gèlent les éventuels avoirs financiers en Europe et interdisent l’accès au territoire européen. Mais des dérogations existent, confirme le ministère des Affaires étrangères belges joint par RFI, et notamment pour raisons « humanitaires ».

    Le porte-parole du gouvernement ayant ses enfants et sa mère qui résident en Belgique, il a obtenu un visa d’une durée d’une semaine pour des raisons familiales.

    La majorité présidentielle hausse le ton

    Ces sanctions étrangères sont dénoncées par la majorité présidentielle, alors que les membres du Comité des sanctions des Nations unies se trouvent dans le pays et que l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, est attendue à Kinshasa dans quelques jours.

    André Alain Atundu, porte-parole de la coalition qui soutient le président Joseph Kabila, s’est fait lyrique pour élever les personnalités, frappées par les sanctions, au rang de héros patriotes, refusant de brader la dignité et la souveraineté de leur Etat.

    « Puisque les relations entre les États sont fondamentalement fonction des intérêts, les sanctions ciblées visent donc logiquement davantage la sauvegarde des intérêts d’un État, loin des préoccupations philosophiques sur la valeur morale ou le respect d’un contrat. Ceux qui sont victimes de telles sanctions sont, en réalité, tombés sur les champs d’honneur de la défense de la patrie, tandis que ceux qui conspirent avec les puissances étrangères ne sont, en réalité, que des Ganelons qui ne méritent aucune considération de la patrie. Leur place est plutôt dans un endroit austère, loin des salons qu’ils fréquentent d’habitude pour réaliser leur sale besogne », a-t-il déclaré.

    RFI

  • Premier voyage de Nikki Haley en Afrique la semaine prochaine

    Premier voyage de Nikki Haley en Afrique la semaine prochaine

    -L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, effectuera la semaine prochaine son premier voyage en Afrique, notamment au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo où les violences redoublent en dépit d’une forte présence de Casques bleus.

    Annoncé en septembre par Donald Trump, “profondément préoccupé” par les “millions de vies en danger” dans ces deux pays, ce voyage conduira d’abord en Ethiopie celle qui a rang de ministre dans l’administration américaine.

    Son séjour en Afrique durera du 23 au 28 octobre. “Outre des entretiens avec les autorités des pays visités, des responsables de l’Union africaine et des représentants de l’ONU, Nikki Haley rencontrera des hommes, femmes et enfants qui bénéficient sur le terrain de la protection et du soutien des opérations de l’ONU”, indique vendredi un communiqué de ses services.

    Avec ce déplacement, “l’ambassadrice Haley pourra se rendre compte par elle-même du travail de l’ONU dans des pays dévastés par les conflits, avec des visites auprès de missions de maintien de la paix et de sites où oeuvrent d’autres agences de l’ONU apportant de l’aide humanitaire vitale”.

    “J’envoie l’ambassadrice Nikki Haley en Afrique pour discuter des conflits et de leur résolution, et plus important, de la prévention”, avait affirmé en septembre le président américain.

    Au Soudan du Sud et à la RDCongo, “nous continuons de fournir une aide humanitaire. Mais de vrais résultats pour arrêter ces catastrophes nécessitent un processus de paix dirigé par des Africains et un sincère, réellement sincère engagement de toutes les parties concernées”, avait-il dit.

    Le Soudan du Sud est plongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts, alimentée par une rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Le conflit a éclaté seulement deux ans et demi après l’indépendance du pays acquise en juillet 2011 grâce notamment aux Etats-Unis.

    Le mois dernier, Nikki Haley avait affirmé à l’ONU qu’une récente et nouvelle initiative de paix venue de pays de la région était “la dernière chance” pour les autorités sud-soudanaises d’en finir avec le conflit.

    La mission de paix de l’ONU au Soudan du Sud compte quelque 14.000 Casques bleus.

    Missions trop coûteuses

    A l’égard de la République démocratique du Congo secouée par des violences meurtrières et où la situation politique est bloquée, les Etats-Unis se montrent de plus en plus critiques. Ils ont dénoncé lundi l’élection de ce pays au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU au regard de son bilan dans ce domaine.

    En dépit d’un mandat expiré depuis fin 2016, le président Joseph Kabila est toujours au pouvoir et aucun calendrier électoral n’a encore été rendu public malgré de multiples pressions de la communauté internationale pour des élections “au plus tôt”.

    La Constitution ne permet pas à Joseph Kabila de se représenter mais l’autorise à rester à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur. En vertu d’un accord avec l’opposition, le scrutin aurait du se tenir avant fin 2017 mais la Commission électorale chargée de l’organiser parle désormais de 2019.

    En mars, deux experts de l’ONU, une Suédo-Chilienne et un Américain, ont été assassinés dans le Kasaï (centre), un crime impuni qui devrait être évoqué par Nikki Haley.

    La mission de l’ONU en RDCongo est la plus importante de sa quinzaine d’opérations de paix dans le monde, avec environ 18.000 Casques bleus.

    A côté du discret secrétaire d’Etat Rex Tillerson, l’ex-gouverneure de Caroline du Sud, 45 ans, jusqu’alors inexpérimentée en politique étrangère, a pris depuis janvier une importance considérable dans l’administration Trump.

    Parmi ses précédents voyages, celle à qui sont prêtées des ambitions présidentielles a été en Israël en juin et à Vienne en août s’enquérir auprès de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AEIA) du respect par l’Iran de ses obligations nucléaires. Moins de deux mois avant le choix de Donald Trump de ne pas certifier que Téhéran applique bien ses engagements.

    Sa visite en Afrique s’inscrit dans une volonté des Etats-Unis de revoir l’une après l’autre toutes les opérations de maintien de la paix de l’ONU, jugées trop coûteuses par le plus gros contributeur au budget de l’Organisation.

    Avec AFP

  • Joseph Olenghankoy : « Le Premier ministre fait courir de graves risques au pays »

    Joseph Olenghankoy : « Le Premier ministre fait courir de graves risques au pays »

    -Trois jours après l’attaque de son domicile, à Kinshasa, le président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Joseph Olenghankoy, s’interroge sur l’absence d’intervention de la police. Celui qui est censé surveiller l’avancée d’un processus électoral très controversé ne cache plus ses divergences avec le pouvoir.

    L’attaque est survenue dans la nuit du 15 au 16 octobre, dans le quartier « Binza-UPN », à Kinshasa. Vers deux heures du matin, des hommes armés non identifiés commencent à tirer sur le domicile de Joseph Olenghankoy, le président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA). « Les hommes étaient encagoulés, explique-t-il à Jeune Afrique. Ils ont tiré sur le portail pour essayer de le forcer. Cela a duré jusque 3h45 du matin ».

    « Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues ! »

    L’incident n’a fait ni mort, ni blessé. Mais il a érodé la confiance entre cette grande gueule, officiellement chargée de surveiller le bon déroulé du processus électoral, et le gouvernement congolais. « Pendant l’attaque, j’ai essayé d’appeler toutes les autorités, poursuit-il. Personne ne répondait. Cela a pris beaucoup de temps avant que j’arrive à joindre le ministre de l’Intérieur [Ramazani Shadary]. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues. Les assaillants sont partis d’eux-mêmes. Pourtant, il y a un commissariat de police à 150 mètres de mon domicile ! »

    Côté policier, on reconnaît que l’intervention n’a eu lieu que « deux ou trois heures » après le début de l’attaque, lorsque les assaillants étaient déjà repartis. « Mais le sous-CIAT n’avait pas d’effectifs suffisants pour intervenir », se justifie le colonel Mwanapuntu, porte-parole de la police, qui ne souhaite pas dévoiler les éléments de son enquête.

    Responsabilités délicates

    A-t-on tenté d’intimider Joseph Olenghankoy ? « Je ne connais pas les motivations des assaillants, donc je ne peux pas le dire, commente l’intéressé. Mais il est vrai que j’assume des responsabilités délicates. »

    Le CNSA, institution qu’il préside, est censé surveiller le processus électoral, au centre des crispations politiques congolaises depuis l’expiration du mandat du président Joseph Kabila, en décembre 2016. Ce dernier se maintient en effet au pouvoir en attentant l’organisation d’élections qui ne cessent d’être retardées.

    L’accord du 31 décembre, entre le pouvoir et l’opposition, prévoyait que le scrutin se tienne avant la fin de l’année 2017. Or la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a jeté un pavé dans la marre, le 10 octobre, en assurant qu’elle devait encore finir l’enrôlement des électeurs, puis avoir besoin de « 504 jours » pour organiser le scrutin, le renvoyant de facto à 2019.

    Olenghankoy estime-t-il ce nouveau délai exagéré ? « Je me prononcerai sur cette question quand je serai officiellement informé par la Ceni », esquive-t-il.

    Ce sujet était pourtant à l’ordre du jour d’une réunion « tripartite » entre le CNSA, le gouvernement et la Ceni, qui débutait le 16 octobre, jour de l’attaque de son domicile. Elle a été émaillée de frictions, notamment entre Olenghankoy et le Premier ministre Bruno Tshibala, à qui il était pourtant allié il y a encore quelques semaines. Olenghankoy lui reproche notamment d’avoir présidé la réunion tripartite, à laquelle il aurait dû se présenter en simple participant. « Je suis déçu. Le Premier ministre est en train d’être manipulé. Il ne comprend pas les risques qu’il fait courir au pays », commente-t-il.

    En signe de protestation, Olenghankoy a refusé d’apposer son nom au bas du communiqué final. « Je l’ai paraphé, mais je ne l’ai pas signé », précise-t-il.

    J.A

  • Les autorités dénoncent les “maux” de la justice en RDC

    Les autorités dénoncent les “maux” de la justice en RDC

    -Les autorités ont présenté mercredi à Kinshasa un “tableau sombre” d’une justice “infectée par plusieurs maux” en République démocratique du Congo, suscitant aussitôt les critiques des défenseurs des droits de l’Homme à leur encontre.

    “La justice reste infectée par plusieurs maux”, a déclaré le ministre de la Justice congolais Alexis Thambwe Mwamba, devant le Conseil supérieur de la magistrature au cours d’une cérémonie officielle.

    Selon le ministre Thambwe, “de nombreuses personnes [sont] détenues depuis de longues années sans régularisation de leur détention et sans qu’elles ne soient non plus présentées devant la juridiction du jugement tout simplement parce que l’inculpé ou sa famille n’a pas satisfait aux exigences pécuniaires du magistrat instructeur ou de son office”.

    Parmi les maux qui rongent le secteur judiciaire congolais, M. Thambwe cite “la lenteur dans la distribution de la justice” alors que “les délais des prononcés sont rarement respectés”.

    Le ministre a par ailleurs affirmé que “l’arrestation et la détention sont devenues un instrument d’intimidation et de terreur contre les inculpés pour les amener à libérer leurs avoirs”.

    M. Thambwe a également dénoncé les “actes de certaines autorités politiques dont l’interférence dans la procédure judiciaire impacte négativement la justice dans notre pays et mettent à mal l’indépendance de la magistrature”.

    “Ce tableau sombre de l’image actuelle de la justice dans notre pays” ne peut laisser indifférent, a-t-il encore dit.

    “Je partage totalement son analyse mais nous disons que la grande responsabilité incombe au gouvernement qui entretient cette situation”, a réagi auprès de l’AFP Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj, une ONG de défense des droits de l’Homme).

    Pour M. Kapiamba, “les détentions arbitraires sont le fait des services de sécurité congolais notamment l’Agence nationale de renseignements”.

    “Des plaidoyers menés par des défenseurs des droits de l’Homme auprès des ministres de la Justice et de l’Intérieur en faveur des personnes détenues au secret pendant des mois par les services de sécurité civil et militaire, sans droit de visite des membres de famille et d’avocats, sont restés sans suite”, a-t-il accusé.

    La RDC a été élue lundi au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, suscitant de vives critiques des Etats-Unis et d’ONG dénonçant son bilan en la matière.

    Avec AFP

  • A Kinshasa, Zuma exprime son soutien au processus électoral en RDC

    A Kinshasa, Zuma exprime son soutien au processus électoral en RDC

    -Le président sud-africain Jacob Zuma a exprimé dimanche à Kinshasa son “soutien au processus électoral en cours en République démocratique du Congo” après une rencontre avec son homologue congolais Joseph Kabila, a annnoncé la présidence congolaise, alors que l’opposition en RDC accuse le président Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

    “Les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur détermination à consolider les acquis de la démocratie, de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité en faveur des peuples de la région”, ajoute le communiqué de la présidence avant un sommet des chefs d’Etat sur la sécurité dans la région des Grands Lacs prévue jeudi à Brazzaville.

    Le chef de l’opposition congolaise, Félix Tshisekedi, a qualfiié de “forfaiture” cette semaine l’annonce du président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, selon laquelle il n’y aurait pas d’élection avant 2019 pour la succession de M. Kabila.

    MM. Kabila et son “serviteur” Nangaa ont “déclaré la guerre au peuple congolais”, selon M. Tshisekedi dont la coalition veut une “transition sans Kabila” après le 31 décembre.

    Le second mandat de M. Kabila a pris fin le 20 décembre 2016. La Constitution ne lui permet pas de se représenter, mais l’autorise à rester au pouvoir jusqu’à l’installation d’un président élu.

    Un accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016 prévoyait des élections au plus tard en décembre 2017, délai qu’il est désormais impossible de tenir.

    Les autorités promettent depuis plusieurs semaine la publication d’un calendrier électoral, alors qu’une réunion d’évaluation du processus électoral se tient à Kinshasa jusqu’à mercredi.

    Avec AFP

  • Réunion sur le processus électoral, mais pas de calendrier en RDC

    Réunion sur le processus électoral, mais pas de calendrier en RDC

    -Les autorités congolaises ont lancé samedi à Kinshasa une réunion d’évaluation du processus électoral, alors que la Commission électorale vient de laisser entendre qu’il n’y aurait pas de scrutin avant 2019 pour remplacer le président Joseph Kabila.

    Aucun calendrier ne sera annoncé à l’issue de cette réunion tripartite – gouvernement, Commission électorale, Commission nationale de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) -, a indiqué à l’AFP le rapporteur de la commission électorale.

    “Mercredi, nous clôturons les travaux et la Commission électorale vous dira à quelle date elle publiera le calendrier”, a précisé à l’AFP le rapporteur, Jean-Pierre Kambala.

    Cela pourrait être une question de jours, poursuit-il, à l’unisson des responsables congolais qui répètent depuis des semaines que l’annonce du calendrier est imminente.

    Ce calendrier est réclamé avec insistance par la communauté internationale qui mise toujours sur l’application de l’accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016.

    Cet accord prévoyait l’organisation d’élections présidentielle, législatives et provinciales en une seule fois “au plus tard en décembre 2017” pour la succession de Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    La Constitution lui interdit de se représenter, mais l’autorise à rester en fonctions “jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu”.

    Le délai de fin 2017 est devenu impossible à tenir. La Commission électorale a aussi annoncé cette semaine qu’elle ne pourrait organiser des élections dans les 504 jours suivant la fin du recensement – soit pas avant début ou mi-2019.

    Violences dans le Kasaï, où le recensement doit durer au moins jusqu’en décembre, nettoyage du fichier électoral, adoption de nouvelles lois sur la répartition des sièges: les autorités invoquent plusieurs raisons pour le retard des élections et aussi leur coût.

    “Nous avons besoin de 1,335 milliard de dollars, dont 400 millions pour la révision du fichier,” a dit à l’AFP Jean-Pierre Kalamba.

    “Nous avons signé un projet d’appui au processus électoral congolais de 123 millions qui ne nous ont jamais été donnés”, répond-il à propos du financement de la communauté internationale.

    Le Rassemblement de l’opposition boycotte la “tripartite” lancée par le Premier ministre, Bruno Tshibala. Son président, Félix Tshisekedi, a estimé jeudi que le président Kabila et la Commission électorale avaient “déclaré la guerre au peuple congolais” après l’annonce du retard du scrutin.

    Le gouvernement “prend acte” de cette annonce et attend les conclusions de la tripartite, a indiqué son porte-parole, Lambert Mende, au site actualité.cd.

    Avec AFP

  • RDC – Bruno Tshibala : « L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    RDC – Bruno Tshibala : « L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    -De l’audace, Bruno Tshibala en a à revendre. Devenu Premier ministre, cet ancien compagnon de route de Tshisekedi rêve de reprendre les rênes du premier parti d’opposition. Peu lui importe qu’il en ait été exclu.

    Bruno Tshibala connaît bien la prison de Makala, à Kinshasa. Au cours de sa longue carrière d’opposant, il y a fait plus d’une quinzaine de séjours, ainsi qu’il aime à le rappeler. Le dernier, c’était il y a moins d’un an, pour avoir été l’un des organisateurs des violentes manifestations de septembre 2016. À l’époque, il s’agissait de protester contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, dont il devenait évident que, contrairement à ce que prévoyait la Constitution, il ne quitterait pas son fauteuil de président le 19 décembre 2016.

    La répression avait fait plusieurs dizaines de morts (56, selon Human Rights Watch) et des dizaines de personnes avaient été arrêtées. Interpellé à l’aéroport de Ndjili le 9 octobre 2016 alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays, Bruno Tshibala avait passé sept semaines en détention.

    Depuis, le destin de cet homme de 61 ans a radicalement changé. Nommé Premier ministre le 7 avril dernier, l’ancien détenu parcourt désormais le monde escorté par la police. Joseph Kabila n’est plus ce président honni qu’il voulait renverser il y a encore quelques mois : « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, c’est un homme de parole qui m’a étonné par son humilité et sa sincérité », explique-t‑il à Jeune Afrique, tout sourire derrière ses lunettes noires, lors d’une visite à Paris mi-septembre. Lui qui a tant de fois eu à subir les foudres de la justice de son pays estime même que celle-ci est « digne de confiance ».

    Militant de l’UDPS

    Le pouvoir congolais, qui cherchait depuis longtemps à l’attirer dans ses filets, peut se réjouir. Car l’homme qui tient désormais ce discours fut l’un des plus proches collaborateurs d’Étienne Tshisekedi, le charismatique leader de l’opposition décédé le 1er février. Juriste de formation, diplômé de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville, Bruno Tshibala fut un militant de la première heure de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder

    Originaire du Kasaï, comme Tshisekedi, il gagne la confiance du « Vieux » dès les années 1980, à une époque où personne n’ose encore défier le dictateur Mobutu Sese Seko dans la rue. En janvier 1988, c’est lui qui a l’idée d’organiser le premier ­meeting public du parti, au pont Kasa-Vubu, à Kinshasa, pour rendre hommage aux premiers « martyrs » du mobutisme, exécutés non loin de là en 1966. Tshisekedi et plusieurs de ses lieutenants – dont Tshibala – sont arrêtés, ce qui contribuera grandement à sa réputation de courage et à sa popularité.

    Ces dernières années, alors qu’Étienne Tshisekedi s’isolait de plus en plus et que sa santé déclinait, il était l’un des rares cadres du parti à conserver un accès direct au chef. Il n’y avait guère que sa famille qui pouvait alors en dire autant. Bruno Tshibala y voit une marque de confiance, et même un signe pour l’avenir : « Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder », dit-il. « Tshisekedi n’a jamais désigné de successeur, tempère Tharcisse Loseke, un ancien de l’UDPS pourtant proche de Tshibala. Il a toujours laissé les cadres se neutraliser entre eux. »

    Une prise de choix

    Quoi qu’il en soit, pour le pouvoir, qui cherche à désorganiser la maison Tshisekedi, Tshibala est une prise de choix. Il est encore dans une cellule à Makala, en fin d’année dernière, lorsque Joseph Kabila envoie un de ses représentants lui proposer la primature. « J’ai décliné parce que je n’avais pas de mandat pour accepter, explique l’intéressé. Il n’y avait pas [encore] eu d’accord entre le pouvoir et l’opposition. »

    Je sais qu’Étienne Tshisekedi n’aurait jamais désigné son fils Félix comme son dauphin

    Cette rencontre, vite ébruitée, trouble ses camarades, mais Tshibala est toujours fidèle à Tshisekedi lorsque est enfin trouvé un terrain d’entente, le 31 décembre 2016. L’accord signé ce jour-là prévoit que le chef de l’État reste en fonction malgré l’expiration de son mandat, mais qu’une élection devra être rapidement organisée pour lui trouver un successeur. Quant au poste de Premier ministre, il doit revenir à l’opposition, alors regroupée au sein du « Rassemblement ».

    Le pouvoir traîne les pieds, mais c’est la mort d’Étienne Tshisekedi qui achève le fragile édifice. Pour le remplacer, un tandem est désigné : Pierre Lumbi, un proche de l’ambitieux opposant Moïse Katumbi, la bête noire du régime, et Félix Tshisekedi, le fils du défunt chef de l’opposition. Tshibala, qui n’a pas été consulté, s’insurge. « Un groupe de gens proches de M. Katumbi s’est permis d’opérer une réforme inappropriée, illégale et inopportune du Rassemblement, clame-t‑il. Quant à Félix, je sais que son père, que j’ai côtoyé pendant plus de trente ans, ne l’aurait jamais désigné comme son dauphin. L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    Menace du « doyen de l’opposition »

    Tshibala fonde alors une nouvelle faction du Rassemblement, ce qui lui vaut d’être exclu de l’UDPS par ses anciens camarades. Ces divisions font le jeu du pouvoir, qui s’empresse de nommer Tshibala à la primature. Son investiture, au Palais du peuple, le 16 mai, se fait sous les protestations assourdissantes des élus de l’opposition. Les Occidentaux – les Belges en tête – déplorent aussi ce choix et dénoncent le dévoiement d’un accord sur lequel ils avaient beaucoup misé.

    Mais il en faut plus pour doucher l’enthousiasme du nouveau Premier ministre. Malgré la grave crise économique que connaît la RD Congo, il se targue d’avoir fait revenir le pays à un « apaisement général ». « La situation est sous contrôle, y compris dans les Kasaïs, où les milices Kamwina Nsapu ont été démantelées », assure-t‑il.

    Son prochain défi ? Organiser un congrès de l’UDPS, dont il continue de se revendiquer, pour en reprendre le contrôle. Pour l’instant, les militants fidèles à Félix Tshisekedi lui interdisent tout accès au siège du parti, dans le quartier de Limete, à Kinshasa. Qu’à cela ne tienne. Tshibala, le « doyen de l’opposition », comme il aime à se définir, menace d’utiliser les pouvoirs de l’État pour mater ses alliés d’hier.


    Un budget très serré

    Avec 50 % d’inflation et une monnaie qui a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année, Bruno Tshibala n’a pas la tâche facile. « Nous avons hérité d’une situation économique très compliquée, reconnaît le Premier ministre congolais. C’est la conséquence directe de la baisse des cours des matières premières. » Pour faire face à cette situation, il dit miser avant tout sur la lutte contre la corruption et contre « ceux qui thésaurisent la monnaie ».

    On voit mal, cependant, comment le pays pourrait sortir de cette mauvaise passe sans l’appui budgétaire des bailleurs étrangers, comme le Fonds monétaire international (FMI). Or, en cette période sensible, ceux-ci sont peu enclins à faire confiance à Kinshasa, d’autant que la date des élections n’est pas connue. « Le scrutin à venir devrait coûter 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), affirme Bruno Tshibala. Ce n’est pas une sinécure. Le gouvernement entend tout faire pour financer cette enveloppe. Mais si nous n’y arrivons pas, nous nous tournerons vers nos partenaires traditionnels. »


    Gouvernement présidentiel

    Depuis le départ de Matata Ponyo Mapon, en novembre 2016, Bruno Tshibala est le deuxième Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Son prédécesseur, Samy Badibanga, n’avait pas réellement eu le temps de gouverner : à peine plus d’un mois après sa nomination, l’accord du 31 décembre était signé et prévoyait son remplacement. Ni Badibanga ni Tshibala n’ont eu les coudées franches pour former leur gouvernement : les postes clés ont été confiés à des membres du clan présidentiel.

    Avec J.A

  • Élections en RDC : le camp Kabila et la Ceni, même plan ou « coïncidence » de calendrier ?

    Élections en RDC : le camp Kabila et la Ceni, même plan ou « coïncidence » de calendrier ?

    -S’alignant presque sur la ligne de la Majorité présidentielle (MP), la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a laissé entendre que les élections reportées « au plus tard en décembre » auront finalement lieu en 2019. Connivence ou coïncidence ?

    Pour beaucoup à Kinshasa, Corneille Nangaa tâtonne. Après avoir confié, en privé et à plusieurs reprises, à ses nombreux interlocuteurs que les scrutins prévus d’ici la fin de l’année par l’accord de la Saint-Sylvestre ne seraient pas possibles avant novembre 2018, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la RDC vient de laisser entendre que ces élections sont finalement envisageables… en 2019. Soit plus de deux ans après la date initialement prévue par la Constitution pour leur organisation.

    Réélu en 2011 pour un second quinquennat à l’issue d’un scrutin présidentiel controversé, Joseph Kabila est en effet arrivé à la fin de son mandat en décembre 2016, sans que l’élection de son successeur ne soit organisée. Un compromis politique conclu in extremis, le 31 décembre dernier, avec l’opposition a prolongé son bail au Palais de la nation pour une année supplémentaire au moins, la présidentielle étant fixée par cet accord « au plus tard en décembre 2017 ».

    Quand la Ceni projetait les élections en 2018

    Mais, comme en 2016, le régime de Kinshasa met de nouveau en avant des contraintes sécuritaires et financières qui entraveraient, selon lui, le bon aboutissement du processus électoral dans les délais convenus : hier c’était la rébellion du M23 au Kivu, dans l’est du pays ; aujourd’hui c’est au tour de l’insurrection de Kamuina Nsapu au Kasaï. Dans cette région du centre du pays, l’enrôlement des électeurs a débuté en retard et ne pourrait se terminer qu’en janvier 2018, selon les prévisions de la Ceni.

    Malgré tout, lors de son récent séjour à Washington, début octobre, Corneille Nangaa dévoilait au Centre Afrique d’Atlantic Council les « grandes lignes » du calendrier électoral qu’il s’apprête à publier. Il était encore question de la possibilité d’organiser les trois élections (présidentielle, législatives et provinciales) au plus tard en novembre 2018, comme nous l’avions révélé.

    Une hypothèse qu’il avait déjà évoquée à Paris, au mois de juillet, lors des échanges organisés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « À la Cité de l’OUA, la Ceni avait déjà fait remarquer aux parties prenantes que la date idéale pour organiser les trois scrutins en une séquence était celle de novembre 2018 », répétait-il dans la foulée à Jeune Afrique.

    Quand la Ceni repousse le curseur

    Alors, comment en est-on arrivé à un calendrier qui projette les échéances électorales en 2019 ?

    « Corneille Nangaa ne fait que suivre les instructions de Norbert Basengezi, cadre du PPRD, qui est le vrai patron de la Ceni », répond Martin Fayulu, candidat déclaré à la présidentielle. Nangaa ne serait donc qu’un « serviteur » du régime de Kabila, comme l’a dit jeudi Félix Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition, lors de sa conférence de presse à Kinshasa.

    Impossible pour eux d’expliquer autrement cet alignement de chronogramme entre la Ceni et un « plan » de la MP, relayé ces derniers jours dans les médias congolais, qui prévoyait aussi les élections « pas avant 2019 ».

    Du côté du camp de Kabila, on tente de relativiser. Un brin taquin, André Alain Atundu Liongo, porte-parole de la MP, explique les raisons de cette concordance de projet calendrier entre la Ceni et sa famille politique : « La vérité est que de deux côtés nous sommes doués de la raison pour aboutir aux mêmes conclusions. »

    Celui qui est également président du conseil d’administration de la Société nationale d’électricité (Snel), invite alors la classe politique, le Rassemblement compris, à « être humble par rapport aux données techniques qui ne dépendent de la volonté de personne ».

    Nous sommes en train de recréer les conditions de tension de fin 2016

    « En tout cas, nous, au sein de la MP, nous nous préparons désormais en fonction de ces délais », poursuit-il, dénonçant au passage « l’agitation de certains opposants qui ont trouvé en ce langage de vérité de la Ceni le prétexte d’instaurer un état d’exception en RDC, avec l’appui de certaines puissances étrangères ».

    Une transition sans Kabila est-elle possible ?

    Plusieurs voix s’élèvent à la fois au sein de la société civile et du Rassemblement pour exiger une « transition sans Kabila » si les élections n’ont pas lieu d’ici la fin de l’année.

    Est-ce possible ? « Nous sommes en train de recréer  les conditions de tension de fin 2016, car la Constitution donne devoir au peuple de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui se prend le pouvoir ou s’y maintenir par la force », regrette Martin Fayulu, leader de l’Engagement pour la citoyenne et le développement (Ecidé).

    Le ton monte également sur les réseaux sociaux. Sur son compte Twitter, Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, considère cette dernière sortie du président de la Ceni comme « un magistral bras d’honneur ».

    Sindika Dokolo, à la tête du mouvement citoyen Congolais debout, accuse, lui, Corneille Nangaa d’avoir « enclencher le détonateur ». « Les Congolais débout avec les forces politiques et citoyennes vont passer à l’action », prévient l’homme d’affaires et collectionneur d’œuvres d’art, gendre par ailleurs du désormais ex-président angolais Eduardo dos Santos.

    Réfutant toute connivence avec le camp Kabila, un proche de Corneille Nangaa parle de « coïncidence entre ce que la Ceni envisage et certain plan de la MP ». À l’en croire, rien n’est définitivement arrêté. « Il est possible de réduire ces délais, car un renforcement de nos moyens logistiques ou des décaissements des fonds plus soutenus, ça peut jouer sur les délais ! », tente-t-il de rassurer. Pas sûr que cela suffise à baisser la tension.

    J.A