Tag: rdc

  • Élections en 2018 : les « grandes lignes » d’un calendrier Ă©lectoral (trĂšs) attendu en RDC

    Élections en 2018 : les « grandes lignes » d’un calendrier Ă©lectoral (trĂšs) attendu en RDC

    -AprĂšs son passage la semaine derniĂšre au siĂšge d’Atlantic Council Ă  Washington, Corneille Nangaa, prĂ©sident de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni), a regagnĂ© dimanche soir Kinshasa oĂč il compte publier incessamment le calendrier Ă©lectoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

    Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentrĂ© dimanche 8 octobre Ă  Kinshasa aprĂšs un Ă©change trĂšs musclĂ© au centre Afrique de l’Atlantic Council Ă  Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prĂ©visions de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni) en RDC, organisĂ© le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-rĂ©publicain.

    En face du prĂ©sident de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalitĂ©s triĂ©es sur le volet : responsables politiques amĂ©ricains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du dĂ©partement d’État amĂ©ricain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comitĂ© de la chambre des reprĂ©sentants sur l’Afrique, la santĂ© globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalitĂ©s de la sociĂ©tĂ© civile amĂ©ricaine (surtout) et congolaise.

    Tripartite d’abord, calendrier Ă©lectoral ensuite

    Lors des discussions modĂ©rĂ©es par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et Ă©tudes au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagnĂ© de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus Ă©lectoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financiĂšres – 528 millions de dollars pour les scrutins prĂ©sidentiel, lĂ©gislatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontĂ©e. Mais « il n’a jamais indiquĂ© que le calendrier Ă©lectoral sera publiĂ© cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du prĂ©sident de la Ceni.

    D’aprĂšs nos informations, le calendrier Ă©lectoral ne pourra ĂȘtre rendu public avant la deuxiĂšme rĂ©union d’évaluation du processus Ă©lectoral. Celle-ci est programmĂ©e ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dĂ©noncĂ©e par le Rassemblement de l’opposition et les Ă©vĂȘques catholiques, mĂ©diateurs des pourparlers, avait prĂ©vu cette tripartite pour « unanimement apprĂ©cier le temps nĂ©cessaire pour le parachĂšvement [des] Ă©lections ».

    De janvier Ă  novembre 2018 ?

    En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es Ă  la rĂ©union d’Atlantic Council. AprĂšs recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrĂŽlement des Ă©lecteurs sera « clĂŽturĂ© en janvier [2018] au KasaĂŻ ». Mais, « entre-temps, la consolidation des donnĂ©es du fichier Ă©lectoral est dĂ©jĂ  enclenchĂ©e », rassure-t-on du cĂŽtĂ© de la Ceni. Mais cette vĂ©rification pourrait s’étendre jusqu’au mois de fĂ©vrier.

    Ce n’est qu’aprĂšs que pourraient intervenir les « activitĂ©s critiques du processus », celles qui nĂ©cessitent la fin de l’une pour dĂ©clencher le dĂ©but de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la rĂ©partition des siĂšges.

    À ce stade, le prĂ©sident de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent rĂ©ellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliquĂ© qu’en rĂ©alitĂ© la plupart de ceux qui, Ă  Kinshasa, exigent des Ă©lections n’en veulent pas », rapporte un autre participant Ă  la rĂ©union d’Atlantic Council.

    Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre Ă  environ 28 000 candidats pour la dĂ©putation nationale et un peu plus pour les Ă©lections provinciales », fait savoir Ă  Jeune Afrique le prĂ©sident de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine Ă  voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face Ă  cette situation. Une fois les candidatures enregistrĂ©es, la Ceni procĂ©dera Ă  la « commande des matĂ©riels sensibles », notamment des bulletins de vote.

    Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

    Nangaa a enfin rappelĂ© ses trois options prĂ©sentĂ©es aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule Ă©lection – la prĂ©sidentielle – en dĂ©cembre 2017, deux Ă©lections – prĂ©sidentielle et lĂ©gislatives – en mai 2018 ou trois Ă©lections – prĂ©sidentielle, lĂ©gislatives et provinciales – en novembre 2018.

    L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisiĂšme cas de figure, mais en ramenant l’échĂ©ance « au plus tard en dĂ©cembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher Ă  son schĂ©ma initial. Le Rassemblement de l’opposition a dĂ©jĂ  indiquĂ© que si les Ă©lections n’ont pas lieu cette annĂ©e, une « transition sans Kabila » doit ĂȘtre mise en place.

    À Washington, Corneille Nangaa s’est Ă©galement Ă©vertuĂ© Ă  « [dĂ©mentir] les allĂ©gations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le KasaĂŻ, dans le centre du pays, NDRL] serait liĂ©e au processus Ă©lectoral et Ă  l’impossibilitĂ© d’organiser les Ă©lections », rapporte un autre participant Ă  la rĂ©union.

    Mais, Ă  en croire le compte rendu publiĂ© sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les Ă©changes, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invitĂ©s.

    « Difficile d’en ĂȘtre autrement lorsque chacun a dĂ©jĂ  ses apprĂ©hensions », commente un proche du prĂ©sident de la Ceni. Et Nangaa lui-mĂȘme de conclure : « Je ne suis pas allĂ© Ă  Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour prĂ©senter les faits. »

    J.A

  • Élections en 2019 : les « grandes lignes » d’un calendrier Ă©lectoral (trĂšs) attendu en RDC

    Élections en 2019 : les « grandes lignes » d’un calendrier Ă©lectoral (trĂšs) attendu en RDC

    -AprĂšs son passage la semaine derniĂšre au siĂšge d’Atlantic Council Ă  Washington, Corneille Nangaa, prĂ©sident de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni), a regagnĂ© dimanche soir Kinshasa oĂč il compte publier incessamment le calendrier Ă©lectoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

    Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentrĂ© dimanche 8 octobre Ă  Kinshasa aprĂšs un Ă©change trĂšs musclĂ© au centre Afrique de l’Atlantic Council Ă  Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prĂ©visions de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni) en RDC, organisĂ© le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-rĂ©publicain.

    En face du prĂ©sident de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalitĂ©s triĂ©es sur le volet : responsables politiques amĂ©ricains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du dĂ©partement d’État amĂ©ricain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comitĂ© de la chambre des reprĂ©sentants sur l’Afrique, la santĂ© globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalitĂ©s de la sociĂ©tĂ© civile amĂ©ricaine (surtout) et congolaise.

    Tripartite d’abord, calendrier Ă©lectoral ensuite

    Lors des discussions modĂ©rĂ©es par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et Ă©tudes au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagnĂ© de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus Ă©lectoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financiĂšres – 528 millions de dollars pour les scrutins prĂ©sidentiel, lĂ©gislatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontĂ©e. Mais « il n’a jamais indiquĂ© que le calendrier Ă©lectoral sera publiĂ© cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du prĂ©sident de la Ceni.

    D’aprĂšs nos informations, le calendrier Ă©lectoral ne pourra ĂȘtre rendu public avant la deuxiĂšme rĂ©union d’évaluation du processus Ă©lectoral. Celle-ci est programmĂ©e ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dĂ©noncĂ©e par le Rassemblement de l’opposition et les Ă©vĂȘques catholiques, mĂ©diateurs des pourparlers, avait prĂ©vu cette tripartite pour « unanimement apprĂ©cier le temps nĂ©cessaire pour le parachĂšvement [des] Ă©lections ».

    De janvier Ă  novembre 2018 ?

    En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es Ă  la rĂ©union d’Atlantic Council. AprĂšs recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrĂŽlement des Ă©lecteurs sera « clĂŽturĂ© en janvier [2018] au KasaĂŻ ». Mais, « entre-temps, la consolidation des donnĂ©es du fichier Ă©lectoral est dĂ©jĂ  enclenchĂ©e », rassure-t-on du cĂŽtĂ© de la Ceni. Mais cette vĂ©rification pourrait s’étendre jusqu’au mois de fĂ©vrier.

    Ce n’est qu’aprĂšs que pourraient intervenir les « activitĂ©s critiques du processus », celles qui nĂ©cessitent la fin de l’une pour dĂ©clencher le dĂ©but de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la rĂ©partition des siĂšges.

    À ce stade, le prĂ©sident de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent rĂ©ellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliquĂ© qu’en rĂ©alitĂ© la plupart de ceux qui, Ă  Kinshasa, exigent des Ă©lections n’en veulent pas », rapporte un autre participant Ă  la rĂ©union d’Atlantic Council.

    Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre Ă  environ 28 000 candidats pour la dĂ©putation nationale et un peu plus pour les Ă©lections provinciales », fait savoir Ă  Jeune Afrique le prĂ©sident de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine Ă  voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face Ă  cette situation. Une fois les candidatures enregistrĂ©es, la Ceni procĂ©dera Ă  la « commande des matĂ©riels sensibles », notamment des bulletins de vote.

    Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

    Nangaa a enfin rappelĂ© ses trois options prĂ©sentĂ©es aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule Ă©lection – la prĂ©sidentielle – en dĂ©cembre 2017, deux Ă©lections – prĂ©sidentielle et lĂ©gislatives – en mai 2018 ou trois Ă©lections – prĂ©sidentielle, lĂ©gislatives et provinciales – en novembre 2018.

    L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisiĂšme cas de figure, mais en ramenant l’échĂ©ance « au plus tard en dĂ©cembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher Ă  son schĂ©ma initial. Le Rassemblement de l’opposition a dĂ©jĂ  indiquĂ© que si les Ă©lections n’ont pas lieu cette annĂ©e, une « transition sans Kabila » doit ĂȘtre mise en place.

    À Washington, Corneille Nangaa s’est Ă©galement Ă©vertuĂ© Ă  « [dĂ©mentir] les allĂ©gations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le KasaĂŻ, dans le centre du pays, NDRL] serait liĂ©e au processus Ă©lectoral et Ă  l’impossibilitĂ© d’organiser les Ă©lections », rapporte un autre participant Ă  la rĂ©union.

    Mais, Ă  en croire le compte rendu publiĂ© sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les Ă©changes, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invitĂ©s.

    « Difficile d’en ĂȘtre autrement lorsque chacun a dĂ©jĂ  ses apprĂ©hensions », commente un proche du prĂ©sident de la Ceni. Et Nangaa lui-mĂȘme de conclure : « Je ne suis pas allĂ© Ă  Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour prĂ©senter les faits. »

    J.A

  • RDC : « A qui Ă©taient destinĂ©es les armes de l’Antonov? »

    RDC : « A qui Ă©taient destinĂ©es les armes de l’Antonov? »

    -Samedi 30 septembre, un Antonov se crashe Ă  NsĂ©lĂ©, commune situĂ©e Ă  l’est du grand Kinshasa. A son bord, une dizaine de personnes et du matĂ©riel militaire. La raison du crash n’est pas encore officiellement connue mais pour notre spĂ©cialiste en aviation, « la piste d’une surcharge paraĂźt ĂȘtre plausible. Si l’avion avait eu une avarie moteur mais qu’il n’avait pas Ă©tĂ© surchargĂ©, il aurait pu faire demi-tour sur un moteur. Par contre, avec une surcharge, l’avion devient vite incontrĂŽlable, c’est ce qui a dĂ» se produire ».

    « Ce n’est pas la premiĂšre fois qu’un crash de ce genre se produit », explique notre source, qu parle d’au moins trois autres crashes de ce genre « qui s’étallent sur plusieurs annĂ©es. »

    Au moins trois accidents d’avions de transport militaires ont dĂ©jĂ  eu lieu en RD Congo depuis 2000, confirme  dans une dĂ©pĂȘche GĂ©rard Godin, journaliste de l’agence Belga, fin connaisseur du monde aĂ©ronautique. Il cite « un Illiouchine 76 qui avait perdu sa porte ventrale en plein vol le 8 mai 2003 entre Kinshasa et Lubumbashi, faisant environ 200 morts. Le crash d’avion le plus meurtrier en RDC a eu lieu en janvier 1996: un Antonov avait ratĂ© son dĂ©collage de l’aĂ©roport kinois de N’Dolo Ă  cause de la surcharge et s’était Ă©crasĂ© sur un marchĂ©, faisant prĂšs de 350 morts », rappelle GĂ©rard Godin.
    « Ces infos sont tout Ă  fait exactes, renchĂ©rit notre spĂ©cialiste. Le troisiĂšme crash concerne un autre Antonov mais je ne peux plus citer la date. Mais il s’agissait encore d’un souci de surcharge », poursuit-il et il s’interroge : « Pourquoi l’armĂ©e congolaise, si elle doit ravitailler ses forces sur le front, utiliserait-elle ce type d’avion plus cher et qui peut emporter moins de charge, alors qu’elle dispose de Boeing 727 amĂ©nagĂ©s pour ce type de transport. Ce serait nettement moins cher (il n’y a que le kĂ©rosĂšne Ă  payer), plus sĂ»r et plus rapide ? Ces avions sont en Ă©tat de voler. Lors de la derniĂšre visite de Kabila Ă  Kananga, sur les images de son arrivĂ©e, on peut en dĂ©couvrir un Ă  l’arriĂšre-plan. »
    En posant la question, notre homme a une piste en tĂȘte. « Peut-ĂȘtre que l’armement contenu dans l’appareil n’était pas destinĂ© Ă  l’armĂ©e rĂ©guliĂšre. Le plan de vol renseigne Bukavu comme destination du vol mais tous les spĂ©cialistes savent qu’une des spĂ©cificitĂ©s de l’Antonov, qui est un peu le C-130 de l’ancien bloc de l’est, c’est qu’il peut atterrir un peu n’importe oĂč. Il n’a pas besoin d’une vraie piste pour se poser. Or, au sud de Bukavu, il y a Minembwe, qui sert rĂ©guliĂšrement de base de ravitaillement pour les troupes nĂ©gatives comme les FDLR
 D’autres terrains existent pour ravitailler les ADF. »

    Par Hubert Leclercq

  • RDC : L’ambassadrice amĂ©ricaine Ă  l’ONU Ă  Kinshasa le 21 octobre

    RDC : L’ambassadrice amĂ©ricaine Ă  l’ONU Ă  Kinshasa le 21 octobre

    U.S. President Donald Trump talks with U.S. Ambassador to the U.N. Nikki Haley as they attend a session on reforming the United Nations at U.N. Headquarters in New York, U.S., September 18, 2017. REUTERS/Lucas Jackson

    -La RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo n’en dĂ©mord pas, elle est candidate Ă  un siĂšge au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une position qui, notamment, au vu des innombrables critiques sur les violences perpĂ©trĂ©es en RDC par les forces de l’ordre contre les populations civiles flirte avec le surrĂ©alisme ou le cynisme. Une lecture qui ne semble pas correspondre Ă  la lecture de plusieurs pays africains qui soutiennent cette candidature.

    Les Etats-Unis ont d’ailleurs critiquĂ© mercredi dernier, ces pays africains, affirmant que cela enflammerait encore le conflit dans ce pays.

    Le Conseil, basĂ© Ă  GenĂšve, enquĂȘte actuellement sur les atrocitĂ©s qui ont Ă©tĂ© commises en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo par les forces armĂ©es du pays et des milices dans la rĂ©gion du KasaĂŻ, oĂč plus de 80 fosses communes ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes et deux experts des Nations unies exĂ©cutĂ©s. La situation de plusieurs opposants contraints Ă  l’exil, emprisonnĂ©s ou subissant des pressions psychologiques intolĂ©rables comme Gabriel Kyungu wa Kumwanza dont la demeure est constamment sous contrĂŽle policier (voir illustration ci dessous) est aussi rĂ©guliĂšrement Ă©voquĂ©e.

    « Un manquement au droit de l’homme »

    Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis Ă  l’ONU, a jugĂ© que le soutien Ă  la candidature de la RDC Ă©tait « un manquement inexcusable » Ă  la promotion des droits de l’homme par les pays africains.

    « Quand des pays du groupe Afrique avancent la candidature d’un pays comme la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo pour qu’il devienne membre du Conseil des droits de l’homme, cela n’affaiblit pas seulement cette institution – mais alimente Ă©galement le conflit qui provoque tant de souffrances sur ce continent », a dĂ©clarĂ© Mme Haley qui est attendue le 21 octobre Ă  Kinshasa.

    Le Conseil des droits de l’homme peut ĂȘtre un atout pour le continent si les pays africains proposent des candidats « crĂ©dibles », a encore dĂ©clarĂ© Mme Haley.

    Le souvenir de Bill Richardson

    Une visite espĂ©rĂ©e, mĂȘme si le contexte est bien diffĂ©rent, par nombre d’opposants au rĂ©gime Kabila qui se souviennent de la visite de l’ambassadeur amĂ©ricain Ă  l’ONU Bill Richardson, Ă  la fin du rĂšgne du marĂ©chal Mobutu. L’ambassadeur amĂ©ricain n’y Ă©tait pas allĂ© avec le dos de la cuiller pour montrer le chemin de l’exil Ă  un Mobutu malade et qui ne rĂ©gnait dĂ©jĂ  plus que sur une partie de son ZaĂŻre. « Les temps et les acteurs ont changé », explique un opposant. « On peut penser que Mme Haley, dont on connaĂźt le caractĂšre bien trempĂ©, sera ferme avec le prĂ©sident Kabila. On n’est pas naĂŻfs, on sait que le Kabila de 2017 n’est pas le Mobutu de 1997. Mais les Etats-Unis ont dĂ©montrĂ© qu’ils n’avaient pas perdu notre pays de vue. Si Mme Haley vient Ă  Kinshasa, ce n’est pas pour faire des emplettes. Son discours Ă  l’annonce du soutien des autres Etats africains Ă  la candidature de la RDC au conseil des droits de l’homme, montre son engagement et sa dĂ©termination face Ă  un pouvoir voyou. »

    L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU doit voter en octobre pour pourvoir des siĂšges de ce Conseil fort de 47 membres.

    Le groupe de pays africains s’est mis d’accord pour proposer outre la RDC, l’Angola, le Nigeria et le SĂ©nĂ©gal pour occuper les quatre siĂšges allouĂ©s au continent.

    L’élection l’annĂ©e derniĂšre de l’Arabie saoudite et de la Chine au Conseil, en dĂ©pit de preuves de violations des droits de l’homme, avait Ă©galement suscitĂ© des critiques.

    Par Hubert Leclercq

  • Crise au Congo: Charles Michel en long tĂȘte-Ă -tĂȘte avec le prĂ©sident Kabila Ă  New York

    Crise au Congo: Charles Michel en long tĂȘte-Ă -tĂȘte avec le prĂ©sident Kabila Ă  New York

    -Le Premier ministre belge a longuement rencontrĂ© le prĂ©sident congolais, en marge de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU, Ă  New York. Les Ă©lections et le futur du prĂ©sident Ă©taient vraisemblablement au menu des discussions, Ă  huis clos. La rencontre a Ă©tĂ© qualifiĂ©e par l’entourage de Charles Michel d’« instructive et utile ».

    Charles Michel a eu un long entretien en tĂȘte-Ă -tĂȘte avec le prĂ©sident congolais Joseph Kabila, vendredi aprĂšs-midi, dans un prestigieux hĂŽtel de Manhattan. L’entrevue a durĂ© une heure et quart et a Ă©tĂ© qualifiĂ©e par son entourage de « instructive et utile ». Le Premier ministre, tout comme son interlocuteur, se sont refusĂ©s Ă  dĂ©voiler «  Ă  chaud  » le contenu de leur conversation, forcĂ©ment dĂ©licate dĂšs lors que la situation sĂ©curitaire au Congo est tendue Ă  l’extrĂȘme tandis que le calendrier Ă©lectoral va «  de glissement en glissement  » et que le prĂ©sident Ă©lu n’a toujours pas fait connaĂźtre son intention de quitter le pouvoir aprĂšs les deux mandats autorisĂ©s par la Constitution.

    C’était la premiĂšre rencontre entre les deux hommes, sans aucun conseiller, depuis un seul autre contact bilatĂ©ral entre le Premier ministre et le prĂ©sident, en marge du sommet de la Francophonie Ă  Dakar, il y a trois ans. Charles Michel avait cependant rencontrĂ© Kabila auparavant, lorsque l’actuel Premier ministre belge Ă©tait en charge de la CoopĂ©ration au dĂ©veloppement.

    Un premier contact établi par Charles Michel

    Joseph Kabila, qui porte dĂ©sormais une solide barbe, est arrivĂ© jeudi Ă  New York, en provenance du KasaĂŻ. Il doit prononcer son discours devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ce samedi. Le projet de l’entrevue belgo-congolaise au sommet avait Ă©tĂ© Ă©voquĂ© lors d’un Ă©change tĂ©lĂ©phonique entre Charles Michel et le prĂ©sident de la RDC, apprend-on. Ce contact avait Ă©tĂ© Ă©tabli par le Premier ministre. Charles Michel avait sollicitĂ© le soutien de Kabila, cet Ă©tĂ©, pour rapatrier du Congo des moyens militaires belges (armes, munitions, vĂ©hicules
) bloquĂ©s depuis de mois sur place aprĂšs que le Congo avait rompu la coopĂ©ration militaire avec la Belgique. Cette rupture avait Ă©tĂ© justifiĂ©e Ă  Kinshasa par des critiques Ă©mises par le ministre belge des Affaires Ă©trangĂšres, Didier Reynders, sur le choix du nouveau Premier ministre congolais. De son cĂŽtĂ© la mission de maintien de la paix de l’ONU au Congo avait refusĂ© de se charger de cette mission, affirmant qu’elle n’entrait pas dans son mandat.

    Une rĂ©union Ă  huis clos de tous les «  envoyĂ©s spĂ©ciaux  » chargĂ©s de la rĂ©gion s’est tenue cette semaine Ă  New York, en marge de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU. Dans les couloirs des Nations unies, il se dit que l’un des « paramĂštres » de la dĂ©licate situation au Congo concerne le sort – la sĂ©curité ! – du prĂ©sident : comment garantir celle-lĂ  pour le convaincre de s’effacer ? On rappelle que son pĂšre a fini assassinĂ©, tandis que d’autres ex-dirigeants africains ont trouvĂ© un refuge sĂ»r dans des pays voisins. En CĂŽte d’Ivoire par exemple, pour l’ex-prĂ©sident burkinabĂ© CompaorĂ©, ou en en GuinĂ©e Ă©quatoriale pour le gambien Jammeh. Le sort des avoirs fait Ă©galement partie de «  l’équation  ».

    « Il faudrait convenir d’un cadre solide de sortie », indique une source proche du dossier. Bien sĂ»r, l’initiative devrait Ă©maner des acteurs rĂ©gionaux, africains, plutĂŽt que des « parrains » europĂ©ens, occidentaux. Ceux-ci devraient davantage se mobiliser pour favoriser une sortie de crise, estime-t-on, d’autant qu’un risque de contagion n’est jamais Ă  exclure, s’agissant du Congo, un pays qui partage ses frontiĂšres avec neuf pays !

    Kabila pourrait ĂȘtre tentĂ© de rester au pouvoir

    ProblĂšme, comme le relĂšve la source occidentale : « Les leaders rĂ©gionaux sont eux-mĂȘmes concernĂ©s par ce que l’on reproche Ă  Kabila » (NDLR : de s’accrocher au pouvoir). Avec une opposition divisĂ©e et revancharde, une communautĂ© internationale en ordre dispersĂ© et les Etats-Unis de Trump dĂ©sintĂ©ressĂ©s, le prĂ©sident Kabila, au pouvoir depuis janvier 2001, pourrait ĂȘtre tentĂ© d’encore rester, malgrĂ© les risques de chaos, analyse-t-on. « Le moins mauvais choix, c’est donc les Ă©lections », reprend la source.

    Dans son discours officiel Ă  la tribune de l’AssemblĂ©e, Charles Michel a mis surtout l’accent sur la « situation sĂ©curitaire » qui « s’est fortement dĂ©gradĂ©e » au Congo et la crise humanitaire, « prĂ©occupante ». Sans rien dire prĂ©cisĂ©ment, Charles Michel a affirmĂ© que « nous ne pouvons pas abandonner la RDC. Nous devons au contraire l’accompagner pour qu’elle puisse s’ancrer dans un processus dĂ©mocratique irrĂ©versible au moyen notamment de l’organisation d’élections honnĂȘtes, transparentes et inclusives ». « Je verrai les dĂ©tails avec lui (Joseph Kabila) », avait dit au Soir Charles Michel dans la foulĂ©e de son discours.

  • l’entourage de Kabila « surpris » par la demande de nouvelles sanctions amĂ©ricaines

    l’entourage de Kabila « surpris » par la demande de nouvelles sanctions amĂ©ricaines

    -Dans une correspondance adressĂ©e mardi Ă  Donald Trump, sept sĂ©nateurs amĂ©ricains exhortent le prĂ©sident de leur pays Ă  s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution Ă  la crise en RDC. L’une des pistes avancĂ©es : de nouvelles sanctions contre le rĂ©gime de Joseph Kabila. Kinshasa se dit « surpris ».

    Ils sont tous dĂ©mocrates et se disent prĂ©occupĂ©s par la situation politique et sĂ©curitaire en RDC. Autour de Cory Booker, Ă©lu du New Jersey et reprĂ©sentant principal de son parti au sein du sous-comitĂ© sur l’Afrique du SĂ©nat amĂ©ricain, six autres sĂ©nateurs des États-Unis ont adressĂ©, ce mardi 3 octobre, une lettre au prĂ©sident Donald Trump.

    Dans cette correspondance, les sĂ©nateurs Cory Booker, Ben Cardin (Maryland), Dick Durbin (Illinois), Chris Coons (Delaware), Sherrod Brown (Ohio), Elizabeth Warren et Edward Markey (Massachusetts) rappellent au chef de l’État amĂ©ricain les raisons, selon eux, de l’aggravation de la crise actuelle en RDC : le non-respect par le prĂ©sident Joseph Kabila de la lettre et de l’esprit de l’accord de la Saint-Sylvestre. Un compromis politique signĂ© in extremis le 31 dĂ©cembre 2016 entre le camp prĂ©sidentiel et l’opposition politique.

    Il Ă©tait alors question d’organiser les Ă©lections d’ici la fin de l’annĂ©e et de cogĂ©rer la pĂ©riode préélectorale. Seulement, lors de l’application de l’accord, Joseph Kabila, dont le second mandat constitutionnel est arrivĂ© Ă  terme le 19 dĂ©cembre dernier, a choisi de nommer les dissidents du Rassemblement de l’opposition Ă  la fois Ă  la tĂȘte du gouvernement et du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    Un geste considĂ©rĂ© comme une provocation, qui s’est attirĂ© des critiques des Ă©vĂȘques catholiques, mĂ©diateurs de ces derniers pourparlers, mais aussi des partenaires internationaux qui continent d’appeler Ă  l’application « intĂ©grale » de l’accord trouvĂ©. Pis, la possibilitĂ© d’organiser les scrutins d’ici dĂ©cembre ne tiendrait plus qu’à un miracle.

    Si Kabila ne respecte pas l’accord, les États-Unis devraient recourir aux sanctions

    Kabila de nouveau pointé du doigt

    Pour les sĂ©nateurs amĂ©ricains auteurs de la lettre adressĂ©e Ă  Trump, le responsable de cette situation est bien connu : Joseph Kabila. Ils accusent le chef de l’État congolais de n’avoir pas voulu appliquer « de bonne foi » l’accord de la Saint-Sylvestre.

    Ces Ă©lus amĂ©ricains dressent Ă©galement un tableau sombre de la situation sĂ©curitaire en RDC : graves violations des droits de l’homme dans le KasaĂŻ, imputables notamment aux forces gouvernementales et Ă  des milices pro-gouvernementales, troubles dans le Tanganyika oĂč l’on compte « 500 000 dĂ©placĂ©s supplĂ©mentaires », recrudescence des violences dans le Kivu, rĂ©pression des manifestants pacifiques Ă  Kinshasa et dans les autres villes du pays


    Avant que toute la rĂ©gion ne s’embrase, ces sĂ©nateurs prient Donald Trump de nommer un successeur Ă  James Swan, parti en retraite, au poste d’ambassadeur des États-Unis en RDC. D’autant que, pour l’instant, c’est Dennis Hankins, ambassadeur amĂ©ricain en GuinĂ©e, qui chapeaute aussi la reprĂ©sentation diplomatique amĂ©ricaine Ă  Kinshasa en tant que chargĂ© d’affaires.

    Il est Ă©galement demandĂ© Ă  Trump de dĂ©signer un secrĂ©taire d’État adjoint aux Affaires africaines, mais aussi un administrateur adjoint chargĂ© de l’Afrique au sein de l’USAID.

    Selon les sĂ©nateurs amĂ©ricains, sans des responsables permanents Ă  ces postes stratĂ©giques, la politique africaine des États-Unis, mais aussi tous les efforts diplomatiques que le pays pourrait dĂ©ployer, ne produiront pas d’effets escomptĂ©s.

    En attendant, ils sollicitent auprĂšs de Donald Trump le recours Ă  des mesures coercitives pour contraindre le rĂ©gime de Kinshasa. « Si le gouvernement [congolais] refuse de respecter l’esprit et la lettre de l’accord [de la Saint-Sylvestre], les États-Unis devraient utiliser les moyens dont nous disposons, notamment l’adoption des sanctions », soutiennent les sept sĂ©nateurs dans leur missive.

     

     

    Nous avons l’impression que ces sĂ©nateurs amĂ©ricains ne nous Ă©coutent pas

    Dans l’entourage du prĂ©sident Kabila, c’est l’incomprĂ©hension. D’autant que, par l’entremise de Mer Security and Communication System, une entreprise israĂ©lienne, Kinshasa avait renforcĂ© ces derniers mois des actions de lobbying auprĂšs des instances amĂ©ricaines.

    Raymond Tshibanda, ancien chef de la diplomatie congolaise, a mĂȘme Ă©tĂ© nommĂ© « envoyĂ© spĂ©cial » sur place. Et BarnabĂ© Kikaya Bin Karubi, le conseiller diplomatique du chef de l’État, confie Ă  Jeune Afrique avoir rencontrĂ© Ă  plusieurs reprises trois des sĂ©nateurs signataires de cette « lettre assortie de menaces de sanctions ».

    « Nous sommes surpris par le fait qu’ils reviennent sur un argumentaire dĂ©passĂ©, alors que nous avons eu Ă  les expliquer de long en large la situation rĂ©elle, politique et sĂ©curitaire, en RDC », dit-t-il. « Nous avons l’impression qu’ils ne nous Ă©coutent pas, dĂ©plore le diplomate. C’est trĂšs inquiĂ©tant s’ils se contentent de ce que leur disent des opposants intĂ©ressĂ©s qui ne cherchent qu’en dĂ©coudre avec le pouvoir en place Ă  Kinshasa. »

    L’ambassadrice amĂ©ricaine Nikki Haley attendue Ă  Kinshasa

    Quant Ă  la situation sĂ©curitaire Ă©pinglĂ©e dans la lettre, elle serait depuis « maĂźtrisĂ©e » dans le KasaĂŻ, jure Kikaya qui en veut pour preuve « l’enrĂŽlement des Ă©lecteurs qui se poursuit » dans cette partie centrale du pays.

    « Les procĂšs des fouteurs de troubles s’y poursuivent. Le FBI et la justice suĂ©doise travaillent dĂ©jĂ  avec nous pour Ă©lucider le meurtre de deux experts onusiens [l’AmĂ©ricain Sharp et la SuĂ©doise Zaida CatalĂĄn assassinĂ© en mars dans le KasaĂŻ, NDRL] », poursuit ce proche de Kabila qui regrette qu’ « on ne retrouve nulle part ces Ă©volutions de la situation dans la lettre des sĂ©nateurs ». Celle-ci, nuance Kikaya, « n’engage que ses signataires ».

    « Nous, Ă  Kinshasa, nous attendons au cours de ce mois d’octobre Nikki Haley, la reprĂ©sentante permanente des États-Unis aux Nations unies, le seul haut responsable amĂ©ricain qui s’est prononcĂ© Ă  plusieurs reprises sur la situation en RDC », indique le diplomate congolais. « Si de nouvelles sanctions amĂ©ricaines tombent sur nous, ce serait un trĂšs mauvais signal », grimace pour sa part un ancien ministre.

    CĂŽtĂ© opposition, l’on se rĂ©jouit en revanche de cette sortie des sĂ©nateurs amĂ©ricains. Olivier Kamitatu, porte-parole de l’opposant MoĂŻse Katumbi, y voit une « nouvelle salve du CongrĂšs amĂ©ricain qui invite Donald Trump Ă  adopter des mesures pour la mise en Ɠuvre de l’accord de la Cenco et le dĂ©part de Kabila ». D’autant que le Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition congolaise, ne plaide dĂ©sormais qu’en faveur d’une transition sans le prĂ©sident actuel.

    J.A.

  • Passeportgate en RDC : She Okitundu doit s’expliquer Ă  l’AssemblĂ©e nationale

    Passeportgate en RDC : She Okitundu doit s’expliquer Ă  l’AssemblĂ©e nationale

    -LĂ©onard She Okitundu, vice-Premier ministre congolais en charge des Affaires Ă©trangĂšres, est attendu ce lundi Ă  l’AssemblĂ©e nationale pour expliquer la motivation de la dĂ©cision de son gouvernement d’invalider les passeports semi-biomĂ©triques en RD Congo. Une mesure qui a dĂ©jĂ  contraint l’Union europĂ©enne Ă  rĂ©agir.

    C’est en son nom que le communiquĂ© officiel controversĂ© avait Ă©tĂ© signĂ©. Deux semaines aprĂšs la publication de cette mesure dĂ©criĂ©e qui invalide les passeports semi-biomĂ©triques en RD Congo, LĂ©onard She Okitundu, chef de la diplomatie congolaise, est appelĂ© Ă  rĂ©pondre ce 2 octobre Ă  la question orale avec dĂ©bat introduite par le dĂ©putĂ© JuvĂ©nal Munubo Mubi, cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe.

    Initialement prĂ©vue le 27 septembre, cette plĂ©niĂšre avait finalement Ă©tĂ© reportĂ©e sur demande du vice-ministre des Affaires Ă©trangĂšres, AgĂ©e Matembo Toto, prĂ©textant alors l’absence Ă  Kinshasa de LĂ©onard She Okitundu. Ce dernier est de retour au pays.

    « Sa dĂ©fense restera sur la ligne tracĂ©e par le gouvernement », lĂąche une source diplomatique congolaise. Vendredi en effet, son collĂšgue JosĂ© Makila, vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication « a confirmĂ© l’exigence Ă©ditĂ©e par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour tous les voyageurs de disposer obligatoirement d’un passeport biomĂ©trique », peut-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres, sans d’amples prĂ©cisions.

    Mise au point et dĂ©cision de l’UE

    Quelques jours plus tĂŽt, dans une autre « mise au point », le gouvernement a soutenu que « certaines puissances Ă©trangĂšres ont dĂ©jĂ  annoncĂ© qu’au mois de novembre 2017, les dĂ©tenteurs des passeports semi-biomĂ©triques ne pourront plus accĂ©der sur leurs territoires ». LĂ  encore, sans citer un seul pays qui aurait pris cette dĂ©cision. C’est d’ailleurs « suite Ă  des insinuations infondĂ©es » et pour lever tout Ă©quivoque que la dĂ©lĂ©gation de l’Union europĂ©enne Ă  Kinshasa a publiĂ© vendredi une dĂ©claration « en accord avec les chefs de mission des pays membres de l’UE en RDC ».

    Il n’y a jamais eu de remise en cause de la validitĂ© d’un passeport congolais

    « Les passeports semi-biomĂ©triques congolais ont toujours Ă©tĂ© acceptĂ©s en espace Schengen, tout comme les passeports biomĂ©triques depuis la fin 2015, rappelle le communiquĂ© de l’UE. Il n’y a jamais eu de remise en cause, pour quelques raison que ce soit, de la validitĂ© d’un passeport congolais, sauf naturellement, quand il Ă©tait Ă©tabli qu’il Ă©tait frauduleux ou contrefait. »

    « Dans l’espace Schengen mĂȘme circulent lĂ©galement des passeports Ă©lectroniques (appelĂ©s semi-biomĂ©triques en RDC) et biomĂ©triques », poursuit le texte. Traduction : « Pour nous, les vĂ©ritables raisons de la dĂ©cision du gouvernement congolais sont Ă  chercher ailleurs », commente un diplomate occidental basĂ© Ă  Kinshasa.

    Mais en attendant, cette mesure, bien que controversĂ©e, « conduit Ă  suspendre, jusqu’à nouvel ordre, l’émission des vignettes visa sur les passeports semi-biomĂ©triques congolais », annonce l’UE qui justifie sa sentence par la « durĂ©e de validitĂ© du passeport : un visa ne peut ĂȘtre que Ă©mis sur un passeport disposant au moins de trois mois de validitĂ© ». D’autant que les passeports semi-biomĂ©triques congolais n’auront plus cours lĂ©gal en RD Congo dĂšs le 16 octobre, comme l’a dĂ©cidĂ© Kinshasa.

    Vers un retrait de la décision de Kinshasa ?

    Pour JuvĂ©nal Munubo, auteur de la question orale, la bataille n’est pourtant pas perdue. Loin de lĂ . « La dĂ©cision de l’UE est liĂ©e Ă  celle du gouvernement congolais. Il suffit d’obtenir le retrait de la mesure invalidant les passeports semi-biomĂ©triques et les choses rentreront Ă  la normale », estime le dĂ©putĂ©, « bien dĂ©terminĂ© » Ă  « aller jusqu’au bout de [sa] dĂ©marche ».

    « Comme l’UE l’a dĂ©montrĂ©, les raisons avancĂ©es par le gouvernement ne tiennent pas debout. MĂȘme au niveau de l’OACI, nous n’avons pas relevĂ© aucune interdiction formelle, encore moins de prohibition rĂ©cente, qui frapperaient les passeports semi-biomĂ©trique », explique l’élu de Walikale, dans le Nord-Kivu.

    Dans l’entourage de She Okitundu, « on rĂ©flĂ©chit » encore sur la ligne de dĂ©fense. Surtout sur des « options » Ă  lever lors du dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e nationale. D’aprĂšs nos informations, le vice-Premier ministre ne serait pas opposĂ© Ă  l’idĂ©e d’apporter quelques « amĂ©nagements » Ă  la mesure. Pas sĂ»r que cela suffise Ă  calmer les esprits.

    J.A