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  • Au moins 14 casques bleus tués en RDC

    Au moins 14 casques bleus tués en RDC

    -Au moins 14 soldats tanzaniens de l’ONU ont été tués et plus de 53 autres blessés, dont 4 grièvement, dans une attaque dans l’est de la RDC. Cinq soldats congolais ont aussi perdu la vie.

    Selon la Monusco, “dans la soirée du 7 décembre, des éléments présumés de l’ADF ont mené une attaque contre une base opérationnelle de la MONUSCO à Semuliki, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Cela a abouti à des combats prolongés entre les éléments présumés des ADF et les forces de la MONUSCO et des FARDC. Les rapports initiaux indiquent que quatorze casques bleus de la MONUSCO et cinq soldats des FARDC ont été tués. 53 casques bleus supplémentaires de la MONUSCO ont été blessés dans cet incident.”

    Maman Sidikou, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et Chef de la MONUSCO, “condamne avec la plus grande fermeté cette attaque meurtrière contre les soldats de la paix des Nations Unies et les FARDC. Les attaques contre ceux qui travaillent au service de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo sont lâches et constituent des violations graves. La MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires pour que les coupables soient tenus responsables et traduits en justice.”

     BREAKING: Afghan official at the Interior Ministry says suicide bombing at Shiite mosque in Kabul has killed at least 30 people.
    “Choqué par l’attaque odieuse contre la MONUSCO dans le Nord-Kivu en RDC hier soir (vendredi, NDLR), avec un grand nombre de Casques bleus de l’ONU tués et blessés. Nos pensées et prières vont aux familles et collègues de la MONUSCO. Des renforts sont sur place et les évacuations médicales par la Mission, en cours”, indique Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, sur son compte Twitter.
     BREAKING: Afghan official at the Interior Ministry says suicide bombing at Shiite mosque in Kabul has killed at least 30 people.
    Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guteres, s’est déclaré en colère et son écœurement face à cette attaque en RDC. Il “condamne cette attaque délibérée contre des casques bleus qui constitue un crime de guerre”, selon lui.

    “C’est la pire attaque contre des Casques bleus de l’ONU dans l’histoire récente de l’Organisation”, a affirmé de son côté le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, également sur Twitter.

    VOA

  • HRW: Des rebelles ont été recrutés pour réprimer les manifestations

    HRW: Des rebelles ont été recrutés pour réprimer les manifestations

    Des combattants du M23 ont aidé Kabila à se maintenir au pouvoir

    – Des officiers supérieurs des forces de sécurité en République démocratique du Congo ont mobilisé plus de 200 anciens combattants rebelles du M23 venant des pays voisins pour étouffer les manifestations contre le président Joseph Kabila en décembre 2016, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Kabila a depuis renforcé sa mainmise sur le pouvoir et a reporté les élections, ce qui suscite l’inquiétude de voir les manifestations prévues faire l’objet à nouveau de violences et de répression.

    Le rapport de 78 pages intitulé « ‘Mission spéciale’ : Recrutement de rebelles du M23 pour réprimer les manifestations en République démocratique du Congo » décrit, preuves à l’appui, comment les forces de sécurité congolaises ainsi que des combattants du M23 recrutés en Ouganda et au Rwanda ont tué au moins 62 personnes et arrêté des centaines d’autres pendant les manifestations à travers le pays entre le 19 et le 22 décembre, lorsque Kabila a refusé de quitter ses fonctions à l’issue de ses deux mandats autorisés par la Constitution. Des combattants du M23 ont patrouillé dans les principales villes de la RD Congo, procédant à des arrestations ou tirant sur des manifestants ou toute autre personne semblant constituer une menace pour le président.

    « Les opérations clandestines de recrutement de combattants appartenant à un groupe armé violent pour réprimer toute résistance montrent jusqu’où le président Joseph Kabila et sa coterie sont capables d’aller pour rester au pouvoir », a indiqué Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch et co-auteure du rapport. « Les autorités congolaises devraient mettre un terme au recours illégal à la force contre les manifestants et autoriser les activités politiques pacifiques des activistes et de l’opposition politique. »

    Des policiers congolais passent à côté d’une barricade en feu lors de manifestations à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, le 20 décembre 2016. © 2016 Reuters/Thomas Mukoya

    Les conclusions du rapport s’appuient sur plus de 120 entretiens, y compris avec des victimes d’abus, des membres des familles des victimes, des témoins, des activistes locaux, neuf officiers des forces de sécurité congolaises, des responsables du gouvernement et de l’ONU, des diplomates ainsi que 21 combattants, commandants et leaders politiques du M23. Human Rights Watch a mené des recherches sur le terrain à Kinshasa, à Goma et à Lubumbashi en RD Congo, en Ouganda, au Rwanda et à Bruxelles, en Belgique, entre décembre 2016 et novembre 2017.

    Entre octobre et début décembre 2016, alors que la pression publique sur Kabila s’intensifiait, des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises ont recruté des combattants du M23 dans des camps militaires et de réfugiés en Ouganda et au Rwanda voisins. De nombreux combattants y étaient basés depuis la défaite du groupe armé dans l’est de la RD Congo en novembre 2013.

    Après avoir été transférés en RD Congo, les combattants du M23 ont été déployés dans la capitale, Kinshasa, ainsi qu’à Goma et à Lubumbashi. Les forces de sécurité leur ont donné des uniformes neufs et des armes et les ont intégrés dans la police, l’armée et la Garde républicaine, le détachement de la sécurité présidentielle. Des officiers de l’armée congolaise – dont bon nombre étaient issus de rébellions précédentes soutenues par le Rwanda et avaient ensuite été intégrés dans l’armée congolaise – se sont occupés d’eux, les ont bien payés et leur ont fourni un logement et de la nourriture. Pour protéger le président et étouffer les manifestations, les combattants du M23 ont reçu des ordres explicites d’utiliser la force létale, y compris « à bout portant » si nécessaire.

    © 2017 John Emerson pour Human Rights Watch

    « De nombreux combattants du M23 ont été déployés pour faire la guerre à ceux qui voulaient menacer le maintien au pouvoir de Kabila », a raconté un combattant du M23 à Human Rights Watch. Un autre a expliqué : « Nous avons reçu l’ordre de tirer immédiatement à la moindre provocation des civils. »

    Les officiers congolais ont renvoyé les combattants du M23 recrutés en Ouganda et au Rwanda à la fin du mois de décembre 2016 et au début du mois de janvier 2017. Beaucoup ont été à nouveau conduits en RD Congo entre mai et juillet et ont été envoyés à Kisangani dans le nord-est du pays, présumément pour préparer des « opérations spéciales » ou des « missions spéciales » afin de répondre à toute menace contre le maintien au pouvoir de Kabila.

    Suite aux violences de décembre 2016 et face à la pression internationale croissante, la coalition de Kabila au pouvoir a conclu, le 31 décembre, un accord de partage du pouvoir avec la principale coalition d’opposition sous la médiation de l’Église catholique. L’accord dit de la Saint-Sylvestre appelait à la tenue d’élections présidentielles avant la fin décembre 2017 et incluait l’engagement clair que Kabila ne briguerait pas un troisième mandat ou ne modifierait pas la Constitution. Cependant, la coalition au pouvoir en RD Congo n’a pas organisé d’élections ni mis en œuvre les mesures de décrispation prévues par l’accord.

    AGRANDIR

     © 2017 John Emerson pour Human Rights Watch

    Le 5 novembre, peu après que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, s’est rendue en RD Congo et a appelé Kabila à organiser des élections d’ici la fin de l’année 2018, la commission électorale de RD Congo (CENI) a publié un calendrier électoral qui fixe la date du 23 décembre 2018 pour des élections présidentielles, législatives et provinciales, soit plus de deux ans après la fin des deux mandats de Kabila. La CENI a également cité de nombreuses « contraintes » financières, logistiques, légales, politiques et sécuritaires qui pourraient avoir un impact sur le calendrier.

    L’opposition politique et des groupes de la société civile ont dénoncé ce calendrier comme étant, simplement, une nouvelle manœuvre dilatoire afin d’étendre la présidence de Kabila de manière inconstitutionnelle. Ils ont appelé au retrait de Kabila avant la fin de l’année 2017 et à l’organisation d’une transition sans Kabila. Celle-ci devrait être menée par des personnes qui ne pourraient pas être candidats aux futures élections, ont-ils indiqué, et devrait avoir pour objectif principal d’organiser des élections crédibles, de restaurer l’ordre constitutionnel et de permettre un nouveau système de gouvernance où les droits fondamentaux soient respectés.

    « Le refus de Kabila de quitter ses fonctions comme l’exige la Constitution a plongé la RD Congo dans une crise politique, économique et des droits humains, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la région », a conclu Ida Sawyer. « Pour éviter que la situation déjà explosive ne dégénère, les partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo devraient faire pression sur Kabila pour qu’il se retire afin de permettre l’organisation d’élections pacifiques et crédibles. »

    HRW

  • RDC : pourquoi l’opposition peine à mobiliser ?

    RDC : pourquoi l’opposition peine à mobiliser ?

    -Apres deux reports de l’election presidentielle, l’opposition congolaise en appelle a la rue pour faire partir Joseph Kabila. Mais la repression policiere et l’inconstance des opposants decouragent pour l’instant les Congolais. Explications.
    La grande marche de l’opposition pour réclamer le départ de Joseph Kabila du 30 novembre s’est finalement transformée… en journée ville morte, faute de troupes dans les rues. Depuis fin 2016 et les violentes manifestations pour l’absence d’élections pour remplacer président Joseph Kabila arrivé fin mandat, les manifestations de l’opposition sont systématiquement interdites et fortement réprimées par la police congolaise. La dernière mobilisation du 30 novembre n’a pas échappé à la règle. Annoncée comme une grande marche pour exiger que Joseph Kabila quitte le pouvoir, la mobilisation a tourné court pour se terminer en une timide journée ville morte. Une stratégie bien peu efficace pour qui veut faire partir un chef d’Etat qui s’accroche à son fauteuil.

    Que manque-t-il à l’opposition pour réussir à mobiliser la rue ? La violente répression policière qui s’abat à chaque appel à manifester constitue sans aucun doute la première raison de la faible mobilisation populaire. En janvier 2015, la forte mobilisation contre la loi électorale qui repoussait la tenue de la présidentielle s’était soldée par un bilan « d’au moins 50 morts » selon les ONG internationales. Idem pour les manifestations de fin 2016. La répression policière massive avait également fait une cinquantaine de victimes et plusieurs centaines de blessés. Depuis, les manifestants se font plus rares dans les rues à chaque appel de l’opposition, mais les arrestations continuent de se multiplier. Au moins 186 personnes ont été arrêtées le 30 novembre selon le Bureau Conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH).

    Réitérerlamobilisationde2015
    Particularité cette fois-ci, les forces de sécurité ont ciblé de nombreux leaders de l’opposition. Jean-Marc Kabund, le secrétaire général de l’UDPS, et Martin Fayulu, du Rassemblement, ont été interpelés alors qu’ils tentaient de rejoindre la marche. Tout comme Aimé Nzuzi, secrétaire général adjoint de la Démocratie chrétienne et le député Olivier Endundo. Le reste des arrestations ont concerné des militants de partis politiques d’opposition, mais surtout des sympathisants de mouvements citoyens comme la Lucha, très actifs à chaque mobilisation. Mais la population apparaît dans sa grande majorité lassée par une crise politique sans fin, à l’issue incertaine.

    L’opposition sait bien qu’il faudra du temps pour enclencher un nouveau cycle de la contestation, comme celui de 2015. A l’époque, plusieurs marches et journées ville morte avortées avaient précédé les trois jours de forte mobilisation populaire qui avaient fini par faire plier le pouvoir. Une montée en puissance nécessaire pour avoir le temps de sensibiliser la population aux risques que faisaient courir la nouvelle loi électorale sur la tenue des élections. Deux ans plus tard, la situation a peu évolué en République démocratique du Congo : les élections ont été reportées par deux fois, et l’impasse politique est total. Le pouvoir tente à nouveau de reculer les échéances grâce à une loi électorale qui prévoit un « seuil de représentativité » qui verrouille l’hégémonie du parti présidentiel, et une nouvelle « machine à voter » électronique, que l’opposition appelle déjà la « machine à tricher ». Pourtant, l’opposition peine cette fois-ci à mobiliser. Pour quelles raisons ?

    Despoliticienstrèsvolatiles
    L’inconsistance et l’inconstance politique des opposants à Joseph Kabila participent grandement au sentiment de défiance des Congolais vis à vis du personnel politique d’opposition. De nombreux leaders de l’opposition viennent en effet des rangs de la majorité présidentielle, qu’ils ont quitté, non pas sur des désaccords politiques avec Joseph Kabila, mais parce qu’ils jugeaient que le président congolais ne leur laissait pas assez d’espace. Ce fut le cas de Vital Kamerhe, puis de Moïse Katumbi, mais aussi d’Olivier Kamitatu ou de Pierre Lumbi, qui n’ont jamais critiqué la répression politique ou la corruption lorsqu’ils étaient dans la majorité. Dans le sens inverse, un certain nombre d’opposants ont rejoint le pouvoir, en acceptant des portefeuilles ministériels. Oubliant d’un coup de baguette magique, les critiques qu’ils proféraient à l’encontre de Joseph Kabila. Et la liste est longue. Citons les derniers en date, comme Samy Badibanga et Bruno Tshibala qui ont accepté le poste de Premier ministre contre la volonté de leur propre formation politique, l’UDPS.

    Qui croire ? A qui faire confiance ? Léon Engulu, philosophe et ancien coordonnateur adjoint du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, résume assez bien sur son compte Twitter la grande confusion qui règne dans la classe politique congolaise : « Où donner de la tête? Les opposants avec qui je débattais sur les plateaux télé sont aujourd’hui dans la Majorité, archi-convaincus. Ceux qui m’applaudissaient de cette Majorité sont dans l’opposition, hyper-convertis. Virevolte et volte face, voilà les politiciens congolais ! ».

    Enattendantle19décembre2017
    Pour l’heure, aucun leader n’émerge clairement dans la galaxie des opposants. Moïse Katumbi, le plus en vue, est en exil forcé en Europe, harcelé par la justice congolaise depuis qu’il s’est déclaré candidat à la succession de Joseph Kabila. Son réel poids politique est incertain et bon nombre d’observateurs confondent l’engouement populaire pour le patron de l’équipe de foot et l’adhésion à un projet politique. Quant à Félix Tshisekedi, allié de circonstance à Moïse Katumbi, il peine à s’imposer sur la scène politique. Peu charismatique, le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a raté son entrée en piste lors de deux manifestations qu’il avait lui-même organisé. Le patron du Rassemblement était« absent » de Kinshasa le jour de la grande mobilisation du 10 avril 2017, et il a manqué le départ de la marche du 30 novembre 2017, attendant en vain les militants qui devaient venir le chercher à son domicile… et qui ne sont jamais arrivés.

    Pour l’instant, force est de constater que l’opposition n’arrive pas à cristalliser la colère des Congolais. De part une répression féroce, mais aussi à cause d’un manque de leadership et de confiance au sein de l’opposition. Pourtant, la colère et bien là et les atermoiements sans fin de Joseph Kabila pour retarder les échéances électorales, ont fini par lasser tout le monde, y compris dans son propre camp. L’opposition n’a d’autre choix que de retenter sa chance dans la rue. Joseph Kabila Kabila n’est visiblement pas décidé à partir et la communauté internationale ne semble pas disposée à le chasser de force. Au sein de l’opposition, nombreuses sont les critiques sur le manque de stratégie et de coordination des principaux leaders. Beaucoup se tournent vers le Togo, où la répression policière est forte, l’opposition divisée, mais où le peuple manifeste régulièrement et massivement dans les rues pour faire pression sur Faure Gnassingbé. L’opposition congolaise a d’ors et déjà pris rendez-vous une nouvelle fois avec les Congolais dans la rue. Ce sera le 19 décembre prochain pour une « marche de sommation ». En espérant que cette fois-ci… ce sera la bonne.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • RDC : Des rebelles M23 recrutés pour réprimer les manifestations

    RDC : Des rebelles M23 recrutés pour réprimer les manifestations

    -L’organisation de défense des Droits de l’Homme américaine Human Rights Watch (HRW) a révélé lundi 4 décembre que des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises avaient recruté en Ouganda et au Rwanda des rebelles du M23 pour réprimer les manifestations anti-Kabila de décembre 2016, tandis que d’autres ont reçu une formation « spéciale » à la mi-2017 pour défendre le régime du président hors mandat.

    Les manifestations exigeant le départ de Joseph Kabila (au pouvoir depuis 2001) à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, le 19 décembre 2016, avaient commencé ce jour-là et avaient été suivies d’autres protestations dans les jours suivants. On déplora au moins 62 morts (certains cadavres ont été emmenés par les forces de sécurité), de nombreux blessés et de nombreuses arrestations.

    Recrutés à partir d’octobre 2016

    Selon des membres de l’ancienne rébellion congolaise du M23 (défaite en novembre 2013) réfugiés dans des camps en Ouganda et au Rwanda et interrogés par HRW, ils avaient commencé à être recrutés par des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises entre octobre et début décembre 2016. Au moins 200 rebelles ont répondu à cet appel et ont été intégrés à des unités de la police, de l’armée et de la Garde républicaine (garde prétorienne de Joseph Kabila, n’obéissant pas à la hiérarchie militaire) congolaises, après avoir reçu uniforme et armes. HRW a obtenu des confirmations de ces informations par des officiers de l’armée congolaise.

    Les ex-rebelles – logés, nourris et payés – ont été envoyés à Kinshasa, Goma et Lubumbashi et ont reçu l’ordre de tirer « à la moindre provocation des civils », a raconté l’un d’entre eux à HRW. Ils savaient que cette « guerre » serait facile, les officiers congolais qui les envoyaient réprimer les protestations leur ayant spécifié qu’ils seraient déployés « contre des manifestants non armés ».

    Incapable de former une bonne armée, le régime Kabila – père et fils – a, à plusieurs reprises, fait appel à l’armée rwandaise (formée de Tutsis et de Hutus), à d’ex-rebelles tutsis congolais (bien que recherché par la justice internationale, Bosco Ntaganda fut longtemps le « numéro deux » de l’armée congolaise au Kivu) et aux rebelles hutus rwandais FDLR ( issus des génocidaires) parce que ce sont de bons soldats, courageux et plus disciplinés que ceux de l’armée congolaise, mal payés et guère ravitaillés.

    Selon les interviews menées par HRW, les ex-M23 défaits avaient accepté le recrutement de fin 2016 parce qu’ils vivent dans des conditions misérables en Ouganda et au Rwanda et qu’on leur promettait, outre la paie, de pouvoir revenir au Congo avec des postes et des grades. Seuls certains d’entre eux ont toutefois vu ces promesses respectées; les autres ont été renvoyés en Ouganda et au Rwanda fin décembre 2016 et en janvier 2017.

    Selon HRW, certains d’entre eux ont à nouveau été recrutés par les forces de sécurité congolaises entre mai et juillet 2017, en vue d’une formation, à Kisangani (nord-est du Congo) pour des « opérations spéciales ». L’inquiétude est donc grande que ces ex-soldat rebelles soient à nouveau utilisés pour réprimer les protestations contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-dela du 31 décembre 2017, voire plus tard encore. Le 31 décembre avait été fixé comme date limite de son départ par l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, signé sous la pression des manifestations de rue réprimées avec l’aide des ex-M23.

    MFC- La libre Afrique

  • Star Wars VIII : « un nouvel espoir » d’étoiles ?

    Star Wars VIII : « un nouvel espoir » d’étoiles ?

    -S’il y a un univers que les petits et grands connaissent tous, c’est celui de la force. La saga de Star Wars et de ses célèbres Jedi ne laissent personne indifférent : qu’on aime ou qu’on déteste, tout le monde a son avis bien tranché. Et que cela ne plaise à ses détracteurs : la saga intergalactique ne risque pas de s’éteindre. En effet, pour fêter les 40 ans de la sortie du premier opus, un nouveau film sort dans les salles obscures.

    Malgré une équipe de réalisation différente, le successeur du géant Georges Lucas, ne se laisse pas abattre et veut à son tour son jour de gloire. Après des statistiques record pour la sortie du dernier volet en 2015, la nouvelle armée menée par Rian Johnson espère réitérer l’expérience. Grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération de sabre lasers, la sortie du nouvel opus a débuté de la meilleure des manières la troisième trilogie.

    5 nominations aux Oscars, 1055 millions de dollars de recettes, 3ème plus grand succès au box office, le dernier opus de la saga a de quoi faire des jaloux. Et pourtant, malgré cette armée d’effets spéciaux et d’acteurs emblématiques (Harrison Ford, Carrie Fisher), le long-métrage n’a pas su gagner son ultime bataille. En effet, malgré les nombreuses nominations, le film n’a récupéré aucune récompense. Et ça, George Lucas l’avait presque prédit …

    Quelques jours avant la sortie officielle française, l’initiateur de la saga aux milles étoiles lance une petite bombe. Bien qu’au début, il affirme que le résultat final ravira les fans les plus avertis, il n’hésite pas à attaquer les choix de réalisation de son successeur. Pour, le dernier opus aurait dû « un soap opéra qui traite des problèmes de famille, et non pas un film de vaisseaux spatiaux ».

    Alors est-ce là l’explication toute donnée de ce manque de récompenses ? Trop de vaisseaux spatiaux et d‘étoiles filantes et pas assez de psychologie …

    Quoi qu’il en soit, à l’heure qu’il est, nul ne sait quel côté de la force la nouvelle armée de Rian Johnson a choisi pour ce dernier long métrage. Jouera-t-il la carte des effets spéciaux à gogo afin de tenter une sélection mais surtout une récompense pour cette catégorie ? C’est d’ailleurs dans cette dernière que l’ensemble des films de la saga a récolté le plus de sélection (5 sur 8).

    Mais une autre catégorie pourrait faire en sort que le dernier opus soit primé lors de la cérémonie. Avec plusieurs acteurs intergalactiques qui remettront leurs sabres à la fin du court-métrage, il se pourrait que l’un d’entre eux remporte un prix bien spécial. D’après l’équipe rédactionnelle de Bwin, Mark Hamill, l’interprète légendaire du dernier chevalier Jedi aurait une cote de 9.00. Bien que l’équipe du film soit unanimement de son côté de la force, les bookmakers parient plus sur un nouveau record de recette que sur une nouvelle acquisition de récompense individuelle … Un objectif ambitieux mais réalisable pour la machine à gagner Star Wars. Puisse la force soit du côté de l’armée du chevalier Johnson.

    Julien Casteinhera

  • Rififi dans la rumba congolaise avec le roi Koffi Olomidé

    Rififi dans la rumba congolaise avec le roi Koffi Olomidé

    -Le roi de la rumba congolaise Koffi Olomidé a de nouveau fait parler de lui avec une plainte en justice contre l’un de ses ex-disciples, Ferre Gola, brièvement incarcéré à Kinshasa, a rapporté dimanche la presse en ligne congolaise.

    Les programmes des nombreuses radios qui rythment la vie de la République démocratique du Congo posent la question, entre deux morceaux de rumba d’hier et d’aujourd’hui: Koffi Olomidé, 61 ans, devait-il porter devant la justice son différend avec Ferre Gola, de 20 ans son cadet et ancien membre de son groupe Quartier latin?

    Le fait est que Ferré Gola a été incarcéré pendant 24 heures le 22 novembre, “poursuivi par M. Koffi Olomidé”, selon son avocat, Me Hugues Matadi, qui ajoute : “Sur instruction du procureur général de la République, mon client a regagné son domicile”.

    Il aurait été relaxé, selon les médias congolais, qui évoquent une plainte pour injure et diffamation sur l’internet déposée par Koffi Olomidé, voire le “non-respect d’un contrat” datant de 2005-2006 entre Ferre Gola et l’orchestre de Koffi Olomidé.

    “Les jaloux vont maigrir. Je vais très bien. D’ailleurs, je suis chez moi à la maison. Les gens de très mauvaise foi ont tenté de nous faire taire par des procédures téméraires et vexatoires, mais en vain. La lutte continue…”, a réagi Ferre Gola sur sa page Facebook.

    Roi de la rumba depuis la mort de Papa Wemba en 2016, Koffi Olomidé avait fait parlé de lui l’année dernière en étant écroué quatre jours pour avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses. Il avait été libéré sous caution par le parquet général de Kinshasa.

    En août 2012, Antoine Agbepa Mumba, alias Koffi Olomidé, avait été condamné à Kinshasa à trois mois de prison avec sursis pour “coups et blessures volontaires” contre son producteur.

    Avec AFP

  • RDC : PPRD, parti Etat, au pas de charge sur la loi électorale

    RDC : PPRD, parti Etat, au pas de charge sur la loi électorale

    -Réunion de tous les honorables députés de la mosaïque PPRD à Fleuve Congo Hôtel, sous la double direction du SG/MP et Pdt de l’AN, ce vendredi 24 Nov 2017 à 10h00′.  L’invitaton est lancée officiellement par les dignitaires du PPRD, le parti veut faire passer au pas de charge la réforme de la loi électorale et ne cache plus ses intentions.

    Aux commandes, le secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin Minaku, soutenu par le président de l’Assemblée nationale… Aubin Minaku. L’adage est connu, mieux vaut supprimer les intermédiaires, ça évite les voix discordantes.

    Après la réunion, particulièrement houleuse, de ce jeudi 23 novembre, avec les élus de la majorité présidentielle à l’Hôtel du Fleuve, les députés de « la mosaïque » PPRD sont priés de ne pas aller se coucher trop tard pour pouvoir être présent ce vendredi après un bon petit-déjeuner, à cette nouvelle réunion.

    Objectif : bien faire comprendre les intérêts de faire passer cette réforme de la loi électorale et tenter de faire oublier la bronca menée par nombre d’élus de la MP qui ne veulent pas entendre parler du PPRD. Certains barons régionaux ne veulent pas se rendre pieds et mains liés au pouvoir de Kabila et de son clan.

    Un clan dans lequel Aubin Minaku, pourtant déjà porteur de deux casquettes, se verrait bien enfiler les lauriers.

    LLA

  • Exclusif – Réforme électorale en RDC : un enregistrement sonore révèle la stratégie du parti de Kabila

    Exclusif – Réforme électorale en RDC : un enregistrement sonore révèle la stratégie du parti de Kabila

    -Comment faire adopter un projet de loi électorale contesté aussi bien par l’opposition que par ses propres alliés ? Une réunion du PPRD, le parti du président Joseph Kabila, s’est penchée vendredi sur la question. Jeune Afrique reproduit en exclusivité l’enregistrement des débats.

    Corneille Nangaa poursuit ses consultations. Après les groupes parlementaires de la Majorité présidentielle (MP), qui ont clairement boudé, la veille, le principe d’un « seuil de représentativité » prévu dans la nouvelle réforme électorale, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) s’est entretenu, vendredi 25 novembre, avec les députés et certains cadres triés sur le volet du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation politique du président Joseph Kabila.

    Contacté par Jeune Afrique, le député François Bokona (PPRD), rapporteur de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale, confirme la tenue de ces concertations mais dit ne pas y avoir pris part puisqu’il devait participer à une autre réunion. D’après nos informations, Corneille Nangaa s’est évertué à rassurer les lieutenants de Kabila quant à l’intérêt, pour leur parti, de soutenir ce « seuil de représentativité » proposé dans le projet de loi électorale.

    « Seuil de représentativité », du pain béni pour le PPRD ?

    Concrètement, si la réforme est adoptée en l’état, les listes des partis et regroupements politiques ou des candidats indépendants devront atteindre ou dépasser « 3 % du nombre total de suffrages valablement exprimés » au niveau national pour espérer remporter des sièges dans l’hémicycle. Il deviendra ainsi indispensable aux formations politiques de se regrouper dans de grands ensembles sous peine de disparaître.

    Jeune Afrique s’est procuré l’enregistrement sonore des échanges qui ont suivi l’exposé du président de la Ceni. Le premier à s’exprimer est Henri Mova Sakanyi, le secrétaire général du PPRD, qui a estimé d’entrée de jeu qu’il fallait « défendre jusqu’au bout » la ligne du parti. Pas question, selon lui, de « [s’] incliner parce que l’opposition a le vent en poupe ». « C’est pour cela qu’on a aussi une majorité (…) », poursuit-il avant de donner la parole à Aubin Minaku, secrétaire générale de la MP et président de l’Assemblée nationale.

    Plus prudent, Aubin Minaku tente d’abord de sensibiliser ses camarades au risque qu’il y aurait à soutenir ce « seuil de représentativité » dans une Assemblée où, au-delà de l’opposition, les alliés même du PPRD sont prêts à rejeter l’initiative au moment du vote. « Irons-nous jusqu’au bout en sachant que cela peut se passer de cette manière-là ? Sur le plan politique, est-ce bon ? » interroge celui qui est présenté comme le dauphin putatif de Kabila.

    Le seuil de représentativité, c’est quelque chose qui remet le PPRD sur pied », selon Mova Sakanyi

    Mais pour Henri Mova Sakanyi, le PPRD n’a d’autre choix que de voter en faveur de ce seuil de représentativité. D’autant que c’est, selon lui, « quelque chose qui nous permet d’être beaucoup plus à l’aise ». Autrement dit, il ne serait plus question de partager les responsabilités au sein du gouvernement et des entreprises publiques avec des alliés politiques, voire avec des opposants, et « d’introduire [ainsi] des gens dans le gâteau, qui n’a pas grossi ». En conséquence, plus personne au sein du PPRD n’a les moyens de financer le parti pour les élections, avance-t-il sans convaincre ses camarades, qui se mettent alors à hurler…

    Devant la réticence de ses camarades à soutenir ce fameux « seuil de représentativité », qui profiterait pourtant au parti, Henri Mova Sakanyi lâche que « cela devient suspect » et rappelle que le PPRD est en train de « trahir [sa] cause » en défendant « tous les jours » le programme du gouvernement d’un « Premier ministre venu de je-ne-sais-quel bord politique ». Allusion à Bruno Tshibala, dissident du Rassemblement de l’opposition, qui a été fait chef du gouvernement avec le soutien de la MP.

    De son côté, Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre de l’Intérieur, qui va défendre ce projet de loi électorale devant le Parlement, n’est pas non plus rassuré. « Tout le monde est contre. Ici aussi, il y a des contradictions au niveau du PPRD : PPRD pur et les autres, qui […] croient qu’ils seront éliminés. Est-ce que nous aurons 260 voix pour faire passer notre projet avec le seuil ?” lance-il. La réponse de ses camarades est sans appel : « Non! »

    Comment le PPRD a fabriqué ses partis alliés

    Mais qui sont ces partis alliés du PPRD qui craignent de disparaître si le « seuil de représentativité » est adopté ? A ceux qui l’auraient oublié, Aubin Minaku rappelle qu’ils n’ont été créés que pour répondre à une « stratégie électorale » « par rapport au mode de scrutin » choisi à l’époque. Ce sont en réalité des « partis-tiroirs, sans militants et sans drapeau », résume le secrétaire général de la MP, citant même l’exemple d’une de ces formations dont les cofondateurs ont été désignés parmi son entourage proche – son épouse et son assistant notamment – pour servir de gardes-fous. Fou rire dans la salle.

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    « La machine à voter » ou l’instrument du PPRD ?

    Reconnaissant qu’il y a « quelques soucis » dans le partage des responsabilités avec ces « partis-tiroirs » ou « partis de la mosaïque », Aubin Minaku assure que les choses changeront dans l’avenir, se réjouissant au passage que Corneille Nangaa ait su « épater » et « convaincre » beaucoup de partisans sur l’utilité de « la machine à voter » en vue des prochaines élections.

    Quant au « seuil de représentativité », Henri Mova Sakanyi appelle les députés de son parti à [s]’assumer et [à] démontrer que la scène politique [congolaise] a quand même des personnalités sérieuses qui s’assument en tant que tel ». Au risque de voir le projet de loi rejeté par la plénière de l’Assemblée nationale ? Car à ce stade, même « l’encadrement » de certains élus (entendre « la distribution de billets de banque », selon un député de la MP) ne garantit pas le vote du projet de loi tel que présenté par le gouvernement, selon Minaku. « Nous avons peut-être mal choisi le moment » de faire passer cette réforme, estime le secrétaire général de la MP, laissant entendre que le même projet de loi pourrait passer après le départ de Kabila.

     

  • Gecamines: Albert Yuma va revoir unilatéralement les partenariats miniers

    Gecamines: Albert Yuma va revoir unilatéralement les partenariats miniers

    -Moins de trois semaines après la publication du rapport Carter stigmatisant la mauvaise gestion de la Gécamines, le patron de cette société publique congolaise, Albert Yuma, a annoncé mardi matin qu’il allait « revoir – j’ai dit revoir, pas renégocier, c’est nous qui allons désormais fixer les termes » – les partenariats qui lient l’entreprise congolaise à des sociétés minières privées.
    Albert Yuma s’adressait mardi matin à des agents de la Gécamines et aux nouveaux mandataires qu’il a nommés il y a quelques mois au sein des partenariats. Il leur a annoncé les « deux axes » fixés « par le chef de l’Etat », au « développement » de l’entreprise publique: « refaire de la Gécamines un véritable acteur minier » sur le plan national et international; faire en sorte que les ressources de la République démocratique du Congo (RDC) – dont la société publique détient, dit-il, « la majorité » – « profitent au peuple congolais, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».
    « On nous a trompés »
    « Dans la plupart de nos partenariats, pour ne pas dire tous », a affirmé M. Yuma, « nous n’avons jamais touché de dividendes et l’Etat n’a jamais touché d’impôts ». Depuis « la mise en place du code minier », qui date de 2002, les différents partenaires de la Gécamines, a-t-il dit, « ont exporté pour plus de 48 milliards de dollars » et « l’Etat a reçu en net – soit le revenu moins les bonus fiscaux qu’il a donnés – moins de 3 milliards de dollars ». C’est pourquoi, a ajouté M. Yuma, la Gécamines va « revoir – j’ai dit revoir, pas renégocier, c’est nous qui allons désormais fixer les termes » – les « conditions » des partenariats qui lient l’entreprise congolaise à des sociétés minières privées.
    Selon M. Yuma, « on nous a trompés, en 2000 » en disant que le Congo était incapable de développer seul ses ressources minières et qu’il fallait des partenariats. « On aurait dû toucher 350 millions de dollars de dividendes et on a touché zéro » dollars, tandis que « l’Etat aurait dû toucher 768 millions de dollars d’impôts » et a touché « zéro ». « Nos partenaires se sont toujours arrangés pour que les comptes d’exploitation apparaissent en perte d’année en année », a-t-il assuré.
    Prendre le contrôle du cobalt
    Or, la « vraie ressource » des partenariats n’est « pas l’argent » mais « les gisements » de cuivre et de cobalt de la Gécamines, a estimé Albert Yuma, assurant que « la prochaine guerre mondiale sera pour le contrôle du cobalt », dont le Congo possède « 70% » et l’entreprise publique « 40% des réserves mondiales connues ». « Depuis 15 ans, nos partenaires nous ont trompés et, disons-le, volés. Cela doit s’arrêter ».
    M. Yuma a ajouté que l’entreprise avait « aussi constaté la faiblesse de nos mandataires pour contrôler les partenariats », raison pour laquelle ils avaient été changés il y a quelques mois. Reconnaissant aussi des faiblesses dans « l’organisation » de la société publique, son patron a annoncé avoir confié à « Ernst and Young un audit organisationnel » en vue d’installer de nouvelles structures « dès le deuxième trimestre 2018″. En effet, a-t-il ajouté, la Gécamines souffre d’ »équipements obsolètes » et « surtout » d’un personnel trop vieux, la moyenne d’âge étant « 58 ans ». « On ne peut pas compter sur cette génération pour défendre nos intérêts » et « prendre des risques ».  Il faut, dit-il, que les cadres « reprennent le contrôle de la Gécamines comme, il y a 40 ans, nos frères arabes ont décidé de contrôler le pétrole ».
    « Pas un dollar ne manque »
    Répondant au rapport du Centre Carter  (https://afrique.lalibre.be/10520/ou-sont-passes-les-millions-de-la-gecamines/) selon qui « près des deux tiers de ces revenus (NDLR: générés par les partenariats miniers) – ou 750 millions de dollars – ne peuvent être tracés jusqu’à des comptes en banque de manière fiable », M. Yuma a assuré à son auditoire que c’était « une idiotie, un mensonge, une incompétence (…) Pas un dollar ne manque. Tout l’argent est enregistré dans les comptes de la Gécamines ». Il a affirmé que « la plupart de cet argent est parti dans des investissements » qu’il chiffre à « 860 millions de dollars depuis que nous sommes là », soit sept ans, « et dans le financement de l’Etat congolais. En termes de pourcentage, la Gécamines a contribué plus au budget de l’Etat que tous les partenaires réunis », a-t-il déclaré, sans expliquer son calcul.
    Toutefois, de ces « 860 millions de dollars » d’investissements et de « deux plans de restructuration, deux plans de production », « on ne voit pas les résultats », a reconnu M. Yuma, rejetant la faute sur « vos aînés ». Evoquant les « rapports bidon, basés sur des racontars », tel celui du Centre Carter, selon lui, le patron de la Gécamines a stigmatisé « certains d’entre vous qui disent n’importe quoi » à des « étrangers » contre « 1000 ou 2000 dollars, ou une auto ou une promesse d’emploi ».
    Et d’assurer que, grâce à la réorganisation de la Gécamines prévue pour 2018,  « dans 2 ou 3 ans, vous allez voir la différence ». Comme il l’a déjà annoncé – sans effet – à plusieurs reprises ces dernières années, M. Yuma a promis: « Nous serons capables de produire 100.000 tonnes ».
    Par Marie-France Cros
  • Emoi autour de la photo de l’arrestation d’une fillette en RDC

    Emoi autour de la photo de l’arrestation d’une fillette en RDC

    -La photo d’une enfant arrêtée lors des manifestations anti-président Joseph Kabila mercredi en République démocratique du Congo, selon l’opposition, a provoqué la colère des opposants, mais la police a affirmé vendredi que la fillette avait “violenté les forces de l’ordre”.

    La photo montre une fillette habillée d’un pantalon rose et d’un chemisier blanc, entourée de six policiers dont l’un lui tient les bras dans le dos comme s’il la menottait, devant un cachot.

     D’après le mouvement citoyen la Lutte pour le changement (Lucha), il s’agit de Binja Yalala, 15 ans, lors de son interpellation avec 14 autres personnes mercredi sur l’île d’Idjwi dans le Sud-Kivu (est).

    La photo a été largement partagée sur les réseaux sociaux par les opposants sous le mot-dièse #JesuisYalala.

    “A mon âge, les autres enfants mangent à leur faim, vont dans des bonnes écoles, jouent entre eux… Moi j’apprends aux adultes leur devoir”, a écrit la Lucha sur son compte. “Voici le pays dans lequel nous vivons en 2017”, déplore le député Martin Fayulu, responsable de la mobilisation au sein du Rassemblement de l’opposition.

    Réagissant dans un communiqué, la police congolaise a indiqué que “onze meneurs avaient été appréhendés y compris mademoiselle Binja Yalala qui avait été interpellée pour avoir violenté les forces de l’ordre”.

     Tous ont été libérés, a ajouté la police, qui accuse les organisateurs d’avoir placé des mineurs “en première ligne”.

    Plusieurs dizaines d’opposants ont été interpellés pour avoir tenté de mobiliser contre le calendrier électoral qui fixe au 23 décembre 2018 le prochain scrutin présidentiel. Ils demandent le départ du président Kabila dès la fin de cette année.

    Les forces de sécurité avait prévenu la veille que les rassemblements seraient interdits, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale (UE, USA, Canada, Suisse, ONU) qui demandent aux autorités le respect des libertés d’expression.

    Au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et 2011, M. Kabila ne peut pas se représenter et son mandat a pris fin le 20 décembre 2016 d’après l’actuelle Constitution, qui l’autorise à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur.

    Avec AFP