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  • PROCES DENIS LESSIE A SON TERME: Le ministère public requiert la peine de mort, Ntahwa sollicite 500.000 Usd des DI

    PROCES DENIS LESSIE A SON TERME: Le ministère public requiert la peine de mort, Ntahwa sollicite 500.000 Usd des DI

    Lessie-5-Le ministère public a lors des plaidoiries, tenues le mardi 3 septembre dernier, requis la peine de mort contre les prévenus pasteur Denis Lessie et ses co-accusés, poursuivis pour «escroquerie», «association des malfaiteurs» et «incitation des militaires aux actes contraires au devoir et à la discipline». Jean Baptiste Ntahwa, victime de ces infractions a quant à lui, sollicité 500.000 dollars des dommages et intérêts (DI) pour les préjudices subis ainsi que la restitution de ses biens escroqués.

    Ce procès va très bientôt connaitre son dénouement. Le tribunal militaire de garnison de la Gombe qui juge ces prévenus a, au cours de l’audience publique du mardi 3 septembre dernier, consacrée aux plaidoiries, clos le débat et pris cette affaire en délibéré. Il promet de rendre son jugement dans le délai légal, soit dans 10 jours, mieux, le 13 septembre prochain, sauf imprévu. Prenant la parole au cours de cette audience, la partie civile Ntahwa, via ses avocats a exposé les faits pour lesquels, les prévenus sont poursuivis. Lesquels faits lui ont causé dommage. Elle a sollicité du tribunal, la condamnation des prevenus aux dommages et intérêts de l’ordre de 500.000 dollars pour tous les préjudices confondus qu’il a subis, du fait des prévenus. Sans compter la restitution de ses biens faisant l’objet d’escroquerie que les prévenus sont tenus de restituer une fois condamnés.
    Le ministère public qui poursuit les prévenus a, à son tour, dans son requisitoire, demandé au juge la peine la plus lourde contre les prévenus, soit la peine de mort sanctionnant l’infraction d’association des malfaiteurs qui, absorbe les peines prévues pour les autres infracntions (escroquerie et incitation des militaires aux actes contraires à la discipline et la loi) mise à charge de ces prévenus.
    Cependant, comme à l’accoutumé et de bon droit, les prévenus ont plaidé leur innocence, quand bien même, ils se sont depuis le début de ce procès, de instruction aux plaidoiries, distingués par des incohérences voire contractions dans leur défense, aux regards de certains faits dont l’établissement à leur charge ne souffraient d’aucun doute.
    Tenez, Lessie dans une de ses auditions, va premièrement faire savoir au tribunal, n’avoir jamais connu ses co-accusés, à savoir Okunimo Mabusa (qui se faisait passer par le petit frère du chef de l’Etat dans cette affaire) et Kasongo wa Ngoy, un élément de la Garde républicaine (GR). Peu après quelques minutes, il se rétractera, en soutenant reconnaitre ce militaire. Mais, affirmera l’avoir connu par le biais de Jean Baptiste Ntahwa qui, le lui aurait parlé.
    Pour Lessie, cette affaire pourrait se régler entre pasteurs. Au cours d’une audience, il lâcha : «même si je vous aurais escroqué, un arrangement à l’amiable valait la peine, entre nous pasteurs». «Quel est ce problème que l’on ne peut pas arranger ?», s’interrogea-t-il, en s’adressant au juge militaire. Il poursuit : «il (Ntahwa) devrait saisir la corporation avant de partir au tribunal». Pourrait-on, dire que Lessie aurait fait indirectement un aveu et que reprocherait-il à Ntahwa d’avoir «peché», pour avoir dénoncé les faits ou s’être constitué partie civile que de déférer l’affaire par devers une instance de réconciliation entre pasteurs ?
    Lessie va par la suite faire savoir au tribunal que Ntahwa lui chercherait noise, tout en reconnaissant que ce ministre honoraire lui aurait beaucoup aidé. C’est dans ce même ordre idée qu’il soutiendra que Ntahwa lui aurait fait la donation du véhicule qui fait à ce jour, l’objet de l’infraction d’escroquerie, pour laquelle, il est poursuivi. La thèse que les avocats de Ntahwa ont eu à balayer, en démontrant le caractère escroc dans l’établissement de l’acte de cession que leur client avait établi au profit de Lessie.
    Cependant, le prévenu Kasongo wa Ngoy qui, en vain cherchait à déraciner en vain l’infraction d’association des malfaiteurs, avait quant à lui, nié ne jamais connaitre Okunimo Mabusa. Malheureusement, ce dernier dans sa ligne de défense, avait soutenu que c’est ce Kasongo qu’il a amené chez Nthawa.
    Pour rappel, le pasteur Denis Lessie (opérant en qualité du conseiller du chef de l’Etat), l’adjudant Kasongo wa Ngoy (qui se faisait passer pour un capitaine) et Okunimo Mabusa (opérant en fausse qualité du petit frère de Joseph Kabila) ont fait croire à Ntahwa, alors qu’il était ministre du budget en 2012 que Janey Kabila ne le supporterait plus. Comme quoi, Ntahwa aurait refusé de signer un dossier dans lequel, cette soeur jumelle du chef de l’Etat Joseph Kabila aurait des intérêts. Ntahwa qui ne se souvient nullement de ce prétendu dossier, va quand céder même a ces allégations, soutenues par celui qui se fait passer pour le conseiller spirituel du chef de l’Etat, un pasteur de surcroit et par celui qui se dit petit du chef de l’Etat (avec qui les ressemblances ne sont plus a démontrer. Ce jeune homme a d’ailleurs, été primé en 2010 sosie de Joseph Kabila). Cette association, de manière séparée mais corroborée, va convaincre Ntahwa. Et que pour lui épargner à l’épée de damocles de Janeyt Kabila qui pèserait sur sa tête, ils vont le persuader que sur demande du chef de l’Etat, Ntahwa devait des excuses en termes d’offre. Notamment, une jeep Hummer a offrir a Jaynet Kabila et une deuxième pour lui-même Joseph Kabila, parce que jumeau à sa soeur.
    Ces prévenus sont allés plus loin, jusqu’à solliciter également des fonds en faveur de la mère du chef de l’Etat qui, serait également mécontente de Ntahwa. Qui, de bonne foi va s’exécuter à toutes ces obligations lui imposées avec ruse.
    Ce n’est qu’après que Ntahwa va se rendre compte que c’était une escroquerie de haut niveau. Ainsi, l’Agence nationale des renseignements (ANR) va mettre la main sur ce trio.
    Après sa qualification des faits, le ministère public a retenu à charge de Denis Lessie, les infractions d’«incitation des militaires à commettre les actes contraires au devoir et à la discipline», «escroquerie» et «association des malfaiteurs». L’adjudant Kasongo wa Ngoy est quant à lui poursuivi pour «violations des consignes», «associations des malfaiteurs» et «escroquerie». Enfin, les infractions d’«association des malfaiteurs» et d’«escroquerie » ont été retenues à l’encontre d’Okunimo.

    PAPPY MBAKI- Congo News

  • Le pape François déplace des montagnes

    Le pape François déplace des montagnes

    Pape Francis-Refusant de s’installer dans ses luxueux appartements de fonction, prêchant la tolérance vis-à-vis des homosexuels, le nouveau pape, François, bouscule les habitudes. Sur la forme comme sur le fond : il cherche à réformer le Vatican.

    “L’Église ne doit pas avoir peur de changer ses vieilles structures”, affirmait le pape François dans l’une de ses homélies, le mois dernier. Le résumé, en une phrase, de la ligne directrice qu’il entend donner à son pontificat – au sens matériel, dans le fonctionnement de la curie, comme au sens spirituel. Arrivé sur le trône de Pierre en mars, le nouveau souverain pontife a entrepris, au terme de plusieurs mois de réflexion, de grandes réformes.

    Gouverner pour l’exemple

    Celle de la curie romaine était attendue, après le scandale Vatileaks (la fuite, en mai 2012, de documents révélant l’existence d’un large réseau de corruption au Vatican). Favorable à la collégialité, François a chargé une commission consultative de huit cardinaux de réfléchir sur ce sujet. Point important : aucun de ses membres (parmi lesquels figure un Africain, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya) n’est issu de la curie. Leur réunion à Rome avec le souverain pontife, qui se tiendra du 1er au 3 octobre prochain, marquera certainement une nouvelle étape. “Il prépare la réforme de la curie romaine avec détermination, en consultant beaucoup, souligne le père Éric Jacquinet, responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, et coorganisateur des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Son entourage est marqué par sa capacité de travail et par sa grande écoute. Il veut gouverner par l’exemple.” Et avec une main de fer dans un gant de velours, selon bon nombre de vaticanistes.

    En s’appuyant sur le texte de “Constitution dogmatique de l’Église” Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, le pape prône aussi, de manière plus insistante que tous ses prédécesseurs, la décentralisation des structures de l’Église. Lui qui aime à se présenter d’abord comme l’évêque de Rome, plutôt que comme le pasteur suprême de l’Église catholique, souhaite que les différents épiscopats du monde participent davantage aux prises de décision.

    La pauvreté comme mode de vie

    Fortement imprégné de la spiritualité franciscaine, le premier pape jésuite de l’Histoire incite fidèles, prêtres, évêques et cardinaux, sans distinction, à vivre en cohérence avec le message de l’Évangile, dans la pauvreté et l’humilité. Avec lui, les deniers de l’Église semblent entre de bonnes mains. Lorsqu’il est arrivé au début des années 1990 à Córdoba, en Argentine, les finances de la communauté jésuite locale étaient dans un piteux état. Lorsqu’il en est reparti, moins de deux ans plus tard, celle-ci n’avait plus un peso de dette.

    Estimant que le clergé doit montrer l’exemple, François ne le ménage pas. “J’ai mal quand je vois un prêtre dans une belle voiture”, avait-il ainsi lancé lors d’une réunion, à Rome, avec les nonces apostoliques du monde entier. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio avait l’habitude de raccommoder lui-même ses vêtements et de se faire la cuisine. Sa nouvelle charge à la tête de l’Église lui a conféré des privilèges qu’il est difficile de rejeter. Il a cependant choisi de ne pas occuper les appartements pontificaux et de rester à la résidence Sainte-Marthe, l’hôtellerie du Vatican, pour, a-t-il expliqué, ne pas vivre isolé.

    En venant aux JMJ à Rio de Janeiro, fin juillet, il déclarait : “Je n’ai ni or ni argent, mais je vous apporte ce qui m’a été donné de plus précieux : Jésus Christ.” À peine élu pape, il a d’ailleurs troqué l’anneau en or que portaient ses prédécesseurs contre de l’argent doré. Même chose pour ses mocassins, noirs et non rouges. Enfin, au Brésil, François portait lui-même une mallette noire dont il a détaillé le contenu aux journalistes : son agenda, un livre de sainte Thérèse, un rasoir. Pour lui, il est “normal” de voyager avec sa valise, même pour un pape.

    Qualifiant l’Église de “pauvre parmi les pauvres”, le souverain pontife souhaite plus de transparence et de respect des lois au Vatican, pour rompre avec les scandales financiers qui ont entaché la réputation de l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR, la banque vaticane), dont il a obtenu la démission du directeur général, Paolo Cipriani, et du directeur général adjoint, Massimo Tulli. L’arrestation, le 28 juin, de Nunzio Scarano, l’ex-chef de la comptabilité de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa, l’agence qui gère le patrimoine du Vatican), soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire pour des virements suspects en provenance de Monaco à travers l’IOR, a défrayé la chronique. Deux jours plus tôt, le pape avait créé une commission spéciale d’enquête pour s’assurer que les activités de la banque, très présente dans le domaine caritatif, soient en harmonie avec la mission de l’Église. “Je ne sais pas ce que va devenir l’IOR. Certains disent qu’il faudrait peut-être que ce soit une banque, d’autres que ce soit un fonds d’aide, et d’autres veulent le fermer. J’ai confiance dans le travail […] de la commission”, a-t-il déclaré à la presse.

    Un charisme adapté à la jeunesse

    Tout en insistant sur le fait que “si certains font scandale, il y a aussi beaucoup de saints à la curie”, le pape a renforcé les sanctions contre la pédophilie, la corruption et le blanchiment d’argent, dans un motu proprio du 11 juillet, poursuivant ainsi la réforme du code pénal initiée par Benoît XVI et mettant en adéquation les lois du Saint-Siège avec les conventions internationales.

    Âgé de 76 ans, François est un pape imprévisible, tant en matière de protocole – qu’il n’affectionne guère – que dans ses discours, qu’il s’entête à prononcer sans les corrections de la secrétairerie d’État (le “gouvernement” du Vatican). Sans céder au sensationnalisme, il apparaît spontané, simple et chaleureux, comme au cours des JMJ, qui ont réuni jusqu’à 3,7 millions de jeunes à Rio de Janeiro. “Lors de ces JMJ, le nouveau pape s’est dévoilé. Sa proximité avec les gens a touché le coeur des jeunes, explique le père Jacquinet. Son discours est tout aussi profond que celui de Benoît XVI, mais plus simple. Son charisme est très adapté à la jeunesse.”

    La tolérance, pour les gays comme pour les enfants nés hors-mariage

    Durant le vol de retour, François est venu parler avec les journalistes dans l’avion, de façon imprévue. Il a répondu à toutes les questions, du rôle des femmes dans l’Église à la situation des divorcés remariés. Une rupture avec les habitudes de Benoît XVI, qui préférait préparer ses réponses à l’avance. “Si une personne est gay et qu’elle cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? Le catéchisme de l’Église catholique dit très bien qu’on ne doit pas marginaliser les homosexuels. Ils sont nos frères. Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, c’est de faire du lobbying”, a-t-il lancé au cours de cet échange.

    Une prise de position qui a suscité de nombreux commentaires dans la presse, poussant Mgr Timothy Dolan, archevêque de New York, à tempérer : “Le pape François serait le premier à dire : “Ma mission n’est pas de changer l’enseignement de l’Église, mais de le présenter le plus clairement possible.”” À l’inverse de ce que beaucoup annonçaient, François n’entend donc pas modifier la doctrine, seulement l’aménager sur la forme. Soucieux d’offrir l’image d’une Église qui ne soit plus enfermée dans des codes rigides, il prône l’accueil des personnes dans leur diversité. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, il reprochait ainsi aux prêtres refusant le baptême aux enfants nés hors mariage de laisser les plus fragiles aux portes des églises.

    À l’instar de ses prédécesseurs – il ne manque d’ailleurs jamais d’évoquer Jean-Paul II et Benoît XVI et de s’appuyer sur leurs écrits -, François dénonce aussi la pensée économique capitaliste, qui favorise l’exclusion et met à l’écart ceux qui ne sont plus utiles à la société, les personnes âgées, les handicapés, les plus faibles.

    Celui que l’on surnomme le pape des pauvres ne perd donc pas une minute depuis son élection sur le trône de Pierre, afin de marquer son empreinte. Au Brésil, il a déjà laissé une trace bien visible de son passage : sur l’immense terrain qui, rendu impraticable par la pluie, n’a pas pu accueillir les jeunes des JMJ pour la veillée de prière et la messe d’envoi, des logements seront construits par la municipalité de Rio de Janeiro pour 20 000 pauvres, à l’initiative de l’Église.

    Une main tendue aux musulmans

    À peine rentré du Brésil, renonçant aux traditionnelles vacances papales à Castel Gandolfo, François a adressé le 2 août un message personnel “aux musulmans partout dans le monde”, à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Les appelant “chers amis”, il les invite à réfléchir à “la promotion du respect mutuel à travers l’éducation” et exhorte les deux religions monothéistes à “éviter la critique injustifiée ou diffamatoire” de l’autre. Le pape a également appelé à ne pas traiter les chrétiens en citoyens de seconde zone et à ne pas les expulser de leur terre d’origine, notamment au Moyen-Orient. D’ordinaire, c’est le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui adresse ce message annuel. Cette fois, François a tenu à imiter Jean-Paul II, qui l’avait fait en personne en 1991. Le 8 juillet, il avait déjà salué les musulmans qui entamaient le ramadan, lors de sa venue sur la petite île italienne de Lampedusa, au large des côtes tunisiennes, afin de rencontrer des migrants venus d’Afrique. Honorant la mémoire de ceux qui avaient perdu la vie en Méditerranée, il avait reproché au monde occidental son “indifférence” face à leur sort. “Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle”, avait-il déploré. “Que Lampedusa soit un phare pour le monde entier et que nous ayons le courage d’accueillir ceux qui cherchent une vie meilleure.” En avril, lors de la messe du Jeudi saint, le pape avait lavé les pieds de douze détenus, dont une jeune Serbe musulmane.

    Par Marie Villacèque, à Rio de Janeiro

  • 52 personnalités féminines appellent à la création d’un tribunal international pour la RDC

    52 personnalités féminines appellent à la création d’un tribunal international pour la RDC

    Rama Yade,– Cinquante-deux personnalités féminines demandent dans une déclaration la création d’un Tribunal pénal international pour juger les crimes commis en République démocratique du Congo, notamment les viols. Les 52 femmes dont les ex-ministres françaises Rama Yade et Roselyne Bachelot, et Ingrid Betancourt – ont signé une déclaration “sur les viols comme arme de guerre et l’instauration d’un Tribunal pénal international pour la République démocratique du Congo”, pour succéder au Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui doit fermer ses portes fin 2014. La déclaration, initiée par l’avocat congolais Me Hamuly Rély, est présentée comme une “solution incontournable pour la paix et la justice dans la région des Grands Lacs”.

    “Tout doit être fait pour faire connaître et dénoncer ces abominations, ces crimes monstrueux perpétrés contre les femmes en RDC”, a indiqué lundi à l’AFP Françoise Héritier, professeure d’anthropologie émérite au Collège de France.

    La déclaration est adressée au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, aux présidents français François Hollande et américain Barack Obama et à la présidente de la commission de l’Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, entre autres.

    Selon le site qui héberge la pétition (change.org/fr), le gynécologue congolais Denis Mukwege – réputé pour son aide aux femmes violées dans l’est de son pays, et déjà pressenti pour le prix Nobel de la paix – soutient la création de ce tribunal pour la RDC.

    AFP

  • La France définit 16 pays africains “prioritaires” pour l’aide au développement

    La France définit 16 pays africains “prioritaires” pour l’aide au développement

    ayrault jean-Marc-Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé mercredi “un recentrage” de l’aide française au développement aux pays les plus pauvres, prioritairement 16 Etats africains, à l’issue d’une réunion interministérielle consacrée au développement. “Nous sommes engagés dans une maîtrise de nos comptes publics (…) mais pour autant, la France maintient son effort en matière de développement”, a déclaré le Premier ministre, à l’issue de la première réunion depuis quatre ans du Comité interministériel de la Coopération internationale et du développement (CICID). Désormais, “les dons seront concentrés sur un certain nombre de pays qui en ont le plus besoin, les pays prioritaires”, a ajouté M. Ayrault. Ces pays sont le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, les Comores, Djibouti, le Ghana, la Guinée, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Tchad, le Togo et le Sénégal.

    “85% de l’effort financier de l’Etat en aide directe va aux pays de l’Afrique et de la Méditerranée”, a ajouté Jean-Marc Ayrault. “Nous voulons aussi aider des pays qui sont en sortie de crise”, a-t-il ajouté, citant “en premier lieu Haïti, mais aussi l’Afghanistan, le Yémen et la Palestine. Pour le reste du monde, le Premier ministre français a rappelé le rôle de l’Agence française de développement (AFD) qui concentrera ses aides “sur toutes les politiques de croissance vertes et solidaires qui se développent tant en Asie qu’en Amérique Latine et en Caraïbes”. Enfin, le gouvernement français souhaite aussi mettre l’accent sur la “transparence” avec un “contrôle d’efficacité des aides”.

    La France doit consacrer en 2013 9,4 milliards d’euros à l’aide publique au développement. Elle est le 4e pays contributeur de l’aide et représente 10% de l’aide mondiale.

    afp

  • Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    Les évêques appellent les dirigeants d’Afrique à travailler pour l’intérêt de tous

    evequesLes évêques catholiques appellent les dirigeants politiques d’Afrique à ne pas travailler que pour leurs propres intérêts, mais pour le bénéfice de tous. Ils ont fait cette recommandation, dimanche 14 juillet, à l’occasion de la clôture de leur Assemblée générale tenue à Kinshasa. Ils invitent aussi les Africains à s’engager urgemment dans le combat pour un ordre juste, où chacun peut jouir des droits liés à sa dignité humaine dans tous les domaines de la vie.

    « L’Afrique aujourd’hui a besoin d’un bon samaritain en politique, capable de penser l’organisation de la société, de telle sorte que le bien commun soit promu dans l’ordre économique des personnes entreprenantes capables de gérer des richesses, non pas pour eux-mêmes, mais pour leurs frères et sœurs avec la fierté d’apporter le bonheur à tous sans exception », a déclaré l’évêque du Congo-Brazzaville, Mbuyu, dans son homélie.

    Dans leur message, les évêques d’Afrique et de Madagascar fustigent le comportement des dirigeants africains « qui demeurent indifférents à la misère de leurs frères ».

    « Beaucoup se donnent comme but fondamental de leur vie, soit l’accumulation des richesses à n’importe quel prix, au point même de demeurer indifférents à la misère de leurs frères ; soit la course effrénée vers l’accession au pouvoir politique non pour le service de leurs frères, mais pour leurs propres satisfactions », a ajouté Mgr Mbuyu.

    « Ni le pouvoir, ni le valoir ne comble véritablement et profondément le cœur d’une personne assoiffée d’absolue », a-t-il indiqué.

    Mettre fin à la guerre en RDC

    Les évêques dénoncent aussi les guerres récurrentes qui sévissent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), occasionnant des millions de morts et des viols.

    « Le Congo pleure six millions de morts depuis le déclenchement de la guerre qui dure presque deux décennies. La guerre qui sévit en RDC continue de déstabiliser ce pays, de causer d’importantes pertes en vies humaines, des graves violations en droits humains, particulièrement les viols des femmes », a pour sa part affirmé l’Abbé Léonard Santedi de Kinshasa.

    Selon lui, les évêques ne peuvent pas se taire « devant ce drame qui semble être oublié ».

    « Ainsi, nous condamnons énergiquement les auteurs de ces crimes, et tous ceux qui leur apportent de l’aide de quelque nature que ce soit », a martelé l’Abbé Santedi.

    Les prélats catholiques invitent, de ce fait, toutes les parties impliquées dans la recherche de la solution à cette guerre de travailler définitivement pour la paix en RDC.

    « Nous lançons un appel pressant et pathétique aux Nations unies, à l’Union européenne, à l’Union africaine et aux gouvernements des autres pays impliqués de quelque manière que ce soit dans cette guerre, afin qu’ils s’engagent résolument à mettre fin à cette guerre qui n’a que trop duré », a ajouté l’Abbé Santedi.

    Par ailleurs, les évêques saluent la signature de l’accord cadre d’Addis-Abeba du 24 février dernier et la résolution 2098 créant la Brigade d’intervention de la Monusco pour neutraliser les groupes armés opérant en RDC.

    Sensibiliser les décideurs politiques

    Les évêques membres de la conférence épiscopale du Rwanda, d’Ouganda et tant d’autres dont les pays sont enclins à la guerre ont été chargés de sensibiliser les décideurs politiques de leurs pays respectifs pour le retour d’une paix durable en RDC.

    En vue de concrétiser son engagement pour la paix, la justice et la réconciliation, ils ont adopté un plan stratégique quinquennal de 2013-2018 avec des projets concernant la gouvernance, le bien commun et les transitions démocratiques en Afrique, plus particulièrement en RDC.

    « Nous nous sommes engagés à poser des actes forts. Maintenant c’est à chaque conférence et au niveau continental de voir quelles sont les situations qui demandent des interventions précises et responsabiliser tous ceux qui sont engagés dans cette affaire de la guerre », a indiqué le premier 1er vice-président du SCEAM, Mgr Gabriel Mbilingi d’Angola.

    Les situations de la RDC, la Centrafrique, les pays de la corne de l’Afrique, le Mali, le Nigeria, le Soudan du Sud, le Madagascar, la Tunisie et l’Egypte ont dominé les échanges du forum des prélats.

    L’Assemblée générale des évêques a débuté mardi 9 juillet. Elle a réuni une centaine d’évêques d’Afrique et de Madagascar, autour du thème : « « L’église famille de Dieu en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix ». Elle a pris fin dimanche 14 juillet par une messe organisée au stade des Martyrs, à laquelle ont pris part tous les chrétiens catholiques.

    Le but de cette rencontre était de réfléchir sur l’importance d’arrêter des nouvelles orientations pastorales en vue de la réconciliation à travers l’évangile.

    (radiookapi)

  • RDC: Yamina Benguigui dénonce les “escadrons de porteurs du Sida”

    RDC: Yamina Benguigui dénonce les “escadrons de porteurs du Sida”

    yamina– La ministre française de la francophonie, Yamina Benguigui, a dénoncé mercredi matin à Kinshasa les “escadrons de porteurs du Sida” qui opèrent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    La ministre française a affirmé au cours d’une conférence de presse que des “escadrons de porteurs du Sida montraient une volonté de contaminer plusieurs générations de femmes dans l’est de la RDC”. Selon elles, des femmes de tous âges et des enfants sont régulièrement violées par des membres  de groupes armés. “Les femmes congolaises ne doivent pas se retrouver seules face à ce problème qui nous concerne toutes et tous sur cette planète” a-t-elle dit.

    Selon un rapport de mars dernier du  Secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité, entre décembre 2011 et novembre 2012, 522 viols ont été enregistrés dans les provinces  des Nord et Sud Kivu. Depuis, les rebelles du M23 ont brièvement occupé Goma, la capitale du Nord Kivu, et les exactions, notamment sexuelles, se sont multipliées dans la région, perpétrées pour moitié, selon les Nations unies, par des soldats de l’armée régulière.

    Mme Benguigui, qui a participé lundi à un colloque à Bujumbura sur le rôle des femmes dans la région s’était auparavant rendue à Bukavu dans le Sud Kivu dans l’est de la RDC en compagnie de Mme Valérie Trierweiler pour visiter un hôpital où sont soignées les femmes victimes de violences sexuelles.

    Interrogée sur l’évolution de la démocratie en RDC, la ministre a affirmé que “le peuple français était aux côtés du peuple congolais”. “Nous avons conscience que tout n’est pas si simple (…) il y a une vraie volonté pour que la démocratie soit une réalité” a-t-elle ajouté.

    (afp)

  • COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CENCO A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE

    COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CENCO A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE

    eveques-COMMUNIQUE DE PRESSE DES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO) A L’ISSUE DE LEUR 50ème ASSEMBLEE PLENIERE
    Réunis à Kinshasa, du 24 au 28 juin 2013, pour leur 50ème Assemblée plénière, Son Éminence le Cardinal, les Archevêques et Évêques, membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), ont rendu grâce à Dieu pour le chemin parcouru par l’Église-famille de Dieu en RD Congo. Ils ont demandé au Très-Haut de continuer à bénir leur labeur apostolique pour la gloire de son nom et le salut du peuple de Dieu confié à leur sollicitude pastorale.
    Au cours de ces assises tenues en cette Année de la foi, et dans le but de raviver et de raffermir la foi des fidèles, ils leur ont adressé une exhortation pastorale intitulée « Seigneur augmente en nous la foi ».
     
    A la suite du Synode sur la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi, ils ont levé l’option de poursuivre la mission évangélisatrice par une approche thématique. Aussi, compte tenu de tous les défis auxquels la famille, cellule de base de la société et église domestique, est confrontée, ils ont arrêté d’approfondir ce thème au cours de leurs prochaines réunions.
    Durant leurs travaux, une délégation de l’Assemblée a été reçue par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Augustin Matata Ponyo. Les échanges avec lui ont porté sur la paie des salaires des enseignants. Comme pasteurs vivants au milieu du peuple congolais, ils ont partagé au Chef du Gouvernement les souffrances des enseignants éloignés des structures bancaires et qui ne reçoivent plus leur salaire à temps. Ils ont examiné avec lui la possibilité de continuer, à travers leur structure Caritas-Congo, à rendre le service de la paie des enseignants dans les territoires, secteurs et groupements identifiés et encore impayés jusqu’à cette date.
    Les Évêques de la CENCO ont examiné la situation tragique de trois prêtres assomptionistes : pères Jean-Pierre Ndulani, Anselme Wasikundi et Edmond Bamutupe et de nombreux autres compatriotes enlevés dans le Diocèse de Butembo-Beni. Ils ont réitéré l’appel pour leur libération. Pour ce faire, ils demandent instamment au Gouvernement de la République de prendre cette situation en mains pour identifier les ravisseurs, retrouver et libérer tous ces otages. Ils lui suggèrent de constituer un Comité de crise chargé de la gestion de cette question jusqu’à la libération effective de tous ces compatriotes enlevés. Ils sollicitent également l’implication ferme de la Monusco pour trouver solution à cette tragédie. Conformément à son mandat d’assurer la protection de la population civile et compte tenu des moyens dont elle dispose, les évêques restent convaincus que la Monusco est en mesure de contribuer efficacement à la libération de tous ces otages.
    Au cours de leurs échanges, les Évêques ont déploré la misère du peuple qui s’approfondit du jour au jour et les maigres salaires des fonctionnaires. Au regard de l’écart criant entre les salaires au sein des Institutions de l’État, les Évêques invitent le Gouvernement à plus d’effort pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Ils demandent à tous les Élus du peuple de se soucier davantage de la population qui les a élus. Ils estiment inadmissible que les élus se préoccupent plus de leurs salaires et émoluments alors que le peuple croupit dans la misère. A cet effet, ils demandent que soit mise sur pied une commission d’harmonisation des salaires et émoluments au sein des institutions de l’État.
    Les Évêques de la CENCO saisissent cette occasion pour réaffirmer leur détermination à s’opposer fermement à toute tentative de modification de l’Article 220 de notre Constitution qui stipule : « la forme républicaine de l’État, le principe de suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ». Par conséquent, les Évêques demandent aux fidèles et aux hommes de bonne volonté de demeurer vigilants et prêts à faire échec à toute manœuvre éventuelle de modification de la Constitution en ses articles verrouillés. Le respect de la loi fondamentale de  notre pays constitue le socle de notre jeune démocratie et le gage de la stabilité de notre pays. Ils espèrent que les concertations en perspective y veilleront absolument.
    Par ailleurs, la 50ème Assemblée plénière a confirmé la mise au point de la CENCO donnée par son Secrétariat général le 13 mai 2013. Cette mise au point rappelait les normes de l’Église catholique et la position commune des Évêques de la CENCO qui interdisent formellement aux ecclésiastiques dans notre pays de prendre activement part aux partis politiques et associations à caractère politique ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections dans notre pays. En cohérence avec ces normes, les Évêques réaffirment qu’ils n’ont présenté aucun ecclésiastique à la Commission Électorale Indépendante (CENI).
    Partant, le cas de Mr l’Abbé Apollinaire Malumalu, prêtre du Diocèse de Butembo-Beni qui a opté d’œuvrer au sein de la CENI sera pris en charge par son Évêque qui appliquera à son endroit les sanctions canoniques qui s’imposent.
    Peinés par le cas très regrettable de l’engagement de Mr l’Abbé Malumalu à la CENI, les Évêques de la CENCO l’ont, pour leur part, démis de sa fonction de Directeur général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM).
    Ce cas déplorable a donné aux Évêques membres de la CENCO, l’opportunité d’exhorter et de rappeler à tous les ecclésiastiques (prêtres, religieux et religieuses) la noblesse de leur identité dans l’Église et l’impératif d’honorer ses exigences dans leur vie et leur ministère.
    Les Évêques de la CENCO annoncent la tenue dans notre capitale du 2 au 3 juillet de l’Assemblée plénière de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC). Ils remercient notre Gouvernement pour son aide leur apportée dans l’organisation de la 16ème Assemblée du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) qui se tiendra à Kinshasa du 9 au 14 juillet 2013. Au terme de ces travaux, les Évêques continuent de prier le Seigneur pour notre pays, pour la paix et le progrès de toute la population congolaise.
                                                                                      Fait à Kinshasa, le 29 juin 2013
                                                                                      Abbé Léonard SANTEDI
                                                                                               Secrétaire général de la CENCO
  • La SNEL annonce un délestage électrique «très sévère» à Kinshasa

    La SNEL annonce un délestage électrique «très sévère» à Kinshasa

    SNEL-logo-La fourniture de l’électricité à Kinshasa va connaître d’importantes perturbations à partir de ce dimanche 30 juin, a annoncé le département de distribution de la Société nationale d’électricité (Snel) dans la capitale congolaise.

    La société d’électricité explique que les prévisions météorologiques indiquent une forte diminution du niveau de l’eau du fleuve Congo pendant la saison sèche en cours du 30 juin au 31 août.

    Pour le directeur du département de distribution de la Snel à Kinshasa, Fumany Gymbadi, cette baisse du niveau de l’eau va occasionner celle de la production d’énergie à la centrale d’Inga pendant cette période.

    « Au niveau d’Inga, le niveau d’eau a fortement baissé. Il a même baissé un peu plus que l’année passée. Il y a déjà des machines qui sont à l’arrêt présentement. Nous allons connaitre l’arrêt d’autres machines », explique-t-il.

    Fumany Gymbadi indique que la Snel va appliquer une politique de fourniture « sélective » d’électricité à ses abonnés:

    «Nous aurons à appliquer le délestage dans la ville de Kinshasa. Ce délestage va être très sévère. Ainsi, nous demandons aux consommateurs de l’énergie électrique de ne pas allumer les lampes pendant la journée, de ne faire tourner les fours, les moulins et autres gros consommateurs que la nuit, quand ce n’est pas indispensable la journée.»

    Il lance le même appel aux industriels afin «qu’ils tournent au maximum la nuit » pour permettre à la Snel d’aider les ménages.

    L’année passée, la Snel avait déjà évoqué la baisse du niveau de l’eau pour expliquer les perturbations dans la distribution de l’électricité.

    Le même phénomène s’était également produit en 2011. Les deux centrales, Inga I et Inga II, avaient alors perdu plus de la moitié de leurs puissances suite à la diminution du niveau d’eau du fleuve Congo.

    De fortes perturbations dans la fourniture d’électricité avaient été enregistrées dans la capitale congolaise. En outre, la Snel n’avait pas été en mesure de fournir son électricité à d’autres pays africains, comme le Botswana et le Zimbabwe. Elle n’avait pas pu non plus honorer ses contrats avec les entreprises minières du Katanga, selon le directeur du site d’Inga, Lambert Mbuyi.

    (Radio Okapi)

  • RDC: la brigade de l’ONU suscite de l’espoir

    RDC: la brigade de l’ONU suscite de l’espoir

    Monuc-blinder-Le déploiement d’une brigade d’intervention de l’ONU, dans l’est de la République démocratique du Congo, soulève de l’espoir parmi la population de Goma même si, face aux violences des rebelles, les Nations unies estiment que la solution politique demeure primordiale.

    “Nous voulons que la brigade intervienne. A chaque fois que le gouvernement a négocié avec les rebelles, d’autres sont apparus. Nous ne croyons pas à Kampala. Cette fois, il faut les traquer”, assène Ester Kamate, pharmacienne de Goma, dans le quartier de Katindo.

    A la suite de l’entrée des rebelles à Goma en novembre 2012, les pays de la région ont obtenu leur retrait de la capitale provinciale du Nord Kivu en échange de négociations, qui durent toujours à Kampala.

    Dans Goma, toujours sous la menace de M23 qui campe à ses abords, les habitants sont vindicatifs et, même, s’ils ne se font pas beaucoup d’illusions sur la capacité d’action de la brigade d’intervention, leur espoir est perceptible.

    Cette brigade d’environ 3. 000 hommes, décidée en mars dernier par les Nations unies pour prêter main forte aux 17. 000 casques bleus déjà sur place, est dotée d’un mandat “offensif”, pour lutter, avec l’armée congolaise, contre les groupes armés, en première ligne desquels, le M23. La résolution 2098 du 28 mars dernier suggère des offensives “ciblées et robustes” destinées à “neutraliser” et à “désarmer” les groupes armés.

    Plusieurs groupes opèrent dans l’est, notamment le M23, constitué principalement d’ex-mutins qui ont été réintégrés dans l’armée en 2009 avant de nouveau se rebeller en 2012 pour, disent-ils, protester contre le non-respect d’un accord signé avec le gouvernement. Une trentaine d’autres groupes armés prolifèrent dans cette région, essentiellement pour protéger d’importants intérêts particuliers dans l’extraction illégale de diamants, d’or ou de coltan, utilisé dans l’industrie de pointe et la téléphonie mobile. Des minerais qui sont ensuite exportés illégalement dans le monde entier, via les pays voisins (Burundi, Ouganda, Rwanda).

    Le précédent mandat de la mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) était axé sur la protection des populations, ce qui l’a souvent empêché d’intervenir aux cotés de l’armée régulière, suscitant frustration et animosité dans une large part de la population.

    “La brigade ne changera rien”

    Dans le camp de déplacés de Mugunga I, au milieu des tentes et des étals improvisés, Kahindi Noodle, 48 ans, explique d’ailleurs ne plus avoir confiance en la force onusienne : ” D’où je viens, dans le Masisi, je m’étais installée à côté des soldats de la Monusco. Ils étaient là, pourtant, ils n’ont pas empêché les massacres de civils. (. . . ) La brigade ne changera rien”.

    L’enjeu est donc de taille pour les Nations unies, présentes en RDC depuis 15 ans, dont les concepts militaires se sont jusqu’à présent basés sur l’interposition et non sur l’intervention.

    Aussi, cette brigade qui sera composée à part égale de Sud-Africains, de Malawites et de Tanzaniens avec, à sa tête, un général tanzanien, est très attendue. Une petite moitié du contingent, déjà sur place, a commencé à patrouiller dans la ville et sur l’axe stratégique entre Goma et Saké, localité située à une vingtaine de km à l’ouest de la capitale régionale où elle devrait être cantonnée.

    Des patrouilles avec un double objectif; permettre aux militaires de se familiariser avec le terrain, et rassurer les populations impatientes.

    “La brigade doit faire preuve de force pour éradiquer le M23. J’ai confiance”, assure Théobald Buswagire, habitant du quartier de Ndosho, où un obus a tué un enfant, au cours d’affrontements en mai entre le M23 et l’armée régulière.

    “Quand j’ai vu la brigade, je me suis dit qu’il allait y avoir du changement. J’ai vu leur munitions, ce sont de bonnes munitions “, affirme-t-il, ponctuant ses phrases de larges mouvements de tête.

    Mais, interrogé sur la reprise des négociations de Kampala entre le M23 et le gouvernement congolais à l’occasion de sa première visite officielle dans la région cette semaine, le nouveau commandant de la Monusco, le général brésilien Carlo Alberto dos Santos Cruz, a rappelé que la solution politique était “extrêmement importante”. “Tout le monde sait que la solution est politique (. . . ) La composante militaire demeure totalement synchronisée avec la composante politique”, a-t-il dit.

    Malgré tout, le général Cruz, a assuré que la force de l’ONU utilisera “tous les moyens possibles” pour lutter contre les exactions contre les civils. “Il est important de se souvenir que nous avons un mandat très clair et que la priorité demeure la protection des civils”, a-t-il rappelé à l’occasion de cette première déclaration publique.

    ( Jeuneafrique.)