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  • Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    obama-Le 8 novembre, les Américains éliront le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche. Après huit années au pouvoir, quel bilan peut-on dresser des deux mandats du président sortant des Etats-Unis ?

    « Ensemble, nous changerons ce pays et nous changerons le monde. » Par ces mots prononcés lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, candidat du Parti Démocrate, promet à ses concitoyens un nouvel espoir. Le 4 novembre, il est élu 44e président des Etats-Unis avec 53% des suffrages. Celui qui est aussi et surtout le premier président afro-américain hérite d’un pays en pleine crise économique et financière, la pire depuis le krach boursier de 1929.

    Barack Obama passera huit ans à la tête de la première puissance mondiale. Selon un sondage Washington Post-ABC News de juin 2016, il s’apprête à quitter la Maison Blanche – un président des Etats-Unis ne peut être candidat à un troisième mandat – plus populaire que jamais, avec 56% d’opinions favorables.

    Résultats socio-économiques

    Tout juste investit, début 2009, Barack Obama s’attaque à la réforme du système de santé. Il veut subventionner l’assurance maladie pour les plus pauvres afin de permettre à tous les Américains de bénéficier d’une protection sociale. Cette mesure est sa promesse de campagne la plus ambitieuse puisque plusieurs présidents, dont le dernier en date Bill Clinton, ont échoué à la mettre en place.

    Le Patient Protection and Affordable Care Act, l’”Obamacare”, est adoptée par le Congrès en mars 2010, après des mois de débats et de contestations au sein de la société civile et de la classe politique. Aujourd’hui, environ 20 millions de personnes ont pu souscrire à une couverture médicale grâce à cette loi. En revanche, l’”Obamacare” a entraîné l’augmentation du prix des assurances privées ce qui pénalise les foyers modestes. En 2015, selon le U.S. Census Bureau, le bureau des recensements américain, 9,1% de la population américaine n’a toujours pas d’assurance maladie.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l'assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l’assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.
    ©AP Photo/J. Scott Applewhite

    Avec un plan de relance de l’économie drastique de 790 milliards de dollars mis en place en 2009, sans le soutien des Républicains, Barack Obama réussit à faire passer le taux de chômage sous la barre des 5% (4,9% en août 2016). Il quitte le pouvoir en ayant ramené la croissance des Etats-Unis à un taux positif de 2,4% en 2015. En 2009, 10% de la population active était au chômage et le pays connaissait la pire récession de son histoire (-2,8%).

    Malgré ces mesures, les inégalités de richesse ont peu reculé. En 2015, sur une population totale de 321,4 millions d’habitants, quelque 43 millions d’Américains vivent encore sous le seuil de pauvreté selon le Census. Cela représente 3,5 millions de personnes de moins qu’en 2014, soit la meilleure amélioration depuis 1999. D’après l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les Etats-Unis demeurent l’un des pays où l’écart entre riches et pauvres est le plus important.

    Une violence omniprésente

    Fin 2012, alors qu’il vient d’être réélu, Barack Obama doit faire face à la tuerie de Newton dans laquelle vingt enfants et sept adultes sont abattus par arme à feu dans le Connecticut. Cette tragédie le conduit à ouvrir le débat ultra-sensible sur le port d’armes, par ailleurs garanti par le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis. Pour rappel, plus de 30.000 personnes meurent sous les balles chaque année aux Etats-Unis.

    Le président espère renforcer les contrôles d’accès aux armes à feu mais le Congrès, désormais à majorité républicaine et appuyé par la National Rifle Association (NRA) et la Gun Owners of America (GOA), les puissants lobbies des armes à feu, rejette le texte de loi du Sénateur Joe Manchin le 17 avril 2013. « Une journée déplorable pour Washington », regrette amèrement Barack Obama. C’est donc en signant plusieurs décrets en janvier 2013 et 2016 qu’il décide d’encadrer la vente d’armes à feu. Cependant, ces décisions risquent d’être annulées à tout moment par son successeur.

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s'approche d'un manifestant. 

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s’approche d’un manifestant.
    ©AP Photo/Jeff Roberson

    Le second mandat de Barack Obama est également ponctué par plusieurs meurtres racistes commis par des policiers ou des déséquilibrés. Trayvon Martin, Michael Brown, fusillade de Charleston… Ces affaires cristallisent les tensions raciales. L’Amérique s’embrase. De violents affrontements éclatent forces de l’ordre et manifestants, comme à Ferguson (Missouri) et à Baltimore (Maryland), entraînant bon nombre de bavures policières.

    Le président se veut néanmoins optimiste quant à la place des Noirs dans la société américaine. A Norma Percy, dans son documentaire Les Années Obama, il affirme : « Le fait que l’attention soit focalisée sur la façon dont les Noirs sont traités par la police peut donner l’impression aux gens que les relations interraciales se sont dégradées. En réalité, ces problèmes entre le système judiciaire et les Afro-Américains remontent à l’esclavage. Ceux qui pensent que la situation est pire que dans les années 50, 60 ou 70 n’ont pas vécu en tant qu’Afro-Américain dans ces années-là. »

    L’épine Guantánamo

    Barack Obama veut fermer le camp de détention militaire de Guantánamo. Il s’y attèle avec fermeté dès son arrivée à la Maison Blanche en 2009. A l’époque, 240 prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » – entamée par George W. Bush en 2002 suite au 11-Septembre – y sont incarcérés et torturés dans le but d’obtenir des aveux. Une fois de plus, il se heurte au Congrès qui juge dangereux le transfèrement des détenus.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.
    ©AP Photo/Manuel Balce Ceneta

    Lors de la campagne de 2012, Barack Obama réitère. Il promet à nouveau la fermeture de la prison de Guantánamo, régulièrement critiquée par la communauté internationale pour non-respect des droits de l’Homme. Une soixantaine d’individus y sont encore enfermés selon le Pentagone. « Je ne suis pas prêt à renoncer », déclare-t-il le 8 septembre 2016. A quatre mois de la fin de son mandat, parviendra-t-il à tenir son engagement ?

    Moyen-Orient : le chaos

    Le 10 décembre 2009, Barack Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix à Oslo. Mais celui qui veut extraire son armée des guerres en Irak et en Afghanistan doit composer avec le Printemps arabe à partir de 2011. Contrairement à ses voisins, le dictateur syrien Bachar al-Assad refuse de quitter le pouvoir. L’opposition s’organise. L’ordre relatif du Moyen-Orient est troublé. Les Etats-Unis, qui soutiennent la rébellion, tentent de résoudre le conflit par voie diplomatique, en vain.

    Il faut attendre septembre 2014 et l’ascension fulgurante du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie pour que les forces aériennes américaines commencent à bombarder les bastions djihadistes, notamment la ville syrienne de Raqqa. Deux ans plus tard, la guerre en Syrie s’enlise et ne trouve pas d’issue. Plus de 84.000 civils, dont 14.711 enfants, sont morts depuis le début du conflit.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d'Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d’Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.
    ©Pete Souza/The White House via AP

    Le succès le plus emblématique de l’administration Obama au Moyen-Orient est l’exécution de l’ennemi public numéro : Oussama Ben Laden, chef du groupe djihadiste d’Al-Qaïda et instigateur des attentats du 11-Septembre. Le 1er mai 2011, le président annonce lors d’une allocution télévisée que le terroriste vient d’être tué lors d’une opération américaine au Pakistan. Des scènes de liesses éclatent. Les Américains jubilent.

    Alors que les troupes américaines se sont retirées d’Irak en décembre 2011, elles sont toujours en place en Afghanistan. Barack Obama ne peut tenir parole. Il juge la situation actuelle du pays trop instable pour amorcer un retrait définitif à court terme.

    Rapprochements diplomatiques

    Quelques jours avant Noël 2014, Barack Obama et Raul Castro annoncent simultanément la normalisation des relations entre Washington et La Havane. Après des mois de négociations secrètes, les deux pays mettent ainsi fin à un embargo datant de 1961. Le 20 mars 2016, la famille Obama concrétise cette annonce et se rend à Cuba. Il s’agit du premier voyage officiel d’un président américain en exercice depuis 88 ans. Le 31 août, la page de 55 années de querelles est définitivement tournée avec le décollage du premier vol commercial reliant la Floride à l’île caribéenne.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.
    ©AP Photo/Ramon Espinosa

    Le 14 juillet 2015, un accord historique sur le nucléaire civil est signé entre l’Iran d’une part, et les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie et la Chine d’autre part. Après douze années de négociations Téhéran a finalement réussi à obtenir une levée des sanctions à son encontre. L’Amérique d’Obama se félicite. Son ami Israël maugrée.

    La diplomatie américaine reprend son souffle, ses succès pendant l’exercice du pouvoir d’Obama sont parcimonieux.

    Echec sur la réforme de l’immigration

    Pour ses dernières semaines à la Maison Blanche, Barack Obama essuie un sérieux revers. Le 3 octobre 2016, la Cour Suprême confirme le blocage de ses décrets annoncés fin 2014, suite au blocage systématique de sa réforme de l’immigration par les Républicains du Congrès. Ceux-ci concernent la régularisation de cinq millions de clandestins, majoritairement hispaniques, en leur octroyant un permis de travail. En ce moment, 11 millions de sans-papiers vivent illégalement sur le territoire américain.

    En décembre 2010, le projet de loi DREAM Act, portant sur le développement, le secours et l’éducation pour les mineurs étrangers, est aussi rejeté par le Congrès. Dès sa première course à la Maison Blanche en 2008, Barack Obama fait pourtant de l’immigration son cheval de bataille. C’est ainsi qu’il obtient le soutien de la communauté latino, électorat incontournable pour remporter une élection aux Etats-Unis.

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.<br /> "Do you want my vote ? Say no to deportations !" (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.
    “Do you want my vote ? Say no to deportations !” (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)
    ©AP Photo/Susan Walsh

    L’immigration reste donc un sujet inéluctable de la campagne présidentielle de 2016. Et les positions des partis Républicain et Démocrate sont aux antipodes. Le conservateur Donald Trump construira un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et promet un « filtrage extrêmement poussé des migrants » s’il est élu. Hillary Clinton, elle, encourage l’obtention de la citoyenneté et se positionne en faveur du regroupement familial.

    Dans Les Années Obama, Barack Obama confie à Norma Percy sa frustration sur l’échec de sa réforme sur l’immigration. Il semble néanmoins satisfait de ses huit années passées à la tête de l’exécutif américain : « Tous ces éléments sont autant de pavé sur la route qui mène à une union plus parfaite. Le chemin est encore long. Mais je suis convaincu que sur le plan de la justice et de l’égalité on est mieux lotis aujourd’hui qu’à mon arrivée. »

    tv5

  • Trump en très mauvaise posture avant le deuxième débat avec Clinton

    Trump en très mauvaise posture avant le deuxième débat avec Clinton

    Hillary-Trump-Le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, aborde dimanche en très mauvaise posture un débat télévisé pourtant crucial contre sa rivale démocrate Hillary Clinton, au terme d’un week-end catastrophique pour lui.

    A 20H00 (01H00 GMT lundi) à l’université Washington de St. Louis (Missouri), le milliardaire et l’ancienne secrétaire d’Etat se retrouveront face à deux modérateurs et un panel d’électeurs indécis, en direct sur les grandes chaînes des Etats-Unis.

    Mais là où Mme Clinton tentera de convaincre davantage de sa stature présidentielle, M. Trump pourrait en être réduit à faire de la gestion de crise.

    La faute à la révélation vendredi de propos que le magnat de l’immobilier a tenus en 2005, tellement machistes et vulgaires qu’ils ont déclenché une tempête.

    Résultat, le candidat a vu fondre ses soutiens ces dernières 48 heures, y compris parmi les ténors républicains.

    – “Tu peux tout faire” –

    Dans cette vidéo filmée par NBC il y a 11 ans, Donald Trump se vante de sa façon de conquérir les femmes qui l’attirent, avec des techniques proches du harcèlement sexuel.

    “Quand t’es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire”, affirme-t-il, en utilisant un mot très cru pour le sexe féminin.

    Les médias ont aussi ressorti une interview de 2002 où il affirme quitter les femmes quand elles ne sont plus de la première jeunesse. “Que faut-il faire quand elles ont 35 ans? Il est temps de prendre la porte!” plaisante le milliardaire.

    Des déclarations embarrassantes au moment même où le trublion républicain, familier des outrances, a un besoin criant de rallier une partie de l’électorat féminin et modéré.

    Il risque désormais au contraire de s’aliéner ces voix cruciales, à moins d’un mois du scrutin du 8 novembre.

    Le débat s’annonce donc houleux, d’autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la candidate démocrate.

    Quelle stratégie adoptera donc le magnat républicain sur la défensive, pour remonter une pente d’autant plus raide qu’il se retrouve isolé et critiqué jusque dans son cercle rapproché?

    Ses déclarations vendredi soir et samedi permettent d’avoir une idée sur la question: Donald Trump devrait doser humilité –en répétant ses excuses et affirmant avoir changé– et attaques contre Hillary Clinton, en ciblant son mari Bill, coupable d’aventures extraconjugales.

    Samedi, M. Trump a retweeté un message d’une femme qui avait soutenu en 1999 avoir été violée en 1978 par le président Clinton.

    Il devrait également répéter sa volonté inflexible de mener sa campagne jusqu’au bout, au nom de la fidélité à ses partisans et en dépit des appels d’élus républicains qui lui demandent de jeter l’éponge.

    – Les élus quittent le navire Trump –

    Donald Trump devra expliquer aussi comment il entend rassembler largement les Américains, alors que jusque dans son propre parti des grands noms ont annoncé samedi qu’ils ne voteraient plus pour lui.

    Parmi eux figurent John McCain et Mitt Romney, deux anciens candidats à la Maison Blanche, Arnold Schwarzenegger, ancien acteur et ex-gouverneur de Californie, ou encore l’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice.

    Le président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan s’est, lui, dit “écoeuré” par les propos de M. Trump.

    Même son colistier, Mike Pence, a pris ses distances.

    “Je ne peux pas défendre” les déclarations du candidat investi par le parti, a affirmé M. Pence, en saluant toutefois le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

    Melania Trump, l’épouse du milliardaire, a elle demandé aux Américains d’excuser son mari pour ses propos qui, selon elle, ne représentent pas qui est réellement Donald Trump.

    La vidéo de 2005 “est un couteau planté dans le coeur de Trump, au débat il est certain qu’on va lui poser la question”, prédit Larry Sabato, politologue de l’Université de Virginie.

    “Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s’en fichent”, dit cet expert. “Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien”.

    TV5 Monde

  • RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    RDC- USA : Tom Perriello agressé à l’aéroport de Kinshasa par un élu proche de Kabila

    tom-La tension monte d’un cran en RDC. Depuis ces derniers jours, de nombreuses manifestations de jeunes qui réclament le départ du Président Kabila ont eu lieu dans certaines des principales villes du pays (à Lubumbashi – La Kenya, Kasumbalesa, Matshipisha –, à Kinshasa ou encore à Goma). Mais l’événement, particulièrement grave, qui s’est déroulé ce soir à l’aéroport international de Ndjili de Kinshasa, témoigne d’une escalade de la violence dans ce pays-continent.
    Alors qu’il patientait « tranquillement » dans le salon officiel, Tom Perriello, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, a été violemment pris à parti par Déo Engulu, un député du PPRD, le parti du chef de l’Etat Joseph Kabila, accompagné pour l’occasion par le président de la Ligue des jeunes du parti de Lambert Mende, le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement. Ces derniers, après s’être introduits dans le salon d’honneur de l’aéroport, ont verbalement – et très violemment, selon des témoins directs de la scène – pris à partie Tom Perriello, proférant insultes et menaces à son encontre et voulant même manifestement en venir aux mains. « Ce n’est pas aux Etats-Unis de nous dire quoi faire au Congo », a crié, furieux, le député du PPRD, le parti au pouvoir. Les services du protocole, surpris par une telle scène, ainsi que le personnel de l’Ambassade, sont alors rapidement intervenus. Tom Perriello a été exfiltré sur le tarmac de l’aéroport où l’avion de ligne régulière Air France, qu’il devait prendre, attendait ses passagers pour l’embarquement en direction de Paris, où l’envoyé spécial américain devait se rendre en transit avant de regagner les Etats-Unis, sa destination finale. Mais manifestement très remonté, Déo Engulu a suivi Tom Perriello jusqu’au pied de l’avion, continuant à insulter l’envoyé spécial des Etats-Unis sous l’œil médusé des autres passagers. Finalement, ce dernier sera invité à prendre place à l’intérieur de l’appareil, mettant ainsi un terme à cette agression verbale « qui était à deux doigts de se muer en agression physique », selon des témoins présents sur place.

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    Cet incident s’inscrit dans une séquence qui a vu ces derniers jours les autorités congolaises mettre en garde les Etats-Unis contre toute « tentative d’ingérence », alors que Joseph Kabila cherche à se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution. Dans un communiqué publié ce soir, André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité présidentielle au Congo-Kinshasa, dénonçait « l’activisme débordant de Tom Perriello ». Un avertissement qui connaîtra son épilogue quelques heures plus tard à l’aéroport de Ndjili. « Cet incident est très grave. C’est insensé de s’en prendre ainsi à l’envoyé du Gouvernement des Etats-Unis. Cela témoigne de la fébrilité actuelle des autorités de Kinshasa, très tendues à l’idée que les conclusions du dialogue ne soient pas acceptées comme un fait accompli tant par l’opinion publique que par la communauté internationale », nous indique un Professeur en sciences politique de l’UniKin. Selon la Constitution de RDC, demain 19 septembre, le corps électoral aurait dû être convoqué en vue de la tenue prochaine de l’élection présidentielle…
  • Washington met Kinshasa en garde contre le recours à la violence lors des manifestations

    Washington met Kinshasa en garde contre le recours à la violence lors des manifestations

    police-51-Le gouvernement américain lance une mise en garde au pouvoir et à l’opposition congolaise contre le recours à la violence alors que la tension monte dans le pays. L’opposition et le pouvoir ont, en effet, appelé à des manifestations lundi 19 septembre. Les opposants donnent un préavis à la Commission nationale électorale indépendante (CENI) qu’ils accusent de refuser délibérément et sous l’instigation du pouvoir d’organiser l’élection présidentielle avant le 19 décembre. La majorité, elle, soutient “les efforts de la CENI”.

    “Le Gouvernement de la République démocratique du Congo est tenu, en vertu du droit international et de sa propre Constitution, de respecter et de garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique pour son peuple”, indique le Département d’Etat américain dans un communiqué.

    Sur le terrain la tension monte. Le dialogue national auquel refuse de prendre part la majeure partie de l’opposition bute sur la fixation d’un calendrier électoral. Les parties ne s’étant pas mises d’accord, la clôture prévue samedi a été renvoyée au même lundi 19 septembre.

    Entre-temps, la CENI a saisi la Cour constitutionnelle pour solliciter le report de l’élection présidentielle, n’étant pas capable de convoquer l’électorat au 19 septembre, 90 jours avant la tenue du scrutin.

    Pour l’opposition qui tient au respect du délai de la Constitution, la CENI a délibérément violé le texte de la loi fondamentale.

    Le climat est tendu. La majorité au pouvoir promet, elle aussi, de manifester le même 19 septembre pour soutenir la CENI.

    “Nous avons des informations faisant état des groupes des délinquants recrutés par le pouvoir et à qui des armes blanches ont été distribuées pour semer du désordre au nom de l’opposition lors de notre marche. Nous le disons pour prévenir”, a déclaré Felix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) sur radio TopCongo à Kinshasa.

    Depuis jeudi, des cas d’arrestations des opposants sont quotidiennement signalés. Vendredi, des échauffourées ont éclaté à Lubumbashi, dans le sud-est, entre opposants et forces de l’ordre.

    “Nous sommes préoccupés par les récentes arrestations et le harcèlement des militants de la jeunesse, et soulignons la responsabilité du Gouvernement de la République démocratique du Congo pour s’assurer que ces droits sont protégés”, affirme dans le communiqué John Kerby, porte-parole du Département d’Etat américain.

    Au dialogue national, la majorité présidentielle tient à ce que la fixation de la date des élections soit laissée à la CENI alors que l’opposition exige que le jour du scrutin président soit connu avant la fin de ces assises.

    “Les Etats-Unis appellent toutes les parties à rejeter la violence et la rhétorique inflammatoire au cours de cette transition et estiment que toutes les personnes responsables de la violence ou de la répression, ou d’incitation à la violence imminente, devraient en rendre comptes”, précise le Département d’Etat américain. “Nous restons prêts à imposer des sanctions ciblées supplémentaires sur les auteurs”, souligne le document.

    Washington soutient, selon le texte, la poursuite du dialogue et inclusif. Mais il souligne que le dialogue doit se faire “dans la poursuite d’un plan de consensus qui priorise l’élection présidentielle dès que techniquement possible pour assurer une transition pacifique du pouvoir politique”.

    VOA

  • Explosion à New York: les réactions très différentes de Clinton et Trump (vidéo)

    Explosion à New York: les réactions très différentes de Clinton et Trump (vidéo)


    Explosion à New York: réactions de Donald Trump et d’Hillary Clinton

    Une explosion d’origine “intentionnelle” dans un quartier très animé de New York a fait 29 blessés samedi, réveillant les craintes d’attentats. Face à l’évènement, les deux candidats à l’élection présidentielle américaine ont eu des réactions bien différentes.

    Après l’explosion qui a fait 29 blessés à New York ce samedi soir (2h30 ce dimanche en Belgique), les candidats à la présidentielle américaine n’ont pas tardé à réagir. Leurs commentaires sont radicalement différents. “Vous avez Donald Trump qui est tout de suite dans l’attaque, dans la riposte, il dit ‘Les gars il va falloir faire attention, il va falloir se relever“, a expliqué notre journaliste Christophe Giltay dans l’émission C’est pas tous les jours dimanche. “Hillary Clinton, dans son avion de campagne, elle dit plutôt ‘Attendez, on va déjà étudier la question, savoir ce qu’il va se passer, et ensuite je vous donnerai une réaction plus posée“, a ajouté le journaliste. “On a quand même affaire à une femme d’état, et de l’autre côté un démagogue“, a-t-il commenté.

    La réaction de Donald Trump:

    Je dois vous dire que, juste avant que je descende de l’avion, une bombe a explosé à New York. Personne ne sait exactement ce qu’il s’est passé, mais nous vivons à une époque où nous ferions mieux de nous montrer plus sévères les amis, très, très sévères. C’est tout juste arrivé, nous en saurons plus dans les heures à venir, ce qu’il se passe actuellement dans le monde et dans notre pays est une chose terrible”.
    La réaction d’Hillary Clinton:

    Je pense qu’il est important de connaître les faits lorsqu’un incident de cette importance a lieu. C’est pourquoi il est essentiel de soutenir les premiers témoins et les enquêteurs qui tentent de comprendre ce q’il s’est passé. Je pense qu’il est toujours plus sage d’attendre d’avoir l’information avant de tirer des conclusions car nous ne sommes qu’aux premières étapes de l’enquête“.

    rtb

  • Une explosion “intentionnelle” secoue New York: 29 blessés dont un grave

    Une explosion “intentionnelle” secoue New York: 29 blessés dont un grave

    new-york-L’explosion est survenue presqu’une semaine jour pour jour après les commémorations du 15e anniversaire des attentats du 11-Septembre et le même jour qu’une autre explosion dans le New Jersey voisin. La déflagration a retenti vers 20h30 locales (2h30 heure belge), sur la 23e rue entre les 6e et 7e Avenues, dans le quartier de Chelsea, à une heure où ses nombreux bars et restaurants sont très fréquentés.

    “Pas de lien avec le  terrorisme à ce stade”

    Bill de Blasio, maire de New York

    Il n’y a aucune preuve à ce stade de lien terroriste pour cet incident“, a souligné le maire de New York, Bill de Blasio, lors d’un point presse sur les lieux, tout en soulignant que l’information restait “préliminaire“. Il a également indiqué que, “sur la base des informations disponibles à ce stade“, il n’y avait “pas de lien avec l’incident dans le New Jersey“.

    La police a par ailleurs évoqué la possibilité d’un second engin explosif qui aurait été retrouvé quatre blocs d’immeubles plus loin, sans donner de détails, soulignant que l’enquête se poursuivait.

    Un deuxième engin explosif?

    L’enquête pourrait encore révéler d’autres ramifications: la police a évoqué “un second engin explosif possible” retrouvé quatre pâtés de maisons plus loin, sur la 27e rue, sans donner de détails, soulignant que l’enquête se poursuivait.

    Les médias américains ont évoqué la présence d’une cocotte minute, mais l’information n’a pas été officiellement confirmée. L’engin a été “retiré sans problème par la police new-yorkaise pour de plus amples analyses“, a détaillé le chef de la police new-yorkaise, James O’Neill. Il a précisé que ces informations étaient “préliminaires” et que l’unité anti-terroriste du FBI était mobilisée.

    Explosion sur le parcours d’une course à pied dans le New Jersey

    Plus tôt dans la journée de samedi, une bombe artisanale placée dans une poubelle à Seaside Park, dans l’Etat voisin du New Jersey, avait explosé sans faire de blessé près du parcours d’une course à pied organisée par les US Marines.

    L’engin était programmé pour exploser au moment où des centaines de coureurs de cette course de 5 kilomètres devaient passer près de la poubelle. Mais le départ de l’épreuve ayant été retardé, l’explosion n’a fait aucun blessé, avait précisé Al Della Fave, porte-parole du procureur local.

    Les habitants de New York inquiets

    De nombreux habitants du quartier de Chelsea, cités par les télés locales, témoignaient avoir entendu une déflagration très violente. Du verre brisé était visible devant certaines portes et devantures de magasins, dont beaucoup ont très vite fermé.

    Les deux incidents ont réveillé les craintes d’attentats, alors que le souvenir du 11 septembre 2001 reste profondément ancré dans la mémoire des New Yorkais. Les mesures de sécurité sont omniprésentes à New York, avec des contrôles d’identité à l’entrée de nombreux bâtiments et une forte présence policière dans de nombreux sites publics. Les alertes aux attentats sont fréquentes et la vigilance a été renforcée après la vague d’attentats islamistes enregistrés en Europe.

    Les sirènes ont résonné toute la soirée dans le quartier, survolé par des hélicoptères. La police a bouclé la zone, sans pour autant l’évacuer, selon un journaliste de l’AFP sur place.

    New York est la ville la plus peuplée des Etats-Unis, avec près de 8,5 millions d’habitants.

    Le pays a connu récemment plusieurs attaques perpétrées par des musulmans radicalisés, avec l’attaque contre une discothèque à Orlando en juin et celle de décembre 2015 à San Bernardino (Californie, ouest).

    RTL

  • Qui sera le ‘‘vainqueur’’ de la présidentielle américaine de 2016 ?

    Qui sera le ‘‘vainqueur’’ de la présidentielle américaine de 2016 ?

    Hillary-Trump-Hillary Diane Rodham Clinton et Donald John Trump Sr dans les Starting-blocks

    Qui sera le ‘‘vainqueur’’ de la présidentielle américaine de 2016 ?

    Radioscopie de l’ultime bataille électorale

    ‘‘L’élection présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et d’un pays, d’un homme et d’un peuple’’ François Bayrou, Meeting de Caen, 1er mars 2007

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Tout est fin prêt en vue de l’ultime ‘‘bataille électorale de la démocratie américaine’’. En effet, les conventions républicaine et démocrate ont, bel et bien, désigné, et ce à une semaine d’intervalle, le candidat présidentiel qui défendra, certes, avec passion et conviction les couleurs de leurs camps respectifs le mardi 8 novembre 2016. En fait, il s’agit, pour le parti de l’âne, de l’ex-première dame et secrétaire d’État Hillary Diane Rodham Clinton. Pour le parti de l’éléphant, autrement désigné ‘‘Grand Old Party (GOP)’’, l’honneur revient assurément au magnat de l’immobilier new-yorkais et adepte de la ‘‘téléréalité’’ Donald John Trump Sr.

    À vrai dire, cette confrontation électorale s’annonce, déjà, à l’image d’une guerre de tranchées. Ce qui est clair, ce combat sans merci prendra la forme impitoyable d’une lutte aux couteaux, et non aux poings, sur le terrain de la publicité négative. Comme quoi les deux prétendants à la Maison Blanche ne se feront point de cadeaux !

    Une grande première

    Cette joute électorale a la particularité de mettre en relief, pour la première fois, une femme, et ce au plus haut niveau de cette compétition. Elle présente, surtout, cette particularité et cette singularité de la placer en position non pas d’outsider mais de ‘‘grande favorite’’. Donc, susceptible de remporter une compétition trop longtemps réservée aux ‘‘seuls’’ hommes.

    Comme en 2012, cette lutte électorale atypique propulse à l’avant-scène un richard. Il s’agit, en vérité, de nul autre que Donald John Trump Sr. Ce magnat a ramassé une fortune colossale dans l’immobilier. Ce qui contrarie très profondément la tradition américaine de Success-Stories. En effet, celle-ci a, vraiment, coutume de placer sous les projecteurs des Self-made-men dans le dessein de mieux promouvoir leur image de réussite au sein d’une société de classes essentiellement – plutôt théoriquement – fondée sur les notions d’opportunité et d’ascension, d’ouverture et de perméabilité.

    Toutefois, contrairement aux milliardaires ‘‘républicains’’ Henry Ross Perot en 1992 et Willard Mitt Romney en 2012, lesquels n’ont pu être élus au poste de président des USA, la confrontation électorale de 2016 présente, en réalité, cette particularité et cette singularité de voir triompher un ‘‘Crésus’’. Elle peut porter triomphalement à la Maison Blanche le très coloré et très impétueux Donald John Trump Sr. En effet, dans cette lutte acharnée, ce milliardaire dispose, assurément, de très fortes chances de battre à plat de couture sa rivale démocrate Hillary Diane Rodham Clinton.

    Cela est d’autant plus vrai que les différents États de la fameuse ‘‘ceinture Rust Belt[i]’’ ont pratiquement tous élu – ces dernières années – des gouverneurs républicains en raison de la migration forcée des emplois. Cette politique de délocalisation d’ailleurs soutenue par la Concurrente démocrate a affecté, sur le plan socioéconomique, cette région du Nord-Est des États-Unis dans le cadre de la Mondialisation néolibérale et marchande. Cette portion du pays est devenue, pour la circonstance, fort sinistrée.

    Dans ces conditions, il ne serait, par conséquent, pas étonnant de voir l’électorat de ces Collectivités fédérées tourner, sans autre forme de procès, le dos à l’ex-première dame et secrétaire d’État. Comme le pense, d’ailleurs, fortement le Cinéaste engagé Michael Moore. Il importe de souligner qu’en raison du mode de scrutin au suffrage universel indirect et, surtout, de leur poids démographique, celles-ci bénéficient, en fait, d’un nombre significatif de grands électeurs qui désignent le président des USA.

    Il est un fait que cette confrontation électorale présente, réellement, cette possibilité de faire élire, pour la première fois, une femme à la tête des États-Unis d’Amérique. Ceci est, éminemment, vrai dans le camp démocrate. Aussi risque-t-elle de porter à la Maison Blanche un personnage qui a toujours évolué en dehors du cercle partisan. En l’occurrence : ‘‘Donald John Trump Sr’’. Ce qui est plausible du côté républicain.

    Au pays de l’Ordre et de la Loi

    Les États-Unis d’Amérique constituent un pays bâti par des ‘‘Puritains protestants’’ mus par les idéaux de liberté, de justice et de responsabilité, animés par l’édification d’une société policée dont les deux piliers sont manifestement l’Ordre et la Loi. Dans cet environnement où les écarts de conduite ne sont aucunement tolérés au même titre que la notion religieuse de péché, l’Ordre est représenté par la figure paternelle de l’Homme tandis que la Loi est représentée par la figure paternelle de Dieu.

    Dans la société américaine, l’homme incarne ‘‘la puissance’’. En plus de représenter la justice, il symbolise la force physique. L’image symbolique de cette force physique qui rend la justice et en même temps fait observer la loi à tous ses concitoyens, c’est bel et bien le ‘‘Sheriff’’. Celui-ci est à la fois juge (Justice & Droiture) et chef de police (Ordre & Loi). Il sied de noter que cette image de Sheriff justicier a été projetée sur le président des États-Unis que tout le monde désigne par le terme très évocateur de ‘‘Commander in Chief’’. En d’autres termes, le pouvoir politique et administratif aux États-Unis d’Amérique ne peut pas se concevoir sans une bonne dose de puissance physique, donc de masculinité au sens psychologique et sociologique.

    Par conséquent, il sera très difficile pour Hillary Diane Rodham Clinton de s’imposer avec panache à l’élection présidentielle du 8 novembre 2016. En effet, cette double image du ‘‘Sheriff’’ et du ‘‘Commander in Chief’’ est incarnée, sociologiquement, par un homme à poigne. Elle n’est pas, littéralement, calquée sur une femme. D’ailleurs, il n’a vraiment jamais existé de Sheriff dont l’incarnation est, à vrai dire, la ‘‘femme’’ dans l’histoire des États-Unis d’Amérique. Bien entendu, les films hollywoodiens des Cow Boys sont là pour en témoigner.

    Déjà, les Américains ont expérimenté de 2008 à 2016 un Sheriff noir. En la personne du président démocrate Barack Hussein Obama. Ce qui a, naturellement, provoqué un traumatisme psychologique, sans précédent, auprès des sujets caucasiens. Rien qu’à voir la manière dont les Noirs se font massacrer par les policiers blancs ! Alors, pour cette élection présidentielle 2016, les Blancs accepteront-ils facilement de se laisser gouverner par une ‘‘femme’’ ? Celle-ci est, par définition, considérée comme une minorité à part entière, au double sens sociologique et psychologique, et ce au même titre que le Noir. Pour Michael Moore, la réponse est non…

    Une élection aux paris très ouverts

    Les machines partisanes sont déjà en marche. L’issue de l’élection présidentielle du mardi 8 novembre 2016 repose, par conséquent, sur leur efficacité sur le terrain. Elle repose, en réalité, sur leur capacité de mobilisation des électeurs.

    Du côté républicain, le candidat par défaut, Donald John Trump Sr, ne bénéficie pas de l’engouement de l’establishment. Ce qui constitue, dès le départ, un handicap fort sérieux. Le comblera-t-il ? De quelle manière ? Il convient de relever, à cet effet, que les bonzes du parti l’accusent nommément de tordre le ‘‘discours idéologique’’ du parti de l’éléphant. Ces pontifes du Grand Old Party (GOP) l’accusent, d’ailleurs sans retenue, de fouler aux pieds les valeurs politiques du parti cher à Abraham Lincoln, le père de l’abolition de l’esclavage.

    Il y a lieu d’admettre que la stratégie de campagne électorale de Donald John Trump Sr est fondamentalement calquée sur le discours fumeux de ‘‘Richard Nixon’’. En vue d’appâter l’électorat, celui-ci avait exploité à fond la peur et l’insécurité consécutives à une hausse imaginaire de la criminalité. Rien que pour se faire passer aux yeux de l’opinion nationale pour le meilleur garant de la Loi et de l’Ordre public.

    Cette stratégie de campagne électorale de Donald John Trump Sr est, aussi, calquée sur les diatribes de Ronald Wilson Reagan. En effet, ce personnage avait, certes, fait de la classe politique établie à Washington son véritable ‘‘fonds de commerce’’. Il la dépeignait, d’ailleurs gratuitement, de force antipatriotique, de malheur des États-Unis.

    Du côté démocrate, Hillary Diane Rodham Clinton n’est pas entièrement au bout de ses peines. En effet, l’ex-première dame et secrétaire d’État se doit impérativement d’enrôler les 14 millions d’électeurs qui ont naturellement porté, lors de primaires, leur dévolu à Bernie Sanders. Malgré le ralliement de dernière minute du Sénateur de Vermont, ceux-ci ne renâclent toujours à endosser la candidate du parti de l’âne. De ce fait, celle-ci dispose, encore, pratiquement de trois mois pour les convaincre à sa cause. Sinon les perspectives de la Maison Blanche s’éloigneront à grands pas.

    Les chances de victoire de chaque candidat

    Il est un fait que la présidentielle du mardi 8 novembre 2016 aura une résonance à caractère racial, ethnique et communautaire. Par conséquent, en vue de succéder à Barack Hussein Obama, Donald John Trump Sr doit, normalement, creuser dans les sondages un écart de 10 à 20 points au sein de la communauté blanche caucasienne. S’il est réduit à moins de 5 points sur le plan national, il devra alors mettre fin à son rêve présidentiel. Bien entendu, si jamais le camp démocrate fait le plein de voix des minorités ethniques et raciales, en l’occurrence – africaines-américaines et latino-américaines –, partout où elles sont concentrées[ii].

    Conformément au mode de scrutin qui sollicite un suffrage universel indirect par la votation de grands électeurs, tout se jouera, effectivement, au niveau de chaque État dépendamment de son poids démographique. Force est de constater que les États-Unis sont, pratiquement, constitués d’une cinquantaine d’États. La grande majorité de ces Collectivités fédérées sont, en vérité, administrées par des élus républicains. Toutefois, ceux-ci règnent sur des États démographiquement faibles.

    Par conséquent, pour espérer remporter haut la main la bataille de la présidentielle de novembre 2016, Hillary Diane Rodham Clinton se doit de conserver à tout prix de grands États traditionnellement démocrates tels New York, l’Illinois ou la Californie. En outre, elle se doit de rafler impérativement le Michigan, l’Ohio, le Wisconsin et la Pennsylvanie. Ceci est, par essence, un impératif de campagne. Il s’avère, donc, une tâche extrêmement dure dans la mesure où le ‘‘colistier[iii]’’ de Donald John Trump Sr est originaire de cette sous-région du Nord-Est du pays – Rust Belt – défigurée par la politique de délocalisation industrielle[iv].

    Pour faire évaporer les espoirs d’Hillary Diane Rodham Clinton, Donald John Trump Sr doit impérativement conserver le Texas, le Colorado et la Floride dans l’escarcelle républicaine. Par contre, il se doit symboliquement de rafler la Californie, l’Oregon et l’État de Washington. Et, en plus de balayer électoralement toute la ‘‘Rust Belt’’.

    Comme quoi rien n’est acquis à trois mois de la date fatidique du 8 novembre 2016. Étant donné que la politique est certes dynamique et que l’arithmétique ne rime pas toujours avec la politique, tout peut évoluer très rapidement en trois mois. C’est la seule certitude qui prévaut, d’ailleurs, à l’heure actuelle, à cette étape cruciale de la bataille électorale…

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

    [i] C’est la région de la ‘‘Ceinture de la rouille’’ dont l’économie est essentiellement basée sur des industries lourdes. Elle comprend, généralement, des États de la région des Grands Lacs américains et du Midwest, tels l’Illinois, l’Indiana, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Wisconsin, etc.

    [ii] Les États industriels et populeux du Nord et du Sud, de l’Ouest et de l’Est.

    [iii] Le gouverneur conservateur de l’Indiana Mike Pence.

    [iv] Les origines ou la provenance de Michael Richard Pence, dit Mike Pence, ne constituent, par définition, une police d’assurance de la victoire électorale à la présidentielle américaine de 2016, quoi qu’elles puissent y contribuer.

  • Hillary Clinton ne sait pas si elle sera poursuivie après avoir parlé au FBI au sujet de ses emails

    Hillary Clinton ne sait pas si elle sera poursuivie après avoir parlé au FBI au sujet de ses emails

    Hillary Clinton-Hillary Clinton s’est, dans un entretien à la chaîne NBC diffusé dimanche, refusé à commenter des informations selon lesquelles elle ne sera pas poursuivie après son audition au FBI.

    La candidate démocrate à la Maison Blanche s’est toutefois dite “ravie” d’avoir pu répondre samedi à la police fédérale (FBI) qui enquête sur son utilisation d’une messagerie privée lorsqu’elle était secrétaire d’Etat.

    “C’est quelque chose que je proposais de faire depuis août dernier, j’avais hâte de le faire et je suis ravie d’avoir eu l’opportunité d’aider le ministère (de la Justice) à achever son examen”, a-t-elle déclaré dans cet entretien à la chaîne NBC enregistré la veille.

    Elle a réitéré n’avoir “jamais reçu ou envoyé de documents marqués ‘classifiés’”, précisant que certains l’avaient été “rétroactivement” mais “cela ne change pas les faits”.

    Selon un proche, son entretien au siège du FBI à Washington a duré près de 3h30 samedi matin.

    Interrogée sur des informations de presse selon lesquelles elle va échapper à des poursuites et sur la fin de l’enquête dans deux semaines, l’ancienne Première dame des Etats-Unis a refusé de commenter.

    “Je n’ai aucune connaissance d’un quelconque calendrier, cela dépend entièrement du ministère”, a-t-elle relevé sur NBC.

    Concernant la rencontre entre son mari, l’ex-président Bill Clinton, et la ministre de la Justice Loretta Lynch en début de semaine, elle a précisé en avoir eu connaissance par les médias.

    M. Clinton, dont l’avion s’est retrouvé lundi garé près de celui de Mme Lynch à l’aéroport de Phoenix (Arizona, sud-ouest), était monté dans l’appareil de la ministre pour discuter avec elle. Les deux responsables se connaissent bien et depuis longtemps.

    “C’était une courte rencontre par hasard sur le tarmac d’un aéroport”, a relevé Mme Clinton, précisant que l’époux de la ministre se trouvait là et qu’ils avaient discuté petits-enfants –le couple Clinton vient d’être grand-parent pour la seconde fois– ou encore golf.

    “Ils n’ont pas discuté de l’enquête du ministère de la Justice. Je sais que certains, néanmoins, ont porté un autre regard sur cette rencontre”, a-t-elle noté. “La ministre et mon mari ont dit qu’ils ne le referaient pas” s’ils pouvaient revenir en arrière, a-t-elle relevé.

    Avec AFP

  • Kikaya Bin Karubi : « La sanction des États-Unis contre le général Kanyama n’a pas d’impact sur la RD Congo »

    Kikaya Bin Karubi : « La sanction des États-Unis contre le général Kanyama n’a pas d’impact sur la RD Congo »

    kikaya-En séjour à Washington où il conduit une mission de plaidoyer, Bernabé Kikaya Bin Karubi revient pour Jeune Afrique sur le gel des avoirs du général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa, décidé par les États-Unis. Entretien exclusif avec l’un des principaux conseillers du chef de l’État congolais.

    Décidément, la pression internationale sur les autorités congolaises fuse de toutes parts. Alors qu’il se trouvait depuis le 21 juin à Washington pour tenter de dissuader le parlement américain – Sénat et Chambre des représentants – à adopter des sanctions contre les proches du président Joseph Kabila, Bernabé Kikaya Bin Karubi, principal conseiller diplomatique du chef de l’État congolais, n’a rien pu faire pour empêcher la décision prise jeudi par le département du Trésor américain de geler les avoirs du général Célestin Kanyama, chef de la police à Kinshasa, accusé de « violences contre les civils ».

    Nous l’avons joint par téléphone ce 24 juin.

    Jeune Afrique : Le gel des avoirs du général Kanyama, commissaire provincial de la police à Kinshasa, signe en quelque sorte l’échec de votre plaidoyer auprès des États-Unis…

    Kikaya Bin Karubi : Dès mon arrivée à Washington, le 21 juin, les autorités américaines m’avaient déjà fait savoir qu’il s’agissait d’une décision du président Barack Obama lui-même. Un executive order qui n’était pas soumis à l’appréciation de la Chambre des représentants ni du Sénat.

    Sanctionner un officier congolais est une décision malheureuse de la part des États-Unis.

    En vérité, pour les États-Unis, sanctionner le général Kanyama n’est qu’une décision symbolique. D’autant que ce commandant de la police dans la ville de Kinshasa – d’après lui-même – ne dispose pas d’avoirs aux États-Unis, ni d’ailleurs en Europe. Il ne lui y est par ailleurs pas demandé de voyager aux États-Unis ou en Europe dans l’exercice de ses fonctions.

    Ne pouvant plus traiter avec les partenaires internationaux, ne craignez-vous pas que le chef de police dans la capitale congolaise ne soit considéré comme un paria de la communauté internationale ?

    Le rôle d’un commandant de la police de Kinshasa est de veiller à la sécurité des habitants de la capitale. La RD Congo ne voit pas l’impact qu’auront ces mesures et regrette toutefois cette ingérence des États-unis dans le domaine de maintien de l’ordre public à Kinshasa.

    Comment le président Joseph Kabila a-t-il reçu cette sanction ?

    La présidence de la RD Congo considère que c’est une décision malheureuse de la part des États-Unis qui sont pourtant un de nos importants partenaires. Comme la réciprocité constitue le principe premier en relations internationales, nous étudions déjà comment nous allons réagir…

    Une rupture de relations diplomatiques avec les États-Unis est-elle envisageable ?

    Nous n’en sommes pas encore là. Nos relations avec les États-Unis sont évidemment très importantes. Nous ne pouvons pas les suspendre complètement à cause de cet incident. Toujours est-il que nous devons réfléchir afin qu’une pareille situation ne se reproduise plus dans nos rapports bilatéraux.

    L’Union européenne et le Conseil de sécurité menacent par ailleurs de sanctionner les personnalités congolaises qui entravent le processus démocratique. Que va faire Kinshasa pour rassurer ses partenaires internationaux ?

    Nous sommes surpris en effet de voir que le Parlement européen et le Conseil de sécurité ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre la situation telle qu’elle se présente en RD Congo. Prenons la problématique du respect du délai constitutionnel [la Constitution congolaise voudrait que le corps électoral soit convoqué 90 jours avant le 19 décembre, date de la fin du second mandat de Joseph Kabila, ndrl]. La Cour constitutionnelle, seule institution habilitée à interpréter notre Constitution, a déjà réglé la question. Idem pour la question de l’organisation des élections dans les délais. Des experts des Nations unies se sont rendus en RD Congo pour examiner la situation et ont conclu qu’il était impossible d’organiser la présidentielle d’ici le 27 novembre 2016 [échéance prévue dans le calendrier global des scrutins].

    Par ailleurs, des experts de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ont audité l’actuel fichier électoral congolais et ont estimé qu’il était impossible d’organiser des élections crédibles sur base dudit fichier.

    Après toutes ces conclusions d’experts onusiens et de l’OIF, l’UE et le Conseil de sécurité font la sourde oreille. Ce qui nous pousse à conclure qu’il y a un acharnement contre le président Kabila et la population congolaise. C’est inacceptable !

    En attendant, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 23 juin, la résolution 2293 qui insiste de nouveau sur le dialogue politique inclusif et la tenue de la présidentielle et des législatives en novembre 2016. Cette résolution s’inquiète aussi du « rétrécissement de l’espace politique dans le pays » et de l’arrestation d’opposants…

    Depuis bientôt un an, le président Kabila appelle au dialogue, mais des opposants n’en veulent pas. Entre-temps, la RD Congo doit continuer de fonctionner et quiconque a des problèmes avec la justice doit répondre de ses actes.

    Que répondez-vous par exemple à ceux qui voient la main du pouvoir dans les deux affaires judiciaires enclenchées contre l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle ?

    Il n’y a aucun acharnement du pouvoir à l’encontre de Katumbi.

    Moïse Katumbi a des problèmes avec la justice. Un Américain qui travaillait illégalement dans le pays a été arrêté et entendu par la justice. C’est lui qui a dit que Moïse Katumbi l’avait invité en RD Congo. C’est dans ce sens que l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga a été à son tour entendu. Il y a plusieurs dossiers judiciaires dans lesquels M. Katumbi est cité. Il n’y a aucun acharnement du pouvoir à son encontre.

    Que dire de ces jeunes militants de Filimbi et de la Lucha contraints à l’exil ou détenus dans les prisons congolaises ?

    La justice détient des enregistrements sur lesquels on entend certains dire : « Allez chercher les gens de Kabila et tuez-les ! Brûlez leurs voitures. Vous savez aussi où leurs enfants vont à l’école. » Il faut savoir distinguer un prisonnier politique d’un politique en prison.

    Dans ces conditions, comment décrisper le climat politique pour amener le pays vers des élections apaisées ?

    Pour nous, il n’existe qu’une seule voie : le consensus. C’est ce que le président Kabila recherche dans le dialogue qu’il a convoqué. Les Congolais doivent se mettre ensemble et s’entendre sur le système électoral et sur l’avenir de notre pays. D’autant que les élections de 2006 et de 2011 avaient conduit à des violences.

    Tout Congolais qui a une fibre nationaliste doit donc venir au dialogue et arrêter d’appeler à des manifestations à des fins politiques. Car soulever la rue à Kinshasa, on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça se termine.

    JA