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Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes

Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes

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Le républicain Jeff Flake, sénateur de l’Arizona, pénètre dans un ascenseur du Congrès pour se rendre à une réunion de la commission judiciaire du Sénat, vendredi 28 septembre. Il vient d’annoncer son intention de soutenir la candidature de Brett Kavanaugh à la Cour suprême. Il se prépare donc à apporter la voix décisive permettant à la candidature du juge, accusé d’agressions sexuelles remontant à plusieurs décennies, de franchir l’avant-dernière étape de son parcours, avant un vote en séance publique. La porte de l’ascenseur, cependant, ne se referme pas, bloquée par deux jeunes femmes qui apostrophent l’élu sans ménagement, sous le regard de caméras.

« Lundi, je suis venue dans votre bureau. Je vous ai raconté l’histoire de mon agression sexuelle, a assuré la première, Ana Maria Archila. Ce que vous faites va permettre à quelqu’un qui a effectivement violé une femme de siéger à la Cour suprême. Ce n’est pas tolérable. Vous avez des enfants dans votre famille. Pensez à eux. »

« Ne regardez pas ailleurs. Regardez-moi et dites-moi que ce qui m’est arrivé n’a pas d’importance, que vous laisserez les gens comme eux entrer dans la plus haute cour du pays et dire à tout le monde ce qu’ils peuvent faire à leur corps », a poursuivi la seconde, Maria Gallagher, dans une allusion à la position ambiguë de Brett Kavanaugh sur l’avortement. L’élu a écouté, silencieux.

Nul ne peut dire de quel poids ont pesé ces témoignages, mais quelques heures plus tard, avec l’aide de son ami démocrate Chris Coons (Delaware), le sénateur était à l’origine d’un coup de théâtre. En échange de sa voix, il obtenait la semaine d’enquête du FBI que ses collègues démocrates demandaient en vain. Mercredi, en séance publique, Jeff Flake avait déjà longuement fait part du malaise suscité par la tournure de la procédure de confirmation, invitant ses pairs à respecter « l’humanité » de l’accusatrice, Christine Blasey Ford, et du juge. Le lendemain, lors de leurs auditions douloureuses, alors que le camp républicain se portait au secours de Brett Kavanaugh en stigmatisant les questions de démocrates qualifiés de comploteurs, il s’était contenté de déplorer à nouveau un climat de guerre civile.

Le sénateur de l’Arizona, qui compte parmi les rares élus républicains, désormais, à dire ce qu’il pense de Donald Trump, quittera bientôt le Sénat. Prenant acte du divorce avec des électeurs devenus des inconditionnels du président, il a renoncé à se représenter en novembre. Son initiative de vendredi sera l’un de ses derniers gestes de parlementaire. Elle peut tout aussi bien conforter Brett Kavanaugh, si le FBI se révèle incapable de dire qui de l’accusé ou de l’accusatrice dit la vérité, ou bien mettre un terme aux ambitions du juge si la police fédérale conforte la thèse de Christine Blasey Ford. Dans les deux cas, Jeff Flake aura sans doute le sentiment du devoir accompli.

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