Author: Don Kayembe

  • Koffi Olomidé demande «un jour de deuil africain» pour Papa Wemba

    Koffi Olomidé demande «un jour de deuil africain» pour Papa Wemba

    koffi-wemba-Ce mardi 26 avril, c’est l’appel de Koffi Olomidé. Le dernier géant de la rumba congolaise (auteur-compositeur-interprète, chanteur et producteur congolais) demande à tous les pays africains de choisir ensemble un jour de deuil pour rendre hommage à Papa Wemba, qui est mort sur scène, à Abidjan, dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 avril. En ligne de Kinshasa, celui qui s’appelle Le petit frère de Papa Wemba, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Quelle est votre réaction après le drame de ce samedi soir [23 avril 2016] en Côte d’Ivoire ?

    Koffi Olomidé : C’est une catastrophe. La musique congolaise a perdu beaucoup de sa substance et beaucoup de sa saveur. Il n’en reste pas grand-chose. Celui qui vient de partir n’était pas un pion dans un jeu, mais le jeu lui-même. C’était la plaque tournante de la musique congolaise. On ne sait pas imaginer Papa Wemba mort. Il y a des gens comme ça, Michaël Jackson, Miriam Makeba, Whitney Houston, on a du mal à croire qu’ils sont morts. Et aujourd’hui, la musique congolaise est laminée, la musique africaine ne vaut plus la peine sans la voix de Papa Wemba. Moi, j’ai une souffrance terrible. Je suis abasourdi et davantage que ça. Mais je demande à l’Afrique, à toutes les personnes qui m’écoutent de partout, de demander aux dirigeants de leur pays que l’Afrique toute unie accorde un jour de deuil africain à Papa Wemba. Donc, Papa Wemba, je suis certain que personne ne me contestera, il mérite que nous tous les Africains, en partant du Congo-Kinshasa, nous fassions un deuil unanime, un deuil africain. Donc moi, je souhaiterais que l’Union africaine, par téléphone, et que nos dirigeants conviennent d’un jour dans les jours à venir pour qu’au même moment tout le monde observe un deuil pour honorer Papa Wamba, pour tout ce qu’il a fait.

    Papa Wamba était fatigué ces derniers temps et, pourtant, il était encore jeune, 66 ans. Est-ce que la vie que vous menez, vous et tous ces musiciens congolais, n’est pas épuisante ?

    Oui effectivement, nous avons des vies tout à fait épuisantes. Mais regardez Manu Dibango, regardez Alpha Blondy, regardez aux Etats-Unis, tous ces artistes-là, Al Jarreau, Stevie Wonder, c’est épuisant. Mitterrand a dit : « Rien de ce qui est grand n’est facile ». Papa Wamba pour moi, c’était un grand, donc sa vie ne peut être facile. La mort de Papa Wemba, -une belle mort d’ailleurs si j’ose dire, sur scène, je pense qu’il ne peut pas arriver mieux-, il était en arrêt maladie. On lui avait demandé de se reposer. Et apparemment, il a voulu honorer son contrat qu’il avait signé quand il était fringant, quand il était en bonne santé. Je pense que l’histoire c’est celle-là. Mais c’est le destin.

    Tabu Ley, Franco, Pepe Kalle, Papa Wemba, aujourd’hui tout le monde est mort sauf vous. C’est terrible ça, non ?

    Ils vivent tous dans mon cœur. Vous avez oublié Madilu [System], vous avez oublié [King Kester] Emeneya, vous avez oublié Whitney Houston, Michael Jackson. Ils sont déjà dans mon cœur. Et je pense que c’est peut-être plus important parce que, vous savez, quand nous sommes sur cette terre avec notre pseudo vie, avec nos emmerdes, avec nos bêtises, avec nos erreurs, avec nos ratés, on n’est pas souvent si honorables que quand on n’est plus là.

    Vous parlez de vos erreurs et de vos ratés. C’est vrai qu’il y a eu une petite rivalité entre Papa Wemba et vous. Et pourtant, il y a vingt ans, vous avez enregistré un très beau duo. C’était Wake up, c’est ça ?

    Exactement. Nous avons enregistré Wake up, qui restera peut-être le duo le plus légendaire en Afrique. Je suis heureux d’avoir fait ça pour la postérité, je suis vraiment, vraiment heureux.

    Et après, vous vous êtes disputés ?

    Non. Disputés, non. Incompris, oui. On s’est incompris comme ça arrive souvent. L’époque Antoine, en France, avec Hallyday, « les cheveux longs et les idées courtes », c’est la même chose. C’est ça la vie des gens. Il n’empêche que Papa Wemba est, et restera, mon grand frère. Moi, j’étais son fan à l’origine. A la base, il était chanteur chez Zaïko Langa Langa [un des groupes les plus populaires au Zaïre, aujourd’hui RDC]. Moi j’étais étudiant. J’adorais ce qu’il faisait. J’étais un fan comme on dit. Puis après les études, je me suis hasardé à faire un peu la musique parce que j’étais connu comme parolier, je faisais des chansons pour les gens.

    Est-ce qu’on ne peut pas reprocher à Papa Wemba, comme à vous d’ailleurs, d’avoir été les griots du régime de Joseph Kabila ?

    Non. C’est injuste de nous dire ça. C’est injuste de nous répéter tout ce refrain-là. C’est vraiment injuste. Alors qu’est-ce que vous dites des cuisiniers des chefs d’Etat ? Qu’est-ce que vous dites de leurs chauffeurs ? Qu’est-ce que vous dites des médecins qui soignent les chefs d’Etat en Afrique ? Qu’est-ce que vous dites des gens qui repassent leurs habits, leurs lavandiers ? Nous, on fait notre métier, et puis c’est tout. Vous savez, même les épouses des chefs d’Etat ne sont pas forcément de leur avis, politiquement parlant. C’est injuste ce débat-là, ce procès qu’on nous fait régulièrement de façon récurrente. C’est vraiment injuste vis-à-vis de nous, les chanteurs. On ne fait que faire notre métier. On ne fait que « prester » pour gagner notre vie. C’est tout. Ce n’est parce qu’on a chanté que l’on est forcément de cet avis-là, qu’on est contre le peuple ou contre le bien-être en général. C’est faux et injuste.

    Quand vous dites que Papa Wemba était la substance de la musique congolaise, qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Ce n’était pas seulement un grand chanteur, c’était aussi un très grand musicien ?

    C’était un mélodiste. C’était quelqu’un qui aimait les nuances. Il jouait avec sa voix. Il faisait tout ce qu’il voulait avec sa voix. Il avait une voix haut perchée qui tenait bien les notes, et longtemps, encore que, comme tous les êtres humains, il n’était pas parfait, mais il excellait dans son art.

    rfi

  • Étienne Tshisekedi, Monsieur Non

    Étienne Tshisekedi, Monsieur Non

    katumbi-tshisekedi-katebe-De Mobutu à Kabila, depuis quatre décennies, l’ombrageux Étienne Tshisekedi tient tête à tous les pouvoirs, ce qui lui vaut une grande popularité. Âgé et malade, livrera-t-il son dernier combat lors de la présidentielle ?

    Quarante ans. Voilà quarante ans qu’il tient tête aux chefs d’État qui se sont succédé aux commandes de la RD Congo. Aujourd’hui encore, Étienne Tshisekedi, 83 ans, reste persuadé qu’il est l’unique chef légitime du peuple congolais. Et refuse obstinément de reconnaître l’autorité de Joseph Kabila. Il a beau vivre depuis deux ans dans un petit immeuble de Woluwe-Saint-Pierre, une commune chic de Bruxelles, rien n’y fait : l’opposant historique croit dur comme fer en son destin.

    À Kinshasa il est vrai, le « président », comme il aime se faire appeler par sa cour, continue à peser sur la vie politique. Dans les quartiers populaires, les derniers « parlementaires debout » l’attendent comme le messie. Guettant chaque jour les rares informations qui filtrent depuis la Belgique, ils s’interrogent sur les revirements de leur champion. Depuis un an, le moins que l’on puisse dire est qu’il les a multipliés…

    Après des décennies de lutte, Tshisekedi avait en effet semblé lâcher prise en mai 2015. Il avait alors envoyé des émissaires entamer des négociations avec le gouvernement. Des réunions, censées rester secrètes, avaient été organisées à Venise ou à Ibiza, loin des yeux de la diaspora. Pour Joseph Kabila, un accord avec son irréductible opposant aurait représenté un joli coup politique.

    « Quand il a appris que le camp présidentiel proposait des postes, il a flairé le piège et a tout arrêté », Félix Tshisekedi

    Il lui aurait permis d’apaiser une rue toujours prête à s’enflammer, comme l’ont montré les émeutes de janvier 2015. Voire de négocier son maintien au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel qui, en principe, doit s’achever à la fin de 2016. Si l’éternel opposant y consentait, qui, à Kinshasa ou en Occident, pourrait y trouver à redire ?

    L’affaiblissement de Tshisekedi rendait cette ouverture possible. Victime d’un malaise (un AVC, selon certains proches), il avait été évacué de la capitale congolaise par avion médicalisé en août 2014. Depuis, il n’apparaissait plus que sur des vidéos. Celles-ci, hachées par des coupes nombreuses, ne rassuraient pas vraiment sur son état de santé. On doutait alors de sa capacité à prononcer un discours jusqu’au bout.

    On murmurait que son entourage le manipulait et qu’il était prêt à brader l’image de l’icône vieillissante en échange d’une poignée de maroquins ministériels. Ces pourparlers avec le pouvoir s’étant vite ébruités, les « combattants » – les ultras de la diaspora -, dénonçant une trahison, commençaient à manifester à Bruxelles. « Nous étions en train d’y laisser des plumes », confie un cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Tshisekedi.

    Et là, coup de théâtre : dans l’un de ces retournements dont il a le secret, le « vieux » suspend les négociations sans crier gare. « Ses proches en étaient à discuter de la répartition des postes, ironise un fin connaisseur de l’opposition, à Bruxelles. Même eux ont été surpris de son revirement. » « Quand il a appris que le camp présidentiel proposait des postes, il a flairé le piège et a tout arrêté », confirme son fils Félix.

    Après des semaines de silence, le Sphinx finit par se prononcer. Pour dire non, encore une fois. « Le pouvoir s’est fait avoir, assure un ministre. On a cru pouvoir amadouer Tshisekedi. Mais il est incontrôlable. »

    Ce caractère lui a peut-être coûté le pouvoir et l’a assurément privé d’alliances.

    Et ensuite ? La situation se fige, jusqu’au 10 avril dernier : là, sous la pression internationale, le patron de l’UDPS accepte d’ouvrir de nouvelles discussions avec le pouvoir. Mais assorties de conditions telles que les chances d’aboutir à un accord demeurent très minces.

    Pour le meilleur et pour le pire, l’octogénaire à la mine renfrognée refuse de changer de cap. Fidèle à lui-même : têtu comme une mule et imprévisible, même pour ses alliés. « Je crois avoir eu son oreille lorsque je le conseillais, témoigne Albert Moleka, son ancien directeur de cabinet. Mais personne ne peut se targuer d’avoir une influence totale sur lui. » Dans son entourage, qui lui est tout acquis, il reste ce patriarche luba que personne n’ose contester. « S’il était au pouvoir, je crois qu’il serait plus autoritaire encore que Kabila », assure un visiteur régulier.

    Ce tempérament volcanique lui vaut, aussi, son exceptionnelle popularité. Dans une classe politique où tant ont renoncé à leurs idéaux pour un poste, il est le seul à n’avoir jamais collaboré avec le régime Kabila. Mais ce caractère lui a peut-être coûté le pouvoir. Et l’a assurément privé d’alliances. Car avec le reste de l’opposition aussi, Tshisekedi souffle le chaud et le froid. Ces derniers mois, c’était avec le Front citoyen 2016, cette coalition de l’opposition et de la société civile formée pour obtenir le départ de Kabila. Félix Tshisekedi était présent à Dakar, en décembre 2015, lors de son lancement.

    Jusqu’à présent pourtant, l’UDPS n’a signé aucun accord. Son leader « n’a pas confiance dans certains opposants, explique un cadre du Front. Il veut s’assurer que personne n’a l’ascendant. En même temps, il demande à bénéficier d’un statut particulier… » Exiger pour lui-même ce qu’il refuse aux autres ? L’ego de Tshisekedi est tout aussi légendaire que son obstination. « Sa conception du pouvoir est celle de sa génération, celle de Mobutu, assure un compagnon de route. Pour lui, le pouvoir ne se partage pas. »

    De  brefs débuts en politique avec Mobutu

    Avant sa rupture avec le « maréchal-président », Tshisekedi a été l’un de ses plus proches collaborateurs. Après le coup d’État mobutiste de 1960, il entre dans son premier gouvernement, celui des commissaires spéciaux, qui traque Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance, puis le remet à ses assassins. Tshisekedi est alors étudiant à l’université Lovanium, à Kinshasa. À 27 ans, le jeune Kasaïen voit dans l’indépendance une promesse d’ascension rapide. D’autant que l’éducation que lui a dispensée son père, Alexis Mulumba, catéchiste, lui a permis de s’extraire d’un milieu plutôt modeste. Il sera l’un des premiers Congolais à obtenir un diplôme de droit, en 1961. Cela explique peut-être qu’il se montre aussi pointilleux sur les textes et les procédures.

    Avec le second coup d’État de Mobutu, en 1965, Tshisekedi se voit attribuer de nouvelles responsabilités. Il est nommé au très stratégique ministère de l’Intérieur. L’une des pages les plus sombres du mobutisme s’écrit sous son autorité, celle des « martyrs de la Pentecôte ». Accusés de complot contre le régime, quatre responsables politiques ont les yeux crevés, puis sont pendus dans le grand stade de Kinshasa, le 1er juin 1966.

    La terreur qui s’empare alors du pays permet d’asseoir la dictature. La carrière de Tshisekedi, elle, se poursuit à vive allure. En 1967, il est l’un des rédacteurs de la Constitution et du manifeste de la Nsele, l’acte fondateur du parti unique. Deux ans plus tard, il est nommé ambassadeur au Maroc. Il tiendra à peine plus d’un an. « Il s’exprime très franchement, commente son fils Félix. Je crois qu’il n’était pas fait pour la diplomatie… »

    La rupture avec Mobutu ne survient qu’en 1980. Dans une lettre ouverte, qu’il signe avec douze autres parlementaires, il a alors l’audace de dénoncer les dérives du régime. Deux ans plus tard, il participe à la création de l’UDPS, dans la clandestinité. Pourquoi entre-t-il en rébellion ? « C’est une histoire de femmes », assure un bon connaisseur de l’ancien régime.

    Mobutu avait en effet pour habitude d’humilier ses collaborateurs en leur volant leurs compagnes. « Propagande ! balaie Félix Tshisekedi. La rupture est née du massacre des mineurs sur le site diamantifère de Katekelayi, près de Mbujimayi, en 1979. Alors que le pouvoir essayait d’étouffer l’affaire, mon père et d’autres députés originaires de la région demandaient des comptes. »

    Congo-star Kinshasa/archives J.A.

    Entre aura grandissante et bataille d’égo

    Dans les années 1980, ses multiples incarcérations lui confèrent une aura sans égale, ce qu’il ne tarde pas à comprendre. « J’ai fait sa connaissance en 1988, explique le Dr Tharcisse Loseke, resté proche de lui depuis. J’étais chef du service de neurologie à la clinique universitaire de Kinshasa.

    Il avait reçu un coup à la tête lors d’une manifestation réprimée par les services de sécurité. On l’a sorti de sa geôle pour que j’écrive un rapport le déclarant fou. J’ai refusé. Je voulais toutefois l’hospitaliser pour lui éviter la détention. Il m’a dit : « Non, en prison, je gêne davantage Mobutu. » »

    En 1990, lorsque survient la conférence nationale instaurant le multipartisme, Tshisekedi, au faîte de sa gloire, est désigné chef de l’opposition et de la société civile. À partir de là, son histoire sera une suite d’occasions manquées. Mobutu consent à le nommer Premier ministre en octobre 1991 ? Au moment de signer sa prestation de serment, il raye d’un trait de plume toutes les dispositions qui le soumettent au chef de l’État.

    Il est immédiatement révoqué. Ce scénario se répète au cours des années 1990. « Les Américains lui disaient : « Devenez Premier ministre, vous marginaliserez Mobutu progressivement », raconte un ancien conseiller. Son inconstance a fini par les lasser. »

    Pendant ce temps, le pays sombre. Mais rien n’arrête la bataille d’ego qui l’oppose à Mobutu. Pas même l’invasion de la RD Congo, en 1996, par Laurent-Désiré Kabila, aidé du Rwanda et de l’Ouganda. Quand le rebelle chasse Mobutu et prend Kinshasa par les armes, Tshisekedi revendique à nouveau le pouvoir. Le vainqueur lui propose un tracteur pour aller cultiver ses champs…

    « Personne ne contestait l’hégémonie de Tshisekedi »

    Tandis que les mouvements armés se multiplient dans tout le pays, Tshisekedi se refuse à militariser son parti. C’est une constante chez lui : certes, ses partisans provoquent régulièrement des troubles en marge de leurs manifestations, mais jamais leur chef n’a tenté de s’emparer du pouvoir par la force. « Certains membres du parti avaient commencé à stocker des armes dans le Kasaï, explique un ancien proche. Tshisekedi a menacé de démissionner pour s’opposer à cette option. »

    En 2006, pour solder un conflit interminable, la première présidentielle multipartite de l’histoire de la RD Congo est enfin organisée, sous l’égide de la communauté internationale. À « seulement » 73 ans, l’opposant ne tente pas sa chance et appelle au boycott, convaincu que les chancelleries occidentales ont déjà adoubé le fils de Laurent-Désiré Kabila, Joseph, qui lui a succédé à sa mort, en 2001. Une erreur, selon de nombreux observateurs, qui prive Tshisekedi de ressources et d’influence.

    Lors du scrutin de 2011, il change de stratégie. Quand tout le monde le dit trop âgé et malade, il revient au pays après un long séjour à Bruxelles. « On ignore ce que ses médecins lui ont donné, mais il nous a surpris en faisant campagne », confie un diplomate européen alors en poste à Kinshasa. Sauf que le pouvoir a changé les règles du jeu : l’élection n’a qu’un tour, ce qui oblige l’opposition à se rassembler pour avoir une chance de l’emporter.

    « Personne ne contestait l’hégémonie de Tshisekedi, explique un conseiller qui a participé aux pourparlers avec les autres candidats, Léon Kengo wa Dondo et Vital Kamerhe. Ils étaient prêts à se rallier, mais ils voulaient une négociation, des postes… Tshisekedi ne leur a offert aucune garantie. » Son intransigeance l’a peut-être privé d’un raz de marée électoral…

    Malgré cela, il réalise de très loin le premier score de l’opposition : 32,33 %, selon les chiffres officiels. Il serait même le véritable vainqueur du scrutin, laisse entendre Laurent Monsengwo, le cardinal de Kinshasa, qui le tient pourtant en piètre estime. Tshisekedi, lui, en est convaincu. « Je vous demande, à tous, de rechercher ce monsieur [Kabila] partout où il est sur le territoire national et de me l’amener ici vivant », lance-t-il depuis sa résidence de Limete, à Kinshasa. Le verbe est virulent ; la stratégie, absente.

    Sans véritables relais dans le système sécuritaire, les cercles du pouvoir ou les ambassades, il n’a pour lui que la ferveur de ses partisans. Il ne veut pas, non plus, exercer d’influence au Parlement. Lorsqu’il interdit à ses députés de siéger, leur chef de file, Samy Badibanga, n’obtempère pas. C’est la rupture. « Certains députés avaient vendu des biens pour financer leur campagne. Ils ont été élus, et on leur refusait le droit de percevoir leurs indemnités. C’était très dur à accepter », concède un proche de Tshisekedi.

    Que peut-il encore espérer aujourd’hui ? Pour la énième fois, son entourage annonce son retour imminent à Kinshasa. Ce serait pour début mai, et une « équipe d’avance » est déjà sur place. L’accueil qui lui sera réservé dira s’il est toujours aussi populaire. Car son parti n’avait pas vu venir les émeutes de janvier 2015 et se montre incapable, depuis, d’organiser une manifestation conséquente.

    La répression s’abat davantage sur les mouvements citoyens, signe que le pouvoir craint beaucoup moins l’UDPS… ou qu’il la ménage. « Il y a deux strates dans le soutien à Étienne Tshisekedi, se rassure son fils Félix. Les militants du parti, et les sympathisants. Ces derniers ne se mobilisent que dans des moments très particuliers, comme les élections, mais ils restent très nombreux. »

    Tout dépendra, surtout, de la santé du patriarche. « Son médecin lui interdit pour l’instant les efforts intellectuels intenses », explique son entourage pour justifier ses refus d’entretien. Un argument surprenant pour qui prétend diriger un pays de plus de 70 millions d’habitants. « Je crois plutôt que le Sphinx n’a pas encore décidé de parler, affirme une source qui l’a vu à plusieurs reprises ces derniers mois. Il a parfois des absences et se fatigue très vite. J’ai toutefois pu avoir une discussion de plus d’une heure avec lui. Il était lucide, tenait des propos cohérents et pouvait se déplacer sans aide. »

    Laurent Rebours/AP/SIPA

    « Il veut rentrer à Kinshasa dès que possible, assure Tharcisse Loseke. À Bruxelles, il s’ennuie. » Son quotidien se partage entre séances de kinésithérapie, un peu de marche et des matinées devant la télévision. Signe que son état s’améliore, il reçoit de plus en plus. À son domicile pour les intimes, parmi lesquels Raphaël Katebe Katoto, le frère aîné de Moïse Katumbi, autre poids lourd de l’opposition. Dans les hôtels Montgomery ou Marriott pour les entretiens plus formels, comme récemment avec Moïse Katumbi ou Tom Perriello, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs.

    On reste loin, toutefois, de l’intensité d’une campagne dans un pays aussi vaste et dépourvu d’infrastructures que la RD Congo. Le report probable de la présidentielle, théoriquement prévue pour novembre, pourrait ne pas lui déplaire : il lui éviterait de subir une nouvelle fois cette épreuve. Peut-être pense-t-il avoir plus de chances en surfant sur un certain vide constitutionnel.

    Vers un dialogue…

    Certes, il a récemment accepté de jouer le jeu du dialogue avec le pouvoir, sous la houlette du Togolais Edem Kodjo, le facilitateur de l’UA. Il a envoyé à Kinshasa son fils Félix, le secrétaire général du parti, Bruno Mavungu, et son adjoint Bruno Tshibala. Mais pour quel objectif ? Accepter le principe d’un report du scrutin ? Entrer dans un gouvernement d’union nationale ?

    « Ces deux points sont des lignes rouges, répond Félix. Nous ne prendrons part à une transition que si Kabila quitte le pouvoir. » Difficile d’imaginer le camp présidentiel y consentir… Toutes les conditions sont donc réunies pour que ces négociations fassent à nouveau long feu.

    Reste une dernière carte : le recours, en cas de vacance du pouvoir. Ce scénario, qui pourrait faire de Tshisekedi un président de transition jusqu’à l’organisation d’élections auxquelles il ne serait pas candidat, présenterait pour lui un double avantage : correspondre à son âge et à l’image qu’il a toujours voulu se donner, celle d’un combattant de la démocratie, remettant le pouvoir au peuple, au soir de sa vie.

    Moïse Katumbi serait sans doute prêt à le soutenir dans cette aventure, qui aurait à ses yeux l’avantage de l’écarter de la course à la succession. Pour y parvenir, encore faut-il contraindre Joseph Kabila de quitter son fauteuil en décembre. Par la négociation, la diplomatie ou la force. Trois domaines dans lesquels Tshisekedi s’est rarement illustré…

    Pierre Boisselet- JA

  • Tshisekedi… après lui, qui ?

    Tshisekedi… après lui, qui ?

    Étienne-Tshisekedi-L’UDPS pourrait-elle survivre à Tshisekedi ? Pas évident : le vieux chef n’a jamais préparé sa succession et continue d’occuper toute la scène.

    Dans l’histoire de la RD Congo, une règle simple s’est toujours vérifiée : jamais parti politique n’a survécu à son leader. On comprend donc que les 83 printemps d’Étienne Tshisekedi suscitent une certaine angoisse parmi les cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). D’autant qu’il ne fait rien pour organiser sa succession.

    « Même affaibli, il reste notre meilleur atout, affirme son fils Félix. Lui seul peut nous rassembler, sa magie opère toujours. » Le congrès, censé se tenir d’ici à quelques semaines à Kinshasa, devrait donc le reconduire à la tête du parti. Du moins, de ce qu’il en reste. Car l’éloignement du vieux chef (il a passé à peine plus de trois ans au pays durant la dernière décennie) l’a désorganisé.

    Départs et désorganisation

    Plusieurs cadres l’ont quitté, comme Albert Moleka, l’ancien directeur de cabinet de Tshisekedi, qui tente de faire revivre une ancienne dissidence, l’UDPS-Kibassa. D’autres ont été rétrogradés dans la hiérarchie, mais restent populaires auprès de certains militants avec qui ils ont constitué de petites baronnies. C’est le cas de Valentin Mubake, l’ex-conseiller politique de Tshisekedi, ou de Jacquemin Shabani, l’ancien secrétaire général de l’UDPS.

    L’aile parlementaire, menée par Samy Badibanga, est toujours officiellement exclue pour avoir désobéi à la consigne de ne pas siéger. Enfin, la direction du parti à Kinshasa, incarnée par Bruno Mavungu, souffre de ne pas avoir un accès direct au président, resté à Bruxelles.

    Les membres de l’entourage de Tshisekedi, essentiellement des Lubas du Kasaï, gardent en effet jalousement le contrôle de son agenda, monnayant parfois leur influence, réelle ou supposée. Ainsi, des négociations avec des émissaires du président Kabila se sont multipliées depuis un an sans que le « vieux » ait toujours donné son aval.

    Son retour au pays ne serait donc pas de trop pour réunifier toutes ces tendances et galvaniser la base. Même dans cette éventualité, les cadres pourraient être de plus en plus tentés de négocier leur ralliement au pouvoir.

    Pierre Boisselet- JA

     

  • La Côte d’Ivoire va rendre hommage au roi de la rumba Papa Wemba

    La Côte d’Ivoire va rendre hommage au roi de la rumba Papa Wemba

    wemba-Abidjan rendra hommage à Papa Wemba mercredi lors d’une grande veillée artistique.

    La Côte d’Ivoire va rendre mercredi un hommage au roi de la rumba congolaise Papa Wemba, décédé dimanche à Abidjan où il participait au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua), a annoncé lundi l’organisateur du festival.

    “Une grande veillée artistique pour rendre hommage à l’illustre disparu, est prévue dans la nuit de mercredi à jeudi”, écrit le commissariat général du Femua dans un communiqué.

    “Plus de 100 artistes chanteurs et musiciens nationaux et internationaux vont se succéder sur la scène de cette veillée de 21 heures à l’aube”, selon le texte.

    La veuve de Papa Wemba à Abidjan

    Avant cet hommage, les organisateurs sont à pied d’oeuvre pour établir le programme des obsèques et le rapatriement du corps en République démocratique du Congo (RDC).

    Une délégation composée de six personnes, dont la veuve du chanteur, Marie Rose dit maman Amazone, et le gouverneur de sa région natale de Sankuru, le Pr Ulungu Lukata Berthold, est arrivée en milieu de journée à Abidjan en provenance de Kinshasa, a déclaré un des organisateurs du Femua.

    Une rencontre est “aussitôt prévue, en compagnie de l’ambassadeur de RDC à Abidjan, rentré précipitamment du Mali en vue d’établir un programme définitif”, a-t-il assuré.

    L’information était à la Une de tous les quotidiens ivoiriens de lundi: “Le dernier roi de la rumba se retire de la scène”, écrit le journal indépendant Tribune. “Papa Wemba a rangé le micro, hier”, selon le quotidien L’Expression. Le journal gouvernemental Fraternité Matin qui a consacré trois pages à l’artiste, barre sa Une, “Décès de Papa Wemba/ L’icône de la musique tombe micro en main”.

    Papa Wemba, 66 ans, légende de la musique congolaise, est décédé après un malaise survenu sur scène à Abidjan, dans le quartier populaire d’Anoumabo qui a vu naître Magic System, groupe star de la musique ivoirienne.

    Le chanteur a connu ces dernières années quelques ennuis de santé, selon des sources proches des organisateurs du festival.

    Les hommages se sont multipliés pour saluer un des chanteurs africains les plus populaires d’Afrique et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l’un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.

    Koffi Olomidé pleure “son grand frère”

    Le Congolais (RDC) Koffi Olomidé, un chanteur de renom de la trempe de Papa Wemba dit “pleurer un grand frère” sur sa page facebook.

    “La musique congolaise est décimée, elle a explosé (…) je refuse de croire à la nouvelle” de la mort de Papa Wemba, “un ami très cher”, affirme Koffi Olomidé, un adepte de la rumba.

    “Souvenir avec Papa Wemba dans un duo de +Ami Oh+ de Manu Dibango. Il avait une voix d’ange”, a twitté en anglais la chanteuse béninoise Angélique Kidjo.

    A Paris, le ministère français des Affaires étrangères lui a aussi rendu hommage lundi.

    “Papa Wemba aura marqué l’histoire de la culture congolaise en réinventant la rumba devenue, grâce à lui, un phénomène artistique et musical universel”.

    “Avec la création de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, il a également constitué un phénomène social majeur”, a estimé le Quai d’Orsay.

    L’ONU également attristée

    Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC Maman Sambo Sidikou se dit profondément attristé par l’annonce de la disparition de l’artiste musicien connu sous le nom de Papa Wemba.

    “Au nom de toute la famille des Nations Unies en RDC, Mr Maman Sidikou présente ses sincères condoléances à la famille de l’illustre disparu et aussi à toute la nation congolaise”, déclare l’ONU dans un communiqué de presse.

    VOA

  • Manifestation de l’opposition dispersée par la police à Lubumbashi

    Manifestation de l’opposition dispersée par la police à Lubumbashi

    LUBUM MANAIF-La police a dispersé mercredi à Lubumbashi, dans le sud-est de la RD Congo, quelques 5 000 opposants hostiles à un troisième mandat du président Joseph Kabila ou à tout report de la présidentielle au delà de novembre 2016.

    Le général Jean-Bosco Kalenga, commandant provincial de la police, a déclaré dans la matinée du mercredi 20 avril que la police était « en train de disperser les délinquants qui perturbent l’ordre public » à Lubumbashi. Tout en promettant de faire un bilan de l’opération ultérieurement.

    Quelques 5000 personnes, essentiellement des jeunes gens, s’étaient rassemblées tôt le matin aux abords du siège provincial de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec, parti d’opposition), avant d’être dispersées par la police à coup de grenades lacrymogènes vers 9h30 heure locale (7h30 GMT).

    Quatre personnes interpellées

    « Kabila doit partir », « venez nous tuer, nous sommes fatigués » du régime, scandaient en swahili ces opposants, en jetant des pierres aux forces de l’ordre. Appelant au calme, les agents de la police criaient aux habitants à l’aide de mégaphones : « Il n’y a pas de guerre », « vaquez à vos occupations ».

    À la mi-journée, la tension était retombée. La police a indiqué avoir interpellé « quatre délinquants », accusés « d’avoir pillé un bistrot ». Des allégations que rejette l’Unafec.

    Le siège de l’Unafec vandalisé

    La veille, selon plusieurs témoins, des effigies de Moïse Katumbi placées devant le bureau provincial du parti avaient été arrachés par des policiers. Antoine-Gabriel Kyungu wa Kumwanza, le président de l’Unafec avait alors accusé le pouvoir de soutenir des « actes anti-démocratiques », le siège de son parti à Kinshasa ayant par ailleurs été saccagé.

    Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga, investi candidat du G7, la coalition de sept partis passés de la majorité à l’opposition au président Joseph Kabila, avait annoncé le jour-même la tenue d’un meeting jeudi à Lubumbashi.

    Le gouvernement juge les délais pour les élections « objectivement intenables »

    Le climat politique est très tendu en République démocratique du Congo en raison de l’incertitude liée au probable report de la présidentielle, censée avoir lieu avant la fin de l’année.

    Mardi, répondant au sénateur américain John McCain dans une lettre, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a jugé les délais pour les élections « objectivement intenables ».

    JA

  • Papa Wemba : ce que l’on sait d’après l’équipe médicale qui lui a porté les premiers soins

    Papa Wemba : ce que l’on sait d’après l’équipe médicale qui lui a porté les premiers soins

    Le concert de Papa Wemba à Paris en janvier a été annulé.
    Le concert de Papa Wemba à Paris en janvier a été annulé.

    -Plus de 24 heures après le décès de la star africaine de la musique Papa Wemba, une source médicale a fait savoir que l’artiste a été victime d’un arrêt cardiaque. Une autopsie pourrait avoir lieu.

    L’artiste congolais, qui est monté sur scène le 24 avril à l’aube, vers 5 heures du matin, a été frappé d’un malaise quelque vingt minutes plus tard. « Il s’agit d’un infarctus massif, tout le cœur se contracte d’un coup et s’arrête de battre. Dans sa chute, il était déjà mort avant de toucher le sol », confie une source médicale présente au moment du drame.

    Malgré les efforts du personnel médical, rien n’a pu être fait. Dans l’ambulance qui conduisait le roi de la rumba congolaise vers un centre hospitalier privé de la capitale ivoirienne, plusieurs tentatives de réanimation ont eu lieu, en vain.

    Même s’il souffrait régulièrement de paludisme et qu’il était fréquemment fatigué, l’artiste avait bonne mine avant le spectacle, selon des proches, mais il avait renoncé à prendre son dîner pour être plus léger lors des chorégraphies sur scène. Et pendant sa brève prestation, Papa Wemba a dû insister plusieurs fois auprès des techniciens pour qu’ils augmentent le son de la musique qu’il estimait faible.

    JA

  • Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    OPPSANTS-Lors des manifestations du 24 avril, l’opposition invite à “accentuer la pression” sur le pouvoir.

    Cela fait 26 ans aujourd’hui que l’ex-président Mobutu Sese Seko proclamait la démocratisation avec le multipartisme dans l’actuelle RDC.

    Dans la chaleur et l’incertitude sur l’organisation des prochaines élections dans ce pays, la classe politique, la majorité comme l’opposition, a tenu des rassemblements dans différentes villes du pays avec des discours politiques qui frustrent la population pour parler de cette date.

    Charly Kassereka depuis Goma, une ville de l’est de la République démocratique du Congo, analyse la situation.

    Accentuer la pression sur le régime

    La “Dynamique de l’opposition”, l’une des principales plateformes politiques opposée à un troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, a appelé dimanche à Kinshasa la population à accentuer la “pression” sur le régime afin d’exiger la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

    “Faisons accentuer la pression pour pousser le pouvoir au respect de la Constitution” en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), lors d’un meeting qui a réuni un peu plus de 2.000 personnes.

    Cette rencontre populaire s’est tenue en marge de la commémoration de l’ouverture démocratique lancée le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko, qui a régné sur la RDC pendant 32 ans.

    “Le pouvoir est aux mains du peuple”, ont répété plusieurs dirigeants de la Dynamique qui réunit notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’UNC, 2e et 3e forces politiques de l’opposition à l’Assemblée ainsi que plusieurs dizaines d’autres petits partis.

    Du haut du balcon du siège des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), les dirigeants d’opposition ont tour à tour réitéré leur refus de participer au dialogue national voulu par le président Kabila qu’ils considèrent comme “un piège”. Ils ont également redit leur rejet de tout report de la présidentielle.

    “Un dialogue national inclusif” au point mort

    Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

    Mi-avril, le facilitateur de l’Union africaine pour ce forum, Edem Kodjo, a estimé que le respect du “délai constitutionnel” était un “problème” pesant sur l’organisation de la présidentielle en RDC.

    Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin censé avoir lieu fin novembre.

    L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.

    Depuis deux ans, la Dynamique de l’opposition demande à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat à la tête de la RDC, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

    VOA

  • Violences xénophobes en Zambie : 2 personnes brûlées vives

    Violences xénophobes en Zambie : 2 personnes brûlées vives

    xenophobie en zambie-En Zambie les violences xénophobes qui agitent la capitale depuis lundi ont fait au moins 2 morts,

    La Zambie est-elle en train de vivre ce que l’Afrique du Sud a traversé en 2015 ? Lusaka, la capitale du pays, est en proie à une vague de violences xénophobes depuis lundi. Deux personnes ont été brûlées vives dans le bidonville de Kanyama, selon les autorités qui ont lancé des appels au calme.

    Dans plusieurs bidonvilles de Lusaka les magasins tenus par des étrangers ont été saccagés

    Les violences contre les étrangers ont continué en Zambie, pour la deuxième journée consécutive. Ce mardi, des centaines de jeunes ont attaqué des maisons et des magasins de ressortissants étrangers à Misisi et Makeni South, deux bidonvilles de Lusaka, la capitale.

    C’est au lendemain de l’intervention télévisée du ministre de l’Intérieur Davis Mwila pour condamner les attaques commises selon lui par des “éléments criminels”. Il a annoncé l’arrestation de plus 200 personnes dont 11 personnes suspectées d’avoir commis des crimes rituels.

    Malgré tout, les violences ont les étrangers se sont propagées à une dizaine de bidonvilles de Lusaka. Certains émeutiers en ont même profité pour voler de la nourriture ou du matériel électroménager tels que des réfrigérateurs.

    Les pauvres s’en prennent aux pauvres

    Les réfugiés rwandais, estimés à 6.400 dans le pays, ont été particulièrement visés. Ils tiennent souvent des boutiques dans les quartiers pauvres de Lusaka. Pour échapper aux violence beaucoup d’entre eux ont dû trouver refuge dans des commissariats de police ou auprès du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Sur VOA Afrique, Jean Damascène un réfugiés rwandais de Makeni South déclare que “la situation n’est pas bonne. Ça a commencé par des rumeurs disant que les étrangers ont participé à l’insécurité. Que les rwandais sont en grand nombre, ils ont des boutiques et ont pris leur travail.”

    Les habitants des bidonvilles de Lusaka accusent les étrangers d’être à l’origine de crimes rituels. C’est suite à la récente découverte de 7 corps amputés à quatre mois de l’élection présidentielle prévue pour le 11 août.

     

  • Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    augustin matata-Les députés congolais se sont penchés mercredi sur le bilan du Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Nommé en avril 2012, ce dernier totalise quatre années successives à la tête du gouvernement de la RD Congo. Un record dans l’histoire politique du pays.

    Depuis son indépendance en 1960 à ce jour, la RD Congo a connu plus de 20 chefs de gouvernement. Mais jamais un Premier ministre n’a pu rester en fonction quatre années de suite avant Augustin Matata Ponyo.

    Nommé à la mi-avril 2012 et entré en fonction le 9 mai de la même année, l’actuel chef du gouvernement congolais établit un nouveau record de longévité – sans discontinuité – au poste. Avant lui, seuls quatre Premiers ministre avaient atteint la barre des trois années successives : Léon Kengo wa Dondo entre le 5 novembre 1982 et le 31 octobre 1986 (3 ans et 11 mois), Cyrille Adoula entre le 2 août 1961 et le 30 juin 1964 (3 ans et 10 mois) et Adolphe Mozito entre 10 octobre 2008 et 7 mars 2012 (3 ans et 4 mois).

    Inversement, quelques passages (très) éclairs à la primature ont également marqué l’histoire politique de la RD Congo. Certains chefs du gouvernement ne sont restés en fonction que quelques jours : Joseph Ileo entre le 5 et le 20 septembre 1960, avant d’être neutralisé par le premier coup de force de Mobutu, Bernardin Mungul Diaka entre le 1er et le 21 novembre 1991, Étienne Tshisekedi entre le 2 et le 9 avril 1997. Moins de deux mois avant la chute de Mobutu.

    Classement des Premiers ministres congolais suivant leur longévité (sans discontinuité) au pouvoir

    Passez votre souris sur le graphique pour voir la longévité de chaque Premier ministre.

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    Mais si l’on cumule les mois et années passées à la primature, c’est Léon Kengo wa Dondo qui caracole en tête avec près de 8 ans d’expérience comme Premier ministre. Avec ses 4 ans effectués de manière discontinue, Augustin Matata Ponyo se place à la deuxième position.

    Confiance du chef mais pas seulement

    Au Palais de la nation, on explique cette longévité par la « confiance » que Matata Ponyo a su gagner auprès du chef de l’État. Mais au-delà de la personnalité du Premier ministre, « c’est également une question de famille politique », nuance un conseiller du président Joseph Kabila.

    « Depuis les législatives de 2011, c’est la Majorité présidentielle (MP), avec le PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, formation initiée par Kabila, NDRL] qui tient le poste de Premier ministre. Malgré les tiraillements entre les uns et les autres, le président de la République a choisi de rester fidèle à l’équilibre trouvé : Aubin Minaku (originaire de l’ouest du pays), placé à la tête de l’Assemblée nationale, Augustin Matata (est) à la primature et Évariste Boshab (centre), nommé vice-Premier ministre pour s’occuper des questions politiques », explique-t-il.

    Pour quel bilan ?

    Depuis son arrivée aux affaires, Augustin Matata se félicite d’avoir stabilisé le cadre macroéconomique et maîtrisé l’inflation dans le pays. Mercredi 20 avril, il s’est présenté devant les députés pour répondre à une question orale avec débat. Plus de 100 demandes de prise de parole ont été enregistrées pour interroger le chef du gouvernement sur son bilan.

    Selon le camp – majorité ou opposition -, des félicitations et des critiques se sont succédé à la tribune. Le député Juvénal Munubo a notamment pointé « l’inflation (des problèmes) sécuritaire(s) » ces dernières années dans le pays.

     

    JA