Author: Don Kayembe

  • Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    Des manifestations dans plusieurs villes de la RDC pour fêter 26 années de multipartisme

    OPPSANTS-Lors des manifestations du 24 avril, l’opposition invite à “accentuer la pression” sur le pouvoir.

    Cela fait 26 ans aujourd’hui que l’ex-président Mobutu Sese Seko proclamait la démocratisation avec le multipartisme dans l’actuelle RDC.

    Dans la chaleur et l’incertitude sur l’organisation des prochaines élections dans ce pays, la classe politique, la majorité comme l’opposition, a tenu des rassemblements dans différentes villes du pays avec des discours politiques qui frustrent la population pour parler de cette date.

    Charly Kassereka depuis Goma, une ville de l’est de la République démocratique du Congo, analyse la situation.

    Accentuer la pression sur le régime

    La “Dynamique de l’opposition”, l’une des principales plateformes politiques opposée à un troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, a appelé dimanche à Kinshasa la population à accentuer la “pression” sur le régime afin d’exiger la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

    “Faisons accentuer la pression pour pousser le pouvoir au respect de la Constitution” en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), lors d’un meeting qui a réuni un peu plus de 2.000 personnes.

    Cette rencontre populaire s’est tenue en marge de la commémoration de l’ouverture démocratique lancée le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko, qui a régné sur la RDC pendant 32 ans.

    “Le pouvoir est aux mains du peuple”, ont répété plusieurs dirigeants de la Dynamique qui réunit notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’UNC, 2e et 3e forces politiques de l’opposition à l’Assemblée ainsi que plusieurs dizaines d’autres petits partis.

    Du haut du balcon du siège des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), les dirigeants d’opposition ont tour à tour réitéré leur refus de participer au dialogue national voulu par le président Kabila qu’ils considèrent comme “un piège”. Ils ont également redit leur rejet de tout report de la présidentielle.

    “Un dialogue national inclusif” au point mort

    Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un “dialogue national inclusif” destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

    Mi-avril, le facilitateur de l’Union africaine pour ce forum, Edem Kodjo, a estimé que le respect du “délai constitutionnel” était un “problème” pesant sur l’organisation de la présidentielle en RDC.

    Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin censé avoir lieu fin novembre.

    L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.

    Depuis deux ans, la Dynamique de l’opposition demande à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat à la tête de la RDC, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

    VOA

  • Violences xénophobes en Zambie : 2 personnes brûlées vives

    Violences xénophobes en Zambie : 2 personnes brûlées vives

    xenophobie en zambie-En Zambie les violences xénophobes qui agitent la capitale depuis lundi ont fait au moins 2 morts,

    La Zambie est-elle en train de vivre ce que l’Afrique du Sud a traversé en 2015 ? Lusaka, la capitale du pays, est en proie à une vague de violences xénophobes depuis lundi. Deux personnes ont été brûlées vives dans le bidonville de Kanyama, selon les autorités qui ont lancé des appels au calme.

    Dans plusieurs bidonvilles de Lusaka les magasins tenus par des étrangers ont été saccagés

    Les violences contre les étrangers ont continué en Zambie, pour la deuxième journée consécutive. Ce mardi, des centaines de jeunes ont attaqué des maisons et des magasins de ressortissants étrangers à Misisi et Makeni South, deux bidonvilles de Lusaka, la capitale.

    C’est au lendemain de l’intervention télévisée du ministre de l’Intérieur Davis Mwila pour condamner les attaques commises selon lui par des “éléments criminels”. Il a annoncé l’arrestation de plus 200 personnes dont 11 personnes suspectées d’avoir commis des crimes rituels.

    Malgré tout, les violences ont les étrangers se sont propagées à une dizaine de bidonvilles de Lusaka. Certains émeutiers en ont même profité pour voler de la nourriture ou du matériel électroménager tels que des réfrigérateurs.

    Les pauvres s’en prennent aux pauvres

    Les réfugiés rwandais, estimés à 6.400 dans le pays, ont été particulièrement visés. Ils tiennent souvent des boutiques dans les quartiers pauvres de Lusaka. Pour échapper aux violence beaucoup d’entre eux ont dû trouver refuge dans des commissariats de police ou auprès du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Sur VOA Afrique, Jean Damascène un réfugiés rwandais de Makeni South déclare que “la situation n’est pas bonne. Ça a commencé par des rumeurs disant que les étrangers ont participé à l’insécurité. Que les rwandais sont en grand nombre, ils ont des boutiques et ont pris leur travail.”

    Les habitants des bidonvilles de Lusaka accusent les étrangers d’être à l’origine de crimes rituels. C’est suite à la récente découverte de 7 corps amputés à quatre mois de l’élection présidentielle prévue pour le 11 août.

     

  • Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    Matata Ponyo bat le record de longévité au poste de Premier ministre (sans discontinuité)

    augustin matata-Les députés congolais se sont penchés mercredi sur le bilan du Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Nommé en avril 2012, ce dernier totalise quatre années successives à la tête du gouvernement de la RD Congo. Un record dans l’histoire politique du pays.

    Depuis son indépendance en 1960 à ce jour, la RD Congo a connu plus de 20 chefs de gouvernement. Mais jamais un Premier ministre n’a pu rester en fonction quatre années de suite avant Augustin Matata Ponyo.

    Nommé à la mi-avril 2012 et entré en fonction le 9 mai de la même année, l’actuel chef du gouvernement congolais établit un nouveau record de longévité – sans discontinuité – au poste. Avant lui, seuls quatre Premiers ministre avaient atteint la barre des trois années successives : Léon Kengo wa Dondo entre le 5 novembre 1982 et le 31 octobre 1986 (3 ans et 11 mois), Cyrille Adoula entre le 2 août 1961 et le 30 juin 1964 (3 ans et 10 mois) et Adolphe Mozito entre 10 octobre 2008 et 7 mars 2012 (3 ans et 4 mois).

    Inversement, quelques passages (très) éclairs à la primature ont également marqué l’histoire politique de la RD Congo. Certains chefs du gouvernement ne sont restés en fonction que quelques jours : Joseph Ileo entre le 5 et le 20 septembre 1960, avant d’être neutralisé par le premier coup de force de Mobutu, Bernardin Mungul Diaka entre le 1er et le 21 novembre 1991, Étienne Tshisekedi entre le 2 et le 9 avril 1997. Moins de deux mois avant la chute de Mobutu.

    Classement des Premiers ministres congolais suivant leur longévité (sans discontinuité) au pouvoir

    Passez votre souris sur le graphique pour voir la longévité de chaque Premier ministre.

    Si vous nous consultez depuis notre application mobile, cliquez ici pour une meilleure expérience interactive.

    Mais si l’on cumule les mois et années passées à la primature, c’est Léon Kengo wa Dondo qui caracole en tête avec près de 8 ans d’expérience comme Premier ministre. Avec ses 4 ans effectués de manière discontinue, Augustin Matata Ponyo se place à la deuxième position.

    Confiance du chef mais pas seulement

    Au Palais de la nation, on explique cette longévité par la « confiance » que Matata Ponyo a su gagner auprès du chef de l’État. Mais au-delà de la personnalité du Premier ministre, « c’est également une question de famille politique », nuance un conseiller du président Joseph Kabila.

    « Depuis les législatives de 2011, c’est la Majorité présidentielle (MP), avec le PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, formation initiée par Kabila, NDRL] qui tient le poste de Premier ministre. Malgré les tiraillements entre les uns et les autres, le président de la République a choisi de rester fidèle à l’équilibre trouvé : Aubin Minaku (originaire de l’ouest du pays), placé à la tête de l’Assemblée nationale, Augustin Matata (est) à la primature et Évariste Boshab (centre), nommé vice-Premier ministre pour s’occuper des questions politiques », explique-t-il.

    Pour quel bilan ?

    Depuis son arrivée aux affaires, Augustin Matata se félicite d’avoir stabilisé le cadre macroéconomique et maîtrisé l’inflation dans le pays. Mercredi 20 avril, il s’est présenté devant les députés pour répondre à une question orale avec débat. Plus de 100 demandes de prise de parole ont été enregistrées pour interroger le chef du gouvernement sur son bilan.

    Selon le camp – majorité ou opposition -, des félicitations et des critiques se sont succédé à la tribune. Le député Juvénal Munubo a notamment pointé « l’inflation (des problèmes) sécuritaire(s) » ces dernières années dans le pays.

     

    JA

  • Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé

    Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé

    Papa-Wemba-Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé dimanche à l’âge de 66 ans en plein concert à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, ont rapporté plusieurs médias, dont la radio onusienne Okapi et l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’. Chanteur, auteur-compositeur et acteur à succès, Papa Wemba, de son vrain nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, était l’une des plus grandes figures de la musique congolaise.

    L’artiste a été victime d’un malaise lors d’un concert à Abidjan dans la nuit de samedi à dimanche, où il participait au Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo (Femua). “Il s’est écroulé sur scène”, a précisé ‘Jeune Afrique’.

    Papa Wemba était une légende de la musique africaine. Dans les années 1960-1970, avec son groupe Zaïko Langa Langa puis en solo, il avait fait rayonner la rumba congolaise à travers le monde. Il a formé des générations de musiciens dont certains poursuivent de grandes carrières, comme Koffi Olomidé.

    Parmi ses plus grands succès figurent des morceaux comme “Yolele”, “Sai Sai” et “Maria Valencia”.

    Il était également l’une des figures emblématiques de la SAPE, la Société des ambianceurs et personnes élégantes. Mode vestimentaire, mais aussi art de vivre, les sapeurs on fait des émules de Kinshasa à Paris et inspire aujourd’hui de nombreuses pop stars africaines-américaines.

    Ce musicien avait aussi été l’acteur principal du film belgo-zaïrois “La vie est belle” de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy en 1987. Il avait composé une bonne partie de la musique originale de ce film. Papa Wemba apparaît également en 1997 dans “Combat de fauves” de Benoît Lamy.

    Il avait eu en 2003 (BIEN: 2003) des démêlés avec les justices belge et française. Il avait arrêté à Paris dans une affaire de trafic de visas à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par le juge d’instruction belge Jean Coumans.

    Les justices française et belge le poursuivaient pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il était soupçonné d’avoir favorisé l’immigration clandestine en France de quelque 150 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), moyennant des sommes avoisinant 3.500 euros par personne.

    Ce qui lui avait valu d’être condamné en février 2012 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à quinze mois de prison avec sursis et à une amende de 22.000 euros, dont la moitié avec sursis, pour trafic d’êtres humains.

    Papa Wemba avait aussi été condamné en 2004 par le tribunal de Bobigny (nord de Paris) à une peine de 30 mois de prison dont 26 avec sursis, ainsi qu’à 10.000 euros d’amende, pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales.

  • McCain Vs L. Mende, la guerre des lettres

    McCain Vs L. Mende, la guerre des lettres

    Mende-Mccain-Le sénateur américain John McCain et le ministre congolais de la Communication et Médias, Lambert Mende se sont livrés une guerre par lettres interposées. Au cœur de la bataille, les élections ou pas à venir. Des étincelles en l’air.

    Entre John McCain et Lambert Mende, c’est la guerre. Celle des écrits. Le sénateur américain et le ministre congolais de la Communication et Médias se sont livré à un échange d’idées via des lettres. Tout a commencé le 15 avril dernier lorsque le sénateur américain, adresse une lettre à François Balumuene, ambassadeur de la RDC à Washington. Dans sa lettre, l’ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2008 accuse le Président Joseph Kabila arrivé à la fin de son second et dernier mandat de vouloir esquiver la tenue des élections avant d’exprimer son souhait d’un transfert démocratique du pouvoir cette année en RDC.  «Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation sur le climat politique de plus en plus répressif et la détérioration de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC). Concernant les deux dernières années, le Président Kabila semble manœuvrer pour éviter les élections nationales et consolide le pouvoir d’éroder le processus démocratique et la fermeture de l’espace politique. De telles actions sont contraires aux obligations internationales de la RDC et risquent la poursuite du conflit dans votre pays», dit-il.

    Et d’ajouter : «Le Président Kabila a contribué au parcours de la RDC d’hostilité à une stabilité relative. Il a maintenant l’opportunité de cimenter son héritage en mettant le pays sur la voie démocratique et la prospérité pour les générations futures de Congolais et le monde va longtemps célébrer». Avant de conclure: «Mon espoir est que la RDC aura son tout premier transfert démocratique du pouvoir cette année».

    On ne provoque pas Lambert Mende

    John McCain a certes pensé avoir dit haut son souhait mais il ne s’attendait certainement pas à la réplique musclée que cela susciterait. Quatre jours après, Lambert Mende a la langue déliée. Et comme souvent, le porte-parole du gouvernement congolais n’a pas fait dans la demi-mesure. Répliquant également par une lettre,  Mende a avant tout regretté que McCain ait publié sa lettre dans les médias avant de la faire parvenir à son destinataire.  Il a ensuite rappelé les obstacles à la tenue des élections dans le délai et le bien-fondé de la tenue du dialogue national inclusif. «Tous les Congolais qui aiment leur pays ont résolu de prendre part à ce dialogue imminent à l’exception de quelques extrémistes ambitieux qui caressent l’espoir de ramasser le pouvoir en créant le chaos. Plutôt que de s’associer à cette démarche pacifique et républicaine qui s’inscrit dans nos traditions, ils se sont transformés en fétichistes des dates et n’ont de projet que l’agitation de l’épouvantail d’une insurrection populaire sous le prétexte du non-respect des délais qu’ils savent pourtant objectivement intenables. Il est déplorable que vous acceptiez de mettre votre célébrité et leadership au service d’un dessein aussi irresponsable». Lambert Mende a par la suite choisi de recadrer l’homme d’Etat américain. «Les propos de John McCain sont assimilables aux menaces d’une époque révolue. Nous apprécierons que vous ayez une lecture plus réaliste de la situation en RDC, pays qui est en si bons termes avec les USA au lieu des vous inscrire, sur base d’informations délibérément biaisées, dans la défense de thèses de ceux qui ne fondent leur existence politique que sur le schéma de l’instabilité chronique de nos institutions. C’est de cette manière que les Etats-Unis pourraient contribuer efficacement au tout premier transfert démocratique du pouvoir en RDC», a-t-il déclaré.

    Quoi de mieux qu’une guerre des lettres pour mettre de l’huile au feu dans un climat politique congolais déjà sous une chaleur de plomb.

    © OEIL D’AFRIQUE

  • Lambert Mende répond au sénateur américain John McCain

    Lambert Mende répond au sénateur américain John McCain

    Mende-Quatre jours après la lettre de John McCain à l’ambassadeur de la RD Congo à Washington, portant sur le processus électoral en panne dans le pays, Kinshasa a réagi mardi soir, reprochant au sénateur américain de défendre ceux qui prônent un “schéma de l’instabilité chronique [des] institutions” congolaises.

    Que dit la lettre du sénateur américain McCain ?

    À l’instar des autres officiels américains, démocrates ou républicains, qui appellent tous à l’organisation de la présidentielle congolaise dans les délais constitutionnels, soit d’ici fin novembre, John McCain a adressé une lettre, datée du 15 avril, à François Balumuene, ambassadeur de la RD Congo à Washington.

    « En affaiblissant le processus démocratique et en restreignant le champ politique ces deux dernières années, le président [Joseph] Kabila semble manœuvrer pour éviter la tenue des élections nationales », écrit le sénateur américain qui se dit « profondément inquiet du climat de plus en plus répressif et de la détérioration de la situation des droits de l’homme en RD Congo ».

    Joseph Kabila a l’occasion de cimenter son héritage.

    Et de prévenir : « Avec les menaces grandissantes dans la région [des Grands Lacs], nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en péril le partenariat [entre la RD Congo et les États-Unis] avec des actions qui pourraient ébranler la sécurité et la stabilité de la RD Congo à long terme. » Allusion faite aux tensions qui surgiraient inévitablement dans le pays si Kabila se maintenait au pouvoir au-delà de son second mandat constitutionnel.

    Pour McCain, Joseph Kabila a réussi a préserver une certaine stabilité en RD Congo et « a aujourd’hui l’occasion de cimenter son héritage en s’inscrivant le pays sur la voie de la démocratie et de la prospérité ». Un appel limpide à ce qui serait la première alternance démocratique dans l’histoire du pays.

    La réponse de Kinshasa à McCain

    « Au nom du gouvernement [congolais] », c’est Lambert Mende qui se charge, comme très souvent, de la réplique à donner à ceux qui critiquent le régime de Kinshasa. Dans sa correspondance adressée lundi à McCain, dont Jeune Afrique a reçu copie, le porte-parole du gouvernement congolais regrette d’abord que la correspondance du sénateur américain, qui a fuité sur les réseaux sociaux, ait été « publiée dans les médias avant livraison à son destinataire ».

    Qu’à cela ne tienne, le ministre congolais rappelle au sénateur américain les contraintes techniques et financières qui ne permettent pas la tenue des élections dans les délais constitutionnels en RD Congo. En cause notamment, la problématique de la révision du fichier électoral – une note interne de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) indique que le processus doit prendre au minimum 13 mois et 10 jours – mais aussi le financement même des scrutins à venir, « dans un contexte de rétrécissement des ressources budgétaires du fait de la chute des cours des matières premières (…) et des promesses d’appui non tenues de la communauté internationale », États-Unis compris, rappelle Lambert Mende.

    Que les États-Unis viennent concrètement au chevet du processus électoral en RD Congo

    Le porte-parole du gouvernement congolais explique également à son interlocuteur que le dialogue politique préconisé par le président Kabila voudrait « trouver des solutions idoines aux problèmes soulevés par le processus électoral que tout le monde souhaite transparent, démocratique et surtout apaisée ». Il regrette également que McCain « [s’inscrive], sur la base d’informations délibérément biaisées, dans la défense de thèses de ceux qui ne fondent leur existence politique que sur le schéma de l’instabilité chronique [des] institutions » de la RD Congo. Et conclut en invitant les États-Unis à « [venir] concrètement au chevet [du] processus électoral [congolais] avec des appuis financiers au lieu de se cantonner dans des anathèmes et des menaces d’une époque révolue ».

    JA.

     

  • Lettre à Joseph Kabila – Le Sénateur John McCain donne un dernier avertissement à Joseph Kabila

    Lettre à Joseph Kabila – Le Sénateur John McCain donne un dernier avertissement à Joseph Kabila

    John mccain-Ambassadeur François Balumuene
    Ambassadeur de la République Démocratique du Congo
    1100 Connecticut Avenue NW, Suite 725
    Washington DC. 20 036

    Monsieur l’Ambassadeur Balumuene
    ( CLIQUEZ ICI )

    Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation sur le climat politique de plus en plus répressif et la détérioration de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC). Concernant les deux dernières années, le Président Kabila semble manœuvrer pour éviter les élections nationales et consolide le pouvoir d’éroder le processus démocratique et la fermeture de l’espace politique. De telles actions sont contraires aux obligations internationales de la RDC et risquent la poursuite du conflit dans votre pays.

    Comme beaucoup de leaders aux États-Unis et à travers le monde, j’avais suivi de près les développements dans votre pays qui méritent préoccupation. L’année dernière, le Président Kabila a présenté un acte au Parlement qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’à ce qu’un recensement soit achevé, qu’il estime prendrait environ quatre ans. Cela avait conduit à des manifestations de masse au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été tuées par les forces gouvernementales.

    Depuis ce temps, le Président Kabila a entrepris une campagne à grande échelle pour réprimer la dissidence politique et consolider le pouvoir. Au mois de Décembre 2015, sept personnalités politiques ont été expulsées de la Majorité Présidentielle pour avoir signé une lettre exhortant le président Joseph Kabila à respecter la Constitution. Peu après, six militants avaient été arrêtés et condamnés à deux ans de prison après avoir appelé à une grève générale contre les actions du président. Ces incidents corroborent d’autres rapports disant que les responsables de la sécurité et de renseignement congolais ont été menés pour réprimer les militants pacifiques, les dirigeants politiques, et d’autres qui opposent les tentatives faites par le Président Joseph Kabila pour rester au pouvoir. Humant Rights Watch a documenté des dizaines de cas de militants et de dirigeants de partis politiques qui ont fait face à une arrestation arbitraire et détention illégale. Pire encore, les rapports crédibles des groupes de droits de l’homme indiquent que les opposants politiques sont désormais confrontés à des menaces de mort de la part des autorités.

    Il y a deux ans, le secrétaire d’Etat américain John Kerry  avait visité Kinshasa et avait publiquement appelé le Président Kabila de respecter les prescrits de la constitution du pays interdisant la recherche d’un troisième mandat et de permettre aux élections de 2016 d’avoir lieu comme prévu. Malheureusement, les actions du Président Kabila à ce jour ont démontré le mépris de la loi dûment constituée du pays, ainsi que pour les appels internes et de la communauté internationale, de s’y conformer. Les étapes qu’il a prises pour contourner la constitution, obstruant illégalement les opposants politiques, créer ingénieusement des obstacles aux élections prévues, et réprimer les journalistes portent atteinte à la primauté du droit et manifestent un mépris évident pour l’avenir démocratique de la RDC et le bien-être du peuple congolais.

    Par conséquent, je demande urgemment le Président Kabila et votre gouvernement de respecter et de protéger les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, et de mettre fin à toutes les formes d’intimidation, de harcèlement, des attaques contre les militants des droits de l’homme et des opposants politiques. Tous les acteurs politiques congolais ne doivent épargner aucun effort, dans le cadre de la constitution du pays, pour assurer des élections libres et équitables, préserver la paix, renforcer la démocratie, et de renforcer la primauté du droit.

    Les États-Unis prennent avec valeur sa bonne relation avec la RDC et sont fiers d’avoir fourni une assistance à votre gouvernement pour que vous continuiez à confronter les défis en cours. Au moment où les menaces dans la région sont de plus en plus croissantes, nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger notre partenariat à travers des actions qui pourraient nuire à la sécurité et à la stabilité à long terme de la RDC. Le Président Kabila a contribué au parcours de la RDC d’hostilité à une stabilité relative. Il a maintenant l’opportunité de cimenter son héritage en mettant le pays sur la voie démocratique et la prospérité pour les générations futures de Congolais et le monde va longtemps célébrer.

    Mon espoir est que la RDC aura son tout premier transfert démocratique du pouvoir cette année. A cette fin, je vais travailler avec mes collègues pour appuyer le processus électoral et de continuer à renforcer les liens entre nos deux nations.

    Cordialement,

    John McCain
    États-Unis sénateur.

    – See more at: http://www.congovox.com/lettre-%C3%A0-joseph-kabila-le-s%C3%A9nateur-john-mccain-donne-un-dernier-avertissement-%C3%A0-joseph-kabila-et-se#sthash.lT1KMTzX.dpuf

  • Au grand marché de Kinshasa, “même le prix du piment augmente”

    Au grand marché de Kinshasa, “même le prix du piment augmente”

    pili pili-Depuis février, le cours du franc congolais augmente après plusieurs années d’une stabilité remarquable autour de 920-930 francs congolais pour un dollar.

    “Ici, les prix ont vraiment grimpé depuis cette affaire du taux de change qui augmente chaque jour”, remarque Sandra Umba sur le grand marché de Kinshasa.

    Chez le grossiste, “un sac de choux est passé de 25.000 à 55.000 francs congolais” en conséquence de quoi “un chou que je vendais à 500 francs (un peu plus d’un demi dollar naguère, NDLR) est passé à 1.500 francs” en moins d’un mois, explique cette vendeuse de légumes.

    Depuis février, le cours du franc congolais glisse par rapport au billet vert après plusieurs années d’une stabilité remarquable autour de 920-930 francs congolais pour un dollar. Chez les changeurs de la rue Lukusa, référence dans le nord de la capitale de la République démocratique du Congo, la baisse s’est amorcée dans les derniers mois de 2015 pour s’accélérer en février et s’accentuer nettement depuis quelques jours.

    Jusqu’à 977 francs congolais pour un dollar

    Lundi, certains établissements proposaient jusqu’à 977 francs congolais pour un dollar tandis que des commerçants pratiquaient un taux à “nonante-huit” (980 francs pour un dollar).

    Dans un pays où la plupart des produits de première nécessité sont importés, les variation de change perturbent vite les prix à la consommation, ce qui vient ajouter aux difficultés d’une population vivant largement dans la très grande pauvreté.

    “Regardez, un kilo de carottes de 2.000 francs se vend aujourd’hui à 4.000. On ne peut pas continuer à cette allure”, se plaint une cliente, “même le prix du piment a augmenté”.

    Premier ministre du président Joseph Kabila depuis bientôt quatre ans, Matata Ponyo, qui fut ministre des finances de 2010 à 2012, vante régulièrement la “stabilisation du cadre macroéconomique” congolais comme sa grande réussite.

    Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’inflation, qui dépassait 46% en 2009 a été ramenée autour de 1% de 2013 à 2015. Dans le même temps, la croissance économique du pays, premier producteur africain de cuivre et premier producteur mondial de cobalt, a atteint en moyenne de 7,7% par an sur la période 2010-2015.

    Elle a néanmoins fortement ralenti en 2015, frappée par la baisse des cours des matières premières, et se fait rudement sentir sur les finances de l’État qui voit fondre ses recettes fiscales.

    Spectre de l’hyperinflation

    La chute du franc congolais par rapport au billet vert semble pour l’instant limitée à Kinshasa : à Lubumbashi (sud-est), la deuxième ville du pays, ou à Goma (est), les changeurs continuent de pratiquer un taux aux alentours de 920 francs congolais pour un dollar. Mais comme à Kinshasa, la recharge de 100 unités de crédit téléphonique a bondi de 20% avec le week-end : 1.200 francs lundi contre 1.000 vendredi.

    L’économie congolaise est dollarisée à plus de 85%, mais la plupart des salaires sont définis en francs congolais. Fragilisée par une crise de liquidités depuis la fin du mois de mars, la BIAC, une des plus grandes banques du pays, continue de bloquer les retraits en dollars, qui se font rares dans la capitale.

    Le 7 avril, les services du Premier ministre s’étaient réjouis qu’une injection sur le marché bancaire de 50 millions de dollars réalisée en février par la banque centrale et diverses “mesures” gouvernementales aient permis de stabiliser le taux de change entre 955 et 960 francs pour un dollar. Mais c’était avant que la monnaie nationale ne reprenne sa glissade et plusieurs opérateurs économiques s’inquiètent désormais que l’État n’ait plus les moyens de contenir un recul plus marqué du franc.

    Matata Ponyo, qui a longtemps répété que la RDC n’avait pas besoin de l’aide du FMI, a rencontré sa directrice générale Christine Lagarde il y a quelque jours à Washington.

    Alors que règne un climat d’incertitude politique lié à la quasi-certitude du report de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année, certains dans la capitale, commencent à redouter un retour à l’hyperinflation du début de la décennie 1990.

    “On a connu ce genre de perte de la valeur de notre monnaie à l’époque de Mobutu (1965-1997). Curieusement, c’est maintenant que cela arrive”, dit un fonctionnaire sous couvert d’anonymat. Mais “jusque-là, se rassure-t-il, le prix du carburant à la pompe n’a pas bougé”.

    Avec AFP