Author: Don Kayembe

  • Elections en RDC: la Cenco répond à la Céni

    Elections en RDC: la Cenco répond à la Céni


    Par
    RFI

    Publié le 05-01-2019
    Modifié le 05-01-2019 à 17:25

    Alors que nous sommes toujours dans l’incertitude sur la date de publication des résultats provisoires de la présidentielle en RDC, la passe d’armes se poursuit entre la conférence épiscopale (Cenco) et la Commission électorale (Céni). Le jeudi 3 janvier, la Cenco mettait en demeure la Céni de donner les vrais résultats sortis des urnes et assurait connaître le vainqueur de la présidentielle, sans préciser son nom. Le lendemain, la Céni avait écrit au président de la Cenco pour protester, accusant l’Eglise catholique de donner des tendances, de violer les lois et de finalement préparer à un soulèvement. La réponse ne s’est pas fait attendre et c’est par courrier que la conférence épiscopale répond.

    C’est le président de la Cenco qui avait été interpellé et c’est donc lui qui répond. Monseigneur Utembi commence sa missive par dire que le courrier de Corneille Nangaa est « tombé à point nommé » alors que tous les archevêques et évêques délégués du pays étaient réunis dans le cadre de leur comité de suivi du processus électoral.

    « C’est donc dans ce cadre que votre lettre a été examinée », précise le président de la conférence épiscopale. Les évêques du Congo se disent « surpris » par les allégations de violer systématiquement les lois alors qu’ils n’ont jamais donné de tendances ou de résultats. Ils s’étaient bien gardés de transmettre le nom de l’heureux élu ou même de dire publiquement s’il était de l’opposition ou de la majorité. Aussi, ils rappellent que l’objectif de l’observation citoyenne, c’est de crédibiliser le processus électoral et de contribuer à la légitimation des institutions élues.

    Dans sa missive, le président de la conférence épiscopale dit « oser croire » que « cet objectif est une matière d’intérêt commun » avec la Céni. Quant au fait d’accuser la Cenco de préparer un soulèvement, le jugement des évêques est sans appel.

    « Ce sont les irrégularités qui irriteraient la population et la plus grave qui pourrait porter le peuple au soulèvement serait de publier les résultats, quoique provisoires, qui ne soient pas conformes à la vérité des urnes », écrit Monseigneur Utembi.

    L’origine de l’article >>

  • Présidentielle à Madagascar : heurts entre manifestants et forces de l’ordre

    Présidentielle à Madagascar : heurts entre manifestants et forces de l’ordre

    Des incidents ont éclaté samedi à Antananarivo entre partisans de l’ex-chef de l’Etat Marc Ravalomanana, donné perdant de la présidentielle du 19 décembre, et les forces de l’ordre qui ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Pour la cinquième fois en une semaine, quelque 500 pro-Ravalomanana ont bravé l’interdiction de manifester sur la place centrale du 13-Mai dans la capitale malgache.

    Les forces de l’ordre les ont dispersés à coups de gaz lacrymogène, comme mercredi, et les protestataires ont riposté avec au moins deux cocktail Molotov, ont constaté des journalistes de l’AFP. Quatre personnes ont été arrêtées samedi, selon les mêmes sources.

    La HCC va se prononcer sur les recours

    Les manifestants dénoncent des fraudes lors du second tour de la présidentielle, remporté par l’ancien président Andry Rajoelina (2009-2014) selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

    Il a obtenu 55,66% des suffrages, contre 44,34% pour Marc Ravalomanana qui a déposé des recours devant la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour contester les résultats.

    La HCC doit se prononcer sur la validité ou non de ces recours mardi. D’ici là, les partisans de Marc Ravalomanana ont prévu de manifester quotidiennement pour faire pression sur la principale instance judiciaire du pays.

    « C’est injuste qu’on nous disperse comme ça à coups de gaz lacrymogène, nous des simples citoyens qui réclamons juste la vérité des urnes », a estimé un manifestant, Jean-Paul Rasolon, 53 ans.

    « Après ce 8 janvier, si on ne restaure pas la vérité, peu importe qui va gagner, on va entrer dans une crise », a-t-il prévenu.

    « Nous ne sommes pas ici pour troubler l’ordre public », s’est indignée une autre manifestante, Ninia Donia. « On veut juste la vérité, parce que j’ai vu de mes propres yeux les fraudes massives. »

    Règlement de comptes

    Après une chasse au chat et à la souris entre manifestants et forces de l’ordre, une pluie torrentielle s’est abattue sur la capitale, vidant la place du 13-Mai.

    L’élection de 2018, qui s’est déroulée sans incident majeur, a pris le tour d’un règlement de comptes entre Marc Ravalomanana, qui a quitté le pouvoir en 2009 sous la pression de la rue et de l’armée qui avait confié le pouvoir à l’opposant Andry Rajoelina.

    Les deux hommes avaient été interdits de candidature à la présidentielle de 2013 dans le cadre d’un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale.

    L’origine de l’article >>

  • Ribéry règle ses comptes sur les réseaux sociaux

    Ribéry règle ses comptes sur les réseaux sociaux

    Copyright de l’image Getty Images

    Le milieu de terrain du Bayern Munich a posté sur ses comptes Instagram et Twitter des messages jugés virulents.

    Répondant à une polémique née d’une vidéo qu’il aurait postée les réseaux sociaux, Franck Ribéry a publié sur ses comptes Instagram et Twitter des messages jugés virulents.

    “Je ne vous dois rien, ma réussite c’est avant tout grâce à Dieu, à moi, à mes proches et à ceux qui ont cru en moi, pour les autres, vous n’étiez que des cailloux dans mes chaussettes”, a écrit le joueur âgé de 35 ans.

    Lire aussi:

    Ribéry prolonge d’un an au Bayern

    Ribéry: “Celui qui craint Paris reste à Munich”

    Dans un autre message, il s’en prend aux “pseudo-journalistes”, les accusant d’être “toujours dans la critique négative”.

    Cette salve fait suite à une polémique née sur les réseaux sociaux lorsque Ribéry a posté une vidéo de lui dans un restaurant où il déguste une entrecôte couverte de feuilles d’or. Selon le quotidien allemand Bild, la vidéo a été réalisée à Dubaï.

    Lire aussi:

    Bundesliga: Ribéry absent “des semaines”

    De nombreux médias ont affirmé que le joueur avait déboursé 1.200 euros (environ 787.148 francs CFA) pour cette pièce de viande.

    Des internautes ont affirmé qu’il s’agissait de 1200 dirhams des Emirats Arabes Unis, soit 286 euros (environ 187.603 francs CFA).

    Certains internautes ont jugé “indécent” ou ont vivement fustigé le joueur pour une telle dépense.Ribéry règle ses comptes sur les réseaux sociaux

    L’origine de l’article >>

  • Nigeria : Buhari se défend après la nomination de sa nièce à la commission électorale

    Nigeria : Buhari se défend après la nomination de sa nièce à la commission électorale

    La présidence nigériane et le président de la Commission électorale indépendante (Céni) se sont défendus face aux critiques de l’opposition qui dénonce la nomination de la nièce du président Muhammadu Buhari au sein de la commission électorale, à six semaines d’un scrutin présidentiel auquel l’ancien général briguera sa propre succession.

    « Je suis le seul responsable de la compilation des résultats », a déclaré savoir le président de la Céni, Mahmood Yakubu, vendredi soir, après une polémique lancée par le principal parti de l’opposition qui refuse la nomination de Amina Zakari, nièce par alliance du président Buhari, à la tête d’une branche de l’institution, le centre de compilation des résultats de la présidentielle du 16 février.

    « Quelqu’un doit s’occuper de l’organisation des lieux du vote, de la distribution des réseaux internet, des accréditations des observateurs internationaux et des journalistes », s’est défendu le président de la Céni, affirmant que ces tâches ne peuvent influer le résultat de la présidentielle du mois prochain, à laquelle le chef de l’État est candidat à un second mandat.

    « Nièce par alliance »

    Vendredi, la présidence avait déjà voulu mettre un terme à la polémique, affirmant qu’Amina Zakari était sa « nièce par alliance ». « Dire qu’il y a des liens de sang entre le président et une commissaire électorale est un pur mensonge », a assuré Gerba Shehu, porte-parole de M. Buhari.

    Le Parti populaire démocratique (PDP), principal parti d’opposition, a rejeté cette semaine à la nomination d’Amina Zakari « à la tête de la délégation qui révélera les résultats des élections, à laquelle son oncle, le président Buhari, est candidat ».

    Pour le PDP, qui affrontera directement le président sortant, cette nomination est une « violation directe du code de l’élection présidentielle ». « Nous ne l’accepterons pas », a affirmé le PDP, dans un communiqué.

    Le président Buhari, élu pour un premier mandat en 2015, enregistre un bilan très mitigé notamment en terme de sécurité et de relance de l’économie. Il affrontera un ancien vice-président, Atiku Abubakar, lors des élections générales prévues du 16 février.

    L’origine de l’article >>

  • Une footballeuse ouvre une académie de football féminin au Cameroun

    Une footballeuse ouvre une académie de football féminin au Cameroun

    Copyright de l’image Getty Images

    Gaëlle Enganamouit, star de l’équipe féminine camerounaise, a fondé la “Rails Football Academy”, la première école de football féminin du pays.

    L’ouverture officielle de la nouvelle académie a eu lieu vendredi 4 janvier 2019. Pour ses débuts, elle va recruter 18 joueuses qui seront réparties dans trois catégories : les moins de huit ans, les moins de 13 ans et les moins de 17 ans.

    Lire aussi:

    Défaite des Black Queens du Ghana

    “Je donnerai tout pour former mes jeunes sœurs et les aider à grandir. (…) Avec ce que j’ai aujourd’hui, j’ai décidé d’aider les autres”, a dit à la BBC Gaëlle Enganamouit, lauréate du prix de la meilleure footballeuse 2015, décerné par la Confédération africaine de football.

    Copyright de l’image Getty Images

    “Nous commençons par Yaoundé, mais nous appelons les joueuses des autres régions à être patientes, car l’académie va s’ouvrir à elles”, a promis Enganamouit.

    Pour cette initiative, cette footballeuse qui joue maintenant pour Avaldsnes IL, un club norvégien, dit compter sur le soutien de la Fédération camerounaise de football.

    Selon elle, les premières pensionnaires vont venir à l’académie seulement pour les entraînements, mais à l’avenir, elles vont bénéficier d’un régime d’internat, qui va prendre en charge leur scolarité.

    L’origine de l’article >>

  • Soudan: les manifestations se poursuivent et la répression s’intensifie

    Soudan: les manifestations se poursuivent et la répression s’intensifie


    Par
    RFI

    Publié le 05-01-2019
    Modifié le 05-01-2019 à 13:12

    Au Soudan, c’est une nouvelle journée de manifestation qui s’est dessinée en fin de semaine. L’Association soudanaise des professionnels avait appelé à de gros rassemblements, après la prière du vendredi. Les forces de l’ordre se sont déployées en force pour empêcher tout regroupement et la police anti-émeutes a fait usage des gaz lacrymogènes. Joint par RFI, Mohamed Naji, journaliste soudanais, souligne que la répression s’est intensifiée, ces derniers jours.

    Suite à l’appel de l’Association soudanaise des professionnels – qui regroupe plusieurs syndicats professionnels – à des rassemblements, après la prière du vendredi, le 4 janvier, les forces de l’ordre se sont déployées, en force, autour des principales places de Khartoum et dans la ville de Oumdourman pour empêcher tout regroupement.

    A Oumdourman, des heurts ont éclaté. La police anti-émeutes a lancé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui sortaient de la mosquée et qui scandaient « Liberté, paix, justice ». La veille, jeudi, le Service national du renseignement et de la sécurité avait procédé à de nombreuses arrestations, notamment de deux éditorialistes de renom, Fais al-Saleh et Korachi Awad.

    Joint par RFI, le journaliste soudanais Mohamed Naji a fait état de très nombreuses arrestations. « Une vague d’arrestations qui, cette fois, visait essentiellement les journalistes, connus pour être critiques à l’égard du régime, mais aussi des activistes de la société civile. Plusieurs personnes nous ont dit, par ailleurs, que les services de sécurité cherchaient activement un certain nombre de dirigeants politiques qui sont maintenant entrés dans la clandestinité », dénonce t-il.

    « Il s’agit surtout de chercher à éteindre les foyers dans son vif. Le régime en général et les forces de sécurité ont réussi, jusqu’à présent, à ‘mater’ les manifestations, je veux dire à les contenir et à les disperser. On ne veut donc pas permettre à la rue de se développer au point où les services de sécurité et de police ne soient plus en mesure de contenir la situation. C’est donc alarmant pour le régime. Les gens en ont ras-le-bol. Ils n’ont plus peur du régime. Ils sortent tous les jours et font des manifestations. Cette fois, par conséquent, l’oppression ne marche plus. C’est pour ça que c’est assez alarmant », a ajouté Mohamed Naji.

    Ces manifestations, au Soudan, ont commencé, il y a une quinzaine de jours. Initialement organisées pour protester contre la hausse du prix du pain, elles se sont rapidement transformées en marches anti-régime.

    L’origine de l’article >>

  • Burkina Faso: visite de Wang Yi, ministre des Affaires étrangères chinois

    Burkina Faso: visite de Wang Yi, ministre des Affaires étrangères chinois


    Par
    RFI

    Publié le 05-01-2019
    Modifié le 05-01-2019 à 12:38

    Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang YI, était, vendredi 4 janvier, au Burkina Faso où  il a promis le soutien de la Chine aux pays du G5 Sahel. Même si les sujets tels que la santé, l’agriculture, les infrastructures routières ou encore éducation étaient au cœur des échanges avec son homologue burkinabè, la question sécuritaire a occupé une place importante.

    Sept mois après la reprise des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso, beaucoup de progrès ont été réalisés, selon Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères.

    Le chef de la diplomatie chinoise a, quant à lui, rappelé l’engagement de son pays à son soutenir le Burkina Faso dans son développement et cette visite du chef de la diplomatie chinoise a été l’occasion, pour le Burkina Faso, de rappeler ses priorités, à savoir « les questions de défense et de sécurité, les infrastructures sociales, notamment scolaires et de santé. En attendant, nous avons eu quelques bonnes nouvelles, avec le ministre Wang Yi, à savoir l’appui de la Chine au G5 Sahel, notamment une somme de 300 millions de yuans », a souligné Alpha Barry.

    Face à la menace terroriste qui gagne du terrain dans la région sahélienne, Wang YI, ministre des Affaires étrangères et conseiller d’Etat chinois a expliqué que l’aide militaire promise aux pays africains est en voie de livraison.

    « Les premiers matériels de l’aide militaire sont déjà acheminés en Afrique. Nous apprécions hautement les efforts précieux déployés par le G5 Sahel, y compris par le Burkina Faso », a-t-il déclaré.

    Le chef de la diplomatie chinoise promet que son pays suivra de très près la situation sécuritaire sur le continent et, en fonction des besoins, il réagira.

    L’origine de l’article >>

  • Affaire Khashoggi : le récit de Ryad pas encore assez ” crédible “, selon Washington

    Affaire Khashoggi : le récit de Ryad pas encore assez ” crédible “, selon Washington

    Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore montrées suffisamment « crédibles » dans la gestion de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, a déclaré vendredi un haut responsable américain.

    « De notre point de vue, les récits qui ont émergé côté saoudien au cours du processus judiciaire n’ont pas encore atteint le seuil de crédibilité et responsabilité nécessaire », a affirmé ce responsable à des journalistes sous couvert de l’anonymat.

    « Il est dans l’intérêt des Saoudiens de s’attaquer vigoureusement à ce problème pour se débarrasser de ce boulet et tourner la page de cet incident qui a suscité un tel tollé », a-t-il ajouté en référence à l’affaire du journaliste saoudien tué début octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

    Mike Pompeo sous pression

    Selon ce responsable, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui fera étape à Ryad lors de la tournée qui l’emmènera au Moyen-Orient à partir de mardi, « va évoquer le cas » avec les Saoudiens.

    Il va « continuer à faire pression pour que les responsables rendent des comptes et pour que les dirigeants saoudiens se montrent crédibles au cours du processus judiciaire qui a commencé cette semaine », a-t-il ajouté.

    Les sénateurs américains sont particulièrement remontés contre Ryad depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, début octobre dans le consulat d’Arabie à Istanbul. Ils ont adopté une autre résolution, par consentement unanime, accusant le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d’être « responsable du meurtre », alors même que l’administration Trump a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume.

    La peine de mort requise contre 5 suspects

    Un procès s’est ouvert jeudi à Ryad au cours duquel le procureur général a requis la peine de mort contre cinq suspects de ce meurtre commis par des agents saoudiens. Mais l’identité des commanditaires continue de faire des vagues : le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président Donald Trump, a estimé en décembre, dans une résolution adoptée par consentement unanime, que le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane était « responsable du meurtre ».

    L’administration Trump assure pourtant ne pas avoir de preuve irréfutable d’une telle responsabilité et a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume, jugée indispensable à ses yeux.

    « Les Saoudiens doivent présenter un récit crédible de ce qui s’est passé », et « s’assurer que les exécutants comme les commanditaires soient tous identifiés par les Saoudiens et soient tenus entièrement responsables avec des châtiments appropriés », a estimé vendredi le responsable américain.

    L’origine de l’article >>

  • Soudan : ” Le pouvoir d’Omar el-Béchir ressent la pression, c’est une évidence “

    Soudan : ” Le pouvoir d’Omar el-Béchir ressent la pression, c’est une évidence “

    Rachid Saïd, journaliste soudanais proche de l’opposition et vivant en France, décrypte le fonctionnement et les revendications d’Intifada, mouvement d’opposition qui ne faiblit pas depuis mi-décembre dans le pays du président Omar el-Béchir.

    Depuis le 19 décembre, les manifestations continuent sur un rythme quasi quotidien au Soudan. Initialement, les premières revendications étaient économiques et sociales. Mais le départ du président Omar el-Béchir est devenu la première exigence de « l’Intifada » soudanaise.

    Rachid Saïd est un ancien militant du Parti communiste soudanais et ex-diplomate, chassé de ses fonctions en 1989 dans la foulée du coup d’État de l’actuel président, le général Omar el-Béchir. Il vit en France depuis 1992 et reste proche de l’opposition. Il revient sur l’évolution du mouvement, sa géographie, sa composition et son organisation.


    >>> À LIRE – Manifestations au Soudan : Omar el-Béchir appelle à recourir « moins à la force »


    Jeune Afrique : En quoi les manifestations actuelles diffèrent-elles du soulèvement de 2013 ?

    Rachid Saïd : Elles sont différentes par leur ampleur. En 2013, les manifestations étaient concentrées à Khartoum et étaient surtout le fait des lycéens, des étudiants et des organisations de jeunesse. Là, les piliers du mouvement sont les associations de professionnels, qui « remplacent » dans leur rôle classique les syndicats, tenus par le régime au Soudan. Sur un plan géographique, les premières villes à s’être soulevées sont Al-Qadarif, dans le sud, et Atbara, dans le nord.

    Dans ces agglomérations, les manifestations ont commencé autour de revendications économiques et sociales.

    Atbara, première ville dans laquelle les manifestations ont éclaté, est un vieux fief du mouvement ouvrier. C’est la cité des travailleurs du chemin de fer. Dans les années 1990, le régime a vendu jusqu’aux rails du réseau ferroviaire, pour s’orienter vers le transport par camions. Depuis, la région s’est paupérisée. Les revendications tournaient donc autour des droits sociaux les trois premiers jours. Mais, très vite, la question de la transition de régime s’est posée.

    Les associations de professionnels ont demandé le départ du régime dès les premiers jours, comme suite logique de leurs revendications économiques

    Parce que les manifestations de colère sont régulières, tout autant que les promesses faites par le président, beaucoup de gens sont lassés. C’est pourquoi les associations de professionnels ont demandé le départ du régime dès les premiers jours, comme suite logique de leurs revendications économiques.

    Les Soudanais darfouris trouvent-ils leur place dans le mouvement ?

    Les Darfouris qui vivent à Khartoum ou dans d’autres villes sont bien sûr partie prenante du mouvement, qui insiste sur l’unité de la nation. Après que Béchir a accusé le mouvement rebelle darfouri d’Abdul Wahid Al-Nour d’organiser des troubles dès les premières manifestations, des Soudanais de toutes les régions se sont amusés à chanter : « Nous sommes tous Darfouris ».


    >>> À LIRE – Soudan : Omar el-Béchir, le glaive et le Coran


    En revanche, il n’y a pas de manifestations au Darfour même, pour une très simple raison : tout le monde sait que la région étant tenue par des milices très violentes, elles tourneraient sans doute au massacre. De plus, dès les premiers jours de révolte, le régime y a fermé les écoles et les universités.

    Depuis le début du mouvement, comment ce dernier a-t-il évolué ?

    Un fait remarquable est la présence massive de femmes. C’est une évolution notable par rapport à 2013. Une des autres grosses tendances a été l’abandon des violences, et ce dès le troisième jour environ. Au départ, les locaux du Congrès national, le parti au pouvoir, étaient visés, incendiés. Depuis, les manifestations sont souvent non violentes. Et, surtout, l’opposition se structure.

    Comment l’opposition s’organise-t-elle ?

    Au Soudan, il est très difficile aujourd’hui de se réunir à plus de quatre ou cinq personnes. Impossible de mettre des représentants de dizaines d’organisations dans une même salle. La quasi-totalité de la direction des Forces de consensus national, qui réunissent autour du Parti communiste la formation Al-Oumma de Sadek al-Mahdi, ainsi que divers mouvements nationalistes et d’opposition, a été arrêtée lors d’une réunion dès les premiers jours de la révolte.

    La coordination à l’étranger a nommé deux porte-parole, au cas où les arrestations l’empêchent de diffuser ses messages depuis l’intérieur

    La « Coordination de l’Intifada », principal point de centralisation de la révolte, réunit donc quatre ou cinq personnes : des représentants de trois ou quatre grands blocs, fruits d’unions préalables entre des organisations d’opposition. Les associations de professionnels, qui sont l’armature de l’Intifada dans les rues, les régions et les villes, y ont une place, pour représenter le mouvement en cours, qui a permis de voir émerger des figures jusqu’ici inconnues, comme Mohammed Naji al-Asam, un jeune médecin de 26 ans. La coordination à l’étranger a par ailleurs nommé deux personnes comme porte-parole, au cas où les arrestations l’empêchent de diffuser ses messages depuis l’intérieur.

    Cette coordination a-t-elle fait connaître ses vues ?

    En plus de maintenir à jour la liste des arrestations et d’organiser les manifestations, elle a émis un document proposant un premier plan pour une transition en quatre ans, basé sur la réconciliation et la paix avec les mouvements rebelles armés, des mesures sociales et économiques, la rédaction d’une nouvelle Constitution, ainsi que l’organisation à terme d’élections. Plus que jamais, la transition paraît possible aux Soudanais.

    Béchir peut-il tout de même continuer à compter sur des forces politiques qui lui sont favorables ?

    Une partie du mouvement islamiste lui reste fidèle, bien que des gens se réclament de l’appellation « Frères Musulmans », ou que le parti islamiste Islah est aujourd’hui dans l’opposition. Certains militants fidèles à la mémoire d’Hassan al-Tourabi continuent aussi de soutenir Béchir, vaille que vaille. Mais les réels piliers du régime sont des sécuritaires, des corps policiers, des franges de l’armée et, surtout, les milices. Ces dernières sont sûrement plus fidèles que certains jeunes militaires, dont on a vu quelques uns sourire à la foule et appeler au calme, les armes à feu bien rangées.

    Sur un plan diplomatique, l’opération charme que Béchir a entamé depuis quelques temps le protège-t-elle également ?

    Béchir a participé à la « lutte anti-terroriste », à la politique dite « d’externalisation des frontières » de l’Union européenne, et a collaboré sur le dossier libyen. Il a respecté des cessez-le-feu dans certaines régions, comme le Nil bleu. Cela lui a offert des marges de manœuvre. Mais sa volonté affichée en début d’année de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat en 2020 a été mal vu par ses alliés traditionnels, les sécuritaires égyptiens, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.


    >>> À LIRE – Soudan : conforté à l’étranger, Omar el-Béchir serre la vis à l’intérieur


    En fait, Béchir a surtout voyagé en Russie à deux reprises dernièrement, et a rendu visite à Bachar al-Assad à Damas, transporté par un avion russe. Moscou est son soutien. Les Soudanais se partagent d’ailleurs des vidéos dans lesquelles on peut voir des hommes blancs évoluer aux côtés des forces de l’ordre soudanaises, dans les rues de Khartoum, pour s’opposer aux manifestants. Pour beaucoup, il s’agirait de ressortissants russes.

    Béchir a appelé la police à moins recourir à une force excessive. Qu’en pensez-vous ?

    Il a aussi récemment déclaré que tuer pour préserver la stabilité n’était pas incompatible avec la religion. Il multiplie les sorties pour se présenter comme proche du peuple, quitte à s’enfoncer le doigt dans la bouche en plein discours, pour raconter comment, lorsqu’il était jeune, il s’est lui-même arraché une dent cassée alors qu’il travaillait sur un chantier.

    C’est vrai que dans la rue, les violences diminuent. Cela peut paraître un peu sordide, mais un seul manifestant a été tué mardi dernier dans Khartoum, contre neuf le mardi d’avant. Le pouvoir a ressenti la pression, c’est devenu une évidence.

    L’origine de l’article >>

  • Tunisie : dans un contexte tendu, l’état d’urgence prolongé ” pour la dernière fois ” ?

    Tunisie : dans un contexte tendu, l’état d’urgence prolongé ” pour la dernière fois ” ?

    Le président Béji Caïd Essebsi a annoncé aujourd’hui la prolongation jusqu’au 4 février de l’état d’urgence, en vigueur dans le pays depuis une série d’attaques jihadistes sanglantes en 2015.

    Le chef de l’État Béji Caïd Essebsi « a décidé de prolonger l’état d’urgence d’un mois à compter du 6 janvier jusqu’au 4 février, à la suite de concertations avec le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée des représentants du peuple », a-t-elle indiqué dans un bref communiqué. « Cette prolongation serait probablement la dernière en attendant l’adoption par le Parlement d’un projet de loi réglementant l’état d’urgence », a ajouté, sous couvert de l’anonymat, un responsable à la présidence de la République.

    Heurts nocturnes

    Cette nouvelle prolongation intervient le lendemain d’une opération sécuritaire antiterroriste dans le centre-ouest du pays et dans laquelle deux jihadistes présumés retranchés dans une maison à Jelma dans la région de Sidi Bouzid, ont été tués.

    Fin décembre, des heurts nocturnes avaient été enregistrés dans plusieurs villes notamment au centre-ouest défavorisé du pays après l’immolation par le feu d’un journaliste voulant dénoncer les inégalités dans un pays englué dans le marasme économique malgré les acquis démocratiques de la révolution de 2011.

    L’état d’urgence avait été réinstauré le 24 novembre 2015, au soir de l’attentat perpétré en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués) et revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

    L’année 2015 avait été aussi marquée par deux autres attentats sanglants de l’EI contre des touristes au musée de Bardo à Tunis et dans une zone touristique de Sousse (est) qui avaient fait au total 60 morts (59 touristes et un policier).

    L’origine de l’article >>