Author: Don Kayembe

  • Cameroun : Paul Biya nomme Premier ministre le juriste anglophone Joseph Dion Ngute

    Cameroun : Paul Biya nomme Premier ministre le juriste anglophone Joseph Dion Ngute

    Nommé chef du gouvernement le 4 janvier par le président Paul Biya, Joseph Dion Ngute, juriste anglophone de 64 ans, remplace Philémon Yang, un autre anglophone qui a battu le record de longévité à ce poste. La formation de son équipe est attendue dans les prochaines heures.

    Joseph Dion Ngute se souviendra longtemps de cette semaine. Depuis deux jours, les réseaux sociaux sont inondés de photos de sa résidence d’Ekondo-Titi, son village, en flammes. Un incendie imputé aux séparatistes anglophones en conflit avec Yaoundé. Et en fin d’après-midi du 4 janvier, le président Paul Biya l’a nommé Premier ministre.

    Cet anglophone âgé de 64 ans, aux lunettes rectangulaires constamment vissées sur le visage, est originaire de la région du Sud-Ouest et était jusque-là ministre délégué chargé de mission à la présidence. Il remplace Philémon Yang, issu de l’autre région anglophone du Nord-Ouest. Nommé le 30 juin 2009, ce dernier a ainsi battu le record de longévité à ce poste, en l’occupant près de neuf ans. Depuis trois décennies, la primature échoit alternativement aux ressortissants de ces deux régions en proie depuis près de deux ans à un conflit séparatiste.

    Chargé de former le gouvernement de Biya

    Ce juriste, titulaire d’un doctorat en droit de l’université anglaise de Warwick, a entamé sa carrière à l’université de Yaoundé. Il devient le numéro deux du Centre national d’administration et de magistrature (Cenam), puis dirige l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), l’ENA locale. En décembre 1997, Joseph Dion Ngute entre dans le gouvernement comme ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures en charge du Commonwealth. Un poste que ce militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) occupe pendant pratiquement deux décennies.

    Joseph Dion Ngute est chargé de former le premier gouvernement après la victoire de Paul Biya (71,28%) à l’élection présidentielle du 7 octobre. Sa composition est attendue dans les prochaines heures.

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  • Villes intelligentes : Alger, carrefour high-tech ?

    Villes intelligentes : Alger, carrefour high-tech ?

    Un hub technologique a été officiellement lancé en juin 2018 à Alger, afin de transformer la capitale algérienne en ville intelligente. Si certains considèrent le projet comme déconnecté des priorités actuelles, il s’inscrit dans un projet initié par la wilaya fin 2016, auquel participent déjà quelque 300 start-up.

    Un espace où start-up algériennes et géants mondiaux de la technologie vont pouvoir se côtoyer, imaginer, tester des solutions innovantes et développer des partenariats pour le développement des villes africaines, mais aussi où les acteurs internationaux pourront mieux comprendre les conditions du marché local avant de le pénétrer… C’est l’objectif du hub technologique créé en avril par la wilaya d’Alger, afin de faire émerger l’écosystème d’entreprises innovantes indispensable au projet de ville intelligente qu’elle a engagé depuis fin 2016 – en décembre 2018, 300 start-up avait déjà été intégrées au programme.


    >>> À LIRE – Sciences et technologies : la fin des complexes en Afrique


    Installé à l’ouest de la capitale, dans l’ancien parc Dounia, ce hub a lancé ses activités les 27 et 28 juin 2018, en marge du sommet international d’Alger sur les villes intelligentes (Algiers Smart Cities Global Summit), où plus de 40 métropoles étaient représentées (Kigali, Paris, Londres, Séoul, Caracas, San Francisco, Vancouver…). Le parc a en effet accueilli le LeapFrog Hack, un hackathon, doublé d’un concours, co-organisé par la wilaya d’Alger et le club scientifique de l’École nationale supérieure d’informatique, qui a réuni plus de 200 porteurs de projets venus de tout le pays et coachés par des experts du monde entier.

    « Ce hub va permettre aux start-up de tester leurs solutions sans contraintes », souligne Abderrahman Ait Said, le directeur général d’Ursinia-Tech, l’entreprise lauréate. Fondée par des étudiants de l’École nationale polytechnique, elle s’est spécialisée dans les solutions de télé-relève, tri et analyse d’informations. Le premier prototype, un dispositif de relevé à distance de consommation d’eau, a été présenté à la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL).

    Écosystème numérique

    Avec le Laboratoire expérimental (également créé en avril), les écoles de programmation ou encore les fonds spécialisés, le Hub technologique d’Alger n’est que le maillon d’une chaîne en train de se former pour faire évoluer l’écosystème des technologies numériques, rappelle Riad Hartani, le conseiller en technologie stratégique du projet Alger Ville intelligente.

    Il n’y a pas de date de livraison pour un projet de ville intelligente. Il est intégré dans l’évolution à long terme d’Alger

    « Pris indépendamment les unes des autres, ces composantes auront des résultats limités. Ensemble, elles peuvent être très puissantes », explique-t-il. Et d’ajouter, à l’attention de ceux qui déplorent des retards : « Il n’y a pas de date de livraison pour un projet de ville intelligente. Il est intégré dans l’évolution à long terme d’Alger et de son plan de développement. » Son rythme répondra donc à l’évolution de la ville et non à un calendrier préalablement établi. Idem pour les financements.

    Selon Youghourta Benali, développeur back-end et éditeur du magazine en ligne it-scoop, dans ce domaine comme dans bien d’autres, le climat des affaires, ainsi que le déficit en infrastructures numériques et en main-d’œuvre spécialisée, freinent le développement administratif, opérationnel et commercial des start-up locales. « Avant de pouvoir parler de villes intelligentes, nous devons déjà moderniser nos villes ! », résume-t-il.


    L’Oxford Business Group (OBG) a publié fin 2018 une étude approfondie sur le projet « Alger, ville intelligente », pour lequel il est partenaire de la wilaya.

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  • Côte d’Ivoire : Guillaume Soro prend un peu plus ses distances avec le RHDP

    Côte d’Ivoire : Guillaume Soro prend un peu plus ses distances avec le RHDP

    Sommé de clarifier sa position vis-à-vis du futur parti unifié RHDP, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro a lancé depuis le début de l’année une offensive médiatique et politique, confirmant un peu plus son rapprochement avec Henri Konan Bédié.

    Ses déclarations ont sans doute pris de court ses adversaires au sein du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel, dont il est membre). Depuis son village natal, dans le septentrion ivoirien, Guillaume Soro a multiplié les piques et les réponses indirectes au sujet du futur parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

    « J’ai entendu quelqu’un dire qu’il va me chasser. Il veut m’humilier ou il veut m’insulter ? Il peut me chasser, moi ? Bon, comme je le dis, les temps ont changé. Comme les temps ont changé, même tous les gringalets peuvent parler aussi », a lancé le 1er janvier Guillaume Soro, sur un ton à la fois familier et ironique, devant des cadres et des chefs de communautés villageoises, invités à partager avec lui un repas de Nouvel An.


    >>> À LIRE – Adama Bictogo : « Le congrès du RHDP sonnera l’heure de la clarification »


    Le président de l’Assemblée nationale, qui a volontairement omis de clôturer la session parlementaire 2018, répondait ainsi à Adama Bictogo, vice-président du RDR et président du comité d’organisation du congrès du RHDP, prévu le 26 janvier. Au cours d’une conférence de presse, Adama Bictogo, un proche du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, rival de Guillaume Soro, avait demandé que chaque personnalité se réclamant de la majorité présidentielle clarifie sa position vis-à-vis du parti unifié à constituer.

    Sera-t-il présent au congrès du RHDP ?

    « Chacun doit se déterminer. Évidemment, si vous êtes président de l’Assemblée nationale que vous n’adhérez pas au RHDP ou que vous avez décidé de ne pas être RHDP, n’attendez pas qu’on vous demande de partir, déposez le tablier », avait souligné Bictogo, qui se faisait l’écho d’une opinion largement répandue au sein des partisans d’Alassane Ouattara.


    >>> À LIRE – Côte d’Ivoire : des dissensions au RHDP à un mois de son congrès constitutif


    Guillaume Soro n’a jusque-là pas confirmé sa participation ou non au congrès constitutif du RHDP. Si l’on en croit le titre de l’édition du 4 janvier de Générations Nouvelles, dernier né des quotidiens ivoiriens et proche de Soro, ce dernier aurait décidé de ne pas s’y rendre. « Congrès constitutif du RHDP : Soro dit non à Ouattara », titrait ainsi le journal.

    Je vais aller saluer Bédié, matin, midi, soir, si je veux

    Un ticket Bédié-Soro en 2020 ?

    Une distance vis-à-vis du RHDP qui le rapproche davantage d’Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Les deux hommes ne cachent plus leur partenariat, dans le cadre d’une nouvelle plateforme politique devant regrouper les principaux opposants à Ouattara et dont les négociations se déroulent dans un secret absolu. Chacune de leurs rencontres faisant l’objet d’interprétations de la part de leurs pourfendeurs, Soro s’est voulu catégorique : « Je vais aller saluer Bédié, matin, midi, soir, si je veux ».

    Ajoutant : « Je suis en train de demander le pardon, la réconciliation, donc je peux aller voir qui je veux, en Côte d’Ivoire. Ils disent que jamais les Baoulés ne vont voter pour moi. J’ai compris. Mais quand je suis allé saluer Bédié, patron des Baoulés, il a dit que [j’étais] son fils. Donc, je suis Baoulé ». Cette phrase de Guillaume Soro a eu le mérite de livrer deux informations majeures sur sa propre posture vis-à-vis de la présidentielle de 2020. D’abord sa candidature à cette élection, puis la possibilité pour lui d’avoir le parrainage de Bédié et de son parti, le PDCI.

    En effet, dans les états-majors des deux personnalités, personne n’écarte l’idée d’un ticket Bédié-Soro, à la présidentielle de 2020.

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  • Élections en RDC : la majorité pro-Kabila ” dénonce l’attitude partisane ” de l’Église catholique

    Élections en RDC : la majorité pro-Kabila ” dénonce l’attitude partisane ” de l’Église catholique

    La majorité favorable au président Joseph Kabila a accusé vendredi 4 janvier la Conférence épiscopale d’avoir une « attitude partisane » et de « violer gravement la Constitution», après avoir affirmé la veille qu’elle connaissait le vainqueur de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo.

    La coalition au pouvoir, Front commun pour le Congo (FCC), « déplore, dénonce et condamne fermement l’attitude partisane, irresponsable et anarchique de la Cenco« , a déclaré l’un de ses porte-parole, vendredi lors d’un point-presse.


    >>> À LIRE – Élections en RDC : la Conférence épiscopale dit posséder le nom du vainqueur


    Le FCC cite nommément le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole, qui « se permet de proclamer en toute illégalité des tendances culminant au choix à la présidentielle d’un candidat déjà bien identifié ». « Cela viole gravement autant la Constitution et la loi électorale que la charte de bonne conduite, lesquelles imposent aux parties prenantes de ne pas proclamer lesdits résultats, attribution reconnue à la seule Commission électorale nationale indépendante (Ceni) », a ajouté ce porte-parole, Barnabé Kikaya Bin Karubi, par ailleurs conseiller du président Kabila.

    La Cenco n’a pas donné le nom du vainqueur, mais a invité la Ceni à publier les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice

    La Cenco « constate que les données à sa disposition, issues des procès-verbaux des bureaux de vote, consacrent le choix d’un candidat comme président de la République », avait déclaré jeudi l’abbé Nshole, en présentant le rapport préliminaire de la mission d’observation électorale de l’Église catholique. Il n’a pas donné le nom du vainqueur, mais a invité la Ceni à « publier en toute responsabilité les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice ».

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  • [Tribune] En RDC, les risques d’un putsch électoral

    [Tribune] En RDC, les risques d’un putsch électoral

    Pour la première fois depuis 1960, une passation de pouvoir entre un président sortant et un autre démocratiquement élu devait avoir lieu. Mais au vu des éléments dont dit disposer la FIDH et des irrégularités constatées, le peuple congolais court, selon elle, le risque de se voir confisquer ses élections.

    Une tribune cosignée par Paul Nsapu, président de la Ligue des électeurs en RDC et secrétaire général adjoint de la FIDH, Jean-Claude Katende, président de l’Asadho, et Dismas Kitenge, président du Groupe Lotus.

    Tous les espoirs étaient permis. Grâce à la formidable vivacité du peuple congolais et notamment de sa société civile, le scrutin du 30 décembre conservait des chances d’être une réussite. Depuis les élections de 2011, tout particulièrement, des milliers de militants d’organisations échappant aux partis politiques traditionnels ont réclamé le respect de la Constitution, n’hésitant pas à risquer leur sécurité et souvent, hélas, leur vie, pour obtenir une réelle alternance politique.


    >>> À LIRE – Élections en RDC : « La campagne s’est plutôt mieux déroulée qu’en 2011 », selon Leila Zerrougui (Monusco)


    Partout dans le pays, des marches et des manifestations pacifiques ont eu lieu. Partout dans le pays, la répression s’est abattue, avec une violence criminelle, comme dans le Kasaï, à Lubumbashi, à l’Est ou encore à Kinshasa, où les forces de l’ordre n’ont pas hésité à tirer à balles réelles. Bilan : des dizaines de morts, des centaines de blessés, des militants arrêtés, emprisonnés, torturés. En vain. Par la seule force de cette volonté collective, ce mouvement de fond aura réussi l’impensable : faire reculer un pouvoir aux abois, avec la promesse d’un scrutin libre et transparent, et le départ du président Kabila.

     Des décisions inquiétantes

    C’est d’ailleurs cette même révolte citoyenne, ce même sentiment d’appartenir à une communauté de valeurs, qui a poussé des milliers de citoyens de Beni ou de Butembo, privés de vote par le pouvoir – officiellement pour une raison d’insécurité –, à installer des bureaux de vote de fortune, et braver de longues files d’attente pour faire entendre leurs voix.

    Car le pouvoir a pris peur et, dès le début, craignant certainement que cette frustration engrangée au fil des ans ne se traduise par un cuisant échec dans les urnes, a tout fait pour saboter cet exercice démocratique. Ayant pris conscience que sa stratégie isolationniste le conduisait droit dans une impasse, il a ainsi soudainement décidé de repousser d’une semaine les élections initialement prévues le 23 décembre. Puis, il a arbitrairement décidé que les plus d’un million d’électeurs de Beni, Butembo et Yumbi n’auraient pas le droit d’y participer avant trois mois.

    Des décisions qui ont davantage fait peser alors les soupçons d’une manipulation à grande échelle. Cette suspicion a par la suite été confirmée par le refus d’accréditer certains observateurs internationaux, ou des médias étrangers soucieux de rendre compte du scrutin. Juste avant le scrutin, le renvoi de l’ambassadeur de l’Union européenne, sous un prétexte fallacieux, a encore renforcé ces craintes.

    De nombreuses irrégularités

    Sur les réseaux sociaux, pourtant, le jour des élections, les premiers messages qui commençaient à être partagés témoignaient de la ferveur et de la fierté, de la joie aussi, partagée par tout un peuple, d’avoir pu accomplir ce devoir et ce droit citoyen. Mais c’était avant la coupure d’Internet imposée par le gouvernement. Et très rapidement, nos pires appréhensions sont devenues réalité.


    >>> À LIRE – Élections en RDC : la Ceni reconnaît des « incidents prévisibles qui ont été pris en charge »


    Ouverture tardive de certains bureaux de vote, absence ou retard de fourniture de bulletins de vote, dysfonctionnements des machines à voter : les premières constatations qui nous sont parvenues du terrain tendaient à montrer que tous les éléments d’une fraude massive avaient été mis en place. Toute la journée, les témoignages d’irrégularités n’ont eu de cesse d’être rapportés. Dès le début, l’absence des listes électorales affichées devant des bureaux de vote, ou encore celle de noms de candidats sur certaines machines à voter avaient été relevées. Jusqu’à la fin du scrutin, l’absence d’affichage des procès-verbaux sur les portes de certains bureaux a également été constaté.

    Depuis le 30 décembre, le régime ne cesse d’envoyer des signes de plus en plus inquiétants de fermeture vis-à vis de la communauté internationale. La coupure généralisée d’Internet en est bien sûr le plus spectaculaire des exemples. Radio France internationale (RFI), dont les émissions et les journaux d’information sont particulièrement suivis en République démocratique du Congo, a par ailleurs vu son signal couper, et le ministère de la Communication a retiré son accréditation à la correspondante de ce média à Kinshasa.

    La communauté internationale doit se tenir prête à activer tous les leviers dont elle dispose pour éviter une escalade de la violence politique

    Éviter l’escalade de la violence politique

    Les risques d’un putsch électoral sont donc bien présents, et nous désolent, car la déception sera grande, au sein d’une population qui avait commencé à croire à un changement politique. Mais les dangers d’une contestation des résultats des élections sont du coup bien réels, de même que ceux d’une escalade de la violence politique. L’attitude récente des forces de sécurité laisse en effet présager un possible bain de sang en cas de mouvement de foule.

    La communauté internationale doit se tenir prête à activer tous les leviers dont elle dispose pour éviter un tel scénario, en espérant que les menaces de sanctions ciblées contre les responsables des violences et d’éventuelles poursuites judiciaires seront suffisantes pour calmer les ardeurs des pourvoyeurs de haine. Ceux-là n’ont pas d’avenir au sein d’une RDC réellement démocratique et pluraliste, que nous appelons de tous nos vœux depuis trop longtemps.

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  • Le ministre chinois des Affaires étrangères en visite en Éthiopie, au Burkina Faso, en Gambie et au Sénégal

    Le ministre chinois des Affaires étrangères en visite en Éthiopie, au Burkina Faso, en Gambie et au Sénégal

    Au premier jour de sa tournée africaine, Wang Yi a défendu en Éthiopie les investissements chinois sur le continent, relativisant les risques de sur-endettement. Burkina Faso, Sénégal et Gambie constituent la suite de son programme.

    Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a relativisé les inquiétudes liées à la dette de l’Afrique à l’égard de la Chine, à son arrivée le 3 janvier en Éthiopie, première étape d’une tournée dans quatre pays africains.

    « De manière générale, la dette en Afrique est une problématique qui dure depuis longtemps et est un produit de l’histoire, a-t-il estimé. Elle n’est pas apparue aujourd’hui, et elle encore moins provoquée par la Chine. »

    « Nous savons qu’en termes de financement, certains pays africains ont rencontré des difficultés », a reconnu lors d’une conférence de presse à Addis-Abeba le chef de la diplomatie chinoise, qui s’est rendu ensuite au Burkina Faso le 4 janvier, avant la Gambie et le Sénégal.

    La Chine est le principal bailleur bilatéral pour les infrastructures en Afrique, pour un total excédant les financements combinés de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Union européenne, de la Société financière internationale (IFC), de la Banque mondiale et du G8.

    Soutenir les pays africains quand ils en ont besoin

    « La Chine y attache beaucoup d’importance, en tant qu’amie et sœur de l’Afrique. Nous sommes toujours prêts à faire un geste quand les pays africains en ont besoin », a-t-il ajouté.

    Lors de sa rencontre avec le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat, Wang Yi a annoncé un soutien de 63,9 millions d’euros à la force conjointe du G5 Sahel, 70,3 millions d’euros pour le dépôt militaire de Douala au Cameroun, et 1 million d’euros pour la mission de l’Union africaine en Somalie, rapporte l’agence turque Anadolu Agency.

    L’investissement étranger chinois en Afrique subsaharienne s’est élevé à 298 milliards de dollars entre 2005 et 2018, selon le think tank américain American Enterprise Institute (AEI), considéré conservateur.

    La Chine continuera à être le partenaire stratégique de l’Éthiopie

    Wang Yi et son homologue éthiopien, Workneh Gebeyehu, se sont félicités des liens étroits unissant leurs deux pays et ont écarté toute idée d’un refroidissement de leurs relations depuis l’arrivée au pouvoir en avril 2018 du Premier ministre réformateur éthiopien, Abiy Ahmed.

    « Nous pensons que le processus de réformes en Éthiopie renforcera encore plus nos liens avec la Chine », a déclaré le ministre éthiopien des Affaires étrangères. « La Chine continuera à être le partenaire stratégique de l’Éthiopie. »

    Poursuite de la visite au Burkina Faso et au Sénégal

    Le chef de la diplomatie chinoise s’est ensuite rendu au Burkina le 4 janvier, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry, et doit s’entretenir avec le président de la République, Roch Marc Christian Kaboré.

    Le 26 mai 2018, le Burkina Faso, l’un des deux derniers pays du continent, avec le Swaziland, qui reconnaissait encore Taïwan, a cédé à l’offensive de la Chine continentale. Le pays s’était assuré au préalable que la Chine reprendrait à son compte les dix-sept projets d’envergure dans lesquels Taïwan intervenait, dans des secteurs tels que l’agriculture, l’éducation ou la santé.

    Wang Yi doit ensuite s’envoler pour le Sénégal et la Gambie. Revenu de la conférence de Pékin début septembre 2018 avec l’organisation du prochain Focac, Macky Sall avait reçu le président chinois Xi Jiping à Dakar en juillet. Un entretien est prévu avec Sidiki Kaba, le chef de la diplomatie sénégalaise.

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  • Migrants : baisse du flux global en 2018, l’Espagne devient première porte d’entrée en Europe

    Migrants : baisse du flux global en 2018, l’Espagne devient première porte d’entrée en Europe

    Malgré des arrivées en baisse, la Méditerranée est restée l’an dernier, avec plus de 2 260 morts, la voie maritime la plus meurtrière pour les migrants, selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés. Autre tendance de fond : l’Espagne est devenue la première porte d’entrée des migrants en Europe.

    Au total, 2 262 migrants sont « morts ou portés disparus » en tentant de traverser la Méditerranée en 2018, contre 3 139 l’année précédente, selon les chiffres publiés par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR).  Du côté des arrivées, 114 941 personnes ont traversé la mer pour gagner les côtes des pays riverains, soit une baisse significative par rapport à l’année précédente (172 301).


    >>> À LIRE – Migrants en Méditerranée : le casse-tête du redécoupage des eaux


    À cela s’ajoutent quelque 6 800 personnes enregistrées à Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles dans le nord du continent africain, mais qui n’ont pas traversé la mer. Au total, 121 755 migrants sont donc arrivés en Europe l’an dernier.

    Taux de mortalité en hausse

    Ces chiffres marquent une chute drastique par rapport au « pic » de 1,015 million d’arrivées en 2015, au cœur de la crise des réfugiés. Concernant les décès, la baisse est moins marquée, puisqu’il y avait alors eu près de 3 800 morts. En proportion, la mortalité s’est d’ailleurs légèrement accrue en 2018 par rapport à l’année précédente. « La Méditerranée est depuis plusieurs années la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les réfugiés et les migrants, avec un taux de mortalité qui a fortement augmenté », s’est inquiétée la porte-parole du HCR en France, Céline Schmitt.

    L’année 2018 a été marquée par une crise diplomatique entre pays européens autour de l’accueil des réfugiés, notamment cet été, après que le gouvernement italien, au fort discours anti-migrants, a fermé les ports aux bateaux humanitaires. Alors que la voie principale de migration passait jusque-là par la Libye et l’Italie, l’Espagne est ainsi redevenue l’an dernier la première porte d’entrée en Europe, avec 57 215 arrivées par la mer (contre 22 103 en 2017).

    En 2018, le premier pays d’origine des migrants était la Guinée, suivie du Maroc et du Mali

    Cette tendance pourrait se poursuivre, puisque les gardes-côtes espagnols ont indiqué mercredi avoir porté secours à 401 migrants au cours des deux premiers jours de 2019. De son côté, l’Italie a enregistré 23 371 arrivées, en très net recul par rapport à 2017 (119 369), et la Grèce (32 497).

    En 2018, le premier pays d’origine des migrants était la Guinée (13 068 personnes), suivie du Maroc (12 745) et du Mali (10 347). La Syrie n’était que le quatrième pays d’origine des arrivants, suivie de l’Afghanistan et de l’Irak.

    Entraves aux navires humanitaires

    Autre conséquence : plusieurs navires humanitaires ont été contraints d’errer en Méditerranée depuis l’été, faute de savoir où accoster. Chaque situation s’était débloquée avec un accord trouvé dans l’urgence entre pays européens pour la répartition des réfugiés. En ce début 2019, deux navires d’ONG allemandes transportant 49 migrants ont reçu l’autorisation de « s’abriter » dans les eaux maltaises. La Commission européenne a appelé jeudi les pays de l’UE à « plus de solidarité » pour se répartir l’accueil de ces migrants.

    « Nous sommes prêts à participer, dans le cadre d’un effort européen et pour les personnes qui sont en besoin de protection », a-t-on indiqué jeudi à l’Elysée. L’Italie, Malte et l’Espagne ont refusé d’accueillir les migrants secourus, mais les Pays-bas et l’Allemagne avaient évoqué un accueil en cas de partage avec d’autres pays européens.


    >>> À LIRE – L’Aquarius, avec 141 personnes à bord, reste au large de la Libye


    « En 2019, il est essentiel de sortir de l’impasse actuelle et de mettre fin à des approches au cas par cas, c’est-à-dire bateau par bateau, pour savoir où débarquer les passagers secourus », a déclaré la porte-parole du HCR en France, en plaidant pour un « mécanisme régional de débarquement ».

    Les navires humanitaires, qui dénoncent des entraves croissantes à leur action, sont de moins en moins nombreux à œuvrer en Méditerranée. Début décembre, Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont dû mettre un terme aux opérations de l’Aquarius, devenu un symbole de la crise européenne sur l’accueil des migrants.

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  • [Tribune] L’incontournable vaccin, entre défis et paradoxes

    [Tribune] L’incontournable vaccin, entre défis et paradoxes

    Zones géographiquement difficiles d’accès, augmentation des prix, problèmes de disponibilité et de conservation… Si la vaccination est un pilier historique de la lutte contre les maladies infectieuses, elle reste confrontée à de nombreux défis sur le continent.

    La vaccination est un pilier historique de la lutte contre les maladies infectieuses. Si elle ne guérit pas, elle prévient le développement de nombre d’affections et protège contre les épisodes de malnutrition aiguë. Elle est, à ce titre, « l’une des interventions les plus rentables en matière de santé publique », rappelle l’OMS. Mais la commission du Parlement européen sur l’environnement et la santé publique s’inquiète de la chute du taux de vaccination en Europe, en raison de la défiance croissante de la population vis-à-vis de cette pratique.

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  • Société générale Maroc lance un plan d’investissement de 700 millions de dirhams

    Société générale Maroc lance un plan d’investissement de 700 millions de dirhams

    En ce début d’année, la filiale marocaine du groupe français Société générale vient de tracer une nouvelle feuille de route qui couvre les quatre prochains exercices. Objectif : augmenter de 60 % le bénéfice net pour atteindre 1,5 milliard de dirhams.

    Ahmed El Yagoubi, le président du directoire arrivé il y a presque une année, a travaillé sur la nouvelle feuille de route de la Société générale Maroc, baptisée « Avenir 2019-2022 ». La 4e banque du royaume espère grâce à cette nouvelle politique réaliser une progression annuelle de 7 % de ses revenus. L’ensemble de cette stratégie sera pilotée par le directoire qui est composé d’Ahmed El Yacoubi et de trois directeurs généraux : Asmae Hajjami, Mohamed Tahiri et François Marchal.

    Selon les chiffres avancés par ses dirigeants, le PNB de la banque devrait à terme atteindre 6 milliards de dirhams pour un bénéfice net d’environ 1,5 milliard de dirhams (137 millions d’euros), soit une progression de 60 % par rapport à ce qui est enregistré en ce moment. Un objectif assez audacieux de la part d’une banque en activité depuis 1913.

    Une direction dédiée aux activités en Afrique

    Cette valeur ajoutée viendra, en autres, du continent où le groupe est très présent. « Le Maroc représente aujourd’hui 30 % du total de bilan de Société générale en Afrique… Nous avons l’ambition d’accompagner nos clients partout, et notamment en Afrique, en étant la locomotive du groupe sur le continent », explique Ahmed El Yacoubi. Une direction spécialement dédiée aux activités en Afrique a été mise en place pour assurer le financement des projets au-delà des frontières marocaines.


    >>> À LIRE : Alexandre Maymat, Société générale : « Nous restons la seule banque internationale avec une ambition africaine forte »


    Pour réussir cette transformation et atteindre les objectifs, un plan d’investissement d’environ 700 millions de dirhams a été lancé, dont une partie sera dédiée à l’innovation et aux nouvelles technologies, domaines dans lesquels la Société générale Maroc a cumulé plusieurs mois de retard sur ses concurrents. À l’image de plusieurs groupes financiers marocains, la banque a mis en place une Digital Factory qui définira, selon Ahmed El Yacoubi la « Banque du futur ». Cette équipe d’informaticiens a pour mission de créer, tester et valider les nouveautés qui seront proposés aux clients.

    L’introduction en bourse… « Pas au programme » d’Ahmed El Yacoubi

    Le directoire espère, en effet, façonner et lancer une nouvelle gamme de produits qui collent à la réalité du marché et qui pourra séduire une large clientèle. La banque veut s’ouvrir à des métiers et des spécialités qu’elle n’a jamais couverts, et vise notamment le segment des énergies renouvelables et de la finance verte. « Nous avons également lancé un produit de financement spécialement dédié aux projets d’infrastructure », a ajouté le président du directoire de la banque, annonçant l’ambition de Société générale Maroc de distribuer 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires d’ici 2022, partagés entre les différents segments.

    Ahmed El Yacoubi a également insisté sur la nécessité de « davantage d’agilité » dans la prise de décision pour raccourcir les délais. Une organisation décentralisée sera déployée, petit à petit, et des directions régionales seront créées dans la foulée pour permettre une meilleure couverture du territoire et une plus grande proximité avec la clientèle, a-t-il expliqué.

    Cette nouvelle politique n’inclut pas une introduction en bourse de la banque. « Cette option est habituellement utilisée quand il y a un besoin en capitaux, ce qui n’est pas notre cas. Nous n’avons aucun problème de financement pour honorer nos engagements d’investissement. Par ailleurs, nos actionnaires nous font confiance depuis le début. Il n’y a donc aucune urgence à envisager une introduction en Bourse », a déclaré le président du directoire.

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  • La mère de Pogba nommée ambassadrice du football féminin en Guinée

    La mère de Pogba nommée ambassadrice du football féminin en Guinée

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    La mère du milieu de terrain de Manchester United, Paul Pogba, a été nommée ambassadrice du football féminin par la Fédération guinéenne de football (Feguifoot).

    Yeo Moriba, ancienne footballeuse de l’équipe nationale féminine de la Guinée, a été nommée à ce poste à la suite d’une rencontre avec le président de Feguifoot, Mamadou Antonio Souaré.

    Ce dernier espère que l’international français, ainsi que ses frères, les jumeaux Florentin et Mathias, vont soutenir leur mère dans ses nouvelles fonctions.

    La Feguifoot espère est que Yeo Moriba et ses enfants puissent aider à rajeunir le football féminin en Guinée.

    Contrairement à ses homologues masculins, l’équipe nationale féminine guinéenne n’a jamais accédé à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, et encore moins à la Coupe du monde ou les Jeux olympiques.

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    “Je suis fière de ce que la Fédération guinéenne de football et son président ont fait”, a déclaré Yeo Moriba sur le site de la Feguifoot.

    Ses fils Florentin et Mathias, anciens joueurs du Syli national, l’équipe nationale senior guinéenne, sont nés en Guinée, avant que leur mère ne s’installe en France où est né Paul Pogba.

    Florentin, défenseur, a joué pour la dernière fois en Turquie, avec Genclerbirligi, tandis que l’attaquant Mathias fait actuellement partie des joueurs de Tours, un club de troisième division française.

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