Category: Afrique

  • Evolution de la présence militaire française en Afrique de 1960 à nos jours

    Evolution de la présence militaire française en Afrique de 1960 à nos jours


    Par
    Tirthankar Chanda

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 21:17

    Le rôle de l’armée française en Afrique a été au coeur des débats sur la paix et la sécurité qu’a accueillie la capitale sénégalaise du 5 au 6 novembre. Il a été souligné de nouveau par la ministre française des Armées lors de son déplacement au Mali le week-end dernier. Que fait l’armée française en Afrique où elle est présente à travers ses bases et ses opérations ponctuelles dans des pays en crise ? Eclairages sur les enjeux et évolution de la présence militaire française en Afrique avec le colonel Frédéric Garnier, responsable de l’Afrique subsaharienne à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie au ministère des Armées.

    RFI: A quoi servent les bases françaises en Afrique ?

    Colonel Frédéric Garnier: La présence militaire française a considérablement évolué depuis les indépendances. Elle a, depuis, toujours répondu à une volonté commune de chaque pays et de la France, qui a retiré ses militaires dès qu’on le lui demandait. Cette présence militaire française repose aujourd’hui sur un souhait partagé par la France avec chacun des 4 pays accueillants ces bases permanentes, Djibouti, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Sénégal. Cette volonté commune est formalisée avec chaque pays par un accord de partenariat en matière de défense. Il s’agit d’accords rénovés à partir de 2007, puis entrés en vigueur depuis 2010, accords publics et que chacun peut consulter sur internet par exemple.

    Les années postcoloniales ont été aussi caractérisées par des interventions militaires françaises dans des pays en crise. Quelles sont les procédures constitutionnelles pour l’envoi de troupes à l’étranger ? Qu’est-ce qu’on appelle « Opex » ?

    Une Opex, opération extérieure – c’est-à-dire l’envoi de militaires français pour une opération dans un pays étranger – est déclenchée, sur décision du président de la République, dans trois cas de figure : à la demande des autorités légales d’un pays confronté à une menace extérieure qui met en danger sa sécurité ou, deuxième possibilité, pour aller protéger et parfois évacuer des citoyens français mis en danger par une situation d’insécurité grave. Un troisième cas existe qui se présente quand l’ONU, au travers d’une résolution du Conseil de sécurité, appelle des États à agir en faveur de la paix. Les Opex respectent le cadre du droit international, en particulier du droit des conflits armés, et sont aussi souvent adossées à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

    A partir des années 1990-2000, l’Afrique devient un enjeu militaire majeur, courtisée d’une part par les émergents et déstabilisée d’autre part par le terrorisme. Comment la « guerre contre le terrorisme » a fait évoluer l’engagement militaire français en Afrique ?

    Je pense qu’il serait plus juste d’aborder cet intérêt d’acteurs extérieurs sous l’angle des défis sécuritaires du continent. Parmi ces défis, le terrorisme est sans doute le plus visible pour les Occidentaux, même s’il n’est pas le seul. La France répond à une demande d’appui de ses partenaires et alliés. Au Sahel, comme dans le bassin du lac Tchad, des groupes terroristes tuent des civils et tentent d’empêcher les Etats de faire fonctionner les écoles ou les centres de soin. Les militaires français viennent avant tout aider à renforcer les capacités des armées locales à y faire face efficacement.

    Avec le dispositif Barkhane, la France a renforcé sa présence militaire en Afrique. Quel rôle joue aujourd’hui l’armée française en Afrique ?

    Le dispositif militaire français au Sahel, la force Serval d’abord à partir de janvier 2013, puis Barkhane depuis août 2014, mis en place au Mali en raison de circonstances très particulières n’a pas vocation à durer. Les autres bases au Sahel (notamment Niamey au Niger et Gao au Mali) ont été déployées à la demande des pays partenaires pour les appuyer dans la lutte contre le terrorisme et consolider leurs propres capacités de défense à travers le partenariat militaire opérationnel. Ce dispositif n’a pas l’ambition de régler la crise au Sahel, mais il contribue en particulier à créer des conditions sécuritaires permettant la mise en œuvre d’un règlement politique de la crise au Mali.

    Pourriez-vous rappeler les circonstances qui ont conduit au lancement de l’opération Serval ?

    Le 11 janvier 2013 est en effet une date-clé. Elle marque le passage dans l’urgence d’une stratégie de prévention à un engagement direct rendu indispensable par le renforcement de groupes terroristes qui décident de s’emparer de Bamako. Dans cette urgence, à l’appel du gouvernement malien, la France a déclenché l’opération Serval et bloqué l’avancée terroriste en quelques heures grâce justement à son dispositif prépositionné en Afrique. En effet, les premières unités françaises à intervenir arrivaient du Tchad, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Nos éléments stationnés à Djibouti et au Gabon y ont aussi contribué par la suite.

    Dans le cadre du dispositif Barkhane, les troupes françaises sont présentes au Niger, au Mali et au Tchad. Quel bilan de Barkhane, lancée en 2014 ? Est-ce que Barkhane est une « Opex » comme les autres ?

    Oui, Barkhane est une Opex comme les autres. Elle est surtout un effort majeur pour la France et son armée, opérant dans une région grande comme l’Europe, au climat exigeant. Depuis leurs bases au Mali, au Niger et au Tchad – au prix d’importants sacrifices – les militaires français ont réussi, avec leurs partenaires des armées locales et avec les forces de la Minusma (la mission des Nations Unies au Mali), à empêcher les groupes terroristes de contrôler des zones sanctuaires. Dans le même temps, Barkhane appuie la montée en puissance des forces armées de la région. Le succès de Barkhane, conjointement avec les autres acteurs de la sécurité, réside dans la capacité à conserver l’ascendant sur les groupes terroristes. Pendant qu’ils gagnent la guerre, ils donnent aux pays de la région, et notamment aux Maliens, le temps nécessaire à gagner la paix.

    Après les dernières attaques au Mali, on a l’impression que la guerre faite aux terroristes n’a rien réglé. Faut-il craindre un effondrement de l’Etat malien ? Allons-nous vers une Serval 2 ?

    Ce n’est pas une opération militaire qui fera disparaître le terrorisme. L’action de Barkhane et de ses partenaires est essentielle pour limiter leur pouvoir de nuisance, bien sûr, mais ce qui fera disparaître le terrorisme, c’est le retour de l’activité économique, la réouverture des écoles, des hôpitaux… C’est aussi la capacité des forces de sécurité intérieure des Etats à contrôler leur territoire. Aujourd’hui, la menace reste contenue et le nouveau gouvernement malien a les cartes en main pour régler les causes de la crise. C’est à lui de gagner la paix.

    Le Burkina Faso s’est révélé être un autre maillon faible du dispositif sécuritaire contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest ?

    Le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs mois à une agression de groupes armés terroristes qui s’en prennent notamment aux civils, aux responsables locaux, aux instituteurs… mais qui ont aussi attaqué notre ambassade à Ouagadougou ! Le Burkina Faso se mobilise avec courage, nous en sommes témoins. Et c’est pour cela que les plus hautes autorités burkinabè ont demandé l’aide de la France, une aide opérationnelle qu’elle est prête à apporter, et qui a déjà permis à Barkhane de neutraliser des terroristes, notamment début octobre à Inata, dans le Nord.

    La France n’est pas seule à combattre le terrorisme en Afrique. Elle le combat avec ses partenaires européens et surtout avec les Américains qui sont engagés sur le continent depuis une décennie dans la lutte contre le terrorisme. Quelles sont les modalités de la collaboration militaire franco-américaine ?

    La lutte contre la menace terroriste en Afrique est d’abord l’affaire des Africains, et ils se mobilisent. En Afrique de l’Ouest, ils ont créé deux coalitions ad hoc pour ce faire, la Force multinationale mixte contre Boko Haram et la Force conjointe du G5 Sahel. L’action des partenaires n’est qu’un appui, important bien sûr, mais qui sera temporaire et doit donc viser d’abord à renforcer les capacités locales. La coopération entre militaires américains et français est remarquable, chacun apportant à l’autre des capacités précieuses au regard de l’immensité du théâtre et de la violence des terroristes. Nous sommes et restons engagés ensemble.

    Un an après sa création en 2017 avec l’appui de la France, la force multinationale africaine G5 Sahel tarde à monter en puissance. A quoi attribuez-vous ce retard ? Manque de financement ? Manque de cohérence doctrinaire ?

    Je l’ai dit : ce qui compte in fine, c’est la capacité des forces locales à assurer seules un niveau de sécurité suffisant aux populations de la région. Le G5 n’est pas en retard. Il avance à son rythme. Certaines choses prennent du temps : c’est le cas pour créer une force moderne à partir des capacités limitées des pays du G5 qui sont déjà sous forte pression opérationnelle ; c’est aussi le cas pour transformer une annonce de soutien en véhicules blindés ou en infrastructures. Bien entendu, les délais peuvent sembler longs et chacun, au Sahel comme chez les partenaires internationaux, fait tout pour les limiter. L’essentiel est bien que le G5 se renforce et puisse opérer efficacement.

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  • Guinée: réactions après le retrait de l’accréditation du correspondant de RFI

    Guinée: réactions après le retrait de l’accréditation du correspondant de RFI


    Par
    RFI

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 15:19

    En Guinée, notre confrère Mouctar Bah a été sanctionné, ce mercredi, par la Haute Autorité de la communication, après une plainte du ministère guinéen de la Défense. Cette sanction fait suite à la diffusion d’un reportage, le 8 novembre, sur les circonstances de la mort de deux jeunes gens. La direction de RFI rappelle que Mouctar Bah n’a fait que son travail et qu’il est aujourd’hui, après 30 ans de carrière, l’un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.

    La FIDH condamne également l’annulation de l’accréditation de notre correspondant. La Fédération internationale des droits de l’homme dénonce un raidissement du pouvoir et demande aux autorités de rendre à Moctar Bah son accréditation dès aujourd’hui.

    « Cette décision de suspendre l’accréditation de Mouctar Bah est tout à fait condamnable. Elle s’attaque à la liberté de la presse, une presse qui est reconnue pour la qualité de son travail. Manifestement, les autorités guinéennes souhaitent qu’il n’y ait pas de témoin des abus et des affrontements de part et d’autre entre forces de l’ordre et manifestants et que cette répression, car répression il y a, puisse faire aussi à huis clos. C’est un très mauvais signal qu’on s’attaque aux journalistes et à la liberté de la presse et à un journaliste reconnu pour son expérience sur le terrain depuis plus de 25 ans », estime Florent Geel, le directeur Afrique de la FIDH.

    Reporter sans Frontière condamne aussi l’annulation de l’accréditation du correspondant de RFI à Conakry. Le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger, se porte garant du professionnalisme de Mouctar Bah : « Reporters sans Frontières estime que ce journaliste n’a fait que son travail en rassemblant de multiples témoignages pour rétablir les faits lors de cette soirée meurtrière du 7 novembre. Il a bien tenté de recouper ses informations à de multiples reprises pendant toute la journée qui a suivie, sans obtenir de réponse. Il a tenté de joindre à plusieurs reprises le porte-parole de l’état-major des armées, le porte-parole du ministère de la Défense, mais également l’un des porte-parole du parti au pouvoir. Il est donc difficile de lui reprocher de ne pas avoir recoupé ses informations ou d’avoir réalisé un reportage déséquilibré. Il est difficile de lui reprocher de ne pas avoir obtenu la réaction du ministère de la Défense entre 22h et minuit lors de la soirée du 7 novembre alors qu’il a passé toute sa journée du lendemain, du 8 novembre, à essayer de joindre plusieurs officiels parmi les autorités militaires et parmi les autorités civiles également ».

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  • Afrique: les efforts de protection des gorilles des montagnes portent leurs fruits

    Afrique: les efforts de protection des gorilles des montagnes portent leurs fruits


    Par
    RFI

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 14:42

    L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui recense les espèces menacées, a publié son dernier rapport et, bonne nouvelle, plusieurs animaux très menacés retrouvent des couleurs. C’est le cas, notamment, des gorilles africains. Leur population augmente grâce aux efforts de protection.

    Pour l’UICN, le gorille des montagnes était auparavant considéré comme en « danger critique  , il n’est plus qu’en « danger ». Si cette espèce endémique, vivant à cheval entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda, est toujours fragile, ses individus sont de plus en plus nombreux. On en a recensé 1 000 cette année, il y en avait 300 de moins il y a dix ans. Mille, c’est encore peu, mais la dynamique est positive. Le signe que la politique anti braconnage fonctionne.

    Le gorille des montagnes n’est cependant pas complètement tiré d’affaire. Son habitat est relativement réduit, 800 kilomètres carrés à peine. Et surtout, il est cerné par les hommes qui défôrestent tout autour pour une agriculture intensive. L’Union internationale pour la conservation de la nature note un autre danger apporté par l’homme, les maladies. Avec Ebola en tête puisque la terrible épidémie en cours frappe également les gorilles.

    S’il y a donc de l’espoir pour le gorille des montagnes, il n’est pas encore tiré d’affaire. Et malgré la bonne nouvelle, il ne s’agit que d’une seule espèce. Son proche cousin, le gorille des plaines, est lui toujours en danger critique d’extinction.

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  • L’écrivain franco-sénégalais David Diop remporte le Prix Goncourt des lycéens

    L’écrivain franco-sénégalais David Diop remporte le Prix Goncourt des lycéens

    Par




    Il était en lice pour tous les grands prix littéraires en France. Aujourd’hui, il a finalement décroché le prix de la jeunesse et le plus prescripteur en langue française, le prix Goncourt des lycéens. Le jury, réuni à Rennes, a félicité « Frère d’âme » de David Diop pour « sa vision terrible de la Grande Guerre, entre Afrique et Europe, sagesse et folie ».

    C’est l’histoire de deux jeunes hommes, Alfa Ndyaye et Mademba Dip, deux tirailleurs sénégalais, lors de la Grande Guerre, la grande boucherie entre 1914 et 1918. Deux parmi les 200 000 combattants africains envoyés au nom de la France au front de la Première Guerre mondiale où environ 30 000 tirailleurs sénégalais ont laissé leur vie dans les tranchées.

    Né à Paris, aujourd’hui âgé de 52 ans, David Diop a passé son enfance au Sénégal. Adepte d’Apollinaire et actuellement maître de conférences en littérature du XVIIIe siècle, à l’université de Pau, il a essayé de transposer dans Frère d’âme la sonorité et le rythmé de la langue wolof, parlée par les protagonistes du livre, au français.

    Donner une existence aux destins et aux douleurs des tirailleurs sénégalais

    Raconté d’une manière très directe et parfois même dans un style naïf, David Diop a cherché à donner une existence aux destins et aux douleurs de ces jeunes longtemps oubliés dans les manuels d’histoire.

    L’idée de ce roman incisif et décapant lui est venue quand il avait lu des lettres très émouvantes de poilus ayant couché sur papier leurs derniers moments avant de mourir dans la folie de la guerre. Il s’est mis alors à la recherche de lettres des tirailleurs sénégalais avant de se rendre compte qu’il n’y en avait pas. Venant d’un continent où la tradition orale prime sur l’écriture, ils n’ont pas laissé des traces dans les livres. D’où aussi l’urgence ressentie par l’écrivain de reconstruire cette histoire. Une urgence omniprésente et palpable dans Frère d’âme.

    Le bonheur du prix Goncourt des lycéens

    Recevoir le prix Goncourt des lycéens s’apparente être souvent le plus beau moment dans la vie d’un écrivain couronné. D’autant plus que, ces derniers cinq ans, un lauréat du prix Goncourt des lycéens vend, en moyenne, 443 100 exemplaires de son livre. Sans parler de l’émotion d’être élu par la jeune génération, en l’occurrence d’un panel de 2 000 jurés, venus de 58 classes en France et à l’étranger… Pour les 30 ans du prix, les organisateurs ont même fait la démarche de faire voter aussi douze détenus âgés de 20 à 50 ans, de la prison de Salon-de-Provence. Croire dans la force émancipatrice de la littérature est le cœur même de ce prix pas comme les autres.

    ► Ecouter notre émission avec David Diop sur Frère d’âme dans l’émission Vous m’en direz des nouvelles, RFI, 10/9/2018

    Chronologie et chiffres clés

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  • La condamnation de Karim Wade doit être «réexaminée» selon le HCDH

    La condamnation de Karim Wade doit être «réexaminée» selon le HCDH


    Par
    RFI

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 17:07

    Au Sénégal, nouveau rebondissement dans l’affaire Karim Wade. Le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, saisi par les avocats du candidat à la présidentielle, estime que la CREI, la cour qui l’a condamné à six ans de prison et plus de 200 millions d’euros d’amende ne respecte pas le droit, car elle n’offre pas de recours juridique. Pour le camp de Karim Wade, la condamnation doit donc être annulée. Pour l’Etat du Sénégal, le HCDH n’a pas le pouvoir d’annuler la décision de la CREI.

    C’est en mai 2016 que le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a été saisi par les avocats de Karim Wade. Quinze experts ont donc étudié ce dossier et rendu leur décision le 22 octobre dernier. Dans ce document de 14 pages, le HCDH fait des constatations. Et note que le Sénégal « est tenu d’assurer à l’auteur un recours utile » ce que ne permet par la Cour de répression de l’enrichissement illicite qui a jugé et condamné Karim Wade. L’instance onusienne estime donc que « la déclaration de culpabilité et de condamnation contre l’auteur doit être réexaminée ».

    Pour le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, « le Comité [ le HCDH, ndlr] n’a pas annulé la décision de la CREI », car « ce n’est pas une instance juridictionnelle, ses décisions sont dénuées de toute force obligatoire ». Pour les avocats de Karim Wade, le comité impose, au contraire, un « réexamen des faits ».

    Le camp du fils de l’ex-président s’appuie aussi sur ces constatations pour exiger l’annulation de sa radiation des listes électorales qui bloque sa candidature à la présidentielle. Le bras de fer politique est donc à nouveau relancé. Le Haut commissariat aux droits de l’homme souhaite, d’ici mai 2019, après l’élection qui se tiendra fin février, recevoir de l’Etat du Sénégal des renseignements sur ses constatations.

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  • Devant le Parlement européen, le président sud-africain rend hommage à Mandela

    Devant le Parlement européen, le président sud-africain rend hommage à Mandela

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  • [Reportage] RDC: les expulsés d’Angola ne sont pas tous des illégaux

    [Reportage] RDC: les expulsés d’Angola ne sont pas tous des illégaux


    Par
    RFI

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 13:25

    En quelques semaines, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont franchi la frontière entre l’Angola et la RDC après une opération de police. Luanda a toujours assuré que les personnes refoulées étaient en situation illégales, mais les témoignages montrent l’inverse. Le Haut-Commissariat aux réfugiés a déjà recensé plus de 1 900 personnes munies de papiers de réfugiés parmi ces expulsés. Un chiffre qui a considérablement augmenté ces dernières semaines, et qui témoigne, selon le HCR, du « manque de discernement » dont font preuve les autorités angolaises dans leur opération d’expulsions forcées.

    Lynn Ngugi, chef de la sous-délégation du HCR dans le Kasaï Central

    15-11-2018
    – Par
    Florence Morice

    Un homme en colère brandit sa carte d’identité angolaise. Un document, obtenu légalement dit-il, après cinq ans de vie en Angola, mais qui n’a pas suffi à l’épargner des expulsions forcées : « Regardez, c’est ma carte. Elle me donne le droit de vivre en Angola et de circuler librement. Pourtant, j’ai été chassé ».

    Au moment de son arrestation, il raconte qu’il n’a même pas osé présenter ce document aux autorités : « J’ai préféré la cacher. Car j’ai vu comment la police déchirait faisaient avec les autres. Ils les battaient et déchiraient leurs papiers. J’avais peur qu’on me fasse la même chose ».

    C’est ce qui est arrivé à ce commerçant : « En fuyant l’Angola lorsque nous sommes arrivés au premier barrage de police ils nous ont demandé de montrer nos papiers. Et dès qu’on les a sortis. Ils nous les ont pris ». Il a vécu deux ans en Angola et dit ne pas comprendre les autorités, qui l’avaient pourtant incité à se faire régulariser avant les dernières élections : « Je suis arrivé pendant la période d’enrôlement et l’on nous encourageait à nous inscrire pour aller voter. C’est grâce à ma carte d’électeur que j’ai obtenu une carte d’identité. Et maintenant, on nous chasse comme des animaux ».

    D’autres témoignent avoir subi le même sort après avoir passé 10, 15, 20 ans en Angola. Sans papiers, et contraints de rentrer dans un pays où parfois ils n’ont plus d’attache. Ils courent le risque de se retrouver apatrides. C’est pour cette raison que le HCR travaille actuellement avec la commission nationale pour les réfugiés et les services de migrations de RDC à dresser la liste des personnes dans cette situation. Il reviendra ensuite aux autorités congolaises de les enregistrer.

    Au moins 1 900 réfugiés

    Pasteur Georges a fui les violences au Kasaï, en mai 2017, après l’incendie de son village. En Angola, il avait obtenu le statut de réfugié et n’avait pas – malgré une immense précarité – l’intention de rentrer en RDC. Mais l’armée angolaise en a décidé autrement : « Il nous a arrêtés, il nous a demandé les documents. On a donné les documents, ils ont dit : les réfugiés n’ont pas le droit ici. On nous a ravi ça. On nous a ligotés, on nous a scotchés comme des cartons, des colis. Et l’on nous a amenés jusqu’au niveau de la frontière ».

    A ses côtés, Mbomba Ntomba garde précieusement dans un sachet plastique la photocopie de sa carte de réfugié, qu’il a pu sauver. Après 21 ans passés en Angola. Il avait fui en 1997, lors de la première guerre du Congo. « Les militaires m’ont confisqué l’original de mes papiers avant de m’arrêter. J’ai protesté. Ils m’ont dit : le gouvernement nous a demandé de faire partir tous les Congolais même les réfugiés. Tout ce que je possédais est resté là-bas, je me retrouve ici les mains vides. Sans famille. Je dors dans des églises et parfois même dehors ».

    « Quinze jours sans pouvoir manger »

    Dans la confusion qui a présidé à l’opération d’expulsions, des familles de réfugiés ont été séparées. Philomène a mis deux semaines à retrouver ses enfants : « J’ai été arrêtée avec les documents qui leur permettaient d’accéder aux distributions de nourriture. Ils sont restés 15 jours sans pouvoir manger… Jusqu’à ce que ma famille ici envoie de l’argent en Angola pour payer leur transport et qu’ils me rejoignent ». En septembre dernier déjà Philomène dit avoir fait plusieurs courts séjours en prison côté angolais, secourue chaque fois par le HCR. Comme la majorité de ces réfugiés expulsés, elle n’envisage plus de rentrer en Angola, de peur, dit-elle de ce qui pourrait lui arriver.

    Le HCR poursuit actuellement le travail de recensement de ces réfugiés expulsés, promet de transporter dans leurs familles restées au Congo ceux qui le souhaitent. Et négocie actuellement avec les Angolais la réadmission de ceux qui souhaiteraient retourner en Angola. Le HCR qui appelle par ailleurs les Angolais à respecter les droits et la sécurité de ces réfugiés conformément au droit international.

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  • Mali: sans nouvelle du journaliste Birama Touré disparu depuis près de deux ans

    Mali: sans nouvelle du journaliste Birama Touré disparu depuis près de deux ans

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  • Sénégal: le gouvernement reconnaît des difficultés budgétaires

    Sénégal: le gouvernement reconnaît des difficultés budgétaires


    Par
    RFI

    Publié le 15-11-2018
    Modifié le 15-11-2018 à 11:52

    Au Sénégal, le gouvernement a reconnu qu’il fait face à des difficultés budgétaires. Malgré une croissance supérieure à 6% depuis 2014, la hausse des prix des produits pétroliers à plombé le budget. Ces difficultés budgétaires, à l’origine de problèmes, par exemple, pour payer les fournisseurs ou pour faire avancer les projets, difficultés qui étaient pointées du doigt par l’opposition depuis des mois, étaient niées par les autorités qui les ont, donc, finalement reconnues.

    C’est visiblement sous l’impulsion de Louise Cord que l’Etat a décidé d’admettre ces difficultés budgétaires. Lors d’une réunion publique mardi, la directrice des opérations de la Banque mondiale a parlé « d’une situation particulièrement tendue ». Une alerte évoquée récemment aussi par le Fonds mondial international.

    « Le Sénégal ne peut absolument rien »

    Après avoir nié ces difficultés depuis des mois, le ministre des finances Amadou Ba les a donc finalement expliquées : « L’environnement international change. Si le prix du pétrole est aujourd’hui à prêt de 80 dollars, le Sénégal ne peut absolument rien. Si le dollar s’est apprécié, le Sénégal n’y peut absolument rien ».

    A cette hausse des cours mondiaux des produits pétroliers, se greffe la volonté politique du président Macky Sall de ne pas affecter les foyers les plus défavorisés a expliqué le ministre Amadou Ba : « Répercuter les éléments sur le prix, c’est augmenter au moins le prix du carburant de 110 à 125 francs CFA dans les conditions actuelles. Ou bien l’on décide de répercuter tout sur le prix ou l’on bloque les prix comme l’a souhaité et comme l’a voulu le président de la République. Cela entraine des tensions qui vont être corrigées au fur et à mesure que nous avancerons dans l’année 2019 ».

    Au plus serré

    Malgré une croissance constante à plus de 6% depuis 2014, l’Etat doit donc gérer au plus serré. Une situation complexe que l’opposition va sans aucun doute exploiter à trois mois de l’élection présidentielle.

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