Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Première table ronde du Katanga – Panser les plaies et baliser l’avenir

Par Faustin Kuediasala

cheminee-de-la-gecaminesAprès les incidents survenus dernièrement à l’Assemblée provinciale du Katanga, l’heure n’est plus au bilan, mais au balisage de l’avenir pour une parfaite entente entre différentes communautés de base de la province. « Après la pluie, vient le beau temps », dit un vieil adage populaire. Le Katanga s’en est souvenu du 6 au 9 février 2010 en conviant tous les fils et filles de la province à une rencontre de réconciliation en vue d’enterrer la hache et de travailler la main dans la main pour l’avenir de la province.

C’est pour la première fois que pareil événement se tenait au Katanga. Mais, mieux vaut tard que jamais, disent les sages. Le Katanga a pansé ses plaies. Il a aujourd’hui le regard tourné vers l’avenir. Les communautés ont échangé sur divers sujets, chacune exprimant vivement ses frustrations et ses inquiétudes.

Pour la coordination de la communauté katangaise, son coordonnateur, Mbuyu Kabangu, a momentanément ôté son étoffe de ministre de l’Intérieur pour parler à sa communauté de base. Pour marquer la cohésion plus que jamais retrouvée au sein de diverses communautés de la province, la Fondation katangaise a été également associée à cette rencontre. Que retenir alors de cette première table-ronde de Lubumbashi ? Sinon que le Nord et le Sud du Katanga ont décidé de mettre de côté leurs divergences pour ne remettre en avant que les intérêts de la province. Ainsi, une centaine de délégués venus de Kinshasa, toutes tendances confondues, ont fait le déplacement du Katanga pour s’entretenir dans un dialogue franc et sincère avec différentes notabilités locales de la province.

L’essentiel des échanges ont été concentrés sur des frustrations et exclusions ressenties par l’une ou l’autre communauté. Un seul mot d’ordre au sortir de ces échanges : le Katanga est un et indivisible. Rien ne peut nous séparer ou de nous détourner de notre objectif commun, à savoir le développement la province.

Malgré les résolutions et recommandations sorties de cette table-ronde, le Katanga a scellé un partenariat qu’il doit aujourd’hui honorer pour préserver la province d’une explosion. Chacun en ce qui le concerne s’est engagé à travailler pour le seul intérêt de la province.

Mais, que reste-t-il de la gestion des ambitions et de l’épineux problème du découpage territorial, nerf d’un conflit latent qui couve dans la province ? C’est finalement sur ce nouveau front que l’on entend juger de la grande cohésion qui s’est dessinée au terme de la table-ronde de Lubumbashi. Décidément, le Katanga s’est réconcilié avec lui-même.

Pour combien de temps encore ? Tout le monde a cependant juré de travailler pour matérialiser les résolutions et recommandations issues de ce qu’il convient d’appeler un « dialogue inter Katangais ».

Mais, bien avant la tenue de cette table-ronde, le sénateur Kakwata, élu du Katanga avait bien fait juste en appelant justement à la tenue de ces assises pour dissiper les malentendus et permettre à la province de répartir sur de bonnes bases. Sa voix aura été entendue. La table ronde s’est tenue à la grande satisfaction de tout le monde. Visionnaire et fin lecteur de la situation politique de sa province, le sénateur Kakwata avait vu arriver le danger et avait vite fait de prévenir ses frères d’origine.

En ce temps de reconstruction, la RDC a besoin de cette catégorie d’homme politique, prêt à prévenir et à sonner la sonnette d’alarme lorsque les fondations s’ébranlent. Le sénateur a su le faire. D’autres devaient lui emboîter à différents niveaux de l’Etat pour un élan dans l’effort de la refondation de l’Etat congolais. N’est-ce pas qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.

Kakwata a suggéré, toute la province s’est alliée à son projet. Aujourd’hui que le Katanga a pansé ses plaies, le temps est venu de baliser l’avenir pour un développement harmonieux de la province. Après la table-ronde de Lubumbashi, le plus dur est à venir.