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King Kester Emeneya -Vie et parcours de la star : Trois fois divorcés, Emeneya laisse 11 enfants !

-*C’est Dieu qui donne. C’est lui aussi qui reprend. Jeudi 13 février 2014, Paris s’est réveillé avec une triste nouvelle. King Kester  Emeneya Nkua Mambu a tiré sa révérence à 5h50 à l’hôpital Marie Lannlongue, à Plessis-Robinson (France). Officiellement, la star congolaise est décédée à la  suite d’un infarctus. Que l’on hésite à rattacher à sa lourde opération de cœur de 2012. La fin de son pèlerinage sur la terre des  vivants nous a poussés à aller encore plus loin,  dans les recherches et témoignages sur la vie et le parcours musical de cette  icône de la chanson congolaise. Beaucoup de choses ont été révélées au sujet de la biographie de l’illustre disparu dont certaines ne sont pas à exposer sur  la place publique. De Kikwit à Lubumbashi et Kinshasa en passant par Paris, Bruxelles jusqu’à Luanda, des témoignages recueillis  renseignent que Kester Emeneya vivait sans se poser des questions sur sa vie d’hier et d’aujourd’hui, même après sa mort.

 
Concernant sa vie dans la société, l’artiste se comportait comme tout être humain. Très modéré ! Il aimait la femme et  pensait à  constituer une famille stable et aisée, digne de son rang. Le King de la musique congolaise avait surtout le souci de construire une bonne société. 
 
L’homme propose mais,  Dieu dispose, dit-on. Hélas, l’artiste n’a pu concrétiser tous  ses rêves. Conséquence, il s’est remarié  plusieurs fois à cause de divorces à répétitions. D’après des témoignages recueillis auprès  de son collègue Félix Wazekwa, Emeneya aurait  connu trois divorces dans sa vie de couple. Cela est dû   à l’infidélité et à la trahison conjugale  des femmes dont certaines auraient même franchi le rubicond,  en sortant avec d’autres musiciens congolais et amis de l’homme. Par contre, apprend-on, l’illustre chanteur a pu trouver la paix grâce à sa dernière épouse nommée Florence, ancienne animatrice à la Télévision Kin Malebo. C’est entre les mains de cette jolie dame vivant  à Paris que Kwa Mambu a rendu l’âme. Selon une source proche de sa famille, King Kester aurait  laissé  11 enfants issus de quatre femmes. Ce sont des  grands garçons et  grandes filles résidant,  tous,  en Europe. Parmi les enfants, il y a Yanick Mabiala, franco-congolais, qui est un soldat dans l’armée française. Pour les uns et les autres, Jean Mubiala Emeneya est un père et grand père, qui laisse une  progéniture non négligeable, pouvant assurer et défendre son image de génération  en générations.
Pour tout  dire, la star laisse ainsi  une veuve, plusieurs enfants et une œuvre abondante.
 
Œuvres immortelles 

Du point de vue artistique, le leader et fondateur du groupe  Victoria Eleison n’est pas mort. Son nom et ses œuvres anthologiques resteront  gravés  dans la  mémoire  des  communs  des  mortels et   continueront, surtout,  à peindre la société congolaise,  grâce à la richesse infinie et à la  profondeur  ses idées.  
 
L’homme de patinage artistique a été une véritable idole pour toute personne qui a été à ses côtés,  même pour 5 minutes seulement. 
 
Meilleure voix lourde, King Kester revendiquait sans cesse sa place parmi les meilleurs musiciens du pays. Le chanteur s’en va en pleine lumière. Comme il voulait.

Pour Kester, vivre voulait dire chanter, offrir du plaisir et bain de foule. Même après sa disparition, sa voix ne pourra se taire. Elle continuera à irriguer les  cœurs brisés  avec les «Milena»,  «Amena»,  «Ndako ya ndele», «Dembela», «Teint de bronze», «Dikando», «Ngonda», « La Runda », « Fleur d’été », « Ngabelo, «Sabola Milimu mawa», «Okosi ngai mfumu» et autre «Kimpiatu». Son départ avec la chanson «Amena » chantée avec Pépé Kallé et Papa Wemba, a changé sa vie. Pour beaucoup, elle a mis tout le monde d’accord sur son talent.
 
De disque en disques, il a conquit son identité et fait asseoir  sa renommée sur la scène tant africaine qu’internationale.
Ses œuvres avaient de l’âme ; elles parlaient au cœur.

Qui est EMENEYA ?

Né à Kikwit le 23 novembre 1956,  Emeneya était l’un des chanteurs les plus talentueux de ces trente dernières années. Auteur-compositeur prolixe, il s’était placé au-dessus de la mêlée en imposant sa classe et en faisant preuve d’une constance remarquable.

Certes, son ascension a été spectaculaire.  Mais,  elle n’a pas étonné ceux qui ont suivi ses débuts dans Viva-la-Musica de Papa Wemba.
Emeneya a,  en effet,  largement contribué à l’épanouissement de cet orchestre à  travers des œuvres d’anthologie.

Ancien chanteur des orchestres African danse, Les Anges Noirs, Shama-Shama de Mopera Wa Maloba (qu’il a enrôlé à son tour dans Victoria Eleison), Isifi Melodia d’Evoloko Atshuamo et des Kasapards, King Kester manifesta assez tôt,  ses affinités avec la musique.

A 15 ans, il composait déjà des chansons romantiques pour ses amis. Il se partageait alors entre les études et la musique.

En 1977, il interrompit ses études universitaires au campus de Lubumbashi, pour se consacrer uniquement à sa passion : la musique.  Emeneya Mubiala chantait alors comme son idole Tabu Ley Rochereau. Toutefois, Gina Efonge était son modèle et il voulait le rejoindre dans l’orchestre Libanko.

Sur conseil  de son ami Misha Mulongo, il choisit,  finalement,  d’évoluer aux côtés de Wemba. Celui-ci qui avait la nostalgie de la voix de Bozi Boziana, lui a donné la chance,  sans la moindre  hésitation. On retiendra que Viva-la-Musica fut assurément un beau tremplin.

Lorsque Papa Wemba hypothèque l’avenir de Viva pour convoler en justes noces  avec l’Afrisa International de Tabu Ley, Kester s’empare du bâton de commandement et donne une autre marque de  maturité à Viva. A la surprise de tous, il réussit l’exploit de sécher les larmes de Molokaï.

Au fil des mois, son image se crée, son talent transpire et s’impose. Bourreau du  travail, Kester devient un chanteur en or qui brille dans tous les concerts.

Au retour de Wemba désenchanté par son mentor qui lui a remis un chèque en bois, Emeneya et son compagnon Bipoli na fulu se décident de créer l’orchestre Victoria Eleison, le 24 décembre 1982.
 
Soudain, le groupe subit donc à sa création,  un féroce embargo décrété par les partisans de Papa Wemba. Mais,  le veto produit l’effet boomerang. Le public choisit,  en effet,  le camp des dissidents. Tout Kinshasa soutient avec allégresse Emeneya surnommé Jésus et son groupe. Et Victoria fut la cuvée en  1983 !

Grâce au soutien de Verkys Kiamuangana et au sponsoring de la Bralima-Primus, Kester baptisé le Grand pétrolier a réussi une carrière gigantesque. Et,  l’on imagine combien ses fans ont nagé dans le bonheur,  en écoutant son succulent répertoire avec des  tubes tels que «Kimpiatu», «Okosi nga mfumu», «Abissyna», «Willo Mondo», «Sans Préavis », « Ngabelo », «Surmenage », « Mboka mboka », «Longue histoire », « le jour le plus long» et autres. Le public a aimé toutes ses chansons.

Plusieurs fois élu « Meilleure vedette de l’année », Jean Mubiala Emeneya a mis tout le monde dans sa poche. C’est incontestablement avec «Nzinzi» et «Everybody» que le chanteur est sorti du ghetto et tutoyé le succès international. La cerise sur le gâteau aura été le plaisir de chanter avec la chanteuse Abeti Masikini au Zénith de Paris. Il s’est produit sur les cinq continents. Ses plus célèbres tournées se déroulent au Japon en 1991 et en Amérique du Nord. Il avait le courage de se réinventer. Pour son comeback à Paris en 2001, il a réussi l’exploit de remplir les deux mythiques salles parisiennes Zénith et Olympia,  sans un album sur le marché.

Kester avait un vocabulaire charmant et fonctionnait à l’affection. Il se passionnait pour la politique et pensait que sans la corruption, la RDC serait une grande puissance économique. Ressassant sans cesse l’idée d’être de gauche, il appréciait Antoine Gizenga et Patrice Lumumba. 
 
Toujours en mode vigilance, la star avait le tribalisme et le racisme en horreur. Le King de la musique congolaise a marqué aussi sa génération par son look, sa démarche et son amour à la sape. Les jeunes Kinois se souviendront également de lui à travers le “Langila”, le lingala codé qui déroute les non-initiés. Et,  contrairement aux apparences, Emeneya était un grand supporter de Papa Wemba et avait  beaucoup d’estime envers  Koffi Olomidé.
 
Au crépuscule de sa vie, le patron de Victoria était en studio pour  enregistrer un nouvel « This is me » dont les travaux presque sur le point d’être achevés.  Ce disque en gestation pourrait  sortir à titre posthume,  apprend-on,  de  sources proches de l’artiste. Toutefois, Kester Emeneya a brillamment rempli sa mission temporelle. Les Congolais ne l’oublieront jamais. NKUA MAMBU peut reposer en paix ! Adieu Mubiala ! Adieu, le King …
 
Jordache Diala