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RDC: Malumalu s’accroche jusqu’en 2011

Source: le Phare

Malu-MALU1Le décor politique des années de la transition (2003-2006) va sans doute tenir la route jusqu’en 2011, avec une CEI (Commission Electorale Indépendante) décidée à jouer d’éternelles prolongations. Juridiquement en passe d’être supplantée par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), dont la loi organique se trouve dans la phase de la seconde lecture au niveau du Sénat, avant sa promulgation par le Chef de l’Etat au cours de l’année 2010, elle s’est organisée pour ne pas disparaître, en dépit du renvoi en 2011 des élections urbaines, municipales et locales. Les Congolais sont tout surpris d’apprendre que c’est la CEI de l’abbé Apollinaire Malumalu qui va se charger de ce type de scrutins, sous le nez et la barbe du vrai « pouvoir organisateur » que sera alors la CENI. Beaucoup voient dans ce scénario bizarre l’intention du prélat catholique et de ses pairs du Bureau rescapés du régime 1+4 de s’accrocher à leurs postes. Pour quelles raisons ? On aimerait bien le savoir, d’autant que logiquement, la future équipe dirigeante de la CENI n’aurait pas besoin d’être rôdée, étant donné que le travail de terrain est réalisé par les « experts » et le personnel d’appoint formés sous le mandat de Malumalu.

Les observateurs sont d’avis que l’abbé Malumalu et ses collaborateurs devraient avoir l’honnêteté et l’humilité de rendre le tablier dès la passation des pouvoirs, que l’on croit intervenir dans le courant de l’année 2010, avec les nouveaux animateurs de la CENI. D’ailleurs, dans sa composition actuelle, le bureau actuel de la CEI ne répond plus aux réalités politiques de l’heure, avec notamment la dilution de plusieurs ex-« composantes » et « entités » dans l’Alliance de la Majorité Présidentielle, l’implosion de l’opposition politique made Z’Ahidi Ngoma et l’éclatement du RCD/Goma en deux ailes antagonistes. Les députés ont implicitement montré la porte de sortie à Malumalu, délégué de la Société Civile à San City, en ignorant celle-ci dans la nouveau configuration du Bureau de la CENI. Bicéphalisme suspect CEI-CENI La RDC s’achemine, lentement mais sûrement, vers l’émergence de deux « pouvoirs organisateurs » des élections en 2011, ce qui naturellement constituerait une violation de la volonté du législateur.

Un tel bicéphalisme ne peut que susciter le doute dans les esprits, surtout au regard des contentieux électoraux provoqués par la CEI de l’abbé Malumalu en 2006 et 2007, tant pour les élections présidentielles (1er et 2me tours) que législatives, sénatoriales que celles des gouverneurs de provinces. Nos concitoyens sont en droit de craindre de nouveaux tripatouillages du corps électoral de la part de la CEI, dès lors que les opérations de révision du fichier électoral, que vécues dernièrement à Kinshasa, ont laissé sur les carreaux des millions d’entre eux en âge de voter. En effet, les centres d’identification et d’inscription ont été brutalement fermés, alors que de longues files d’attente de candidats à l’enrôlement étaient observées aux quatre coins de la capitale. Retenue dans le chronogramme de la CEI comme deuxième province à accueillir le travail de toilettage du fichier électoral, celle du Bas-Congo s’est retrouvée dans le même sac que les neuf autres actuellement versées dans les oubliettes.

Les improvisations de cette institution d’appui à la démocratie sont si récurrentes qu’elles ne rassurent personne. Pire, son amateurisme pousse d’aucuns à se poser des questions sur la transparence des scrutins qu’elle tient à organiser en lieu et place de la CENI, dès lors que le fichier électoral continue de cacher plusieurs zones d’ombre. Compte tenu des limites montrées par Malumalu et ses pairs, les Congolais pensent qu’ils devraient s’effacer avant 2011, afin de laisser les coudées franches au nouveau « pouvoir organisateur » des élections. S’ils persistent dans les prolongations, on serait tenté de les accuser d’avoir des intérêts obscurs dans la gestion des élections et des fonds y afférents.