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  • Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    Après dix mois de facilitation chahutée, l’ancien secrétaire général de l’OUA et ex-Premier ministre du Togo a déposé (provisoirement ?) les armes. En exclusivité pour JA, et alors que les Congolais retiennent leur souffle dans la perspective de la fin du mandat du président Kabila, le 19 décembre, Edem Kodjo raconte ici son parcours du combattant.
    Comment (et pourquoi) j’ai mis les pieds dans le « marigot »

    Je n’ai rien sollicité, c’est venu à moi. Je me trouvais par hasard à Brazzaville un jour de janvier 2016, lorsque j’ai reçu un appel du commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, l’Algérien Smaïl Chergui. « Mme Dlamini-Zuma souhaite savoir si vous accepteriez une mission de bons offices en RD Congo, me dit-il. Il s’agit de mettre en place un dialogue entre le pouvoir et l’opposition et de déboucher sur un accord politique en vue de l’élection présidentielle. » Rien de moins ! Réponse prudente de ma part: « Laissez-moi vingt-quatre heures de réflexion. » Cela tombe bien, un chef d’État d’expérience et qui connaît la RD Congo comme sa poche, le président Sassou Nguesso, loge à deux pas.

    Il me reçoit, je lui soumets la proposition, et il m’encourage aussitôt à dire oui : «Je connais tes convictions panafricaines, je ne vois donc pas comment tu pourrais te défiler. Je vais t’aider. » Ma décision est prise : j’accepte. Vous ne vous en doutiez pas, mais la deuxième personne à qui j’ai parlé de cette mission, c’était vous-même. Je me souviens de votre question: « Edem, qu’allez-vous faire dans ce marigot ? » Etde ma réplique : « Il faut bien que quelqu’un se sacrifie. »

    Premiers pas encourageants

    Muni du mandat de Mme Dlamini-Zuma, qui fait de moi un facilitateur du dialogue, je débarque à Kinshasa, résolu à entrer en contact avec toutes les parties. Paradoxal, au vu de ce qui allait advenir, mais vrai : c’est de la part du principal parti de l’opposition, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, que je reçois le meilleur accueil. Deux délégations viennent me voir pour me féliciter, se réjouir du choix d’« un grand médiateur africain » (je les cite) et me prier de me rendre au plus vite à Bruxelles pour y rencontrer le « líder máximo ».

    Ce qui, pour moi, allait de soi. Le 4 février, j’effectue mon premier déplacement dans la capitale belge, à la rencontre de celui que vous avez surnommé, à JA, « Monsieur Non ». Tshisekedi me reçoit, entouré de son fils Félix, de l’abbé Tshilumba, son directeur de cabinet, et de son inséparable assistant Gilbert Kankonde. Cette fois, il dit oui. Oui au dialogue, sans réserves apparentes. Bien qu’une partie de la mouvance de l’opposition s’obstine à me regarder avec suspicion, le fait d’être soutenu par l’UDPS m’encourage. Début mars, je tombe malade et me fais soigner à Paris.

    C’est là que le directeur de cabinet du président Kabila, Néhémie Wilondja, vient me rendre visite à mon appartement du XVIIe arrondissement pour m’annoncer qu’une délégation de la sensibilité présidentielle et une autre de l’UDPS se trouvent dans la capitale française pour y discuter du dialogue. Les deux parties, ajoute-t-il, demandent que je préside aux pourparlers. Convalescent, mais requinqué par la nouvelle, j’accepte et choisis le lieu: l’hôtel Raphael. Le 26 mars 2016, veille de Pâques, on s’installe : six côté mouvance, six côté UDPS, et moi au milieu.

    Ce n’est pas la première fois que les uns et les autres discutent. Pour le pouvoir, rechercher un accord avec Tshisekedi est une constante, en fonction d’un calcul simple: mouvance présidentielle + UDPS = majorité absolue, plus besoin des autres.

    Ils se sont déjà vus à Venise, puis à Ibiza, sans résultats. Y parviendront-ils à Paris? La réunion dure deux heures, et je dois dire que nous faisons un excellent travail. Nous réglons tous les problèmes, ou presque, et nous signons un accord portant sur le comité préparatoire au dialogue, son règlement, son ordre du jour et surtout sa composition. Trente membres au total : douze pour la partie présidentielle, six pour la société civile et douze pour l’opposition. Certes, l’opposition, ce n’est pas que l’UDPS, mais il est clair que cette dernière entend garder la main.

    Munie d’un mandat dûment signé de Tshisekedi lui-même, dont j’ai exigé et conservé copie (on n’est jamais trop prudent!), la délégation UDPS au Raphael est conduite par deux de ses proches, Floribert Tendayi et Papis Tshimpangila. Elle comprend aussi l’un des propres fils du Vieux, Christian Tshisekedi, et l’un de ses neveux, Bona Kabongo. Comme rien n’est simple dans cette famille, Félix Tshisekedi me dira plus tard, sur le ton du reproche, que son frère Christian n’y connaît rien en politique puisque c’est un homme d’affaires. Comme si j’avais moi-même composé cette délégation ! Toujours est-il qu’en ce 26 mars l’UDPS nous annonce qu’elle se réserve le droit de nommer elle-même les douze personnalités de l’opposition qui participeront au comité préparatoire. Explication : « On se connaît entre nous, hors de question de nous laisser infiltrer par de faux-vrais opposants ! » Après tout, c’est son affaire. On se sépare donc bons amis.

    De retour à Kinshasa, je reçois le secrétaire général de l’UDPS, Bruno Mavungu, accompagné de Félix Tshisekedi. Félix joue les durs, et je m’aperçois rapidement qu’il a pris l’ascendant sur Mavungu, mais il ne remet rien en question. Il ne me reste plus qu’à recevoir la liste des opposants membres du comité préparatoire. On me l’annonce d’une heure à l’autre. Je suis confiant, presque euphorique. À tort.

    Quand Tshisekedi tourne casquette

    J’ai en main les listes de la mouvance présidentielle et de la société civile, mais, côté UDPS, rien ne vient. Une, deux, trois semaines, rien. Je me rends donc de nouveau à Bruxelles pour y rencontrer Étienne Tshisekedi. Il me reçoit le 5 mai dans un hôtel de la capitale belge, entouré, cette fois encore, de Félix, de l’abbé Tshilumba et de Gilbert Kankonde. Je les sens un peu crispés, exigeant notamment ce qu’ils appellent un renforcement de la facilitation. Mais comme ils ne me montrent aucune hostilité, je sors de l’entretien rassuré, même si je n’ai toujours pas obtenu la fameuse liste. Retour à Kinshasa.

    Au sein de la mouvance présidentielle et de l’opposition non UDPS, on s’impatiente et on me critique. À leurs yeux, je favorise l’UDPS, je fais tout pour ressusciter Tshisekedi et le remettre en selle. C’est alors que surgit cette étrange idée de panel de personnalités censées m’épauler et m’encadrer, afin de « remettre le dialogue sur les rails ». Puisque le facilitateur piétine, entend-on dire, aidons-le à s’en sortir.

    C’est évidemment tout sauf désintéressé car derrière ce schéma se profile l’ombre des Américains, en particulier celle de l’envoyé spécial pour les Grands Lacs, Tom Perriello. Via le panel, dont ils seraient membres, les États-Unis, puissance extracontinentale, souhaitent être directement au cœur du dialogue, ce qui à mes yeux n’est pas souhaitable. J’ai rapidement vu la manœuvre, d’où la contre-idée, lancée par moi, d’un groupe de soutien à la facilitation, composé de l’UA, de l’ONU, de l’Union européenne, de l’OIF et des organisations régionales africaines. Cris d’orfraie de la part des Américains et des politiciens congolais qui leur sont proches !

    Début juin, je suis à nouveau à Bruxelles, face à Tshisekedi. Je demande un tête-à-tête. On me le refuse, non sans une certaine indignation : « Le président ne voit jamais personne en tête à tête! » Va donc pour l’inévitable duo Tshilumba-Kankonde, témoins muets de notre échange. « Grand frère, lui dis-je. J’attends les noms de vos représentants au dialogue depuis deux mois, quand les aurai-je ? » Réponse : « Petit frère, nous sommes jeudi. Lundi, dans quatre jours, vous les aurez. » Je saurai plus tard que la liste, effectivement, était prête. Elle ne m’a jamais été remise.

    Qui l’a fait passer à la trappe ? Mystère. Pendant des jours, j’ai cherché à le joindre depuis Kinshasa, en vain. Il a fallu m’y résoudre: Tshisekedi avait tourné casquette. Pourquoi? Je me souviens que, pendant l’entretien, il n’avait cessé de me répéter que j’étais trop seul et que la formule du panel, qui avait la faveur des Américains, était à ses yeux la meilleure pour m’entourer. Est-ce là la clé de sa volte-face ? Je l’ignore.

    Kodjo: « Quand aurai-je les noms des délégués au dialogue? » Tshisekedi: « Lundi, dans quatre jours. »

    Six mois, plus tard, j’attends encore…

    Avec Katumbi, un rendez-vous manqué

    Heureusement, l’iceberg de l’opposition commence à craquer. Le député Samy Badibanga, qui deviendra Premier ministre en novembre, puis d’autres, manifestent avec insistance le souhait de participer au dialogue. Au même moment se pose le problème de Moïse Katumbi. J’avais prévu de le rencontrer peu après mon second séjour à Bruxelles, début mai.

    Mon projet était d’aller le voir chez lui, à Lubumbashi, ce qui d’ailleurs ne plaisait guère au pouvoir en place à Kinshasa, qui estimait que c’était là une sorte de reconnaissance. La veille du jour fixé pour notre rendez-vous, l’un de ses proches, l’ex-président de l’assemblée provinciale du Haut-Katanga, Gabriel Kyungu, connu pour la brutalité de son langage, se livre dans les médias locaux à une violente diatribe contre moi, avant de conclure que je ne serai pas le bienvenu à Lubumbashi.

    Dans la foulée, le G7, regroupement d’anciens kabilistes ralliés à Katumbi, publie une déclaration de la même eau à mon encontre, avant d’en appeler, lui aussi, comme par hasard, à la mise en place du fameux panel cher à M. Perriello. J’annule donc mon déplacement et appelle Katumbi pour le lui signifier. L’échange est aigre-doux : « Kinshasa vous a empêché de venir me voir ! » me dit-il. « Pas du tout, c’est votre ami Kyungu et vos alliés du G7 qui, manifestement, ne le souhaitent pas. Ma sécurité n’est pas assurée à Lubumbashi, pourquoi viendrais-je ? »

    La conversation terminée, je joins aussitôt Mme Dlamini-Zuma pour lui proposer de faire venir Moïse Katumbi en terrain neutre, à Addis-Abeba, afin que nous parlions avec lui. Le principe est rapidement acquis lorsque surviennent l’affaire dite des mercenaires et l’ouverture d’une procédure à l’encontre du candidat.

    Depuis lors, je suis intervenu à sa demande pour faciliter son départ à l’étranger, mais nous ne nous sommes toujours pas rencontrés. Dois-je préciser que je n’ai aucun problème avec M. Katumbi, qui porte le même prénom que celui de mon père ? J’entends souvent dire qu’il est « l’homme des Américains ». Je l’ignore, même s’il en est notoirement proche. Et dans ce cas, il n’est pas le seul.

    Son grand frère, Katebe Katoto, que j’ai rencontré à Bruxelles, était un ardent défenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dû lui dire, les yeux dans les yeux: « Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable ! » Au cours de cette même rencontre, un membre du G7 s’est levé : « Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencé. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privé des États-Unis ! » Mon sang n’a fait qu’un tour : « Je ne sais pas si vous êtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rétorqué. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entière va se moquer de vous ! »

    Coup de foudre à Kinshasa

    Nous sommes en juin. L’UA a avalisé mon projet de groupe de soutien à la facilitation, et je décide d’envoyer une nouvelle mission auprès de Tshisekedi à Bruxelles. À Genval, banlieue chic de la capitale belge, l’opposition, UDPS et G7 notamment, vient de lancer le Rassemblement anti-Kabila. Le ton s’est durci, et je crains que ma délégation, composée des Algériens Saïd Djinnit et Smaïl Chergui, ainsi que d’un diplomate belge, ne trouve porte close. Il n’en est rien, et le rapport de quelques lignes que me font ces émissaires est totalement anodin, ce qui m’étonne un peu.

    Était-ce pour m’endormir? Le réveil sera brutal. Le 4 juillet, une réunion du groupe de soutien à Addis-Abeba débouche sur une demande qui est presque une injonction : le facilitateur est prié de mettre en place le comité de préparation au dialogue d’ici à la fin du mois. Une date est retenue : le samedi 30 juillet. Mais il y a un problème : de retour à Kinshasa le 27, Étienne Tshisekedi a prévu de tenir un mégameeting le 31 juillet. L’UDPS hurle au complot : c’est du sabotage!

    D’ailleurs, me dit-on, vos émissaires à Bruxelles se sont entendus avec nous pour que les deux événements ne coïncident pas – si c’est exact, cela m’a été caché ; pourquoi ? Où était mon intérêt dans cette affaire, alors que je me battais depuis des mois pour inclure Tshisekedi dans le jeu ? A-t-on voulu me piéger, me discréditer afin de mettre quelqu’un d’autre à ma place? Je n’en dirai pas plus, mais Mme Dlamini-Zuma, à qui j’ai fait, fin octobre, un compte rendu détaillé de ma mission, connaît les tenants et aboutissants de toute cette histoire.

    Lors de son meeting devant des dizaines de milliers de personnes, Étienne Tshisekedi m’injurie. Je ne m’y attendais absolument pas. Il me traite de « petit kabiliste partial » et ajoute que je suis « un traître ». Oui, « un traître » ! Passé l’instant de sidération, je réfléchis. Si traître il y a, l’insulte convient à celui qui a signé un accord et ne l’a pas respecté. Or, Tshisekedi a violé l’engagement que ses délégués, mandatés par lui, ont conclu à Paris en ma présence. Donc le traître, c’est Tshisekedi. Partial? C’est risible.

    Pendant longtemps, la majorité présidentielle et une partie de l’opposition, dont Vital Kamerhe, le G7 et la Dynamique, m’ont accusé de favoriser l’UDPS et son vieux leader! Ce discours m’est tombé dessus comme un coup de foudre. Je ne pardonne pas à Tshisekedi de s’être montré aussi injuste à mon égard. Il ne s’en est jamais excusé ni expliqué. Lorsqu’un ami commun, Mgr Monsengwo, a voulu que j’aille le voir chez lui, à Limete, pour recoller les morceaux, j’ai refusé. Peut-être nous reverrons-nous, mais ce ne sera pas à son domicile. Tshisekedi ne me connaît pas. S’il veut la guerre, je vais le démolir !

    L’Église catholique : pêchez en paix

    Certes, l’Église est une institution en RD Congo. Certes, je suis moi-même un catholique pratiquant et je me dois de passer le manteau de Noé sur ce que fait ma hiérarchie et qui ne me plaît pas toujours. Je ne dirai donc rien sur le cardinal Monsengwo, que je connais bien et que je respecte.

    Mais tout de même. J’ai beaucoup compté sur la conférence épiscopale, la Cenco, pour qu’elle m’aide dans ma tâche de facilitation. Au sein du comité préparatoire au dialogue, le représentant de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole, avait le beau rôle. Idem lorsque, le 1er septembre, s’est ouvert le dialogue lui-même. Surviennent alors les tragiques émeutes des 19 et 20 septembre à Kinshasa, lesquelles – il convient de le préciser, car j’en ai été le témoin – ont commencé par le saccage des sièges des partis membres du dialogue, perpétré par des militants du Rassemblement de l’opposition radicale. Avant que les jeunes kabilistes aillent à leur tour mettre le feu aux locaux de l’UDPS.

    C’est alors que les curés de la Cenco ont changé de ton. Après avoir exigé une semaine de deuil, ils sont venus poser des préalables au dialogue qui ne figuraient pas dans nos accords. J’y ai consenti à une condition : qu’ils restent dans la salle. Libre à eux, par ailleurs, d’aller à la pêche miraculeuse et de ramener dans leurs filets les opposants au dialogue. À l’heure où je vous parle, la pêche continue, et je souhaite qu’elle soit fructueuse.

    D’autant que Joseph Kabila, vous l’aurez remarqué, joue le jeu et encourage les évêques. Cela s’est discuté fin octobre à Luanda, en marge du sommet des chefs d’État de la région, qui a entériné l’accord politique du 18 octobre. Denis Sassou Nguesso et José Eduardo dos Santos ont suggéré à Kabila de tendre la main au Rassemblement de l’opposition, via la Cenco, ce qu’il a fait. Je crois que tout le monde est un peu tétanisé à l’idée qu’il se passe quelque chose le 19 décembre à minuit et que chacun cherche à conjurer les risques de dérapages.

    Présidentielle : 2018 ou le chaos

    Les Américains, les Européens, la Cenco, le Rassemblement: tous ou presque « exigent » que l’élection présidentielle se tienne en 2017.

    Mais c’est impossible avant avril 2018 ! Cette échéance n’est pas le fruit du hasard : le fichier électoral est corrompu, tout le monde l’a dit, sa refonte est indispensable. La RD Congo, c’est 2,5 millions de km², 136 000 bureaux de vote, 20 000 tonnes de matériel électoral à transporter, le plus souvent par voie aérienne ou fluviale. La commission électorale, les experts de l’ONU et de l’OIF, le général malien Siaka Sangaré, que je considère comme le meilleur expert électoral d’Afrique francophone et que j’ai fait venir…

    Tous sont formels : on ne peut pas, en resserrant au maximum les délais, aller plus vite. Le fichier électoral sera fiable et complet début octobre 2017, il faut ensuite six mois pour organiser le scrutin. À condition, bien sûr, que son financement – près de deux milliards de dollars – soit assuré. Préconiser une présidentielle bâclée l’an prochain, c’est irresponsable.

    J’ai entendu récemment Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, critiquer l’accord du 18 octobre et remettre 2017 sur le tapis. Cela m’a étonné : son ambassadeur à Kinshasa ne lui a donc pas fait rapport ? Il parle en méconnaissance de cause.

    Autre revendication de l’opposition radicale et de ceux qui la soutiennent : que Kabila démissionne au soir du 19 décembre 2016 et laisse la place à une période transitoire spéciale, avec à sa tête le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, qui organisera les élections. Ce n’est ni constitutionnel – la Cour suprême a tranché, et les participants au dialogue en sont convenus – ni réaliste. Le mandat de Kengo est forclos depuis quatre ans, faute d’élections provinciales et sénatoriales tenues dans les délais. Quelle est sa légitimité? Sur le plan strictement juridique, le fait que Kabila demeure en place jusqu’à l’élection de son successeur est objectivement la moins mauvaise des solutions.

    Une classe politique brillante, mais toxique

    J’ai eu affaire à une classe politique à la fois brillante, adepte des faux-fuyants, intelligente, toxique… L’argent joue un rôle prépondérant: en Afrique de l’Ouest, les gens pensent qu’ils sont riches quand ils ont 100 millions de F CFA.

    Ici, ils le sont quand ils ont la même somme, mais en dollars. Autre caractéristique: un sentiment national et identitaire à vif. Est-ce un héritage du mobutisme triomphant ? C’est possible, mais les Congolais en général sont allergiques à toute interférence, en particulier occidentale – sauf bien entendu quand elle sert leurs intérêts et qu’ils peuvent l’instrumentaliser à leur profit.

    Aussi les chefs d’État africains, qui connaissent ce sentiment, sont-ils prudents dès qu’il s’agit de se mêler des affaires congolaises. Sassou Nguesso joue un rôle positif, Dos Santos aussi, ainsi – et c’est moins connu – que Faure Gnassingbé. Le président togolais entretient des relations étroites aussi bien avec Kabila qu’avec Vital Kamerhe. Si Kamerhe ne nous avait pas rejoints, il n’y aurait jamais eu de dialogue, et Faure a été décisif dans son ralliement, tout comme son « envoyé spécial », le ministre Gilbert Bawara, très introduit à Kinshasa.

    Pourquoi (et comment) j’ai mis les pieds dans le « marigot »: suite et fin

    Ce n’est pas l’argent qui m’a motivé, et je voudrais être clair, voire trivial à cet égard : Kabila ne m’a pas payé, ce n’est pas lui qui a réglé mes frais de mission ni mes per diem.

    C’est l’UA qui m’a pris en charge, et il ne m’a rien donné. On a, à ce sujet, raconté n’importe quoi. Je me souviens du jour où je suis allé visiter le fameux barrage d’Inga et survoler l’embouchure du fleuve Congo, spectacle dont j’ai toujours rêvé. Une compagnie pétrolière avait mis un hélicoptère à ma disposition à cet effet.

    Le lendemain, des journaux ont écrit que, ça y est, Kodjo est dans le pétrole, Kabila l’y a mis pour l’acheter ! Par contre oui, mon ego, ma place dans l’Histoire, la volonté de sortir par le haut, de ne pas partir sur un échec, celle aussi de démontrer à M. Tshisekedi, qui m’a trahi, que je n’étais pas un nègre de service, tout cela m’a motivé et a forgé ma résilience.

    François Soudan/Jeune Afrique

  • Huit ans de prison requis contre Bemba pour subornation de témoins à la CPI

    Huit ans de prison requis contre Bemba pour subornation de témoins à la CPI

    -Le procureur a requis huit ans de prison à l’encontre de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, reconnu coupable par la Cour pénale internationale (CPI) de subornation de témoins afin d’obtenir son acquittement dans son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    “L’accusation recommande que Bemba soit condamné à une peine totale de huit ans d’emprisonnement”, a déclaré le procureur, dans un document publié dans la nuit de lundi à mardi, “à purger consécutivement à sa peine dans l’affaire principale”.

    Jean-Pierre Bemba a été jugé coupable à la mi-octobre pour avoir influencé “de manière corrompue” quatorze témoins, présenté de fausses preuves et sollicité la déclaration de faux témoignages.

    L’ancien chef de guerre, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que Fidèle Babala, un député du parti Mouvement de Libération du Congo (MLC), et un témoin de la défense, Narcisse Arido, avaient versé de l’argent et donné des cadeaux à des témoins ou leur avaient promis une réinstallation et une sécurité en échange d’un faux témoignage devant la CPI.

    Le bureau du procureur a par ailleurs requis la peine totale de huit ans d’emprisonnement à l’encontre de M. Kilolo, de sept ans contre M. Mangenda, trois ans contre M. Babala et cinq ans contre M. Arido, demandant également que chacun des cinq accusés soit condamné à une amende.

    Ancien riche homme d’affaires de 53 ans, M. Bemba a été condamné en juin à 18 ans de prison pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice, le MLC, en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003. Celui qui est surnommé le “Mobutu miniature” a interjeté appel de sa condamnation fin septembre, dénonçant des “vices de forme” et évoquant notamment l’arrestation de son avocat durant le procès.

    Le procès connexe à cette affaire principale constitue le premier pour subornation de témoins de l’histoire de la CPI, lancé après que le bureau de la procureure a reçu une information de la part d’une source anonyme.

    L’ancien chef de guerre et ses deux avocats “ont mis sur pied un plan commun pour duper la chambre”, avait souligné le juge Bertram Schmitt à la lecture du verdict en octobre.

    Aimé Kilolo était chargé de leur donner les instructions (“Voici ce que tu diras”) et a effectué ou facilité le transfert d’argent, notamment, aux témoins.

    Ainsi, les juges de la chambre chargée du procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité “ont pu ne pas avoir suivi les dépositions de ces témoins mais bien la conception de déposition de M. Kilolo”, avait constaté M. Schmitt.

    L’accusation a réclamé que M. Kilolo soit retiré de “la liste d’avocats de la défense de la CPI”.

    Fidèle Babala a pour sa part encouragé M. Bemba à assurer “le service après-vente”: “Il est bon de donner du sucre aux gens”, lui avait conseillé le député du MLC, faisant référence aux pots-de-vin.

    Témoin agissant comme “intermédiaire”, Narcisse Arido a recruté quatre des témoins corrompus, leur promettant 10 millions de francs CFA (environ 15.200 euros) et un déménagement en Europe.

    Avec AFP

  • Document complet: l’Union européenne sanctionne sept hauts responsables du régime Kabila

    Document complet: l’Union européenne sanctionne sept hauts responsables du régime Kabila

    -L’Union européenne a adopté ce lundi des sanctions visant sept hauts responsables des services de sécurité congolais, dont Gabriel Amisi Kumba et Celestin Kanyama. Celles-ci ont été aussitôt dénoncées par le gouvernement congolais, qui les qualifiées d’ « illégales ».

    Le Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne a décidé, lundi 12 décembre, d’imposer des mesures restrictives en matière de déplacements à l’égard de sept ressortissants congolais, et le gel de leurs avoirs. Ils occupent des positions de hauts responsables dans la chaîne de commandement des forces de sécurité congolaises.

    Ils sont notamment accusés d’avoir « fait un usage disproportionné de la force » pendant les manifestations des 19 et 20 septembre à Kinshasa. Les violences avaient causé la mort d’environ cinquante personnes et « constituent de graves violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales », explique l’institution européenne.

    Elle appelle en outre le gouvernement de la RD Congo à coopérer à une enquête transparente et indépendante afin de traduire en justice les responsables.

    D’autres sanctions pourraient suivre

    Les sept personnes visées par ces sanctions font toutes partie de l’appareil sécuritaire congolais. Il s’agit de:

    1. Ilunga Kampete, commandant de la garde républicaine,
    2. Gabriel Amisi Kumba, commandant de la première zone de dé­fense de l’armée congolaise (FARDC),
    3. Ferdinand Ilunga Luyoyo, commandant de l’unité anti-émeute,
    4. Celestin Kanyama, commissaire de la police nationale congolaise,
    5. John Numbi, ancien inspecteur général de la police nationale congolaise,
    6. Roger Kibelisa, chef du département de la sécurité intérieure de l’agence nationale de renseignements (ANR), et
    7. Delphin Kahimbi, chef du service du renseignement militaire (ex-Demiap.

    L’Union européenne, qui se dit gravement préoccupée par la situation en RD Congo, a également indiqué qu’elle suivrait « avec une attention accrue l’évolution politique cruciale » que connaîtra le pays dans les prochaines semaines. « Des mesures restrictives supplémentaires pourront être envisagées en cas d’obstruction du processus politique ou de nouvelles violences », ajoute encore l’UE.

    Des sanctions « illégales » selon le gouvernement congolais

    Sitôt ces sanctions annoncées, le gouvernement congolais les a qualifiées d’ »illégales ». « Elles procèdent d’une sorte de droit impérial qui est aux antipodes du droit international », a assuré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. « La RDC, pays non européen, les condamne et entend les attaquer devant qui de droit », a-t-il ajouté.

    DÉCISIONS
    DÉCISION (PESC) 2016/2231 DU CONSEIL
    du 12 décembre 2016modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre dela République démocratique du Congo
    LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
    vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 29,
    vu la proposition du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
    considérant ce qui suit:
    (1) Le 20 décembre 2010, le Conseil a adopté la décision 2010/788/PESC (1).
    (2) Le 17 octobre 2016, le Conseil a adopté des conclusions faisant état d’une profonde préoccupation quant à lasituation politique en République démocratique du Congo (RDC). En particulier, il y condamnait vivement lesactes d’une extrême violence qui ont été commis les 19 et 20 septembre à Kinshasa, indiquant que ces actes ontencore aggravé la situation d’impasse dans laquelle se trouve le pays du fait de la non-convocation des électeurs àl’élection présidentielle dans le délai constitutionnel fixé au 20 décembre 2016.
    (3) Le Conseil a souligné que, afin d’assurer un climat propice à la tenue d’un dialogue et des élections, legouvernement de la RDC doit clairement s’engager à veiller au respect des droits de l’homme et de l’état de droitet cesser toute instrumentalisation de la justice. Il a également exhorté tous les acteurs à rejeter l’usage de laviolence.
    (4) Le Conseil s’est également déclaré prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition, y compris le recours à desmesures restrictives contre ceux qui sont responsables de graves violations des droits de l’homme, incitent à laviolence ou qui font obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique et respectueuse de l’aspiration dupeuple de la RDC à élire ses représentants.
    (5) Il y a donc lieu de modifier la décision 2010/788/PESC en conséquence.
    (6) Une nouvelle action de l’Union est nécessaire pour mettre en œuvre certaines mesures,
    A.  ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
     Article premier
    La décision 2010/788/PESC est modifiée comme suit:1) L’article 3 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 3
    1.Les mesures restrictives prévues à l’article 4, paragraphe 1, et à l’article 5, paragraphes 1 et 2, sont instituées àl’encontre des personnes et entités désignées par le comité des sanctions qui se livrent ou apportent un soutien à desactes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en RDC. De tels actes comprennent:
    a) agir en violation de l’embargo sur les armes et des mesures connexes visées à l’article 1er;
     b) faire partie des responsables politiques et militaires des groupes armés étrangers opérant en RDC qui font obstacleau désarmement et au rapatriement ou à la réinstallation volontaires des combattants appartenant à ces groupes;12.12.2016
    Décision 2010/788/PESC du Conseil du 20 décembre 2010 concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la Républiquedémocratique du Congo et abrogeant la position commune 2008/369/PESC (JO L 336 du 21.12.2010, p. 30).
    c) faire partie des responsables politiques et militaires des milices congolaises, y compris celles qui reçoivent unsoutien de l’extérieur de la RDC, qui font obstacle à la participation de leurs combattants aux processus dedésarmement, de démobilisation et de réinsertion;
    d) recruter ou employer des enfants dans les conflits armés en RDC en violation du droit international applicable;
    e) contribuer, en les planifiant, en les dirigeant ou en les commettant, à des actes en RDC qui constituent desviolations des droits de l’homme ou des atteintes à ces droits ou des violations du droit international humanitaire,selon le cas, notamment des actes dirigés contre les civils, y compris des meurtres et des mutilations, des viols etd’autres violences sexuelles, des enlèvements, des déplacements forcés et des attaques contre des écoles et deshôpitaux;
    f) entraver l’accès à l’aide humanitaire ou sa distribution en RDC;
    g) apporter son concours à des personnes ou entités, y compris des groupes armés ou des réseaux criminels, quiprennent part à des activités déstabilisatrices en RDC en se livrant à l’exploitation ou au commerce illicite deressources naturelles, dont l’or ou les espèces sauvages et les produits issus de celles-ci;
    h) agir au nom ou sur instruction d’une personne ou d’une entité désignée ou agir au nom ou sur instruction d’uneentité détenue ou contrôlée par une personne ou une entité désignée;
    i) planifier, diriger ou commanditer des attaques contre des soldats de la paix de la MONUSCO ou des membres dupersonnel des Nations unies, ou participer à de telles attaques;
     j) fournir à une personne ou entité désignée un appui financier, matériel ou technologique ou des biens ou services.La liste des personnes et entités concernées par le présent paragraphe figure à l’annexe I.2.Les mesures restrictives prévues à l’article 4, paragraphe 1, et à l’article 5, paragraphes 1 et 2, sont instituées àl’encontre des personnes et entités:
    a) faisant obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique en vue de la tenue d’élections en RDC, notammentpar des actes de violence, de répression ou d’incitation à la violence, ou des actions portant atteinte à l’état dedroit;
     b) contribuant, en les planifiant, en les dirigeant ou en les commettant, à des actes constituant de graves violationsdes droits de l’homme ou des atteintes à ces droits en RDC;
    c) associées à celles visées aux points a) et b),
    dont la liste figure à l’annexe II.»
    2) L’article 4 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 4
    1.Les États membres prennent les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le passage en transit sur leurterritoire des personnes visées à l’article 3.
    2.Le paragraphe 1 n’oblige pas un État membre à refuser à ses propres ressortissants l’entrée sur son territoire.
    3.En ce qui concerne les personnes visées à l’article 3, paragraphe 1, le paragraphe 1 du présent article nes’applique pas si le comité des sanctions:
    a) détermine à l’avance et au cas par cas que cette entrée ou ce passage en transit se justifie pour des raisonshumanitaires, y compris un devoir religieux;
     b) conclut qu’une dérogation favoriserait la réalisation les objectifs des résolutions pertinentes du Conseil de sécuritédes Nations unies, à savoir la paix et la réconciliation nationale en RDC et la stabilité dans la région;
    c) autorise à l’avance et au cas par cas le passage en transit des personnes rentrant sur le territoire de l’État dont ellesont la nationalité ou participant aux efforts tendant à traduire en justice les auteurs de graves violations des droitsde l’homme ou du droit international humanitaire; ou
    d) lorsque cette entrée ou ce passage en transit est nécessaire aux fins d’une procédure judiciaire.
     Lorsque, en application du présent paragraphe, un État membre autorise des personnes désignées par le comité dessanctions à entrer ou à passer en transit sur son territoire, cette autorisation est limitée à l’objectif pour lequel elle estaccordée et aux personnes qu’elle concerne.
    4.En ce qui concerne les personnes visées à l’article 3, paragraphe 2, le paragraphe 1 du présent article s’appliquesans préjudice des cas où un État membre est lié par une obligation de droit international, à savoir:
    a) en tant que pays hôte d’une organisation intergouvernementale internationale;
     b) en tant que pays hôte d’une conférence internationale convoquée par les Nations unies ou tenue sous leursauspices;
    c) en vertu d’un accord multilatéral conférant des privilèges et immunités; ou
    d) en vertu du traité de réconciliation (accords du Latran) conclu en 1929 entre le Saint-Siège (État de la Cité duVatican) et l’Italie.
    5.Le paragraphe 4 est considéré comme s’appliquant également lorsqu’un État membre est pays hôte de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
    6.Lorsqu’un État membre accorde une dérogation conformément au paragraphe 4 ou 5, il en informe dûment leConseil.
    7.En ce qui concerne les personnes visées à l’article 3, paragraphe 2, les États membres peuvent déroger auxmesures imposées en vertu du paragraphe 1 du présent article lorsque le déplacement d’une personne se justifie pourdes raisons humanitaires urgentes, ou lorsque la personne se déplace pour assister à des réunions intergouvernementales et à des réunions dont l’initiative a été prise par l’Union européenne ou qu’elle accueille, ou à des réunionsaccueillies par un État membre assurant alors la présidence de l’OSCE, lorsqu’il y est mené un dialogue politiquevisant directement à promouvoir les objectifs stratégiques des mesures restrictives, y compris la démocratie, les droitsde l’homme et l’état de droit en RDC.
    8.Tout État membre souhaitant accorder des dérogations au sens du paragraphe 7 le notifie au Conseil par écrit.La dérogation est réputée être accordée sauf si un ou plusieurs membres du Conseil s’y opposent par écrit dans lesdeux jours ouvrables qui suivent la réception de la notification en question. Si un ou plusieurs membres du Conseils’y opposent, le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, peut décider d’accorder la dérogation proposée.
    9.Lorsque, en application du paragraphe 4, 5, 6, 7 ou 8, un État membre autorise des personnes énumérées àl’annexe II à entrer ou à passer en transit sur son territoire, cette autorisation est strictement limitée à l’objectif pourlequel elle est accordée et aux personnes qu’elle concerne directement.»

    3) L’article 5 est remplacé par le texte suivant:

    «Article 5
    1.Sont gelés tous les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques que les personnes ou entités viséesà l’article 3 possèdent ou contrôlent directement ou indirectement, ou qui sont détenus par des entités que cespersonnes ou entités ou toute personne ou entité agissant pour leur compte ou sur leurs instructions, qui sont viséesaux annexes I et II, possèdent ou contrôlent directement ou indirectement.
    2.Aucun fonds, autre avoir financier ou ressource économique n’est mis directement ou indirectement à ladisposition des personnes ou entités visées au paragraphe 1 ou utilisé à leur profit.
    3.En ce qui concerne les personnes et entités visées à l’article 3, paragraphe 1, les États membres peuventaccorder des dérogations aux mesures visées aux paragraphes 1 et 2 du présent article pour les fonds, autres avoirsfinanciers et ressources économiques qui:
    a) sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires, notamment les dépenses consacrées à l’achat de vivres, aupaiement de loyers ou au remboursement de prêts hypothécaires, à l’achat de médicaments et au paiement de fraismédicaux, d’impôts, de primes d’assurance et de redevances de services publics; 
    b) sont exclusivement destinés au règlement d’honoraires d’un montant raisonnable et au remboursement dedépenses engagées dans le cadre de la fourniture de services juridiques;
    c) sont exclusivement destinés au règlement des frais ou commissions liés, conformément à la législation nationale, àla garde ou la gestion courante de fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques gelés;
    d) sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, après notification par l’État membre concerné au comitédes sanctions et accord de ce dernier; ou
    e) font l’objet d’un privilège ou d’une décision de nature judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas les fonds,autres avoirs financiers et ressources économiques peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le privilège ou la décision soit antérieur à la désignation par le comité des sanctions de la personne ou de l’entité concernée etqu’il ne profite pas à une personne ou entité visée à l’article 3, après notification par l’État membre concerné aucomité des sanctions.
    4.Les dérogations prévues au paragraphe 3, points a), b) et c), peuvent être accordées après que l’État membreconcerné a notifié au comité des sanctions son intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès auxditsfonds, autres avoirs financiers et ressources économiques, et en l’absence d’une décision contraire du comité dessanctions dans les quatre jours ouvrables qui suivent la notification.
    5.En ce qui concerne les personnes et entités visées à l’article 3, paragraphe 2, l’autorité compétente d’un Étatmembre peut autoriser le déblocage de certains fonds ou ressources économiques gelés, ou la mise à disposition decertains fonds ou ressources économiques, dans les conditions qu’elle juge appropriées, après avoir établi que lesfonds ou ressources économiques concernés sont:
    a) nécessaires pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes et entités et des membres de la famille de cespersonnes physiques qui sont à leur charge, notamment pour couvrir les dépenses consacrées à l’achat de vivres,au paiement de loyers ou au remboursement de prêts hypothécaires, à l’achat de médicaments et au paiement defrais médicaux, d’impôts, de primes d’assurance et de redevances de services publics; 
    b) exclusivement destinés au règlement d’honoraires d’un montant raisonnable et au remboursement de dépensesengagées dans le cadre de la fourniture de services juridiques;
    c) exclusivement destinés au règlement des frais ou commissions liés à la garde ou la gestion courante de fonds ouressources économiques gelés; ou
    d) nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, pour autant que l’autorité compétente ait notifié auxautorités compétentes des autres États membres et à la Commission, au moins deux semaines avant l’autorisation,les motifs pour lesquels elle estime qu’une autorisation spéciale devrait être accordée.
    L’État membre concerné informe les autres États membres et la Commission de toute autorisation accordée en vertudu présent paragraphe.
    6.Par dérogation aux paragraphes 1 et 2, les autorités compétentes d’un État membre peuvent autoriser ledéblocage de certains fonds ou ressources économiques gelés au profit de personnes et d’entités inscrites sur la listefigurant à l’annexe II, pour autant que les conditions suivantes soient réunies:
    a) les fonds ou ressources économiques font l’objet d’une décision arbitrale rendue avant la date à laquelle lapersonne ou l’entité a été inscrite sur la liste figurant à l’annexe II, ou d’une décision judiciaire ou administrativerendue dans l’Union, ou d’une décision judiciaire exécutoire dans l’État membre concerné, avant ou après cettedate; 
    b) les fonds ou ressources économiques seront exclusivement utilisés pour faire droit aux créances garanties par unetelle décision ou dont la validité a été établie par une telle décision, dans les limites fixées par les lois etrèglements applicables régissant les droits des personnes titulaires de telles créances;
    c) la décision ne profite pas à une personne ou entité inscrite sur la liste figurant à l’annexe I ou II; et
    d) la reconnaissance de la décision n’est pas contraire à l’ordre public de l’État membre concerné.
    L’État membre concerné informe les autres États membres et la Commission de toute autorisation accordée en vertudu présent paragraphe.
    7.En ce qui concerne les personnes et entités inscrites sur la liste figurant à l’annexe II, des dérogations peuventégalement être accordées pour des fonds et des ressources économiques qui sont nécessaires à des fins humanitaires,comme l’acheminement d’une assistance, y compris de fournitures médicales, de denrées alimentaires, ou le transfertde travailleurs humanitaires et de l’aide connexe, ou la facilitation de cet acheminement, ou encore les évacuations hors de la RDC.
    8.Les paragraphes 1 et 2 n’interdisent pas à une personne ou entité inscrite sur la liste figurant à l’annexe IId’effectuer un paiement dû en vertu d’un contrat passé avant la date à laquelle la personne ou l’entité en questiona été inscrite sur cette liste, pour autant que l’État membre concerné se soit assuré que le paiement n’est pas reçudirectement ou indirectement par une personne ou entité inscrite sur la liste figurant à l’annexe I ou II.
    9.Le paragraphe 2 ne s’applique pas aux versements sur les comptes gelés:
    a) d’intérêts ou autres rémunérations de ces comptes; 
    b) de paiements dus en vertu de contrats ou d’accords conclus ou d’obligations contractées avant la date à laquelleces comptes ont été soumis à des mesures restrictives; ou
    c) de paiements dus aux personnes et entités visées à l’article 3, paragraphe 2, en vertu de décisions judiciaires,administratives ou arbitrales rendues dans l’Union ou exécutoires dans l’État membre concerné, 
    sous réserve que ces intérêts, autres rémunérations et paiements continuent de relever du paragraphe 1.»
    4) L’article 6 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 6
    1.Le Conseil modifie la liste figurant à l’annexe I sur la base des décisions prises par le Conseil de sécurité desNations unies ou le comité des sanctions.
    2.Le Conseil, statuant sur proposition d’un État membre ou du haut représentant de l’Union pour les affairesétrangères et la politique de sécurité, établit et modifie la liste qui figure à l’annexe II.»
    5) L’article 7 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 7
    1.Lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies ou le comité des sanctions inscrit sur la liste une personne ouentité, le Conseil inscrit la personne ou l’entité concernée sur la liste figurant à l’annexe I. Le Conseil communique sadécision à la personne ou à l’entité concernée, y compris les motifs de son inscription sur la liste, soit directement, sison adresse est connue, soit par la publication d’un avis, en donnant à cette personne ou entité la possibilité deprésenter des observations.
    2.Le Conseil communique à la personne ou à l’entité concernée la décision visée à l’article 6, paragraphe 2, ycompris les motifs de son inscription sur la liste, soit directement, si son adresse est connue, soit par la publicationd’un avis, en donnant à cette personne ou entité la possibilité de présenter des observations.
    3.Si des observations sont formulées ou si de nouveaux éléments de preuve substantiels sont présentés, le Conseilrevoit sa décision et informe la personne ou l’entité concernée en conséquence.»
    6) L’article 8 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 8
    1.L’annexe I contient les motifs communiqués par le Conseil de sécurité des Nations unies ou par le comité dessanctions qui ont présidé à l’inscription des personnes et entités concernées sur la liste.
    2.L’annexe I contient aussi, si elles sont disponibles, les informations fournies par le Conseil de sécurité des Nations unies ou par le comité des sanctions et qui sont nécessaires à l’identification des personnes ou entitésconcernées. En ce qui concerne les personnes, ces informations peuvent comprendre les nom et prénoms, y comprisles pseudonymes, la date et le lieu de naissance, la nationalité, les numéros de passeport et de carte d’identité, le sexe,l’adresse, si elle est connue, et la fonction ou la profession. En ce qui concerne les entités, ces informations peuventcomprendre la dénomination, le lieu et la date d’enregistrement, le numéro d’enregistrement et l’adresse professionnelle. L’annexe I contient également la date de désignation par le Conseil de sécurité des Nations unies ou par lecomité des sanctions.
    3.L’annexe II contient les motifs qui ont présidé à l’inscription des personnes et entités qui y figurent.
    4.L’annexe II contient également, si elles sont disponibles, les informations nécessaires à l’identification despersonnes ou entités concernées. En ce qui concerne les personnes physiques, ces informations peuvent comprendreles nom et prénoms, y compris les pseudonymes, la date et le lieu de naissance, la nationalité, les numéros depasseport et de carte d’identité, le sexe, l’adresse, si elle est connue, et la fonction ou la profession. En ce qui concerneles entités, ces informations peuvent comprendre la dénomination, le lieu et la date d’enregistrement, le numérod’enregistrement et l’adresse professionnelle.
    7) L’article 9 est remplacé par le texte suivant:
    «Article 9
    1.La présente décision est réexaminée, modifiée ou abrogée, s’il y a lieu, en particulier compte tenu des décisionspertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies.
    2.Les mesures visées à l’article 3, paragraphe 2, s’appliquent jusqu’au 12 décembre 2017. Elles sont prorogées, oumodifiées le cas échéant, si le Conseil estime que leurs objectifs n’ont pas été atteints.»
    8) L’annexe de la décision 2010/788/PESC est renommée annexe I, et les titres de ladite annexe sont remplacés par letexte suivant: «a) Liste des personnes visées à l’article 3, paragraphe 1» et «b) Liste des entités visées à l’article 3,paragraphe 1».
     Article 2
    La présente décision entre en vigueur le jour de sa publication au
     
    Journal officiel de l’Union européenne
    Fait à Bruxelles, le 12 décembre 2016.
    Par le ConseilLe président
    F. MOGHERINI
  • Dialogue en RDC : les travaux suspendus jusqu’à mardi

    Dialogue en RDC : les travaux suspendus jusqu’à mardi

    -Les évêques catholiques ont suspendu les travaux du dialogue jusqu’à mardi prochain au terme de la séance de vendredi à Kinshasa boycottée par le parti de Jean-Pierre Bemba, ancien rebelle et ancien vice-président congolais.

    La séance de vendredi a été levée après validation des listes de différentes parties. Les prélats catholiques ont remis aux délégués présents des documents reprenant les thèmes qui feront l’objet des débats au cours de ces discussions ainsi qu’un code de conduite.

    Mais la question de quotas continue à diviser les participants, surtout l’opposition.

    Le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), parti de Jean-Pierre a quitté la salle avant la levée officielle de la séance. Il conteste le quota de deux délégués qui lui est attribué contre cinq pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parti d’Etienne Tshisekedi.

    Quinze participants devront représenter chacun de deux principaux camps en présence dans ce dialogue. Celui de la majorité et des opposants qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et celui de l’opposition qui l’avait boycotté.

    Le MLC et l’Udps sont, en fait, en tête de deux groupes de l’opposition (le Rassemblement et le Front pour le respect de la Constitution) qui s’avaient rejeté le dialogue précédant, le jugeant non inclusif.

    Le dialogue actuel a été convoqué pour trouver une solution à la crise causée par la non-tenue des élections (principalement la présidentielle) à la proche de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001.

    La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et interdit ainsi à M. Kabila de se représenter.

    Les mouvements citoyens mais aussi l’opposition accusent M. Kabila d’avoir délibérément manœuvré pour ne pas organiser les élections et se maintenir au pouvoir.

    Plus de 50 personnes ont été tuées en septembre dernier à Kinshasa lors des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui exigeaient le départ du pouvoir du président Kabila au 19 décembre, date de la fin de son mandat

  • Le nouveau dialogue politique a démarré à Kinshasa

    Le nouveau dialogue politique a démarré à Kinshasa

    -Les discussions directes entre le camp de ceux qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et ceux qui l’ont boycotté ont démarré jeudi à Kinshasa sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    “Nous nous retrouvons ici pour la séance inaugurale des discussions politiques pour un plus large consensus sur le processus électoral”, a déclaré Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco devant un parterre de négociateurs.

    Ces négociations visent à éviter le chaos au 19 décembre, date constitutionnelle de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila dont le successeur ne sera pas connu faute de la tenue des élections.

    Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, à gauche, le Premier ministre Samy Badibanga, au centre, et le Directeur de cabinet du président Joseph Kabila, Néhémie Mwilanya, présents au lancement du dialogue politique, à Kinshasa, RDC, 8 décembre

    Le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, à gauche, le Premier ministre Samy Badibanga, au centre, et le Directeur de cabinet du président Joseph Kabila, Néhémie Mwilanya, présents au lancement du dialogue politique, à Kinshasa, RDC, 8 décembre

    Mgr Utembi a reconnu que le pays était dans un enlisement et faisait face à des “conséquences sont incalculables”. Mais il a rappelé aux acteurs politiques congolais que “le pape recommande aux acteurs politiques congolais de construire des ponts, pas des murs”.

    Le regard du nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en RDC était présent à cette cérémonie d’ouverture.

    “Les conclusions de ces travaux vont conduire urgemment à la paix, à la réconciliation, à la tenue d’élections apaisées afin d’obtenir l’alternance politique, comme prescrit dans la Constitution”, a affirmé le numéro un de la Cenco.

    Le prélat s’est félicité “des signaux forts et très encourageants” de la part du président Joseph Kabila. Il a ajouté que “cet élan d’encouragement (avait) été relayé” par Étienne Tshisekedi, opposant de longue dans ce pays.

    Deuxième de la gauche, Monseigneur Luis Mariano Montemayor, Nonce apostolique en RDC, marche avec des évêques congolais avant l’ouverture du dialogue politique, à Kinshasa, RDC, 8 décembre 2016. (VOA/Top Congo)

    Deuxième de la gauche, Monseigneur Luis Mariano Montemayor, Nonce apostolique en RDC, marche avec des évêques congolais avant l’ouverture du dialogue politique, à Kinshasa, RDC, 8 décembre 2016.

    La RDC traverse une crise politique aiguë depuis la réélection de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massive dont M. Tshisekedi n’a jamais reconnu les résultats officiels, se proclamant “président élu”.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Néanmoins, la présidentielle n’a pas été organisée à temps et la volonté affichée de M. Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre, face à une opposition qui brandit la menace de manifestations pour le faire partir, fait craindre une éruption de violences dans un pays qui ne parvient pas à se relever des deux guerres de 1996 à 2003.

  • La liste complète des délégués au dialogue national qui “se poursuit” ce jeudi,

    La liste complète des délégués au dialogue national qui “se poursuit” ce jeudi,

    -Les discussions vont redémarrer ce jeudi après-midi à annoncé la CENCO.

    C’est la continuité du dialogue, “il faut aujourd’hui harmoniser les points de vue afin que les esprits s’apaisent”, a dit à TOP CONGO FM, l’abbé Jean-Marie Bomengola, de la commission sociale de la CENCO.

    “Ce que nous attendons de ces assises est que nous puissions tous voir les choses de la même manière, que nous puissions nous entendre sur l’essentiel afin qu’il y ait la paix et l’harmonie entre tous”.

    La liste complète des participants 

    Répartis en deux groupes, les travaux se tiendront sous la médiation de la CENCO au Centre Interdiocésain.

    Il devrait y avoir 2 composantes

    Les Signataires accord 18 octobre (15 participants)

    La MP, 6 délégués

    – Nehemie Mwilanja
    – Alexis Thambwe
    – Adolphe Lumanu
    – Lambert Mende
    – Martin Kabwelulu
    – Norbert Nkulu

    L’Opposition au dialogue, 6 délégués

    – Ambatobe Nyongole (UDPS)
    – Vital Kamerhé (UNC)
    – José Makila(Atd)
    – Jean Lucien Bussa (CEDR)
    – Steve Mbikayi (NCPS)
    – Azarias Ruberwa
    – Mokonda Bonza

    La société civile, 3 délégués

    – Marie Madeleine Kalala
    – Maguy Kiala
    – Jean-Marie Ntantu Mey

    Le Rassemblement-MLC et leurs alliés

    – Jean marc Kabund (UDPS)
    – Felix Tshisekedi (UDPS)
    – Valentin Mubake (UDPS)
    – Gilbert Kankonde (UDPS)
    – Delly Sessanga (AR)
    – Christophe Lutundula (G7)
    – Joseph Olengha Nkoy (Dynamique)
    – Jean-Pierre Lisanga (alliés UDPS)
    – Eve Bazaïba (MLC)
    – Fidèle Babala (MLC)
    – Raymond Ramazani (MLC)
    – Jacques Lunguana (MLC)
    – Wivine Tshimusa (FRC)
    – Bembe Bati (FRC)
    – Georges kapiamba (société civile)
    – Christopher Ngoy Mutamba (société civile)

  • Rassemblement- MP: ont avance la date du18 décembre 2016 pour le début des négociations directes

    Rassemblement- MP: ont avance la date du18 décembre 2016 pour le début des négociations directes

    -Les échanges directs devant se tenir sous la médiation des évêques catholiques entre les parties présentes au dialogue de septembre et octobre deniers et l’opposition qui l’a boycotté, ne pourront commencer qu’après la constitution des listes de parties, indiquent les différents camps.

    Ces échanges directs qui seront conduits par le prélat catholique, sont considérés comme négociations de la dernière chance pour éviter le chaos au pays au 19 décembre, date constitutionnelle de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila.

    Reçues mercredi par les évêques, les représentants des parties ont tous reconnu la nécessite d’entamer au plus vite les discussions autour de la gestion du pays après la fin du mandat de M. Kabila, dans une situation où les élections n’ont pas pu être organisées car la CENI devait procéder à la refonte du fichier électoral.

    Certains des représentants des parties aux échanger a commencer ont avancé la date 18 décembre 2016 pour le début de ces négociations directes mais les listes des participants doivent auparavant être constituées.

    « La date sera fixée en fonction du dépôt des listes. Au Rassemblement (Ndlr, principale plateforme de l’opposition qui n’a pas pris part au dialogue politique avec le pouvoir), nous y travaillons. Sauf changement de dernières minutes, nous déposerons notre liste cette nuit ou demain matin », affirme Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parti de l’opposant Etienne Tshisekedi, leader du Rassemblement.

    Un quota des 15 délégués est attribué à chaque camp. Celui du pouvoir et des opposants qui ont pris part au dialogue et celui qui l’a boycotté constitué du Rassemblement et du Front pour le respect de la Constitution, bloque réuni autour du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.

    «L’essentiel pour l’instant est de négocier la sortie pacifique de Joseph Kabila en tenant compte de toutes les réalités », explique M. Kabuya en réponse à une question relative aux tergiversations notées au sein du Rassemblement.

    Du côté de ceux qui ont pris part au dialogue, des réunions se succèdent aussi pour être prêts avec la liste d’ici jeudi.

    Les échanges directs porteront aussi sur la compréhension du concept du respect de la constitution, le calendrier électoral et le financement des élections et du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel Congolais (CSAC), les mesures de décrispation politique, le mécanisme de suivi de l’accord politique et la forme du compromis politique à trouver.

    Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, répète qu’il respectera la Constitution mais l’opposition le soupçonne de vouloir rester au pouvoir au-delà de son mandat, refusant d’organiser les élections ou en tentant de modifier la Constitution.

    Les élections n’ont pas pu etre organisées avant le 19 décembre car, selon la Commission électorale nationale indépendante, il fallait refaire le fichier électoral, commençant par l’enregistrement des électeurs, une opération qui se terminera en juillet 2017.

    Le climat politique est de plus en plus tendu en RDC à la proche du 19 décembre, date constitutionnelle de la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila.

    Selon la Cour constitutionnelle M. Kabila restera à son poste jusqu’à l’élection du nouveau président.

    L’accord trouvé au dialogue prévoit plutôt les élections en mars 2018 grâce.

    La majorité de partis d’opposition et des forces vives du pays rejettent l’accord et exigent la démission de M. Kabila au 19 décembre.

    La Constitution interdit au président Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter pour un troisième mandat.

  • Des affrontements violents ont éclaté dans la province de Kasaï-Occidental en RDC

    Des affrontements violents ont éclaté dans la province de Kasaï-Occidental en RDC

    tshikapa-Les affrontements qui ont éclaté mardi à Tshikapa, dans le centre de la République démocratique du Congo, entre forces de sécurité et partisans d’un chef traditionnel tué en août, se sont poursuivis ce week- end.

    Des militaires congolais ont affronté des miliciens du chef traditionnels Kamwina Nsapu à Tshikapa selon Radio Okapi, une radio congolaise.

    Toujours selon la radio qui a réussi à avoir un témoin au téléphone, la population est restée cachée dans les maisons, en attendant que les coups de feu s’arrêtent.

    Il a affirmé que “des militaires venus en renfort de Kinshasa ont été déployés” plus tard dans la soirée, à Tshikapa.

    Lors de ces affrontements, il y aurait eu cinq habitants tués par des balles perdues. Trois miliciens auraient également perdus la vie.

    Selon le maire de la ville, le calme est revenu à Tshikapa.

    Kamwina Nsapu a été tué en août après s’être opposé aux autorités locales. Depuis, les provinces voisines du Kasaï sont le théâtre d’incursions meurtrières de ses partisans.

    Fin septembre, les partisans de Kamwina Nsapu, dont les revendications ne sont pas clairement connues, avaient pris le contrôle de l’aéroport national de Kananga, dans le Kasaï central voisin, pendant plusieurs heures, avant d’en être délogés au cours d’affrontements qui, selon les sources, ont fait entre 49 et 100 morts.

    voa