-L’ex-élue du Congrès américain réagit sur son site internet et sur les réseaux sociaux au lendemain de l’annonce du porte-parole du gouvernement congolais selon laquelle elle aurait été engagée pour faire du lobbying en faveur du régime de Joseph Kabila aux Etats-Unis et contrecarrer la campagne menée par l’opposant Moise Katumbi pour le départ du pouvoir du président congolais au 19 décembre comme le prévoit la Constitution.
“Je rassure tous les Congolais sur le fait que je n’ai touché aucun centime du gouvernement de Kinshasa et que je n’ai jamais touché un centime pour tout ce que j’ai fait jusqu’ici pour la République Démocratique du Congo. Je vais soumettre cette affaire à mon avocat pour savoir quelle suite lui donner”, écrit l’ex-Congresswoman.
Mise en point de Dr. Cynthia McKinney au sujet de la RDCongo – All Things Cynthia McKinney
Étant en possession d’importantes informations sur le processus électoral actuel en République Démocratique du Congo et sur le trucage prévu lors du scrutin présidentiel de 2016 où certains, aux… http://www.allthingscynthiamckinney.com/mise-en-point-de-dr-cynthia-mckinney-au-sujet-de-la-rdcongo/
Le gouvernement congolais “a engagé l’ancienne parlementaire Cynthia McKinney pour améliorer l’image de marque du pays, écornée et malmenée par [l’opposant Moïse] Katumbi et l’administration Obama”, avait déclaré la veille à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.
“Katumbi paie des millions pour salir l’image du pays aux USA, nous avons négocié avec elle à Paris en octobre dernier, un prix du tiers-monde [de] quelques centaines de milliers de dollars, en vue de renverser cette tendance”, avait ajouté M. Mende.
En réaction, Mme McKinney se déclare “surprise d’apprendre, dans un document diffusé sur internet et visant manifestement à nuire à ma réputation, que j’étais prête à faire du lobbying en faveur du gouvernement congolais alors que je n’ai jamais eu d’atomes crochus avec le régime de Kinshasa”.
“Je ne peux pas tolérer que mon nom soit associé à des basses manœuvres politiciennes qui visent à défendre le régime de Kinshasa ou à spolier le peuple congolais qui souffre depuis plus de soixante ans de violence et d’injustice”, soutient-elle, rappelant qu’elle a toujours combattu pour que la vérité sur l’assassinat de Emery Patrice Lumumba, le premier Premier minier démocratiquement élu en RDC, et celui de Laurent-Désiré Kabila, ancien président de la RDC, soit connue.
-Le gouvernement congolais a engagé une ancienne parlementaire américaine pour défendre sa cause à Washington, où gouvernement et élus mettent la pression sur Kinshasa à trois semaines de la fin du mandat du président Joseph Kabila, le porte-parole du gouvernement congolais .
Le gouvernement congolais “a engagé l’ancienne parlementaire Cynthia McKinney pour améliorer l’image de marque du pays, écornée et malmenée par [l’opposant Moïse] Katumbi et l’administration Obama”, a déclaré à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.
“Katumbi paie des millions pour salir l’image du pays aux USA, nous avons négocié avec elle à Paris en octobre dernier, un prix du tiers-monde [de] quelques centaines de milliers de dollars, en vue de renverser cette tendance”, a ajouté M. Mende.
L’AFP avait interrogé M. Mende après avoir obtenu copie d’une lettre signée de son nom demandant au ministre des Finances le règlement des honoraires de Mme McKinney. Le porte-parole a confirmé l’authenticité de cette lettre.
“En toute transparence [et] en exécution de ses obligations”, le gouvernement congolais “a payé” cette ancienne élue démocrate, a ajouté M. Mende.
La lettre lue par l’AFP parle d’un premier versement de 368.000 USD sur un montant total convenu de 448.000 dollars.
Mme McKinney n’avait pas pu être jointe jeudi pour confirmer ce contrat avec le gouvernement congolais.
Afro-Américaine, Mme McKinney a exercé six mandats à la chambre des Représentants à partir de 1993 avant de passer au Parti vert (Green party) après s’être opposée à la guerre américaine contre l’Irak en 2003. Candidate à la présidentielle de 2008 en tant que présidente de ce parti, elle attira 0,12% des suffrages sur son nom.
La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le report à une date indéterminée de la présidentielle et des législatives qui auraient dû avoir lieu cette année.
Officiellement, le report de ces scrutins est justifié par le manque de moyens du gouvernement pour les organiser, mais l’opposition accuse celui-ci d’avoir tout fait pour empêcher qu’ils aient lieu.
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. Son mandat s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.
En vertu d’un accord signé avec une frange minoritaire de l’opposition prévoyant la constitution d’un gouvernement élargi, M. Kabila entend se maintenir au pouvoir après cette date.
Richissime homme d’affaires en exil depuis le mois de mai, M. Katumbi, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, a prononcé mardi un discours devant l’Atlantic Council, influent cercle de réflexion de Washington, dans lequel il a estimé que M. Kabila pouvait encore entrer dans l’histoire en abandonnant le pouvoir le 20 décembre.
-Alors que beaucoup craignent des violences après le 19 décembre en RDC si Joseph Kabila se maintient au pouvoir, son conseiller diplomatique affirme sur VOA Afrique que le président congolais ne s’en ira pas à la fin de son mandat mais après les élections. Barnabé Kikaya Bin Karubi confirme aussi que Kabila est favorable à une rencontre avec Tshisekedi.
La date du 19 décembre approche et toujours pas d’avenir politique clair en République Démocratique du Congo. Que va-t-il se passer ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Il y a eu beaucoup de désinformation et sous-information. Les Congolais ont trouve une solution pour l’après 19 décembre. La constitution dit clairement que le président de la république, qui a déjà accompli ses deux mandats électifs, peut rester en fonctions. La fonction de président se poursuit, même si la légitimité électorale se termine, jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau président élu à qui le président Kabila va transférer le pouvoir. Nous nous sommes retrouves dans un dialogue qui s’est conclu par un accord qui prévoit une gestion consensuelle de la période qui va mener a ces élections. Nous avons convenu que le poste de Premier ministre irait à l’opposition. C’est pour cela que Samy Badibanga a été nommé. Cette nomination a été saluée par la population congolaise comme un geste pour faire baisser les tensions et aller vers ces élections.”
Certains vous accusent de violer la feuille de route puisqu’il n’y a toujours pas de gouvernement.
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Cela ne serait tarder. Il est vrai que c’est un exercice complique car c’est un gouvernement d’union nationale. Le Premier ministre poursuit ses consultations. D’ici le début de la semaine prochaine, je pense, nous aurons un gouvernement.”
Pourquoi Joseph Kabila n’a-t-il toujours pas dit qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Si vous avez suivi sa dernière adresse à la Nation, il a dit clairement que la constitution sera respectée dans toutes ses dispositions. Une de ces dispositions, je le répète, est que le président actuel ne peut pas briguer un troisième mandat. Ce n’est pas sorcier. Il l’a dit à maintes reprises mais les gens continuent de poser la question, on ne sait pas pourquoi.”
Cela n’a jamais ete dit clairement comme vous venez de le faire
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Modifier la constitution, c’est non et le président Kabila l’a dit. Je rappelle que de nombreux pays dans la région d’Afrique Centrale ont modifié leurs constitutions. Nous aurions pu le faire en même temps pour ne pas être pointes du doigt. Mais nous ne l’avons pas fait.”
Que répondez-vous aux membres du Rassemblement, notamment Jean-Marc Kabund de l’UDPS, qui demandent une rencontre Kabila-Tshisekedi pour régler la crise ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Il ne fait que nous rejoindre puisque c’est le président Kabila qui a fait cette proposition lors de la visite du Conseil de sécurité de l’ONU à Kinshasa. J’étais dans la salle quand le président a lancé un appel à Etienne Tshisekedi pour venir le rencontrer. Alors, je suis surpris que quelqu’un organise une conférence de presse dans laquelle il répète la même chose. Le président Kabila n’a jamais fermé sa porte, il est prêt à recevoir tous les Congolais. ”
Donc cette rencontre va-t-elle avoir lieu ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Je n’ai pas dit cela mais le président y est favorable en tout cas. Une telle rencontre de haut niveau, cela se prépare par une réunion de préparation entre les deux équipes par exemple.”
Les sanctions américaines contre des militaires congolais, est-ce un sujet qui fâche ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Bien sûr, un pays ami, un partenaire comme les Etats-Unis ne peut pas prendre des mesures punitives comme celles-là. Ces mesures punitives ne servent a rien. Ils ont pris ces mesures contre trois de nos meilleurs généraux qui sont toujours en fonction à Kinshasa, et ça ne sert à rien. Les Etats-Unis sont un pays souverain, ils font ce qu’ils veulent mais il est de notre devoir de leur montrer qu’ils font fausse route puisque les sanctions n’ont jamais rien prouvé nulle part. Il y a ici une dose d’ingérence. Les règles internationales recommandent un peu de retenue.”
Les autorités congolaises sont aussi accusées de vouloir faire taire les voix dissidentes en RDC. Quelle votre réponse ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “C’est faux. A chaque fois qu’il y a des arrestations à Kinshasa ou d’autres villes, c’est qu’il y a des troubles. Comme nous sommes au pouvoir, nous avons l’obligation de faire respecter la loi qui recommande une autorisation préalable avant chaque manifestation. Quand bien même il y aurait une autorisation, il n’est pas autorisé de mettre en danger la vie des personnes et de leurs biens. Si Lucha ou les autres associations n’arrivent pas à contrôler leurs sympathisants qui se livrent a des pillages et de la casse, la police les arrête.”
Et les morts lors des manifestations ? Les sièges de partis politiques attaques et/ou incendies ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Le gouvernement a publié un livre blanc à ce sujet. Les tueries, ou tout ce que vous voulez, ont eu lieu dans des endroits où se déroulaient des pillages. La plupart des morts étaient en train de commettre des actes de vandalisme.”
Moise Katumbi a déclaré sur VOA Afrique que le peuple allait récupérer le pouvoir le 19 décembre, que lui répondez-vous ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “C’est très mal venu, ces déclarations incendiaires qui vont mettre des gens dans la rue. Nous lui disons qu’il nous prouve qu’il a le peuple derrière lui et que ce peuple congolais puisse l’élire dans les urnes.”
Que fera Joseph Kabila le 20 décembre à 00h01 à Kinshasa ?
Barnabé Kikaya Bin Karubi : “Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. Il sera a la présidence parce la constitution de la RDC lui demande de rester tant qu’il n’y a pas de président élu. Nous disons à la communauté internationale de venir nous aider à organiser ces élections que nous avons décidées pour avril 2018. Le président Kabila quittera alors le pouvoir”
-Après les Etats-Unis, c’est au tour de l’Union européenne d’envisager de plus en plus sérieusement la possibilité de prendre des sanctions ciblées contre des personnalités congolaises qui auraient été impliquées dans la répression de manifestations ou les arrestations arbitraires qui se sont multipliées ces derniers mois dans le pays. Les députés européens sont sur le point d’adopter cette semaine une résolution qui va en ce sens. Pour la première fois, les députés européens établissent une liste de personnes qui devraient être visées par ces sanctions, selon eux. Un texte que RFI s’est procuré en exclusivité. Cette résolution vise à faire pression sur le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne qui se réunira le 12 décembre prochain.
Cinq officiels Congolais ont été listés par les députés européens comme devant être sanctionnés. Parmi eux trois sont déjà sous le coup de sanctions américaines. Il s’agit du chef de la police de Kinshasa, Celestin Kanyama, du commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise, Gabriel Amisi Kumba, et de l’ex-chef de la police congolaise John Numbi.
Les trois ont vu leurs avoirs éventuels aux Etats-Unis gelés par le Trésor américain. Ils n’ont plus le droit non plus d’effectuer la moindre transaction avec un citoyen américain.
S’ajoutent à ces trois officiels tous proches du président Joseph Kabila deux autres personnes. Le directeur de l’Agence nationale des renseignements, Kalev Mutond, mais aussi le commandant de la garde républicaine, le général Gaston Hughes Ilunga Kampete.
Cinq officiels responsables
Pour les députés européens ces cinq officiels sont responsables « de la répression violente des manifestations » mais aussi de l’impasse politique en cours dans le pays où l’alternance à la tête de l’Etat n’aura pas lieu en décembre comme le veut la Constitution.
Le gel de leurs avoirs en Europe tout comme l’interdiction d’obtenir un visa pour le vieux continent doit servir de levier de pression supplémentaire pour éviter de nouvelles violences, estime la député socialiste belge Marie Arena, co-rédactrice de cette résolution.
Reste à convaincre le reste des institutions européennes à effectivement sanctionner ces officiels. C’est l’objectif de cette résolution qui sera soumise au conseil des ministres des Affaires étrangères européens le 12 décembre où sera examiné, entre autres, le cas de la RDC, pour qu’ils prennent des décisions.
« Augmenter graduellement les sanctions »
« Nous serions très heureux si nous n’avions pas à imposer de nouvelles sanctions à la RDC. La porte est grande ouverte pour une solution négociée à cette crise afin que nous ne soyons pas obligés d’avoir recours à cet outil, explique Tom Malinowski, secrétaire d’Etat adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme. Mais nous restons prêts à augmenter graduellement les sanctions et à monter plus haut dans la hiérarchie si les violations des droits de l’homme continuent.»
« Depuis un mois, nous insistons aussi pour que ces sanctions ciblées viennent de plusieurs pays et pas seulement des Etats-Unis. Nous avons travaillé assidument avec l’Union européenne pour l’encourager à suivre notre exemple et de fait l’Europe a décidé d’initier son propre programme de sanction », ajoute-t-il avant de préciser : « C’est un message important de montrer que la communauté internationale est unie. »
« Le président ne peut pas partir sans qu’il y ait eu des élections »
« Nous avons une Constitution qui est claire là-dessus. Je pense que les Etats-Unis, le Congrès américain, doivent pouvoir regarder ce que dit notre Constitution», rétorque Tryphon Kin-Kiey Mulumba, ministre sortant des Relations avec le Parlement et président du parti « Kabila Désir ».
Le ministre ajoute : « Le président ne peut pas partir sans qu’il y ait eu des élections dans ce pays. Il faut organiser ces élections. Maintenant la Céni [Commission électorale nationale indépendante], les experts, tous sont venus, non seulement congolais, mais internationaux, témoigner devant le dialogue qu’il nous faut un délai, un délai impératif pour organiser ces élections. A partir du moment où la classe politique se met d’accord, à partir du moment où la sous-région se met d’accord, il est impérieux que les amis du Congo puissent suivre cela. »
-Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, l’hôte des assises, et ses homologues du Tchad Idriss Déby Itno, du Rwanda Paul Kagame et de Centrafrique Faustin-Archange Touadéra ont, au cours d’un sommet à Libreville, félicité le Tchad et le Cameroun dans leurs efforts contre Boko Haram et demandé à tous les partis de la RD Congo d’accepter l’accord sur le report de la prochaine présidentielle.
Les quatre Chefs d’Etat ont fait un tour d’horizon sécuritaire et politique dans le cadre d’une conférence de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).
“La conférence a félicité le Cameroun et le Tchad pour la coopération exemplaire dont ils font montre dans le cadre de la Force multinationale mixte en collaboration avec le Niger et le Nigeria, pour la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram”, indique le communiqué final de cette rencontre.
Onze pays au total étaient représentés avec le vice-président du Burundi, les Premiers ministres du Cameroun, du Congo, de Guinée-Equatoriale et de Sao Tomé, les ministres des Affaires étrangères d’Angola et de la RD Congo.
A propos de ce dernier pays, “la conférence a demandé aux forces politiques et sociales qui ne l’ont pas encore fait d’adhérer à l’accord politique du 18 octobre 2016 en vue de renforcer la cohésion sociale et l’organisation d’élections démocratiques apaisées”.
Cet accord, qui prévoit le report de l’élection présidentielle qui devait avoir lieu fin 2016, a été passé entre la majorité présidentielle et la frange minoritaire de l’opposition à l’issue d’un “dialogue national” boycotté par le “Rassemblement”, la majeure partie de l’opposition réunie autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Le sommet a en outre demandé aux groupes armés en Centrafrique “de déposer les armes, de s’abstenir de toute activité de nature à compromettre le processus de paix en cours et de rejoindre le processus initié par le président de la République, notamment le DDR (ndr: processus de désarmemement).
La CEEAC veut “déployer une mission” en Centrafrique “en vue de soutenir les efforts de reconstruction post-conflit de cet Etat-membre, en collaboration avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux”.
“La Conférence a pris note des différentes élections organisées dans la sous-région au cours de l’année 2016 et des tensions qu’elles ont suscitées. Elle a demandé à toutes les parties prenantes de privilégier le dialogue, la concertation et les voies de recours pacifiques”, lit-on encore dans le communiqué, allusion aux tensions post-électorales au Tchad, au Congo et au Gabon.
La rencontre de Libreville n’en a pas moins “félicité Denis Sassou N’Guesso, Idriss Déby Itno, Teodoro Obiang et Ali Bongo Ondimba” pour leur réélection en 2016 au Congo, au Tchad, en Guinée-Equatoriale et au Gabon, lors de scrutin dont les résultats sont encore parfois contestés par l’opposition, même si elle n’a plus de recours légal comme au Tchad et au Gabon.
-La présidentielle qui devait avoir lieu cette année en République démocratique du Congo ne pourra pas se tenir avant “avril 2018”, a déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères congolais Raymond Tshibanda, en marge du sommet de la Francophonie à Antananarivo.
M. Tshibanda a par ailleurs estimé qu’il ne pouvait “pas exclure qu’il y ait quelques tentatives de violence” de la part de l’opposition autour du 20 décembre, date de la fin du mandat du président Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.
La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle dans les temps.
En octobre, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont conclu un accord prévoyant le maintien de M. Kabila à son poste au-delà du 20 décembre et le renvoi de la présidentielle à une date non fixée, en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.
Après avoir “eu l’occasion d’entendre des experts en matière électorale, non seulement de la RDC mais aussi [de l’ONU, de la Francophonie, et des Etats-Unis], il a été arrêté qu’au 31 juillet 2017 soit terminé l’opération d’enrôlement des électeurs et qu’au mois d’avril 2018 auraient lieu les élections”, a déclaré M. Tshibanda.
“Avant cela aucun expert ne pense que c’est faisable”, a ajouté le ministre.
L’accord d’octobre ne fixe pas de date pour la tenue de la présidentielle et des législatives, qui devront avoir lieu le même jour, mais les “éléments [d’un] calendrier global” prévoyant la convocation de ces scrutins pas avant le 30 octobre 2017 et leur organisation dans un délai de six mois après leur convocation.
Alliée dans un “Rassemblement” autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, la majeure partie de l’opposition rejette cet accord et exige le départ de M. Kabila le 20 décembre.
“Il est clair que tous les acteurs politiques ne sont pas responsables et que quelques uns sont en train d’investir dans la politique du pire”, a estimé M. Tshibanda.
“Ce qui est clair c’est que l’état congolais prendra ses responsabilités”, a prévenu le ministre ajoutant que le peuple n’était “pas prêt à se laisser manipuler”, par “une frange extrémiste de l’opposition”.
Les 19 et 20 septembre, 49 civils et 4 policiers – selon l’ONU – ont été tués dans des violences en marge d’une marche du Rassemblement à Kinshasa. Le pouvoir et les organisateurs de la manifestation se sont renvoyé mutuellement la responsabilité de ces violences.
Depuis ce drame, le pouvoir a réussi à empêcher tout rassemblement de l’opposition dans la capitale congolaise, où le signal de la radio française RFI, l’une des plus écoutées du pays, est coupé par les autorités depuis le 5 novembre.
En application de l’accord d’octobre, M. Kabila a nommé mi-novembre au poste de Premier ministre l’opposant Samy Badibanga. Justifiant l’absence du président congolais au sommet de la Francophonie, M. Tshibanda a expliqué que “ce n’est pas au moment où le chef de l’Etat est en train de mener des consultations pour la mise en place d’un gouvernement qu’il peut s’éloigner de la capitale”.
-La décision de la France de suspendre à compter du 31 décembre les adoptions en République démocratique du Congo (RDC) est due à une volonté d’”éviter le risque de trafics d’enfants”, ont expliqué vendredi des sources diplomatiques.
Le porte-parole du Quai d’Orsay avait annoncé cette décision jeudi, l’imputant à des « irrégularités » constatées dans les dossiers d’adoption et à « l’insuffisance des garanties juridiques et éthiques ».
Parmi les « irrégularités » constatées, figuraient de la « fraude documentaire », des consentements de parents biologiques donnés longtemps après le jugement d’adoption, ou même absents, une absence de preuve de décès des parents biologiques ou encore des enfants ayant « trois actes de naissances », ont expliqué vendredi des sources du ministère des Affaires étrangères.
« Nous voulons éviter le risque de trafics d’enfants et la RDC partage ces mêmes préoccupations », ont-elles fait valoir.
Fin 2013, la RDC avait suspendu les autorisations de sortie du territoire pour les enfants adoptés à l’étranger, disant avoir reçu des informations selon lesquelles certains enfants auraient été maltraités à l’étranger ou leur adoption transférée à des couples homosexuels, ce qui est interdit par la loi congolaise.
Le nombre total d’enfants concernés, adoptés par des familles nord-américaines et européennes, était estimé à quelque 1.300, dont environ 340 destinés à venir en France.
Après plus de deux ans de suspension, des autorisations de sortie avaient commencé à être délivrées par la RDC.
Après examen des dossiers par la France à partir de mars 2016, « 233 » visas d’adoption ont été délivrés par Paris, tandis qu’une cinquantaine ont été refusés en raison des « irrégularités » constatées, a-t-on précisé au Quai d’Orsay.
Les familles qui n’ont pas encore fait de demande de visa peuvent le faire jusqu’au 31 décembre auprès de l’ambassade de France à Kinshasa. « Une douzaine » seraient dans ce cas.
Un arrêté de suspension des procédures d’adoption en RDC prendra effet au 1er janvier 2017, tandis que trois autres arrêtés vont retirer les habilitations pour ce pays des trois organismes qui y sont autorisés pour l’adoption: Vivre en famille, Chemin vers l’enfant et Enfants du Monde.
Les adoptions ont été suspendues dans le passé dans d’autres pays, comme le Vietnam, avant de reprendre une fois les conditions légales réunies.
-Les États-Unis ont appelé mardi l’opposition congolaise à s’abstenir de propos “incendiaires” en République démocratique du Congo, minée par une crise politique liée au report de l’élection présidentielle.
“Nous exhortons la coalition du Rassemblement sous la direction d’Étienne Tshisekedi à faire des propositions constructives et pratiques et à s’abstenir de rhétorique incendiaire ou des actions incompatibles avec les normes démocratiques”, note un communiqué de l’ambassade des États-Unis à Kinshasa.
La RDC est minée par une crise politique liée au report de la présidentielle à une date non fixée à la suite d’un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition à l’issue d’un “dialogue national”.
Les conclusions de ces pourparlers ont été rejetées par le “Rassemblement”, regroupement de plusieurs partis d’opposition constitué en juin autour de M. Tshisekedi, opposant historique en RDC, qui avait boycotté ce forum.
En application de cet accord, M. Kabila a nommé jeudi l’opposant Samy Badibanga, un transfuge du parti de M. Tshisekedi, au poste du Premier ministre à qui il a assigné la mission prioritaire d’organiser la présidentielle.
Le “Rassemblement” exige le départ de M. Kabila du pouvoir au terme de son mandat le 20 décembre et a déclaré samedi, avoir déclenché “le compte à rebours” de la fin du mandat du président.
Avant la nomination du nouveau Premier ministre, M. Kabila avait demandé aux évêques catholiques de mener une médiation entre les signataires de l’accord et le “Rassemblement” en vue d’un compromis politique, pour éviter un retour au chaos dans ce pays, qui a déjà été ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003.
Les États-Unis estiment que les prochaines semaines seront essentielles pour déterminer si la RDC “poursuit une voie de principes démocratiques et de compromis ou risque de retourner à la violence et à l’instabilité”.
Le parti de M. Tshisekedi n’a pas souhaité réagir immédiatement à l’appel des Etats-Unis.
M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution lui interdit de se représenter, mais le chef de l’État n’a jamais dit expressément qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.
Les États-Unis demandent au pouvoir et à l’opposition de travailler avec les évêques pour entre autres obtenir “des garanties que le président Kabila ne cherchera pas à briguer un autre mandat”, indique le communiqué.
-L’appel d’une coalition d’opposition à manifester contre le président congolais Joseph Kabila ne s’est pas concrétisé samedi à Kinshasa où la police occupait l’esplanade choisie pour ce rassemblement interdit par les autorités locales.
Le “Rassemblement” d’opposition constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi avait appelé à un meeting à 09h00 (08h00 GMT) près du Parlement de la République démocratique du Congo, pour réclamer le départ de M. Kabila le 20 décembre, date de la fin de son mandat.
Mais à l’heure dite, aucun manifestant ou dirigeant d’opposition n’était visible au lieu de rendez-vous, alors que la police bouclait les accès à la résidence de M. Tshisekedi et au quartier général de son parti, l’UDPS.
L’espace était occupé par des policières en tenue de sport s’affrontant sur quatre terrains de football improvisés sur toute la longueur de l’esplanade, sous le regard du chef de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama.
“Nous organisons le tournoi de la non-violence”, a déclaré le général Kanyama à la presse. Les rencontres des équipes masculines étaient attendues pour l’après-midi.
Le 5 novembre, la police avait empêché une manifestation annoncée – mais pour ainsi dire pas préparée – par le Rassemblement en se déployant massivement dans les rues de Kinshasa. Des matches de football avaient aussi été organisés en continu sur le lieu prévu pour la manifestation, empêchant tout autre rassemblement. La ville avait tourné au ralenti toute la journée, nombre d’habitants semblant avoir jugé plus sûr de rester chez eux en cas d’éventuelles violences.
Samedi matin, le dispositif policier était nettement moins visible et la vie suivait un cours normal dans la capitale, où l’on observait les mêmes embouteillages qu’à l’ordinaire.
-‘Manifestations empêchées’-
A Lubumbashi, deuxième ville du pays où les manifestations politiques publiques sont interdites depuis près d’une année, une vingtaine de manifestants qui tentaient de rallier le sud-est où devait avoir lieu le meeting du Rassemblement, ont été interpelés violemment par des militaires.
Globalement, les activités ont tourné au ralenti à cause de la présence massive des policiers et des militaires des Forces armées de la RDC, selon un correspondant de l’AFP.
A Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, tôt le matin, une vingtaine de manifestants qui avaient placé des barricades sur une grande artère de la ville ont été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogènes, selon le correspondant local de l’AFP.
La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par le renvoi de la présidentielle à une date non fixée à la suite d’un accord conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition.
Les 19 et 20 septembre, 49 civils et 4 policiers – selon l’ONU – avaient été tués en marge d’une marche du Rassemblement à Kinshasa.
Depuis lors, le pouvoir a réussi à empêcher toute manifestation d’opposition dans la capitale, où le signal de la radio française RFI, l’une des stations les plus écoutées du pays, est coupé par les autorités depuis le 5 novembre.
En application de l’accord d’octobre, M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, a nommé jeudi un nouveau Premier ministre, Samy Badibanga, issu de l’UDPS, et entend rester à son poste après le 20 décembre.