Tag: A la Une

  • selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    selon un sondage, une majorité de Congolais contre un troisième mandat

    Joseph inquiet-C’est un sondage inédit en République démocratique du Congo que viennent de réaliser le Bureau d’études, de recherches et consulting international (Berci) et le Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York. Les deux organismes ont interrogé, entre mai et septembre 2016, un échantillon de 7 545 personnes à travers toutes les provinces du pays. Chacune a répondu à pas moins de 150 questions sur le pays, la politique, la société ou encore les institutions. Que pensent les personnes sondées de la crise politique actuelle ? RFI fait le point.

    ■ Quels sont les résultats du sondage ?

    Le rapport (à lire ici) évoque d’abord l’épineuse question du troisième mandat. Précisément 81,4% des personnes sondées refusent toute modification de la Constitution de nature à lever cette limitation. Les trois quarts des Congolais interrogés estiment même que le président Kabila devrait quitter le pouvoir le 19 décembre, à la date initialement prévue par la Constitution.

    Le sondage s’est déroulé avant la conclusion du dialogue national et de l’accord politique qui repousse la présidentielle au plus tôt en avril 2018, mais les auteurs de ce rapport ont interrogé les quelque 7 500 personnes sondées sur leur vote en cas d’élection présidentielle cette année.

    Intentions de vote : Katumbi et Tshisekedi en tête

    Résultat : deux opposants seraient en tête, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi. Les auteurs de ce rapport soulignent qu’en moyenne, une personne sondée sur deux dit vouloir voter pour une personnalité qui n’a pas participé au dialogue national. Les sondeurs précisent cependant que le sondage a été effectué sur cinq mois riches en évènements qui auraient pu attirer l’attention sur l’un ou l’autre.

    Si le président Kabila pouvait être candidat pour un troisième mandat en 2016, il serait de loin, dans son camp, au sein de l’actuelle majorité, le candidat le plus populaire.

    En cas de report de l’élection présidentielle, deux personnes interrogées sur trois estiment que la présidentielle devrait avoir lieu au plus tard en 2017. Un peu moins de 14% serait d’accord pour la configuration actuelle, c’est-à-dire en 2018. Mais une très large majorité souhaite aller aux urnes même si plus de la moitié des personnes interrogées disent ne pas faire confiance en la Céni actuelle.

    Une femme présidente de la République ? « Pourquoi pas », répondent plus 60% des personnes sondées. Ce chiffre augmente si l’on évoque la parité dans les candidatures à des postes politiques : huit Congolais interrogés sur 10 estiment que les femmes doivent se porter candidates.

    Qu’on pose des questions par rapport à l’armée, par rapport à la police, par rapport aux tribunaux, par rapport à l’Etat, il y a une grande majorité de la population qui est insatisfaite.

    ■ Quelle méthodologie a-t-elle été utilisée ?

    Il s’agit bien d’un sondage, c’est-à-dire d’une photographie de l’opinion à un instant T. En l’occurrence, le sondage a été effectué sur cinq mois vu la complexité de la tâche dans un pays aussi grand que la République démocratique du Congo.

    Les chercheurs ont fait 7 545 entretiens individuels avec des personnes de plus de 18 ans qu’ils ont rencontrées à leur domicile. Les lieux ont été choisis au hasard dans chaque province.

    En revanche, pour choisir l’échantillon, c’est plus compliqué en RDC qu’ailleurs puisqu’il n’y a pas eu de recensement depuis 1984. Ainsi, pour la composition (hommes, femmes, jeunes, vieux, le nombre de personnes sondées par province), le Groupe d’études sur le Congo et le Berci disent s’être appuyés, comme l’institut national de sondages, sur une projection faite en 2012 du nombre d’habitants et de la composition de la population. Ces derniers ont revérifié leur échantillon en comparant avec une autre étude, Les enquêtes démographiques et de santé de 2010. Plus précisément : ils ont regardé si leur échantillon avait bien les mêmes caractéristiques que celles trouvées à cette époque en termes de religion par exemple, de distance au point d’eau, d’accès à l’électricité…

    Les chercheurs notent également une proportion plus importante d’hommes que dans la population congolaise : 55% des personnes sondées. Et pour cause : les hommes étaient plus souvent à la maison, ou volontaires pour parler, notent les auteurs de ce rapport.

    Pourquoi avoir réalisé ce sondage ?

    Pour Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo, l’intérêt de ce sondage est clair : « Il y a un grand débat politique en RDC actuellement par rapport à l’avenir de la démocratie. Ce sont des discussions qui souvent se tiennent entre les ligues politiques avec les bailleurs de fonds, mais dans lesquelles la population congolaise n’a presque aucune influence. On ne demande presque jamais l’opinion. »

    Autre raison, selon l’institut : mettre à disposition un sondage « représentatif ». « Nos chercheurs sont descendus dans les villages les plus reculés parce qu’on voulait faire un sondage statistiquement représentatif au niveau, à l’échelle nationale », poursuit le directeur.

    Et de conclure : « Il est très rare de faire ce genre de choses, mais aussi très important, vu l’importance de la discussion au niveau national actuellement, de savoir ce que les gens pensent. Et ça donne l’impression d’un électorat, d’un Congo beaucoup plus nuancé, beaucoup plus aussi connaisseur de la politique congolaise qu’on ne le pensait. »

    Quelle est la réaction côté gouvernement ?

    « Les sondages dans l’Europe ou aux Etats-Unis sont toujours sujets à caution. Ceci dit, il est vrai que le besoin de changement, besoin d’alternance, est un besoin qui est partagé par le monde. De ce point de vue je peux comprendre une certaine opinion qui s’exprimerait dans ce sens-là au Congo. Encore faut-il organiser ce changement. Il faut organiser cette alternance pour éviter le chaos qui est le péril suprême pour nos Etats », affirme le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba.

    Selon le fondateur du mouvement « Kabila-désir » qui milite pour un troisième mandat du président Kabila, la RDC n’avait pas d’autre choix que de décaler la présidentielle à 2018. « Je pense qu’il faut que la population le sache et on connaît ce qui se passe dans certains pays, lorsque le changement qui est désiré intervient sans qu’il n’ait pu être organisé. C’est le chaos. Et je ne veux pas vous citer de nom », conclut le ministre.

    Un officiel congolais estime par ailleurs que cet échantillonnage n’est pas représentatif de la population congolaise. Il rappelle que l’un des auteurs de ce rapport, Jason Stearns, avait été déclaré persona non grata en RDC après la publication d’un rapport sur les massacres de Beni, accusant certains officiers FARDC d’y avoir participé ou laissé faire certaines tueries.

    RFI

  • L’église catholique estime “impérieux” que Kabila ne brigue pas un troisième mandat

    L’église catholique estime “impérieux” que Kabila ne brigue pas un troisième mandat

    pape-kabila-L’église catholique de la République démocratique du Congo a estimé vendredi “impérieux” qu’il soit “clairement mentionné” dans un nouvel accord sur l’élection présidentielle à venir que le chef d’Etat congolais Joseph Kabila ne se représentera pas pour un troisième mandat.

    “Il est impérieux qu’il soit clairement mentionné dans le consensus à trouver que l’actuel président de la République ne se représentera pas pour un troisième mandat, conformément à l’article 220 de la Constitution”, ont écrit dans un communiqué les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quatre jours après la clôture du “dialogue national” boycotté par la majeure partie de l’opposition.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001.

    Le 20 septembre, la Cenco s’était retirée de ces pourparlers qui étaient censés résoudre la crise en RDC, “pour manque d’inclusivité”, selon elle.

    Ce forum ouvert le 1er septembre a abouti mardi à la signature d’un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Le texte ne mentionne pas que M. Kabila ne sera pas candidat, mais ses signataires ont décidé de mettre en place un gouvernement d’union nationale dont le poste de Premier ministre devra revenir à l’opposition pendant la période transitoire.

    “Malgré la tenue de ce dialogue, nous sommes peinés de constater qu’à deux mois de la fin du mandat” de M. Kabila, “les acteurs politiques ne réussissent pas encore à se mettre d’accord pour trouver des solutions pacifiques et consensuelles à la crise socio-politique qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes et qui risque de plonger notre pays dans le chaos”, regrettent les évêques.

    Le 4 octobre, le “Rassemblement” d’opposition constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi qui rejette l’accord issu du dialogue, s’était déclaré ouvert à un dialogue inclusif à l’issue duquel devra être instituée une “période d’intérim” sans M. Kabila, à partir du 20 décembre et dont les modalités de gestion devraient être négociées lors des nouveaux pourparlers.

    La Cenco estime que tout doit être mis en oeuvre “afin de réduire la période transitoire pour qu’elle ne dépasse pas l’année 2017”, craignant que le pays ne bascule dans le chaos.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Cette crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.

    Avec AFP

  • Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA

    Voici l’intégralité de l’Accord signé le mardi 18 octobre à la cité de l’OUA

    Préambule
    dailogue-Nous, Délégués des forces politiques et sociales de la République Démocratique du Congo, représentants de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition politique et de la Société Civile, ainsi que de Personnalités congolaises (ci-après Parties), réunis dans le cadre du dialogue politique national et inclusif, pour traiter de la problématique de l’organisation des élections apaisées, crédibles et transparentes, conformément aux principes énoncés dans la Constitution ;
    Nous fondant sur la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour, la Résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 30 mars 2016et les autres instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents ;
    Nous engageant à respecter la Constitution dans son intégralité ;
    Ayant constaté la nécessité d’un Dialogue Politique National et Inclusif depuis quelques années, et en vue d’améliorer le processus électoral, de régler les contradictions en résultant et de prévenir les crises politiques pouvant en découler ;
    Engagés à promouvoir le dialogue et la résolution pacifique des différends politiques dans un esprit de compromis, tout en accordant la primauté à l’intérêt national bien compris ;
    Déterminés à renforcer l’Etat de droit par le respect des valeurs de la démocratie, notamment la tolérance, la solidarité, le compromis, l’égalité, les libertés publiques individuelles et collectives, l’équité, les élections libres et pluralistes, la séparation des pouvoirs, le respect des institutions, le respect de l’Etat de droit, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le respect des décisions de justice, la soumission aux lois et règlements, la redevabilité, la bonne gouvernance et l’alternance démocratique résultant des élections ;
    Guidés par le consensus comme mode de prise de décision et par la Feuille de route du Dialogue politique national inclusif adoptée le 23 août 2016, telle qu’amendée par la Plénière du dialogue le 5 septembre 2016 ;
    Prenant à témoin SEM Edem KODJO, Facilitateur désigné par l’Union Africaine (UA) ;
    Considérant l’Ordonnance n° 15/084 du 28 novembre 2015 du Président de la République portant convocation du Dialogue Politique National Inclusif ;
    Conscients de nos responsabilités devant Dieu, la Nation, l’Afrique et le monde, convenons de ce qui suit :
    Chapitre I : Du Fichier électoral
    Article 1er :
    Dans le souci d’assurer l’inclusivité et la crédibilité du processus électoral, de garantir l’universalité des suffrages et conscients des insuffisances et de l’obsolescence du Fichier de 2011, nonobstant une réforme effectuée en 2015 ; prenant acte des avis techniques de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), complétés parles rapports d’experts notamment de l’ONU, de l’OIF et nationaux, nous convenons de la constitution d’un nouveau fichier électoral et recommandons à la CENI de poursuivre les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours.
    En vue d’éviter le coût élevé des révisions répétitives du Fichier électoral qui constitue un écueil pour la tenue régulière des scrutins que comprend chaque cycle électoral, nous invitons le Gouvernement, à l’issue de l’élaboration du fichier électoral en cours, à tout mettre en œuvre pour permettre à l’Office National d’Identification de la Population, ONIP en sigle, de constituer un Fichier général permanent de la population de la République Démocratique du Congo d’où procédera, à chaque cycle électoral, le Fichier électoral.
    Article 2 :
    Le nouveau Fichier assure l’enrôlement de tous les Congolais vivant sur le territoire national que ceux vivant à l’étranger, conformément à la loi n° 16/007 du 29 juin 2016 modifiant et complétant la loi n° 04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement des électeurs, qui auront atteint l’âge requis pour voter.
    Article 3 :
    Le Fichier électoral est constitué au 31 juillet 2017, entendu que ce délai comprend toutes les étapes nécessaires, y compris celles de l’annonce des appels d’offre, de la signature et de l’exécution des contrats de fourniture des kits électoraux, de l’identification et de l’enrôlement des électeurs, ainsi que de l’affichage des listes électorales.
    Chapitre II : De la Séquence des élections
    Article 4 :
    Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales sont organisées en une seule séquence.
    Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent.
    Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement de mettre à la disposition de la CENI les moyens financiers et logistiques nécessaires à l’organisation de toutes les élections susvisées conformément au calendrier.
    Chapitre III : Du Calendrier électoral
    Article5 :
    Tenant compte des délais impératifs pour la constitution du nouveau Fichier électoral, la préparation des différents scrutins combinés et la tenue effective de ceux-ci, les Parties s’accordent sur les éléments du calendrier global ci-après :
    Constitution du nouveau Fichier électoral au 31 juillet 2017 ;
    Convocation des scrutins à partir de la promulgation de la loi sur la répartition des sièges, au30 octobre 2017 ;
    Dès la convocation des scrutins, la CENI est chargée de préparer et d’organiser les élections du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux dans un délai de 6 mois. Toutefois, en collaboration avec le Comité de Suivi, la CENI devra procéder à l’évaluation de son calendrier, pour s’assurer de sa mise en œuvre et en tirer toutes les conséquences pour son parachèvement.
    Les élections locales, municipales et urbaines sont organisées concomitamment avec les trois premières si les moyens techniques et financiers le permettent. Si cela n’est pas possible, elles sont organisées au plus tard six (6) mois après les trois (3) premières. Ce délai peut être prorogé une fois.
    Chapitre IV : Des Mesures d’équité et de transparence du processus électoral
    Article6 :
    Dans le but d’assurer l’équité et la transparence du processus électoral pour l’ensemble des citoyens congolais et en renforcement des autres instruments juridiques et normatifs existants, les Parties conviennent de ce qui suit :
    Garantie d’accès de tous les courants de pensées aux médias publics ;
    Obligation pour les médias privés de respecter l’exigence de service d’intérêt public qui leur incombe ;
    Engagement des partis politiques et autres acteurs sociaux à envoyer dans tous les bureaux de vote des témoins et observateurs formés pour participer aux grandes phases du processus électoral et l’obligation de la CENI et d’autres autorités compétentes de faciliter cet exercice ;
    Application rigoureuse de la loi électorale pour combattre la fraude et toutes sortes de violences liées au processus électoral ;
    Identification des déplacés internes et de la prise des dispositions idoines pour assurer leur enrôlement et faciliter leur vote, et ce, sans préjudice des mesures nécessaires à prendre pour accélérer leur retour dans leurs lieux de résidence habituelle ;
    Renforcement du cadre de concertation permanente entre la CENI et les parties prenantes et recherche de consensus avant la prise de toute décision majeure ;
    Modification de la loi électorale, en vue notamment de tenir compte de la parité et de la personne avec handicap.
    Article 7 :
    Les allocations de ressources financières de la CENI font l’objet d’un communiqué public.
    Chapitre V : De la Sécurisation du processus électoral
    Article 8 :
    Suite à un diagnostic général et approfondi des principaux enjeux et défis à la sécurisation du processus électoral, les Parties préconisent les principales mesures suivantes :
    Pour le Gouvernement :
    Mettre à jour le Décret 05/026 du 6 mai 2005 portant Plan opérationnel de sécurisation du processus électoral et doter le Comité de pilotage des moyens conséquents pour mieux remplir sa mission ;
    Mettre urgemment en place des mécanismes de contrôle des activités des ONG tant nationales qu’internationales, conformément à la législation en vigueur.
    Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, de la police nationale et des services de sécurité ;
    Rétablir l’état civil en vue d’assurer l’organisation et la régularité du processus électoral.
    Pour la CENI :
    Renforcer la sensibilisation de la population sur le processus électoral et les enjeux électoraux avec les Parties prenantes au processus électoral tant au niveau national, provincial que local ;
    Sensibiliser les congolais de l’étranger sur le processus électoral ;
    Augmenter les effectifs des agents électoraux et les former en veillant à promouvoir la représentativité des femmes et des jeunes ;
    Doter les agents impliqués dans la sécurisation des élections des moyens adéquats et suffisants ;
    Augmenter le nombre des bureaux d’enrôlement et de vote et les rapprocher au maximum de la population de façon équitable ;
    Sécuriser la circulation des bulletins de vote et tout matériel électoral sensible ;
    Inciter et aider, dans la mesure du possible, les partis politiques et les candidats indépendants à bien former leurs témoins commis aux les bureaux de vote ;
    Veiller à ce que les primes des agents de la CENI leur soient versées à temps et leur faire signer un acte d’engagement ;
    Impliquer l’autorité coutumière et les confessions religieuses dans les efforts de sensibilisation des communautés aux opérations d’enrôlement et de vote ;
    Impliquer les ambassades et les responsables des communautés congolaises organisées dans les efforts de sensibilisation et les opérations d’identification, d’enrôlement et de vote ;
    Prendre en compte les besoins spécifiques des groupes vulnérables, notamment les personnes à mobilité réduite, les non-voyants, les albinos, les personnes de troisième âge et les femmes enceintes, au moment de l’enrôlement et du vote en leur accordant une priorité d’accès ;
    Permettre aux non-voyants de se faire accompagner d’un guide de confiance afin de les aider à voter pour les candidats de leur choix.
    Pour les partis politiques :
    Former les militants en matière électorale et les sensibiliser sur le civisme ;
    Signer et respecter le Code de bonne conduite ;
    S’engager à respecter les résultats des urnes et à faire preuve de la courtoisie électorale ;
    Veiller à la représentation effective des femmes et des jeunes sur les listes des candidats.
    Pour l’Autorité coutumière et les confessions religieuses:
    S’impliquer dans la sensibilisation de la population sur le processus électoral tout en veillant au caractère apolitique et impartial lié à leur statut ;
    Appuyer la CENI, le cas échéant, dans l’identification des personnes au moment de l’enrôlement ;
    Promouvoir la cohabitation intercommunautaire pacifique.
    Pour la MONUSCO
    Soutenir le Gouvernement dans le renforcement des capacités des éléments formés pour la sécurisation des élections ;
    Assister la CENI par les moyens logistiques et techniques pour le bon accomplissement des opérations électorales ;
    Veiller à la mise en œuvre des autres dispositions pertinentes de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
    Pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) :
    Assurer l’égalité d’accès aux médias publics à toutes les parties prenantes ;
    Garantir la liberté d’expression ;
    Veiller au respect, par les journalistes, y compris les correspondants de la presse étrangère œuvrant en République Démocratique du Congo, de la déontologie et de l’éthique de leur métier ;
    Sanctionner les médias qui incitent à la haine.
    Pour la Société Civile
    Demeurer apolitique ;
    Soutenir le consensus pour les élections apaisées, crédibles et transparentes ;
    Promouvoir l’éducation à la paix et à la non-violence ;
    Préparer la population par la conscientisation et la sensibilisation aux enjeux électoraux ;
    Vulgariser les textes légaux et le code de bonne conduite ;
    Assurer l’observation des élections et en rendre compte avec impartialité ;
    Formuler des analyses objectives sur toutes les questions électorales.
    Chapitre VI : De la Sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du Territoire National
    Article 9 :
    Les Parties constatent que plusieurs menaces pèsent sur la sécurité des citoyens à travers le pays et sont à même d’affecter négativement leurs capacités d’exercer leurs droits électoraux. Ces menaces comprennent entre autres :
    la problématique des groupes armés locaux et étrangers ;
    la prolifération et la circulation incontrôlée des armes à feu ;
    la persistance de la criminalité et du grand banditisme urbain ;
    les agissements des certains éléments incontrôlés des forces de sécurité nationales ;
    la problématique des jeunes désœuvrés et délinquants ;
    les conflits liés aux limites des parcs et réserves naturelles entre l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les populations riveraines ;
    la problématique des questions humanitaires, notamment la question de gestion des déplacés internes ;
    la criminalité économique, y compris l’exploitation illicite des ressources naturelles et le blanchiment d’argent, favorisée par le trafic d’armes dans les zones concernées ;
    le déficit de l’autorité de l’Etat ;
    la porosité des frontières ;
    la mauvaise gestion de la question migratoire ;
    la méfiance intercommunautaire, avec pour corollaire des conflits intercommunautaires dans plusieurs provinces du pays.
    Article 10 :
    Pour remédier à ces problèmes et assurer la sécurité des citoyens, les Parties encouragent la prise des mesures idoines suivantes :
    Neutraliser les groupes armés tant nationaux qu’étrangers qui sévissent en RDC ;
    Récupérer les armes détenues par des personnes non-habilitées ;
    Mettre en place des numéros verts et des centres d’alerte pour dénoncer l’insécurité pendant le processus électoral ;
    Veiller à ce que les frontières du pays soient davantage sécurisées au moment des élections ;
    Redynamiser et accélérer les programmes DDR ;
    Recruter de nouveaux policiers pour renforcer les effectifs existants et assurer une bonne sécurisation des bureaux de vote ;
    Assurer la présence effective de l’administration publique sur toute l’étendue du territoire national ;
    Prendre les mesures appropriées pour assurer la non politisation des agents de l’administration publique ;
    Prendre les dispositions nécessaires pour la sécurisation des candidats durant toute la période du processus électoral ;
    Identifier les déplacés internes et les retourner dans leurs lieux d’origine préalablement sécurisés ;
    Créer des emplois pour les jeunes afin de les soustraire de l’enrôlement des groupes armés et de l’instrumentalisation par certains responsables politiques ;
    Accorder une attention particulière aux filles, aux femmes victimes et aux enfants victimes des violences, y compris les violences sexuelles, et prendre les mesures préventives et punitives nécessaires à cet égard ;
    Renforcer la collaboration entre la MONUSCO et les Forces de Sécurité nationale en vue d’assurer la sécurité et la protection des personnes ;
    Déplacer les camps des réfugiés à plus de 150 kilomètres des frontières ;
    Améliorer les conditions socioprofessionnelles du personnel des services de Sécurité et de Défense ;
    Elaborer un plan spécial de sécurisation de l’Est et du Nord du pays particulièrement là où les populations sont victimes d’enlèvements et des tueries à répétitions ;
    Identifier les étrangers en situation irrégulière se trouvant sur le sol congolais et prendre des mesures urgentes pour empêcher leur influence sur la sécurité des personnes et des biens en général et du processus électoral en particulier.
    Chapitre VII : Du Budget et du financement des élections
    Article 11 :
    Les Parties prenantes recommandent à la CENI de produire un budget rationnel pour l’ensemble des opérations électorales conformément à l’option levée et assorti d’un plan de mise en œuvre opérationnel crédible et réaliste.
    Article 12 :
    Les Parties prenantes recommandent au Gouvernement :
    de mobiliser les ressources nécessaires pour les budgets des élections et à respecter scrupuleusement le Plan de décaissement convenu avec la CENI, conformément au Plan de mise en œuvre opérationnel ;
    de constituer une provision trimestrielle au profit de la CENI conformément à son plan de décaissement pour financer l’ensemble du processus électoral, en ce compris la sécurisation du processus ;
    de fournir la totalité des ressources nécessaires pour financer les élections ;
    d’explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections.
    Article 13 :
    Les Parties prenantes recommandent au Parlement d’exercer trimestriellement le contrôle sur l’utilisation des ressources budgétaires mises à la disposition de la CENI.
    Article 14 :
    Dans les vingt (20) jours qui suivent la signature du présent Accord, la CENI prépare un budget détaillé pour l’ensemble du processus électoral et le soumet au Gouvernement.
    Chapitre VIII : Du Code de bonne conduite lors des élections
    Article 15 :
    En vue d’assurer la sérénité du processus électoral, la CENI élabore un « Code de bonne conduite » en concertation avec les Parties prenantes au processus électoral immédiatement après la constitution des listes définitives des candidatures pour l’élection du Président de la République, des Députés nationaux et provinciaux, tout comme après la constitution des listes définitives des candidatures pour les élections locales, municipales et urbaines.
    Le Code de bonne conduite énonce les principes, engagements et sanctions à même d’assurer un déroulement apaisé et responsable du processus électoral à tous les niveaux.
    Article 16 :
    Les parties prenantes aux différentes échéances électorales s’engagent à signer le Code élaboré et à s’y conformer.
    Chapitre IX : Des Institutions de la République
    Article 17 :
    Après le constat du défaut de l’organisation des élections dans les délais constitutionnels et en vue de faire aboutir le processus électoral, les Parties prenantes s’accordent sur les dispositions suivantes relatives aux institutions :
    Conformément à la Constitution, le Président de la République en exercice reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ;
    Les Députés nationaux et provinciaux, les Sénateurs, les Gouverneurs et Vice-gouverneurs de Province restent en fonction jusqu’à l’installation effective de leurs successeurs élus conformément à la Constitution ;
    Il sera procédé, dans les 21 jours de la signature du présent Accord, à la formation d’un nouveau Gouvernement d’union nationale. Sans préjudice des dispositions constitutionnelles et législatives nationales en vigueur, le Premier Ministre est issu de l’opposition politique signataire du présent Accord.
    Chapitre X : Des Mesures de confiance
    Article 18 :
    Les Parties prennent acte des mesures de décrispation et de renforcement de confiance prises par le Gouvernement.
    Elles encouragent le Gouvernement à poursuivre les efforts de décrispation en vue de promouvoir la concorde et la réconciliation nationale.
    Article 19 :
    Pour renforcer la confiance entre les Parties prenantes, Celles-ci s’engagent à :
    Procéder au réaménagement à la CENI, en ce qui concerne les membres désignés par l’opposition politique, dans le respect des procédures légales y afférentes ;
    Renforcer le Comité de liaison entre la CENI et les Partis politiques et les cadres de concertations entre la CENI et la Société Civile et autres partenaires non-étatiques ;
    Améliorer les moyens technologiques de la CENI pour la collecte et la transmission à temps des résultats des élections ;
    Tenir compte de la participation équitable des femmes dans les différentes Institutions et structures de l’Etat et des formations politiques, conformément aux instruments juridiques et normatifs nationaux et internationaux pertinents, particulièrement l’article 14 de la Constitution, la Résolution 1325 (2000) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatifs aux Droits de Femmes en Afrique (2003) ;
    Renforcer la représentation de la jeunesse dans toutes les structures de prise de décision ;
    Garantir le droit pour tous les Congolais d’organiser et/ou de participer à des réunions et manifestations politiques dans le respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs ;
    Garantir le droit de dénoncer, par les médias, toute forme de harcèlement, d’intimidation, d’obstacle, de menace ou d‘agression physique liés au processus électoral, conformément à la loi ;
    Respecter et protéger les journalistes et autres professionnels des médias lors des différentes manifestations politiques ;
    Veiller au caractère apolitique de l’administration publique, des forces de l’ordre, des services de renseignements et de la justice ;
    Veiller à l’indépendance des membres de la CENI ;
    Respecter strictement le principe de séparation des pouvoirs;
    S’engager à cesser de manipuler la jeunesse à des fins politiciennes, mais à lui offrir des espaces autonomes d’apprentissage et de consolidation de son opinion ;
    Organiser la formation des juges électoraux ;
    Encourager les acteurs politiques et sociaux à adopter une attitude responsable et conciliante devant les médias et la population ;
    Encourager le Gouvernement à accélérer la gratuité de l’enseignement primaire sur toute l’étendue du territoire ;
    Encourager le Gouvernement à payer la dette intérieure ;
    Encourager le Gouvernement à prendre des mesures visant l’augmentation du traitement des fonctionnaires.
    Chapitre XI : De la Mise en œuvre de l’Accord et de son suivi
    Article 20 :
    Pour assurer la mise en œuvre effective des dispositions du présent Accord, les Parties conviennent de l’établissement d’un « Comité de suivi de mise en œuvre des recommandations du Dialogue », CSD en sigle.
    Article 21 :
    Le Comité de suivi du Dialogue CSD est composé comme suit :
    Majorité Présidentielle : 7 représentants ;
    Opposition politique : 7 représentants ;
    Société civile : 4 représentants.
    La représentation des entités est nominative.
    Les Personnalités congolaises, Parties prenantes au Dialogue, émargent de leurs composantes d’origine.
    Le CSD tient sa séance de travail inaugurale un mois après la signature du présent Accord et adopte un règlement intérieur et un programme de travail couvrant toute la période jusqu’à la fin du cycle électoral qui fait l’objet du présent Accord.
    Article 22 :
    Le CSD s’acquitte des tâches suivantes :
    Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’Accord ;
    Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord ;
    Assurer l’interprétation des dispositions pertinentes de l’Accord en cas de divergences entre les Parties et concilier leurs points de vue à cet égard.
    Réaliser des évaluations régulières avec la CENI et le Gouvernement sur le processus électoral.
    Article 23 :
    Les organisations des membres du Groupe de soutien apportent au CSD le soutien et l’appui dont il a besoin dans l’accomplissement de ses missions.
    L’Union Africaine, la SADC, la CIRGL, la CEAC et d’autres organisations régionales peuvent organiser des missions d’évaluation auprès du CSD et du Gouvernement.
    Chapitre XII : Des Dispositions finales
    Article 24 :
    Le présent Accord est ouvert à la signature d’autres partis politiques et regroupements politiques ainsi qu’aux autres organisations de la société civile qui s’engagent à respecter toutes ses dispositions.
    Article 25 :
    Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties prenantes au Dialogue Politique National Inclusif.
    Fait à Kinshasa, le18 Octobre 2016
  • L’appel à des “villes mortes” contre Kabila diversement suivi en RD Congo

    L’appel à des “villes mortes” contre Kabila diversement suivi en RD Congo

    kin 1-L’appel de l’opposition congolaise à une journée “villes mortes” pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre était diversement suivi mercredi matin en République démocratique du Congo.

    Le mot d’ordre de “carton jaune” au chef de l’État lancé par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement était largement suivi à Kinshasa, mais ignoré à Lubumbashi, la deuxième ville du pays.

    A Kinshasa, les rues sont restées désertes toute la matinée. Les transports en commun publics ont circulé à vide alors que les minibus privés “207” étaient invisibles et la circulation pratiquement inexistante.

    La quasi-totalité des boutiques étaient fermées et la seule activité visible était celle des “mama ya mapa”, vendeuses qui arpentent les rues avec une bassine chargée de pains sur la tête, et des stations-services, ouvertes, mais sans clients.

    La mégapole de quelque dix millions d’habitants normalement grouillante et bruyante est apparue comme frappée de torpeur.

    “Ce n’est qu’un avertissement ; le 19 décembre, tout est fini pour Kabila”, a déclaré à l’AFP Mike Mukendi, chômeur de 30 ans.

    La police et l’armée ont été déployées en force autour du Palais du peuple (Parlement) et dans plusieurs “quartiers chauds”.

    La police a déploré quelques “caillassages” de voiture et tentatives d’incendier des pneus sur la chaussée, mais la situation est restée globalement calme.

    Lors de la dernière mobilisation du Rassemblement contre le pouvoir, 49 civils et 4 policiers avaient été tués, selon l’ONU, les 19 et 20 septembre à Kinshasa dans des violences dont les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité.

    A Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi – une des têtes du Rassemblement – dans le sud-est du pays, l’activité était normale.

    ‘Tu dois partir !’

    Lundi et mardi, les autorités avaient exhorté sur les médias publics locaux “la population à vaquer normalement à ses occupations”, avertissant que les fonctionnaires qui ne viendraient pas travailler mercredi seraient sanctionnés.

    “La politique de villes mortes au Congo ne peut pas marcher car nous vivons au jour le jour”, a déclaré à l’AFP Kyungu Kabulo, cambiste indépendant, en rappelant le lot quotidien d’une population largement sans ressources dans un des pays les moins développés de la planète.

    “Je suis d’accord avec les opposants”, mais “j’ai une famille nombreuse à nourrir”, a-t-il ajouté, “les dirigeants du Rassemblement qui nous demandent de rester à la maison, eux ils ont de l’argent, de quoi manger et leurs enfants sont en Europe”.

    Large coalition politique, le Rassemblement s’est constitué en juin autour de la figure de l’opposant Étienne Tshisekedi, président fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Le mandat du chef de l’État, au pouvoir depuis 2001, expire le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Mardi, la majorité et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord à l’issue de pourparlers qualifiés de “dialogue national” renvoyant l’élection présidentielle à avril 2018 et assurant le maintien de M. Kabila à son poste jusqu’à la prise de fonctions de son successeur.

    L’UDPS a rejeté cet accord qui, selon elle “impose unilatéralement (à la tête de l’État) M. Kabila en violation flagrante de la Constitution” et a appelé à un “dialogue réellement inclusif” pour sortir le pays de la crise politique qu’elle traverse depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 lors d’un scrutin marqué par des fraudes massives.

    Dans l’est du pays, la ville de Bukavu, sur la rive sud du lac Kivu, a totalement ignoré l’appel du Rassemblement, selon le correspondant local de l’AFP.

    Bukavu est le fief de Vital Kamerhe, un des dirigeants d’opposition ayant participé au “dialogue national” et qui fait figure de favori pour prendre la tête du gouvernement dans les prochaines semaines.

    A Goma, ville jumelle de Bukavu sur la rive nord du lac, le mot d’ordre de “ville morte” a été diversement suivi, selon deux journalistes de l’AFP sur place. La circulation a été normale mais la majorité des boutiques est restée fermée.

    En fin de matinée, 200 personnes ont manifesté sans incident majeur, carton jaune à la main, aux cris de “Le mandat est terminé ! Tu dois partir !”

    La majeure partie de l’opposition, elle, continue à appeler à la résistance :

    Avec AFP

  • Clôture du dialogue national après un accord rejeté par les ténors de l’opposition

    Clôture du dialogue national après un accord rejeté par les ténors de l’opposition

    Edem-Kodjo-Edem Kodjo, facilitateur désigné par l’Union africaine, a clôturé mardi les travaux du dialogue national en RDC après la cérémonie de la signature de l’accord trouvé entre la majorité présidentielle et une frange d’opposants, mais rejeté par la grande partie de l’opposition.

    M. Kojo a reconnu que l’accord n’était pas parfait. Selon le facilitateur récusé par la majeure partie de l’opposition, cet accord valait néanmoins la peine d’être trouvé pour résoudre la crise causée par la non-tenue de l’élection présidentielle avant le 19 décembre 2016, date constitutionnelle pour la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kaibla.

    “Vaut mieux un accord imparfait (…) que pas d’accord du tout “, a affirmé le facilitateur.

    Pendant ce temps, les ténors et la majeure partie de l’opposition qui ont boycotté le dialogue, ont affirmé qu’ils ne sentaient pas lié à cet accord et continuent d’exiger le respect strict de la Constitution.

    Le Rassemblement, plate-forme constitué de partis d’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi “rejette cet accord qui impose unilatéralement [à la tête de l’État] M.Kabila en violation flagrante de la Constitution qui détermine la fin de son mandat le 20 décembre”, estime Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de ce parti.

    “La signature de cet accord est un non-évènement (…) Ce passage en force ne fait que se résumer pour donner un bonus à M. Kabila”, a déclaré à VOA Afrique M. Kabund, tout en rappelant que le Rassemblement a appelé les Congolais à observer une journée “villes mortes” le 19 octobre en guise de “carton jaune” à Joseph Kabila.

    Vital Kamerhe, à la tête des opposants présents au dialogue, estime pour sa part que les desiderata de toute l’opposition sont pris en compte.

    “Au cours du dialogue, nous avions la même feuille de route que nos amis qui sont à l’extérieur et l’accord indique que la Constitution sera scrupuleusement respectée. Nous aurons des élections en avril 2018, dans un délai plus court (que celui donné par la CENI ndlr), et par la suite pour la première fois une passation civilisée du pouvoir entre le président de la République sortant et un président entrant”, détaile Vital Kamerhe, rejetant toute idée d’un nouveau dialogue tel qu’exigé par le camp d’Etienne Tshisekedi.

    “C’est une solution entre Congolais et le toit de l’accord reste ouvert pour nos frères qui ne sont pas venus au dialogue”, soutient de son côté le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

    Le “Rassemblement” réuni autour du fondateur de l’UDPS, M. Tshisekedi, avait refusé de participer au “dialogue national”, qui s’est ouvert le 1er septembre à Kinshasa avec le but affiché de mener le pays vers des élections “apaisées” mais retardées.

    L’accord conclu lundi entre les délégués de ce forum prévoit le maintien à son poste de M. Kabila au-delà du 20 décembre et l’organisation de la présidentielle en avril 2018, selon les chefs de file des deux camps politiques l’ayant négocié.

    Les 19 et 20 septembre, une cinquantaine de personnes ont été tuées lors de violences à Kinshasa en marge d’une manifestation organisée par le Rassemblement pour signifier à M. Kabila son “préavis de trois mois” avant la fin de son mandat.

    Après ces violences, le Rassemblement a appelé les Congolais à observer mercredi 19 octobre une journée “villes mortes” sur toute l’étendue du territoire, en guise de “carton jaune” au chef de l’État, au pouvoir depuis 2001.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des irrégularités selon l’Union Euroepéenne et des observateurs indépendants. La crise est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser la présidentielle avant la fin de l’année.

    VOA

  • Accord politique pour un report de la présidentielle à avril 2018 en RDC

    Accord politique pour un report de la présidentielle à avril 2018 en RDC

    dialogue-Les participants au “dialogue national” en République démocratique du Congo, boycotté par la majeure partie de l’opposition, ont conclu lundi un accord reportant l’élection présidentielle au mois d’avril 2018.

    L’accord, validé lors d’une séance plénière à Kinshasa en l’absence de la majeure partie de l’opposition, prévoit de maintenir dans ses fonctions jusqu’à cette date le président Joseph Kabila, dont le mandat s’achève en décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter.

    “La présidentielle aura lieu le 29 avril 2018 et la passation de pouvoirs entre le président entrant et le président sortant le 9 mai”, a déclaré à l’AFP Vital Kamerhe, co-modérateur du “dialogue politique national inclusif” pour le compte de l’opposition.

    “La date des élections c’est en avril 2018”, a déclaré pour sa part Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation de M. Kabila.

    L’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, facilitateur des négociations, a annoncé que l’accord approuvé lundi serait signé “individuellement” mardi après-midi par chacun des délégués à ces assises.

    L’accord prévoit la constitution rapide d’un nouveau gouvernement dont le poste de Premier ministre devrait revenir à une “personnalité de l’opposition”, a dit M. Kodjo.

    M. Kamerhe, ancien directeur de campagne de M. Kabila lors de la présidentielle de 2006 et chassé de la majorité en 2008 fait figure de favori.

    La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l’incapacité – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – des autorités à organiser la présidentielle avant la fin de l’année.

    L’accord forgé lundi n’engage que la majorité et une frange de l’opposition, ce qui pose la question de sa capacité à sortir le pays de la crise.

    Réunie dans un “Rassemblement” constitué en juin, la majeure partie de l’opposition a refusé de participer au “dialogue national”, y voyant une manoeuvre du pouvoir pour une présidence à vie de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001.

    Avec AFP

  • Tshibala, proche de  Tshisekedi, inculpé pour complot des pillages et de dévastation

    Tshibala, proche de Tshisekedi, inculpé pour complot des pillages et de dévastation

    bruno-Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint de l’Udps (Union pour la démocratie et le progrès social), parti d’Etienne Tshisekedi, arrêté trois jours plus tôt, a été inculpé et transféré à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans le nuit de mardi à mercredi, indique son avocat, Me Peter Kazadi à VOA Afrique.

    “Nous venons d’apprendre que les infractions de complot tentant à perpétrer les pillages et la dévastation ont été retenues contre lui. Il s’agit là d’une infraction dont l’auteur en cours la peine de mort”, signale Me Kazadi.

    Aucune date n’a été fixée pour le procès.

    “Une date n’a pas est déterminée mais nous avons que, dans ce pays, on peut prendre quelqu’un comme ça et le garder plusieurs années sans le présenter devant les juges”, se plaint l’avocat pour qui la procédure qui a entouré l’inculpation n’a pas suivi les règles en la matière.

    Tshisekedi et le Rassemblement prêts à se constituer prisonniers

    Selon l’avocat, Etienne Tshisekedi, leader de l’Udps et du Rassemblement, plate-forme d’opposition regroupant les ténors et la majeure partie de l’opposition ainsi que les membres de sa famille politique se disent prêts à se constituer prisonniers si Bruno Tshibala n’est pas libéré.

    “Je crois sans anticiper que dans les deux jours qui suivent, une action sera organisée… L’action consistera pour le leader du Rassemblement ainsi que le peuple congolais d’aller se constituer prisonniers chez le procureur général de la République qui est décidé d’arrêter tout le monde”, affirme Me Kazadi.

    Le Rassemblement avait donné aux autorités congolaises un ultimatum de 48 heures s’expirait mercredi et pourrait mener à des actions pour exiger la libération de son cadre.

    Déjà, M. Tshisekedi a annoncé d’autres manifestations le 19 octobre et le 19 novembre pour exiger le départ du président Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat se termine le 19 décembre.

    M. Kabila a, quant à lui, demandé dimanche à sa famille politique de parvenir à un accord le plus rapidement possible avec la frange de l’opposition qui participe au dialogue national boycotté par le Rassemblement et ses alliés.

    Plusieurs composantes dont l’église catholique et une partie de la société civile boycottent aussi ces assises et exigent qu’elles soient plus inclusives.

    Entre-temps, le porte-parole de la majorité présidentielle, André Atundu, a indiqué mercredi que sa famille avait accepté de lever l’impasse, en concédant à l’opposition présente au dialogue le poste du Premier ministre pour le gouvernement de transition à mettre en place pour la période transitoire.

    “Nous, du rassemblement, ne sommes pas concerné pas cela”, a déclaré Me Kazadi.

    Entre 39 et plus de 100 personnes ont été tuées les 19 et 20 septembre derniers dans des heurts entre forces de l’ordre et manifestants qui réclamaient le départ du président Kabila qu’ils accusent de ne pas vouloir organiser les élections mais de vouloir s’éterniser au pouvoir.

    La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter à un troisième mandat.

    VOA

  • L’enrôlement d’électeurs se poursuit

    L’enrôlement d’électeurs se poursuit

    kits_enrolement-En RDC, la préparation des élections est en marche, même si on n’en connaît pas la date. La Céni annonce l’élargissement de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs à sept nouvelles provinces. L’opération avait débuté le 30 juillet dernier, c’était le dans la province du Nord-Ubangui.

    Cette opération a aussi permis de tester les équipements commandés. Corneille Nangaa, le président de la Céni, a dit sa satisfaction : « A ce jour nous avons franchi le seuil de 500 000 enrôlés et l’opération se poursuit normalement. »

    Pour le numéro un de la Céni, les faiblesses détectées dans le fonctionnement du premier lot du matériel électoral ont été corrigées. Une commande ferme a donc été passée : le nouveau lot de 7 500 kits, attendu cette semaine, va permettre de lancer l’opération dans sept nouvelles provinces.

    « Avec ces lots, a expliqué Corneille Nangaa, nous allons couvrir désormais sept nouvelles provinces : le Haut-Katanga, Lualaba et le Haut-Lomani ainsi que le reste de l’ancienne province de l’Equateur, c’est-à-dire le Sud-Ubangui, le Tshuapa, la Mongala et l’Equateur. »

    La Céni promet d’honorer ses engagements : « Si nous arrivons à avoir un appui logistique important, nous pourrions certainement gagner en temps et raccourcir certains délais. Ce qui est certain est que, le 31 juillet, nous aurons les fichiers complets, fiables et prêts à prendre en charge tout le scrutin. »

    Depuis le dernier découpage territorial il y a quelques mois, la RDC compte à ce jour 26 provinces. L’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs sera étendue aux 18 provinces restantes au fur et à mesure que le matériel électoral sera livré à la Céni.

    RFI

  • Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    Etats-Unis : Obama, quel bilan ?

    obama-Le 8 novembre, les Américains éliront le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche. Après huit années au pouvoir, quel bilan peut-on dresser des deux mandats du président sortant des Etats-Unis ?

    « Ensemble, nous changerons ce pays et nous changerons le monde. » Par ces mots prononcés lors de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama, candidat du Parti Démocrate, promet à ses concitoyens un nouvel espoir. Le 4 novembre, il est élu 44e président des Etats-Unis avec 53% des suffrages. Celui qui est aussi et surtout le premier président afro-américain hérite d’un pays en pleine crise économique et financière, la pire depuis le krach boursier de 1929.

    Barack Obama passera huit ans à la tête de la première puissance mondiale. Selon un sondage Washington Post-ABC News de juin 2016, il s’apprête à quitter la Maison Blanche – un président des Etats-Unis ne peut être candidat à un troisième mandat – plus populaire que jamais, avec 56% d’opinions favorables.

    Résultats socio-économiques

    Tout juste investit, début 2009, Barack Obama s’attaque à la réforme du système de santé. Il veut subventionner l’assurance maladie pour les plus pauvres afin de permettre à tous les Américains de bénéficier d’une protection sociale. Cette mesure est sa promesse de campagne la plus ambitieuse puisque plusieurs présidents, dont le dernier en date Bill Clinton, ont échoué à la mettre en place.

    Le Patient Protection and Affordable Care Act, l’”Obamacare”, est adoptée par le Congrès en mars 2010, après des mois de débats et de contestations au sein de la société civile et de la classe politique. Aujourd’hui, environ 20 millions de personnes ont pu souscrire à une couverture médicale grâce à cette loi. En revanche, l’”Obamacare” a entraîné l’augmentation du prix des assurances privées ce qui pénalise les foyers modestes. En 2015, selon le U.S. Census Bureau, le bureau des recensements américain, 9,1% de la population américaine n’a toujours pas d’assurance maladie.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l'assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.

    Le 23 mars 2010, Barack Obama signe la loi sur l’assurance maladie à la Maison Blanche à Washington.
    ©AP Photo/J. Scott Applewhite

    Avec un plan de relance de l’économie drastique de 790 milliards de dollars mis en place en 2009, sans le soutien des Républicains, Barack Obama réussit à faire passer le taux de chômage sous la barre des 5% (4,9% en août 2016). Il quitte le pouvoir en ayant ramené la croissance des Etats-Unis à un taux positif de 2,4% en 2015. En 2009, 10% de la population active était au chômage et le pays connaissait la pire récession de son histoire (-2,8%).

    Malgré ces mesures, les inégalités de richesse ont peu reculé. En 2015, sur une population totale de 321,4 millions d’habitants, quelque 43 millions d’Américains vivent encore sous le seuil de pauvreté selon le Census. Cela représente 3,5 millions de personnes de moins qu’en 2014, soit la meilleure amélioration depuis 1999. D’après l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les Etats-Unis demeurent l’un des pays où l’écart entre riches et pauvres est le plus important.

    Une violence omniprésente

    Fin 2012, alors qu’il vient d’être réélu, Barack Obama doit faire face à la tuerie de Newton dans laquelle vingt enfants et sept adultes sont abattus par arme à feu dans le Connecticut. Cette tragédie le conduit à ouvrir le débat ultra-sensible sur le port d’armes, par ailleurs garanti par le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis. Pour rappel, plus de 30.000 personnes meurent sous les balles chaque année aux Etats-Unis.

    Le président espère renforcer les contrôles d’accès aux armes à feu mais le Congrès, désormais à majorité républicaine et appuyé par la National Rifle Association (NRA) et la Gun Owners of America (GOA), les puissants lobbies des armes à feu, rejette le texte de loi du Sénateur Joe Manchin le 17 avril 2013. « Une journée déplorable pour Washington », regrette amèrement Barack Obama. C’est donc en signant plusieurs décrets en janvier 2013 et 2016 qu’il décide d’encadrer la vente d’armes à feu. Cependant, ces décisions risquent d’être annulées à tout moment par son successeur.

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s'approche d'un manifestant. 

    Le 11 août 2014, la police de Ferguson, Missouri, s’approche d’un manifestant.
    ©AP Photo/Jeff Roberson

    Le second mandat de Barack Obama est également ponctué par plusieurs meurtres racistes commis par des policiers ou des déséquilibrés. Trayvon Martin, Michael Brown, fusillade de Charleston… Ces affaires cristallisent les tensions raciales. L’Amérique s’embrase. De violents affrontements éclatent forces de l’ordre et manifestants, comme à Ferguson (Missouri) et à Baltimore (Maryland), entraînant bon nombre de bavures policières.

    Le président se veut néanmoins optimiste quant à la place des Noirs dans la société américaine. A Norma Percy, dans son documentaire Les Années Obama, il affirme : « Le fait que l’attention soit focalisée sur la façon dont les Noirs sont traités par la police peut donner l’impression aux gens que les relations interraciales se sont dégradées. En réalité, ces problèmes entre le système judiciaire et les Afro-Américains remontent à l’esclavage. Ceux qui pensent que la situation est pire que dans les années 50, 60 ou 70 n’ont pas vécu en tant qu’Afro-Américain dans ces années-là. »

    L’épine Guantánamo

    Barack Obama veut fermer le camp de détention militaire de Guantánamo. Il s’y attèle avec fermeté dès son arrivée à la Maison Blanche en 2009. A l’époque, 240 prisonniers de la « guerre contre le terrorisme » – entamée par George W. Bush en 2002 suite au 11-Septembre – y sont incarcérés et torturés dans le but d’obtenir des aveux. Une fois de plus, il se heurte au Congrès qui juge dangereux le transfèrement des détenus.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.

    Manifestation contre la prison de Guantánamo à Washington le 11 janvier 2015.
    ©AP Photo/Manuel Balce Ceneta

    Lors de la campagne de 2012, Barack Obama réitère. Il promet à nouveau la fermeture de la prison de Guantánamo, régulièrement critiquée par la communauté internationale pour non-respect des droits de l’Homme. Une soixantaine d’individus y sont encore enfermés selon le Pentagone. « Je ne suis pas prêt à renoncer », déclare-t-il le 8 septembre 2016. A quatre mois de la fin de son mandat, parviendra-t-il à tenir son engagement ?

    Moyen-Orient : le chaos

    Le 10 décembre 2009, Barack Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix à Oslo. Mais celui qui veut extraire son armée des guerres en Irak et en Afghanistan doit composer avec le Printemps arabe à partir de 2011. Contrairement à ses voisins, le dictateur syrien Bachar al-Assad refuse de quitter le pouvoir. L’opposition s’organise. L’ordre relatif du Moyen-Orient est troublé. Les Etats-Unis, qui soutiennent la rébellion, tentent de résoudre le conflit par voie diplomatique, en vain.

    Il faut attendre septembre 2014 et l’ascension fulgurante du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie pour que les forces aériennes américaines commencent à bombarder les bastions djihadistes, notamment la ville syrienne de Raqqa. Deux ans plus tard, la guerre en Syrie s’enlise et ne trouve pas d’issue. Plus de 84.000 civils, dont 14.711 enfants, sont morts depuis le début du conflit.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d'Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.

    Joe Biden, vice-président, Barack Obama, Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat, et les membres du bureau de la Sécurité nationale suivent la traque d’Oussama Ben Laden depuis la Maison Blanche à Washigton le 1er mai 2011.
    ©Pete Souza/The White House via AP

    Le succès le plus emblématique de l’administration Obama au Moyen-Orient est l’exécution de l’ennemi public numéro : Oussama Ben Laden, chef du groupe djihadiste d’Al-Qaïda et instigateur des attentats du 11-Septembre. Le 1er mai 2011, le président annonce lors d’une allocution télévisée que le terroriste vient d’être tué lors d’une opération américaine au Pakistan. Des scènes de liesses éclatent. Les Américains jubilent.

    Alors que les troupes américaines se sont retirées d’Irak en décembre 2011, elles sont toujours en place en Afghanistan. Barack Obama ne peut tenir parole. Il juge la situation actuelle du pays trop instable pour amorcer un retrait définitif à court terme.

    Rapprochements diplomatiques

    Quelques jours avant Noël 2014, Barack Obama et Raul Castro annoncent simultanément la normalisation des relations entre Washington et La Havane. Après des mois de négociations secrètes, les deux pays mettent ainsi fin à un embargo datant de 1961. Le 20 mars 2016, la famille Obama concrétise cette annonce et se rend à Cuba. Il s’agit du premier voyage officiel d’un président américain en exercice depuis 88 ans. Le 31 août, la page de 55 années de querelles est définitivement tournée avec le décollage du premier vol commercial reliant la Floride à l’île caribéenne.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.

    Poignée de main historique entre les présidents américain et cubain, Barack Obama et Raul Castro, le 21 mars 2016 à La Havane.
    ©AP Photo/Ramon Espinosa

    Le 14 juillet 2015, un accord historique sur le nucléaire civil est signé entre l’Iran d’une part, et les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie et la Chine d’autre part. Après douze années de négociations Téhéran a finalement réussi à obtenir une levée des sanctions à son encontre. L’Amérique d’Obama se félicite. Son ami Israël maugrée.

    La diplomatie américaine reprend son souffle, ses succès pendant l’exercice du pouvoir d’Obama sont parcimonieux.

    Echec sur la réforme de l’immigration

    Pour ses dernières semaines à la Maison Blanche, Barack Obama essuie un sérieux revers. Le 3 octobre 2016, la Cour Suprême confirme le blocage de ses décrets annoncés fin 2014, suite au blocage systématique de sa réforme de l’immigration par les Républicains du Congrès. Ceux-ci concernent la régularisation de cinq millions de clandestins, majoritairement hispaniques, en leur octroyant un permis de travail. En ce moment, 11 millions de sans-papiers vivent illégalement sur le territoire américain.

    En décembre 2010, le projet de loi DREAM Act, portant sur le développement, le secours et l’éducation pour les mineurs étrangers, est aussi rejeté par le Congrès. Dès sa première course à la Maison Blanche en 2008, Barack Obama fait pourtant de l’immigration son cheval de bataille. C’est ainsi qu’il obtient le soutien de la communauté latino, électorat incontournable pour remporter une élection aux Etats-Unis.

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.<br /> "Do you want my vote ? Say no to deportations !" (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)

    Manifestation pro-immigration devant la Cour Suprême le 15 janvier 2016.
    “Do you want my vote ? Say no to deportations !” (Vous voulez mon vote ? Dites non aux expulsions !)
    ©AP Photo/Susan Walsh

    L’immigration reste donc un sujet inéluctable de la campagne présidentielle de 2016. Et les positions des partis Républicain et Démocrate sont aux antipodes. Le conservateur Donald Trump construira un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et promet un « filtrage extrêmement poussé des migrants » s’il est élu. Hillary Clinton, elle, encourage l’obtention de la citoyenneté et se positionne en faveur du regroupement familial.

    Dans Les Années Obama, Barack Obama confie à Norma Percy sa frustration sur l’échec de sa réforme sur l’immigration. Il semble néanmoins satisfait de ses huit années passées à la tête de l’exécutif américain : « Tous ces éléments sont autant de pavé sur la route qui mène à une union plus parfaite. Le chemin est encore long. Mais je suis convaincu que sur le plan de la justice et de l’égalité on est mieux lotis aujourd’hui qu’à mon arrivée. »

    tv5

  • Présidentielle en RDC : pas avant novembre 2018, selon la Ceni

    Présidentielle en RDC : pas avant novembre 2018, selon la Ceni

    Bureau de la CENI
    Bureau de la CENI

    -La Commission électorale de la République démocratique du Congo (Ceni) a préconisé samedi la convocation du corps électoral en novembre 2017, renvoyant par ailleurs à une année plus tard la tenue de la présidentielle en RDC. Soit deux ans après la fin du second mandat du président Joseph Kabila.

    Le verrou du dialogue national, qui se tient depuis le 1er septembre à Kinshasa, peine toujours à se débloquer. Samedi 1er octobre, Corneille Naanga, président de la Ceni, a proposé pour novembre 2017 la convocation du corps électoral pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence.

    La Ceni estime par ailleurs que « le fichier électoral pourrait être finalisé au plus tard le 31 juillet 2017 » et que « environ 45 millions d’électeurs potentiels devront être enrôlés à la fin de cette opération en cours », peut-on lire dans un communiqué publié par le bureau du facilitateur Edem Kodjo.

    Selon le même texte, se basant sur l’exposé de Corneille Nangaa, à compter du 31 juillet 2017 plusieurs étapes du processus électoral – répartition des sièges par circonscription électorale, inscription des candidatures, commande du matériel électoral et son déploiement, formation des agents électoraux – devront s’étendre sur 504 jours. Autrement dit, ce n’est qu’à l’issue de l’ensemble de ces opérations, soit en novembre 2018, que les scrutins auront effectivement lieu.

    Lire le communiqué du bureau du facilitateur Edem Kodjo.

    Manœuvre dilatoire

    « La Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut », a aussitôt objecté Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au dialogue national. « Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018 », a t-il prévenu, estimant qu’il s’agit là d’une nouvelle « manœuvre dilatoire » pour conforter plus longtemps le président Joseph Kabila dans son siège présidentiel.

    Évoquant l’expérience de la Ceni en 2006 et en 2011, Jean Lucien Bussa a également rappelé que selon les experts de l’OIF et de l’ONU « il faut à la Ceni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins ».

    « La publication du calendrier est une compétence exclusive de la Ceni », a répondu fermement Corneille Naanga.

    Un dialogue au point mort

    « On peut tout finir en une année et avoir la présidentielle dans un court délai, c’est franchement exagéré de faire pareille projection », a confié à l’AFP l’abbé Nshole, le délégué de l’Église catholique au dialogue.

    L’Église catholique a suspendu sa participation aux travaux du dialogue depuis le 20 septembre en vue de rechercher un consensus plus large, après les violences des 19 et 20 septembre lors des manifestations d’opposition qui visaient à demander au président Joseph Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat le 20 décembre 2016.

    Le Rassemblement de l’opposition, rangé derrière l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui avait également décidé de boycotter ce dialogue national dès son ouverture le 1er septembre, annonce de son côté la tenue le mardi 4 octobre de son conclave à Kinshasa.

    J.A