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  • Fin du dialogue ce vendredi,”Il n’y aura plus de prolongation”

    Fin du dialogue ce vendredi,”Il n’y aura plus de prolongation”

    Des évêques membres de la CENCO lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 09/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

    -L’épiscopat de la République démocratique du Congo a annoncé jeudi son intention de mettre un terme ce vendredi aux négociations entre pouvoir et opposition en vue d’organiser de manière consensuelle la gestion du pays pendant la période de transition entre la fin du mandat du président Joseph Kabila et l’élection de son successeur.

    “Avec ou sans un accord, les évêques clôtureront les travaux vendredi. Il n’y aura plus de prolongation”, a déclaré à la presse l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). ”

    La veille de Noël, après une nuit entière de discussions et la suspension des négociations, la Cenco avait annoncé pour vendredi la signature de l’accord, tout en précisant que “la divergence sur la gestion consensuelle de la période transitoire a été aplanie à 95%”.

    La séance de travail à huis clos prévue ce jeudi pour l’adoption de la solution consensuelle que devraient proposer le secrétariat technique de la Cenco et des experts de deux camps, a été “reportée à vendredi matin”, parce que “les divergences persistes autour du poste de Premier ministre de la transition et les mesures de décrispation” de l’espace politique du pays, a ajouté l’abbé Nshole.

    bbc

  • Halte à la violence: Homélie de noël très politique du cardinal Monsengwo

    Halte à la violence: Homélie de noël très politique du cardinal Monsengwo

    a-Le message a été lu dans toutes les paroisses du pays

    Halte à la violence

    “Il est plus facile de tuer que de ne pas tuer. Il est plus facile de céder à la violence que de résister à la force. Il est plus beau d’être artisan de la violence”.

    Dans son homélie de Noel, le cardinal Laurent Monsengwo a, sans le citer, adressé un message politique aux autorités.
    “Il n’y a pas de grandeur à manier les armes pour tuer les gens. Le fait de prendre le pouvoir par les armes ne justifie pas qu’on ne puisse le quitter que par les armes. Il est révolu le temps où l’on prenait le pouvoir par les armes. Il est révolu le temps où l’on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple”.

    Soutien à la jeunesse 


    Dans son message, l’archevêque de Kinshasa a également soutenu mouvements citoyens de jeunesse.
    “Ces jeunes ne réclament que leurs droits de vivre un peu plus dignement. Prenons garde, mes frères et sœurs, car quiconque tue par l’épée, périra par l’épée”.
     
     
    L’homélie de Noël de l’archevêque de Kinshasa intervient au moment où la conférence épiscopale du Congo est en mission de bons offices entre signataires de l’accord du 18 octobre et membres de l’opposition, Rassemblement, MLC et alliés.
  • Selon UDPS: les points de divergences restent le partage du pouvoir surtout le poste de Premier ministre et …

    Selon UDPS: les points de divergences restent le partage du pouvoir surtout le poste de Premier ministre et …

    -L’Église catholique a annoncé samedi qu’elle continuait sa médiation en vue de permettre la signature, le 30 décembre, d’un accord pour sortir la République démocratique du Congo de la crise provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    Depuis le 8 décembre, des pourparlers entre pouvoir et opposition ont lieu à Kinshasa sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) en vue de permettre l’instauration d’un régime de transition politique jusqu’à l’entrée en fonctions d’un nouveau président élu.

    “Nous pensons que vendredi [30 décembre] sera le jour […] solennel au cours duquel l’accord sera adopté et signé”, a déclaré à la presse le président de la Cenco, Mgr Marcel Utembi.

    “Nous sommes arrivés au bout du tunnel […] La divergence sur la gestion consensuelle de la période transitoire a été aplanie à 95%”, a-t-il dit.

    “La Cenco fera le travail qui reste à travers les passerelles auprès des autorités [le président Kabila] et des chefs [de délégation] des deux camps”, a ajouté le prélat, archevêque catholique de Kisangani, grande ville du nord-est du Congo.

    Les points de divergences sur lesquels les vues de deux délégations doivent être rapprochées n’en restent pas moins essentiels.

    Selon Jean-Marc Kabund, secrétaire-général de l’UDPS, parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, ils ont trait au partage du pouvoir pendant la période intermédiaire, et en particulier au poste de Premier ministre et au contrôle des provinces.

    Samedi à l’aube, les délégués du pouvoir et de l’opposition se sont séparés à l’issue d’une nuit de négociations sans parvenir à l’accord que la Cenco les avaient enjoints de conclure “avant Noël”.

    Selon les grandes lignes de l’accord qui avaient été convenues jeudi soir, le texte en gestation prévoit l’instauration d’une période de transition politique permettant à M. Kabila de rester au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur, à l’issue d’un scrutin qui devra être tenu “fin 2017”.
    Avec AFP

  • QUI A ÉTÉ TUE OU ARRÊTÉ A LUBUMBASHI? Ici un rapport détaillé

    QUI A ÉTÉ TUE OU ARRÊTÉ A LUBUMBASHI? Ici un rapport détaillé

    RAPPORT PARTIEL DES EVENEMENTS DU 19, 20, 21 ET 22 DECEMBRE 2016 A LUBUMBASHI.

    I.                   INTRODUCTION.

    Le présent rapport est une tentative d’établissement des statistiques de personnes tuées et blésées par balles, des policiers tués par la population, des manifestants arrêtés, ainsi que des dégâts matériels relevés par des chercheurs de l’IRDH, dans la ville de Lubumbashi, les 19, 20, 21 et 22 décembre 2016.
    D’emblée, il convient d’avertir que ces chiffres ne constituent pas un bilan final, car les chercheurs n’ont pas intégré des informations, bien que certaines, faisant état de mort dont ils n’ont pas vu le corps et des blessés qui se font soigner à des endroits non révélés. En plus, tous les cachots de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) qui regorgent pourtant un grand nombre de personnes arrêtées, ne sont pas accessibles.

    Les renseignements ci-dessous ne sont qu’illustratifs de la violence qui a caractérisé les quatre jours de manifestation contre le prolongement du mandat du Président Kabila au-delà du terme constitutionnel et peuvent servir de piste de recherches approfondies pour les services et institutions spécialisés. Ils sont résumés en quatre (4) atteintes aux droits fondamentaux suivants : (i) Atteintes au droit à la vie ; (ii) Atteintes à l’intégrité physique ; (iii) Atteintes à la liberté de mouvement et (iv) Atteintes à la propriété privée.
    Les circonscriptions de la ville de Lubumbashi les plus affectées sont : la commune de la Katuba (Quartiers Ndalamumba, Kananga et Matshipisha), la commune Lubumbashi (Quartiers Gécamines, Gbadolite), la commune Annexe (Quartier Kisanga), la commune de Kampemba (Quartiers Bongonga et Taba-Congo), et la commune de la Kenya.

    II.                CONTEXTE PARTICULIER DE LA VILLE DE LUBUMBASHI

    La ville de Lubumbashi connaît un afflux exponentiel de la population dont la majorité est venue des deux anciennes provinces du Kasaï. Suite à la chute de l’entreprise d’exploitation minière du diamant de Bakwanga (MIBA) et du boom minier du cuivre-cobalt au Katanga, on estime à plus d’un million de personnes qui aurait migré vers l’actuelle province du Haut-Katanga, ces dernières années. Cette population, à la recherche d’une survie économique, exploite tout le secteur privé. Ses activités partent du secteur intellectuel comme celui d’avocat, de professeur d’université ou de médecin, jusqu’au petit commerce accessible, notamment les taxi-bus, les voitures taxi, les taxi-moto, les échanges de monnaies (Dollars), l’importation et la vente des produits vivriers et divers venant de la Zambie-Tanzanie-RSA-Dubaï-Chine.

    Majoritairement jeune et très dynamique, cette population appelée MANSEBA (oncle), par référence à la façon dont ces ressortissants s’appellent en solidarité, donne une nouvelle dynamique socio-économique à la province. Elle participe à la redéfinition et la réanimation de la vie sociale, économique, culturelle et sportive. Cependant, elle inquièterait les acteurs politiques locaux qui cherchent à maitriser la nouvelle donne politique. Ainsi, ces derniers font ce qui est possible, afin que cette couche sociale ne verse dans l’opposition politique.

    L’histoire macabre de la province du Katanga rappelle qu’à chaque fin de règne d’un régime à Kinshasa, des politiciens locaux se chargent de jouer le jeu de la division d’une population hétérogène de la province sur cette base identitaire. Et ceci, dans le but d’affaiblir, annihiler ou étouffer une frustration ou une colère d’origine sociale commune à toute la population du Katanga, en fragmentant les potentielles organisations de revendications sociales que les politiciens de l’opposition exploiteraient éventuellement.

    Si cette théorie historique confirme et explique encore aujourd’hui, même en partie, pourquoi les forces de sécurité (Police, ANR et Armée) cibleraient particulièrement les quartiers des « MANSEBA », alors les autorités de l’Etat doivent prendre des mesures qui conviennent, afin que l’ordre soit rétabli au bénéfice de tous les congolais vivant à Lubumbashi, sans distinction aucune, notamment celle liée à l’ origine de la population.

    III.             ATTEINTES AU DROIT A LA VIE

    Plus  de vingt (20) cas de décès ont été enregistrés dont six policiers. Certaines victimes ne sont toujours pas encore identifiées, car leurs corps ont été déposés dans des morgues non révélées,  par des agents de l’ordre.

    A.    Six (6) policiers tués

    Les chercheurs ont pu rapporter que deux (02) policiers étaient tués au quartier Mampala ; trois (03) policiers tués au niveau de la rivière Lubumbashi ; et un (01) policier tué au niveau du bureau administratif.

    B.     Quinze (15) personnes civiles tuées par balles

    Signalons d’entrée de jeux que l’accès aux différentes morgues où sont gardés les corps des personnes tuées n’est pas facile, vu l’ordre donné aux gardiens par les autorités, de ne révéler aucune information en rapport avec ces corps à quiconque le voudra. Néanmoins, les Chercheurs ont pu identifier cinq (05) corps seulement à la morgue de l’hôpital Gécamines sud, comme ayant appartenus aux personnes suivantes:

    1.      M. MWAMBA Patient, avenue KENGE n°17, Q/Gbadolite
    2.      M. KAZADI André, avenue KAYA n°14, Q/Gécamines-Penga penga et  tué par balle au niveau de l’avenue des sports contre Lubudi.
    3.      M. KALUMBA NDJIBU, élève à saint Jean-Baptiste, tué par balle sur l’avenue Kipushi, Q/Gécamines.
    4.      M. KALONJI DEKA, cambiste tué sur l’avenue Kinshasa aux alentours de Matshipisha
    5.      M. MWAMBA MUKUNA touché par balle et décédé à l’hôpital Gécamines sud

    NB : Il y a des informations faisant état d’autres corps gardés dans les domiciles familiaux et dont il est interdit d’organiser le deuil ou de pleurer.

    IV.             ATTEINTES A L’INTEGRITE PHYSIQUE : PERSONNES BLESEES PAR BALLES.

    Le tableau ci-dessous n’est qu’une illustration des cas de blessés trouvés à l’Hôpital Gécamines Sud, étant entendu que le nombre de victimes est de loin plus élevé. Le tableau  reprend les noms, le genre et l’âge des victimes ainsi que la partie du corps touchée.

    N NOMS GENRE AGE PARTIE ATTEINTE
    1 SHUKRANI F 9 ans Crane
    2 SEYA F 49 ans Coude
    3 EXHAUSSE M 23 ans Avant-bras
    4 DIEUDONNE M 36 ans Crane
    5 MBIYA Franck M 17 ans Grille costale
    6 MULAMBA M 30 ans Grille costale
    7 KATALAY Hervé M 27 ans Jambe gauche
    8 KYUNGU Joseph M 20 ans Bassin
    9 MULENDA Joseph M 12 ans Thorax et bassin
    10 MULENDA CHABALANDA M 67 ans Fémur
    11 MUSAU TSHIELA F 39 ans Epaule et thorax
    12 NYEMBO ILUNGA F 18 ans Fémur et bassin
    13 MPOYO Yannick M 17 ans Bassin

    V.                ATTEINTES A LA LIBERTE MOUVEMENT / PERSONNES ARRETEES ET DETENUES A LA POLICE ET ANR

    Les chercheurs de l’IRDH estiment à plus de 500 personnes arrêtées et détenues dans les cachots des communes affectées, au Quartier Général de la Police Criminelle (Coin des avenue Tabora et Sendwe), des cachots clandestins de l’ANR (Avenue Kapenda et Hôtel de Ville de Lubumbashi).

    Les 19, 20 et 21, des centaines des personnes ont été arrêtées, par ce qu’elles participaient aux manifestations marquant la fin du mandat constitutionnel du Président Kabila. Cependant, le 22 décembre, d’autres centaines de personnes, particulièrement des jeunes âgées de 15 à 35 ans, étaient arrêtées chez elles, au cours d’une opération de bouclage de la commune Katuba (Quartiers Kananga, Matshipisha), la commune de Lubumbashi (Quartiers Mampala, Tshansansa et Gbadolite)  et la commune Annexe (Quartier Kisanga).

    VI.             ATTEINTES A LA PROPRIETE PRIVEE / DESTRUCTION DES BIENS D’AUTRUI.

    Le tableau ci-dessous reprend les quelques cas d’atteintes aux biens appartenant a autrui, récoltés par les chercheurs de l’IRDH.

    N Circonscription Dégâts Biens endommagés
    1 Commune Katuba, quartier Kananga Pillage 1.      Station-service « SPAC Petroleum », avenue Upemba, réf arrêt Ndalamumba.
    2.      Microfinance TUJENGE, avenue Kiubo.
    3.      Ecole Catholique Sainte Bernadette, avenue Upemba, coin rue 13. (Vitres et bancs cassés).
    4.      Incendiés : Une Jeep, Un Minibus Hiace, deux voitures (sur la même avenue Upemba),
    2 Commune Annexe, quartier Kisanga Incendie 1.      Hôpital Général de référence de Kisanga,  situé sur la route Kasumbalesa,
    2.      Bureau du quartier Kisanga situé à côté de l’Hôpital Général.
    3.      Plus de dix véhicules de la fourrière située dans l’enceinte du bureau administratif du quartier Kisanga.
    4.      Pillé et incendié : Un entrepôt d’une entreprise chinoise qui exporte des bois. Une quantité estimée a cinquante embarcations de 30 tonnes. (1500 tonnes de bois rouge) et dix camions trucks (remorques de poids lourds), sur la route Kipushi, pillé et brulé
    5.      Pillée : Boulangerie « Moulin d’or », située sur la Route Kasumbalesa. (Caillassée et vitres cassées).
    Pillage
    3 Commune Lubumbashi, quartiers Gécamines et Gbadolite. Incendie et
    Pillage
    1.      Pillé et incendié : Stadium Joseph KABILA, quartier Gécamines, avenue de la mission.
    2.      Pillée : Ecole BABA ZIVE, Quartier Gbadolité, avenue Tenke prolongée.
    4 Commune de la Kenya Incendie 1.      Une partie du Grand marché central de la  KENYA,
    5 Commune Kampemba, quartier Taba-congo Incendie 1.      Deux véhicules brulés sur l’avenue circulaire, non loin du marché.

    VII.          CONCLUSION

    IRDH déplore la violence qui a caractérisé les manifestations publiques du 19, 20, 21 et 22 décembre 2016 et condamne :

    1.      Les atteintes aux droits humains, en particulier les atteintes à la vie humaine, perpétrées par les forces de l’ordre supposées protéger, encadrer et sécuriser la population civile.

    2.      Les atteintes à la vie des six policiers qui étaient en opération de maintien de l’ordre dans commune de la Kenya. Les citoyens civils ne peuvent se permettre de tuer, de surcroit un agent de l’ordre en mission.

    3.      Les actes de pillages et d’incendies des biens appartenant à des privées. La propriété privée est sacrée et nul ne peut se permettre de s’en prendre aux biens des particuliers.
    Ces actes violent les dispositions des articles 3, 9 et 17 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme (DUDH) ainsi que les articles 6 et 9 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui prônent le respect du droit à la vie, de la liberté de mouvement et du droit à la propriété.

    Par ailleurs, l’IRDH recommande :
    1.      Au Gouverneur de la Province du Haut-Katanga de véhiculer un message de paix, et de cohésion, afin d’apaiser les tensions qui peuvent éventuellement susciter d’autres situations plus graves ;

    2.      Aux autorités judiciaires de poursuivre les présumés auteurs des violations des droits à la vie et à la propriété privée, ainsi des arrestations et détentions arbitraires ;

    3.      A la Police Nationale Congolaise (PNC) de veiller strictement à sa mission de protéger la population civile et ses biens, au regard de la Constitution et de la loi organique n°11/013 du 11 aout 2011 portant organisation et fonctionnement de la PNC.

    4.      Conjointement à la PNC et l’Agence Nationale de Renseignement (ANR), de libérer toutes les personnes arrêtées arbitrairement le 19, le 20, le 21 et 22 dans les ou leurs permettre de consulter leurs avocats et membres de familles.

    Source: Information et éducation aux droits humains (IRDH)

  • Accord en vue au dialogue, toutes les parties acceptent que Joseph Kabila restera en place jusqu’ aux élections

    Accord en vue au dialogue, toutes les parties acceptent que Joseph Kabila restera en place jusqu’ aux élections

    -Les divergences sont presque toutes aplanies aux négociations directes en RDC, révèlent les parties à ces assises. Selon les évêques catholiques qui assurent la médiation, un accord pourra être signé vendredi.

    Les évêques ont relevé jeudi les grandes tendances de l’accord qui pourrait être signé.

    “Il y a de sérieuses avancées. L’accord est presque prêt mais je ne peux en révéler le contenu car nous sommes en politique et rien n’est acquis tant que le document n’est pas signé”, a déclaré à VOA Afrique, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Un projet d’accord, prévoyant l’organisation de l’élection présidentielle en 2017 et l’engagement de Joseph Kabila à ne pas briguer un troisième mandat, a été élaboré par les évêques.Lisanga Bonganga, membre du comité des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement réuni autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a indiqué que toutes les parties aux négociations directes ont convenu que la gestion de la transition qui commence après la fin du mandat du président Joseph Kabila soit consensuelle.

    Le président Kabila restera donc en place durant cette période qui conduira le pays aux élections, a pour sa part précisé Vital Kamerhe, chef de file de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre entre une frange d’opposants et le gouvernement, toutes les parties acceptent que Joseph reste chef de l’etat.

    Toutefois, toutes les parties conviennent de mettre dans l’accord le principe selon lequel aucune personne ne peut aller au-delà de deux mandats, a déclaré M. Kamhere.

    Les parties sont également d’accord que la Constitution ne soit pas modifiée durant cette période.

    Quant à la date des élections, les évêques ont ramené les parties au juste milieu après analyse des propositions de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les élections se feront donc à la fin de 2017 et la date ne pourra en aucune manière être reportée, ont précisé les deux sources.

    voa

  • Bilan des évenements et Démons de l’Histoire Kasaiens/Katangais a Lubumbashi

    Bilan des évenements et Démons de l’Histoire Kasaiens/Katangais a Lubumbashi

    -La République démocratique du Congo restait sous tension jeudi, deux jours après les violences meurtrières ayant marqué l’expiration du mandat du président Joseph Kabila : Kinshasa la grouillante capitale n’était que l’ombre d’elle-même alors que se multipliaient les incidents dans les provinces de cet État-continent.

    Mercredi, une attaque imputée à une secte politico-religieuse n’ayant jamais fait parler d’elle jusque-là a fait 17 morts dans le nord-ouest du pays, dont la cohésion, depuis son indépendance de la Belgique en 1960, a été menacée à maintes reprises.

    Bilan

    Les affrontements ayant opposé mardi policiers ou soldats à des jeunes hostiles à M. Kabila, ont fait 22 morts à Kinshasa, Lubumbashi et dans deux villes de l’Ouest, selon la police nationale.

    L’ONG Human Rights Watch a affirmé jeudi avoir documenté le décès de 34 personnes dans ces violences. L’ONU, elle, a avancé mardi un “bilan provisoire” de 19 morts “confirmés”, susceptible d’augmenter.

     Le calme est revenu mercredi dans la capitale, mais la mégapole de 10 millions d’habitants tournait encore au ralenti jeudi. Les forces de l’ordre y sont déployées en nombre et imposent la nuit des barrages routiers.

    Démons de l’Histoire

    Dans plusieurs provinces, les événement des derniers jours semblent réveiller de vieux démons de l’Histoire.

    A Lubumbashi, fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, le quartier bouclé par l’armée est réputé habité par des Kasaïens, originaires du Kasaï, région du centre du pays. Mercredi, le gouverneur du Haut-Katanga Jean-Claude Kazembe avait dû fuir ce quartier sous des jets de pierres, après avoir tenté de participer à une “marche de la paix” destinée à montrer que les autorités maîtrisaient la zone.

    M. Kazembe a fait porter la responsabilité des violences de mardi à plusieurs dizaines de “voyous venus de Mbuji-Mayi et Kananga”, les deux grandes villes du Kasaï, province d’origine de l’opposant historique Étienne Tshisekedi – qui a appelé a “résister pacifiquement” au maintien au pouvoir de M. Kabila – et du nouveau Premier ministre Samy Badibanga.

    Le début de la décennie 1990 a été marquée au Katanga par des massacres à grande échelle des Kasaïens, accusés de voler les emplois des autochtones.

    Depuis l’accession à la tête du pays, en 1997, de Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph, la quasi-totalité des postes-clef du pouvoir sont détenus par des Luba du Katanga.

    Le nord de cette région est déchiré depuis deux ans par un conflit opposant Bantous et Pygmées ayant encore fait des morts mardi.

    A Kananga, des affrontements meurtriers (au bilan toujours inconnu) ont éclaté mardi entre l’armée et une milice apparue récemment pour contester l’autorité du gouvernement de Kinshasa.

    En 1960-1961, Kananga a été la capitale d’un état kasaïen ayant fait sécession, tout comme le Katanga, qui ne sera finalement rattaché au pays qu’en 1964.

    A Lisala, dans la Mongala (Nord-Ouest), au moins 14 miliciens et trois policiers ont été tués mercredi. Selon le gouverneur de la province, ces affrontements ont été provoqués par l’attaque d’adeptes d’une secte millénariste dont le gourou, tué mercredi, voyait dans la fin du mandat du président Kabila le début de la fin des temps.

    Pour Thierry Vircoulon, maître de conférence à Sciences-Po Paris et spécialiste de l’Afrique centrale, “l’espace de la contestation étant verrouillé à Kinshasa, l’épreuve de force pourrait se délocaliser en province et prendre la forme de rébellions locales”.

     L’Est de la RDC, en particulier le Kivu, reste déchiré par de multiples conflits armés depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

    Le Kivu et le Kasaï “pourraient fort bien s’enflammer en 2017”, craint M. Vircoulon dans un article publié le 18 décembre.