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Intervention à Kinshasa contre le chef d’une secte séparatiste Bundu dia Kongo (BDK)
-La police congolaise a donné l’assaut mardi matin contre le domicile du chef d’une secte séparatiste à Kinshasa, où des incidents ont éclaté avec ses partisans. Selon les informations de VOA Afrique, cinq personnes sont mortes.Les forces de l’ordre ont fait usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes. On ignore pour l’heure s’il y a des victimes et la police de RDC n’a pas fait de commentaires.
L’assaut contre la résidence de Ne Muanda Nsemi, prophète autoproclamé du Bundu dia Kongo (BDK) a débuté vers 04h30 (03h30GMT).
Nsemi, qui affirme avoir eu une révélation, a fondé le BDK dans les années 1980 avec l’ambition de faire revivre le royaume pré-colonial du Kongo qui couvrait une vaste partie de l’Afrique centrale.
Huit blessés lors de ses affrontements
Huit personnes soupçonnées d’appartenir à une secte politico-religieuse violente ont été blessées lors de heurts avec les forces de l’ordre à Kinshasa, selon un “bilan partiel” communiqué à la presse mardi par la police congolaise.
Ces affrontements ont commencé lundi soir, selon un journaliste de l’AFP dans la capitale de la République démocratique du Congo, et une opération de police contre des miliciens du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (VDK) était toujours en cours mardi matin, selon la police et des témoins.
D’ores et déjà, “22 personnes ont été interpellées dont 8 blessés graves”, a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, dans un message électronique.
Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre, a ajouté l’officier.
Mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords ont été bouclés, selon des riverains.
La police cherchait encore à y “extirper les partisans de l’Honorable Mwanda Nsemi” en fin de matinée, selon le colonel Mwanamputu.
Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.
Vidéos sur internet
Dans des vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait “Rwandais”.
“Dans deux semaines, je vais frapper”, menaçait-il il y a quelques jours dans un message filmé, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.
Bundu Dia Kongo (“Royaume du Congo” en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.
En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les “non-originaires”.
Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre.
Avec Reuters et AFP
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L’opposition et le gouvernement en désaccord sur les obsèques de Tshisekedi
-La RDC est toujours dans l’attente d’une date pour le retour de la dépouille d’Etienne Tshisekedi. Le gouvernement congolais et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ne s’accordent pas sur l’organisation des obsèques du leader de l’opposition.Mardi 7 février, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, déclarait que, sur instruction du chef de l’Etat, le gouvernement couvrira toutes les charges de l’organisation des obsèques, annonçant la mise en place d’un comité d’organisation.
De son côté, le secrétaire général de l’UDPS affirme que la famille de l’opposant historique et sa famille politique coordonnent toutes les cérémonies liées aux funérailles. Les autres partenaires ne viennent qu’en appui. En outre, l’UDPS conditionne le rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi par la mise en place du gouvernement issu de l’accord du 31 décembre. Une situation qui inquiète la Voix des sans voix (VSV).
« Même mort, Tshisekedi est capable de mobiliser des marées humaines »
« Les autorités congolaises ont de leur côté un programme qui n’est pas en fait celui de la famille biologique et des deux familles politiques de monsieur Etienne Tshisekedi. Cette confusion fait craindre des violences en République démocratique du Congo parce que monsieur Etienne Tshisekedi n’est pas n’importe qui. Même mort, Tshisekedi est capable de mobiliser des marées humaines, explique Rostin Manketa, le directeur exécutif de défense des droits de l’homme, la Voix des sans voix. Et dans cette confusion où les autorités et les familles biologiques et politiques n’arrivent pas à s’entendre, à harmoniser leur point de vue, il y a fort à craindre qu’il y ait des violences parce que les milliers de militants des deux familles politiques sont derrière leur leader politique et de l’autre côté, nous risquons d’avoir les autorités congolaises qui vont instrumentaliser les forces de l’ordre, ajoute-t-il. Et à ce moment-là, il y aurait facilement des violences en République démocratique du Congo, lors du rapatriement du corps et aussi lors des obsèques proprement dites. »
Dans l’accord du 31 décembre, Etienne Tshisekedi avait été désigné président du Conseil national de suivi de cet accord issu des négociations directes sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Après sa disparition à Bruxelles, en Belgique, qui pourra lui succéder à ce poste important dans le contrôle de l’application de l’accord appelé à gérer la transition jusqu’aux élections convenues en décembre prochain ?
« Tout est clair dans l’accord »
Pour la Majorité présidentielle, par la voix du ministre de la Communication, qui siège au bureau politique de cette famille politique, Lambert Mende Omalanga, il y aura débat pour la désignation d’un nouveau président du Conseil national du suivi de l’accord. Ce que conteste Pierre Lumbi, le président du Mouvement social pour le renouveau (MSR) et de la plateforme G7 (le groupe de 7 parlementaires de 7 partis frondeurs, qui ont quitté la Majorité présidentielle), qui est également membre du conseil des sages du Rassemblement des forces acquises au changement.
Selon lui, les textes sont clairs à ce propos : c’est le président du Conseil du Conseil des sages du Rassemblement qui doit occuper le poste de président du Conseil de suivi de l’Accord du 31 décembre. « Puisqu’on nous oblige à donner une réponse sur cette question-là, moi je vous dis qu’il n’y a pas de problème. Il n’y a aucun problème. Tout est clair dans l’accord. Vous prenez l’accord et vous le lisez, il n’y a aucun problème. Rien, même pas une virgule. Le président du Conseil national de suivi de l’accord, c’est le président du Conseil national des sages. On n’a pas dit que c’était Etienne Tshisekedi. C’est clair là-dessus, ça n’a pas été personnalisé, affirme Pierre Lumbi. Vous avez lu, je suis sûr que vous avez lu ce texte. Vous avez vu quelque part où on a écrit « le président du Conseil national de suivi, c’est Tshisekedi intuitu personae. Non. Je pense qu’il faut être sérieux. Bien entendu, c’est clair que le ministre Mende peut avoir une opinion tout à fait individuelle, personnelle, mais ça n’a rien à voir avec l’accord. Ce qu’il a dit, c’est autre chose. Nos préoccupations actuelles, c’est les obsèques de notre président Etienne Tshisekedi », conclut le président du MSR.
rfi -

Les défis de l’opposition congolaise après Tshisekedi
-La mort de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi ouvre la voie à un combat pour le titre envié de chef de l’opposition qu’il incarnait et met à mal l’unité de son parti, l’UDPS, déjà fortement tiraillé de l’intérieur.Tshisekedi est mort à 84 ans le 1er février à Bruxelles alors qu’une coalition d’opposition qu’il présidait, le “Rassemblement”, négociait avec le pouvoir un partage des postes dans un futur gouvernement d’union découlant d’un accord de cogestion de la République démocratique du Congo signé le 31 décembre.
Cet accord, censé sortir le pays de la crise liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat est échu depuis le 20 décembre, prévoit la mise en place d’une transition politique jusqu’à la tenue de la présidentielle “fin 2017”, perspective qui semble déjà très incertaine.
Tshisekedi devait prendre la tête du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) tandis que son fils Félix brique le poste de chef du gouvernement.
La mort du “Vieux” remet tout à plat. Les alliés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) au sein du Rassemblement sont bien décidés à remettre en cause ce qu’ils percevaient comme une position hégémonique de ce parti. Plusieurs dirigeants d’opposition briguent déjà ouvertement la présidence du CNSA.
Le pouvoir, de son côté, affirme que le choix du titulaire de ce poste devra faire l’objet d’un nouveau consensus entre la majorité et l’opposition.
Entré en dissidence contre le régime de Mobutu en 1980, avant de s’opposer à ses successeurs, Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), puis son fils Joseph, Tshisekedi, capitalisant sur son énorme popularité, a toujours dirigé de manière autoritaire.
Pour l’opposition, la mort du patriarche “est un événement à double tranchant”, dit à l’AFP Thierry Vircoulon, spécialiste de l’Afrique centrale, enseignant à Sciences-Po Paris.
Elle “est privée de sa figure la plus mobilisatrice, celle qui faisait peur au pouvoir”, juge M. Vircoulon, “mais à l’inverse, par son intransigeance, Étienne Tshisekedi contribuait à empêcher l’unification de l’opposition et reléguait les autres opposants à des seconds rôles”.
Pour l’universitaire, sa mort lève “un obstacle” à l’affirmation au premier plan d’autres personnalités plus jeunes, comme l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, aujourd’hui en exil, ou l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
– ‘Les ambitions vont exploser’ –
Pour l’heure, estime un diplomate, “le grand vainqueur de l’accord de la Saint-Sylvestre, c’est Kabila, car il n’a plus d’opposition”, celle-ci ayant accepté dans son ensemble de s’asseoir à la table des négociations en vue de gouverner.
Dès lors, estime le professeur Justin Kankwenda, économiste et politologue, le Rassemblement, s’il veut survivre, “doit cesser d’être une plate-forme opportuniste […] pour se transformer en un regroupement porteur de l’alternance”.
Pour lui, la seule planche de salut de la coalition est “la cohésion autour d’un programme” et une vision stratégique pour permettre la pleine application de l’accord du 31 décembre et la tenue effective de la présidentielle à la fin de l’année.
Quand à l’UDPS, premier parti de l’opposition à l’issue des législatives et de la présidentielle de 2011, elle apparaît minée depuis lors par les querelles internes favorisées par l’affaiblissement d’un Tshisekedi malade qui aura multiplié jusqu’au bout les décisions contradictoires
Avec sa mort, “les ambitions vont exploser”, estime M. Kankwenda.
A ceux qui voudraient voir Félix Tshisekedi succéder à son père à la tête du parti, un haut-cadre de l’UDPS confie à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que “dans un parti politique, l’héritage doit être idéologique, donc politique”: “Tout doit être décidé lors du [prochain] congrès”.
Mais parmi les tenants de “l’héritage politique”, on ne parle pas d’une seule voix. Tel autre cadre appelle à ne “pas négliger la ligne historique” : celle de ceux qui “ont enduré la souffrance de la lutte dans leur chair” (avant 1990) par opposition aux “nouveaux venus” arrivés après cette date.
Pour Jean-Pierre Mbwebwa, professeur de sciences politiques à l’Université de Kinshasa, “il faut que le nouveau leadership [de l’UDPS] soit issu des urnes” sous peine de priver son futur chef de toute légitimité auprès des militants et sympathisants, ce qui ne manquerait pas de conduire selon lui à la disparition du parti.
Avec AFP
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Blocage entre le gouvernement congolais et l’Udps sur les obsèques d’Etienne Tshisekedi
-Le parti de l’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi refuse au gouvernement actuel le droit d’organiser les obsèques de son leader décédé le 1er février 2017 à Bruxelles, conditionnant le rapatriement de la dépouille par la mise en place du nouvel exécutif qu’il devrait diriger conformément à l’accord du 31 décembre dernier.Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), a, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, énuméré un certain nombre de conditions que pose son parti avant le rapatriement et l’enterrement du leader décédé.
Parmi celles-ci, la mise en place d’un gouvernement selon l’accord obtenu sous la médiation des évêques catholiques.
“Ici pour nous, l’occasion de rappeler que le seul cadre politico-juridique qui devra régir l’espace politique est l’accord de la Saint Sylvestre. D’où la nécessité et l’urgence de mettre en œuvre l’accord global et exclusif du 31 décembre 2016 de manière pour décrisper la situation politique du pays et cela en conformité avec le vœu populaire qui estime que seul un gouvernement mis sur pied en application de cet accord a le droit d’accompagner le deuil de notre président”, a déclaré M. Kabund.
Le parti exige également l’érection d’un mausolée en mémoire de Tshisekedi.
Le gouvernement a pour sa part rétorqué, expliquant avoir mis à la disposition de la famille de Tshisekedi et de son parti les moyens pour le rapatriement de la dépouille.
Les discussions en vue de mettre en application l’accord du 31 décembre butent jusque-là sur la désignation du Premier ministre.
Le pouvoir exige une liste des candidats mais l’opposition s’en tient au texte de l’accord qui stipule que le Rassemblement, principale plate-forme des opposants, désigne le Premier ministre.
L’accord signé le 31 décembre vise à résoudre la crise née de la non-organisation des élections en 2016. Le président Joseph Kabila reste en place jusqu’à l’élection de son successeur en décembre 2017, selon l’accord.
Avec VOA
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Incertitudes sur le rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa
-Aucune date officielle n’est avancée pour le retour dans la capitale de la RDC du corps de l’opposant historique congolais décédé à Bruxelles le 1er décembre dernier de suite d’une embolie pulmonaire. Une divergence persiste entre le pouvoir et l’opposition. Cette dernière exige qu’un Premier ministre soit d’abord nommé selon l’accord du 31 décembre pour que des obsèques soient organisées en mémoire de M. Etienne Tshisekedi.“Comme le président Etienne Tshisekedi lui-même, de son vivant, respectait toujours la volonté du peuple et qu’aujourd’hui le peuple a dit qu’il est impérieux par respect de sa mémoire qu’on puisse d’abord commencer par matérialiser l’accord et qu’on sache –d’ici 48 à 72 heures- qui est le Premier ministre avant d’enterrer notre leader, il faut qu’on respecte cette volonté. Car même la famille biologique est d’accord avec la volonté du peuple”, indique Lisanga Bonganga, leader du groupe appelé la Coalition des alliés d’Etienne Tshisekedi.
Ce membre du comité des sages du Rassemblement, principale plate-forme de l’opposition constituée en mars dernier autour de M. Tshiskedi, parlait à l’issue des discussions avec la famille de l’opposant sur l’organisation du deuil.
M. Bonganga met en doute que la famille de M. Tshisekedi ait accepté l’avion que propose le gouvernement pour ramener la dépouille du leader de l’opposition.
Pour lui, il faudrait d’abord reprendre les discussions sur la mise en application de l’accord signé le 31 décembre autour des évêques catholiques en vue de la tenue des élections reportées, avant fin 2017.
Les prélats membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo, médiateurs au dialogue, devraient retourner au pays mardi dans la soirée après un voyage en Suisse.
“Le président Tshisekedi a, depuis les élections chaotiques de 2011, mené un grand combat pour qu’il y ait un dialogue dans le pays et maintenant qu’on arrive à une étape où s’il y a une bonne volonté de la part de nos amis du pouvoir, on peut terminer les travaux sur les arrangements particuliers pour la mise en application de l’accord du dialogue, nous devons honorer sa mémoire en concluant ces travaux avant de l’enterrer”, martèle-t-il.
Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, cité pat le site d’information Actualité.cd, souligne, pour sa part, que les travaux sur les arrangements particuliers ne pourront reprendre qu’après les funérailles.
Selon M. Mende, le gouvernement a mis à la disposition des moyens pour qu’une délégation de cinq membres de la famille et 10 du parti de Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), se rendent à Bruxelles en vue des démarches pour ramener la dépouille de l’opposant.
La délégation, conduite par Mgr Gérard Mulumba, jeune frère de M. Tshisekedi, devrait quitter Kinshasa mercredi.
Aucun membre de la famille n’a été joignable pour confirmer.
Félix Tshisekedi, fils de l’opposant décédé, candidat du Rassemblement au poste du Premier ministre, a, cette semaine, été interpellé en plein deuil par une masse de partisans de son père qui lui ont demandé de ne pas ramener la dépouille de son père aussi longtemps que sa désignation à la tête du gouvernement n’aura pas été acceptée par la majorité.
L’application de l’accord du 31 décembre butte entre autres sur la désignation du Premier ministre.
La famille politique présidentielle exige que l’opposition lui présente entre 3 à 5 noms pour que le Chef de l’Etat en choisisse un.
Il n’en est pas question pour l’opposition qui rétorque que l’accord prévoit que le Rassemblement désigne le Premier ministre.
Cette plate-forme avait même déjà présenté le nom de Félix Tshisekedi en plein milieu du dialogue.
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A Bruxelles, derniers adieux de la diaspora à l’«icône» Tshisekedi
-Une «icône», un «papa», un «fédérateur»: des milliers de membres de la diaspora congolaise, venus de toute l’Europe, ont rendu dimanche à Bruxelles un dernier hommage à Etienne Tshisekedi, l’opposant historique décédé quatre jours plus tôt dans la capitale belge.Pour cette troisième et dernière journée de veillée funéraire, le cercueil du défunt a été exposé pendant plusieurs heures dans une vaste salle mise à disposition de la famille Tshisekedi par la ville de Bruxelles, à proximité du célèbre site de l’Atomium, dans le nord de la capitale.
Les visiteurs ont fait la queue, patientant parfois pendant des heures, avant de pouvoir s’incliner sur le cercueil surélevé, entouré de couronnes de fleurs et de portraits du défunt, le montrant coiffé de son éternelle casquette.
Chants religieux et partisans se sont succédés dans une atmosphère parfois festive, malgré les nombreux yeux mouillés de visiteurs de tous âges, originaires de toute la Belgique, mais aussi de France, du Royaume-Uni ou encore d’Allemagne.
«C’est notre icône», témoigne Armand Moke, venu de la région de Dortmund en Allemagne, à plus de 200 kilomètres: «C’est un monsieur qui a combattu pendant une trentaine d’années pour instaurer la démocratie pour notre pays».
«On a perdu vraiment un papa», répète Pélagie, 50 ans, qui a fait le déplacement depuis Anvers (nord de la Belgique), où elle vit depuis dix ans. «C’est un héros, ce qu’il a fait au Congo, personne ne peut le faire», souligne-t-elle, sans cacher son inquiétude: «Qui va le remplacer?»
«On a investi beaucoup d’espoir dans le dialogue» engagé en RDC pour une transition politique, dans lequel Etienne Tshisekedi jouait un rôle-clé, «on se disait qu’on était presque au bout du tunnel», explique Jean-Pierre Mukendi, originaire lui aussi du Congo, et prêtre dans une paroisse du Brabant Wallon (centre)depuis 17 ans.
– Garder l’espoir –
Les Congolais perdent «un fédérateur, un rassembleur», dit-il pour expliquer l’inquiétude des partisans du défunt. «Nous traversons un moment d’incertitudes, mais nous gardons espoir», assure-t-il cependant.
Dans la grande salle de la veillée, un orateur prend le micro: «Il est mort mais son esprit reste parmi nous. Nous perpétuerons son héritage», lance-t-il, avant de faire acclamer la veuve de «Tshishi», présente au côté de son fils Félix.
Etienne Tshisekedi s’est éteint mercredi dans une clinique de Bruxelles après avoir quitté huit jours plus tôt pour des soins la RDC, où il participait aux négociations sur la mise en place d’une transition politique après la crise provoquée par le maintien au pouvoir de Joseph Kabila.
Le mandat de M. Kabila est échu depuis le 20 décembre 2016, mais le chef de l’État reste à son poste en attendant la tenue d’une élection permettant de désigner son successeur.
Tshisekedi était entré en dissidence en 1979-1980 en dénonçant l’arbitraire du régime du dictateur Mobutu Sese Seko, après avoir accompagné son ascension à l’indépendance du Congo belge, en 1960.
Il a ensuite incarné l’opposition au tombeur du «Léopard», Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir par les armes en 1997, puis à son fils Joseph Kabila, qui lui succèdera après son assassinat en 2001.
Battu en novembre 2011 à l’issue d’un scrutin entaché d’irrégularités massives, Tshisekedi aura refusé jusqu’au bout de reconnaître la légitimité de M. Kabila.
Les autorités congolaises ont annoncé vouloir organiser des «funérailles dignes d’un ancien Premier ministre» pour l’éternel opposant, dont la date du transfert de la dépouille en RDC n’est pas encore connue.
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Appliquer l’accord du 31 décembre en RDC sera un hommage durable à Tshisekedi, selon Washington
-Les Etats-Unis exhortent les parties de la crise en RDC à mettre diligemment en application l’accord du 31 décembre en vue de rendre un hommage durable à l’opposant historique Etienne Tshisekedi décédé le 1er février à Bruxelles.“Nous appelons toutes les parties à l’accord du 31 décembre 2016 et leurs partisans à travailler davantage plus diligemment à la mise en œuvre de celui-ci en temps voulu et à la première passation démocratique du pouvoir du pays. Ces résultats constitueraient à la fois une base solide pour l’avenir de la RDC qu’un hommage durable à l’héritage d’Etienne Tshisekedi”, indique dans une déclaration le département d’Etat américain.
Washington appelle tous les Congolais à l’unité en cette période difficile.
“Bien qu’il s’agisse d’une période difficile et d’un temps de deuil en RDC, c’est aussi un moment d’unité. Nous exhortons les Congolais à se rassembler et à honorer la mémoire de Tshisekedi en continuant à poursuivre ses idéaux d’un Congo pacifique et démocratique”, indique la déclaration.
Les Etats-Unis présentent leurs plus sincères condoléances au peuple de la République démocratique du Congo à la suite de la disparition du leader de l’opposition congolaise.
M. Tshisekedi est mort mercredi après-midi à Bruxelles, huit jours après avoir quitté le Congo en pleines négociations sur la mise en place d’une transition politique destinée à sortir pacifiquement de la crise provoquée par le maintien au pouvoir de M. Joseph Kabila.
Le mandat de M. Kabila est échu depuis le 20 décembre 2016, mais le chef de l’État reste à son poste en attendant la tenue d’une élection permettant de désigner son successeur.
M. Tshisekedi était entré en dissidence en 1979-1980 en dénonçant l’arbitraire du régime du dictateur Mobutu Sese Seko, après avoir accompagné son ascension à l’indépendance du Congo belge, en 1960.
Il a ensuite incarné l’opposition au tombeur du “Léopard”, Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir par les armes en 1997, puis à son fils Joseph Kabila, qui lui succèdera après son assassinat en 2001.
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Les hommages de Jean Pierre Bemba et de Zuma à Tshisekedi

Etienne Tshisekedi Pdt de l’UDPS- JP Bembe PN du MLC -Le président sud-africain rend hommage à l’opposant congolais en soulignant, dans un communiqué, le rôle clé que celui-ci a joué dans le paysage politique de la RDC.
“M. Étienne Tshisekedi, décédé à l’âge de 84 ans et dont la carrière politique a pris son essor avec l’indépendance de la RDC en 1960, était un personnage constant de la vie publique du pays depuis des décennies”, souligne Jacob Zuma dans un texte remis à VOA Afrique.
“Nous nous remémorerons de feu M. Étienne Tshisekedi pour le rôle clé qu’il a joué dans le paysage politique de la République démocratique du Congo”, affirme le Chef de l’Etat sud-africain.
M. Zuma soutient que le peuple sud-africain compatit à la douleur des Congolais et leur présente des condoléances ainsi qu’à la famille de M. Tshisekedi et au gouvernement de la République démocratique du Congo.
Comme lui, Jean-Bemba, opposant congolais en prison à la Cour pénale internationale de la Haye se souvient de M. Tsheskedi.

Message de condoléances de Jean-Pierre Bemba
M. Bemba affirme garder “en mémoire le propos et l’image du président Tshisekedi à l’occasion de trois visites qu’il lui a rendues à la Haye”.
“Ce sont ceux d’un homme qui a fait vivre le concept d’opposition politique dans notre pays et dont la vie a été marquée par la lutte pour l’intérêt du peuple congolais”, écrit M. Bemba.
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Tshisekedi: un mythe est mort

URGENT
RDC: Etienne Tshisekedi est mort ce mercredi après-midi à l’âge de 84 ans d’une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé
L’information du décès du chef historique de l’opposition en RDC a été confirmée par son fils.
-Jusqu’à la fin de sa vie, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises. Car, contrairement aux nombreux augures, sa popularité ne s’est jamais démentie. La raison ? Une endurance au mal, et beaucoup d’entêtement dans sa lutte pour la démocratie. L’éternel opposant est mort ce 1er février 2017 à l’âge de 84 ans d’une embolie pulmonaire à Bruxelles où il était hospitalisé.
Les foules sur son passage à Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi et Kinshasa pendant sa dernière campagne électorale de 2011. Les ruses du pouvoir, le 26 novembre de cette année-là, pour l’empêcher d’atterrir à l’aéroport international de Kinshasa, de crainte que les Kinois ne lui fassent un triomphe à la romaine sur les 25 km qui séparent le quartier Ndjili de sa résidence du quartier Limete. Jusqu’au bout, Etienne Tshisekedi a fait peur aux autorités congolaises.
Pourtant, au début de sa carrière, ce jeune Luba, né en décembre 1932 à Kananga au Kasaï occidental, est un fidèle compagnon de route du dictateur Mobutu. En septembre 1960, ce futur docteur en droit – il sera, un an plus tard, le premier diplômé en droit du Congo – applaudit le coup d’Etat du colonel Mobutu et accepte d’entrer dans le collège des commissaires généraux mis en place pour éjecter le gouvernement de Patrice Lumumba.
En novembre 1965, après le second coup d’Etat de Mobutu, Tshisekedi devient même ministre de l’Intérieur, puis de la Justice. En juin 1966, il soutient ouvertement la pendaison publique de quatre opposants condamnés pour tentative de coup d’Etat. En 1967, il rédige avec Mobutu le texte fondateur du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le futur parti unique dont il devient premier secrétaire. Mais en décembre 1980, le député Tshisekedi rue dans les brancards. Avec douze autres parlementaires, le juriste signe une lettre ouverte contre un régime de plus en plus prédateur. A 48 ans, Tshisekedi renonce aux honneurs et se lance dans une nouvelle carrière : opposant.
La prison, les violents passages à tabac, les promesses d’argent en échange de son ralliement… Rien n’y fait. Tshisekedi tient bon. A ses côtés, son épouse Marthe l’encourage à ne pas céder. En 1982, il lance même un défi sans précédent à Mobutu en créant l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), un parti qui réussit très vite à élargir son audience au-delà du fief des deux Kasaï, notamment dans la jeunesse de Kinshasa. En 1990, après la chute et la mise à mort de Nicolae Ceaucescu en Roumanie, le dictateur congolais lâche du lest. Tshisekedi n’est plus assigné à résidence à Limete, et l’UDPS peut enfin agir au grand jour. En août 1992, au terme d’une Conférence nationale souveraine, Tshisekedi est même élu Premier ministre de Mobutu. Mais la cohabitation ne dure que sept mois.
Incorruptible et populaire
En mai 1997, à la chute de Mobutu, l’indomptable opposant va-t-il se rapprocher du nouveau maître du Congo, Laurent Désiré Kabila ? Non. Le sphinx de Limete, comme l’appellent ses partisans à cause de la rareté de ses prises de parole, est contre tout changement de pouvoir par la force et réclame des élections libres. Du coup, Kabila le relègue dans sa région natale du Kasaï. Mobutu, Kabila père, Kabila fils (qui succède à son père après l’assassinat de celui-ci, en janvier 2001)… Les régimes passent, mais « Ya Tshitshi » reste sous son arbre, incorruptible et populaire.
En juillet 2006, lors des premières élections pluralistes depuis 1965, Tshisekedi accuse les puissances occidentales de soutenir en sous-main le président sortant. Le « lider maximo » se méfie des « puissances impérialistes ». En retour, celles-ci le tiennent à distance et dénoncent ses déclarations à l’emporte-pièce. A l’annonce du boycott des élections par le chef de l’UDPS, les chancelleries occidentales se réjouissent. Elles croient être enfin débarrassées de ce nationaliste ombrageux. Mais c’est sans compter avec le peuple congolais…
Tshisekedi, le retour ? Avant la présidentielle de 2011, Joseph Kabila pense éloigner définitivement le danger en faisant supprimer le second tour – ce qui peut en effet favoriser le président sortant face à une dizaine d’adversaires incapables de s’entendre sur un candidat unique de l’opposition. Le problème, c’est que, le 28 novembre 2011, des millions de Congolais hostiles au régime Kabila vont voter avec un réflexe de second tour. D’emblée, ils votent utile et donnent leurs suffrages à l’homme à la casquette. Les autres candidats de l’opposition ne ramassent que des miettes. Officiellement, Joseph Kabila obtient 48, 9% des voix et Etienne Tshisekedi 32,3%. En réalité, chacun sait que ces chiffres sont inexacts.
Ainsi, dans le territoire du Malemba-Nkulu, au Katanga, le candidat Joseph Kabila est officiellement crédité par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de 100% des suffrages exprimés et de 99,46% des voix des inscrits. Les quelque 269 000 habitants ont tous voté. Même les femmes enceintes et les impotents… En mars 2012, la mission des observateurs de l’Union européenne conclut à « de nombreuses irrégularités et fraudes » qui font en sorte que « les résultats ne sont pas crédibles ». Et en octobre 2012, lors de sa brève visite à Kinshasa, le président français François Hollande snobe ouvertement Joseph Kabila tout en recevant le vieil opposant en tête à tête.
Aujourd’hui, après la mort d’Etienne Tshisekedi, des millions de Congolais se sentent orphelins, et l’opposition est plus affaiblie que jamais. D’autant que le principal allié de l’ex-président de l’UDPS, le démocrate-chrétien Eugène Diomi Ndongala, est en prison à Kinshasa. Certes, le régime de Joseph Kabila n’est guère apprécié à l’Elysée, mais il peut se prévaloir du soutien public de l’Afrique du Sud et de la Chine, deux de ses plus grands partenaires commerciaux. Depuis vingt-cinq ans, Tshisekedi était un mythe aux yeux de beaucoup de Congolais. Aujourd’hui, le mythe est mort. Pourra-t-il inspirer de nouvelles vocations ?
rfi
