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  • « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    -Processus de normalisation politique à l’arrêt, violences récurrentes dans le centre du pays, deux officiels de l’ONU portés disparus, les grandes puissances qui condamnent, le Pape François qui annule sa visite… Rien ne va plus en RDC.
    Le site d’information congolais Actualités CD a fait les comptes : « depuis août 2016, la situation au centre de la RDC se dégrade au jour le jour. Plus de 400 tués, 100.000 personnes affectées, le drame du Kasaï commence à ressembler à celui de Beni. Le week-end a été particulièrement violent suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et des combattants se réclamant du gourou Kamwina Nsapu près de Mwene-ditu dans la province de Lomami. »

    Les autorités congolaises ont par ailleurs confirmé, poursuit Actualités CD, que « deux officiels de l’ONU ont été enlevés dimanche, près de Tshimbulu, à près de 120 km de Kananga, dans le Kasaï Central. Il s’agit d’un Américain et d’une Suédoise. Egalement enlevés, leur trois chauffeurs et leur interprète. Ils auraient tous été conduits dans la forêt par leurs ravisseurs qui ne sont pas encore identifiés. La milice Kamwina Nsapu qui sévit dans la région n’a pas été formellement pointée du doigt tant par l’ONU que par le gouvernement congolais. » En tout cas, relève encore le site congolais, « les attaques attribuées à cette milice font percevoir une vive tension à Kananga et dans plusieurs villes et localités des provinces de l’espace Kasaï. Au niveau international, la France, les USA, l’Union européenne et même le Vatican appellent à des enquêtes internationales sur ces violences. »

    « Avec Kabila, ça ne va pas… »

    C’est notamment en raison de ce contexte brûlant que le pape François a annulé sa visite en RDC… « C’est un coup dur pour les autorités congolaises qui attendaient ce qui devait être une visite à dimension internationale retentissante, souligne le site d’information congolais Cas-Info. Mais François ne viendra pas. Dans une interview au journal allemand Die Zeit cité par Jeune Afrique, le Pape explique les raisons de cette annulation : ‘Il était prévu d’aller dans les deux Congo, mais, avec Kabila, ça ne va pas, je ne crois pas qu’on puisse y aller’, a affirmé le souverain pontife. »
    L’Eglise catholique et son chef manifestent ainsi leur colère envers le président congolais : «au plus fort de la crise politique née de l’absence des élections et du maintien au pouvoir du chef de l’État, le souverain pontife avait reçu Joseph Kabila au Vatican en septembre dernier, rappelle Cas-Infos. François avait alors souligné l’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses. Depuis, les relations entre le pouvoir congolais et l’Eglise catholique sont restées mitigées. (…) En annulant la case RDC de son agenda africain devant le conduire prochainement seulement au Soudan du Sud, François ajoute encore un peu plus de pression sur Kinshasa, conclut Cas-Info. Alors que les négociations politiques censées sortir le pays de la crise sont au point mort. »

    Obstination ?

    Dans la presse ouest-africaine, on s’inquiète également… « Les choses vont de mal en pis au pays de Joseph Kabila, soupire Le Pays au Burkina, avec cette flambée de violences tous azimuts, au moment où le processus politique est aussi dans l’impasse, depuis la mort de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. A cette allure, la RDC court le risque de devenir un brasier ardent, si rien n’est fait pour arrêter l’escalade à temps. »

    Ledjely.com, en Guinée, pointe la responsabilité, selon lui, du pouvoir congolais : « dans les événements du Kasaï de ces dernières semaines, à l’image de tous les autres foyers de tension dans le pays, il est tout d’abord question de la faible autorité d’un Etat qui, peinant à s’exercer sur l’ensemble du vaste territoire du Congo, s’obstine cependant à vouloir se maintenir en place contre vents et marées. Un paradoxe si évident que ce même Etat, outre le fait qu’il se révèle inapte à assurer la sécurité à tous les citoyens, est également incapable de créer les conditions économiques qui permettraient à chacun de trouver sa pitance. Dans un tel contexte, conclut Ledjely.com, à l’image de ce que les terroristes font dans le Sahel et dans d’autres parties du continent en proie à la pauvreté, à la misère et à l’abandon de l’Etat, des gourous comme Kamwina Nsapu n’ont aucune peine à prendre possession d’une jeunesse rendue vulnérable par le désespoir et l’absence de perspectives. »

    RFI

  • Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    -Le Haut-commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies, Zeid Ra’ad al-Hussein, a demandé qu’une enquête de haut niveau soit dépêchée dans la région du Kasaï où, selon lui, trois fosses communes ont été découvertes en rapport avec les violences enregistrées dans l’insurrection du groupe Kamwina Nsapu.

    M. Zeid a exhorté le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à ouvrir une enquête “à la lumière de rapports récurrents de graves violations et de la découverte récente de trois fosses communes”, rapporte Reuters.

    “J’invite le Conseil à établir une commission d’enquête pour examiner ces allégations. Mon bureau surveillera attentivement le développement judiciaire en ce qui concerne l’action par la force qui a mené à une mort de plus de 100”, a déclaré M. Zeid depuis Genève.

    Il a demandé que le gouvernement congolais puisse “entamer le processus d’investigation pour les allégations des violations de droits de l’homme attribuées aux soldats et à apporter son soutien à nos bureaux sur place”.

    Contacté par VOA Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a, pour sa part, rappelé qu’une investigation est déjà en cours. Selon lui, l’information donnée par le bureau des droits de l’homme des Nations unies n’est pas en fait une révélation.

    “Vos interlocuteurs ne savent même pas ce qu’ils disent, ils ne connaissent qu’une partie de la vérité. Il y a plus ça. Ils ne parlent que de trois fosses communes. Nos magistrats que nous avons envoyés sur place disent qu’il y a plus que ça, ils nous informent tous les jours de ce qu’ils trouvent. Nous sommes atterrés par ce que nous apprenons tous les jours. Nous ne pouvons pas nous mettre à donner une conférence de presse chaque jour qu’on nous annonce la découverte d’une fosse, mais nous attendons leur rapport final pour donner une information complète”, a rétorqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

    Le gouvernement a envoyé des enquêteurs dans le Kasaï au lendemain de la publication sur le net des vidéos montrant des militaires congolais tirant à bout portant sur des membres du groupe Mwana Nsapu non armés ou parfois juste d’un lance-pierre. Des femmes à moitié nues et même des enfants étaient parmi les victimes.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort lors d’une opération militaire d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Parties de Kananga, capitale de la province du Kasaï-central, les violences entre les forces de l’ordre et la milice de Kamwina Nsapu – ont progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental.

    Selon l’ONU, plus de 200.000 personnes déplacées ont été enregistrées depuis le début de conflit tandis que plus de 400 sont mortes de suites d’affrontements entre l’armée, la police congolaises et les miliciens.

    Présente en RDC depuis 1999, la Monusco déploie plus de 19.000 soldats, policiers et observateurs militaires dans l’Est du pays et à Kinshasa. Elle ne disposait d’aucunes troupes dans les trois Kasaï jusqu’au déploiement récent d’une centaine de Casques bleus à Kananga et environs.

  • Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    -Une bonne partie de membres du Rassemblement a porté son choix, vendredi, sur Joseph Olenghankoy pour diriger la principale plateforme de l’opposition, réagissant à la désignation, la veille, de Felix Tshisekedi à ce même poste par un autre groupe de la même coalition. Pour l’heure, chaque camp ne reconnait que son candidat.

    La principale coalition de l’opposition constituée en mars 2016 autour d’Etienne Tshisekedi, est au bord de l’implosion. Elle se réunit désormais en deux camps.

    Affirmant avoir réuni le grand nombre des membres, un groupe des membres de l’opposition ont opté pour Joseph Olenghakoy pour être le président du Rassemblement.

    Parmi eux, Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint du parti de Tshisekedi et porte-parole du Rassemblement a déclaré à l’issue de la réunion qu’il fallait revenir à la légalité.

    “Même les évêques doivent tenir compte de la réalité. La majorité a décidé autrement”, a affirmé M. Tshibala.

    L’autre camp a désigné jeudi soir Felix Tshisekedi, fils du feu Etienne Tshisekedi, au même poste de président du Rassemblement et Pierre Numbi du G7, coalition rangée derrière Moise Katumbi, à celui du président du Conseil des sages.

    La désignation de Felix Tshisekedi s’est faite, selon Christophe Lutundula, cadre du G7, par un consensus majoritaire.

    “Il y avait 6 candidats pour le poste du Conseil des sages… De ces consultations est sortie une majorité confortable –pas d’individus mais de composantes- qui a appuyé la candidature de Pierre Lumbi”, s’est défendu M. Lutundula

    Pour sa part, Joseph Olengnakoy, la désignation du fils de Tshisekedi a été faite en l’absence des candidats, et “est donc irrégulière”, martèle-t-il.

    “Il n’y avait aucun autre candidat à cette séance”, explique-t-il.

    Le Rassemblement est donc au bord de l’implosion. Et les tergiversations dans lequelles il plonge ne font que retarder la mise en application de l’accord signé sous la médiation des évêques le 31 décembre avec l’opposition et en vue de résoudre la crise née de la fin du mandat du président Kabila et de la non-tenue des élections en décembre dernier.

    L’accord prévoit l’élection présidentielle en décembre 2017. Le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001, ne pourra plus se représenter selon la Constitution.

    L’application de l’accord est bloquée par les discussions autour de la désignation du Premier ministre. Le décès d’Etienne Tshisekedi, le 1er février dernier, a davantage compliqué la donne car la tâche de designer le Premier ministre lui revenait.

    voa

  • Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    -L’ONG britannique Global Witness a accusé vendredi le géant minier suisse Glencore d’avoir versé plus de 75 millions de dollars à un homme d’affaires israélien proche du président congolais Joseph Kabila au détriment de la principale société publique minière de RDC.

    Dans une enquête, Global Witness “a découvert que de 2013 à 2016, Katanga Mining, société cotée à la bourse de Toronto et détenue majoritairement par Glencore, a adressé des ‘pas de porte’ et d’autres paiements d’un total de plus de 75 millions de dollars US à la société Africa Horizons, détenue par Dan Gertler et enregistrée dans les îles Caïmans”, écrit l’ONG dans un rapport.

    “En vertu du contrat initial, ces paiements auraient dû être effectués à la Gécamines (Générale des carrières et des mines, ndlr)”, écrit Global Witness.

    Cette accusation s’est ajouté aux révélations de l’ONG de novembre sur des versements des royalties de la Gécamines au milliardaire israélien Dan Gertler, homme d’affaires proche de M. Kabila.

    Glencore a justifié ces versements en déclarant que “les paiements de pas de porte pour 2013, 2014, 2015 et 2016 à Africa Horizons Investment Limited ont été effectués conformément à l’instruction de paiement de Gécamines” et “des accords tripartites de royalties entre KCC (Kamoto copper compagny), Gécamines et AHIL”.

    “Il est scandaleux que Glencore ait effectué des paiements à un ami du président congolais accusé de pots-de-vin et de corruption et qu’elle n’ait pas informé ses actionnaires ou le public de ces transactions”, s’insurge l’ONG britannique.

    Le 13 février, Glencore avait annoncé le rachat pour 905 millions d’euros de parts dans deux mines de la République démocratique du Congo appartenant à Dan Gertler.

    Global Witness a souvent accusé le magnat israélien d’avoir acquis dans des conditions opaques des concessions minières en RDC, l’un des pays les moins développés de la planète en dépit de ses immenses ressources naturelles.

    A la crise économique et sociale en RDC s’ajoute la crise politique aggravée par le maintien au pouvoir de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter et dont le mandat a échu le 20 décembre. Un accord passé entre pouvoir et l’opposition pour cogérer le pays avant des élections prévues d’ici la fin de l’année est au point mort.

    Avec AFP

  • Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    -Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, indique que Kinshasa décline l’offre d’appui de l’ONU dans les enquêtes menées sur des massacres présumés de civils par des soldats congolais dans le Kasaï, dans le centre du pays.

    “Si c’est l’aide du genre à nous déstabiliser davantage, non merci”, a expliqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d’une conférence de presse, au sujet de l’aide proposée par l’ONU.

    “Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”, a insisté M. Mende, assurant que “les enquêtes sont en train d’être menées par des hauts magistrats militaires” congolais.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort, le mois précédent, lors d’une opération militaire, d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”

    En février, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des hommes en uniforme tirant sur des villageois non armés, ou simplement de lance-pierres ou de bâtons, dans le Kasaï. Le gouvernement avait d’abord qualifié de “montage grossier” ces images tournées en plan séquence unique, refusant d’enquêter avant de faire volte-face après une forte pression internationale.

    “Nous sommes prêts à apporter notre appui comme toujours” aux enquêtes ouvertes à la demande du président Joseph Kabila pour “faire la lumière sur les évènements qui se déroulent là-bas”, avait proposé mercredi le directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUHD), José-Maria Aranaz.

    M. Mende a lancé par ailleurs un “appel à témoins” afin de recueillir “toute information supplémentaire sur les faits portés à la connaissance du public dans les réseaux sociaux”. Le gouvernement assure que plusieurs militaires ont déjà été arrêtés.

    M. Aranaz avait proposé son appui juste après la présentation d’un rapport du BCNUHD estimant que les forces de sécurité avaient fait “un usage disproportionné de la force” lors des manifestations à Kabila et en province contre le maintien au pouvoir du président Kabila entre les 15 et 31 décembre derniers.

    Selon le rapport du BCNUDH, au moins 40 personnes ont été tuées et 147 blessées, pour la plupart “des civils non armés. M. Mende avance de son côté un bilan de 15 personnes tuées.

  • Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    -Il aura fallu attendre un mois. Trente jours après la mort d’Etienne Tshisekedi en Belgique, un accord sur son inhumation a finalement été trouvé. La famille de l’opposant historique congolais a annoncé que son corps serait rapatrié à Kinshasa le samedi 11 mars. Et coïncidence ou non, au cimetière de la Gombe, en plein centre-ville, où doit être inhumé l’opposant historique, les travaux ont justement démarré mardi. Reportage.

    A genoux, deux ouvriers étalent une épaisse couche de ciment sur le sol. Un peu plus loin une bétonnière déverse une nouvelle cargaison dans une brouette. Depuis le matin, ils sont une vingtaine à pied d’œuvre sur le futur site du tombeau d’Etienne Tshisekedi.

    Un grand trou rectangulaire a déjà été creusé dans la terre. « La place de la tombe est ici, explique Ibrahim Tarhini, l’un des architectes du chantier. Tout autour, on va faire l’escalier avec du marbre et des décorations. On travaille jour et nuit pour terminer dans dix jours. »

    Dix ou 15 jours a déjà prévenu l’entreprise suivant les aléas de la pluie. Dans l’immédiat le futur tombeau ressemble encore à un terrain vague en chantier. Un petit bureau du ministère de l’Intérieur doit être rasé, deux arbres coupés et l’ensemble du terrain de 14 m de large sur 42 m de long, en retrait du boulevard central de Kinshasa, nettoyé.

    Mais les autorités de la ville semblent vouloir être prêtes pour le 11 mars, la date choisie par la famille, même si mardi soir le gouvernement disait n’avoir pas encore reçu de notification officielle ni discuté de la suite des détails techniques pour accueillir la dépouille mortelle du plus grand opposant du pays.

    RFI

  • La Monusco et la Cenco appellent à la cessation d’attaques contre les églises catholiques en RDC

    La Monusco et la Cenco appellent à la cessation d’attaques contre les églises catholiques en RDC

    -L’ONU, le représentant du pape à Kinshasa et l’épiscopat congolais ont appelé jeudi “à la cessation immédiate” des attaques contre les paroisses catholiques à travers la République démocratique du Congo, dans un communiqué conjoint.

    “Ces attaques ont été particulièrement violentes dans les provinces de Kinshasa, Haut-Katanga, Kasaï central et Kasaï oriental”, indique letexte parvenu à l’AFP, signé par la Mission de l’Onu en RDC (Monusco), la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et le représentant du pape en RDC.

    Dimanche à Kinshasa, l’église catholique Saint-Dominique a été profanéepar des individus non identifiés

    Les profanateurs ont cassé l’autel, fait tomber le tabernacle, cassé la statue de la Vierge Marie, “et cassé même la tête de Jésus” sur le crucifix, a déclaré à l’AFP le père Cyrille Kombelo.

    Les trois signataires du communiqué conjoint “condamnent fermement ces actes qui sont d’ailleurs punissables” en RDC, demandant aux “acteurs politiques de les condamner tout aussi fermement afin de déjouer toute tentative de manipulation visant à fragiliser l’accord” de cogestion du pays signé le 31 décembre par le pouvoir et l’opposition.

    Pour l’instant, les auteurs de ces actes ne sont pas encore identifiés par les autorités.

    Un accord sur une transition politique a été signé le 31 décembre, autorisant le président Joseph Kabila, dont le mandat a pris fin le 20 décembre, à demeurer au pouvoir jusqu’à fin 2017, en échange d’un mécanisme de cogestion du pays. Mais les discussions sur les modalités de mise en oeuvre de cet accord piétinent depuis.

    Il y a quelques jours, circulaient à Kinshasa des tracts appelant à la destruction des “écoles et églises” catholique si l’application de l’accord n’était pas effectif au plus tard le 18 février.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Avec AFP

  • La RDC refuse d’enquêter après la vidéo du massacre

    La RDC refuse d’enquêter après la vidéo du massacre

    -Kinshasa a refusé net d’enquêter, comme l’ont demandé Washington, Paris et l’ONU sur une vidéo mettant en cause son armée dans un possible massacre, continuant de qualifier ce document de “montage” destiné à nuire à la République démocratique du Congo (RDC).

    Après la diffusion au cours du week-end de cette vidéo de plus de sept minutes, filmée en un plan-séquence unique, deux autres vidéos, pas plus authentifiables que la première, ont été relayées par les réseaux sociaux, montrant ce qui pourrait être des scènes de la brutalité ordinaire que dénonce l’ONU depuis plusieurs semaines dans la répression de la rébellion Kamwina Nsapu au Kasaï, dans le centre de la RDC.

    Lundi, la France a exhorté “les autorités congolaises à faire au plus vite la lumière sur ces agissements inacceptables et à identifier les responsables, qui devront répondre de leurs actes”.

    Le Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU leur a de son côté demandé lundi soir à enquêter “sur ce qui apparaît comme un usage excessif et disproportionné de la force” et à mettre un terme “aux violations massives des droits de l’Homme” dans le Kasaï.

    La veille, le département d’État américain avait appelé Kinshasa à “lancer une enquête immédiate et complète” sur les suspicions de “graves violations des droits de l’Homme” nées de ces images.

    Dans un communiqué officiel, Kinshasa a opposé une fin de non recevoir à ces demandes.

    S’estimant visé “régulièrement” par des “rumeurs malveillantes”, le gouvernement congolais argue que, face à des “images d’amateurs anonymes, il ne lui revient […] pas de prouver l’innocence des FARDC” (Forces armées de la RDC), mais qu’”il appartient aux accusateurs, jusque-là inconnus, de prouver ces faits afin que tous les éléments incriminés en répondent conformément à la loi”.

    Samedi, Kinshasa avait qualifié la première vidéo de “montage grossier” avant de reconnaître que des soldats congolais avaient pu commettre des “excès” en réprimant la rébellion Kamwina Nsapu et d’annoncer que deux d’entre eux, un officier et un sous-officier, étaient poursuivis par la justice militaire.

    Pressé lundi par l’AFP de préciser les charges pesant contre ces hommes, M. Mende a déclaré qu’il ne s’agissait “nullement de poursuites pour crimes de guerre ou crimes contre l’humanité” mais pour “violations des consignes” ou “extorsions […] lors d’une opération militaire à Mwanza Lomba”, village kasaïen où aurait été tournée cette vidéo, à en croire la voix commentant les images.

    ‘Déni permanent’

    A en juger par sa qualité, le film semble avoir été tourné avec un téléphone portable par un membre d’une unité militaire de huit soldats en treillis parlant lingala (langue officielle de l’armée congolaise) et swahili (langue parlée dans l’Est de la RDC).

    Elle montre le détachement ouvrir un feu nourri sur un groupe chantant en tshiluba (langue parlée au Kasaï), à quelques dizaines de mètres.

    Les hommes en uniforme achèvent ensuite leurs victimes, parmi lesquelles trois femmes, et insultent les cadavres. La vidéo en montre pas moins de vingt. Quelques hommes tiennent encore un lance-pierre ou un bâton.

    Le Kasaï est le théâtre, depuis septembre 2016, d’une rébellion née de la mort le mois précédent, lors d’une opération militaire, d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central. Les violences y ont fait au minimum 200 morts depuis septembre.

    La première des deux nouvelles vidéos apparues sur internet montre une femme à terre portant un brassard et un bandeau rouges (signe arboré par les rebelles). Apparemment blessée par balle à la hanche, la jeune femme subit un interrogatoire en tshiluba mené par plusieurs hommes, hors champ. Elle reçoit un coup de pied au visage et un à la nuque, et est insultée alors qu’elle demande être évacuée.

    La deuxième vidéo, filmée comme les deux autres en plan-séquence unique, montre aux moins huit enfants blessés ou tués par balles, autour desquels s’affairent des hommes en treillis ou en tenue bleu marine, comme celle que portent les policiers congolais.

    Hors champ, on entend des tirs nourris et des quolibets en tshiluba et lingala adressés aux victimes.

    Dans un communiqué, la coalition d’opposition du “Rassemblement” a dénoncé “avec fermeté, la légèreté avec laquelle le gouvernement réagit dans une logique de déni permanent aux massacres commis” en RDC, notamment au Kasaï, et exigé “une enquête internationale indépendante” pour faire la lumière sur “les actes d’une cruauté révoltante” que révèlent selon lui “ces images d’une violence inouïe”.

    Interrogé par l’AFP, André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, a déclaré qu’il ne réagissait “pas aux rumeurs” et attendait les “éléments qui seront fournis par le gouvernement” pour “déterminer le vrai et le faux” dans cette affaire.

    Avec AFP

  • La communauté internationale inquiète de “l’impasse” politique en RDC

    La communauté internationale inquiète de “l’impasse” politique en RDC

    -Les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, et l’Organisation internationale de la Francophonie se sont inquiétées jeudi de “l’impasse” des discussions sur l’application de l’accord de sortie de crise en République démocratique du Congo (RDC).

    Les quatre organisations se sont dites “de plus en plus préoccupées par l’impasse persistante dans le dialogue entre les parties prenantes politiques en RDC sur les modalités de mise en oeuvre de l’accord politique du 31 décembre”, ont-elle indiqué dans un communiqué commun.

    “Cette situation porte en elle le risque de saper la volonté politique qui a permis la signature de l’accord”, ont ajouté les quatre organisations.

    “Dans ce contexte, les quatre organisations partenaires appellent toutes les parties prenantes, y compris la majorité présidentielle et l’opposition, à redoubler, de bonne foi, les efforts qui sont les leurs aux fins de parachever promptement les pourparlers en cours”, ont-elles conclu.

    L’opposition et la majorité avaient signé le 31 décembre un accord de cogestion du pays jusqu’à l’élection d’un successeur au président Joseph Kabila, censée avoir lieu à la fin de l’année.

    Cet accord doit sortir le pays de la crise liée au maintien au pouvoir de M. Kabila, mais sa mise en oeuvre piétine alors que les négociations pour le partage des places au gouvernement sont dans l’impasse.

    La mort à l’âge de 84 ans, le 1er février, de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui devait prendre la tête du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), est par ailleurs venue compliquer les choses, car elle ouvre la voie à une lutte pour le titre envié de chef de l’opposition.

    Près de deux semaines après sa mort, aucune date n’est encore fixée pour le retour en RDC de la dépouille de Tshisekedi, sa famille souhaitant de la part des autorités des garanties préalables, notamment sur le lieu de sépulture et sur la sécurité pendant les funérailles.

    Avec AFP