Tag: Politique

  • RDC : la majorité remporte la quasi-totalité des postes de gouverneurs de nouvelles provinces

    RDC : la majorité remporte la quasi-totalité des postes de gouverneurs de nouvelles provinces

    election- gouv-La majorité a gagné quatorze postes de gouverneur de nouvelles provinces issues du démembrement décidé en République démocratique du Congo, selon les résultats provisoires publiés samedi par le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni)

    Ces résultats concernent 20 des 21 nouvelles provinces. La majorité présidentielle (MP) a gagné dans quatorze provinces alors que des indépendants ont pris la direction de cinq nouvelles provinces.

    Aussitôt publiés, ils sont transmis aux cours d’appel “pour le traitement du contentieux éventuel et proclamation des résultats définitifs”, a déclaré le président de la Céni Corneille Nangaa.

    Dans la province du Sud Ubangi (nord-ouest), l’élection du gouverneur n’a pas été organisée conformément à une décision de justice.

    Au Nord-Ubangi (nord-ouest), la candidate de la majorité est contrainte à un second tour “dans les trois jours”, selon M. Nangaa.

    “C’est un recul démocratique, la majorité a imposé des listes uniques dans certaines provinces à coup de menaces, violences et achats de conscience”, a déclaré pour sa part le sénateur Jacques Djoli, du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean Pierre Bemba détenu à la Cour pénale internationale (CPI).

    “La Majorité présidentielle a démontré qu’elle est toujours majoritaire avec 84% de succès”, a écrit dans un message à l’AFP, le ministre Lambert Mende, président d’un parti influent de la majorité.

    Le passage d’une organisation administrative de la RDC de 11 à 26 provinces est prévue par la Constitution de 2006, mais n’a jamais été mis en application.

    Selon les termes du processus initié par les autorités, six provinces ont été éclatées en 21 nouvelles entités, cinq des provinces existantes devant rester les mêmes.

    L’opposition voit à travers ce processus couteux, une manoeuvre du président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir au delà de la fin de son mandat en décembre, entretenant le doute sur son avenir politique, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

    Le gouvernement présente la réforme comme un moyen de rapprocher l’administration du peuple dans un pays de plus de deux millions de kilomètres carrés où certaines avaient la taille d’un pays et favoriser ainsi le développement dans les coins reculés d’un des pays les moins développés au monde.

    Avec AFP

  • RDC: un possible report de la présidentielle agite la sphère politique

    RDC: un possible report de la présidentielle agite la sphère politique

    Joseph Kabila President de la RDC
    Joseph Kabila President de la RDC

    -Dans un entretien à la Voix de l’Amérique, le patron de la Céni a fait le constat que la présidentielle ne pouvait être organisé dans les délais constitutionnels que si les acteurs politiques renonçaient à réviser le fichier électoral, ce qui nuirait à la crédibilité du scrutin. Corneille Nangaa s’est dit prêt à saisir la Cour constitutionnelle pour demander un report de la présidentielle. Une déclaration d’intention qui a suffi à lancer un débat politico-juridique sur l’éventualité d’un report de la présidentielle.

    Pour la majorité, « Corneille Nangaa est dans son droit de solliciter son avis à la cour constitutionnelle ». Elle tient pour acquis que le président Kabila restera président jusqu’à l’organisation de l’élection, quel que soit le temps que ça prendra. Elle s’appuie sur un passage de l’article 70 de la Constitution : « A la fin de son mandat, le président reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. »

    « Du nouveau président élu, article indéfini, signifie bien qu’il y a eu élection et que son successeur est déjà élu », rétorque une plateforme de la société civile. Pour la coordination pour le respect de la Constitution, il n’y a que de deux mandats de cinq ans et pas un jour de plus. C’est l’avis du G7 et de la Dynamique de l’opposition. Cette dernière promet déjà des actions de grande envergure et parle d’un ballon d’essai du président de la commission électorale sur ordre du gouvernement.

    La G7 en appelle au Conseil de sécurité

    Le G7 dénonce le caractère inconstitutionnel d’une requête de la Céni auprès de la Cour constitutionnelle. La commission électorale ne peut demander un report de la présidentielle que si la vacance du pouvoir est déjà constaté et que c’est un cas de force majeur.

    Et alors que les discussions ont commencé à New York, ces sept anciens partis de la majorité demandent au Conseil de sécurité de donner un mandat plus fort à la Monusco, notamment pour le respect des droits de l’homme et la stabilisation de la démocratie.

    rfi

  • CPI : l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba sera fixé lundi sur son sort

    CPI : l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba sera fixé lundi sur son sort

    Bemba-la-Haye-Ancien chef rebelle du nord de la RDC, Jean-Pierre Bemba est accusé d’être responsable d’une vague de meurtres et viols en Centrafrique en 2002-2003.

    Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) doivent prononcer leur jugement lundi contre l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, accusé d’être responsable d’une vague de meurtres et viols commis par sa milice en Centrafrique en 2002-2003.

    C’est la première affaire à la CPI qui se concentre sur l’utilisation de viols et violences sexuelles en tant qu’armes de guerre et le premier procès où un chef militaire est tenu responsable des atrocités commises par ses hommes, même s’il ne les a pas ordonnées.

    Ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo, Jean-Pierre Bemba est poursuivi, non en tant qu’auteur ou co-auteur mais en tant que “chef militaire”, en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Quelque 1.500 hommes en armes de l’ancien chef rebelle s’étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

    Là, ils avaient violé “tout ce qui se trouvait sur leur chemin”, tué et pillé la population entre octobre 2002 et mars 2003, assure l’accusation.

    C’est le quatrième jugement pour la CPI, fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde, et le premier contre un ancien vice-président.

    Accusé de trois crimes de guerre et de deux crimes contre l’humanité, Jean-Pierre Bemba a plaidé non coupable lors de l’ouverture de son procès en novembre 2010, deux ans après son arrestation à Bruxelles.

    S’il est jugé coupable, sa peine sera décidée à une date ultérieure.

    “Nous espérons que ce jugement apportera des précisions sur la responsabilité des chefs militaires pour les actions de leur troupes et leurs échecs à arrêter la commission des crimes ou à les punir”, a affirmé à l’AFP Aaron Matta, un chercheur à l’Institut de La Haye pour une justice mondiale.

    Selon l’accusation, Jean-Pierre Bemba disposait du “contrôle effectif” sur ses troupes et aurait dû arrêter la commission des crimes, ce que réfute la défense.

    “Sanglante” ligne de commandement

    Selon la défense, Jean-Pierre Bemba n’aurait pas pu garder “le contrôle opérationnel effectif” de ses miliciens, qui ne faisaient pas partie de l’armée régulière et qui se trouvaient dans un autre pays.

    Il n’y a “aucune preuve d’un ordre venant de M. Bemba vers ses troupes en Centrafrique”, avait déclaré l’une de ses avocates, Kate Gibson, lors de sa plaidoirie : “les thèses de l’accusation ne sont que des hypothèses”.

    Dès qu’il a passé la frontière, le contingent des soldats de Bemba “a été placé sous les ordres des forces de la République centrafricaine”, avait-elle ajouté.

    Un témoin avait raconté au cours du procès comment les soldats de Jean-Pierre Bemba avaient violé une fillette de 8 ou 9 ans.

    L’enfant était “potelée”, avait-il raconté : “puisque la petite est encore … fraîche, ils n’ont pas pris la maman, ils ont préféré la petite, ils l’ont violée devant sa maman dans la maison”.

    François Bozizé avait finalement renversé Ange-Félix Patassé en 2003 avant d’être lui-même renversé en mars 2013 par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka, ce qui avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires, culminant fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

    Un verdict de culpabilité pourrait, selon M. Matta, “aider à améliorer la sécurité et promouvoir la paix dans la région”.

    Jean-Pierre Bemba était ensuite devenu l’un des vice-président de Joseph Kabila avant de perdre les élections de 2006 et de s’exiler en Europe.

    Le procès a été entaché d’accusations de subordinations de témoins, menant même à l’arrestation de plusieurs proches de l’ancien vice-président et à l’ouverture du premier procès de ce type à la Cour.

    S’il est jugé coupable, Jean-Pierre Bemba risque jusqu’à 30 ans de détention ou la prison à perpétuité, si les juges estiment que l’”extrême gravité du crime” le justifie.

    AFP

  • l’opposition lance une campagne de désobéissance civile

    l’opposition lance une campagne de désobéissance civile

    -La Coalition des Congolais pour la transition (CCT), plate-forme d’opposition, a lancé une campagne de désobéissance civile pour contraindre le gouvernement à respecter la Constitution qui limite à deux le nombre des mandats présidentiels et exige la tenue de l’élection présidentielle avant novembre 2016.

    Le début de la campagne est fixé au 3 mars 2016, a déclaré Emery Damien Kalwira, président de la plate-forme, interviewé par VOA Afrique.

    “Les Congolais mobilisés aux côtés d’autres forces vives de la République, aux côtés de la CCT, vont s’illustrer par des actes de désobéissance en émettant toute sorte de bruits, (en faisant) toute sorte de désordres… en sifflant ainsi la fin du régime de M. Kabila, la fin de la cruauté, des arrestations, de la répression et en sonnant enfin le démarrage d’une vraie démocratie”, a déclaré M. Kalwira.

    La CCT assure être avec d’autres forces politiques dans cette campagne. Elle soutient, selon son président, que la campagne qui durera un mois, constitue une période durant laquelle les Congolais sont appelés à manifester plus de  à l’endroit des forces de défense et de sécurité “pour leur montrer qu’elles sont aussi victimes du pouvoir de Kabila”, a précisé M. Kalwira.

    “Nous sommes convaincus que les Congolais vont encore prouver à M. Kabila que c’est eux le patron, c’est le peuple congolais qui est le propriétaire du pouvoir, pas les politiques”, a-t-il affirmé.

    Le climat politique est tendu en RDC où l’élection présidentielle devant se tenir avant la fin novembre est incertaine.

    L’opposition accuse le président Joseph Kabila de manœuvres pour rester au pouvoir malgré la Constitution qui limite à deux le nombre des mandats présidentiels.

    VOA

  • Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugés recevables

    Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugés recevables

    CENI-En République démocratique du Congo (RDC), la Commission électorale nationale indépendante congolaise (Céni) a fait le tri et publié la liste des candidats pour l’élection des gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces. Le scrutin aura lieu le 26 mars. Au départ, il y avait 135 candidatures, mais après de nombreux désistements et des rejets, au final 76 dossiers seulement sont jugés recevables sur fond de règlements de compte au sein de la majorité, notamment après le départ du G7 (sept partis qui avaient rejoint l’opposition).

    Suite au dépôt de certaines candidatures, la majorité présidentielle avait vivement protesté auprès de la Commission électorale.

    « Il ne s’agit pas de manger ses propres fils, il s’agit de discipline de partis politiques », a encore précisé, ce lundi 29 février, au matin, le porte-parole du gouvernement. Lambert Mendé – qui est aussi membre du bureau politique de la majorité – estime que ce n’est pas parce que leurs candidatures avaient été rejetées en interne que ces candidats avaient le droit de se présenter comme indépendants.

    La Commission électorale lui donne raison et parle de candidatures illégales, affirmant que ces candidats auraient dû signifier à leurs partis d’origine leur démission. Des candidats qui ont toutefois, rappelle la Céni, la possibilité de faire appel dans les 48 heures.

    Pour le G7 et l’ex-gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi, certaines de ces candidatures auraient été rejetées par la Commission électorale parce que ces personnalités auraient été des proches.

    « C’est un signe que nous dérangeons », dit Christophe Lutundula, ancien vice-président de l’Assemblée nationale et membre du G7. Ce dernier estime qu’en prenant cette décision, la Céni a démontré qu’elle n’était plus capable de mener sa mission en toute indépendance. « La Céni démontre qu’elle n’offre aucune garantie d’indépendance et d’impartialité aux compétiteurs électoraux. »

    Vingt-et-une candidatures rejetées, mais aussi trente-huit désistements. Certains candidats se disaient victimes de pressions ou d’intimidations de la majorité. La Céni dit n’avoir reçu aucune information de la sorte.

    Le G7 précise, par ailleurs, n’avoir déposé aucune candidature au nom de la plateforme de ces sept partis d’opposition.

    rfi

  • Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme à la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions … »

    Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme à la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions … »

    ban et kabila-Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :
     
    Mesdames et Messieurs,
     
    J’arrive au terme de ma cinquième visite en République démocratique du Congo (RDC) en tant que Secrétaire général de l’ONU. Une fois encore, je tiens à remercier les autorités et la population congolaises de leur accueil chaleureux. . La situation en RDC et dans, ensemble de la région des Grands Lacs reste au premier rang des priorités des Nations Unies.
     
    Nous nous sommes employés à nous acquitter du mieux possible de notre mandat de protection des civils et à promouvoir un dialogue politique ouvert. La population de la RDC mérite de vivre en paix et en toute sécurité. Je me félicite de l’annonce faite récemment du renouvellement de la coopération entre les Forces armées de la RDC et la Monusco dans le cadre de la lutte contre les ADF, les FDLR et d’autres groupes armés. Hier, je me suis rendu dans un camp pour 15.000 personnes déplacées dans la province du Nord Kivu. Je suis très ému par tout ce que j’ai entendu et ce que j’ai vu. C’est une leçon d’humilité pour moi. En tant que Secrétaire général, je vais à la rencontre des plus vulnérables, des plus fragiles. Je veux être leur avocat, la voix de ceux qui n’en ont pas.
     
    Je pense que nous devons améliorer l’assistance humanitaire. C’est pourquoi je vais organiser le premier Sommet, humanitaire mondial à Istanbul, en Turquie, au mois de mai. Je pense aussi que l’assistance humanitaire et le développement doivent mieux travailler ensemble pour changer la vie des gens que j’ai rencontrés.
     
    Mesdames et messieurs les [représentants] des médias
     
    Aujourd’hui à Kinshasa, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Président Kabila. J’ai même rencontré des responsables parlementaires ainsi que les représentants des parties politiques d’opposition et de la société civile. Je les ai exhortés à s’engager dans un dialogue politique constructif, leur rappelant de placer les intérêts de la population au centre de leurs débats.
     
    Je les ai également appelés à tout mettre en œuvre afin que les élections soient crédibles, inclusives et conformes à la Constitution, le respect des droits de l’Homme de tous les individus est une condition essentielle à la paix et à la stabilité. Je suis préoccupé par lés restrictions croissantes de l’espace démocratique et en particulier, celles qui sont imposées et aux membres de l’opposition, aux journalistes et aux représentants de la société civile. La liberté d’expression et d’association et le droit des réunions pacifiques sont indispensables à une vie politique dynamique et à la démocratie.
     
    Mesdames et messieurs, ce matin, j’ai participé à la conférence sur les investissements du secteur privé organisée sous les auspices du bureau de mon Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
     
    La RD Congo et la région possèdent un grand potentiel, elles connaissent une croissance économique impressionnante, mais il reste encore à faire pour améliorer les conditions de vie, développer l’emploi des jeunes, promouvoir la croissance pour tous, et ne laisser personne à la traîne. Si nous’ parvenons à tirer parti du potentiel du secteur privé, en attirant les investissements dans la région des Grands Lacs, nous enverrons alors un message puissant, chargé d’espoir et de promesses. Pour cela, le secteur privé doit avoir l’assurance que les investissements ne seront pas menacés par des crises politiques et sécuritaires majeures.
     
    Avant de quitter ce pays, je voudrais rendre hommage à tous mes collègues de l’ON U qui font preuve de développement et de détermination. L’ONU est les organisations qui lui sont apparentées prennent l’engagement de continuer à œuvrer pour appuyer les aspirations du peuple congolais à un avenir meilleur et pacifique. Je vous remercie.
    Question 1, Laurette Mandala/Africa TV : Monsieur Ban Ki-moon, vous avez pris part à l’ouverture de la Conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs, aujourd’hui. Et vous le savez, cette région est encore en proie aux tensions dans certaines de ses parties. C’est le cas par exemple du Burundi, du Soudan du Sud et de la RD Congo. Et moi’, j’aimerais savoir comment les Nations Unies comptent-elles soutenir cette dynamique et la traduire en acte, pour que le peuple de la région des Grands Lacs vive enfin des retombées de ses efforts ? Et j’aimerais également demander à monsieur le Secrétaire général sur le processus électoral qui est presque bloqué en ROC, et le dialogue semble également grippé, quel est le message que vous avez apporté aux uns et aux autres, pour qu’il y ait ouverture?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    [Concernant] la question qui portait sur le processus électoral en RDC, je suis préoccupé par le retard intervenu dans le cadre du processus électoral et le retard dans le calendrier électoral. Il y a de plus en plus de tensions concernant le troisième mandat du Président Kabila. J’ai donc encouragé toutes les parties prenantes à convenir d’un calendrier électoral consensuel. Le dialogue national qui a été proposé par le président, si ce dialogue est un dialogue inclusif, un dialogue crédible, et si ce dialogue est conforme à la Constitution, ce dialogue peut véritablement permettre d’apaiser les tensions et partant, de créer un environnement favorable à des élections pacifiques, transparentes et crédibles.
     
    Pour ce qui est des droits de l’Homme, les droits de l’Hommes doivent être respectés à tout moment. Il est également important que les droits fondamentaux, les libertés fondamentales, la liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté de se rassembler, que toutes ces libertés soient respectées pendant la période électorale. Je vous remercie.
     
    Vous avez également posé une autre question concernant la conférence à laquelle j’ai participé ce matin, la conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs, cette conférence constitue une initiative très importante. La RD Congo a fait des progrès socio-économiques importants. Nous avons pu le constater. Cela étant, il y a des sujets de préoccupation en matière de sécurité et en matière de paix, surtout dans la partie Est du pays. Et je pense que cette conférence a été une conférence particulièrement opportune. Il était important que les dirigeants de la région des Grands Lacs puissent se réunir, et puissent commencer à travailler sur l’Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération.
     
    Et comme je l’ai indiqué ce matin, la RD Congo est un pays qui a des ressources naturelles abondantes, mais il est très important que l’on connaisse la RDC comme étant un pays où, il existe des ressources humaines compétentes et éduquées. Je pense par conséquent que le fait d’avoir organisé cette conférence pour attirer des investissements étrangers, je pense que cela sera essentiel pour le développement durable de ce pays, et c’est la raison pour laquelle j’ai participé à cette conférence aujourd’hui.
     
    Question 2 : Kelly Nkute/ Radio Okapi Monsieur le Secrétaire général, vous avez rencontré le chef de l’Etat, la classe politique congolaise, la société civile. Au regard de tous ces entretiens que vous avez eus avec eux, est-ce que vous êtes optimiste quant à un consensus entre Congolais pour aller vers des élections apaisées? Et puis je voudrais aussi savoir si vous pensez que les opérations des FARDC soutenues par la MONUSCO, vont effectivement commencer d’ici là?,
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Kimoon] : Je pense que j’ai déjà répondu à la première partie de votre question. Effectivement, j’ai rencontré le président Kabila, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, et pendant nos discussions, j’ai discuté de toutes ces questions. J’ai discuté de la façon dont les Nations Unies et le Gouvernement congolais peuvent travailler ensemble pour promouvoir la paix, la sécurité, les droits de l’Homme et le développement.
     
    Et comme vous l’avez indiqué, j’ai également eu une rencontre avec les représentants de la société civile, j’ai également eu une rencontre avec les dirigeants des partis de l’opposition, et avec les représentants de la majorité présidentielle.
     
    J’ai écouté les positions des uns et des autres. Et j’ai également transmis toutes ces observations au chef de l’Etat. Il faut qu’il y ait un dialogue consensuel entre toutes les parties prenantes. Et j’ai encouragé le président à entreprendre n dialogue inclusif. Toutes les parties que j’ai rencontrées m’ont indiqué qu’elles souhaitaient participer à un dialogue inclusif. De toutes les façons, il n’y a pas d’autres solutions. La seule solution, c’est le dialogue inclusif.
     
    Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question, comme je viens de l’indiquer dans mes propos liminaires, nous nous félicitons de la reprise de la coopération entre les Forces armées congolaises et la Monusco. Nous avons discuté de cette question assez longuement. Nous avons essayé de voir comment est-ce que nous pouvons mieux coordonner, comment est-ce que nous pouvons mieux coopérer, comment est-ce que nous pouvons mieux contribuer, afin de pouvoir répondre aux préoccupations sécuritaires. Nous sommes engagés à continuer à travailler avec le Gouvernement et les Forces [armées] de la République démocratique du Congo.
     
    Question 3 : Steve Wembi/ Agence Chine Nouvelle : Monsieur le Secrétaire Général, la RD Congo est un pays qui a contribué avec les Casques bleus en Centrafrique. Et les jours qui sont passés, les Casques bleus de la RD Congo ont été éjectés de ce pays, de la Mission de l’ONU en Centrafrique, alors qu’il y a d’autres pays, d’autres Casques bleus qui ont été accusés des mêmes faits que les Casques bleus de la RD Congo. Pourquoi ce « deux poids deux mesures » ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Nous avons réalisé l’évaluation complète des contingents. qui sont déployés dans les différentes missions. Après cette évaluation, nous avons constaté que les troupes de la RD Congo en République Centrafricaine, qu’elles ne respectaient pas les normes nécessaires en matière de matériels, en matière de préparation et dans d’autres domaines également.
     
    Les Nations Unies souhaiteraient remercier la RD Congo pour sa contribution à la paix en République Centrafricaine, dans le cadre de la MISCA et dans le cadre de la MINUSCA. Et nous souhaitons continuer à travailler en étroite collaboration avec l’armée congolaise, afin d’améliorer ses performances, y compris en matière de respect des droits de l’Homme dans le cadre de différentes opérations. Des progrès ont été réalisés. Beaucoup reste à faire certes, mais je suis convaincu qu’il nous sera possible de continuer à coopérer à l’avenir.
     
    Pour ce qui est de cas de maltraitance et d’abus sexuels impliquant les troupes des Nation Unies, j’ai une politique de tolérance zéro. Et je voudrais que les pays fournisseurs de contingents, respectent pleinement les normes en matière d’obligation traditionnelle. Une norme que nous avons mise en place. Il est essentiel, il est essentiel, que les troupes des Nations Unies respectent les normes les plus élevées en la matière. Je vous remercie.
     
    Question 4 : Mathy Musau/ Forum des As Monsieur Ban Kimoon, vous avez évoqué tout à l’heure l’organisation de la conférence internationale humanitaire en mai prochain. Après avoir été à Kitshanga, et vous connaissez la réalité des déplacés de la RD Congo, comment comptez-vous pousser, si je peux le dire ainsi, les bailleurs de fonds à répondre favorablement dans le temps, pour apporter leurs contributions, afin de mettre en application le plan d’action humanitaire qui a été lancé le mois dernier ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon]
     
    En tant que Secrétaire Général, je me suis rendu dans des nombreux camps des réfugiés, ou également dans des camps des déplacés dans le monde entier, y compris dans des camps des réfugiés syriens ou d’autres camps au Moyen-Orient.  L’expérience que j’ai vécue hier, dans la région de Goma, mon expérience a été une expérience qui m’a emmenée véritablement vers l’humilité. J’ai rencontré des milliers de personnes déplacées, en particulier des enfants et des femmes qui vivent dans des camps pour personnes déplacées.
     
    Vous savez probablement, que le nombre de personnes déplacées, et que le nombre de réfugiés de par le monde, est d’environ 60 millions de personnes. Soixante millions, c’est véritablement un chiffre sans précèdent, C’est le chiffre le plus élevé depuis la fin de la deuxième .guerre mondiale. Et l’on peut dire que l’on est arrivé à une situation qui est très difficilement gérable. Les Nations Unies ont essayé véritablement de fournir une assistance humanitaire quotidienne pour sauver des vies.
     
    Nous avons distribué des denrées alimentaires, nous avons mis en place des infrastructures en matière d’assainissement, nous avons essayé d’aider à la construction d’écoles. Il faut bien sûr énormément des fonds pour tout cela. Alors il y a de plus en plus des besoins, et ce que l’on peut dire, ce que la réponse aux besoins humanitaires, la réaction elle, est, de moins en moins importante, et nous né pouvons plus continuer de cette façon. Il faut véritablement fournir une assistance humanitaire quotidienne à tous les réfugiés.
     
    Et c’est la raisons pour laquelle, pour la première fois dans l’histoire des Nations Unies, pour la première fois en soixante-dix ans, nous avons décidé de convoquer un sommet humanitaire mondial. Ce sommet va se tenir à Istanbul, le 23 et le 24 mai. Ce sommet n’a pas pour objectif de mobiliser des fonds. Notre objectif, notre premier objectif, c’est véritablement de faire savoir aux dirigeants du monde quelle est la situation actuelle. Il faut qu’ils comprennent de quoi est-ce que l’on parle exactement. Combien de personnes ont véritablement besoin d’une assistance humanitaire? Combien de vies est-ce que l’on peut sauver? Il fait véritablement que l’on ait une approche structurée, une approche durable, une approche qui nous permettrait véritablement de sauver des vies jour après jour.
     
    Et ce que je voudrais, c’est une véritable détermination de la part de dirigeants mondiaux, qu’ils viennent des pays développés ou des pays en développement. Hier, j’ai exhorté les dirigeants mondiaux. Je leur ai dit qu’il fallait réduire au moins de moitié le nombre de personnes déplacées d’ici à 2030. 2030 c’est également la date butoir pour les objectifs de développement durable. Donc d’ici à 2030, il faudra avoir réduit de moitié le nombre de personnes déplacées. C’est une question complexe effectivement. Mais s’il y a volonté politique, je pense que nous pouvons y arriver. Je compte sur la détermination de tous les dirigeants du monde. Voilà quel est l’objectif de ce sommet humanitaire mondial. Je vous remercie.
     
    Question 5 : Pascal Héros! L’opinion de Paris : Monsieur le Secrétaire général, c’est certainement l’un de vos derniers déplacements en Afrique. L’heure du bilan arrive. Quels sont les enjeux pour le continent africain alors que la situation sécuritaire, et certainement politique, s’est aggravée ces dernières années et, quel est le bilan de toute l’action des Nations Unies sur le continent?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Ce n’est pas ma dernière visite sur le continent africain. J’ai encore dix mois avant la fin de mon mandat. Effectivement, c’est ma dernière année de mandat en tant que Secrétaire général. Mais j’ai encore beaucoup de missions prévues. Je vais continuer à me rendre dans les pays africains dans les 10 mois qui nous restent. C’est peut-être ma dernière visite en RDC. Mais qui sait ? Peut-être que je vais revenir à nouveau. S’il est nécessaire, je reviendrai à nouveau. De toute façon, je suis disponible. Je suis disponible à tout moment. Si je dois aller quelque part, je suis prêt à y aller. Et je ne ménagerai aucun effort à ce sujet.
     
    La question que vous avez posée concernant les Nations Unies, c’est une question très vaste. A ce sujet, je voudrais dire aux journalistes que souvent, lorsqu’on parle de l’Afrique, on dit c’est un continent qui a besoin d’aide. Mais les leaders africains ont une vision. Une vision ‘sur le long terme. Le futur que nous voulons dans 35 ans. Et vous verrez que dans 35 ans, l’Afrique sera complètement différente.
     
    Nous savons tous qu’il y a de nombreuses crises. Et ces crises, si vous essayez de voir quelles sont les causes profondes de ces crises si vous essayez de vous attaquer aux causes profondes, alors là c’est autre chose. Alors bien sûr, v.ous avez des catastrophes naturelles, des catastrophes naturelles qui ont causé de nombreux dégâts, qui ont détruit des infrastructures, qui ont causé de nombreux décès. Mais, si vous regardez la situation avec attention, je pense qu’il faut véritablement que l’on parle de l’importance de la gouvernance, de la bonne gouvernance, d’une gouvernance transparente. Ce qui est important, c’est la bonne gouvernance. Il faut véritablement que les dirigeants s’attellent à mettre en place une bonne gouvernance.
     
    Vous vous rappellerez probablement que lors du dernier sommet de l’Union africaine en janvier dernier, j’ai soulevé cette question. Et je m’adressais aux dirigeants africains. Et cela s’applique à tout le monde. Je l’ai dit parce que j’étais au sommet de l’Union africaine. Mais j’aurais pu le dire ailleurs également. J’ai dit aux dirigeants africains : « ne vous accrochez pas au pouvoir. Ecoutez la voix de vos citoyens, écouter la voix du peuple, répondez aux problèmes auxquels se heurtent vos populations respectives». Donc, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et surtout mettez l’accent sur la bonne gouvernance. Il faut lutter contre la corruption. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas d’impunité. Il faut qu’il y ait état de droit, qu’il y ait transparence, qu’il y ait bonne gouvernance.
     
    L’Afrique est un continent très riche en ressources naturelles, en ressources humaines. Comment utiliser ces ressources naturelles ? Comment utiliser ces ressources humaines ? Cela dépend des dirigeants. Il faut que les dirigeants montrent l’exemple, ce qu’il faut faire, il faut qu’ils donnent l’exemple. En donnant l’exemple, je pense que cela permettra d’accélérer les progrès socioéconomiques.  Voilà le message que j’ai réitéré à plusieurs reprises depuis que je suis Secrétaire général. J’ai dit exactement la même chose au sommet de l’Union africaine. Vous pouvez vérifier ma déclaration de l’année dernière et ma déclaration de cette année. Et vous verrez que j’ai réitéré plusieurs éléments.
     
    Il y a des sujets de préoccupation. Il y à des défis à relever sur le continent africain. Mais c’est un continent prometteur. Il y a de l’espoir. Et, les dirigeants ont adopté des programmes de développement très ambitieux. Il y a 17 objectifs de développement durable, des objectifs très ambitieux qui couvrent tous les éléments importants. Et en décembre de l’année dernière, les dirigeants du monde ont adopté d’autres objectifs très ambitieux. Il s’agit de l’accord de Paris sur les changements climatiques. Et je pense que ces deux visions (raccord sur les changements climatiques et les objectifs de développement durable) nous permettent à nous tous, y compris les Africains, de voir quelles sont les possibilités et d’œuvrer pour un futur plus prospère et un monde plus harmonieux, un monde où personne ne sera à la traîne.
     
    Je pense qu’il faut se rappeler que vous avez plus de 125 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire quotidienne, et cela va bien au-delà de nos capacités. Aucun pays du monde, quelles que soient ses ressources, quel que soit son pouvoir, ne peut gérer cela, aucune organisation, qu’il s’agisse des Nations Unies, l’organisation la plus légitime dans le morde, aucune organisation ne peut agir seule, nous avons besoin de la coopération et du soutien de tous, il faut par conséquent de l’unité et il faut également de la solidarité, la solidarité mondiale est nécessaire à ce stade. Et après, je suis sûr que le futur de l’Afrique sera un futur beaucoup plus prospère et beaucoup plus prometteur. Je vous remercie.
     
    Question 6, Rachel Kisita/ Numérica Télévision : Monsieur le Secrétaire général, vous rencontrez le Dr Denis Mukwege, vous immortalisez l’instant. Parmi les photos qui font la Une des médias en ligne et des réseaux sociaux, il y a une photo sur laquelle vous faites un signe de croix avec votre main comme ça. Je suis journaliste, tout est communication. Le langage n’est pas que verbal. Ban Ki-moon, que veut dire ce geste?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    J’admire profondément et je respecte M. Mukwege. Je le connais depuis assez longtemps, je l’ai vu à plusieurs reprises. C’est une personne qui a énormément d’empathie, une personne qui est engagée. Nous avons besoin d’avoir des personnes comme lui. Ce n’est pas nécessaire d’être un médecin. Vous pouvez être autre chose. Mais on a besoin de ce type d’engagement humanitaire, nous avons besoin de ce type d’esprit d’initiative. Il a traité et aidé plus de 13.000 femmes, des femmes qui avaient été violées, des femmes qui avaient perdu toute dignité humaine. Et je pense par conséquent qu’il faut qu’il soit admiré, qu’il soit respecté car c’est un véritable symbole, le symbole de l’empathie. Il travaille pour aider les groupes vulnérables. En tant que Secrétaire général des Nations Unies, je pense qu’il faut montrer l’exemple, mais il y a très peu de personnes qui montrent l’exemple. Et donc je pense qu’il faut véritablement montrer aux dirigeants du monde qu’il y a énormément de personnes qui peuvent faire des choses. Vous avez des leaders de la société civile; vous avez des acteurs de la société civile qui agissent et je pense qu’il est possible pour tous de contribuer et d’aider les groupes vulnérables.
     
    Les Nations Unies sont engagées à aider les groupes vulnérables, nous souhaitons protéger les droits de l’Homme de groupes vulnérables, des femmes, des jeunes filles, surtout dans les zones de conflit. Ce sont elles qui souffrent et c’est la raison pour Laquelle, hier, nous avons montré notre solidarité. Donc ce signe était un signe de solidarité, notre solidarité pour les femmes, pour les groupes vulnérables, pour tous ceux dont nous devons protéger les droits. Et j’espère qu’il y aura d’autres personnes comme M. Mukwege, qu’il y a d’autres personnes qui feront preuve de compassion et d’empathie comme lui.
    Je voue remercie.
    Le Phare
  • En RDC, Ban Ki-moon appelle les acteurs politiques à dialoguer

    En RDC, Ban Ki-moon appelle les acteurs politiques à dialoguer

    ban-kabila 1-Le secrétaire général des Nations unies a achevé sa visite en RDC. Il s’est envolé ce jeudi matin pour Juba, au Soudan du Sud. Mercredi, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Le président Kabila bien sûr, mais aussi la majorité, l’opposition et la société civile.

    En visite à Kinshasa, mercredi, Ban Ki-moon a rencontré les acteurs de la vie politique congolaise. Il les a appelés à s’engager dans un dialogue inclusif dans le respect de la Constitution et à adopter un calendrier consensuel pour les élections. « J’ai eu la chance de rencontrer le président Kabila, les responsables du Parlement, des représentants de l’opposition et de la société civile. Je les appelle à s’engager de manière constructive dans un dialogue politique, je leur ai rappelé qu’il fallait mettre les intérêts de la population au centre des discussions, a expliqué le secrétaire général de l’ONU. Je les ai exhortés à travailler à un processus électoral inclusif et crédible dans le respect de la Constitution. »

    Restriction de l’espace démocratique

    Il a également exprimé sa préoccupation quant au processus électoral. « Les retards dans le processus électoral m’inquiètent et cela augmente les tensions politiques relatives à une possibilité d’un troisième mandat du président Kabila. J’ai continué d’encourager les acteurs politiques à se mettre d’accord sur un calendrier électoral consensuel », a indiqué le secrétaire général des Nations unies.

    Ban Ki-moon a par ailleurs fait part de sa préoccupation quant à la restriction de l’espace démocratique et a appelé au respect des libertés publiques dans le pays. « Je suis également inquiet de la restriction croissante de l’espace démocratique et en particulier le fait que les membres de l’opposition, des médias et de la société civile sont ciblés. Les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont essentielles à une vie politique dynamique et à un processus démocratique », a-t-il déclaré.

    « S’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir »

    Lors de la conférence de presse, il a également été interrogé sur les enjeux auxquels le continent africain fait face. « L’an dernier, lors du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, j’ai soulevé ce problème. J’ai dit : s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et écoutez ce que vous dit votre population. Ecoutez attentivement quelles sont leurs difficultés, leurs aspirations. Mais quand la fin de votre mandat constitutionnel arrive, s’il vous plaît, ne vous accrochez pas au pouvoir, a-t-il rappelé. Il faut une bonne gouvernance. Pas de corruption, pas d’impunité. Il faut l’Etat de droit, rendre des comptes et être transparent. »

    Et d’ajouter : « L’Afrique regorge de richesses en ressources naturelles, en ressources humaines. Mais comment sont utilisées ces ressources, cela dépend de la classe dirigeante. Les dirigeants doivent montrer l’exemple, avoir une conduite exemplaire, s’assurer que cela permet d’accélérer le développement économique et social. C’est l’un des messages que j’ai répété à de multiples reprises en tant que secrétaire général. C’est ce que j’ai dit l’an dernier et répété cette année. Et il y a eu des applaudissements nourris de la part des délégations ».

    Le secrétaire général des Nations unies sera ce jeudi à Juba, où il rencontrera le président sud-soudanais Salva Kiir et visitera un camp de déplacés de l’ONU.

    rfi

  • Un glissement de calendrier pour la présidentielle?

    Un glissement de calendrier pour la présidentielle?

    Nanga-En République démocratique du Congo, le glissement du calendrier tant redouté par l’opposition est-il devenu inévitable ? Le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, pose un vrai dilemme aux acteurs politiques : soit vous voulez un fichier électoral qui inclut les nouveaux majeurs, soit vous voulez respecter les délais prévus par la Constitution…

    Pour comprendre l’enlisement du débat concernant les dates de l’élection présidentielle en RDC, il faut remonter le temps. A tout juste un an de la présidentielle, une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) remet un rapport d’audit du fichier électoral en RDC en novembre 2015. La raison : l’OIF y explique que 20% de l’électoral, les nouveaux majeurs, sont absents du fichier ce qui pourrait nuire à la crédibilité du processus électoral.

    A l’époque, l’envoyé spécial de l’OIF pour les Grands Lacs estime qu’il est encore possible, sous condition de volonté politique, d’avoir un fichier électoral acceptable et de tenir les délais constitutionnels à un ou deux mois près.

    Révision du fichier électoral

    Mais à l’époque, il est question d’une passation de marché par entente directe avec la société belge Zétès. Le contrat aurait dû être signé en janvier, mais la Commission électorale l’a dénoncé. Elle préfère lancer, le 10 février, un dernier appel d’offres ouvert. Conséquence : un allongement de quatre à cinq mois de l’acquisition du matériel nécessaire à la révision du fichier.

    Du côté de la Céni, on affirme que l’UDPS n’aurait jamais accepté cet opérateur. Pour Samy Badibanga, l’un de ceux qui a critiqué la société Zétès, il s’agit d’une « faute intentionnelle » de la Commission électorale, une faute ayant pour but d’entériner le glissement.

    Vol de stocks de cartes électorales vierges

    Le président du groupe parlementaire de l’UDPS à l’Assemblée explique que toutes les difficultés soulevées par le président de la Céni sont connues de longue date : le problème de l’intégration des nouveaux majeurs, les critiques envers Zétès ou même le vol de stocks de cartes électorales vierges et le risque de les voir remises en circulation.

    Du côté de la Commission, on se défend : la Céni n’est pas responsable, elle ne peut organiser les élections que si les parties prenantes jouent leur rôle.

    Selon des documents internes à la Céni, il faudrait, à partir de l’annonce de l’appel d’offres, entre 13 et 16 mois pour venir à bout de la révision du fichier électoral. Ce ne sont que des estimations, a-t-on expliqué qui ne prennent pas en compte tous les paramètres et notamment un éventuel soutien de la communauté internationale.

    RFI