Tag: Politique
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Moleka L’Ex-Dircab de Tshikas prend congé de l’UDPS-Tshisekedi
-L’ancien directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka a pris congé de l’union pour démocratie et le progrès social UDPS Tshisekedi. Moleka n’a pas avancé les raisons de sa décision. Il affirme que la lettre de son conseil illustre tout autour de sa vacance à l’UDPS. Les attributions qu’il détenait dans le cabinet de
Tshikas seront consignées ce matin à l’intention d’Etienne Tshisekedi ou de son mandantaire au greffe du tribunal de grande instance de Matete, précise-til. Il y a de cela une année jour pour jour que le très pondéré et réfléchi Albert Moleka avait été démis de ses fonctions par l’épouse du leader maximo qui tient
à gérer le parti sans l’aval de certains cadres de l’UDPS. Chose que n’a jamais admis Albert Moleka qui après s’être éjecté de son job, avait adressé une correspondance à Tshisekedi pour plus d’éclairage sur cette question. Depuis, la correspondance est restée lettre morte. (Lire ci-contre la lettre du conseil d’Albert Moleka).

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477 partis et une trentaine de regroupements politiques agréés

Bureau de la CENI -Le gouvernement a remis mercredi 11 mars 2015 la liste définitive des partis politiques, à la Ceni.
Cette liste comporte 477 partis et une trentaine de regroupements politiques.
Pour le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur, si on s’en tient à la loi, seuls trois partis politiques seraient en ordre pour se présenter aux prochaines élections.
-Quelle analyse faire de l’organisation et du fonctionnement des partis politiques en RDC ?
Participent au débat de ce soir :
-Hubert Tshiswaka, directeur à l’institut des recherches en droits humains basé à Lubumbashi. Il est ancien directeur pays de Osisa, une structure qui soutient des projets de renforcement des capacités des partis politiques en RDC.
-Professeur Alphonse Maindo, Docteur en sciences politiques de l’Université de Sorbonne Paris 1 et enseignant à l’Université de Kisangani, province orientale.
-Jérôme Bonso, Président de la Ligue Nationale pour les élections libres et transparentes (Linelit). Il est aussi coordonnateur de l’ONG Agir pour les élections transparentes et apaisées (AETA).
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RDC : pourquoi Katumbi quitte le gouvernorat du Katanga
-Moïse Katumbi, le puissant gouverneur du Katanga, a annoncé samedi qu’il quitterait toute fonction dans la province, à la suite de la loi de découpage territorial en RDC. Mais pas qu’il se retirait de la vie politique…L’annonce a provoqué la stupéfaction de ses supporteurs. Samedi 7 mars, Moïse Katumbi, le populaire gouverneur du Katanga – la plus riche province et la deuxième plus vaste du pays – a annoncé publiquement qu’il allait quitter ses fonctions officielles.
Cette décision ne dépend certes pas que de lui : le 2 mars, le président Joseph Kabila a promulgué la loi de découpage territorial (prévue dans la Constitution de 2006), qui doit diviser les onze provinces du pays en vingt-six nouvelles entités, dans un DÉLAI
de 120 jours. Celle-ci prévoit notamment le démantèlement du Katanga (appelé Shaba sous le règne de Mobutu) dont les frontières étaient inchangées depuis 1960, et qui sera divisé en quatre provinces. En outre, selon son entourage, Katumbi ne briguera pas le nouveau gouvernorat du Haut-Katanga qui, avec Lubumbashi pour chef-lieu, aurait pu être un point de chute.Ce nouvel épisode ne marque toutefois pas la fin de sa carrière politique. On prête en effet à ce riche homme d’affaires, propriétaire du Tout-Puissant Mazembe (le club de football le plus réputé du pays) des ambitions en vue de la prochaine élection présidentielle. Katumbi ne les a jamais confirmées publiquement, mais il ne se prive pas de faire entendre une voix discordante au sein de la majorité présidentielle.
Aura dans l’opposition
Frondeur, il avait ainsi fait connaître – par une métaphore footballistique – son opposition à un troisième mandat du président Kabila, qui aurait supposé de changer de Constitution. Les deux hommes se sont rencontrés pendant près de deux heures, le 27 février à Kinshasa. Mais Katumbi est resté ferme sur cette question, assure son entourage. Bien qu’il soit toujours membre du présidentiel, il a pris ses distances avec plusieurs de ses caciques et ses interventions lui valent une certaine aura dans l’opposition.
Au Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba (toujours en détention à la Cour pénale internationale), on reconnait son poids, notamment électoral. Quant à Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), il a déclaré en janvier au Financial Times (la bible des anglo-saxonne des milieux d’affaires) que “tout dépend[ait] de Moïse Katumbi : il va décider de l’élection”. Si Katumbi a annoncé qu’il quittait un gouvernorat, il n’a pas annoncé son retrait de la vie politique.
(Jeune Afrique)
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Découpage du Katanga en RDC: Moise Katumbi annonce son départ
-Au cours d’une cérémonie ce samedi 7 mars dans la cadre de la Journée internationale des femmes, Moise Katumbi Chapwe a dit au revoir à la population du Katanga. Le gouverneur de la riche province cuprifère de RDC a annoncé qu’il attendait la nomination des futurs animateurs des quatre provinces qui constituent désormais l’ancien Katanga redécoupé territorialement pour partir. Ce qui a créé une forte émotion au sein de la foule.Selon le nouveau découpage, la République démocratique du Congo compte 26 provinces au lieu de 11 jusqu’il y a quelques jours. Si dans certaines provinces, ce découpage n’a pas créé beaucoup de remous, au Katanga par contre, de nombreuses personnes ont rejeté la démarche.
En 2010, l’association culturelle Lwanzo Lwa Mikuba avait initié une pétition envoyée à Kinshasa pour dire « non » à ce qui avait été décidé en 2006. Le président de cette association, Vano Kiboko, est aujourd’hui en prison. Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale du Katanga, est revenu à la charge deux fois, en 2010 et tout récemment, avec des pétitions qui auraient dépassé le million de signatures, pour dire à nouveau « non » à cette forme de découpage territorial.
Gabriel Kyungu jouit aussi d’une grande notoriété au sein de la population katangaise, avec Jean-Claude Muyambo Kyassa en prison à Kinshasa, ils sont également considérés, à côté de Moise Katumbi Chapwe, comme de grands leaders katangais. Et pour une frange non moins importante des Katangais, la solution de la gestion du Katanga n’est pas l’éclatement, c’est plutôt la rétrocession effective des recettes aux provinces.
(RFI)
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Étienne Tshisekedi, ad vitam aeternam
-De retour, le vieil opposant congolais semble le seul à pouvoir remettre de l’ordre dans son parti. La situation s’est certes dégradée en son absence… mais peut-être pas autant que son état de santé.Sa diction est lente, hésitante… Mais enfin, il parle. Coiffé de son éternelle casquette, se déplaçant d’un pas mal assuré mais sans aide, l’opposant “historique” congolais, Étienne Tshisekedi, est venu à la fête organisée le 21 février à Bruxelles pour le 33e anniversaire de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Malgré son apparente faiblesse, ses partisans lui ont réservé un accueil de rock star. Car son apparition surprise, agrémentée d’une allocution de quelques minutes, est la première, en public, depuis décembre 2013. Et survient alors que des rumeurs alarmistes le disaient paralysé. Son fils Félix refuse de divulguer le mal dont il souffre mais dit garder espoir.”Sa santé s’est beaucoup améliorée ces derniers mois, confie-t-il. Et cela continue.”
Faire descendre ses partisans dans la rue
À 82 ans, le complet rétablissement d’Étienne Tshisekedi demeure pour le moins incertain. Pourtant, l’UDPS aurait grandement besoin de lui. Depuis le début de l’exil médical de son président en Belgique, en août 2014, le parti a beaucoup perdu de son influence. Autrefois moteur de l’opposition, capable de faire descendre massivement ses partisans dans la rue, il a été dépassé par les événements lorsque manifestants et émeutiers ont paralysé Kinshasa du 19 au 21 janvier. À preuve, l’appel à manifester le 26 janvier, lancé par son secrétaire général, Bruno Mavungu, n’a pas été suivi.
Surtout, des fractures internes sont apparues au grand jour. Au Canada et en Belgique, des groupes rivaux se disputent le titre de branche officielle de l’UDPS. “Et ce processus risque de s’amplifier”, soupire un autre membre du parti. En toile de fond, c’est une bataille pour le contrôle de cette formation politique qui est en train de se jouer. D’un côté, la famille biologique d’Étienne Tshisekedi : son épouse, “Maman” Marthe, son fils Félix, et leurs fidèles, dont Bruno Mavungu.
De l’autre, ses anciens proches conseillers, comme Valentin Mubake et Albert Moleka, qui sont désormais tenus à l’écart du patriarche et accusent la famille d’avoir une emprise sur lui, voire de le manipuler. Marthe et Félix Tshisekedi sont notamment soupçonnés de vouloir infléchir la ligne du parti, traditionnellement intransigeante. Alors que, depuis le scrutin de 2011, où il est arrivé deuxième, ses partisans le considèrent toujours comme le président élu, le patriarche a appelé au “dialogue”. “Il s’agirait, sous l’égide de la communauté internationale, de régler le contentieux des dernières élections pour que les prochaines aient lieu sereinement, précise son fils, Félix. Mais une cohabitation gouvernementale est hors de question.”
Jamais une formation politique congolaise importante n’a survécu à son leader historique
Tout en assurant vouer le plus grand respect à leur chef, ses anciens bras droits estiment que le parti doit s’organiser pour fonctionner un jour en son absence. Alors que jamais une formation politique congolaise importante n’a survécu à son leader historique, un tel scénario serait inédit. Aux yeux du clan familial, personne n’a l’envergure pour lui succéder. Malgré son âge et son état de santé, Étienne Tshisekedi semble en effet le seul dénominateur commun entre les différents courants de l’UDPS. Le congrès du parti, en décembre, pourrait donc consacrer à nouveau son leadership, voire son investiture pour la prochaine présidentielle…
(Jeune Afrique)
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Albert Moleka conjugue Tshisekedi au passé
-De passage à Paris en France à son retour de Washington, l’ancien directeur de cabinet du président de l’Udps, Albert Moleka a indiqué au cours d’une interview sur France 24 qu’Etienne Tshisekedi devait renoncer à postuler en 2016. Il avait promis de raccrocher les crampons. L’Udps doit logiquement tourner certaines pages historiques, a-t-il ajouté. M. TShisekedi en 2010 avant de rentrer au pays, précise Moleka, avait assuré que les élections de 2011 constituaient son dernier combat- un combat de toute une vie. Le dircab contesté pensequ’Etienne Tshisekedi a encore un rôle à jouer mais seulement comme patriarche politique. Il déconseille vivement à ceux qui veulent l’obliger à faire un combat de trop. Moleka propose la mise en place d’un directoire avec six cadres dont trois venant de l’intérieur et trois autres de l’extérieur du pays. Le nouveau directoire jouera un rôle clé dans cette période pré-électorale parce que, selon lui, le parti doit se lancer dans la bataille électorale.
Le cadre Udps estime qu’il est grand temps pour que l’Udps se détermine. Le 13 mars 2014, Moleka rappelle qu’Etienne Tshisekedi lui avait déjà donné six noms pour constituer la nouvelle direction politique. ‘‘Parmi les trois noms du pays figurait mon nom et dans les trois de l’étranger, il y avait aussi le nom de Félix Tshisekedi’’, affirme Moleka qui ajoute que lui-même Tshisekedi voulait déjà passer la main, passer le bâton de commandement. Malheureusement, un incident de caractère familial avait interrompu notre séance de travail, déplore-t-il. A la question de savoir qui doit succéder à Tshisekedi, Moleka s’est refusé d’avancer un quelconque nom mais néanmoins, il a tracé un portrait-robot. Le successeur du leader maximo doit être rassembleur, un connaisseur de l’Udps et surtout il doit être au-dessus de clivages, a insisté Albert Moleka.
Pays:Média:7sur7.cd -

Les Congolais partagés sur la loi instituant les nouvelles provinces
-Promulguée lundi 2 mars par le chef de l’Etat, la loi de programmation déterminant les modalités d’installation des nouvelles provinces est diversement appréciée par les Congolais. Si elle a été saluée par les acteurs politiques en Ituri (Province Orientale) comme des jeunes à Mbandaka (Equateur) cela n’est pas le cas dans toute la province du Katanga.Des députés originaires de l’Ituri saluent cette loi qui, selon eux, couronne une longue lutte politique soutenue par toute la classe politique iturienne depuis l’accession de la RDC à l’indépendance.C’est en 1962 que l’Ituri avait connu pour la première fois son expérience comme province à part entière, autonome de l’autorité de Kisangani. Cette expérience qui n’avait pas fait long feu a été rééditée en 1999 lors de l’occupation de ce district par l’armée ougandaise.En 2010, trente députés provinciaux originaires de l’Ituri, s’appuyant sur la constitution de 2006, avaient, par une déclaration unilatérale, décrété la province de l’Ituri sans que leur action ne soit validée par les autorités de Kinshasa.Les politiciens de ce district de la Province Orientale déclarent s’engager également à sensibiliser la population pour les potentiels candidats briguent des postes à tous les niveaux dans la nouvelle province de l’Ituri.Le député de la Majorité présidentielle, Abdallah Pene Mbaka estime qu’il est temps pour la population doit avoir un œil regardant sur l’autorité de la Province Orientale qui aura bientôt à expédier les affaires courantes en attendant l’installation des nouvelles structures provinciales.Des jeunes satisfaits à MbandakaA Mbandaka (Equateur), l’Union des jeunes patriotes kabilistes (UJPK) a salué la promulgation de la loi sur le découpage territorial en RDC.Dans leur déclaration politique déposée mardi 3 mars à Radio Okapi, ils justifient leur satisfaction par le fait que cette loi favorise la création d’emplois.«L’UJPK justifie sa joie du fait qu’à la faveur de ce découpage, de nombreux jeunes en chômage vont trouver des emplois notamment avec la mise en place des structures fonctionnelles de chaque nouvelle province notamment les cabinets des Assemblées provinciales, des gouvernorats, des ministères provinciaux, des mairies ainsi que des banques », a indiqué le président de l’UJPJ, Joël Ilangila.Il est également persuadé que cette nouvelle loi va certainement contribuer au développement de chaque entité congolaise.Dans la capitale provinciale de l’Equateur, des Jeunes membres de la Ligue des jeunes du PPRD, le parti présidentiel, saluent aussi la promulgation de cette loi.
Controverse au KatangaCertains députés provinciaux du Katanga estiment qu’il vaut mieux renforcer la décentralisation au lieu de démembrer les provinces de la RDC. Ils estiment que si la décentralisation n’est pas encore effective le découpage restera un mot vain.Cet avis est partagé par l’évêque Kilwa-Kasenga, Monseigneur Fulgeance Muteba. Pour ce prélat catholique, la loi sur le découpage territorial vient annihiler l’identité katangaise :«Cette loi qui a été promulguée vient de consacrer la mort de l’identité katangaise. Les générations futures nous condamneront. L’identité katangaise est une solidarité qui va du Nord au sud du Katanga malgré des problèmes internes. Il y a une solidarité du Katanga à travers ses innombrables tribus mais on ne peut plus en parler aujourd’hui».D’autres députés katangais sont favorables au démembrement des provinces car, selon eux, il permet de rapprocher les gouvernés des gouvernants.«Je pense que les anciennes provinces étaient très vastes. Des anciens gouverneurs avaient des penchants pour tel ou tel coin. En démembrant les nouvelles provinces, on aura à gérer des coins gérables», a souligné le député provincial Clément Mufundji.Les provinces du Bandundu, de l’Equateur, les deux Kasaï, le Katanga et la Province-Orientale vont être démembrées, contrairement à celles du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Bas-Congo, qui devient Kongo Central, et la ville-province de Kinshasa.L’installation des nouvelles provinces devra se faire en deux phases. Au cours de la première, les provinces non concernées par le démembrement seront installées. La deuxième phase concerne les provinces du Katanga, les deux Kasaï, le Bandundu, l’Equateur et la Province Orientale.(Radio Okapi) -

Lambert Mende critique encore une fois les propos de De Croo
-Le ministre congolais de l’Information et porte-parole du gouvernement de Kinshasa, Lambert Mende Omalanga, a une nouvelle fois fustigé les propos “vitriolés” tenus par le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, qui avait, lors de sa visite en République démocratique du Congo (RDC), dénoncé des mesures prises par le régime du président Joseph Kabila lors de troubles le mois dernier.“J’ai pris connaissance, comme d’autres compatriotes, de la volée de bois vert que vous avez cru devoir infliger aux autorités de la RDC auxquelles vous avez reproché ‘des mesures liberticides’, vous insurgeant particulièrement contre des arrestations arbitraires, l’instrumentalisation de la justice ainsi que le blocage d’Internet et des réseaux sociaux par lesdites autorités“, a indiqué M. Mende dans une lettre ouverte publiée jeudi par la presse kinoise.
“Passons sur le ton: n’est pas diplomate qui veut…“, ajoute le ministre congolais, qui s’était déjà dit lundi “choqué” par les mots prononcés par Alexander De Croo.
Le ministre belge avait dénoncé, quelques heures après son arrivée à Kinshasa, “la situation face à laquelle nous nous trouvons, avec son lot d’arrestations, de justice arbitraire et d’interruption de l’internet mobile et du trafic des SMS, l’instrumentalisation de la justice“, qui n’est selon lui “pas tolérable“.
“On aurait pu mettre les propos vitriolés dont le gouvernement qui vous recevait a été gratifié sur le compte de ce mimétisme colonial par procuration auquel d’autres émissaires belges en d’autres temps nous avaient habitués“, poursuit M. Mende, dans une allusion à Karel De Gucht, un ex-ministre des Affaires étrangères, lui aussi libéral flamand, connu pour ses critiques à répétition des dirigeants congolais, au point de provoquer une grave crise entre Kinshasa et Bruxelles.
“Il faut, hélas, constater qu’il s’agit tout simplement d’ignorance. Votre discours dans une langue, le néerlandais, que très peu de Congolais maîtrisent, témoigne en effet d’une méconnaissance du fait que le monde a changé depuis l’indépendance de notre pays en 1960 et que les fictions infantiles de Tintin au Congo sont passablement dépassées comme grille de lecture des faits et des idées“, affirme encore le porte-parole du gouvernement congolais en faisant allusion aux propos de Alexander De Croo, prononcés samedi soir, en petit comité, dans le jardin de la résidence de l’ambassadeur de Belgique en RDC, alternativement en français et en néerlandais, selon des journalistes présents.
Dans sa lettre ouverte, M. Mende s’étonne qu’au moment où tous les pays du monde, Belgique comprise, prennent des mesures conservatoires contre le terrorisme et envisagent un resserrement des législations contre la cybercriminalité, “vous vous évertuez à dissuader la RDC, victime de l’extrémisme violent, d’entreprendre cet exercice légitime de vigilance“.
Il cite l’exemple de la France, qui a décidé de “mieux contrôler les applications des réseaux sociaux“, du pape François qui a déclaré après l’attentat de Charlie Hebdo que “l’impératif sécuritaire peut commander que des limites soient apposées à la liberté d’expression” ainsi que les Etats-Unis et le Nigeria qui ont bloqué le compte twitter de la secte islamiste Boko Haram.
M. Mende défend aussi l’arrestation des présumés coupables de l’assassinat de deux policiers congolais – “l’un par balle et l’autre lynché par une bande bien identifiée” – lors des émeutes de janvier qui avaient fait au moins 27 morts, selon un bilan officiel, et évoque l’action de la police de Verviers qui a tué deux personnes soupconnées de préparer un attentat.
Selon le porte-parole du gouvernement, “les personnes arrêtées lors des événements de triste mémoire que les Congolais ont vécu les 19 et 20 janvier derniers, avaient été, dans leur grande majorité, surprises par la police en flagrant délit de pillage, d’incendie criminel, de vandalisme ou de violences”.
“Mais vous vous permettez d’enjoindre à la justice de ne pas les poursuivre“, poursuit M. Mende.Affirmant ne pas savoir grand chose sur la trajectoire personnelle de Alexander De Croo, il assure avoir tendance à lui accorder le bénéfice du doute.
Belga -

Kinshasa fustige les critiques du ministre belge De Croo envers le régime de Kabila
-Le gouvernement congolais s’est dit “choqué” et “fatigué des donneurs de leçons” après avoir essuyé les critiques frontales d’Alexander De Croo, le ministre belge de la Coopération au développement, en visite en RDC du au 20 au 25 février en compagnie de Didier Reynders, son collègue des Affaires étrangères.Il n’aura pas attendu longtemps avant de créer la polémique. Quelques heures à peine après son arrivée en République démocratique du Congo (RDC), samedi 21 février, Alexander de Croo, le ministre belge de la Coopération, a tiré a boulé rouge sur le régime de Joseph Kabila. Accompagné du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, il a vertement dénoncé les récentes violations des droits de l’homme dans le pays.
“La situation face à laquelle nous nous trouvons, avec son lot d’arrestations, de justice arbitraire et d’interruption de l’internet mobile et du trafic des SMS n’est pas tolérable”, a fustigé le ministre devantr des journalistes. Nous ne pouvons pas accepter le statu quo des dernières semaines en RDC”. Des déclarations qui ont évidemment été applaudies des deux mains par l’opposition congolaise.
“Toute l’opposition et la société civile accueillent favorablement les mots du ministre De Croo”, a expliqué Vital Kamerhe de l’Union pour la nation congolaise (UNC) à l’agence Belga. “Pendant notre entretien, M. Reynders m’a confirmé qu’il était sur la même ligne que M. De Croo, même si chacun a son style propre. Pour nous, cela compte que le gouvernement belge ait pris une position claire”.
“Un régime qui prend la direction de la dictature”
Felix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi et porte-parole du groupe parlementaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a également salué les propos de M. De Croo. “C’est normal que de telles déclarations soient faites au sujet d’un régime qui prend la direction de la dictature”, a-t-il lancé. Et d’ajouter : “Si les élections ne sont pas organisées avant fin 2016, nous aurons le chaos. (…) Rien ne sera plus légal au Congo”.
En dépit de ces propos controversés, qui ont fait la une de la presse congolaise, le président Joseph Kabila a accepté de rencontrer les deux vice-Premiers ministres belges in extremis, mercredi soir, avant leur départ de Kinshasa. La rencontre s’est déroulée à huis clos, sans la présence des médias, dans un climat détendu, aux dires des deux hommes politiques belges.
Réplique de Lambert Mende : “les fictions infantiles de Tintin au Congo sont passablement dépassées”
Le gouvernement congolais n’a cependant pas tardé à réagir de manière très vigoureuse, par un communiqué assassin du ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, en date du 25 février 2015. “Votre discours dans une langue, le néerlandais, que très peu de Congolais maîtrisent, témoigne en effet d’une méconnaissance du fait que le monde a changé depuis l’indépendance de notre pays en 1960 et que les fictions infantiles de Tintin au Congo sont passablement dépassées, comme grille de lecture des faits et des idées”, écrit-il.
“Les personnes arrêtées lors des événements de triste mémoire que les Congolais ont vécu les 19 et 20 janvier derniers, avaient été, dans leur grande majorité, surprises par la police en flagrant délit de pillage, d’incendie criminel, de vandalisme ou de violences mais vous vous permettez d’enjoindre à la justice de ne pas les poursuivre. Illusion du savoir immédiat ou réceptivité excessive aux caricatures de la rumeur ? Peut-être les deux”, poursuit Lambert Mende.
Le porte-parole du gouvernement accorde cependant “le bénéfice du doute” à De Croo, en indiquant le juger moins sévèrement qu’un ancien ministre belge qui “avait pris l’habitude depuis 2001 de se fourrer jusqu’au cou dans les affaires congolaises en s’autoproclamant “faiseur de rois” sous nos tropiques, dit-il en référence à Karel De Gucht. Mais Lambert Mende ne peut s’empêcher de décocher la flèche du Parthe. “Je suis néanmoins perturbé devant le fait que les présumés pillards des 19 et 20 janvier dont vous êtes devenu l’avocat passionné avaient ciblé quasi exclusivement les intérêts chinois à Kinshasa. J’ai donc la pénible impression que c’est moins l’intérêt des “pauvres Congolais” que celui de ces groupes mercantilistes rivaux des Chinois qui nous oppose. Plaise à Dieu qu’elle soit fausse !”
(Jeune Afrique)
