Tag: Politique

  • RDC : démonstration de force de Moïse Katumbi à Lubumbashi

    RDC : démonstration de force de Moïse Katumbi à Lubumbashi

    Retour-Katumbi-1-déc.-2014Retour remarqué du gouverneur du Katanga ce mardi dans sa province, après trois mois d’absence. Plusieurs milliers de personnes ont accueilli Moïse Katumbi dans une mise en scène millimétrée pour celui que l’on présente comme un possible rival du président Joseph Kabila.

    Les rumeurs le disaient malade, victime d’une tentative d’empoisonnement et en soins intensifs à Londres depuis trois mois, mais le gouverneur du Katanga est apparu rayonnant à sa descente d’avion dans son fief de Lubumbashi, ce mardi. Dans une mise scène soigneusement préparée, Moïse Katumbi a été accueilli par une foule imposante avant de prendre la parole, place de la Poste, au centre de la capitale minière. Les bains de foule sont une habitude pour l’homme d’affaires Katumbi, également à la tête du club de football de la ville, le Tout Puissant Mazembe. Mais aujourd’hui ce retour « quasi présidentiel » résonne étrangement dans un pays agité par le débat sur la modification constitutionnelle et le possible maintient au pouvoir du président Joseph Kabila après 2016.

    Allusion à la révolution burkinabè

    Les signaux étaient nombreux pour ceux qui voulaient décrypter un message politique dans ce retour très préparé et très médiatique de Moïse Katumbi à Lubumbashi. Dès la descente de l’avion, le gouverneur, tout sourire, était accueilli par le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu, lui aussi très opposé à tout changement constitutionnel. Car, si le patron du Tout Puissant Mazembe, a toujours été un soutien sans faille du président Joseph Kabila, en 2006 et en 2011, Moïse Katumbi avait fait fuiter sa désapprobation de toute réforme constitutionnelle permettant à Joseph Kabila et briguer un troisième mandat. Dans son discours, place Moïse Tshombe, Katumbi a d’abord demandé une minute de recueillement pour toutes les victimes en RDC, avant d’appeler les Congolais des provinces à « s’aimer les uns les autres ». Autre message plein de sous-entendus, Moïse Katumbi a fait allusion au « courage du peuple burkinabé qui a mené à bon port la révolution ». La chute de Blaise Compaoré, fin octobre, avait été très observée en République démocratique du Congo (RDC). A Ouagadougou, le président burkinabé a été renversé après avoir voulu modifier la Constitution pour pouvoir rester dans son fauteuil… comme projette peut-être de le faire Joseph Kabila, selon l’opposition congolaise.

    Un sérieux rival à Kabila ?

    Dans cette période d’incertitude politique, le nom de Moïse Katumbi revient sur toutes les lèvres,  comme un possible prétendant à la succession de Joseph Kabila. L’homme possède de nombreux atouts : jeune, riche, populaire, président du plus important club de foot congolais, Moïse Katumbi vient aussi de la riche province minière du Katanga, véritable« coffre fort » du Congo et forte pourvoyeuse de voix lors des élections. Autant d’avantages, qui font de Moïse, un rival sérieux du président Kabila. Pourtant, Katumbi a toujours soutenu Joseph Kabila sans jamais être déloyal. Le rapprochement entre les deux hommes s’était opéré grâce à l’intermédiaire de Katumba Mwankwe, l’éminence grise de Kabila, Katangais lui aussi et aujourd’hui décédé. Avec le temps, les liens se sont distendus entre les deux hommes et la volonté de changer la Constitution, exprimée par le camp présidentiel, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Katumbi n’est pas un politique, mis il a pris goût à sa fonction de gouverneur du Katanga. Cet après-midi, dans son discours, il a d’ailleurs promis le retour de l’électricité aux Katangais venus l’applaudir à Lubumbashi. Derrière le patron du club de football, le politique n’est désormais plus très loin et certains rêvent pour lui d’un destin national.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Une ONG dénonce des “menaces” contre les opposants à un troisième mandat du président

    Une ONG dénonce des “menaces” contre les opposants à un troisième mandat du président

    opposition congolaise-Une association congolaise des droits de l’Homme a dénoncé lundi les “menaces” et “intimidations” que subissent ceux qui refusent une modification de la constitution permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.

    “L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) condamne les menaces et intimidations dont font l’objet actuellement plusieurs personnes qui s’opposent à la révision constitutionnelle en RDC” (République démocratique du Congo) et demande au président de les “faire cesser”, indique un communiqué de l’association.

    L’Acaj explique que des membres de la majorité, de l’opposition et de la société civile ont été ainsi ciblés par “des services de sécurité (…) à cause de leur opposition à toute révision constitutionnelle, notamment de l’article 220 qui limite à deux le mandat du président de la République”.

    Elle cite le cas de l’ex-député Vano Kalembe Kibiko qui, lundi, a été arrêté et “acheminé au Parquet général” pour s’être “opposé à la révision constitutionnelle” et “avoir dit soutenir la candidature du gouverneur de province du Katanga, Moïse Katumbi”, à la présidentielle prévue en 2016.

    Le charismatique gouverneur est rentré mardi dans sa province minière, poumon économique du pays, après trois mois passés à l’étranger. Il a été accueilli triomphalement et a prononcé un discours où il semblait s’opposer à un troisième mandat de M. Kabila, sans pour autant se poser comme alternative.

    “La justice ne doit pas être instrumentalisée dans une société démocratique pour intimider ceux qui expriment librement (et) légitimement leurs opinions sur la conduite des affaires publiques, les échéances électorales ou contredisent les points de vue du gouvernement”, souligne l’Acaj, exigeant la libération “sans condition” de l’ancien député.

    Le président Kabila est arrivé au pouvoir en 2001, en remplacement de son père, Laurent-Désiré Kabila, assassiné. Il avait été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par la communauté internationale et l’opposition.

    Selon la constitution actuelle, il ne peut pas briguer un troisième quinquennat, mais l’opposition accuse son camp de vouloir changer la donne.

    Samedi, à l’ouverture d’une session extraordinaire du parlement, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a souligné qu’il ne serait question pour l’instant “ni d’une quelconque révision constitutionnelle”, “ni d’une quelconque manipulation de la loi électorale aux fins de révision constiutionnelle”.

    RFI

  • Élections en RDC : l’UDPS plaide pour une “organisation consensuelle” en 2016

    Élections en RDC : l’UDPS plaide pour une “organisation consensuelle” en 2016

    udps-Bruno Mavungu et Félix Tshisekedi, deux leaders de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ont tenu dimanche une conférence à Paris au cours de laquelle ils ont indiqué la position de leur parti sur les prochaines élections en RDC, en 2016.

    Dimanche 28 décembre, 16 heures. La salle de conférence de l’Hôtel Normandie, rue de l’Échelle à Paris, est déjà noire de monde. Des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’une de principales formations politiques de l’opposition de la RDC, attendent impatiemment l’arrivée de Bruno Mavungu, secrétaire général du parti, et de Félix Tshisekedi, le chargé des relations extérieures. Deux de leurs dirigeants de passage dans la capitale française.

    Dans une ambiance bon enfant, en attendant les deux orateurs du jour en retard, des militants se procurent à l’entrée de la salle des t-shirts à l’effigie d’Étienne Tshisekedi, leader de l’UDPS, qui se trouve encore en convalescence en Belgique. “C’est notre président qui a gagné les élections de 2011”, commente un cadre du parti. Tout porte à croie que trois années plus tard, la réélection de Joseph Kabila n’a pas toujours été digérée à l’UDPS.

    udps 1

    Lorsque Bruno Mavungu et Félix Tshisekedi font finalement leur entrée après 30 minutes de retard, l’assemblée, peu rancunière, se lève pour les applaudir. La conférence peut enfin commencer. Edouard Maludji Olito, représentant de l’UDPS en France, se charge de “tracer les périmètres” des échanges. Au menu : situation interne au sein du parti, réactions sur discours de Joseph Kabila relatif à l’état de la nation et accord-cadre d’Addis-Abeba.

    “Tempête dans un verre d’eau”

    Bruno Mavungu se veut rassurant. Toutes les dissensions internes rapportées ces derniers jours ne seraient qu’une “tempête dans un verre d’eau”. “L’UDPS se porte bien”, assure-t-il, faisant référence notamment au “succès” de la dernière tournée de Félix Tshisekedi dans les deux Kasaï et au Katanga.

    Traitant le président Kabila d’arrogant pour avoir “défié la communauté internationale”, le secrétaire général de l’UDPS soutient que son parti, lui, est resté attaché aux prescriptions de l’accord-cadre d’Addis Abeba et demande l’ouverture d’un dialogue politique pour assurer une “alternance apaisée” en RDC. Un dialogue qui devait se pencher entre autres sur le “contentieux électoral de 2011” [l’UDPS continue à considérer son champion comme le “président élu” de la République, NDLR] et la “restructuration de la commission électorale nationale indépendante (Ceni)”, condition sine qua none pour une “organisation consensuelle des élections”, selon Bruno Mavungu. Quitte à glisser au-delà de 2016 ?

    L’UDPS n’écarte pas l’hypothèse et avance l’idée de la mise en place d’une transition politique. “Nous devons considérer la question dans tous ses angles. La transition, c’est quelque chose à définir dans le dialogue : on peut ou ne pas aller dans une transition mais on peut retarder les choses pour que l’aboutissement soit heureux”, explique Mavungu. Et Félix Tshisekedi de renchérir : “Nous continuons à marteler la nécessité de la tenue d’un dialogue” en RDC. Une voie pourtant abandonnée par l’opposant Vital Kamerhe, présenté il y a quelques semaines encore comme son nouvel allié. “Mais l’UDPS a son propre agenda pour 2016”, se justifie un cadre du parti. Difficile d’y voir clair, pour le moment.

    Jeune Afrique

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    Par Trésor Kibangula

  • RDC : la révision constitutionnelle s’éloigne (un peu)

    RDC : la révision constitutionnelle s’éloigne (un peu)

    minaku a-Le président de l’Assemblée nationale congolaise a affirmé samedi « qu’il ne serait pas question d’une éventuelle révision constitutionnelle » au cours de la session extraordinaire du Parlement. L’opération « déminage » d’Aubin Minaku ne rassure pas complètement l’opposition.

    Aubin Minaku calme le jeu à Kinshasa, où le débat sur une possible modification de la Constitution agite la classe politique congolaise. Lors de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement, ce samedi, les deux chambres devaient notamment examiner le projet de loi électorale. Au menu : la loi n°006/006 du 09 mars 2006, modifiée en 2011, portant sur l’organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales. L’opposition craint que le président Joseph Kabila ne cherche à changer les règles du jeu pour pouvoir se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat en 2016.

    « Pas de manipulation de la loi électorale » selon Minaku

    Samedi, le président de l’Assemblée nationale à repousser toute possibilité d’une révision constitutionnelle pendant la session extraordinaire des deux chambres, entre le 27 décembre et le 26 janvier 2015. Minaku a déclaré « qu’il ne serait pas question d’une éventuelle révision constitutionnelle, le gouvernement devant d’abord déposer son projet de loi électorale ». Pour justifier cette position, le président de l’Assemblée a expliqué qu’il n’y avait pas sur sa table de texte « sur la question de la loi électorale en état d’être présenté en plénière ». Revenant sur la polémique que suscite la possible modification de la Constitution par la majorité présidentielle, Minaku a martelé : « il n’est pas question ni d’une quelconque révision constitutionnelle, ni d’une quelconque manipulation de la loi électorale aux fins de révision constitutionnelle ou de prolongement de nos différents mandats respectifs ».

    L’opposition prudente

    Les groupes parlementaires d’opposition, MLC, UDPS et UNC ont « pris acte » des déclarations d’Aubin Minaku, mais notent toutefois l’ambiguïté du président de l’Assemblée sur la loi électorale « dont il a reconnu l’absence de toute proposition ». L’opposition se veut donc méfiante et déclare qu’elle ne participera pas « à une quelconque séance de travail de l’Assemblée nationale visant la discussion et le vote d’une modification ou d’une nouvelle loi électorale ». Les opposants exigent enfin de la Commission électorale (CENI) la publication « sans délai d’un calendrier électoral global afin de mettre fin aux institutions illégitimes ». Si les propos rassurants d’Aubin Minaku avaient pour objectifs de désamorcer une crise politique larvée au Parlement congolais, le calme risque d’être de courte durée. Le calendrier électorale pourrait glisser et l’opération de recensement général de la population voulue par le président Kabila pourrait retarder les échéances. La « patate chaude » électorale est désormais dans les mains de la CENI.

    Christophe RIGAUD

  • RDC: un projet de révision de la loi électorale inquiète l’opposition

    RDC: un projet de révision de la loi électorale inquiète l’opposition

    députés kinshasa parlement kabila_0-La session extraordinaire du Parlement de la République démocratique du Congo (RDC) à Kinshasa à ouvert ce samedi 27 décembre. Les travaux vont durer près d’un mois, les députés doivent examiner notamment des projets de révision de la carte électorale, mais aussi de la loi électorale. Ce second volet nourrit quelques suspicions dans le camp de l’opposition.

    La session extraordinaire du Parlement de RDC a commencé aux alentours de midi ce samedi 27 décembre, ont confirmé à RFI des députés sur place. Les débats doivent durer jusqu’au 26 janvier et pourraient bien être houleux. Au programme, un projet de loi divise grandement l’Assemblée, puisqu’elle pourrait venir modifier la législation actuelle sur l’organisation des élections présidentielles et législatives.

    Au premier abord, il s’agit de règles organisationnelles, des détails qui peuvent même sembler un peu techniques pour mettre en place les procédures de vote ou de présentation de candidature. Mais l’opposition redoute que les autorités en profitent pour lever les dispositions légales qui empêchent le président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat en 2016. Pour le moment, le président ne peut pas. D’abord en vertu de la Constitution qui a une valeur supérieure en droit dans la hiérarchie juridique, mais aussi en vertu de la loi électorale actuelle dont il est question au Parlement.

    La députée Eve Bazaiba Masudi, secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC) a prévenu : « L’opposition ne participera pas à une quelconque plénière sur la révision de la loi électorale en vigueur, car celle-ci actuellement ne pose aucun problème sauf pour ceux qui ont un agenda caché. »

    La majorité dénonce, elle, un procès d’intention. Si ce projet de loi est bien déposé, il sera là pour améliorer le processus électoral, explique Sebastien Lubanga Shamandevu, porte-parole de la Majorité présidentielle (MP). « Nous ne parlons que de la loi électorale. Nous ne parlons pas de révision de la Constitution, personne n’en parle. Il faut qu’il y ait une loi électorale pour permettre à la Céni d’organiser des élections que tout le monde devra accepter ». Cette session parlementaire s’ouvre donc dans la suspicion. La fin des travaux est annoncée pour le 26 janvier.

    RFI

  • RDC: Moise Katumbi sera-t-il candidat à l’élection présidentielle?

    RDC: Moise Katumbi sera-t-il candidat à l’élection présidentielle?

    moise-La petite phrase du gouverneur du Katanga suscite de nombreuses réactions politiques. De retour à Lubumbashi après deux mois d’absence, Moise Katumbi a utilisé une image empruntée à l’univers du football, cher au promoteur du tout puissant Mazembe. Cette figure de la majorité présidentielle a évoqué « deux penalties acceptés, mais un troisième qui pourrait inciter le public à descendre sur le terrain ».

    Ces propos ont été perçus comme une mise en garde à l’égard de Joseph Kabila, le chef de l’Etat qui est en train de finir son deuxième et dernier mandat constitutionnel.

    L’UNC se félicite que le cercle de ceux qui disent non à un troisième mandat pour Joseph Kabila s’élargisse. « C’est un grand signal, il s’agit du gouverneur de la province d’origine du chef de l’Etat », déclare Vital Kamerhe, le président de ce parti d’opposition. « Les jours de Kabila sont comptés, on donnait le Katanga acquis au président et on a la confirmation que ce n’est plus le cas », renchérit Félix Tshisekedi, le secrétaire national aux relations extérieures de l’UDPS.

    Pour Martin Fayulu des FAC, Forces acquises au changement, avec cette déclaration, Moise Katumbi a sans nul doute claqué la porte de la majorité présidentielle. Preuve, selon lui, que le camp de Joseph Kabila se vide.

    L’un de ceux qui a justement fait défection, le président du parti Solidarité congolaise pour la démocratie, Jean-Claude Muyambo, estime pour sa part que la petite phrase du gouverneur du Katanga était certes un appel à la population à refuser un troisième mandat pour Joseph Kabila. Mais que cela ne signifie pas que Moise Katumbi est prêt à quitter le parti présidentiel. Il faut savoir si la majorité peut se concilier ou pas avec sa position, explique-t-il.

    Du côté de la majorité justement, peu de commentaires, tout juste quelques critiques à l’égard de Moise Katumbi qui a toujours laissé planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle face à Joseph Kabila en 2006, en 2011, avant de se ranger derrière le chef de l’Etat. Mais, le porte-parole de la majorité, Sébastien Luzanga, promet une position officielle dans les prochains jours.

    RFI

  • RDC: Au Katanga, le discours de Moise Katumbi salué par la population

    RDC: Au Katanga, le discours de Moise Katumbi salué par la population

    katumbi-Après deux mois passés à l’étranger, le gouverneur du Katanga est rentré mardi à Lubumbashi. Moise Katumbi Chapwe a été accueilli par une foule nombreuse. Dès son arrivée, il a pris la parole pour une brève allocution. Pour beaucoup, le gouverneur s’est aligné sur ceux qui déconseillent à Joseph Kabila d’effectuer un troisième mandat.

    Au Katanga, le discours de Moise Katumbi n’a pas surpris. Depuis l’échec du conclave des notables katangais à Kinshasa, il y a quelques semaines, les relations entre le sommet et les responsables de la province cuprifère ont changé. Les participants à ses assises avaient rejeté la révision constitutionnelle et le découpage territorial.

    En séjour prolongé à l’étranger, le gouverneur Katumbi avait-il le choix d’agir contrairement à la volonté de la population au risque d’être désavoué par celle-ci ? Opposition, majorité, société civile ; tous semblent être sur la même longueur d’onde. Et c’est du Katanga qu’ont été annoncées les deux premières défections au sein de la majorité.

    L’adresse – quoique brève – de Moise Katumbi Chapwe, à son retour à Lubumbashi, semble avoir ravi une frange importante de la population venue nombreuse l’accueillir. Reste maintenant au patron du Tout Puissant Mazembe de dire clairement ce qu’il veut.

    RFI

  • Depuis Washington Albert Moleka vient de sortir de son silence et dévoile le plan Machiavelique du régime aux américains

    Depuis Washington Albert Moleka vient de sortir de son silence et dévoile le plan Machiavelique du régime aux américains

    moleka-L’ancien directeur de cabinet et porte-parole d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka vient de sortir de son silence. Après un moment de mutisme, ce haut cadre de l’UDPS a donné sa lecture de faits sur diverses questions de l’heure qui font l’actualité. Le très pondéré et réfléchi Moleka s’est exprimé entre autres sur l’épineuse question de la révision de la constitution en RD-Congo soutenue par le pouvoir de Kinshasa. Et, cela en comparaison avec les événements du Burkina-Faso. La situation qui prévaut au sein de l’UDPS et le fonctionnement de ce parti après le retour du Sphinx de Limete n’ont pas manqué parmi les points abordés. Albert Moleka a donné ses réflexions sur l’actualité du pays dans une interview exclusive accordée à un confrère américain, Jason Stearns, le lundi 24 novembre dernier, depuis les Etats-Unis d’Amérique. Là, cet ancien collaborateur d’Etienne Tshisekedi a rencontré les hautes personnalités américaines comme Russ Feingold, Mark Cohen et autres.

    M. Moleka, l’opposition est toujours inquiétée par rapport à la possibilité d’une révision de la constitution pour permettre au Président Kabila de briguer un troisième mandat. Néanmoins, on constate depuis les évènements au Burkina Faso que les partisans d’une révision ont pris un peu de recul. Comment vous interprétez la situation ?

    Il y a une chose que les gens oublient : Juste après les élections [de 2011, ndlr], le secrétaire général du principal parti de Monsieur Kabila [Evariste Boshab] était descendu à Lubumbashi au Katanga et, à cette occasion, avait déjà demandé aux cellules du PPRD/Katanga de soutenir Kabila pour un troisième mandat. C’était déjà en mars 2012. Et durant cette période, l’église catholique avait aussi donné sa position : après deux mandats, il n’est pas question de changer l’Article 220 [qui limite le nombre de mandats présidentiels].

    «…je crois que par rapport à la révision constitutionnelle ils vont reculer et opter pour le glissement.»

    Après les élections de 2011, le camp kabiliste pensait donc déjà à ces révisions de la constitution. D’ailleurs le but véritable des concertations nationales c’était d’élargir la base parlementaire en faveur de Kabila pour pouvoir changer la constitution. Au sortir de ces assises, quand tu entendais le langage de l’opposition qui y avait pris part, l’UFC de Monsieur Kengo wa Dondo par exemple, tu comprenais qu’ils n’étaient pas opposé de travailler pour une révision de la constitution puisqu’ils exprimaient explicitement leur accord de participer à la création d’une nouvelle majorité dite « gouvernementale ».
    Actuellement, on a vu que la vigilance de l’église catholique surtout a fait que le débat est devenu très rapidement non seulement un débat de toute la classe politique, mais un débat national et populaire. Le camp Kabila a joué le coup d’une manière maladroite parce que toutes les interventions des collaborateurs et partisans de Kabila, que ce soit le secrétaire général du PPRD (Evariste Boshab) ou le président de l’actuelle assemblée nationale (Aubin Minaku), donnaient clairement l’impression que l’option du passage en force était levée. Je crois aussi que la nomination d’un envoyé spécial du gouvernement américain et surtout le choix de Feingold a beaucoup aidé les congolais dans le sens que Feingold n’étant pas un diplomate a pris ses fonctions en utilisant un langage de sénateur américain, c’est à dire un langage franc, qui va droit au but.
    Les évènements du Burkina ont bien sûr fait reculer, parce que la communauté internationale a donné un soutien direct à la position populaire. Sans oublier, bien sûr, que l’opposition et l’église catholique sont aussi restées fermes sur leurs positions. De plus, la fameuse réunion de Kingakati avec la position exprimée ouvertement par MSR [important parti politique membre de la majorité présidentielle qui a demandé un débat franc sur la révision constitutionnelle] a révélé des fissures et des dissensions de fond inhabituelles. C’est une première. Il est connu que certains influents leaders du camp kabiliste, dont un important financier de la mosaïque des partis qui le composent, ont déjà donné des instructions fermes à leurs « obligés » au sein de la « majorité présidentielle » de s’abstenir de soutenir une quelconque révision de la constitution au risque de ne plus pouvoir compter sur eux pour « les frais scolaires ou académiques des enfants ou encore les problèmes de santé de madame en Europe, etc. »

    Est-ce que tout cela veut dire que le camp présidentiel ne va plus pousser pour une révision constitutionnelle mais va plutôt adopter une stratégie de glissement du calendrier électorale ?

    Oui, c’est mon analyse pour le moment du moins. Je crois que finalement ils ont réalisé que cette question peut réellement mettre le feu aux poudres au niveau populaire. Comme les provinces qui se montrent les plus rigides là-dessus sont le Katanga et les deux Kivus, que certains ont toujours prétendu être des bastions électoraux de Kabila, je crois que par rapport à la révision constitutionnelle ils vont reculer et opter pour le glissement.
    Le sénat et les assemblées provinciales ont déjà profité d’un glissement de maintenant deux ans sur leur mandats, certains parlementaires se parlent entre eux et disent : pourquoi ne pourrions-nous pas profiter d’un glissement aussi? Beaucoup d’entre eux savent qu’ils ne seront pas réélus. Donc le camp kabiliste compte sur ces élus dans leur stratégie de glissement. Certains leaders politiques voient aussi là-dedans une source de financements pour les joutes électorales à venir tout comme l’attente continuelle par certains du fameux gouvernement de cohésion nationale.
    Ensuite il faut définir les circonscriptions locales sur base de groupements à identifier ou créer, selon les cas. Actuellement, leur nombre n’est pas encore connu. Il y en aura plus de 5000. Chaque groupement devra avoir son tribunal administratif pour traiter des cas de contestations électorales, donc il faut des infrastructures (bâtiments, voiries etc…), des affectations de juges et magistrats avec salaires et frais de fonctionnement. Il y a aussi cette question du recensement, c’était une condition préalable pour les élections de 2006. Aujourd’hui on a mis sur pied l’Office national pour l’identification de la population (ONIP) pour le recensement. Le marché a été donné au chinois Huawei, qui est toujours en train de chercher des fonds (500 millions USD), le gouvernement n’a pas d’argent.
    On voit que techniquement, c’est impossible [de faire tout cela avant les élections de 2016], c’est pour faire trainer les choses.
    Quelle attitude est-ce que les partenaires internationaux devraient adopter par rapport à cette stratégie de glissement, si elle existe ? Si on ne finance pas les élections, le gouvernement pourrait essayer de les financer sans appui international, ce qui pourrait compromettre le processus davantage ?
    C’est une question très sensible. Dans le camp Kabila, on se dit : si la communauté internationale ne donne pas le financement, ça nous donne une raison de plus de dire : voilà, on n’a pas l’argent nécessaire pour les élections.
    «Il sera très difficile, en tout cas, d’organiser des élections crédibles avec Malu Malu, parce qu’il est trop attaché à Kabila.»
    Je pense que la position de la communauté internationale est très claire : si on ne publie pas un calendrier électoral global, il n’y aura pas déblocage de fonds, pas l’argent.
    Il sera très difficile, en tout cas, d’organiser des élections crédibles avec Malu Malu, parce qu’il est trop attaché à Kabila. Ce qui est important, je crois, c’est que la communauté internationale doit rester constante dans son approche. Au niveau technique, le contrôle du centre national de traitement doit se faire dans la transparence. Je crois qu’on a vu dans les différents rapports des observateurs que le véritable problème s’est posé au niveau des centres de compilation ainsi qu’à l’opacité du fonctionnement du centre national de traitement dont l’accès tant par les observateurs que les partis politiques était fermement refusée par la ceni. Si on élimine ces centres de compilation et on met les garde-fous nécessaires pour que le centre national de traitement soit transparent, là nous pouvons espérer à voir un jour des élections avec des résultats crédibles.
    Le rapporteur général de la ceni, qui était un député élu sur la liste UDPS, s’est laissé délester par Malu Malu de la supervision du centre national de traitement qui lui est dévolue suivant l’organigramme de la CENI. Le centre national de traitement est passé sous la supervision du secrétariat exécutif dirigé par Fabien Musoni, dont la proximité a Malu Malu n’est plus à démontrer..
    Changeons un peu de sujet pour revenir sur ce qui est en train de se passer au sein de l’UDPS. Il y avait une déclaration récente signé par beaucoup de cadres de l’UDPS, dénonçant la mauvaise gestion du parti par certaines personnes, y inclus le Secrétaire Générale Bruno Mavungu et le fils du président de l’UDPS, Félix Tshisekedi.
    Etienne Tshisekedi est tombé malade le mardi, 4 mars 2014. En tant que son directeur de cabinet, lorsque je l’ai vu le lendemain, on le voyant j’ai pris la décision de suspendre toutes les audiences pour une durée indéterminée parce qu’il était très affaibli. Le jeudi 13 mars il m’a appelé. J’ai vu qu’il était encore très affaibli. Il m’a communiqué six noms, trois de l’étranger–– Felix Tshilombo Tshisekedi, Claude Kiringa, le représentant au Canada, Willy Vangu, le représentant en Afrique du Sud––et trois de l’intérieur : Valentin Mubake, Roger Kakonge et moi même, en spécifiant que je reste son directeur de cabinet et porte parole. Il m’a dit : c’est la nouvelle direction politique du parti. Il n’avait pas encore précisé les fonctions de chacun à cette occasion.
    «Depuis [le 13 mars 2014], les hauts cadres de l’UDPS n’ont plus vu Etienne Tshisekedi.»
    Notre séance de travail a été interrompue par un incident que j’ai qualifié à caractère strictement familial. Depuis ce jour, les hauts cadres de l’UDPS n’ont plus vu Etienne Tshisekedi.
    Je pense que tous les combattants de l’UDPS ne recherchent qu’une seule chose actuellement, c’est de voir Etienne Tshisekedi en chair et en os s’exprimer librement sur la marche du parti et du pays. A ce sujet ils seront intraitables comme Saint-Thomas. Il est notre Président de la République élu, et cela doit faire comprendre les frustrations qui s’expriment de telle ou telle manière. Après tout, l’Udps se dit championne de la démocratie et, à ce titre, ne doit-elle pas s’appliquer le principe de liberté de contestation et d’expression à soi-même ?
    Est-ce qu’il est en communication avec vous et les autres cadres du parti ?
    Non, je ne suis pas en communication avec lui. Il est là-bas depuis le 16 août et son propre représentant pour le Benelux n’a pas non plus eu l’opportunité de le rencontrer, ni un membre de son comité. La gestion de sa convalescence ne le permet pas, semble-t-il.
    Comment sortir de cette crise ?Je vois que la déclaration récente est basée sur des frustrations réelles ; je vois aussi que ce ne sont pas tous les dirigeants des fédérations qui ont signé la déclaration, donc il y a une vraie division au sein du parti.

    Il faut d’abord avoir la volonté de sortir de cette crise. S’il y a cette volonté de sortir de la crise et d’éviter la dislocation de l’UDPS, il faut partir de deux constats : que le président avait une vision, c’est à dire une direction politique genre directoire, mais que certains de ses proches ne sont pas d’accord sur cela. Ce qui rend difficile l’application de la volonté du président.
    Deuxièmement, il faut voir ce qui a pu fonctionner plus ou moins bien dans les dernières années. En 2011 nous avons vu une équipe exécutive capable de mobiliser les structures de base. Il faut en revenir à ça de sorte à ne pas perdre de temps. Il y a des enjeux nationaux, des questions dans lesquelles la voix de l’UDPS n’est pas entendue.
    Vous pensez que le gouvernement pourrait essayer d’enfoncer le clou en essayant de coopter une faction du parti, en le faisant entrer dans un gouvernement de cohésion national ?
    Il est vrai que Kabila cherche à ratisser large et si possible attirer une personne dont la proximité avec Etienne Tshisekedi ne peut être mise en doute. Maintenant, comme ce gouvernement a trainé, ca rend plus difficile à quiconque de l’UDPS d’entrer dans le gouvernement. Par contre, si le fameux « dialogue » que certains quémandent résulte en la mise en place d’un gouvernement, là je crains qu’il risque d’y avoir des preneurs même dans l’entourage au sens large d’Etienne Tshisekedi.
    Quelle sera la réaction de la base si l’UDPS entre dans un gouvernement chapoté par Joseph Kabila.
    Il y aura dislocation du parti, ça c’est sûr.
    Etienne Tshisekedi ne reviendra plus comme président fonctionnel du parti ?
    C’est un homme auprès duquel j’ai travaillé pendant six ans, dont trois ans à 7,000 kilomètres de distance l’un de l’autre. Je crois que les gens doivent se souvenir que en 2010 avant de rentrer au pays, il avait donné un interview à une magazine belge où il avait dit : « Je rentre dans mon pays et je vais participer aux élections… oui c’est mon dernier combat, le combat de toute une vie. » Le poussera-t-on à livrer le combat de trop ? Je ne le souhaite pas car il est déjà plus important pour les congolais que n’importe quel président de la république. Comme le disait Monsieur Jean Ping en 2011, ses collaborateurs et partisans doivent assurer qu’Etienne Tshisekedi entre dans l’histoire par la grande porte, et non à reculons.
    «Le poussera-t-on à livrer le combat de trop ? Je ne le souhaite pas car il est déjà plus important pour les congolais que n’importe quel président de la république.»
    Mais dans l’intérêt de la nation et du parti je prie chaque jour qu’il puisse revenir, ne-fut-ce-que pour mettre en place cette nouvelle direction politique qui était sa vision. À l’heure actuelle, toute direction politique qui n’est pas installée par lui même aura des sérieux problèmes de légitimité.
    Est-ce que ce n’est pas un problème pour le parti, le fait qu’il faudra que la transition soit guidée par Tshisekedi lui même. Est-ce que ce n’est pas une indication de la personnalisation du parti ?
    Il y a une réalité. Le vrai problème de l’UDPS c’est qu’Etienne Tshisekedi était devenu plus grand que l’UDPS, en quelque sorte. Il est capable de mobiliser des foules, l’UDPS seul n’est pas capable de mobiliser autant de foules. De l’autre coté il faut comprendre qu’il fait parti d’une génération qui en terme politique avait la culture de la personnalisation du pouvoir. Et n’avait pas la culture de la préparation d’une succession. Tshisekedi a pensé au dernier moment de mettre en place un groupe qui pourrait mener cette transition, jusqu’au congrès, malheureusement, on ne lui a pas permis d’aller jusqu’au bout de son idée.
    Posted by Jason Stearns at 7:51 AM

  • Ouganda: opération de rapatriement d’ex-combattants du M23 contestée

    Ouganda: opération de rapatriement d’ex-combattants du M23 contestée

    m23-Le M23 a dénoncé, ce mardi 16 décembre, une opération de rapatriement forcé menée par l’armée ougandaise dans le camp militaire ougandais de Bihanga, à quelque 300 km au sud-ouest de Kampala. Ce camp accueillait des ex-rebelles congolais du M23. Au cours de cette opération, il y aurait eu plusieurs blessés parmi les ex-combattants et un mort, selon le président du M23, Bertrand Bisimwa, interviewé par RFI.

    « Il s’agit d’un coup dur que le gouvernement de Kinshasa vient asséner aux déclarations de Nairobi, en procédant à un rapatriement forcé de nos militaires. Ce matin, ils sont arrivés avec des camions pour prendre, de force, les militaires. Les militaires ont résisté à ce rapatriement forcé et il y a eu des blessés. Nous apprenons même qu’il y aurait eu des morts. Le gros de nos militaires – qui étaient dans ce camp – ont préféré se retirer du camp sur les hauteurs », a déclaré Bertrand Bisimwa.

    Il s’explique sur le fait qu’il dénonce ce rapatriement forcé comme organisé par le gouvernement congolais alors que c’est l’armée ougandaise qui était présente : « Nous le disons parce que c’est avec le gouvernement congolais que nous avons eu un accord et le gouvernement congolais n’aurait pas dû initier cette procédure dès lors qu’il savait que nous étions tenus par nos engagements à travers les déclarations de Nairobi.

    Evidemment, le gouvernement ougandais a également violé le droit international humanitaire en la matière, et c’est ce que nous condamnons. Nous ne savons pas – que ce soit l’Ouganda ou que ce soit le gouvernement congolais – qui portera la responsabilité de ces morts et de ces blessés », a dit, à RFI, le président du M23, Bertrand Bisimwa.

    De son côté, le porte-parole de l’armée ougandaise, contacté par RFI, dément tout rapatriement forcé et affirme que les ex-rebelles ont fui à l’approche des camions. Selon Paddy Ankunda, 120 sur les 330 déjà amnistiés par le gouvernement congolais auraient accepté de rentrer et la majorité d’entre eux seraient sur le chemin du retour. Un millier d’autres ont fui, toujours selon le porte-parole de l’armée ougandaise, et Kampala est à leur recherche.

    Du côté du gouvernement congolais, le porte-parole Lambert Mendé met en garde contre les déclarations du M23. « La petite fraction du M23 qui est accusée de crimes de guerre a tout fait pour faire échouer le processus de rapatriement », a-t-il expliqué ajoutant que la délégation de Kinshasa, présente sur les lieux, était désarmée et n’avait donc rien à voir avec d’éventuels coups de feu.

    Kamapla ne cache plus son impatience, devant la lenteur du processus de’amnistie et de rapatriement, tandis que les deux camps congolais se rejettent la responsabilité de ces retards. 330 éléments seulement ont été amnistiés, sur les 1678 recensés en Ouganda.

    rfi