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  • Discours de Monsieur Luc Hallade, Ambassadeur de la France en RDC

    Discours de Monsieur Luc Hallade, Ambassadeur de la France en RDC

    Luc Hallade 1-Monsieur Luc Hallade, Ambassadeur de la France en RDC :                                                                 Discours pour la célébration du 14 juillet 2015

    Son Eminence le Cardinal Laurent Monsengwo,                                                                                       Monsieur le Président du Sénat,                                                                                                                     Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères,                                                                                         Mesdames et Messieurs les Ministres,                                                                                                         Monsieur le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, non découpée,                                             Honorables Députés et Sénateurs,                                                                                                               Messieurs les Officiers Généraux,                                                                                                                     Messieurs les Hauts Magistrats                                                                                                                                     Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques,                           Mesdames, Messieurs,                                                                                                                                            Chers amis,                                                                                                                                                               Chers compatriotes,

    Ce 14 juillet est un peu particulier pour moi et ma famille. Vous voudrez donc bien me pardonner ce protocole un peu raccourci.

    C’est probablement la dernière fois que je m’adresse à vous en tant qu’ambassadeur de France en RDC. Je vais en effet, d’ici quelques semaines, quitter mes fonctions et ce beau pays, dans lequel j’aurai passé, au total, 8 ans de ma vie et de ma carrière professionnelle, et qui m’aura beaucoup apporté.

    Comme l’a dit dans d’autres circonstances un personnage qui a marqué la vie politique du Congo : « Comprenez mon émotion ».

    J’aurai connu, d’abord comme 1er Conseiller, puis comme Ambassadeur de France, une période particulièrement dense et riche de l’histoire de la RDC : celle de la transition, du 1+4 et du CIAT ; le référendum sur la Constitution en 2005, les élections de 2006, celles de 2011 et les multiples évènements et soubresauts qui ont marqué, entre 2003 et 2015, la vie politique, économique et sociale du Grand Congo, à l’histoire aussi agitée que le Fleuve qui vous fait face ce soir.

    Quel bilan en tirer ? Le Congo est-il, comme le dit son hymne qui vient d’être chanté, « plus beau qu’avant » ? Oui, bien sûr. Le Congo est en paix, avec ses voisins et à l’intérieur de ses frontières, à quelques régions près malheureusement. Il lui a fallu pour cela surmonter bien des obstacles.

    Il a pu aussi compter sur l’indéfectible soutien de la Communauté internationale, illustré notamment par l’action stabilisatrice de la MONUSCO, qui a succédé à la MONUC.

    Depuis plus de 15 ans, avec leurs défauts et leurs insuffisances, mais aussi les grandes qualités, la valeur et la bravoure de leurs contingents, la MONUC, puis la MONUSCO, ont contribué au rétablissement et à la préservation de la paix en RDC, à la protection de ses populations civiles, à la réforme de son armée, à la défense et à la promotion des Droits de l’Homme, à l’organisation des élections.

    La Communauté Internationale y a consacré plus de 20 milliards de dollars, une somme énorme, à la mesure des défis et des enjeux de cet immense pays, au cœur d’une Afrique encore trop souvent soumise à la violence, aux guerres et à l’instabilité, voire au terrorisme.

    Mais elle a surtout accompagné, jour après jour, année après année, la reconstruction de l’Etat Congolais, indispensable au rétablissement de l’autorité publique et de sa crédibilité aux yeux des autres nations, mais aussi de sa population.

    Beaucoup de chemin a été accompli, et beaucoup reste à parcourir. Les mois qui viennent seront déterminants pour, soit consolider la paix et approfondir la réconciliation entre les fils et les filles du Congo, soit au contraire retourner en arrière et défaire ce qui a pu être fait depuis 13 ans, depuis les accords de Sun City qui ont mis fin à la guerre qui a déchiré le Congo et provoqué la mort de millions de Congolais.

    La paix est une condition nécessaire du développement. Mais ce n’est pas une condition suffisante. Il faut aussi une réconciliation sincère, une mobilisation générale de toutes les forces vives de la nation et des politiques publiques appropriées. Il faut surtout cultiver le sens de l’intérêt général pour mieux combattre ou au moins harmoniser les intérêts particuliers.

    Ceci implique de la hauteur de vue, une vision claire et déterminée de ce que l’on veut construire ou reconstruire, et aussi d’être à l’écoute de la population, de ses attentes, de se espoirs et de ses frustrations.

    C’est à ces qualités que l’on reconnaît les hommes d’Etat, ceux qui laissent dans l’histoire de leur pays voire de l’humanité le souvenir de bâtisseurs de paix, d’espoir et de développement, a contrario de ceux qui défendent des intérêts égoïstes ou des visions de court terme.

    Un paradoxe m’aura particulièrement marqué durant ces 8 années passées au Congo. La population congolaise, qui a beaucoup souffert et continue à beaucoup souffrir, a fait preuve d’une capacité de résilience remarquable. Beaucoup d’autres nations, confrontées aux mêmes épreuves, se seraient effondrées.

    Pourtant le Congo est toujours là, et les Congolais debout, comme un peuple fier qui croit à son destin.

    Mais dans le même temps, l’élite politique, majorité comme opposition, semble continuer à penser que la politique de ce grand se joue, se fait et se défait dans un cercle et un périmètre restreints, comme si, au sein du vaste Congo, la République de la Gombe devait décider du sort et du destin du peuple congolais tout entier, à son propre profit.

    De ce point de vue, une décentralisation bien pensée construite, dénuée d’arrière-pensées et de calculs politiques, pourra contribuer à élargir le cercle de cette élite, qui a trop longtemps confisqué le pouvoir à son profit.

    De ce point de vue aussi, l’alternance politique, quelle que soit la forme qu’elle prendra, pourvu qu’elle soit démocratique, est ou sera bonne chose. Il faut savoir quitter le pouvoir, comme il faut savoir quitter ses fonctions, aussi intéressantes et prestigieuses soient-elles.

    Il y a tellement de choses à faire dans ce beau pays ! Tellement de ressources et de richesses à mettre en valeur, que la politique ne peut et ne doit pas être un métier ou une fin en soi.

    Il faut un certain courage pour cela. « De l’audace, encore de l’audace »… Permettez-moi ce soir, pour clore ce chapitre politique, de souhaiter pour le Congo que ses responsables,  quels qu’ils soient, sachent faire preuve de courage pour conduire le pays sur la voie de l’apaisement et de la réconciliation.                « Nul n’est prophète en son pays » dit la maxime. Mais certains ont plus que d’autres la responsabilité et le devoir moral de montrer la voie.

    Puisque ce discours est en forme de bilan, permettez-moi aussi de me féliciter devant vous de la place éminente que mon pays a joué et continue de jouer pour accompagner la RDC dans sa stabilisation et sa reconstruction.

    Je n’en suis bien sûr ni le seul responsable, ni même le seul comptable, loin de là. A cet égard, je voudrais devant vous rendre un hommage appuyé et adresser des remerciements mérités à toutes celles et tous ceux qui m’ont accompagné et soutenu pendant les années de mon mandat.

    A tout seigneur tout honneur. Je commencerai par remercier mon épouse, et à travers elle mes enfants, nos enfants.

    Sans une famille solide et unie, sans l’affection des miens, notamment dans les moments difficiles ou délicats qui ne manquent pas, jamais je n’aurais pu exercer mes fonctions avec dévouement, constance et droiture. J’ai toujours été sincère dans mon engagement pour ce pays et loyal vis-à-vis du mien. Mais cette sincérité et cette loyauté s’enracinent dans celles que j’ai toujours eues à l’égard de mon épouse, de ma famille. Je la et les remercie, du fond du cœur, de m’avoir fait confiance et de m’avoir toujours soutenu, dans les joies comme dans les peines, dans les succès comme dans les échecs.

    Je remercie aussi mes collaborateurs, français et congolais. On dit souvent qu’on a les chefs qu’on mérite. Je ne sais pas si la réciproque est vraie. Mais si j’en crois mon expérience, alors je dois avoir beaucoup de mérite pour avoir eu des collaborateurs et collaboratrices qui ont travaillé avec dévouement, engagement et loyauté à mes côtés. Sans eux, rien de ce que j’ai pu accomplir n’aurait été possible.

    Merci donc à vous toutes et à vous tous. Je ne vous oublierai pas. Et, pour celles et ceux qui restent au Congo, je vous demande de continuer à défendre, aux côtés de mon successeur, les mêmes valeurs de solidarité, entre vous et avec nos amis congolais.

    J’ai souvent parlé de l’ « équipe France ». C’est à mes yeux plus qu’un concept. C’est une réalité vivante, qui se construit jour après jour. Continuez à promouvoir cet esprit d’équipe, sans lequel rien n’est possible et sans lequel tous les efforts individuels restent vains.

    Ce n’est qu’ensemble que l’on réussit de grandes choses.

    « Last but not least » comme disent nos amis anglo-saxons, je voudrais remercier toutes les Congolaises et tous les Congolais, petits et grands, qui m’ont fait la joie et l’honneur de leur amitié et de leur confiance durant toutes ces années.

    Votre pays est attachant. Vous êtes attachants. Sinon, je n’aurais pas demandé à y revenir comme ambassadeur, 4 ans après l’avoir quitté comme 1er Conseiller.

    Ce sont votre amitié et votre confiance qui m’ont donné la force et le courage d’accomplir, du mieux que je l’ai pu, ma mission dans ce pays. Je vous en suis gré et me souviendra longtemps de vous, de vos joies et de vos peines partagées, des échanges toujours francs et constructifs que nous avons pu avoir, de l’aide et de la compréhension que vous m’avez apportées.

    Enfin, à mes compatriotes, à ceux qui vivent ici comme à ceux qui sont de passage, je voudrais dire la fierté qui est la mienne de les avoir représentés, assistés, défendus parfois dans ce pays certes accueillant mais pas toujours facile, ou l’Etat de droit reste encore trop souvent un concept flou.

    Soyez fiers vous aussi de ce que vous accomplissez ici, pour vous-mêmes, vos familles, vos sociétés ou organisations, mais aussi pour l’image et l’influence de la France.

    S’il n’y a qu’un seul ambassadeur en titre, il y a autant de représentants de la France qu’il ya de Français en RDC.

    N’oubliez donc jamais que vous aussi, dans vos sphères d’activité respectives, vous représentez la France.

    Notre pays a lui aussi connu une histoire agitée. Nous avons fêté cette année le 70ème anniversaire de la fin d’une guerre qui a bien failli le voir disparaître, n’eût été l’audace et la clairvoyance de certains et le courage voire le sacrifice de beaucoup.

    Souvenons-nous, même si nous ne les avons pas connues, de ces heures sombres. Souvenons-nous aussi que ce n’est que rassemblés que les Français ont pu reconstruire la France. Et s’il est un conseil que nous pouvons, modestement, donner à nos amis congolais, c’est bien celui-là : la nécessité du rassemblement de son peuple pour assurer la grandeur d’un pays. En 1945, comme l’a dit le Général de Gaule de Paris à la Libération, la France s’est remise debout. Puissent les Congolais faire de même en 2015 et dans les années à venir.

    Un bon discours étant un discours bref-sauf à Cuba sous Fidel Castro et dans quelques autres contrées ou à des époques révolues. J’arrêterai là mon propos, pour vous laisser profiter de l’excellent buffet préparé comme chaque année par Noël Camilieri et toute l’équipe du Caf’Conc.

    Accordez-moi cependant encore quelques instants d’attention pour remercier tous les « sponsors » mais je préfère parler de partenaires et d’amis qui ont bien voulu contribuer à l’organisation de cette soirée, dont j’espère que vous garderez comme moi le souvenir d’une soirée réussie et conviviale. Après tout, le 14 juillet se veut aussi la Fête de la Fraternité :

     Le Club Français des Affaires et son Président, David Guarnieri,

     AGS, AGB, Air France, Bank of Africa, BIVAC, Bolloré Africa Logistics, BRACONGO, le Caf’Conc, CFAO, le CMK, Congo Paint, Delmas, Distritec, Gras Savoye, KPMG, Nestlé, Orange, la Pâtisserie Nouvelle, PERENCO, PERNOD RICARD, Pullman Grand Hôtel, Rayon Vert, SERVAIR, SMS, SODEICO, TENKE FUNGURUME MINING, TOTAL.

    Qu’ils trouvent tous ici l’expression de mes sincères remerciements.

    Merci aussi à toute l’équipe de la Résidence et de l’Ambassade de France qui, comme chaque année, n’a pas ménagé sa peine pour faire de cette soirée un événement auquel, je le sais, chacun de vous a toujours à cœur de participer et d’être présent.

    Une petite précision enfin sur le programme des festivités de ce soir : Vous allez assister dans quelques instants à un défilé de mode, à l’occasion duquel une jeune créatrice congolaise que nous avons voulu, mon épouse et moi-même, mettre en lumière : Mme Fanny MANDINA, présentera ses créations, que portent déjà certaines femmes ce soir, dont la beauté est ainsi mise en valeur. Elles se reconnaîtront.

    Je remercie la Sté VLISCO et sa directrice générale Mme Monique GIESKES, d’avoir bien voulu lui apporter leur soutien pour l’organisation de ce défilé.

    Après quoi, pendant que vous goûterez aux charcuteries et fromages français apprêtés par Noël et son équipe, l’animation musicale sera assurée par 4 groupes congolais : Deux « abonnés » de cette réception: la Chorale Mgr. Luc Gillon et l’orchestre Afrojazz, et deux « nouveautés » sur la scène congolaise, ou du moins celle de la Résidence :

     le groupe « Deuxième Bureau » de Rémi Bernier, à la batterie, Evan Marc Millan à la guitare et Anders Mantius à la basse. Ces trois musiciens, qui vous joueront des standards du rock, prouvent qu’on peut, malgré de lourdes occupations professionnelles, s’adonner à la musique à ses moments perdus. J’imagine que dans leur cas, elle leur permet de se détendre et ils en ont fait leur 2ème bureau, ce qui ma foi en vaut bien d’autres…

     Et enfin un groupe de toujours jeunes musiciens qui sont les héritiers et dépositaires de la rumba congolaise authentique, les « BakoloMiziki », qui vous feront danser au son des standards de la musique d’ici, qui a inspiré tant d’artistes contemporains.

    Je les remercie tous d’avoir accepté de venir animer cette soirée, pendant laquelle il vous sera loisible, entre deux verres de vin ou de champagne, d’éliminer vos kilos superflus sur la piste de danse ou plutôt l’herbe des jardins de la Résidence, qui s’en remettra.

    Bonne soirée à tous et à toutes, et place au défilé de mode, dont je ne doute pas qu’il retiendra mieux votre attention que mon discours, décidément trop long.

  • RDC: une déclaration de l’ambassadeur de France fait polémique

    RDC: une déclaration de l’ambassadeur de France fait polémique

    Luc Hallade-En République démocratique du Congo, l’ambassadeur de France arrive prochainement au terme de son mandat après trois ans en poste à Kinshasa. Et à l’occasion de la réception de la fête nationale du 14 juillet, il en a profité pour faire l’éloge de la capacité des Congolais à surmonter les épreuves et la souffrance. Mais aussi pour se livrer à une critique de l’élite politique congolaise, et de la tentation de s’accrocher au pouvoir. Une petite phrase, à la fin de son discours, a particulièrement fait grincer des dents du côté du gouvernement.

    Pour son dernier 14 juillet comme ambassadeur en RDC, Luc Hallade avait convié le Tout-Kinshasa dans les jardins de la résidence de France. Dans son discours, il a commencé par rendre hommage au peuple congolais. Mais c’est un autre sujet qui a attiré l’attention : l’évocation de la nécessaire alternance du personnel politique en RDC, que ce soit dans la majorité ou dans l’opposition.

    « L’élite politique semble continuer à penser que la politique de ce grand pays se joue, se fait et se défait, dans un cercle et un périmètre restreints, comme si au sein du vaste Congo, la République de la Gombe devait décider du sort et du destin du peuple congolais tout entier. Il faut savoir quitter le pouvoir comme il faut savoir quitter ses fonctions, aussi intéressantes et prestigieuses soient-elles », a déclaré Luc Hallade.

    Cette petite phrase peut être interprétée comme une allusion à un éventuel troisième mandat du président Joseph Kabila. Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, cela relève de toute façon d’une inadmissible ingérence :

    « Ce qu’il a dit relève pour nous d’un certain dysfonctionnement de la diplomatie européenne dans notre pays. Nous sommes à plus de cinquante ans de l’Indépendance et il est temps que nos partenaires européens comprennent que l’histoire de l’Afrique doit être écrite par les Africains et non plus par les Européens. Je pense que cette époque est très révolue. C’est de la nostalgie et il faut savoir en guérir. »

  • Gécamines : La « mort programmée » d’une géante industrie minière en RDC

    Gécamines : La « mort programmée » d’une géante industrie minière en RDC

    La cheminee de l'usine Gecamines Lubumbashi
    La cheminee de l’usine Gecamines Lubumbashi

    -Une lettre ouverte des Patriotes katangais aile radicale (Pakar), un parti politique katangais, alerte les notables de la riche province minière  du Katanga (sud-est de RD Congo de la « mort programmée » de la Générale des carrières des mines (Gécamines), un des fleurons de l’industrie congolaise, annonce le journal en ligne Afrikarabia dans une analyse publiée vendredi 10 juillet 2015 sur son site.
    En cause : la mauvaise gestion de l’équipe dirigeante
    « Rien ne va plus à la Gécamines », dénoncent les Pakar dans trois lettres envoyées en mars, avril et mai 2015 à des personnalités de Lubumbashi, la capitale du cuivre.
    Presqu’un an après le limogeage de son directeur général, le géant minier semble toujours naviguer à vue, entre opacité et corruption, après le renvoi du directeur général  de la Gécamines, Ahmed Kalej Nkand, pour des motifs essentiellement politiques.
    « Albert Yuma, le tout puissant président  du Conseil d’administration de la Gécamines, avait annoncé un ambitieux programme de production sur 16 mois. Un plan de développement qui semble toujours au point mort », selon les Pakar.
    Plan de relance en panne
    Le constat de ce parti politique katangais est sans appel pour la gestion de l’entreprise minière : « une production quasi nulle, des unités à l’arrêt comme dans le concentrateur de Kambove, des contrats toujours aussi opaques, des finances dans le rouge et une situation sociale calamiteuse (accumulation d’arriérés de salaires, mise à la retraite sans paiement, travailleurs clochardisés…) ».
    Le programme de relance de la Gécamines prévoyait une production totale de 51.000 tonnes de cuivre, soit une moyenne de 3.000 tonnes par mois
    « En outre, 34 millions de dollars ont été prévus pour financer le projet », indiquent les Pakar qui critiquent un « programme mal conçu et mal ficelé ».
    « Huit mois après le lancement de ce programme, la production ne dépassait pas 7.200 tonnes, contre les 23.500 tonnes prévues. Seulement 28% du programme avaient été réalisés. Le programme d’Albert Yuma s’achemine vers un échec », envisagent-ils.
    Deux projets de construction avaient été mis sur pied pour soutenir ce programme : l’un à Kanfundwa et l’autre à Shituru. Ces deux modules devaient contribuer à la production à hauteur de 15.200 tonnes de cuivre. Pour le moment, ils ne sont toujours pas encore opérationnels.
    Gabegie financière
    Le rapport des Pakar dénonce les pratiques peu orthodoxes de la Gécamines avec certains de ses fournisseurs.
    Parmi les exemples cités, il y a celui de TCB (Technology Business Company) qui a été payé de 600.000 dollars pour l’achat de pièces de rechange pour réhabiliter le concentrateur de Kambove. Visiblement, ce fournisseur n’avait jamais passé un si gros contrat avec la Gécamines.
    Le Directeur financier avait alors refusé de payer à l’avance ce fournisseur dont « la notoriété et le professionnalisme n’étaient pas encore prouvés ». Mais, la somme a tout de même été décaissée par la Direction générale (DG), pendant un déplacement du Directeur financier.
    Selon le rapport, « non seulement le fournisseur a livré des pièces de rechange d’occasion récupérés dans un concentrateur de Zambie, mais surtout ces pièces se sont révélées non conformes ». Résultats : le concentrateur de Kambove est à l’arrêt et continue à connaître des problèmes, « malgré les sommes énormes dépensées ».
    « Dans cette affaire, les Pakar pointent la proximité entre le fournisseur et le DG par intérim, Jacques Kamenga Tshimwanga, tous deux originaires du Bandundu. Les  nombreux concentrateurs de la région gérés par d’autres compagnies (Boss Mining, KCC ou CMSK), fonctionnent eux parfaitement, souligne le parti politique.
    « Gouvernance autoritaire »
    Qu’est-ce qui ne va pas à la Gécamines ? Les anciennes sociétés d’Etat sont devenues petit à petit des sociétés commerciales, gérées comme des entreprises privées avec pour objectif la productivité et la rentabilité.
    Problème à la Gécamines : « la productivité est chancelante et la rentabilité nulle», affirment les Pakar. En cause : les deux organes qui gèrent la société minière : le Conseil d’administration (CA) et la Direction générale (DG).
    Pour les Pakar, la cause de ces dysfonctionnements est à chercher du côté de la gouvernance de la société minière : « Depuis un certain temps, toutes les décisions ne sont plus prises de manière collégiale, mais unilatérale par le président du Conseil d’administration, Albert Yuma ».
    Le document dénonce une présidence autoritaire qui peut « chasser ou réprimander à son bon vouloir ». Certains contrats seraient  négociés par le président sans en référer aux autres membres du Conseil d’administration.
    La Gécamines serait donc gérée depuis Kinshasa et le rôle de Directeur général, réduit à celui d’un simple « garçon de courses ». De plus, le DG par intérim, Jacques Kamenga Tshimwanga, aurait peu de compétences dans le domaine minier.
    Sur les traces de la MIBA ?
    Pour apporter un éclairage plus tempéré à la charge des Pakar contre la gouvernance de la Gécamines, il faut aller chercher du côté de l’animosité quasi ancestrale entre « les Katangais » et « ceux de Kinshasa ».
    « Qu’avons-nous fait, nous Katangais, pour mériter un tel DG à la tête de notre Gécamines ? Il ne rate pas une occasion pour tirer à boulets rouges sur les Katangais », tempêtent les Pakar. En creux, il faut y voir la violente lutte d’influence au sein du « clan des Katangais ».
    Ce dernier vient en effet de jouer « un mauvais coup » au Katanga, en accélérant à marche forcée la décentralisation du pays, découpant la riche province minière en quatre nouvelles entités.
    Un contexte qui n’enlève rien des  inquiétudes des Pakar, recoupées et relayées par de nombreuses ONG locales et internationales sur la mégestion de la Gécamines. Le Pakar tire la sonnette d’alarme et demande « un audit indépendant » pour y voir plus clair sur la situation de l’entreprise minière.
    « Si rien n’est fait, la Gécamines risque de connaître le même sort que la MIBA, aujourd’hui à l’arrêt », préviennent en conclusion les Pakar.

    Le Potentiel

  • EXETAT 2015 : LES ELEVES LAUREATS RECUS PAR LE PREMIER MINISTRE

    EXETAT 2015 : LES ELEVES LAUREATS RECUS PAR LE PREMIER MINISTRE

    exetat 1-Après la publication officielle de la liste des meilleurs lauréats de Kinshasa, ce mercredi 15 juillet 2015 dans la matinée, par le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté, Son Excellence Maker MWANGU FAMBA, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a reçu en début d’après-midi, les lauréats des trois provinces éducationnelles.

    Son Excellence Augustin MATATA PONYO, a félicité ces élèves qui se sont distingués par leur performance lors des épreuves de l’Examen d’Etat, il y a 20 jours passés. Pour lui, ces enfants font la fierté de toute la nation congolaise et méritent la reconnaissance de la République.

    La première lauréate de Kinshasa, mademoiselle TAYAYE ILEY Julia, du Lycée Kabambare (Kin-Centre) avec 91% en Mathématique Physique. Elle est suivie de monsieur Cedrick NGOMI MUYUKA, de l’Institut Kimpoko (Kin-Est) avec 88% en Agriculture Générale et de monsieur BEBELA KASHALA Divin, du Complexe Scolaire Loupiots (Kin-Ouest)  avec 87% en Latin-Philo. Au total 94 meilleurs lauréats ont été publié pour la province de Kinshasa toutes les options confondues.

    Reçu dans la salle de réunion de la primature, ces élèves n’ont pas manqué de remercier le Premier Ministre pour son attachement au bien-être des enfants Congolais et particulièrement son appui à l’éducation.

    Interrogés sur le secret de leur réussite, les meilleurs lauréats ont relevé entre-autre l’assiduité aux cours et la détermination comme gage du succès réalisé.

    James IYOLO

  • Resultats Examen d’Etat 2015: 63% de taux de réussite à Kinshasa

    Resultats Examen d’Etat 2015: 63% de taux de réussite à Kinshasa

    exet2012-Le taux de réussite à l’examen d’Etat pour l’édition 2015 est de 63% dans la ville de Kinshasa. Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et initiation à la nouvelle citoyenneté, Maker Mwangu, l’a affirmé au début de publications des résultats de cette édition. Il a indiqué que ce score représente une hausse de 5% par rapport à l’édition dernière où Kinshasa avait enregistré un taux de 58%.
    La moyenne nationale pour toute la République démocratique du Congo était de 50% pour 2014.
    Maker Mwangu espère que les provinces se sont bien comportées pour élever ce taux.
    Selon lui, il y  a une amélioration dans l’ensemble des résultats produits par toutes les provinces.
    « L’amélioration est due au fait que nous mettons à la disposition des élèves des manuels scolaires. On ne peut pas étudier sans référentiel. Et là nous commençons à les avoir dans toutes les écoles. Et ça commence à nous donner les bons résultats », a souligné Maker Mwangu.
    Liesse dans la ville
    Une liesse est observée dans la ville depuis la publication des résultats de l’examen d’Etat.
    Les finalistes de différentes sections telles que la Pédagogie générale, la Littéraire et la Chimie-Biologie ont envahi les artères pour manifester leur joie.
    Pas de klaxons de véhicules et dérapages à signaler pour l’instant dans certains carrefours et dans les rues de Kinshasa. Tout se passe dans une ambiance de fête et dans l’ordre.
    Quelques scènes d’allégresse, cris de joie et sifflets sont observés sur certaines artères de la capitale.
    Des attroupements des finalistes des écoles secondaires sur les ronds-points de la Victoire et Huilerie provoquent des embouteillages.
    Les membres des familles et amis s’aspergent de la poudre sur leurs têtes. Des baffles sont installés au croisement des avenues Huilerie et Kabambare pour agrémenter cette demi-journée.
    Certains finalistes expriment leurs sentiments dans cet extrait sonore.​

    R.O

  • La RDC est théoriquement passée de 11 à 26 provinces

    La RDC est théoriquement passée de 11 à 26 provinces

    CARTE DE LA RDC
    CARTE DE LA RDC

    -La période du 27 au juillet 31 juillet décrété par le gouvernement de la RDC pour l’élection des gouverneurs de ces 26 provinces fait des vagues.
    Le nouveau découpage territorial qui se fait progressivement est en vigueur depuis le 11 juillet.  Deux premières provinces, la province Orientale et l’Equateur sont déjà disséquées.
    Eddy Isango a recueilli la réaction du député et président de la plate-forme de l’opposition « Forces acquises au changement (Fac) », Martin Fayulu.

    VOA

  • RDC: le gouvernement fixe le calendrier des élections des gouverneurs

    RDC: le gouvernement fixe le calendrier des élections des gouverneurs

    BOSHAB-En République démocratique du Congo (RDC), les élections des gouverneurs des nouvelles provinces auront lieu dans la période allant du 27 juillet au 13 août. Ce calendrier a été rendu public, samedi 12 juillet, par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Evariste Boshab.

    Le calendrier, livré par Evariste Boshab, fixe les élections des gouverneurs des nouvelles entités dans la période allant du 27 juillet au 13 août. Quel est alors le rôle de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dans ce processus de désignation des futurs gouverneurs ?

    « Dans notre pays, l’organisation des élections est de la compétence exclusive de la Céni. Mais politiquement, nous le gouvernement, nous devons dire que dans telle période, en tel endroit, ce qui doit être se fera », répond Evariste Boshab.

    De son côté, Baudouin Mayo Mambeke, député national de l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti d’opposition, s’insurge.

    « C’est curieux de voir le gouvernement venir avec un calendrier pour les élections des gouverneurs des provinces. Le moins que l’on puisse dire est qu’en RDC, il n’y a pas de Constitution, il n’y a que la volonté d’une personne », a-t-il répliqué.
    Contactés par RFI, certains gouverneurs de province se disent soulagés par cette avancée et demandent que le processus respecte également le calendrier électoral fixé par la Céni, des élections locales à la présidentielle.

    RFI

  • RDC: du retard dans la mise en place des nouvelles provinces

    RDC: du retard dans la mise en place des nouvelles provinces

    Nouvelle carte RDC-C’est ce 30 juin que devait intervenir la mise en place des nouvelles provinces en RDC. Une échéance qui n’a pas été respectée. Des problèmes financiers et matériels seraient à la base de cette situation, mais certains observateurs attribuent au pouvoir en place la volonté de tout mettre en œuvre pour retarder les élections à travers le retard de l’installation des nouvelles entités.

    On s’attendait à un nouveau paysage : vingt-six provinces, des nouveaux gouverneurs qui devaient être élus pour les entités nouvellement créées. Mais rien n’a été fait au 30 juin, date butoir pour ce processus. A la base de ce retard : les moyens financiers n’ont pas été libérés à temps pour permettre le déplacement des équipes de la commission de découpage territorial et la mise en œuvre des nouvelles entités n’a pas été budgétisée. Il faudra donc une nouvelle session extraordinaire du Parlement pour amender le budget 2015.

    Ce retard aurait des incidences sérieuses sur le calendrier électoral global présenté par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Il faut aussi ajouter la volonté exprimée par le chef de l’Etat d’inscrire de nouveaux électeurs, des jeunes devenus majeurs qui ont été exclus de la liste de la Céni.

    Tout ceci fait dire à certains observateurs qu’il y a eu une volonté manifeste de la majorité de reporter les élections locales et provinciales de six à sept mois. Ce qui devrait amener à un glissement tant redouté du mandat présidentiel

    rfi

  • RDC : le procureur général ouvre une enquête suite à la plainte de Kabila pour corruption

    RDC : le procureur général ouvre une enquête suite à la plainte de Kabila pour corruption

    Le Procureur général Kabange Numbi, lors de la célébration de la journée du 16 janvier 2011 au mausolée Laurent Désire Kabila. Photo Radio Okapi/John Bompengo
    Le Procureur général Kabange Numbi, lors de la célébration de la journée du 16 janvier 2011 au mausolée Laurent Désire Kabila. Photo Radio Okapi/John Bompengo

    -Flory Kabange Numbi a indiqué que l’enquête portera sur la “dénonciation” faite par le président sur de possibles détournements de fonds ou opérations de blanchiment d’argent.

    Le procureur général de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré jeudi à Kinshasa avoir ouvert une enquête après le dépôt d’une “dénonciation” du président Joseph Kabila concernant de possibles détournements de fonds ou opérations de blanchiment d’argent.

    “Les dénonciations sont faites, nous avons ouvert des informations judiciaires”, a déclaré Flory Kabange Numbi, lors d’un point de presse, insistant à plusieurs reprises sur le fait que les enquêtes de ce genre “sont longues”.

    “Quelqu’un qui détourne ou qui fait l’exercice de blanchiment de capitaux prend toutes les précautions pour ne pas se faire (…) voir”, a ajouté le magistrat.

    Le conseiller spécial de M. Kabila pour la lutte contre la corruption, Luzolo Bambi Lessa, a déposé le 23 juin au bureau du procureur général une plainte dénonçant des faits de “corruption”, “fraudes” et “détournements”.

    Ce document, que l’Agence France Presse (AFP) a pu consulter, vise nommément 4 gouverneurs de province – dont l’un passe pour un possible successeur au président Kabila – et un ancien directeur de cabinet du chef de l’État, ainsi qu’une quinzaine d’autres personnes.

    M. Kabange Numbi a néanmoins affirmé que ce document ne reprenait “aucun nom”, et a mis en garde ceux qui “se complaisent” à citer les noms de personnalités supposées apparaître dans cette dénonciation, en invoquant le “secret de l’instruction et la présomption d’innocence”.

    La RDC est gangrenée par la corruption à tous les niveaux de la société et la dénonciation présidentielle a fait figure de première dans le pays. Elle survient dans un climat de haute tension politique à l’approche d’une série d’élections devant conduire à la présidentielle de novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se présenter.

    L’opposition soupçonne néanmoins le chef de l’État, qui entretient le doute sur ses intentions, de vouloir tout faire pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat. Samedi dernier, onze ONG congolaises ont appelé M. Kabila à ne pas “instrumentaliser la justice à des fins politiques”.

  • Corruption en RDC: le Premier ministre appelle à la prudence

    Corruption en RDC: le Premier ministre appelle à la prudence

    Le nouveau Premier ministre a fait carrière dans les institutions financières publiques avant de devenir ministre des finances en 2010.
    Le nouveau Premier ministre a fait carrière dans les institutions financières publiques avant de devenir ministre des finances en 2010.

    -La plainte pour corruption qui vise notamment plusieurs ministres du gouvernement de la République démocratique du Congo continue d’alimenter la polémique à Kinshasa. Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a tenu, ce vendredi, une conférence de presse pour rappeler « le principe de la présomption d’innocence », tout en promettant aussi de lourdes sanctions si les personnes visées sont reconnues coupables.

    Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a tenu à réagir à la demande d’ouverture d’enquête pour « fraudes » et « faits de corruption » déposée il y a un peu plus d’une semaine chez le procureur de la République par le conseiller spécial du président Joseph Kabila pour la bonne gouvernance.

    Augustin Matata Ponyo a réaffirmé son adhésion « sans faille » à « l’impérieuse nécessité de renforcer les mécanismes juridictionnels et institutionnels de lutte contre la mauvaise gouvernance, la fraude, la corruption et les détournements de deniers publics ». Mais le Premier ministre congolais a aussi tenu à défendre le « principe de la présomption d’innocence », afin de « préserver l’honneur et la dignité des personnes citées, dès lors qu’il ne s’agit que d’une dénonciation, tel que l’indique bien le procureur général de la République ».

    Une plainte jugée « suspecte » par plusieurs ONG

    Si le Premier ministre a tenu à réagir, ce vendredi, c’est que la polémique ne cesse d’enfler à Kinshasa sur cette plainte et que certains proches d’Augustin Matata Ponyo sont au centre des spéculations. Selon des documents diffusés dans le journal C-News, Patrice Kitebi, ex-ministre des Finances, et Justin Kalumba, l’actuel ministre des Transports, sont notamment cités. Les deux hommes, proches du Premier ministre, sont soupçonnés notamment de malversations dans le cadre d’un chantier réalisé sur l’aéroport de Kinshasa.

    Outre plusieurs hauts fonctionnaires, quatre gouverneurs de province sont également visés par cette plainte : Alphonse Ngoy Kasanji (gouverneur du Kasaï-Oriental), Alex Kande, (Kasaï-Occidental), Marcellin Cishambo (Sud-Kivu) et Moïse Katumbi (Katanga). Ce dernier étant un adversaire politique déclaré de Joseph Kabila, à qui il réfute le droit à se présenter à un troisième mandat, plusieurs ONG ont qualifié de « suspecte » cette plainte à quelques mois du scrutin présidentiel.

    rfi