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  • La justice  de l’UE rejette les recours des proches de Kabila sous sanctions

    La justice de l’UE rejette les recours des proches de Kabila sous sanctions

    -Le tribunal de l’Union européenne a rejeté, le 12 février, les recours déposés par quinze proches de Joseph Kabila, placés sous sanctions. Ces derniers contestaient la légalité de ces mesures restrictives.

    Nouveau rebondissement dans le bras de fer qui oppose l’Union européenne (UE) à certains proches de Joseph Kabila. Le tribunal de l’UE a rejeté, dans une décision du 12 février, les recours déposés, en mars 2018, par les collaborateurs de l’ancien président. Ces derniers sont visés depuis décembre 2016 et mai 2017 par des sanctions pour violations des droits de l’homme et entrave au processus électoral.

    Parmi ces personnalités, dont la plupart sont de hauts gradés militaires et des personnalités politiques proches de Joseph Kabila, figurent Ilunga Kampete, Gabriel Amisi Kumba, Ferdinand Ilunga, Célestin Kanyama, John Numbi, Roger Kibelisa, Delphin Kahimbi, Evariste Boshab, Alex Kande, Jean-Claude Kazembe, Lambert Mende, Éric Ruhorimbere, Emmanuel Ramazani Shadary, Muhindo Akili Mundos et Kalev Mutond.

    Dans leur recours, ces derniers demandaient à l’instance juridique d’annuler la décision concernant l’adoption des mesures en question, de constater l’illégalité de ces dispositions et de condamner le Conseil européen aux dépens, c’est-à-dire aux frais liés aux instances, actes et procédures d’exécution. Le tribunal a rejeté l’intégralité de ces demandes et condamné les quinze concernés à régler eux mêmes les dépens.

    Un nouveau recours bientôt déposé

    Pour la défense des proches de l’ancien président, qui a réagi dans un communiqué, ces arrêts ne sont « qu’intermédiaires », dans la mesure ou un autre recours est encore en attente de jugement et qu’un deuxième doit être déposé contre le récent renouvellement de ces sanctions.

    Le 9 décembre dernier, à l’issue d’intenses tractations diplomatiques, le Conseil européen avait annoncé le prolongement pour un an de ces mesures pour l’ensemble des concernés, à l’exception de l’ancien porte-parole du gouvernement Lambert Mende de l’ex-responsable de la sécurité intérieure au sein de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Roger Kibelisa.

    Ces sanctions avaient déjà été renouvelées une première fois, en décembre 2018, à la veille de l’élection présidentielle. Depuis son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi s’était prononcé en faveur d’un allègement de ces sanctions.

    Dans leur déclaration, Thierry Bontinck et Patrick De Wolf, les avocats de ces personnalités se sont néanmoins réjouis du fait que le Conseil de l’UE a reconnu avoir « violé le droit de la défense, ne laissant pas [les avocats] transmettre des informations en temps utile sur les observations du Conseil ».

    En dépit de cette reconnaissance, le tribunal a néanmoins estimé qu’il n’était pas possible de considérer que l’issue aurait pu être différente « si le requérant [la personne sous sanctions] s’était vu communiquer, à l’adoption de ces sanctions, les éléments justifiant la décision attaquée ».

    Avec JA

  • General Electric, les capitaux américains font leur grand retour en RDC

    General Electric, les capitaux américains font leur grand retour en RDC

    -Le géant américain s’est engagé à investir plus d’un milliard de dollars en RDC, principalement sur le barrage Inga et dans le domaine de la santé.

    Le 12 février, un protocole d’accord de plus d’un milliard de dollars a lié l’entreprise américaine General Electric, représentée par George Njenga, son directeur exécutif pour l’Afrique subsaharienne, et le gouvernement congolais, représenté par le ministre de la Santé, Eteni Longondo, et celui des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Eustache Muhanzi Mubembe.

    « Il s’agit de l’investissement américain le plus important en RDC », a déclaré à la presse Peter Pham, envoyé spécial des États-Unis pour les Grands Lacs, qui a assisté à cette cérémonie en compagnie de l’ambassadeur américain dans le pays, Mike Hammer.

    « De la place pour tous les acteurs » après le départ des espagnols d’Inga III

    Avec la promesse de construire en trois ans des infrastructures électriques d’une capacité de 1000 MW, GE fait son entrée sur le gigantesque complexe hydroélectrique Inga, dont le troisième volet est en cours de développement. Deux consortiums – l’un chinois et l’autre européen – se sont déjà vus confier le chantier en 2016, mais l’entreprise espagnole ACS, qui menait le second consortium, en a claqué la porte fin janvier.

    De quoi libérer une place de leader pour General Electric ? Il est un peu tôt pour le dire. Selon le ministre Eustache Muhanzi Mubembe, la présence américaine dans le projet Inga 3 est la bienvenue et ne présente aucun obstacle pour les autres partenaires qui voudraient bien accompagner ce projet. »L’accord de développement reste ouvert. Les espagnols sont partis sans que personne ne les chasse, la  RDC voudrait plutôt avoir tout le monde avec elle. Les américains, les chinois, les indiens, les égyptiens sont tous les bienvenus », a-t-il indiqué.

    Équipements sanitaires

    Selon nos confrères de Bloomberg, l’accord prévoit aussi une intervention de GE pour réhabiliter des turbines sur les barrages d’Inga I et II, les deux premiers volets du méga-complexe, qui doit en tout comporter huit barrages et produire 88 000 MW, a rappelé le ministre.

    General Electric s’engage aussi fournir des matériels pour l’équipement des hôpitaux et centres de santé à travers le pays.

    Cette signature marque le grand retour des capitaux américains en RDC, quatre ans après le départ de Freeport-McMoran qui avait cédé en mai 2016 sa participation majoritaire dans Tenke Fungurume Mining (TFM) – à l’époque la plus grosse unité de production de cuivre du pays – au chinois Molybdenum, pour plus de 2,6 milliards de dollars.

    Selon Peter Pham, le gouvernement américain est le plus gros contributeur en RDC dans le domaine de la santé, notamment dans la lutte contre Ebola. Et dans le domaine de l’éducation, plus de mille écoles sont soutenues par des subventions américaines, a-t-il ajouté.

    Avec JA

  • Le ministère des Finances tente de clarifier sa position sur son plan de trésorerie

    Le ministère des Finances tente de clarifier sa position sur son plan de trésorerie

    -Le document réduit drastiquement les prévisions de dépenses. Et suite aux craintes émises par certains membres de la société civile par rapport à l’exécution de l’ambitieux programme de Félix Tshisekedi, le ministère des Finances relativise et appelle au calme.

    D’emblée, Vincent Ngonga Nzinga, directeur de cabinet du ministre des Finances, explique que le plan de trésorerie publié par son ministère n’est pas à confondre avec le budget 2020 voté par le Parlement.

    Et il n’exclut pas de publier d’autres plans au courant de l’année. « Il est dynamique, il est ajustable, il est révisable à tout moment, selon la conjoncture. »

    Il explique également la baisse de prévision des recettes en grande partie par le ralentissement de la croissance économique à l’échelle internationale. « Ce n’est pas la seule explication, mais pour des petites économies ouvertes comme la RDC, c’est déjà une explication déterminante, parce que le gros de la croissance des pays en voie de développement est tiré par la demande internationale. »

    Et pour remonter la pente, en dépit des aléas du contexte international, le ministère des Finances compte notamment sur une éventuelle embellie des cours des matières premières et surtout sur la mise en place de la chaine de la recette, en informatisant toutes les phases de la collecte des recettes.

    Or selon les estimations, ce n’est qu’au mois de juin environ que ce dispositif  pourra être opérationnel.

    Et à côté de cette possibilité, le gouvernement compte aussi sur d’autres niches comme la mobilisation de l’impôt professionnel sur les rémunérations qui inclut désormais le secteur public.

    Avec RFI

  • Important coup de filet de la police à Kinshasa

    Important coup de filet de la police à Kinshasa

    -À Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), une centaine de délinquants – assassins escrocs et membres de gangs – ont été présentés le 17 février au siège du commissariat provincial de la police. Pour le chef de la police de la capitale, le général Sylvano Kasongo, les opérations menées par ses hommes ont sensiblement réduit l’insécurité.

    Avec notre correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda Muzembe

    Des hommes en uniforme, des civils et des femmes, ont été présentés le 18 février par la police de Kinshasa. Plusieurs de ces criminels sont des récidivistes et ont bénéficié d’une certaine impunité.

    Ces éléments pourtant considérés comme dangereux ont à leur actif des crimes de plusieurs sortes, a expliqué un des officiers supérieurs du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants : « Ces bandits de grand chemin, repris de justice et membres de la bande présentée en date du 31 janvier 2020 au terme d’extorsion de plusieurs voitures taxis, communément appelées “Ketch” ».

    Des militaires et des policiers pour la plupart

    Pour le général Sylvano Kasongo, il est regrettable que des policiers et des militaires soient eux-mêmes les acteurs de l’insécurité. « La plupart des bandits à 90% sont des militaires et des policiers, a-t-il précisé. Cela nous gêne, mais on doit les présenter ».

    La lutte contre l’insécurité concerne tout le monde, explique le chef de la police de Kinshasa qui invite les autorités et la population à une collaboration. « Nous disons à la population de coopérer, de collaborer avec les policiers, de nous donner des informations et nous appeler à tout moment, a-t-il encore martelé. Nous sommes à leur disposition ».

    Désormais, de jour comme de nuit, la police mène dans la capitale des opérations qui, selon le général Sylvano Kasongo, auraient permis de faire baisser sensiblement le taux de criminalité.

    Avec RFI

  • Perte de 404 millions USD en 2019 après des dépréciations d’actifs

    Perte de 404 millions USD en 2019 après des dépréciations d’actifs

    -Glencore, le géant du négoce des matières premières basé en Suisse, a publié mardi une perte de 404 millions de dollars (372 millions d’euros) pour 2019, plombé par des dépréciations d’actifs et la baisse des cours du cobalt et du charbon. Le groupe, qui avait dégagé un bénéfice net de 3,4 milliards un an plus tôt, a inscrit dans ses comptes 2,8 milliards de dollars de charges de dépréciations liées à ses mines de cuivre en Afrique, au charbon en Colombie et à des actifs pétroliers au Tchad.
    Son excédent brut d’exploitation s’est contracté de 26%, à 11,6 milliards de dollars sous l’effet de la baisse des cours des matières premières qui a pesé sur ses activités minières, a-t-il indiqué dans un communiqué.
    « Notre performance pour 2019 est le reflet des négociations commerciales prolongées et incertaines », affirme Ivan Glasenberg, son directeur général, cité dans le communiqué, évoquant les « tensions » autour des barrières commerciales grandissantes, ainsi que des prix dans l’ensemble « plus faibles » pour ses principales matières premières.
    Sur l’ensemble de l’année, les prix du cuivre, son métal de référence, se sont situés en moyenne 8% en deçà de l’année précédente, le zinc en baisse en moyenne de 13%, le cobalt en baisse de 57% tandis que le charbon thermique a de son côté chuté en moyenne de 27%, a chiffré le groupe suisse.
    « A court terme, nous surveillons étroitement l’évolution du coronavirus », ajoute le patron du groupe suisse, qui cherche à évaluer les répercussions pour la croissance économique et les marchés, et les éventuels « ajustements » nécessaires.
    Pour 2019, le groupe a néanmoins maintenu son dividende à 0,20 dollar par action.​

    Avec Libre Afrique

  • Les « sauts de mouton » kinois au centre de polémiques et d’une instruction judiciaire

    Les « sauts de mouton » kinois au centre de polémiques et d’une instruction judiciaire

    -La construction de « sauts de mouton » (des ponts surplombant des carrefours) à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) pour – tenter de – désengorger le trafic routier dans cette mégalopole d’une dizaine de millions d’âmes, ne cesse de défrayer la chronique, entre retards accumulés, désagréments pour les automobiles, problèmes de financement voire suspicion de détournements de fonds. La réalisation rapide de ces sept ouvrages faisait partie du « programme des cents jours » lancé en mars dernier par le nouveau président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo peu après son accession au pouvoir à l’issue des scrutins controversés du 30 décembre 2018. Ce programme comprend aussi la construction et de réhabilitation des routes, d’écoles et d’hôpitaux.
    Entamée sur les chapeaux de roue, la construction des sauts de mouton visait, selon M. Tshisekedi à la fois à « embellir » Kinshasa, mais aussi de fluidifier le trafic sur les grandes artères de la ville en éliminant les embouteillages aux heures de pointe. Ils concernent les voies qui drainent un nombre important de véhicules vers le centre-ville et vice-versa.
    Mais les retards se sont accumulés, à la fois en raison de problèmes techniques et de financement. A la colère des Kinois, confrontés à des embarras de circulation encore plus importants dus aux travaux, avec des inaugurations sans cesse reportées.
    Le président Tshisekedi a visité jeudi, pour la deuxième fois, les différents chantiers après avoir ordonné un audit sur l’utilisation des fonds débloqués pour la construction de ces ouvrages. Les travaux avaient repris lundi dernier sur certains chantiers après que le gouvernement eut décidé d’affecter 3,5 millions de dollars supplémentaires pour achever ces travaux d’ici le mois de juin 2020.
    Dans un rapport publié le 8 janvier, une ONG, l’Observatoire de la dépense publique (Odep), affirmait que le programme d’urgence « de 100 jours » a été géré en violation de la loi-cadre régissant les finances publiques. Elle citait notamment des cas de surfacturation ou encore d’opacité dans le processus de passation de marché.
    Ces révélations ont conduit la justice congolaise à ouvrir une enquête sur l’utilisation des fonds alloués à l’exécution de ces travaux publics.
    Selon la presse kinoise, cette instruction judiciaire a été ouverte samedi par le parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete. Elle vise à enquêter sur l’exécution des différents travaux publics, comme la construction ou la réhabilitation de routes – dont les « sauts de mouton », mais aussi d’écoles et d’hôpitaux.
    Les sites d’information Actualité.cd et 7sur7.cd expliquaient que le procureur général a requis du vice-Premier ministre et ministre du Budget, Jean Baudouin Mayo Manbeke, qu’il lui transmette les copies de tous les bons d’engagement établis en faveur des sociétés exécutant les travaux de 100 jours ainsi que les numéros de dossiers relatifs en urgence.
    Le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, est prié de transmettre les copies des ordres de paiements informatisés et/ou toutes les lettres de paiements d’urgence établies en faveur de toutes les entreprises retenues. Il doit également transmettre l’exécution du plan de trésorerie et de décaissement de fonds en faveur de ces entreprises.
    Le vice-Premier ministre et ministre en charge des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), Willy Ngoopos Sunzhel, est lui aussi sollicité par le procureur.​

    Avec LIBRE AFRIQUE

  • Les victimes de l’ancien chef de l’ANR Kalev Mutondo passent à l’offensive judiciaire

    Les victimes de l’ancien chef de l’ANR Kalev Mutondo passent à l’offensive judiciaire

    -Plus d’une trentaine d’anciens opposants et activistes des droits de l’homme, constitués en comités, ont saisi l’Acaj (Association congolaise pour l’accès à la justice). Jean-Claude Muyambo, Jean-Bertrand Ewanga, Gecoco Mulumba et les autres estiment que leurs droits ont été violés par l’ANR du temps de Kalev Mutondo.

    « Arrestations, détentions arbitraires, traitements inhumains et dégradants ». Par ces mots, Jean-Claude Muyambo a, d’entrée de jeu, défini les raisons de la démarche du collectif.
    La plainte s’ajoutera à celle introduite en 2016 contre Kalev Mutondo. Les deux groupes se rejoignent sur les mêmes motifs, a déclaré le président du parti SCODE. Et le bâtonnier Muyambo de rappeler à l’intention du public : « Vous avez vu comment on a déshabillé Ewanga en public ? comment Gecoco pissait même le sang ? Vous avez vu comment on a écrasé mon pied ? » Le collectif insiste sur les tortures dont ils affirment avoir été l’objet dans les cachots des services de renseignements.

    Selon Me David Tshimanga, avocat de Gecoco Mulumba, Kalev Mutondo a une responsabilité pénale et civile. « M. Kalev est un préposé de l’État congolais qui sera tenu pénalement responsable des faits infractionnels. »
    Ils affirment avoir des preuves et ne pas avoir de haine. L’objectif de la démarche est d’en finir avec ce genre d’actes.

    Avec RFI

  • comment le TP Mazembe est devenu un géant du football en Afrique

    comment le TP Mazembe est devenu un géant du football en Afrique

    charles-musonda-nomme-selectionneur-adjoint-du-tp-mazembe-Le TP Mazembe affrontera ce samedi, à Lubumbashi, un autre mastodonte du football, le Zamalek SC (Égypte). Retour sur la trajectoire le club congolais qui s’est hissé, au cours de ses 80 années d’existence, parmi les meilleurs d’Afrique.

    Les supporters des Corbeaux s’en donneront à coeur joie. L’occasion ? Un match de Ligue des Champions à… Lubumbashi samedi 30 novembre. Le TP Mazembe affrontera ce jour-là un autre grand d’Afrique, le Zamalek SC (Égypte), qui détient lui aussi cinq titres remportés dans cette compétition.

    Alors que le TP Mazembe fête son 80e anniversaire, l’affiche entre les deux mastodontes est la meilleure des publicités. Moïse Katumbi, s’il ne boude pas son plaisir lorsque son club remporte le championnat de la République démocratique du Congo (RDC) aux dépens de l’AS Vita Club et du DC Motema Pembe, le chairman vibre surtout pour la Ligue des Champions.

    Cinq Ligues des Champions

    Quand Moïse Katumbi est né, en 1964, la Ligue des Champions était alors appelée Coupe des clubs champions. En 1967, le TP Mazembe éjecte de la plus haute marche du podium les Ghanéens de l’Asante Kotoko (1-1, 2-2) et en 1968, il ravit la victoire aux Togolais de l’Etoile Filante de Lomé (5-0, 1-4).

    Ensuite, pendant plus de trente ans, le club se contentera de quelques « sucreries ». plusieurs titres nationaux (sept championnats, trois coupes), et une victoire en Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1980, une compétition aujourd’hui défunte, viendront rassasier les fans des Corbeaux.

    Quand le Français Diego Garzitto accepte de s’engager avec Mazembe en 2003, le club vivote. « J’avais rencontré Katumbi , qui avait repris le club en 1997, à Bruxelles, où il était déjà en exil. On sentait qu’il avait de l’ambition, mais pas beaucoup de moyens. Cependant, il voyait à long terme, il savait qu’il lui faudrait du temps ».

    À Lubumbashi, Garzitto gagne alors 4 000 euros, et les joueurs rarement plus de 400 ou 500 euros. Les structures d’entraînement sont quasi inexistantes, les équipements pour les joueurs rares et précieux. « Je suis resté un an. Quand Katumbi m’a demandé de revenir, en 2008, les choses avaient changé », poursuit-il.

    Évolution

    Le Boss est sur place, et les moyens augmentent. Garzitto empoche « trois ou quatre fois plus qu’en 2003 », les joueurs touchent des salaires très confortables. « Ce n’était pas encore l’opulence, mais ce n’était plus comparable. On voyait qu’il y avait eu du travail, que le président mettait de l’argent dans le club. Lors de mon premier passage, on avait recruté certains jeunes joueurs. Cinq ans plus tard, la plupart était toujours là, avec de l’expérience en plus ».

    Et 31 ans après la conquête de la dernière Ligue des Champions, le TP Mazembe se réinstalle sur le toit de l’Afrique, face aux Nigérians de Heartland FC (1-2, 1-0).

    Kidiaba, Mputu, Mihayo (l’actuel entraîneur) ou Kaluyituka rejoignent leurs aînés Kalala, Tshinabu, Nyembo ou Saidi, au rang des héros locaux.

    La nouvelle histoire des Corbeaux est en marche, et Katumbi poursuit son entreprise de consolidation d’un édifice adulé, détesté ou envié.

    En 2010, les Congolais conservent leur titre contre l’Espérance Tunis (5-0, 1-1) et atteignent quelques semaines plus tard la finale de la Coupe du Monde des clubs à Abu Dhabi, où l’Inter Milan d’un certain Samuel Eto’o, buteur ce jour-là, fracasse les rêves des Africains (3-0).

    Culture du succès

    La décennie qui s’ouvre consacre le TP Mazembe au niveau continental. Arrivé en 2013, Patrice Carteron, qui restera à Lubumbashi jusqu’en décembre 2015, a été à la fois un acteur actif et un observateur attentif de l’évolution du club subsaharien le plus titré sur la scène africaine.

    « Il y a une culture du succès. Pour beaucoup de Congolais, Katumbi est un exemple de réussite, dans un pays immense, où il y a à la fois d’énormes richesses et une grande pauvreté. Faire du TP Mazembe une formation capable de rivaliser avec les équipes d’Afrique du Nord, ce n’était pas gagné. On sent que c’est un club respecté. Le fait d’arriver dans un avion privé, aux couleurs du club, ça en impose. Quand on voyageait en RDC, moi qui n’ai jamais voulu me mêler de politique interne, j’ai quand même compris que le TP Mazembe, au moins à l’époque de Joseph Kabila, était perçu comme le club de l’opposition, en raison de la personnalité de son président, et qu’on lui mettait parfois des bâtons dans les roues, car ses victoires gênaient », explique le Français, qui a remporté la dernière Ligue des Champions des Corbeaux en 2015 (2-1, 2-0 face à l’USM Alger).

    « Il a construit un stade de 20 000 places, et a annoncé qu’il allait en faire un nouveau de 50 000. L’effectif dispose d’un centre d’entraînement moderne, il y a une académie qui fonctionne bien. Ce qu’il a réussi à faire en si peu de temps, doter le TPM de structures comparables à celles d’un bon club européen, nouer des partenariats avec Anderlecht ou Clermont Foot, cela prouve qu’il y a une vision.»

    « Le TP Mazembe doit être un exemple »

    Pendant l’exil européen de Moïse Katumbi, les Corbeaux ont tout de même gagné deux fois la Coupe de la CAF (2016, 2017) et le championnat national à trois reprises (2016, 2017, 2019).

    Le budget (entre 7 et 8 M€ selon certaines sources) n’est plus aussi élevé qu’avant son départ forcé, mais le train de vie du club est assuré. Les joueurs perçoivent des salaires très confortables, pouvant grimper jusqu’à 15 000 ou 20 000 euros, et les primes sont parfois généreuses.

    « Katumbi est un président très présent, mais qui, contrairement à d’autres, connaît bien le football. On pouvait ne pas être d’accord, mais il n’a jamais cherché à m’imposer des joueurs », ajoute Carteron.

    Aujourd’hui, le TP Mazembe « devrait être pris comme exemple par d’autres clubs subsahariens, ce qui favoriserait le développement du football en Afrique. C’est une fierté pour les Congolais qu’il soit au niveau où il est et qu’il soit devenu un fleuron sur le continent », conclut Constant Omari, le président de la fédération Congolaise de Football (FECOFA).

    Avec JA

  • Le Gouvernement réduit son budget de moitié

    Le Gouvernement réduit son budget de moitié

    -La République démocratique du Congo (RDC) doit revoir son budget 2020 à la baisse de près de moitié, a annoncé lundi le ministère des Finances. Un coup dur pour les grands projets anti-pauvreté du président Félix Tshisekedi.

    « La loi de finances 2020 » prévoyait un budget de 10,59 milliards de dollars (au taux actuel du franc congolais) pour quelque 80 millions d’habitants, dont les 2/3 vivent avec moins de deux dollars par jour, sans la moindre protection sociale.

    Cependant, le « plan de trésorerie », qui tient compte de l’exécution du budget, ne prévoit plus que 5,45 milliards de dollars de dépenses, selon un communiqué du ministère des Finances, et des recettes un peu moindres. Ce « plan de trésorerie » prend en compte « des tendances défavorables de la conjoncture actuelle », note le ministère. Et notamment « les effets décalés résultant de l’effondrement au dernier trimestre 2018 du cours du cobalt », un minerai dont la RDC est le premier producteur mondial.

    Le budget initial de 11 milliards manquait de « réalisme », avait prévenu le Fonds monétaire international (FMI), qui a accordé en décembre à la RDC une ligne de crédit d’urgence de 368,4 millions de dollars pour « ses besoins urgents en matière de balance des paiements ».

    Ce budget devait financer le chantier titanesque de la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques lancé en septembre 2019. Son coût a été estimé à 2,6 milliards de dollars. Vendredi, le président Tshisekedi a aussi lancé un « plan national stratégique » pour « la couverture santé universelle », en présence du patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    « Les citoyens de la RDC sont confrontés à de nombreux problèmes sanitaires: paludisme, rougeole – avec l’un des plus terribles épisodes depuis 50 ans -, malnutrition et maladie à virus Ebola », a rappelé le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Nous sommes en train de chercher les financements », a assuré le ministre de la Santé Eteni Longondo, envisageant une couverture totale « peut-être après cinq, dix, quinze ans ».

    La RDC est producteur de métaux très convoités (cobalt, cuivre, or, coltan). Sa population est pourtant l’une des plus pauvres du monde, dans ce pays où le président a fait de la lutte contre la corruption un de ses objectifs.

    Avec Libre Afrique

  • Menace de boycottage de la radio BBC après la révocation d’un journaliste congolais

    Menace de boycottage de la radio BBC après la révocation d’un journaliste congolais

    -La corporation des journalistes congolais a menacé lundi d’appeler au boycottage de la radio britannique BBC en République démocratique du Congo (RDC), après le licenciement d’un journaliste congolais, auquel on reproche d’avoir réalisé une interview controversé d’un écrivain franco-camerounais critique envers Kigali. « Nous invitons la radio BBC à revenir sur sa décision injuste de révocation de notre confrère Jacques Matand. A défaut, nous allons inviter tous les Congolais à ne plus suivre cette radio et aux médias qui prennent le relais de ne plus le faire », a déclaré le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Boucard Kasonga Tshilunde, à l’AFP.

    « La BBC a agi sur injonction du gouvernement britannique qui a subi des pressions des autorités de Kigali pour qui les écrits de Charles Onana font obstacles à leur visée hégémonique », a-t-il dit.

    Grand nom de la presse congolaise, Jacques Matand Diyambi a travaillé pendant plusieurs années à la radio onusienne Okapi avant de rejoindre la rédaction de BBC Afrique à Dakar (Sénégal).

    En novembre, il a réalisé une interview avec l’intellectuel franco-camerounais Charles Onana, sur son livre intitulé « Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise », diffusée par la BBC les 20 novembre et le week-end des 23 et 24 novembre 2019.

    A la suite de cette interview, « le gouvernement rwandais a accusé la BBC d’avoir été injuste, biaisée et inexacte, et a indiqué qu’il se réservait le droit de prendre des sanctions à l’encontre de la BBC », peut-on lire dans la lettre de notification de licenciement de M. Matand, consultée par l’AFP. « Ladite plainte a soulevé des manquements potentiels de votre part, à savoir le non-respect des lignes directives de la politique éditoriale globale de la BBC ».

    Plusieurs médias et organisations des journalistes (au Sénégal et en RDC) sont vent débout contre la radio BBC depuis l’annonce de cette sanction. Sur les réseaux sociaux, une pétition invitant la BBC à lever cette mesure circule.

    Les relations entre la RDC et le Rwanda sont en dent de scie. Plusieurs organisations congolaises accusent le Rwanda d’avoir soutenu des groupes armés qui ont déstabilisé l’est de la RDC pendant plus de deux décennies.

    Depuis l’avènement du président Félix Tshisekedi, les relations entre les deux pays se sont sensiblement améliorées au niveau officiel.

    Avec BBC