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  • Paul Kagame mort sur les reseaux sociaux est reapparu ce lundi 27 Avril, lors d’une conférence de presse en visioconférence

    Paul Kagame mort sur les reseaux sociaux est reapparu ce lundi 27 Avril, lors d’une conférence de presse en visioconférence

    -Le président rwandais dément les accusations selon lesquelles des soldats rwandais auraient participé récemment à des opérations dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Paul Kagame a répondu à ces accusations, ce lundi 27 avril, lors d’une conférence de presse tenue en visioconférence.

    Paul Kagame assure qu’il n’y a aucun soldat rwandais présent en RDC au Sud-Kivu.  Le président du Rwanda répond ainsi à des membres de la société civile et de l’opposition congolaise qui dénoncent une participation de l’armée rwandaise aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) dans des opérations contre les rebelles rwandais dans l’est de la RDC.

    « Il n’ y a pas un seul soldat des Forces de défense rwandaises qui s’est rendu sur ce territoire. Pas un seul. Le gouvernement de la République Démocratique du Congo connaît les faits. Il sait que les Forces de défense rwandaises ne sont pas là-bas. »

    Selon des informations recueillies par RFI, le groupe d’experts de l’ONU aurait également envoyé, récemment, une requête à Kinshasa à ce sujet, assurant disposer d’informations relatives à la participation, dans de récentes opérations, de « forces armées étrangères  » contre des groupes armés nationaux et étrangers au Nord et au Sud-Kivu.

    Paul Kagame a évoqué la présence de troupes burundaises dans la zone. Pour ce qui est du Nord-Kivu, il a salué un échange d’information fructueux entre le Rwanda et la RDC dans le cadre de la lutte contre des rebelles rwandais.

    « Heureusement, le gouvernement congolais a accepté de travailler en collaboration avec les pays de la région, ses voisins, pour tenter de résoudre ce problème des groupes armés qui court depuis des décennies. Nous donnons des informations à nos partenaires de la région dont les Nations unies, des informations à propos de ces activités. Nous avons également donné des informations au gouvernement congolais et ils ont commencé à agir sur la base de certaines des informations que nous leur avons données, car ils ont eu la possibilité de les vérifier et de voir ce qui grandissait dans le Nord-Kivu. Et ils ont commencé des opérations contre ces groupes tels que les FDLR et autres, car ils ont de multiples appellations  ».

    Au sujet de la mort du chanteur Kizito Mihigo, le président a déclaré que de nombreuses explications avaient déjà été données, et que la question devrait être close.

  • Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armée rwandaise est soupçonnée de mener des opérations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basés sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la société civile rwandais, comme congolais, dénoncent l’impact de ces incursions à répétition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au démenti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communauté internationale.

    « Kagame était dans tous ses états », raconte en octobre 2019 le général Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la République démocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants où il avait ses habitudes à Kinshasa. L’entretien dont parle à l’époque l’officier aujourd’hui décédé [Delphin Kahimbi a été retrouvé mort fin février 2020 dans des circonstances mystérieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dépôt des candidatures à la présidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournés vers le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonné de vouloir se maintenir pour un troisième mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le général Delphin Kahimbi sont photographiés, alignés sur un canapé face au chef de l’État rwandais. Le cliché est publié sur les réseaux sociaux et suscite bien des spéculations, Paul Kagame ayant été régulièrement accusé de parrainer ou menacer le régime de Joseph Kabila, rôle qu’il avait déjà joué auprès de son père et prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du président congolais à son homologue rwandais. Paul Kagame est généralement bref dans ses échanges avec ses voisins, mais cette fois, les émissaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrêtait pas de parler de la situation régionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le général Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basés au Congo -les Forces démocratiques de libération du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du régime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliés tutsis [le RNC est dirigé par le Général Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien régime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait à nouveau exigé des résultats et une coopération pleine et entière de son voisin pour étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation dirigée contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsé un niveau de coopération rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce très long entretien : « À la fin, tout le monde était vraiment satisfait, et s’est félicité pour la sincérité des échanges. Paul Kagame avait même interpellé le général Delphin en l’appelant mon frère Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de manière un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce à un nouveau mandat et se retrouve contraint à s’allier avec le fils de son principal opposant, Félix Tshisekedi, qui s’installe à la présidence. Jeune retraité, l’ex-président conserve le contrôle des assemblées, nationale comme provinciales, des forces de sécurité et se retrouve à la tête d’une fortune considérable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner à installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au régime de son prédécesseur, comme à toute référence au président rwandais. Félix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en décembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraîner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une période intense d’opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’Université de New York relève en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliqués, sans que cela ne suscite de réelles réactions. « Des opérations menées conjointement par Paul Kagame et Félix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communauté internationale, elles ne veulent toucher ni à l’un ni à l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-là d’octobre 2019, dans l’alcôve d’un restaurant quasi désert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais évoque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donné trois mois après sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais démobilisés et des membres de leurs familles sont rapatriés de force au Rwanda par l’armée congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, réclamant tour à tour un dialogue politique et leur réinstallation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrôle d’un régime qu’ils redoutent et sans garanties de liberté et de sécurité.

    Delphin Kahimbi a souvent été à la manœuvre contre les rébellions que le Rwanda était accusé de soutenir, comme celle du M23. Longtemps très critique sur les motivations réelles du Rwanda à mener des incursions sur le sol congolais, le général Kahimbi dit ce soir-là comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir définitivement avec tous ces groupes terroristes et génocidaires », explique-t-il. Nés dans les camps de réfugiés après le génocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mélanges d’officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR) et d’anciens génocidaires à l’origine, sont, plus de 25 ans après, majoritairement composés de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à représenter à peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisième mandat, il redoute la rébellion de demain », finit par pointer le général Kahimbi.

    Entre deux bouchées, le chef du renseignement militaire congolais se félicite des derniers coups portés à ces groupes armés étrangers qu’il a été longtemps accusé lui-même de soutenir. Il se vante d’avoir coordonné en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblématique porte-parole des FDLR, et Théophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvé dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies à Kigali, les deux hommes sont livrés. Interpellé sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent représenter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopère pas, on est complices des génocidaires. Et quand on coopère avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considération pour les droits de l’Homme. Allez dire ça à votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusé à admettre la présence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portés disparus ou assassinés dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multiplié les voyages pour convaincre les armées d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major régional intégré souhaité par le nouveau chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent à rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opérations secrètes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce même officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dû à la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les réseaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’année 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tués, et sur les réseaux sociaux, des officiels et proches du régime de Kigali multiplient les messages de félicitations aux « vaillantes » Forces armées de la RDC (FARDC). Les mêmes ne s’étaient pourtant jamais privés par le passé de les accuser d’être inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa création, le groupe d’experts de l’ONU chargé de contrôler l’embargo avait dénoncé les liens étroits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplétifs, notamment face aux rébellions soutenues par Kigali. Mais la donne change après la défaite de la dernière-née d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opérations de l’armée congolaise et d’attaques de groupes armés hostiles, sur pression du Rwanda et de la communauté internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-là très peu de personnalités de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armée congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pénale internationale, est assassiné avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hanté les forêts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillère négligemment posée sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armée congolaise revendique, elle, cette opération. Dans les jours qui ont précédé, des informations circulaient sur la tenue d’une réunion de haut niveau des leaders de la rébellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui était là, où et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidérant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours été les meilleurs connaisseurs de l’armée congolaise, leurs chefs étaient informés des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des représentants de la société civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines déjà, ils soupçonnent la présence de troupes rwandaises sans parvenir à le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les réseaux sociaux avant même que notre armée ne soit capable de nous confirmer. C’est une manière de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unité et la démocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le même sort. Un ministre rwandais se réjouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forêts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtrière menée début octobre sur son sol, à Kinigi, attribuée à des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait même d’utiliser son téléphone. « Tous les groupes sont infiltrés, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-être pas une simple paranoïa. Quelques jours plus tôt, WhatsApp a annoncé poursuivre en justice une société israélienne, le Groupe NSO. L’enquête de l’ONG Citizen Lab, à la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait démontré que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un téléphone sous écoute, mais également d’ouvrir son micro ou d’allumer sa caméra. Près de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanée avaient été ciblés, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armés basés en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’année 2019, d’autres événements passent plus inaperçus: ceux-là concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait été créé en décembre 2010 par des dissidents du président Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le général Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, Théogène Rudasingwa et un ex-procureur général du Rwanda, Gerald Gahima. Cette même année, le général Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 décembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, étranglé dans une chambre d’hôtel de Johannesburg. À l’époque, le président des FDLR, Victor Byiringiro, dénonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la méfiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusé par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systématiquement massacré combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalé pour la dernière fois ce jour-là à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dès le lendemain et rallier des combattants du RNC réfugiés dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » était plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’Armée patriotique rwandaise [APR, rébellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient à une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est à la fois le beau-frère d’Assinapol Rwigara, financier de la rébellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des dernières opposantes à vivre encore au Rwanda. Cette disparition crée de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en être responsable et d’avoir demandé à ses alliés ougandais d’arrêter ce rival. Sur plainte d’une ONG américaine animé par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera même aux services de sécurité ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur évoque des différends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors même qu’il est porté disparu.

    Mais un autre hypothèse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup porté au RNC et à sa branche armée au Sud-Kivu. Cette disparition émeut jusqu’au sein de la communauté banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au régime de Kigali et qui dit se retrouver prise en étau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisième mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implanté dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communauté et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaît depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana était le chef des opérations militaires du RNC au Congo, il a été tué comme les autres par un commando des forces spéciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapés de son groupe armé qui était parti de chez nous à Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous été décimés ou capturés en juin 2019 dans le Masisi par l’armée rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront présentés le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont été que « récemment » capturés par l’armée congolaise et extradés à Kigali.

  • Selon GEC, L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    Selon GEC, L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    -Y a-t-il des militaires rwandais qui opèrent sur le sol congolais ? La société civile et des députés du Nord-Kivu dénoncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la région et demandent à ce que le mécanisme de vérification mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette présence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont régulièrement signalé à travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allégations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’université de New York. Il répond aux questions de Sonia Rolley.

    RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

    Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des différents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la société civile d’une présence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opérations, en soutien aux opérations FARDC contre les FDLR là-bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette présence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une série d’opérations que l’armée rwandaise a menée avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opérations ont lieu depuis l’année passée.

    Ça veut dire que la présence rwandaise serait régulièrement sur le sol congolais depuis un an ?

    Alors, c’est un peu compliqué de parler de la présence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette présence n’a presque jamais cessé depuis la fin de l’occupation officielle par l’armée rwandaise qui s’est terminée en 2002. C’est-à-dire que depuis cette époque, il y a souvent une présence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux différents groupes armés dans l’est du Congo, avec des périodes d’intensification comme à l’époque du M23. La présence rwandaise était principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

    Ce qu’on a constaté depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette présence. C’est-à-dire que depuis 2014 environ, l’armée rwandaise est là en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armée congolaise et du gouvernement rwandais. Et là aussi, avec des périodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, on a vu une de ces périodes d’intensification avec plusieurs opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais depuis l’année passée.

    Mais est-ce que ce soutien à l’armée congolaise ne devrait pas être signalé au Conseil de sécurité de l’ONU ?

    Cette présence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc évidemment, ça n’a pas été le cas. Le Conseil de sécurité n’a pas ce constat, même si le personnel des Nations unies sur le terrain est informé pas seulement de cette présence aujourd’hui, mais aussi dans le passé.

    Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

    Il y a plusieurs niveaux de problèmes par rapport à la présence de l’armée rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armée est là. On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mènent des opérations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autorités congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration était officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilité. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opérer sur le sol congolais.

    L’autre niveau de problème, c’est la manière dont ils opèrent en RDC. Par exemple, il y a des allégations crédibles de massacres conduits par l’armée rwandaise contre la population réfugiée rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armé CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont là pour opérer contre les rebelles rwandais, mais cela a des répercussions considérables sur les populations civiles et réfugiées.

  • Mort du chanteur Rwandais Kizito Mihigo : Kigali s’irrite de critiques venues de RDC

    Mort du chanteur Rwandais Kizito Mihigo : Kigali s’irrite de critiques venues de RDC

    -Les autorités rwandaises ont dénoncé mardi des critiques venues de République démocratique du Congo (RDC), après la mort en prison à Kigali d’un chanteur rwandais dissident, qui a aussi suscité une demande d’enquête « impartiale » d’Amnesty International. Le chanteur Kizito Mihigo, dont la musique a été interdite par le pouvoir, « s’est suicidé » dans sa cellule, a affirmé lundi la police rwandaise.

    L’artiste, qui avait survécu au génocide, avait été arrêté trois jours auparavant pour avoir voulu quitter le pays. Ses chansons provoquaient la colère du gouvernement du président Paul Kagame.

    En RDC, sa mort a réveillé la colère anti-rwandaise récurrente chez certains Congolais, qui accusent Kigali de vouloir « balkaniser » l’est de leur pays.

    Deux députés congolais, Patrick Muyaya et André Claudel Lubaya, ont ainsi violemment remis en cause la thèse du suicide, le second dénonçant « les mains ensanglantées du pouvoir réactionnaire de Kigali ».

    « Sincèrement, que ces politiciens marginaux aient la décence de se taire et de s’occuper de leur pays. Le suicide malheureux d’un jeune Rwandais au Rwanda ne les concerne pas », a répondu sur Twitter le ministre rwandais en charge de l’Afrique de l’Est, Olivier Nduhungirehe.

    De nombreux internautes congolais ont partagé sur la toile une chanson de Kizito Mihigo, « Mon frère congolais », qui exhorte à la réconciliation Congolais et Rwandais.​

    Avec la libre Afr.

  • Génocide des Tutsi au Rwanda : un ancien préfet rwandais renvoyé aux assises en France

    Génocide des Tutsi au Rwanda : un ancien préfet rwandais renvoyé aux assises en France

    Les perspectives de procès liés au génocide se multiplient en France: après un ancien chauffeur et un médecin, l’ex-préfet rwandais Laurent Bucyibaruta, accusé d’être impliqué dans le génocide commis en 1994, est à son tour renvoyé devant les assises de Paris.

    Le juge d’instruction Alexandre Baillon a ordonné le 24 décembre un procès aux assises pour un ancien fonctionnaire de la province de Gikongoro, au sud du Rwanda.

    L’ex-préfet rwandais Laurent Bucyibaruta, accusé d’être impliqué dans les massacres de masse commis en 1994, est né en 1944. Réfugié depuis 1997 en France où il est placé sous contrôle judiciaire, il est soupçonné de s’être rendu complice d’actes de génocide et de crimes contre l’humanité entre avril et juillet 1994.

    Dans son ordonnance, le juge du pôle crimes contre l’humanité du tribunal de Paris estime en particulier que l’ancien préfet s’est « rendu complice d’une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires ».

    Des tueries à l’encontre de personnes regroupées sur certains sites ainsi que de « personnes interpellées aux rondes et aux barrières, inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisée en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile, en l’espèce la population tutsi ».

    Le magistrat a en revanche rendu à son égard un non-lieu partiel concernant notamment l’assassinat d’un gendarme et de trois prêtres, ainsi que des viols.

    « Nous allons faire appel dans les jours qui viennent parce qu’il y a dans ce dossier un certain nombre d’éléments à décharge », a déclaré à l’AFP Ghislain Mabonga Monga, avocat de Bucyibaruta.

    Des « avancées » après une lenteur pointée du doigt

    « C’était une décision que nous attendions depuis très longtemps », a réagi de son côté Alain Gauthier, le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association qui traque les génocidaires présumés. « Nous ne pouvons que nous en réjouir, d’autant plus qu’elle vient s’ajouter à d’autres avancées » dans le dossier du génocide, a-t-il poursuivi.

    Cet ancien haut-responsable, qui avait quitté le Rwanda pour l’ex-Zaïre (aujourd’hui RDC) puis la Centrafrique avant de rejoindre la France – il habite dans la région de Troyes (Aube) – était visé depuis 2000 par une plainte déposée par les associations Survie et FIDH et des familles des victimes.

    Il avait été un temps réclamé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui l’accusait d’avoir ordonné aux Interahamwe (extrémistes hutu) qui étaient sous ses ordres de commettre plusieurs massacres contre les Tutsi. Le TPIR s’était finalement dessaisi au profit des juridictions françaises. Mais en 2013, il s’était dit préoccupé par la lenteur de celles-ci dans le traitement de cette affaire.

    Une vingtaine de dossiers à Paris

    Quelque 25 dossiers liés au génocide perpétré au Rwanda sont instruits au pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris, créé en 2012 face à l’accumulation des plaintes, plusieurs auteurs présumés s’étant réfugiés en France.

    À ce jour, leur travail a débouché sur deux grands procès: celui de Pascal Simbikangwa, condamné définitivement à 25 ans de prison pour génocide, et celui de deux anciens maires rwandais, dont la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité a été confirmée en appel en juillet.

    En novembre 2017, la justice française a ordonné un troisième procès aux assises, visant cette fois Claude Muhayimana, un Franco-Rwandais accusé de « complicité » de génocide pour avoir transporté des miliciens auteurs de massacres. La cour d’appel de Paris doit confirmer ou pas ce renvoi fin mars.

    Et début décembre, le médecin rwandais Sosthène Munyemana, réfugié sur le territoire français depuis septembre 1994 et qui exerce depuis 17 ans comme urgentiste dans un hôpital de Villeneuve-sur-Lot (sud-ouest de la France), a été renvoyé devant les assises pour « génocide » et « crimes contre l’humanité ». Ses avocats avaient aussitôt annoncé leur intention de faire appel de cette décision.

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  • Génocide rwandais: l’enquête sur le massacre Bisesero ne sera pas réouverte

    Génocide rwandais: l’enquête sur le massacre Bisesero ne sera pas réouverte


    Par
    RFI

    Publié le 01-12-2018
    Modifié le 01-12-2018 à 08:53

    L’enquête sur le massacre de plusieurs centaines de Tutsis, entre le 27 et 30 juin 1994, dans les collines rwandaises de Bisesero, ne sera pas réouverte. On l’a appris ce vendredi 29 novembre. Explications.

    Le 22 novembre dernier, les juges d’instruction du tribunal de Paris ont rejetté les demandes déposées par les parties civiles pour relancer ce dossier, clôt en juillet.

    La France a-t-elle tardé à intervenir à Bisesero entre le 27 et le 30 juin 1994 durant le génocide rwandais ? Durant quatre jours, plus d’un millier de Tutsis ont été méthodiquement assassinés par les milices hutues. Des survivants rwandais et plusieurs ONG, dont Survie, accusent l’armée française d’être intervenue trop tard. Ce que cette dernière a toujours contesté.

    Aucune mise en examen n’a été requise contre les militaires français de l’opération Turquoise mis en cause, ce qui devrait logiquement ouvrir la voie à un non-lieu. les parties civiles réclamaient donc l’organisation de nouvelles confrontations, de nouvelles auditions de militaires et responsables politiques français de l’époque et le versement au dossier de nouvelles pièces.

    « On ne peut pas suivre ces juges qui on a l’impression –, cherchent à ménager les militaires, cherchent à ménager la chaîne de commandement militaire, cherchent à ménager les décisions politiques… , s’indigne Eric Plouvier, avocat de l’association Survie, partie civile dans ce dossier. Et on voit encore que notre justice, aussi indépendante soit-elle, a encore quelques frilosités à s’attaquer à des décisions politiques qui sont prises en dehors de tout contrôle démocratique.

    Et on s’aperçoit, même après vingt-quatre ans, qu’on est encore incapable de digérer une éventuelle responsabilité pénale au plan de notre institution judiciaire et c’est tout à fait regrettable. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé d’interjeter appel des décisions qui ont été rendues par les trois juges d’instruction devant la cour d’appel de Paris. Et on verra ce que décidera la cour d’appel de Paris, mais on risque, là encore, d’avoir des surprises sur les suites qui vont être données à notre appel ».

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  • [Tribune] Kiswahili, anglais, français, lingala… Do you speak rwandais ?

    [Tribune] Kiswahili, anglais, français, lingala… Do you speak rwandais ?

    Alors que l’une de ses éminentes ressortissantes vient de prendre la tête de la Francophonie, la question lui est posée sans relâche : le Rwanda est-il anglophone ou francophone ? Et s’il n’était ni l’un ni l’autre, et bien plus à la fois ?

    À l’occasion de la campagne menée par Louise Mushikiwabo, l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, pour conquérir avec succès le secrétariat général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), que n’a-t-on lu, chez ses détracteurs, sur le rapport aux langues qu’entretiendraient les Rwandais !

    Au hit-parade des principaux lieux communs, l’idée que notre pays, jadis « francophone », aurait basculé vers la langue de Shakespeare. La réalité est bien plus complexe et nécessite de revenir sur la relation peu commune que les Rwandais, marqués par une longue histoire d’exil, entretiennent avec les langues étrangères.


    >>> À LIRE – Francophonie : au Rwanda, le français marginalisé mais toujours là


    Ne pas être pris pour un « muzungu »

    Chacun le sait à Kigali : si votre voiture montre des signes de fatigue, mieux vaut parler couramment le luganda, un idiome ougandais. Mécaniciens et bricoleurs, vendeurs de marques d’origine ou factices, tous sévissent à Nyabugogo, dans la banlieue de la capitale, et parlent le luganda. Les prix variant selon qu’on est initié ou pas, s’exprimer dans cette langue est un atout, au risque d’être pris pour un « muzungu » : touriste, pigeon, bon pour l’arnaque…

    Par contre, Chez Zozo, le soir, à Gisimenti, il est préférable de s’exprimer en lingala pour déguster du foufou au makayabu (poisson salé, 100 % congolais), qu’on mange en regardant un orchestre – congolais également – se produire sur une petite scène improvisée, égrenant les tubes les plus populaires du moment à Kinshasa. Idem à « Nganda na biso » (« Notre bistro », en lingala), alias Chez Mère Josée.

    « Nyamijos », comme on le surnomme, évolue à son propre rythme, et la politique, ici, n’intéresse pas plus que ça

    À Nyamirambo, ce quartier musulman un peu en marge du développement fulgurant du reste de la capitale, on parle le kiswahili. « Nyamijos », comme on le surnomme, évolue à son propre rythme et la politique, ici, n’intéresse pas plus que ça. On y porte généralement la djellaba, on y parle business et football – aussi bien des performances des clubs européens en Champions League que du match qui s’est déroulé au vieux stade, qui porte le même nom que la commune, entre Rayon Sport et APR, les deux clubs rivaux de la capitale.

    On y fait du petit commerce, on y prie cinq fois par jour et on y boit du thé agrémenté de beignets sucrés.

    Les Kigalois optent pour le « kinyafranglais »

    C’est quand on veut manger européen que les choses se compliquent. Poivre Noir, un petit restaurant familial, propose des menus en français. Le couple qui tient l’établissement va, certes, vous répondre en anglais mais avec un accent à vous couper l’appétit. Quant à Republika, un restaurant afro-jazz, les propriétaires y parlent l’anglais et le kiswahili mais sont prêts à faire un petit effort en français pour les clients fidèles. Inutile de chercher à comprendre, surtout après quelques verres…

    Le « kinyafranglais » est un ragoût maison mêlant les trois langues principales du pays, assaisonné d’une pincée de kiswahili

    Si les Rwandais francophones ont appris l’anglais avec facilité, leurs compatriotes anglophones, eux, ont éprouvé plus de mal à faire l’inverse – sauf quand leurs parents avaient les moyens d’envoyer leur progéniture dans des écoles privées qui font cours à parité dans les deux langues.


    >>> À LIRE – Francophonie : où parle-t-on le plus français en Afrique ?


    Assommés par tant de variantes linguistiques, les Kigalois, quand ils veulent décompresser, le soir, autour d’une bière, optent pour le « kinyafranglais » : un ragoût maison mêlant les trois langues principales du pays, assaisonné d’une pincée de kiswahili. S’il fut un temps où le luganda passait pour une langue prisée au sommet du pouvoir – puisque la plupart des généraux ayant libéré le pays en 1994 avaient évolué auparavant en Ouganda – et le lingala pour la langue des ambianceurs – pour des raisons connues de toute l’Afrique -, ces deux idiomes ont fini par être vus comme plutôt ringards, à mesure que le kinyarwanda prenait son essor.

    Par ailleurs, la seule retombée positive que nous ayons reçue de notre voisin burundais depuis le début de la crise politique, en 2015, consiste en un afflux de jeunes gens éduqués dans un bien meilleur français que celui que nous pratiquons nous-mêmes. Musiciens, artistes ou activistes, ils ont, pour ainsi dire, décoincé Kigali, à l’instar de Davy-Carmel Ingabire et Novella Nikwigize, deux animateurs burundais devenus des stars à la télévision rwandaise. Sans parler du journaliste Innocent Muhozi et de son équipe de Radio-Télé Renaissance, qui émet, en exil, depuis Kigali…

    Face à ce buffet « all inclusive », les jeunes Rwandais passent donc leur adolescence à emprunter de multiples accents

    Pas d’accent dans les hautes sphères

    Face à ce buffet « all inclusive », les jeunes Rwandais passent donc leur adolescence à emprunter de multiples accents, avant d’en adopter un – au choix : ghetto-rap ou celui des Community Colleges américains, où la plupart d’entre eux étudient. Des accents qu’ils perdront aussitôt lorsqu’ils seront appelés à assumer des fonctions publiques.

    Dans les hautes sphères, il est en effet mal vu de prendre plaisir à pratiquer une langue étrangère, n’en déplaise aux règles de l’hospitalité. C’est pourquoi nous avons tous gardé au frais une barquette de kinyarwanda, au cas où notre nom viendrait à être publié, un mercredi, dans le communiqué du Conseil des ministres.

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  • Le parquet rwandais requiert 22 ans de prison contre l’opposante Diane Rwigara

    Rwanda Paul Kagame Liberté d’expression Afrique Le parquet rwandais requiert 22 ans de prison contre l’opposante Diane Rwigara Tweeter print © Cyril Ndegeya, AFP | La rwandaise Diane Rwigara lors de son procès à Kigali, le 7 novembre 2018. Texte par FRANCE 24 Suivre france24_fr sur twitter Dernière modification : 07/11/2018 Accusé d’incitation à l’insurrection et de falsification de documents, la Rwandaise Diane Rwigara risque 22 ans de prison. L’opposante avait tenté de se présenter à la dernière élection présidentielle face à Paul Kagame. Le parquet rwandais a requis, mercredi 7 novembre, 22 ans de prison contre l’opposante Diane Rwigara, accusée d’incitation à l’insurrection et de falsification de documents. Cette dernière, âgée de 37 ans, est devenue au Rwanda l’une des principales voix critiques contre le président Paul Kagame, contre qui elle avait tenté en vain de participer à l’élection présidentielle de 2017.”Nous requérons que Diane Rwigara soit emprisonnée 15 ans pour incitation à l’insurrection et sept ans pour falsification de documents”, a déclaré un représentant de l’accusation lors d’un procès tenu en une seule journée à Kigali.
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  • Rwanda: le géant de la bière Heineken a-t-il joué un rôle dans le génocide?

    Rwanda: le géant de la bière Heineken a-t-il joué un rôle dans le génocide?


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 02:37

    C’est un livre qui a fait beaucoup parler. Le journaliste néerlandais, Olivier Van Beemen vient de publier « Heineken en Afrique », une enquête sur les méthodes de ce géant de la bière, très présent sur le continent. Agressions sexuelles, viols, corruption, l’auteur y multiplie les accusations contre le brasseur néerlandais. Des accusations très graves que Heineken conteste. Le journaliste néerlandais accuse même le groupe d’avoir joué un rôle durant le génocide rwandais de 1994.

    Selon Olivier Van Beemen, Heineken aurait joué un rôle important dans ce génocide, et ce en continuant à produire de la bière. « Le problème, c’était que cette bière servait à motiver, à récompenser les génocidaires. En même temps, Heineken continuait aussi à payer des taxes au régime génocidaire », déclare l’auteur du livre.

    Cette accusation est formellement rejetée par le groupe néerlandais qui affirme avoir perdu le contrôle de sa brasserie. « Des employés de Heineken se sont révélés être des extrémistes, extrêmement connectés au gouvernement, ce qui a fait tourner la brasserie. Donc, la question c’est : est-ce que Heineken a apporté un support à cette brasserie pour qu’elle puisse tourner ? Nous avons fait une enquête véritablement approfondie et ce qui ressort, de manière assez évidente, c’est qu’il n’y a eu aucun support qui a été apporté. J’ai même regardé un peu les chiffres. C’est vraiment extrêmement clair. Les volumes se sont totalement effondrés et les profits sont arrivés quasiment à zéro », a précisé Patrick Villemin, directeur des relations institutionnelles pour le groupe Heineken en Afrique.

    Il y a cependant un problème. Cet argument de la perte de contrôle n’a pas tout de suite été mis en avant par Heineken, au contraire. En juin 1994, une porte-parole du groupe justifie le maintien de la production par ces mots : « Tant qu’il y a de la demande et que nous pouvons produire, ça ne me semble pas à l’ordre du jour », sous-entendu d’arrêter la production. Une déclaration dont le brasseur se démarque totalement aujourd’hui.

    « Les déclarations qu’a faites cette porte-parole sont en déconnexion totale avec ce qui se passait dans la réalité », rétorque Patrick Villemin.

    Si Heineken qualifie les accusations de l’auteur « d’inacceptables », le groupe n’a toutefois pas porté l’affaire en justice. Aucune plainte en diffamation n’a en effet été déposée contre le journaliste néerlandais.

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  • Tueries de Bisesero au Rwanda : le chef de l’ex-opération Turquoise dément les accusations de Mediapart

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