Author: Don Kayembe

  • Adieu, Baudouin…

    Adieu, Baudouin…

  • Appel à des marches de protestation le 26 mai

    Appel à des marches de protestation le 26 mai

    manif-Trois plateformes d’opposition congolaise appellent à des marches de protestation en République démocratique du Congo le 26 mai contre un arrêt de la Cour constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila à rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat, selon un communiqué reçu samedi.

    « Notre détermination est telle qu’une marche de protestation, contre les dévoyés et fossoyeurs de la démocratie en RDC, sera organisée ce 26 mai 2016 sur toute l’étendue de la République », écrivent dans ce texte la Dynamique de l’opposition, le G7 et le Front citoyen.

    Mercredi, la Cour constitutionnelle de la RDC a autorisé M. Kabila à rester en fonctions si la présidentielle n’est pas organisée avant la fin de son mandat, le 19 décembre 2016, comme cela semble chaque jour un peu plus probable.

    Pour les trois plateformes d’opposition, « la Cour vient de démontrer […] qu’elle est au service de Monsieur Kabila et de ses partisans pour leur permettre de demeurer au pouvoir par défi et au mépris total aussi bien de la Constitution de la République que du peuple congolais qui exigent l’alternance démocratique en 2016. »

    Dans un communiqué séparé, la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignés adhérant au Front citoyen, a dénoncé la répression d’un sit-in « pacifique » ayant rassemblé une trentaine de personnes à son appel devant le siège de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu (est).

    « Inaction » des Casques bleus et des forces armées nationales à Beni

    L’objet de la manifestation était de dénoncer « l’inaction » des Casques bleus et des forces armées nationales face à la vague de massacres ayant coûté la vie à près de 600 civils dans la région de Beni, grande ville du nord de la province, depuis octobre 2014.

    Selon la Lucha et un journaliste sur place, les policiers ont dispersé violemment le petit attroupement en distribuant coups de crosse et coups de pied et ont interpellé sept personnes : cinq manifestants et deux journalistes qui avaient tourné des images, l’un pour La Voix de l’Amérique, l’autre pour la télévision congolaise B-One.

    Tous ont fini par être relâchés.

    Les policiers « nous [ont] demandé d’écraser les images tournées, ce que nous avons fait », a déclaré à l’AFP l’un des deux journalistes interpellés.

    M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père qui avait renversé en 1997 le vieux dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été élu président en 2006 avant d’être réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives, au résultat contesté, et à l’origine de la crise politique que traverse le pays.

    L’est de la RDC, et en particulier la province du Nord-Kivu, est déchiré par la violence de conflits armés depuis plus de vingt ans en dépit des efforts de la communauté internationale pour stabiliser la région.

    JA

  • plus que deux groupes en lice pour la construction du barrage géant Inga III

    plus que deux groupes en lice pour la construction du barrage géant Inga III

    Barrage d'Inga-Le canadien SNC-Lavalin ne figure plus parmi les trois consortiums en lice pour la construction du premier des barrages hydroélectriques d’Inga sur le fleuve Congo, selon Bruno Kapandji, le directeur de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, cité par “Reuters” mardi.

    L’échéance est désormais fixée à octobre 2016 : c’est la date à laquelle le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) départagera les deux consortiums encore en lice pour la construction du premier barrage du projet Inga III, dit « Inga III basse chute ».

    Celui-ci doit permettre à la RDC – pays où seul 15 % de la population a accès à l’électricité – de produire 4 800 mégawatts (MW) supplémentaires. Premier volet d’un projet décalé à de multiples reprises qui vise à étendre les capacités de production électrique sur le site exceptionnel des chutes d’Inga, à environ 250 km au sud de Kinshasa, où existent actuellement deux barrages construits dans les décennies 1970 et 1980.

    Deux consortiums sont encore en lice, selon Bruno Kapandji, l’ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Énergie nommé directeur de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, créée par le président Joseph Kabila au sein de son cabinet en octobre 2015.

    Il s’agit du groupement d’entreprises chinois, mené par China Three Gorges Corporation, qui a réalisé le barrage des Trois-Gorges en Chine, et du consortium emmené par le groupe de BTP espagnol ACS.

    « Nous sommes dans l’attente de leur offre en juillet. Nous choisirons la meilleure en termes d’expérience, de capacité à mobiliser des fonds et de technologie », a indiqué Bruno Kapandji.

    Exit SNC-Lavalin

    Exit donc le groupe canadien SNC-Lavalin qui avait été présélectionné en association avec les coréens Daewoo et Posco, et dont Bruno Kapandji ne fait plus mention.

    La firme d’ingénierie canadienne et ses filiales avaient été « blacklistées », en avril 2013, par la Banque mondiale. Deux de ses cadres avaient été accusés de corruption d’agents étrangers au Bangladesh, dans le cadre d’un chantier de construction de pont auquel l’institution de Bretton Woods prévoyait d’allouer 1,2 milliard de dollars.

    Or la Banque mondiale est très impliquée dans le projet Inga III. En mars 2014, rassérénée par l’engagement de l’Afrique du Sud à acheter la moitié de la future production électrique du barrage congolais, l’institution internationale a accordé un don de 73,1 millions de dollars à la RDC, pour de l’assistance technique dans le développement de ce projet.

    Le démarrage du chantier, lui aussi décalé de manière répétée, est désormais attendu pour juin 2017. Cependant, « des financements supplémentaires doivent être sécurisés », a indiqué Bruno Kapandji. Qui n’a toutefois pas précisé dans quelles proportions le coût total de Inga III basse chute, estimé à 12 milliards de dollars, a pour l’heure été sécurisé.

    Avec Jeune Afrique

  • Quelle est l’origine de l’affaire ?

    Quelle est l’origine de l’affaire ?

    moise-katumbi-L’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo, est de nouveau entendu mercredi à l’office du procureur général près la cour d’appel de l’ex-Katanga, dans le sud du pays. Nouvel épisode d’une affaire présumée de recrutement de mercenaires. De quoi s’agit-il ?

    Comme lors de sa première audition lundi dernier, Moïse Katumbi s’est rendu ce mercredi 11 mai à pied au parquet général près la cour d’appel de l’ex-Katanga, à Lubumbashi, où il est entendu dans le cadre d’une enquête sur le recrutement de mercenaires étrangers dans le sud de la RD Congo.

    Accompagné de sa famille, de ses avocats, des stars du club TP Mazembe dont il est le président, de ses alliés politiques ainsi que d’une foule de partisans, le candidat déclaré à la présidentielle, tout de blanc vêtu et un drapeau de la RD Congo autour du cou, est arrivé vers 11 heures 20 au palais de justice.

    Plusieurs milliers de ses partisans qui étaient venus le soutenir, comme au premier jour de l’interrogatoire, scandant des chansons hostiles au président Joseph Kabila, ont été dispersés par la police. Certains ont pu forcer les barrages de police pour tenter d’occuper le bâtiment où devait avoir lieu l’audition, selon l’AFP.

    Quelle est l’origine de l’affaire ?

    Tout est parti d’une série d’arrestations de proches du dernier gouverneur de l’ex-Katanga. Le premier à être interpellé : Huit Mulongo, ancien directeur de cabinet de Moïse Katumbi. Le 22 avril, des agents de sécurité débarquent chez lui et l’arrêtent. Il est accusé de détenir illégalement une arme. Un revolver pourtant déclaré et enregistré auprès des services publics, selon sa défense.

    Les choses s’accélèrent quarante-huit heures plus tard avec l’arrestation à Lubumbashi de deux fils de Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial du chef de l’État, qui s’est rapproché de Moïse Katumbi. Là encore, une affaire de détention d’armes que les services de sécurité affirment avoir trouvées dans un hôtel de la famille Numbi. Pour réclamer leur libération, Moïse Katumbi annonce un meeting populaire le 25 avril.

    Des arrestations à l’affaire des « mercenaires »

    Mais le meeting annoncé n’aura jamais lieu. À la place, un feu d’artifice de gaz lacrymogènes contre les manifestants qui accompagnaient l’opposant sur le lieu du rassemblement. Plusieurs d’entre eux sont arrêtés. Certains seront libérés le lendemain « après quelques vérifications et contrôles administratifs », indiquent des sources sécuritaires gouvernementales.

    Ce jour-là, les forces de sécurité arrêtent aussi Darryl Lewis, un citoyen américain, et trois Congolais (Idi Sefu, Yannick Kabinda et Franck Mwashila), qui se trouvaient dans un véhicule, derrière les manifestants. Tous les quatre sont présentés comme des « mercenaires étrangers au service de Katumbi » et transférés le 25 avril à Kinshasa.

    Détenu et interrogé par l’Agence nationale de renseignement (ANR), Darry Lewis explique alors qu’il n’est qu’un fermier venu prospecter pour d’éventuels projets agricoles dans le sud de la RD Congo. Mais il se rétracte très vite pour affirmer qu’il est un « consultant en sécurité » dépêché à Lubumbashi pour évaluer le dispositif de la protection privée de l’ex-gouverneur Katumbi à qui l’État a retiré les policiers qui assuraient sa garde. Une deuxième ligne de défense soutenue par l’ambassade des États-Unis.

    Que reproche-t-on à Katumbi ?

    Mais pour les services de sécurité, Darryl Lewis est un mercenaire qui travaille pour Moïse Katumbi. Dès le 1er mai, le procureur général de la République Flory Kabange Numbi et des membres de l’ANR sont dépêchés à Lubumbashi pour mener des enquêtes.

    Le 4 mai, le ministère de la Justice ordonne officiellement « [l’ouverture] d’un dossier judiciaire dans l’ex-province du Katanga », assurant détenir « la preuve documentée que plusieurs anciens militaires américains qui se trouvent actuellement au Katanga sont au service de M. Katumbi ». Ce dernier se déclarera candidat à la présidentielle quelques heures plus tard.

    Alexis Thambwe Mwamba, le garde des Sceaux congolais, soutient qu’« il existe un réseau avec une société basée en Virginie aux États-Unis qui assure le recrutement de mercenaires spécialisés dans la formation, le maniement des armes, comme agent de sécurité, ou garde du corps ».

    Quid de la réaction des États-Unis ?

    Premiers concernés dans l’affaire, les États-Unis se disent « préoccupés » et suivent de près l’évolution de l’enquête judiciaire ouverte contre leur ressortissant, rejetant d’emblée toute accusation de mercenariat à son encontre.

    L’opposant Moïse Katumbi fait face à un harcèlement politique, dit un diplomate européen

    Des sources diplomatiques américaines, contactées par Jeune Afrique, soutiennent en revanche que Darryl Lewis travaille bien pour le compte d’une « société privée de sécurité très respectable qui offre ses services à plusieurs clients, publics ou privés, à travers le monde ».

    Par ailleurs, Bruxelles et Paris n’ont pas officiellement pris position sur cette affaire présumée de mercenaires. « Mais tous les signaux indiquent que l’opposant Moïse Katumbi fait face à un harcèlement politique », souligne un diplomate européen basé à Kinshasa.

    À l’en croire, « des sanctions devraient bientôt cibler quelques membres de l’entourage du chef de l’État congolais, qui encouragent la répression des opposants et font obstacles au respect de la Constitution en RD Congo ». Des ministres mais aussi des responsables de la police, de l’armée et des services de sécurité seraient dans le viseur de la communauté internationale.

    AVEC JEUNE AFRIQUE

  • la France appelle la RDC à la “préparation active” d’élections

    la France appelle la RDC à la “préparation active” d’élections

    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)
    Francois Hollande (France) et Joseph Kabila (RDC)

    -La France a appelé jeudi les autorités congolaises à préparer “de bonne foi” les élections au lendemain d’une décision autorisant le président Joseph Kabila à rester en fonction si la présidentielle prévue en 2016 n’a pas lieu.

    “La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire”, a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

    “Il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard”, a-t-il souligné en déplorant “la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire” dans ce pays.

    Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, pourra rester en fonction au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l’élection présidentielle censée avoir lieu cette année est reportée, selon un arrêt rendu mercredi par la Cour constitutionnelle.

    Plusieurs dirigeants de la majorité réclament depuis plusieurs mois une “transition” de deux à quatre ans pour organiser de “bonnes élections”, arguant d’obstacles logistiques et financiers à la tenue de l’élection dans les temps.

    “La France appelle également au respect de l’État de droit afin qu’un débat serein s’engage dans la perspective des élections”, a ajouté le porte-parole du Quai d’Orsay.

    L’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, a été entendu une nouvelle fois par la justice mercredi dans le cadre d’une enquête pour “recrutement de mercenaires étrangers”, faits qu’il nie.

    Paris condamne également “avec la plus grande fermeté (..) la recrudescence des exactions” dans le nord-est du pays et appelé les autorités, aidées par les Casques bleus, à “concentrer leurs efforts sur la protection des populations civiles, notamment les plus vulnérables”.

    Trente civils au moins ont été tués en l’espace d’une semaine dans des massacres attribués à des rebelles ougandais dans l’est de la République démocratique du Congo, a indiqué mercredi la Mission de l’ONU dans ce pays.

    L’est de la RDC est déchiré par les conflits depuis plus de vingt ans.

    La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) et le gouvernement congolais tiennent les miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise, pour responsables d’une série de massacres dans cette région, mais cette opinion ne fait pas l’unanimité.

    Dans un rapport publié en mars, le Groupe d’études sur le Congo (GEC), centre de recherches de l’Université de New York (NYU), juge que les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

    Avec AFP

  • Ce Vendredi 13 May a L’shi, La police refoule plusieurs milliers des partisans de Katumbi

    Ce Vendredi 13 May a L’shi, La police refoule plusieurs milliers des partisans de Katumbi

    FOULE -KATUMBI-La police congolaise a refoulé vendredi à la mi-journée plusieurs milliers de partisans de l’opposant congolais Moïse Katumbi aux alentours du palais de justice de Lubumbashi, où celui-ci devait déposer dans le cadre d’une enquête diligentée contre lui.

    A proximité du bâtiment, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur la foule tandis qu’à l’intérieur les agents s’employaient à chasser des dizaines d’avocats arrivés depuis plusieurs heures et affirmant vouloir “plaider pro deo” (gratuitement) pour M. Katumbi.

    “Nous voulons plaider pro deo en faveur de M. Katumbi et de toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête”, a déclaré à l’AFP l’un d’eux, Me Hubert Tshiswaka, peu avant que la police ne les boute hors du palais en dispensant des coups de matraque.

    Pour sa troisième journée d’audition par un magistrat du parquet de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, M. Katumbi est entré au palais de justice vers 12H05 (10H05 GMT) tout de blanc vêtu – comme lors de ses auditions de lundi et mercredi – visiblement tendu, accompagné de ses avocats habituels et de membres de sa famille.

    Candidat déclaré à la prochaine présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année, M. Katumbi est accusé par les autorités d’avoir recruté des mercenaires, ce qu’il dément, voyant derrière cette affaire la main du pouvoir, qu’il accuse de vouloir le mettre hors jeu.

    Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé le président de la RDC Joseph Kabila à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l’élection présidentielle censée avoir lieu cette année n’est pas organisée.

    VOA

  • AFFAIRE KATUMBI : OLIVIER KAMITATU, LA MAIN QUI NOURRIT DES JOURNALISTES OCCIDENTAUX

    AFFAIRE KATUMBI : OLIVIER KAMITATU, LA MAIN QUI NOURRIT DES JOURNALISTES OCCIDENTAUX

    KAMITATU-KATUMBI-Envoyé à Bruxelles depuis quelques semaines, l’ancien ami de Jean-Pierre Bemba trimballe une cagnotte avec laquelle ils soudoient des journalistes européens en faveur de son nouveau mentor. La même stratégie est de rigueur à Lubumbashi où des journalistes kinois ont été, mobilisés pour la même cause tandis qu’à Kinshasa un autre dispositif opère pour le même objectif : embrouiller la situation pour éviter que l’affaire n’arrive dans le fond.

    Dans le coaching dont il bénéficie pour sa confrontation avec la justice, Moïse Katumbi ne lésine sur aucun moyen ni aucun aspect de la bataille. Autant il se fait entourer d’une foule qui agite des téléphones portables pour filmer la moindre incartade des forces de l’ordre comme à l’époque du printemps arabe en Tunisie, autant il garde le pied sur la pédale de la médiatisation de ses moindres faits et gestes.

    A Kinshasa, nous avons appris qu’un groupe de politiciens a été mobilisé et envoyé à Lubumbashi d’où ils font des déclarations pour inonder l’espace médiatique. Dans la même logique, des journalistes ont été recrutés à Kinshasa pour aller suivre les péripéties de ses auditions qui se déroulent pourtant à huis clos au parquet de Lubumbashi. Un autre groupe se trouve en alerte à Kinshasa pour relayer ces péripéties, plus particulièrement dans les réseaux sociaux.

    Ici à Bruxelles, les médias sont aussi mobilisés pour la même cause. Le coordonnateur de cette action médiatique n’est autre que Olivier Kamitatu. On le voit régulièrement dans des restaurants et des résidences privés entouré des journalistes belges. Même des journalistes français font des crochets sur Bruxelles où ils rencontrent Kamitatu qui leur remet, sinon des articles déjà écrits, au moins des orientations sur ce qu’ils doivent écrire, cela, bien entendu, moyen des espèces sonnantes et trébuchantes. Nous avons observé, par exemple, une fréquentation assez suivie de la journaliste de La Libre Belgique, Marie France Cros, soit directement par elle-même, soit par la canal d’un émissaire.

    Comme dans les autres compartiments de son dispositif de croisade, notamment le volet judiciaire où il a recruté un avocat casse-pied, Eric Dupond-Moretti, le choix porté sur Olivier Kamitatu n’est pas fortuit. En effet, économiste de formation et inspecteur des finances formés dans les années 90’ par la Banque Mondiale, Olivier Kamitatu dirigeait une agence de sondage, BERCI, tout en gérant une revue, Zaïre Magasine, avec son ami Jean-Pierre Bemba. La revue fonctionnait dans les installations de l’ex Scibe Zaïre, là où se trouve aujourd’hui le siège de la société de téléphonie cellulaire Standard Telecom sur le Boulevard du 30 juin.

    C’est donc un homme averti, et jouissant des entrées dans la presse occidentale que Katumbi a choisi pour tenir le front médiatique. L’on comprend, dès lors, le mouvement à sens unique de toutes les productions médiatiques en faveur de Moïse Katumbi alors que l’affaire est déjà en justice, surtout à un niveau pré-juridictionnel où le dossier demeure encore confidentiel. Katumbi joue sur la stratégie de pression médiatique sur les magistrats qui, de leur côté, sont limité par leur devoir de silence et ne peuvent, donc, pas répliquer aux assauts contre eux.

    La question qui se pose est de savoir jusqu’où Moïse Katumbi ira dans sa croisade médiatique. Trop de communication tuent la communication, dit-on. A ce niveau déjà, cet acharnement médiatique ne fait que conforter la thèse de l’agitation suspecte de Katumbi dont le but inavoué est de retarder le plus longtemps possible l’examen en profondeur des griefs mis à sa charge.

    Dossier à suivre

    (Avec Congo Virtuel)

  • “Sam l’Africain”, le Libanais pro-Gbagbo qui veut être député en Côte d’Ivoire

    “Sam l’Africain”, le Libanais pro-Gbagbo qui veut être député en Côte d’Ivoire

    Sam-l-africain-a-la-Cpi-“Pour aider à la réconciliation, je serai candidat aux élections législatives et municipales en Côte d’Ivoire”, prévues en fin d’année, affirme à l’AFP Sam l’Africain, président de la Nouvelle alliance de la Côte d’Ivoire pour la patrie (Nacip),

    “Etre élu député de Côte d’Ivoire”. C’est le rêve fou qu’affiche depuis son retour de la Cour pénale internationale, l’Ivoiro-Libanais “Sam l’Africain”, qui a gagné un statut de vedette en témoignant à visage découvert pendant trois semaines au procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo à La Haye.

    Ses répliques d’une fausse naïveté qui prêtait parfois à rire, mais aussi ses pleurs en évoquant l’aide de Gbagbo à sa mère, son physique rondouillard et son boubou ont fait sensation au procès où son ancien mentor est poursuivi pour crimes contre l’humanité.

    Dans les zones pro-Gbagbo, les gens suivaient régulièrement les témoignages de Sam Mohamed Jichi, retransmis en léger différé sur la chaîne panafricaine Africa24, notamment.

    “Pour aider à la réconciliation, je serai candidat aux élections législatives et municipales en Côte d’Ivoire”, prévues en fin d’année, affirme à l’AFP Sam l’Africain, président de la Nouvelle alliance de la Côte d’Ivoire pour la patrie (Nacip), un petit parti qu’il a pris en main en 2012.

    Commerçant faisant de l’import-export pour les uns, “magouilleur” pour les autres, Sam finance lui-même ses activités politiques. Il a prévu d’organiser une “grande marche pour la réconciliation” le 21 mai à Yopougon, quartier populaire pro-Gbagbo d’Abidjan, où un appel à la libération de M. Gbagbo sera lancé.

    Le “Libanais de Gbagbo” a enchainé les tournées depuis son retour des Pays-Bas le 19 mars, avec pour point d’orgue une visite à Mama (ouest), village natal de Laurent Gbagbo.

    D’origine libanaise, Sam Mohamed Jichi est né il y a 53 ans au Liberia avant d’immigrer très jeune avec ses parents en Guinée et de passer son adolescence en Côte d’Ivoire où il s’est marié avec une Ivoirienne avec laquelle il a eu quatre enfants.

    Comme la plupart des “Libanais” de Côte d’Ivoire, il se lance dans le commerce, avant d’être piqué par le virus de la politique. Avec 80.000 personnes, la communauté libanaise de Côte d’Ivoire, est la plus importante d’Afrique. Installés parfois depuis quatre générations, ces Libanais sont majoritairement originaires du sud du Liban.

    En 2012, il transforme en parti politique la Nacip, un mouvement proche de l’Alliance des jeunes patriotes de Charles Blé Goudé jugé avec Laurent Gbagbo à La Haye.

    Les deux hommes répondent de “crime contre l’humanité” lors de la crise postélectorale 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, après le refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu vainqueur par la communauté internationale de l’élection présidentielle de fin 2010.

    – +Témoin des faits+ –

    Dans sa maison de Marcory résidentiel, un quartier chic d’Abidjan, Sam trône dans un immense fauteuil rouge et or et explique sans détour son voyage à La Haye ainsi que ses ambitions politiques.

    “Je suis allé me présenter comme un +témoin des faits+ de la crise” postélectorale, affirme-t-il. Pendant ses auditions, il a plutôt défendu Gbagbo alors que le parquet le présentait comme un “témoin à charge” et que certains partisans pro-Gbagbo l’avaient qualifié de “traître” avant son passage à la barre, craignant qu’il critique l’ancien président.

    “Je cautionne la CPI: je suis d’accord qu’on poursuive ceux qui ont commis des crimes. Mais je constate que cette Cour n’est pas libre et indépendante. La politique y a fait intrusion”, déplore-t-il.

    Alors que plusieurs personnes ont témoigné le visage caché et la voix brouillée pour les protéger, Sam l’Africain martèle “qu’un témoin n’a pas besoin de se cacher. celui qui vient dire la vérité, qui a vécu les faits doit parler à visage découvert”.

    “Je me sens libéré, j’ai l’impression d’avoir enlevé un fardeau de mon dos”, avoue-t-il, invitant les autres témoins à avoir “ce courage au nom de la paix”.

    “Je circule sans garde de corps. Mon audition à la CPI a libéré les Ivoiriens. Je vais jouer ce rôle de réconciliation” affirme-t-il, très satisfait de sa prestation à La Haye, pour expliquer sa candidature.

    “J’ai confiance, mon parti aura des députés et des maires”, lance-t-il, habillé d’un grand boubou aux couleurs bigarrées.

    A ses détracteurs qui l’accusent de “jouer le jeu de certains politiciens, d’amuser la galerie voire d’être un opportuniste cherchant à profiter de sa nouvelle célébrité, il répond seulement: “Yalla! J’avance!”

    Avec AFP