Author: Don Kayembe

  • L’industrialisation de l’agriculture toujours quasi inexistante en Afrique

    L’industrialisation de l’agriculture toujours quasi inexistante en Afrique

    Avec près de 10% de la production mondiale, le coton africain représente une source importante de revenus pour le continent. Mais la contribution de la filière coton au développement économique demeure en deçà de son potentiel, en raison de l’absence de transformation locale. 

    “Pour transformer, il y a des conditions de base. L’Afrique a besoin de l’énergie pour pouvoir transformer. Le coton vendu de façon brut, sur 100 francs CFA, il n’y a peut-être que dix francs CFA qui reviennent à l’Afrique, ceci n’est pas normal. Et puis nous sommes enclavés donc les transports font partie du problème. Parce que si nous transformons les produits et que nous sommes incapables de les transporter vers les marchés extérieurs, alors ça devient un goulot d’étranglement”, estime Succès Masra, ancien économiste principal à la Banque africaine de développement, la BAD. 

    Déficit de production industrielle

    Selon l’universitaire Soudy Imar Djibrine “l’incapacité à industrialiser l’agriculture” constitue une entrave au développement de l’économie africaine qui continue à exporter des matières premières et importer des produits finis.

    “C’est un grand manque à gagner pour les Africains car la matière première s’en va par exemple en Chine, en Europe etc… Puis elle nous revient beaucoup plus chère sous forme de produits finis. Si nous pouvions produire et transformer localement cela nous reviendrait non seulement moins cher mais ce serait une véritable valeur ajoutée”, déplore Soudy Imar Djibrine. 

    Le président tchadien Idriss Deby Itno qui accueille le premier salon africain de l’agriculture recommande “que des actions stratégiques d’envergure soient développées afin de stimuler les politiques nationales et régionales de transformation des chaines de valeur agricoles en Afrique. C’est à ce prix que nous pouvons faire de l’agriculture le véritable moteur de la croissance, de la croissance des richesses et de lutte contre la pauvreté. Le développement de l’agriculture est la meilleure réponse aux défis économiques.”

    Des problèmes de financement 

    L’autre entrave à la transformation de l’agriculture en Afrique reste les taux d’intérêts élevés qui rendent presque impossible l’accès au crédit. 

    Avec des taux de 12 à 15%, le financement de la transformation de l’agriculture ne peut pas se faire sur un continent où 70% de la population dépend de ce secteur économique.

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  • Ligue Europa: Luka Jovic élimine l’Inter et envoie Francfort en quarts

    Ligue Europa: Luka Jovic élimine l’Inter et envoie Francfort en quarts

    Après le nul 0-0 à l’aller sur la pelouse de Commerzbank Arena de Francfort, les hommes d’ Adi Hütter n’ont pas tardé à faire trembler les filets milanais en match retour.

    C’est Luka Jovic, le buteur inévitable de l’Eintracht Francfort, qui a ouvert le score à la 6e minute. Trois minutes avant, son coéquipier Sebastien Haller a bien trouvé la barre transversale.
    Dans le courant de cette rencontre, l’Inter de Milan, triple vainqueur de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, a beau tenter de revenir au score mais en vain.

    Au terme du temps réglementaire, le score est resté inchangé 1-0 en faveur de l’Eintracht Francfort. Accompagné à Milan par ses 14.000 supporters, le club allemand rejoint donc les quarts de finale de la Ligue Europa. 

    Arsenal fait un come back

    Le club londonien a fait une remontada 3-0 face au Stade rennais dont un doublé du Gabonais Pierre Emerick Aubameyang. Une élimination des Rennais, vainqueur à l’aller 3-1 il y a une semaine. 
    De son côté, le FC Chelsea a largement dominé 5-0  le Dynamo Kiev.  Le club ukrainien qui s’était aussi incliné 3-0 à l’aller est donc éliminé de la suite de la compétition.

    Et puis, malgré sa défaite 3-1 à Salzbourg , le FC Naples est qualifié pour les quarts de finale grâce surtout à sa victoire de 3-0 à l’aller à Naples.
    Villareal est aussi qualifié après sa victoire 2-1 face aux Russes de Zénit Saint–Pétersbourg. Villareal avait déjà gagné 1-0 à l’aller à Saint-Pétersbourg.

    Le club russe de Krasnodar a été aussi éliminé 2-1  par les Espagnols de FC Valence après un nul 1-1 à l’aller. 

    En revanche, les Espagnols du FC Séville ont été éliminés par le Slavia Prague après prolongation 4-3 en match retour .

    Enfin, le Benfica Lisbonne a lui aussi dû batailler face au Dinamo Zagreb. Le club portugais a décroché sa qualification pour les quarts de finale après prolongation 3-0 en match retour.

    Les quarts de finale sont donc prévus le 11 avril pour les matches aller, et le 18 pour les matches retour.

    Les demi-finales aller sont annoncés le 2 mai, retour le 9. La finale se tiendra le 29 mai au Stade olympique de Baku (Azerbaïdjan).

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  • RDC : regain de violences sexuelles pendant les élections

    RDC : regain de violences sexuelles pendant les élections

    Justine Masika Bihamba, la fondatrice et présidente de l’ONG congolaise Synergie des Femmes, estime que les cas de viols et de violences sexuelles ont augmenté en République démocratique du Congo durant la période électorale.

    Selon elle, l’élection du président Félix Tshisekedi ne correspond pas à la vérité des urnes et cette continuité se traduit par aucun changement notable sur le terrain.

    Ecoutez son interview en cliquant sur la photo ci-dessus.

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  • Un général français concède les “fautes” de l’Elysée au Rwanda

    Un général français concède les “fautes” de l’Elysée au Rwanda

    Interrogé par Mediapart et Radio France, Jean Varret dénonce une sous-estimation du risque de génocide à l’époque, sous la pression d’un lobby militaire. “La tragédie était annoncée”, regrette l’ancien chef de la Mission militaire de coopération. J’ai lancé ses premiers avertissements aux autorités françaises dès 1990, concernant le risque d’un génocide au Rwanda“, poursuit-il.

    Le militaire, aujourd’hui âgé de 84 ans, dit avoir suggéré dans une note au président François Mitterrand en 1993 le désengagement des forces françaises face à la détérioration de la situation.

    L’application de la déclassification du dossier, un préalable

    Ce serait bien que les promesses d’ouverture des archives faites par le président François Hollande en 2015, mais qui n’ont pas étés suivies en pratique, soient bien réalisées pour qu’on ait l’ouverture des archives de l’Elysée, du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Défense, pour qu’on puisse faire un vrai travail d’historien, un vrai travail de chercheur afin de mettre à plat tout ce qui s’est passé lors du génocide rwandais et arrêter d’entretenir les soupçons. Parce que plus on ferme les archives, plus on entretient les soupçons“,  a déclaré François Graner de l’association Survie.

    Paris a officiellement décidé de déclassifier le 7 avril 2015 à Kigali des archives de l’Elysée de 1990 à 1995 lors de la commémoration du génocide.

    Un Status quo en perspective

    Le politologue Jean Claude Mputu redoute que les aveux du général Jean Varret aient peu d’influence dans le réchauffement actuel des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda : Quand on voit qu’on assiste à une lune de miel entre le France et le Rwanda. Le  président Emmanuel Macron est invité à la commémoration du génocide le 7avril à Kigali, ce qui constitue un geste fort des autorités rwandaises. Nous connaissons par ailleurs le soutien que la France a apporté à Louis Mushikiwabo à la tête de la francophonie. Donc, nous pouvons le voir, les raisons d’Etat vont au-delà des querelles, au-delà de l’histoire, au-delà parfois malheureusement de la vie des citoyens.

    Le rôle de la France dans le génocide rwandais qui a fait selon l’ONU au moins 800.000 morts, entre avril et juillet 1994, reste un sujet sensible qui fait toujours l’objet de tensions entre Paris et Kigali.

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  • Guinée-Bissau : le parti au pouvoir en quête d’une majorité absolue au Parlement

    Guinée-Bissau : le parti au pouvoir en quête d’une majorité absolue au Parlement

    En attendant la proclamation des résultats définitifs par la Commission nationale électorale, les résultats provisoires des dernières élections législatives en Guinée-Bissau consacrent la victoire du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui a obtenu 47 sièges sur 102, soit 46,1 % des voix.

    Or, pour obtenir la majorité absolue, le parti doit obtenir quatre députés supplémentaires. Nous avons des accords avec APU-PDGB de Nuno Gomes Nabiam, assure Joao Bernardo Vieira II, le porte-parole du PAIGC. C’est un parti qui a cinq députés. Nous avons des accords avec d’autres partis. Nous aurons 54 députés au Parlement. Donc c’est la majorité qui va nous permettre de faire approuver le programme du gouvernement et le budget de l’Etat. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Ce n’est que le premier pas pour faire avancer les choses. C’est à nous maintenant de rassembler les Bissau-Guinéens pour qu’on puisse tous participer au développement du pays”.

    Opposition parlementaire

    Si l’on s’en tient aux résultats provisoires proclamés par la Commission nationale des élections, c’est le Madem-G15 (composé de dissidents du parti au pouvoir, ndlr) qui sera la deuxième force politique à l’Assemblée nationale, après le PAIGC et suivi du Parti pour la rénovation sociale (PRS), réputé proche d’une partie de la hiérarchie militaire.

    Beaucoup d’observateurs espèrent que l’installation prochaine de l’Assemblée nationale pourrait apaiser le climat politique de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest habitué aux putschs militaires.

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  • Tshisekedi a nommé 110 conseillers, toujours pas de Premier ministre

    Tshisekedi a nommé 110 conseillers, toujours pas de Premier ministre

    -Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé quelque 110 conseillers à la présidence, mais toujours pas de Premier ministre, un choix qui dépend d’un accord passé avec son prédécesseur Joseph Kabila.

    Au total 80 conseillers au cabinet du président ont été nommés dans 16 collèges à raison de cinq par collège, d’après une ordonnance en date du 6 mars reproduite lundi par le site d’information en ligne Actualité.cd.

    Ces nominations récompensent des fidèles du parti de Félix Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ou de son directeur de cabinet Vital Kamerhe, chef de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

    La semaine dernière, le président Tshisekedi avait composé son cabinet comprenant une trentaine de membres (quatre directeurs de cabinets adjoints, des conseillers “spéciaux” et “principaux”, des ambassadeurs itinérants…).

    Tribalisme, pouvoir limité, sous-représentation des femmes, cabinet pléthorique…: la liste du cabinet lue à la télévision nationale RTNC avait fait réagir les internautes.

    Plusieurs d’entre eux ont accusé M. Tshisekedi de privilégier des membres de sa communauté Luba.

    Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), très actif sur les réseaux sociaux, a dénoncé sur Twitter un cabinet “scandaleusement pléthorique (=budgétivore)” et “une dizaine seulement de femmes (17%)”.

    Le nouveau chef de l’Etat “n’a que le pouvoir de nommer les services personnels de son bureau. Quand est-ce qu’il va former son gouvernement ? Voilà les conséquences d’un pouvoir limité”, soulignait un autre commentaire de Denard Mobangwa.

    Le nouveau président n’a toujours pas nommé de Premier ministre depuis son investiture le 24 janvier.

    Sa coalition Cap pour le changement (Cash) doit former une “coalition gouvernementale” avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, qui a gardé une large majorité absolue à l’Assemblée nationale, selon un communiqué des deux plate-forme la semaine dernière.

    L’investiture de Félix Tshisekedi le 24 janvier en présence de Joseph Kabila avait représenté la première transmission pacifique du pouvoir dans l’histoire de l’actuelle RDC.

    Toutefois l’autre candidat de l’opposition Martin Fayulu accuse les deux hommes d’avoir organisé un “putsch électoral” et revendique la victoire avec 61% des voix.

    La RDC est un pays riche en minerais et les 2/3 des 80 millions de Congolais survivent dans une grande pauvreté avec quelques dollars par jour. Le budget de l’Etat pour 2019 est de 5,9 milliards de dollars, moins que celui d’une ville comme Paris avec deux millions d’habitants.

    Avec VOA

  • Comment Tshisekedi est devenu président du Congo (1/2): la revanche d’Etienne?

    Comment Tshisekedi est devenu président du Congo (1/2): la revanche d’Etienne?

    -La République démocratique du Congo connaît la première transition pacifique de son histoire à la tête de l’Etat. Malgré les accusations de fraudes électorales, le nouveau chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, a été reconnu par l’ensemble de la communauté internationale et fait depuis des annonces très remarquées. Le Congo vit une situation inédite, la création d’une bien étrange coalition entre le parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi et le régime de son rival, le sortant Joseph Kabila. Retour sur ce revirement de l’histoire.

    « Moi, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, élu président de la République démocratique du Congo… » Son traditionnel béret vissé sur la tête, le patriarche de l’opposition congolaise ne doute pas de sa victoire lorsqu’il prête serment le 23 décembre 2011, devant ses partisans et la presse internationale, dans sa résidence de Limete, encerclée par des forces de sécurité acquises à son rival, Joseph Kabila. Cette victoire, il n’est pas le seul à la défendre. Il y a aussi l’incontournable cardinal Laurent Monsengwo qui, à l’instar d’Etienne Tshisekedi, a marqué l’histoire politique et démocratique de son pays depuis 30 ans. La Commission nationale électorale indépendante (Céni) a donné le sortant élu avec 48,95% des suffrages contre 32,33% à Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS, parti d’opposition historique. Le Cardinal Monsengwo ose dénoncer des résultats qui « ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ».

    A l’époque, l’Eglise catholique n’a pas encore opté pour une compilation citoyenne des résultats. « En 2011, nous étions comme tous les observateurs internationaux, nous avions travaillé sur base d’un échantillon », confie Monseigneur Fridolin Ambongo, vice-président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) et actuel archevêque de Kinshasa. En ce mois de décembre 2011, Laurent Monsengwo va pourtant plus loin que son partenaire, le centre Carter. Un soir, au cours d’un entretien téléphonique accordé à la RTBF, le cardinal lâche le nom du vainqueur de la présidentielle : « C’est monsieur Tshisekedi qui a eu le plus de voix. »

    Dans cette même interview, le plus haut dignitaire de l’Eglise catholique au Congo recommande à l’opposant historique de déposer un recours auprès de la Cour suprême, qui sert à l’époque de juge du contentieux électoral. Pour Etienne Tshisekedi, cette Cour n’est qu’une « institution privée de M. Kabila » dont il ne souhaite pas reconnaître « une certaine légitimité ». Mais le patriarche de l’opposition n’a surtout pas les procès-verbaux de résultats nécessaires pour étayer son recours et préfère contester les résultats par la rue.

    Tirer les leçons de 2011

    Face aux premières accusations de fraude, le sortant Joseph Kabila, costume bleu sans cravate, chemise rayée, défend sa victoire en anglais le 12 décembre 2011 : « La crédibilité des élections ne peut pas être mise en doute ». Au cours de cet entretien, le chef de l’Etat congolais reconnaît des « erreurs comme dans toutes les élections en Afrique ». Des manifestations de protestation, pour l’essentiel dans la capitale, sont réprimées dans le sang. Entre le 26 novembre et le 25 décembre 2011, l’ONU a documenté au moins 33 civils tués, 16 autres portés disparus et des dizaines de blessés et de militants arrêtés à Kinshasa.

    « C’était un massacre, j’ai moi-même fait l’objet d’une arrestation le jour des élections », commente Me Jacquemain Shabani, secrétaire général de l’UDPS, le parti d’Etienne Tshisekedi, en 2011. Malgré la présence de plusieurs missions d’observations électorales étrangères et d’une Mission de maintien de la paix de l’ONU (Monusco), la communauté internationale ne soutiendra que du bout des lèvres ce combat pour la vérité des urnes, trop pressée de voir un retour au calme dans la bouillonnante capitale congolaise.

    Cet échec de 2011 va entraîner une révolution dans la stratégie du parti d’opposition historique en prévision des prochaines échéances que l’UDPS se voyait déjà remporter. Les options levées marquent les actions du parti d’Etienne Tshisekedi jusqu’à l’accession de son fils Félix à la tête de l’Etat. « En 2011, on a mené notre combat par rapport à la crédibilité des scrutins, ça nous a fait perdre du temps dans la préparation des élections », rappelle Me Shabani. Devenu patron de la centrale électorale de l’UDPS pour les élections de 2018, l’avocat se refuse à commettre deux fois les mêmes erreurs dues au manque d’expérience électorale. En trente années de lutte, pour la première fois en 2011, l’UDPS avait accepté de participer à un scrutin.

    « Celui qui gagne est celui qui a les procès-verbaux »

    En 2018, quand les autres leaders de l’opposition menacent de boycotter les scrutins si la Commission électorale utilise la « machine à voter », l’UDPS rompt les rangs et se retrouve sous le feu des critiques. « Nous étions convaincus que ça allait nuire à la mobilisation des troupes sur le terrain, c’est pour ça qu’on a abandonné le slogan de la machine à triche  », justifie encore aujourd’hui ce haut cadre du parti désormais présidentiel, sans compter que la politique de la chaise vide ne paie jamais auprès des bailleurs de fonds.

    Pour cette deuxième expérience électorale, Me Jacquemain Shabani dit également avoir misé sur un réseau des témoins formés dans 22 des 26 provinces du pays, à l’exception des deux des provinces des anciens Katanga et Equateur. « En 2011, on n’avait pas 3% des procès-verbaux de résultats, on se disait élu. En 2018, avant la proclamation des résultats, on avait des PV pour trois millions de suffrages », commente fièrement Me Shabani, avant d’ajouter : « Ça, même l’Eglise catholique peut vous le dire ». L’ancien secrétaire général de l’UDPS insiste : « Celui qui gagne, c’est celui qui a les PV et personne d’autre ». Même si au final, malgré les contestations et les recours, la Commission électorale n’a pas publié de résultats détaillés et que la Cour constitutionnelle s’est refusée à consulter les procès-verbaux.

    « N’eût été l’Eglise et la volonté du peuple »

    En se remémorant le jour des élections, l’archevêque de Kinshasa ne cache pas sa fierté de voir « ce peuple » patienter des heures, « sans s’énerver » pour mettre son bulletin dans l’urne, malgré les menaces et entraves, les problèmes logistiques ou même les interdictions. L’image sans doute la plus patente de cette détermination à voter, c’est Beni et Butembo, ces deux localités du Nord-Kivu, menacées par Ebola et des groupes armés, privées d’élections par la Commission électorale, où des milliers de Congolais ont choisi de mettre un bulletin papier dans une urne citoyenne plutôt que de brûler les bureaux de la Céni. « Même d’obtenir ces élections, ce n’était pas gagner. Ça a coûté cher en vies humaines », rappelle Monseigneur Ambongo.

    Longtemps président de la Commission justice et paix, Fridolin Ambongo voit dans cet engagement des électeurs le résultat d’années de formations citoyennes et électorales dispensées par la Cenco : « Depuis 2013, nous avons investi dans la formation du peuple et nous avons formé des dizaines de millions de Congolais, toutes religions confondues. » Ces formations ont porté aussi bien sur des articles clefs de la Constitution, comme l’article 220 qui limite le nombre de mandats et l’article 64 qui prône la résistance pacifique, que sur le dialogue, l’enrôlement, l’importance de participer aux élections et de manifester pacifiquement.

    Ce sont parmi ces millions de Congolais que les évêques du Congo vont puiser leurs 40 000 observateurs et les participants aux marches des laïcs chrétiens de décembre 2017 à février 2018 qui revendiquaient l’ouverture de l’espace politique et l’organisation des élections. « N’eût été l’Eglise, la communauté internationale et la mobilisation du peuple, ce serait Joseph Kabila ou son dauphin Emmanuel Ramazani Shadary qui serait aujourd’hui au pouvoir », assure le vice-président de la Conférence épiscopale.

    L’improbable querelle des résultats

    En 2018, l’Eglise catholique et l’UDPS étaient sans nul doute mieux armés qu’en 2011 pour exposer une défaite de la coalition au pouvoir. Pendant la campagne, l’essentiel des dénonciations de fraudes et d’irrégularités sont le fait des observateurs de l’un ou des témoins de l’autre. Pourtant, sept ans après l’échec d’Etienne Tshisekedi, les deux principaux détracteurs de Joseph Kabila ne sont plus alliés. Et pour cause, pour les évêques du Congo, le vainqueur de la présidentielle ne s’appelle pas Félix Tshisekedi, mais Martin Fayulu, très bref candidat unique, désigné à l’issue de trois jours d’âpres discussions à Genève en novembre 2018 entre les principaux leaders de l’opposition réunis dans une nouvelle coalition Lamuka, parmi lesquels figurent l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba ou l’ex-gouverneur du Katanga, Moise Katumbi.

    Deux rencontres de conciliation ont lieu entre les experts de l’UDPS et ceux de l’Eglise Catholique. Le patron de la centrale électorale de Félix Tshisekedi en fait partie. « Les experts de la Cenco ne nous ont pas partagé leurs résultats et ils n’avaient pas les procès-verbaux », assure Me Jacquemain Shabani. Face au trois millions de voix de l’UDPS, les évêques du Congo disent pourtant disposer de trois niveaux de contrôle des résultats, un échantillon représentatif de près de 11% comme en 2011, mais les tendances sont confirmées cette fois par une compilation citoyenne à hauteur de 42% et de 71% des suffrages. Tous leurs échantillons donnent Martin Fayulu vainqueur et de loin, devant Felix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani Shadary. « En 2011 encore, l’écart entre les deux candidats n’était pas énorme, mais ici, nous sommes devant un cas flagrant », assure Monseigneur Fridolin Ambongo.

    Contrairement aux élections de 2011, dans le sillon de l’Eglise catholique et pour quelques jours au moins, les chancelleries occidentales comme africaines se sont mises à publiquement douter des résultats, y compris après l’annonce par la Commission électorale de la victoire de l’opposant Félix Tshisekedi. Mais pour l’entourage du nouveau président congolais, la Conférence épiscopale a depuis été « complètement décrédibilisée pour ses sympathies envers Lamuka ». Pour preuve, après avoir boudé l’investiture du nouveau chef de l’Etat congolais, la plupart de ces pays ont félicité Félix Tshisekedi, n’hésitant pas pour certains comme les Etats-Unis à contredire leur message initial.

    Au sein de la coalition pro-Kabila, on avance une explication plus simple à la désignation d’un opposant plutôt que l’autre. « Martin Fayulu n’avait pas les procès-verbaux, personne chez nous ne souhaitait d’un retour aux affaires de Bemba et de Katumbi, l’affaire était pliée », assure un haut cadre du FCC. Ce dernier vante plutôt les talents de négociateur de Vital Kamerhe, ancien directeur de campagne de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi qui « connaissait le jeu ». Selon cette source bien placée dans la coalition pro-Kabila, c’est Vital Kamerhe qui est venu voir « le chef » avec un argument de poids, les trois millions de voix qui « enterraient Shadary ». Et le désormais nouveau directeur de cabinet à la présidence a su « faire accepter à son candidat les garanties exigées » par le sortant Joseph Kabila.

    Avdc RFI

  • Jean-Pierre Bemba demande plus de 68 millions d’euros de dédommagement à la CPI

    Jean-Pierre Bemba demande plus de 68 millions d’euros de dédommagement à la CPI

    -L’ancien vice-président congolais, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » après plus d’une décennie en détention, a demandé plus de 68 millions d’euros de dédommagement, selon son avocat.

    « Le but de cette demande est de tenter de réparer une partie des dommages causés à l’homme (Jean-Pierre Bemba) et à sa famille par son arrestation, sa détention et les actes accessoires de la Cour et de certains États parties », a déclaré Peter Haynes, l’avocat de Jean-Pierre Bemba, dans un document transmis à la Cour pénale internationale (CPI) lundi 11 mars.

     

    « Un homme innocent a perdu dix ans de sa vie », a-t-il souligné. « Bien entendu, la Chambre ne peut pas revenir en arrière et lui rendre ces années. Le seul remède qu’elle puisse fournir est une réparation financière », a ajouté son avocat.

    « Au moins 12 millions d’euros pour sa détention »

    La défense de Jean-Pierre Bemba a demandé à la CPI d’ordonner le versement « d’au moins 12 millions d’euros pour la durée de sa détention, 10 millions d’euros au titre de dommages et intérêts aggravés, 4,2 millions d’euros pour ses frais de justice et un montant d’au moins 42,4 millions d’euros pour les dommages causés à ses biens », tels que le gel de ses avoirs.

    Jean-Pierre Bemba a passé plus d’une décennie en détention après sa condamnation en première instance en 2016, à dix-huit ans de prison pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003. Mais le 8 juin 2018, la chambre d’appel a renversé la peine d’emprisonnement la plus lourde jamais prononcée par la CPI, l’acquittant de toutes les charges retenues contre lui dans ce procès.

    La demande d’indemnisation formulée par les avocats de l’ex-chef de guerre est une première pour la CPI.

    Avec JA

  • Les camps de Kabila et Tshisekedi s’accordent pour un gouvernement

    Les camps de Kabila et Tshisekedi s’accordent pour un gouvernement

    -Un accord a été signé entre la coalition qui est sous l’autorité de l’ancien président Joseph Kabila et celle de son successeur en vue de former un gouvernement dans les jours à venir. L’accord met fin à la prise de bec qui empoisonnait les relations entre les deux plateformes.

    L’accord a été signé mercredi par Néhémie Mwilanya Wilondja, coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, et par Jean-Marc Kabund, président intérimaire de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) de Félix Tshisekedi, pour le compte du Cach (Cap pour le changement).

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    Le texte de l’accord que VOA Afrique a pu consulter recommande à M. Kabila “d’accomplir les devoirs de sa charge permettant au Chef de l’Etat de procéder à la désignation du Formateur du gouvernement”, et au président Tshisekedi “de nommer diligemment le Formateur du gouvernement”.

    “Les deux plateformes politiques affirment, par ailleurs, leur volonté commune de gouverner ensemble dans le cadre d’une coalition gouvernementale, ” précise le document.

    L'opposant Martin Fayulu lors d'un meeting à Butembo, Nord-Kivu, RDC, 15 février 2019. (Facebook/Michel Koyakpa)

    Une mésentente avait pris place entre les deux camps. Le FCC réclamant détenir la majorité, exigeait la nomination d’un Premier ministre issu de ses rangs. Mais le Cach se référait à un passage de la Constitution, souhaitant plutôt la nomination d’un “informateur ” en vue de déterminer la majorité.

    Le président Félix Tshisekedi avait même déclaré lors de son voyage à Windhoek, en Namibie, qu’il nommerait un Informateur car la majorité n’était pas formellement connue.

    Mardi, une énième rencontre a eu lieu entre le nouveau et l’ancien président à la ferme de ce dernier à l’extrémité de Kinshasa. Aucune déclaration n’a été faite mais la réunion semble avoir balisé le chemin.

    Le président nouveau Félix Tshisekedi, à droite, salue son prédécesseur Joseph Kabila à la Cité de l'Union africaine, Kinshasa, 17 février 2019. (Twitter/Joseph Kabila)
    “Après des échanges et débats fructueux, qui se sont déroulés du 04 au 06 mars 2019 (entre les deux parties), il dégage que le Front commun pour le Congo détient, de manière documentée, la majorité absolue à l’Assemblée nationale au sens de l’article 78 alinéa 1er de la Constitution, ” indique le document signé mercredi par les deux camps.
    Avec VOA