Category: A la Une

  • Menace de boycottage de la radio BBC aprĂšs la rĂ©vocation d’un journaliste congolais

    Menace de boycottage de la radio BBC aprĂšs la rĂ©vocation d’un journaliste congolais

    -La corporation des journalistes congolais a menacĂ© lundi d’appeler au boycottage de la radio britannique BBC en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), aprĂšs le licenciement d’un journaliste congolais, auquel on reproche d’avoir rĂ©alisĂ© une interview controversĂ© d’un Ă©crivain franco-camerounais critique envers Kigali. « Nous invitons la radio BBC Ă  revenir sur sa dĂ©cision injuste de rĂ©vocation de notre confrĂšre Jacques Matand. A dĂ©faut, nous allons inviter tous les Congolais Ă  ne plus suivre cette radio et aux mĂ©dias qui prennent le relais de ne plus le faire », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Boucard Kasonga Tshilunde, Ă  l’AFP.

    « La BBC a agi sur injonction du gouvernement britannique qui a subi des pressions des autorités de Kigali pour qui les écrits de Charles Onana font obstacles à leur visée hégémonique », a-t-il dit.

    Grand nom de la presse congolaise, Jacques Matand Diyambi a travaillé pendant plusieurs années à la radio onusienne Okapi avant de rejoindre la rédaction de BBC Afrique à Dakar (Sénégal).

    En novembre, il a rĂ©alisĂ© une interview avec l’intellectuel franco-camerounais Charles Onana, sur son livre intitulĂ© « Rwanda, la vĂ©ritĂ© sur l’opĂ©ration Turquoise », diffusĂ©e par la BBC les 20 novembre et le week-end des 23 et 24 novembre 2019.

    A la suite de cette interview, « le gouvernement rwandais a accusĂ© la BBC d’avoir Ă©tĂ© injuste, biaisĂ©e et inexacte, et a indiquĂ© qu’il se rĂ©servait le droit de prendre des sanctions Ă  l’encontre de la BBC », peut-on lire dans la lettre de notification de licenciement de M. Matand, consultĂ©e par l’AFP. « Ladite plainte a soulevĂ© des manquements potentiels de votre part, Ă  savoir le non-respect des lignes directives de la politique Ă©ditoriale globale de la BBC ».

    Plusieurs mĂ©dias et organisations des journalistes (au SĂ©nĂ©gal et en RDC) sont vent dĂ©bout contre la radio BBC depuis l’annonce de cette sanction. Sur les rĂ©seaux sociaux, une pĂ©tition invitant la BBC Ă  lever cette mesure circule.

    Les relations entre la RDC et le Rwanda sont en dent de scie. Plusieurs organisations congolaises accusent le Rwanda d’avoir soutenu des groupes armĂ©s qui ont dĂ©stabilisĂ© l’est de la RDC pendant plus de deux dĂ©cennies.

    Depuis l’avĂšnement du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, les relations entre les deux pays se sont sensiblement amĂ©liorĂ©es au niveau officiel.

    Avec BBC

  • L’UDPS de FĂ©lix Tshisekedi, un parti prĂ©sidentiel en quĂȘte d’identitĂ©

    L’UDPS de FĂ©lix Tshisekedi, un parti prĂ©sidentiel en quĂȘte d’identitĂ©

    Des militants de l’UDPS devant le siùge de leur parti à Kinshasa, le 2/02/2017 au lendemain de l’annonce de la mort de leur leader Etienne Tshisekedi en Belgique. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -L’investiture de FĂ©lix Tshisekedi Ă  la tĂȘte de l’État congolais fait-elle forcĂ©ment de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social le parti prĂ©sidentiel en RDC ? Il est permis d’en douter, selon l’analyste politique congolais Martin Ziakwau Lembisa.
    AprĂšs prĂšs de quatre dĂ©cennies de lutte pour la conquĂȘte du pouvoir, l’UDPS fait, en aucun doute, une expĂ©rience inĂ©dite. Le cinquiĂšme prĂ©sident de la RDC, issu de ses rangs, a optĂ© pour une Ă©nigmatique coalition « de circonstance » avec la plateforme de Joseph Kabila, son prĂ©dĂ©cesseur et ancien adversaire politique. De la complaisance, diraient certains. De la realpolitik, rĂ©torqueraient d’autres.
    Une annĂ©e aprĂšs la prestation de serment du fils du Sphinx de Limete, l’UDPS est aujourd’hui engagĂ©e dans une transition qui l’oblige Ă  questionner sa nature profonde, ainsi que ses stratĂ©gies et son positionnement sur le trĂšs mouvant Ă©chiquier politique congolais. S’agira-t-il d’actualiser celles-ci ou de les repenser de fond en comble ?
    Ă  lire Alliances politiques en RDC : l’exĂ©cutif de l’UDPS maintient la pression sur FĂ©lix Tshisekedi
    ConsidĂ©rĂ© comme un parti de masse, l’UDPS, indĂ©pendamment du chef de l’État qui n’y a officiellement aucune charge, traverse une pĂ©riode de crise manifeste. La discorde est d’abord interne, sur l’organisation du parti et les attentes divergentes de certains de ses membres. Elle est alimentĂ©e par les relations tendues avec le Front commun pour le Congo (FCC, de Jospeh Kabila), son alliĂ© au pouvoir, de mĂȘme qu’avec l’Union pour la nation congolaise (UNC, de Vital Kamerhe), son alliĂ© de campagne Ă©lectorale. À quoi il faut encore ajouter la dĂ©fiance qui s’est installĂ©e avec certains de ses associĂ©s d’antan au sein de l’opposition.
    Un parti aphone
    Prise dans ces luttes politiciennes, l’UDPS semble aphone ou, quand ce n’est pas le cas, n’affirme pas assez de cohĂ©rence. Les arguments ne manquent pourtant pas pour mobiliser ses militants et maintenir l’élan d’espoir suscitĂ© par l’alternance, d’autant plus que la population s’impatiente de voir enfin apportĂ©es des rĂ©ponses concrĂštes aux dĂ©fis de divers ordres auxquels elle est confrontĂ©e quotidiennement. Le parti peine-t-il Ă  s’assumer pleinement et sans compromission dans ce nouveau contexte politique ?

    Quand la voix de l’UDPS rĂ©ussit Ă  porter, c’est ordinairement sur les diatribes contre ses alliĂ©s, que les cadres du parti accusent d’entraver les initiatives et de saboter les actions du chef de l’État Pour Ă©valuer l’an un de FĂ©lix Tshisekedi au sommet de l’État, ainsi que ses relations avec le FCC et l’UNC, le parti a rĂ©cemment tenu, Ă  Kinshasa, une retraite politique. Sans surprise, Ă©tant donnĂ© le trĂšs faible nombre des dĂ©putĂ©s nationaux Ă©lus sous l’étendard de l’UDPS, il n’y aura – pour l’heure – pas de rupture avec ces derniers.
    PlutĂŽt que de naviguer Ă  vue, l’UDPS est dĂ©sormais tenue d’opĂ©rer un choix dĂ©cisif
    La rencontre n’a pas non plus permis de rĂ©pondre aux problĂšmes internes : la persistance des conflits, latents ou ouverts, qui dĂ©chirent le parti, les frustrations causĂ©es par les nominations Ă  des postes Ă  responsabilitĂ© et les sĂ©rieuses menaces que font peser ces problĂšmes sur la base militante, passablement dĂ©semparĂ©e.

    Pour prouver sa vitalitĂ©, le parti projette une grande manifestation populaire, le 15 fĂ©vrier prochain au mythique stade des Martyrs de la PentecĂŽte, Ă  Kinshasa, qui peut accueillir jusqu’à 80 000 personnes. Un vĂ©ritable pari Ă  quitte ou double pour un parti qui s’est investi successivement contre les rĂ©gimes de Mobutu, Kabila pĂšre et Kabila fils et a, aujourd’hui, la responsabilitĂ© de prouver, dans les actes, sa fermetĂ© sur ses principes d’éthique politique.
    Face à un choix décisif
    La rĂ©alitĂ© du pouvoir et sa perception ne font pas toujours bon mĂ©nage. PlutĂŽt que de naviguer Ă  vue, l’UDPS est dĂ©sormais tenue d’opĂ©rer un choix dĂ©cisif. Soit soutenir pleinement le chef de l’État dans ses options politiques, y compris celles des alliances, et donc s’inscrire dans une dynamique « pĂ©dagogique » visant Ă  favoriser la transformation du systĂšme combattu des dĂ©cennies durant ; ce avec le concours des partenaires qui en seraient les architectes.
    Soit, tirer entiĂšrement les consĂ©quences de ses critiques Ă  l’égard des alliances politiques, au risque que cette stratĂ©gie de la dĂ©signation d’un bouc Ă©missaire n’expose le parti et ses responsables Ă  un effet boomerang et ne fasse douter de leur constance. Ce choix, l’UDPS devra l’assumer rĂ©solument, tant il dĂ©terminera la mise en ordre de bataille du parti pour les Ă©chĂ©ances Ă©lectorales de 2023, au premier rang desquels la prĂ©sidentielle.

    Avec JA

  • une sociĂ©tĂ© espagnole se retire du projet Inga III

    une société espagnole se retire du projet Inga III

    -Le mĂ©ga barrage d’Inga III, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, sera-t-il construit un jour ? Un des membres d’un consortium sino-espagnol, choisi par l’ex-prĂ©sident Joseph Kabila pour la rĂ©alisation du projet, vient de jeter l’éponge.

    « Le groupe ACS ne participera pas Ă  l’exĂ©cution du projet d’Inga. » Rendue publique lundi, cette dĂ©claration d’un porte-parole de la sociĂ©tĂ© espagnole repousse encore Ă  une date inconnue les dĂ©buts de la construction d’Inga III.

    Le mois dernier, le prĂ©sident congolais, FĂ©lix Tshisekedi avait revu Ă  la baisse la capacitĂ© projetĂ©e de la centrale hydroĂ©lectrique en devenir, pour l’agrandir ensuite dans le temps.

    Le n°1 congolais estime que le projet avancerait plus rapidement en procĂ©dant par phases, Ă©tant donnĂ© l’urgence des besoins en Ă©nergie du pays et de la rĂ©gion. Inga III aura donc dans un premier temps une puissance de 4 800 MW, ensuite de 7 500 et Ă©ventuellement de 11 000 MW plus tard.

    Fin 2018, le chef de l’État de l’époque, Joseph Kabila, avait demandĂ© Ă  un consortium sino-espagnol de soumettre une offre conjointe pour la construction du barrage, pour une capacitĂ© projetĂ©e de 11 050 MW, avec un coĂ»t estimĂ© Ă  14 milliards de dollars.

    Avec RFI

  • la GĂ©camines et son partenaire chinois inaugurent le projet de Deziwa, sans Albert Yuma

    la Gécamines et son partenaire chinois inaugurent le projet de Deziwa, sans Albert Yuma

    Extraction of rock for the enrichment of chrysotile at the Bazenovsky quarry deposit of chrysotile asbestos, Ural Mining and Processing Plant. Chrysotile asbestos is a safe kind of asbestos.

    -Deziwa, qui représente un investissement de 880 millions de dollars, veut jouer dans la cour des grands pour la production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Son inauguration tombe à pic pour la Gécamines, embourbée dans une complexe affaire de dette.

    Joint-venture créée en 2017 et dĂ©tenue par l’opĂ©rateur minier public GĂ©camines (49 %) et le groupe China Nonferrous Metal Compagny (51 %), la sociĂ©tĂ© miniĂšre Deziwa SAS (Somidez) a inaugurĂ© ce 15 janvier son usine ultramoderne de raffinage de cuivre et cobalt, situĂ©e dans la province du Lualaba, Ă  environ 35 km Ă  l’est de la ville de Kolwezi.

    D’une capacitĂ© installĂ©e de 80 000 tonnes de cuivre et 8 000 tonnes de cobalt par an – chiffres qui doivent ĂȘtre doublĂ©s lors de la phase additionnelle du projet – Deziwa a nĂ©cessitĂ© un investissement de 880 millions de dollars (790 millions d’euros). Il repose sur des rĂ©serves de 4,6 millions de tonnes de cuivre et de 420 000 tonnes de cobalt.

    Coopération sino-congolaise

    Mais cette inauguration s’est faite en l’absence du prĂ©sident du conseil d’administration de la GĂ©camines, Albert Yuma Mulimbi, interdit par la justice de quitter Kinshasa suite au litige entre la GĂ©camines et l’homme d’affaire Dan Getler.

    »Notre fiertĂ© (
) rĂ©side surtout dans ce que, ce projet incarne pour nous la manifestation claire, nette et tangible de la stratĂ©gie engagĂ©e par la GĂ©camines pour redevenir un acteur minier de rang international », a-t-il fait dire au membre du conseil d’administration de la GĂ©camines chargĂ© de le reprĂ©senter, estimant que les installations replacent  »la RDC sur le chemin de la reconstruction de son potentiel industriel minier ».

    Un financement appuyé par Dan Gertler

    »Somidez est parmi les premiers projets en RDC en termes d’échelle de production, d’équipements techniques et de niveau d’intelligence. Avec son modĂšle de coopĂ©ration le plus rĂ©cent, son niveau d’automatisation le plus Ă©levĂ©, ses Ă©quipements les plus modernes, son traitement de minerais le plus important et son niveau optimal de gestion, Somidez sert d’excellent modĂšle de coopĂ©ration sino-congolaise dans le domaine minier », a affirmĂ© Wang Tongzhou, prĂ©sident du conseil d’administration de CNFMC.

    L’usine devrait devenir la pleine propriĂ©tĂ© de la sociĂ©tĂ© congolaise – de droit privĂ© mais dĂ©tenue Ă  100 % par l’État – « d’ici neuf Ă  onze ans », a fait dire Albert Yuma, qui estime que le niveau de rĂ©serves de minerais permettront alors aux installations de fonctionner « encore sept Ă  neuf ans ».

    Pour rappel, le projet de Deziwa appartenait initialement Ă  68 % Ă  la firme canadienne Platmin, qui a souhaitĂ© vendre ses parts sur les marchĂ©s boursiers avant que le dĂ©veloppement du site ne soit lancĂ©. La GĂ©camines avait alors usĂ© de son droit de prĂ©emption, notamment via un prĂȘt de 200 millions de dollars de Fleurette Group, de Dan Gertler, qui lui a permis dĂ©sintĂ©resser l’entreprise canadienne.

    Avec J.A

  • les autoritĂ©s ferment l’universitĂ© de Kinshasa suite aux violences

    les autoritĂ©s ferment l’universitĂ© de Kinshasa suite aux violences

    -Les autoritĂ©s ont dĂ©cidĂ© de fermer l’UniKin, l’universitĂ© de Kinshasa, en raison des Ă©meutes qui agitent le campus depuis deux jours. La hausse des frais universitaires pour les Ă©tudiants qui paient en franc congolais a mis le feu aux poudres. Étudiants et policiers se sont affrontĂ©s. Au moins un policier aurait Ă©tĂ© tuĂ©, lynchĂ© Ă  mort.

    En dĂ©pit de l’appel au calme lancĂ© lundi soir par le Premier ministre Sylvestre Ilunga, les violences ont repris ce mardi entre Ă©tudiants et policiers sur le site universitaire. Au moins un policier a Ă©tĂ© tuĂ©. Le gouvernement a dĂ©cidĂ© de suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les activitĂ©s au sein de l’universitĂ©.

    « Obligation est faite Ă  tous les occupants des rĂ©sidences estudiantines de l’UniversitĂ© d’évacuer volontairement les lieux dans les 48h », dĂ©clare ce soir dans un communiquĂ©, Thomas Luhaka, le ministre de l’Enseignement supĂ©rieur. Faute de quoi, « recours sera fait aux forces de l’ordre ».

    Le ministre demande Ă©galement aux forces de sĂ©curitĂ© de procĂ©der « le plus rapidement possible Ă  l’identification et Ă  l’arrestation des auteurs de ces forfaits pour qu’ils subissent, avec la plus grande fermetĂ©, la rigueur de la loi ». Une dĂ©claration d’une extrĂȘme fermetĂ© car la situation a dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© ce mardi aprĂšs-midi.

    Des affrontements ont une nouvelle fois opposĂ© Ă©tudiants aux forces de l’ordre au cours desquels au moins un policier a Ă©tĂ© tuĂ©. Selon un commandant prĂ©sent sur place ce dernier n’était pas armĂ©. L’homme serait tombĂ© dans une embuscade. Sur une vidĂ©o diffusĂ© par ce commandant, on voit le policier se faire lyncher Ă  coups de bĂątons par plusieurs Ă©tudiants avant de dĂ©cĂ©der sur place.

    Les forces de sĂ©curitĂ© sont accusĂ©es par certains de vol et de saccages. Cette poussĂ©e de fiĂšvre a dĂ©butĂ© dimanche. Les Ă©tudiants qui paient leur Ă©tudes en franc congolais protestent contre l’augmentation des frais de scolaritĂ©. Car ces derniers seront plus durement pĂ©nalisĂ©s que ceux qui les payent directement en dollars. En raison du nouveau taux de conversion du franc congolais avec la monnaie amĂ©ricaine, les frais acadĂ©miques devraient quasiment doublĂ© pour eux cette annĂ©e.

    Avec RFI

  • La coalition Tshisekedi – Kabila : duo ou duel au sommet de l’Etat en Rd Congo ?

    La coalition Tshisekedi – Kabila : duo ou duel au sommet de l’Etat en Rd Congo ?

    Par Martin MULUMBA, docteur en roit public et chercheur Ă  l’UniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne.

    -La coalition entre le Front Commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le Changement (CACH) au pouvoir en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo depuis un an semblait ĂȘtre un moindre mal pour sortir le pays de l’agitation politique au lendemain d’un processus Ă©lectoral controversĂ©. Mais quelques mois ont suffi pour constater que ce qui est souvent prĂ©sentĂ© comme un duo, rĂ©sultat de la volontĂ© du peuple congolais, s’avĂšre ĂȘtre un vĂ©ritable duel entre les deux alliĂ©s.

    Non seulement cette alliance inĂ©dite est fondĂ©e sur une mĂ©fiance rĂ©ciproque de ses acteurs, mais elle rĂ©vĂšle aussi, par leur comportement, qu’elle est totalement dĂ©pourvue d’un objectif commun, ce qui constitue un caillou dans les chaussures prĂ©sidentielles !

    Car, s’il est vrai que les partisans de Felix Tshisekedi se battent pour la rĂ©ussite du quinquennat, on constate que les membres du FCC de Joseph Kabila s’organisent sĂ©rieusement pour reconquĂ©rir le pouvoir en 2023, un combat logique en dĂ©mocratie, mais qui ne rend pas la tĂąche facile Ă  FĂ©lix Tshisekedi, minoritaire dans les deux Chambres du Parlement.

    Celui-ci s’est-il tirĂ© une balle dans le pied en faisant le choix d’une coalition au lieu d’une cohabitation ? Cette situation d’un PrĂ©sident venant de l’opposition et d’une majoritĂ© parlementaire acquise au PrĂ©sident sortant alors que les deux Ă©lections avaient eu lieu le mĂȘme jour reflĂšte-t-elle rĂ©ellement la volontĂ© du peuple congolais ou s’agit-il seulement des consĂ©quences d’une Commission Ă©lectorale dĂ©pourvue de toute indĂ©pendance ? !

    Lors d’un meeting public le 20 dĂ©cembre dernier Ă  Kananga (KasaĂŻ central), le premier vice-prĂ©sident de l’assemblĂ©e nationale et haut cadre du parti prĂ©sidentiel UDPS, Jean Marc Kabund, a affirmĂ© devant les militants que les cadres du FCC monteraient des stratĂ©gies pour empĂȘcher FĂ©lix Tshisekedi de rĂ©ussir son quinquennat. Le prĂ©sident de l’UDPS a ajoutĂ© qu’il existait une rĂ©elle crise confiance au sein de ladite coalition. M. Kabund a non seulement accusĂ© le FCC de ne pas ĂȘtre sincĂšre envers eux, mais il a aussi promis aux militants de lancer un mot d’ordre dans les prochains jours, si ces manƓuvres continuent.

    Les partisans de Joseph Kabila condamnent cette provocation d’un proche de FĂ©lix Tshisekedi; ils accusent Jean-Marc Kabund d’une arrogance injustifiĂ©e et de non-respect d’un accord de paix, tout en promettant Ă  leur tour des actions s’il n’était pas sanctionnĂ© par CACH.

    Voilà le décor planté pour un véritable duel institutionnel et une preuve de la fragilité de cette alliance politique, que certains avaient qualifiée de contre-nature. Cela nourrit chaque jour davantage les inquiétudes du public.

    Fallait-il Ă©viter le piĂšge de la coalition et accepter une cohabitation pour ĂȘtre indĂ©pendant, voire mĂȘme un arbitre impartial qui incarne le destin de la Nation?

    Sans majoritĂ© propre au Parlement, le nouveau PrĂ©sident n’était pas dans une situation favorable. Deux choix s’offraient Ă  lui: soit une cohabitation, source d’une querelle permanente, soit une coalition, dont l’avenir n’était pas garanti. Il a fait le choix difficile et inattendu d’une coalition avec le PrĂ©sident sortant. Aujourd’hui, on constate que FĂ©lix Tshisekedi se retrouve devant un fait accompli. Il lui faut un courage exceptionnel et une main qui ne tremble pas pour surmonter ce qui apparait comme un obstacle sur son chemin de la construction de l’Etat de droit dĂ©mocratique. Peut-il avoir ce courage et le dĂ©clic qui lui permettront de faire de l’annĂ©e 2020 celle de l’action et sortir de toutes les promesses qui risquent de faire de lui un PĂšre NoĂ«l toujours Ă  la recherche d’un traineau ?

    Avec une majoritĂ© parlementaire qui ne joue pas clairement le jeu, il est sera difficile mais non impossible au prĂ©sident Tshisekedi de construire l’Etat de droit qu’il ne cesse de promettre, car bien que dĂ©terminĂ©, on ne voit pas comment le chef de l’Etat congolais va faire accepter certaines choses Ă  ceux qui s’organisent dĂ©jĂ  pour reconquĂ©rir le pouvoir et qui ne souhaitent pas voir leur concurrent muni d’un bilan dĂ©fendable. Une situation qui interroge mĂȘme sur l’insĂ©curitĂ© persistante Ă  l’est du pays: n’est-elle pas alimentĂ©e par ceux qui veulent l’échec de l’actuel PrĂ©sident ou rĂ©sulte-t-elle d’une absence de stratĂ©gie dans le camp du PrĂ©sident lui-mĂȘme ?

    La dissolution de l’AssemblĂ©e nationale est-elle la solution qui s’offre dĂ©sormais Ă  FĂ©lix Tshisekedi pour sortir de cette ambiguĂŻtĂ©?

    MĂȘme s’il est vrai qu’il s’agit d’une expĂ©rience inĂ©dite en RDC et qu’il faut du temps pour que les habitudes prennent ou que la confiance s’installe, il est aussi vrai qu’avec deux alliĂ©s qui se combattent sans se le dire en face, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi risque de terminer son quinquennat avec un bilan de seules promesses, ce qui ferait de sa vision du « peuple d’abord » un simple slogan sans lendemain.

    En politique, la bonne foi se prouve et ne se prĂ©sume pas. Les propos tenus par les membres de cette alliance dĂ©montrent clairement qu’elle est dĂ©pourvue de tout fondement solide et qu’il est difficile d’en espĂ©rer grand-chose.

    Selon la Constitution congolaise, le chef de l’Etat peut dissoudre l’AssemblĂ©e nationale Ă  la condition qu’il existe une crise persistante entre le gouvernement et le parlement, une crise que le FCC ne peut se permettre d’offrir Ă  FĂ©lix Tshisekedi dans le contexte actuel, oĂč des lĂ©gislatives anticipĂ©es risqueraient de rĂ©veiller la colĂšre populaire qui Ă©tait palpable en 2018.

    Mais quand on sait qu’en politique, une crise peut facilement ĂȘtre fabriquĂ©e dans un laboratoire, il y a lieu de prendre au sĂ©rieux les menaces de Jean Marc Kabund et de s’attendre Ă  de vĂ©ritables actions, promises par le PrĂ©sident lui-mĂȘme lors de son premier discours sur l’état de la Nation, bien que le dĂ©clenchement de cette arme nuclĂ©aire dĂ©mocratique ne puisse ĂȘtre possible qu’avec le courage exceptionnel de FĂ©lix Tshisekedi. La question qui se pose est celle de savoir si le fils d’Etienne Tshisekedi peut avoir ce courage un jour, pour mettre fin Ă  toute cette ambigĂŒitĂ© institutionnelle et politique. L’histoire nous le dira !

    Avec La Libre Afrique

  • Kinshasa sous la menace d’une coupure d’eau pendant les fĂȘtes

    Kinshasa sous la menace d’une coupure d’eau pendant les fĂȘtes

    Pas d’eau au robinet

    -La capitale de la RDC risque d’ĂȘtre privĂ©e d’eau potable Ă  partir de ce mardi 24 dĂ©cembre et pendant les fĂȘtes de fin d’annĂ©e. C’est l’alerte lancĂ©e par l’intersyndicale des travailleurs de la RĂ©gideso, la sociĂ©tĂ© de distribution des eaux qui rĂ©clame Ă  l’État congolais le paiement d’une partie de ses factures de consommation d’eau. Dans un communiquĂ© publiĂ© ce dimanche 22 dĂ©cembre, le ministĂšre des Finances rassure : la dette sera payĂ©e.

    « Nous n’avons plus d’intrants de traitement d’eau, nos machines tombent en panne du jour au lendemain » et les salariĂ©s de la Regideso accusent « trois mois de retard de paiement des salaires », a expliquĂ© l’intersyndicale des travailleurs de la RĂ©gideso. Elle se fait le porte-parole de cette entreprise qui accuse le ministre des Finances de ne pas payer les factures cumulĂ©es de consommation d’eau. Celles-ci atteindraient 5 millions de dollars amĂ©ricains, selon l’intersyndicale. Faux, rĂ©torque Sele Yalaghuli, le ministre des Finances, qui chiffre Ă  2,7 millions ces factures, et 3 millions pour financer l’acquisition des intrants, le chlore et autres produits de traitement de l’eau.

    Le ministre des Finances promet et accuse

    Selon l’intersyndicale, le prĂ©sident de la RĂ©publique avait pourtant ordonnĂ© au gouvernement de payer ces sommes d’argent pour permettre Ă  l’entreprise de continuer Ă  travailler. Joint au tĂ©lĂ©phone, le ministre des Finances a promis de rĂ©gler rapidement la situation, suivant les disponibilitĂ©s de la trĂ©sorerie. L’eau, promet-il, ne sera pas coupĂ©e pendant les fĂȘtes. Il reproche par ailleurs Ă  la direction de la Regideso sa mauvaise gestion.

    MĂ©gapole d’environ 12 millions d’habitants, Kinshasa connaĂźt souvent des problĂšmes d’approvisionnement en eau. Plusieurs quartiers ne sont pas du tout reliĂ©s au rĂ©seau de distribution de la Regideso. Certains habitants doivent recourir aux bornes fontaines construites par des ONG ou Ă  l’eau des puits.

    Selon la prĂ©sidence congolaise, le chef de l’État FĂ©lix Tshisekedi doit procĂ©der ce lundi Ă  la pose de la premiĂšre pierre pour la construction d’une nouvelle usine de production d’eau potable de la RĂ©gideso, d’une capacitĂ© de 110 000 m3 par jour, dans la commune de Ngaliema, Ă  l’ouest de la capitale.

    Avec RFI

  • l’ONU vote pour une Monusco avec moins de militaires et plus de policiers

    l’ONU vote pour une Monusco avec moins de militaires et plus de policiers

    Conseil de SĂ©curitĂ© de l’ONU

    -La mission de paix en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, la Monusco, a Ă©tĂ© prolongĂ©e pour un an vendredi 19 dĂ©cembre par le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU. La rĂ©solution se base sur les rĂ©cents dĂ©veloppements en RDC, et a fait baisser le nombre de militaires dans la force, et a augmentĂ© celui de ses policiers – pour mieux rĂ©pondre aux rĂ©cents besoins.

    Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

    En votant Ă  l’unanimitĂ© pour cette rĂ©solution reconduisant la Monusco pour un an, le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU a redit sa confiance en la force – et ce malgrĂ© les rĂ©centes attaques dont elle a fait l’objet en rĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. RĂ©digĂ©e par la France, la rĂ©solution Ă©voque, tout en restant large, la nĂ©cessitĂ© d’une stratĂ©gie de sortie du pays Ă  moyen terme.

    Mais pour la prochaine Ă©tape, il s’agit surtout de s’adapter Ă  la situation la plus rĂ©cente : des poches entiĂšres de territoire ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©es des groupes terroristes depuis deux ans, et, selon les diplomates, des policiers feront lĂ  plus sens que la prĂ©sence de militaires.

    Quelques 200 officiers individuels et 360 unitĂ©s de maintien de l’ordre temporaires ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s au plafond maximum de policiers que peut dĂ©ployer la Monusco sur le terrain – alors que le plafond a Ă©tĂ© abaissĂ© de 1 800 militaires.

    A priori, contrairement Ă  ce que prĂ©conisait un rapport indĂ©pendant remis avant les attaques Ă  Beni, la rĂ©solution ne recommande pas de retrait de la force onusienne avant trois ans – et encore, en fonction de l’évolution du contexte sur place. En bref, le Conseil de sĂ©curitĂ© reste prudent.

    Avd  RFI

  • FĂ©lix Tshisekedi fait une nouvelle promesse, la lutte contre la pauvretĂ©

    Félix Tshisekedi fait une nouvelle promesse, la lutte contre la pauvreté

    -Une nouvelle promesse du prĂ©sident Tshisekedi : alors que son premier budget n’a pas encore Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  l’assemblĂ©e, le chef de l’État congolais promet de sortir vingt millions de congolais de la pauvretĂ© ou de l’extrĂȘme-pauvretĂ© dans les cinq prochaines annĂ©es ; c’est le quart de la population estimĂ©e de la RDC. Un discours qui a Ă©tĂ© livrĂ© en prĂ©sence de la communautĂ© diplomatique dans la banlieue de Kinshasa.

    Son constat, le prĂ©sident Tshisekedi le base sur la derniĂšre grande enquĂȘte nationale sur la pauvretĂ©. Elle portait sur la pĂ©riode de 2005 Ă  2012. Durant ce laps de temps, la pauvretĂ© aurait baissĂ© de huit points pour avoisiner les 63,4%. Et, depuis, la situation n’a pas beaucoup Ă©voluĂ©, explique le chef de l’État. En 2017, le taux de pauvretĂ© Ă©tait encore estimĂ© Ă  63%, et mĂȘme 70% en milieu rural, note-t-il.

    Agir sur 145 territoires

    Le prĂ©sident Tshisekedi dit souhaiter agir sur 145 territoires, tous en zone rurale ou pĂ©riurbaine. Il a pour objectif de sortir de la pauvretĂ© ou l’extrĂȘme-pauvretĂ© vingt millions de personnes sur cette pĂ©riode. Il s’agit d’amĂ©liorer l’accĂšs de ces populations aux infrastructures et aux services sociaux et Ă©conomiques.

    Un budget toujours en cours d’Ă©laboration

    Il n’y a pas de chronogramme ou de budget associĂ©s Ă  ce programme de cinq ans et pour cause, celui de son premier gouvernement est toujours en cours d’élaboration. FĂ©lix Tshisekedi a Ă©voquĂ© le sujet : il dit trouver l’hypothĂšse actuelle d’un budget Ă  dix milliards encore « maigre » pour le grand Congo, quand certains experts estiment qu’il n’est dĂ©jĂ  pas rĂ©aliste, au vu de la capacitĂ© de mobilisation des recettes de la RDC.

    Avec RFI

  • Le gouvernement enfin nommĂ©, sept mois aprĂšs l’investiture de FĂ©lix Tshisekedi

    Le gouvernement enfin nommĂ©, sept mois aprĂšs l’investiture de FĂ©lix Tshisekedi

    en-rdc-le-premier-ministre-se-fait-toujours-attendre-Cette nouvelle équipe de 66 membres, fruit de plusieurs mois de tractations entre le FCC et le Cach, est marquée par la nomination de nouvelles personnalités à des portefeuilles clés comme les Finances, les Mines, la Défense, les Affaires étrangÚres et le Budget.

    L’interminable feuilleton a pris fin ce 26 aoĂ»t au terme d’une nuit blanche. Sept mois aprĂšs l’investiture de FĂ©lix Tshisekedi, le 24 janvier, le prĂ©sident congolais a enfin un gouvernement. AprĂšs des mois de nĂ©gociations entre le Cap pour le changement (Cach), sa coalition, et le Front Commun pour le Congo (FCC), celle de son prĂ©dĂ©cesseur, Joseph Kabila, majoritaire Ă  l’AssemblĂ©e, les deux camps s’étaient initialement mis d’accord le 29 juillet sur une rĂ©partition de 65 portefeuilles. On savait dĂ©jĂ  que 42 postes reviendraient au FCC et 23 au Cach. On connaĂźt dĂ©sormais les noms de la premiĂšre Ă©quipe du prĂ©sident Tshisekedi.

    Des changements importants ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©s notamment Ă  la tĂȘte du ministĂšre des Finances, qui sera dirigĂ© par JosĂ© Sele Yalaghuli, ancien directeur de cabinet de l’ex-premier ministre Matata Ponyo. Celui de la Justice sera dirigĂ© par CĂ©lestin Tunda Y’a Kasende, ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la dĂ©mocratie (PPRD) de Joseph Kabila.

    17% de femmes

    Au portefeuille des Affaires Ă©trangĂšres, on retrouve Marie Tumba Nzeza, cadre de l’UDPS tandis que le trĂšs stratĂ©gique ministĂšre de l’IntĂ©rieur sera dirigĂ© par Gilbert Kankonde lui aussi membre de l’UDPS. Chef de file des nĂ©gociateurs de l’UNC pendant les tractations, Jean Baudoin Mayo Mambeke a Ă©tĂ© nommĂ© vice Premier ministre du Budget. Le ministĂšre des Mines revient Ă  Willy Kitobo.

    L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a Ă©tĂ© nommĂ© ministre de l’Industrie, Thomas Luhaka Ă  l’Enseignement supĂ©rieur et Universitaire, et Azarias Ruberwa comme vice Premier ministre en charge de la DĂ©centralisation. AimĂ© Ngoy Mukena a quant Ă  lui Ă©tĂ© nommĂ© ministre de la DĂ©fense.

    76,9% des membres de ce gouvernement n’ont jamais pris part Ă  un gouvernement et 17% des portefeuilles ont Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă  des femmes, selon les dĂ©clarations du Premier ministre.

    Pas d’ouverture

    Les 65 membres qui composent ce premier gouvernement de FĂ©lix Tshisekedi sont tous membres, soit de l’UDPS de FĂ©lix Tshisekedi, soit de l’UNC de Vital Kamerhe, son directeur de cabinet, ou encore du FCC de Joseph Kabila.

    Antipas Mbusa Nyamwisi, qui a quittĂ© la plateforme d’opposition Lamuka, ou encore Tryphon Kin-Kiey Mulumba, qui avait pourtant retirĂ© sa candidature lors de la prĂ©sidentielle de dĂ©cembre 2018 en faveur de FĂ©lix Tshisekedi, n’ont pas Ă©tĂ© nommĂ©s. Au banc des grands absents, on retrouve Ă©galement le prĂ©sident de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo et François Mwamba qui faisait parti de l’équipe des nĂ©gociateurs du Cach.

    Cette nouvelle Ă©quipe doit dĂ©sormais ĂȘtre investie devant le Parlement en session extraordinaire jusqu’au 7 septembre. NommĂ© le 20 mai, Ilunga avait Ă©tĂ© choisi aprĂšs d’intenses tractations entre les deux camps qui se partagent les pouvoirs. Des discussions marquĂ©es notamment par le refus par FĂ©lix Tshisekedi de certains candidats proposĂ©s par Joseph Kabila, comme le patron de la GĂ©camines, Albert Yuma.

    Quelques jours plus tĂŽt, Sylvestre Ilunga avait fixĂ© certaines rĂšgles censĂ©es guider la composition des listes de candidats qui allaient lui ĂȘtre soumises. Les ministrables ne devaient pas avoir fait l’objet d’une « condamnation judiciaire ferme en RDC ou Ă  l’étranger ». Les listes de candidats devaient Ă©galement « doser anciennes et nouvelles figures et gĂ©nĂ©ration montante ». Les Ă©quipes du FCC avait Ă  ce titre promis un renouvellement de gĂ©nĂ©ration lors d’une ultime confĂ©rence de presse organisĂ©e le 20 aoĂ»t.

     

    Multiples blocages

    Jusqu’au bout, les ultimes dĂ©tails auront Ă©tĂ© dĂ©battus. L’attribution des portefeuilles des Affaires Ă©trangĂšres, de l’IntĂ©rieur, du Budget et de l’Économie ont fait l’objet d’intenses tractations qui ont retardĂ© le processus. En vertu de l’accord de Nairobi, qui actait la naissance du Cach, le poste de Premier ministre devait initialement revenir Ă  Vital Kamerhe. Le poste, finalement pourvu par Sylvestre Ilunga, les derniĂšres nĂ©gociations devaient permettre de trouver un compromis qui s’est avĂ©rĂ© dĂ©licat Ă  atteindre, rĂ©vĂ©lant des dissensions au sein de la coalition du prĂ©sident.

    Le cas de Modeste Bahati Lukwebo leader l’AFDC-A, deuxiĂšme force politique du FCC, exclu de la coalition de Kabila, a aussi occupĂ© les discussions. Ce dernier rĂ©clamait, malgrĂ© son exclusion, le quota de quatre postes revenant thĂ©oriquement Ă  son parti.
    Avec J.A