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  • Maroc – Polémique sur le voile d’une députée islamiste : ” Certains cherchent à déstabiliser le PJD “

    Maroc – Polémique sur le voile d’une députée islamiste : ” Certains cherchent à déstabiliser le PJD “

    Depuis une semaine, un cliché, présenté comme celui d’une parlementaire PJD en voyage à Paris sans son voile, suscite la polémique. Les responsables politiques se sont saisis de l’affaire, dénonçant tantôt un comportement contradictoire, tantôt un débat stérile et déplacé.

    Amina Maelainine est une personnalité montante du Parti de la justice et du développement (PJD) – formation islamiste au gouvernement – , réputée proche de l’ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane. Depuis début janvier, la députée, 7e vice-présidente de la région Souss-Massa et 7e vice-présidente de la Chambre des représentants, est au cœur d’une violente tourmente. Tout a commencé avec le partage en ligne d’un cliché présenté comme celui de Maelainine, sans voile, tout sourire et en plein saut, quelques mètres devant la fameuse salle de spectacle du Moulin rouge, à Paris.

    Dès le 3 janvier, avant le véritable emballement de la polémique, l’élue prenait les devants et alertait : « Je reçois des photographies truquées dont je ne connais pas la provenance (…) Ces images ne sont pas nouvelles (…) » Et de préciser : « Je n’ai jamais voyagé aux frais des contribuables ».

    YouTube/Bn Maroc Tv

    « La moindre incartade est attendue »

    La photographie circulait dans des milieux islamistes hostiles au PJD, mais aussi sur les pages des réseaux sociaux de sympathisants de gauche. Certains en ont profité pour pointer du doigt ce qu’ils considèrent comme une « hypocrisie » de la part de la militante d’un parti connu pour son conservatisme. La secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), Nabila Mounib, a ainsi critiqué les prétendues contradictions dans le comportement de Maelainine.

    Sur Facebook, Omar El Hyani, élu de la Fédération de la gauche démocratique (FGD, coalition qui comprend le PSU) au Conseil de la ville de Rabat, s’est cependant démarqué : « La campagne contre la députée PJD Amine Mae El Aynaine (sic) est odieuse. En plus d’utiliser des photos truquées (à mon avis) elle s’attaque à sa sphère privée qui est une affaire strictement personnelle… »

    Benkirane aurait affirmé que le port du voile ne regarde qu’elle et que le parti représente toutes les citoyennes

    « En effet, je pense que certains cherchent à déstabiliser le PJD », assure à Jeune Afrique le député islamiste Mustapha Ibrahimi. « Toute une frange de la presse électronique s’en donne à cœur joie et nous diabolise », continue le parlementaire, qui a l’impression « que les faits et gestes des élus du PJD, dont les électeurs apprécient la probité, sont scrutés à la loupe. La moindre incartade est attendue. Et si on ne trouve rien, on peut se permettre de ressortir les clichés. »

    Les militants du PJD oscillent entre le plaidoyer autour du respect de la vie privée et le soupçon : sur Internet, c’est le retour, sous la plume de certains, du « tahakoum » (« État parallèle »), qui serait à la manœuvre en vue de discréditer le parti. Abdelilah Benkirane a reçu Amina Maelainine à son domicile. Selon elle, il lui a affirmé que le port du voile ne regarde qu’elle et que le parti représente toutes les citoyennes, voilées ou non.

    Des scandales qui normalisent le PJD ?

    Ce n’est pas la première fois que des figures du PJD sont mêlées à des affaires de mœurs ou relevant de la vie privée. En effet, l’été 2016 avait été rythmé par l’affaire de deux personnalités du Mouvement unicité et réforme (MUR), matrice idéologique du PJD, Omar Benhammad et Fatima Nejjar, pris en flagrant délit d’adultère.


    >>> À LIRE – Maroc : quand les défenseurs de la vertu sont pris la main dans le sac


    En septembre dernier, des clichés du ministre de l’Emploi Mohamed Yatim, main dans la main avec une jeune femme sur les Champs-Élysées à Paris, avaient également défrayé la chronique. « Nos militants ne sont pas des anges qui flottent au-dessus des considérations humaines », tempère Mustapha Ibrahimi.

    Les quelques déconvenues d’élus et de représentants du mouvement islamiste ont tendance à normaliser leur présence dans l’arène politique. Pourtant, toujours selon Omar El Hyani, ces « faits divers » occultent d’autres questions : « Cela ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : cette même députée est une championne toute catégorie du cumul de mandats et d’indemnités », écrit-il.

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  • Guinée : alors que le mandat du Parlement expire la date des législatives reste à fixer

    Guinée : alors que le mandat du Parlement expire la date des législatives reste à fixer

    Installé pour cinq ans en janvier 2014, le Parlement guinéen voit son mandat expirer ce 12 janvier à minuit, alors que la date des élections législatives n’est pas encore connue. À quel scénario faut-il s’attendre ?

    En Guinée, la durée du mandat est de cinq ans, comme le prévoit l’article 60 de la Constitution. Les dernières élections législatives s’y sont tenues le 28 septembre 2013, et le nouveau Parlement était entré en fonction le 13 janvier suivant. Mais à l’heure où le mandat des députés guinéens s’apprête à expirer, la date des prochaines législatives n’est toujours pas fixée.

    Selon Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel (mouvance présidentielle), interrogé par Jeune Afrique, le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, a écrit au président Alpha Condé pour lui demander « la conduite à tenir ». Ce dernier a, à son tour, saisi la Cour constitutionnelle.

    Deux scénarios possibles

    La Cour doit en l’occurrence arbitrer entre deux scénarios. Soit elle autorise le président de la République à légiférer par ordonnances, ce qui mettrait un terme au mandat de l’actuel Parlement. Soit elle pourrait ordonner la prorogation de celui-ci, ce qui ne serait pas une première dans l’histoire politique récente de la Guinée, comme le rappelle Amadou Damaro Camara.

    Selon le député Ousmane Gaoual Diallo, de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), la question de l’avenir du Parlement après le 12 janvier n’est pourtant pas d’actualité. Et de citer l’article 125 du code électoral, qui réglemente précisément l’expiration du mandat des députés La première session ordinaire n’étant intervenue que le 7 avril 2014, le député en déduit que l’actuel Parlement peut rester en fonction jusqu’au 6 avril. D’ici-là, poursuit-il, « nous estimons que le président de la République et le gouvernement mettront tout en œuvre pour organiser les élections ».

    De son côté, le juriste Cellou Diallo relève effectivement une contradiction entre l’article 60 de la Constitution et l’article 125 du code électoral, ce qui aboutit à un imbroglio juridique. « L’entrée en vigueur de l’actuelle législature le 13 janvier 2014 s’est faite en violation des dispositions légales », observe-t-il. Toutefois, « la date du 7 avril 2014 ne saurait être prise comme repère pour la date d’expiration sans poser problème, renchérit le juriste. En effet, laisser courir le mandat des députés jusqu’à l’ouverture de la session ordinaire d’avril 2019 reviendrait à prolonger la durée de l’actuelle législature au-delà des cinq ans fixés par la Constitution ».

    En attendant que la Cour constitutionnelle se prononce, le député Amadou Damaro Camara a annoncé qu’il renoncerait à ses indemnités parlementaires à compter du 13 janvier. Il entend continuer de « servir la Guinée » pour « démontrer que [son] engagement n’a rien de pécuniaire. On veut réduire le travail des députés aux avantages qu’ils perçoivent, or je dépense plus que ce que je gagne », confie-t-il à JA.

    « Il pourrait mieux faire, ironise Ousmane Gaoual Diallo. En tant que président du groupe de la majorité, il pourrait surtout encourager Alpha Condé à organiser les élections à la date requise ». L’UFDG, le parti d’Ousmane Gaoual Diallo, est quant à elle partagée entre sa base, qui souhaite le départ immédiat de ses 36 députés, et la direction du parti, qui considère que l’expiration du mandat interviendra le 7 avril.

    Une recomposition de la Ceni

    Quelle que soit l’option adoptée, un préalable s’imposera : la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), retardée par les querelles entre l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré, quant à la désignation des représentants de l’opposition au sein de l’institution.

    Une fois installée, la nouvelle Ceni devra procéder à la révision du fichier électoral et fixer la date des prochaines législatives.

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  • Présidentielle en Côte d’Ivoire : face aux craintes de tensions, Alassane Ouattara joue l’apaisement

    Présidentielle en Côte d’Ivoire : face aux craintes de tensions, Alassane Ouattara joue l’apaisement

    Les Ivoiriens seront appelés aux urnes en 2020 pour élire un nouveau président de la République. Face aux craintes d’un regain de tension, comme lors de la crise post-électorale de 2010-2011, le président Alassane Ouattara a assuré qu’« il ne se passera rien en 2020 ».

    Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire s’annonce tendue. Le président ivoirien Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié du PDCI ont rompu leur alliance et n’ont pas réussi à s’entendre sur la création du parti unifié RHDP. Leurs partis s’affronteront donc en 2020. Cette question de leadership a déjà ravivé les tensions lors des élections locales des 13 octobre et 16 décembre et coûté la vie à au moins six personnes en Côte d’Ivoire.

    Le 7 janvier dernier, le corps diplomatique en Côte d’Ivoire n’a pas hésité à exprimer son inquiétude lors de la présentation des vœux au chef de l’État ivoirien à la salle des pas perdus du palais présidentiel d’Abidjan-Plateau.

    L’ombre d’un regain de tension

    Faustin Mounguengui-Nzigou, ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire, dont le pays a été victime d’une tentative de coup d’État le jour même, a lancé un message au nom de ses pairs à l’endroit de tous les acteurs politiques ivoiriens pour « créer des conditions objectives de la pérennisation et la consolidation de cette paix si durement acquise ». Il a les a invités à bannir « dans leurs propos et leurs actes tout type de violence. »

    Dans la capitale ivoirienne, comme dans le reste du pays, les événements de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts, n’ont pas été oubliés.

    Les Ivoiriens marchent sur « un chemin qui a connu des épisodes douloureux », s’est alarmée Henriette Dagri Diabaté, présidente du Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara, lors de la cérémonie de décoration du Nouvel An, le 10 janvier à Abidjan. Selon la Grande chancelière, « le ton » actuel des échanges et des débats dans le pays prépare « les esprits à l’affrontement ». Pour cette proche du président ivoirien, les « gros mots des années de crise sont de retour parmi nous. »

    « La peur de nouvelles violences est légitime », selon Alain Toussaint, homme de médias et ancien conseiller en communication de Simone et Laurent Gbagbo. La faute « aux chapelles politiques qui attisent les tensions et les rivalités entre leaders du même camp ».

    Alain Toussaint appelle ainsi à « un vrai débat sur les enjeux de la présidentielle de 2020, les projets et la vision des futurs candidats ». Selon lui, « ceux qui pensent qu’ils ont déjà gagné se trompent lourdement. »

    Les craintes des Ivoiriens sur la présidentielle de 2020 sont « fondées car les raisons profondes de nos crises passées sont d’actualité », explique Innocent Gnelbin, président du parti politique Force aux peuples (FAP). Selon lui, « les conditions de la sécurité du processus électoral ne sont pas encore réunies ».

    Il prend pour exemple les élections locales de 2018. « Six morts pour une simple élection locale sans véritable enjeux. Cela nous amène à nous poser des questions sur le scrutin présidentiel de 2020 ». L’un des principaux problèmes, selon lui, est la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne, qui « n’a jamais été indépendante ».

    « Il ne se passera rien en 2020 »

    Face à ces craintes, Alassane Ouattara, le président ivoirien, s’est voulu rassurant : « Il faut arrêter de se faire peur » car « il ne se passera rien en 2020 », a-t-il déclaré.

    Pour Nicolas Djibo, proche du parti au pouvoir et maire de Bouaké – la ville d’où est partie la rébellion de 2002 conduite par Guillaume Soro – « il faut faire confiance au président de la République quand il dit qu’il n’y aura rien en 2020 et ce malgré les oiseaux de mauvais augure ».

    Selon le maire de Bouaké, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) annoncée par le chef de l’État ivoirien le 31 décembre dernier contribuera à « l’apaisement général en Côte d’Ivoire. »

    Même son de cloche pour l’ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire, pour qui « l’engagement résolu [du président ivoirien, ndlr] à réviser de manière consensuelle la Commission électorale favorisera sans nul doute l’organisation d’élections apaisées ».

    L’heure est à la prudence à l’approche de l’élection présidentielle de 2020. Un entrepreneur de la diaspora ivoirienne a déjà pris ses précautions et protégé son outil de travail. Ce propriétaire depuis 2017 d’un magasin d’optique à Adjamé, un quartier au nord d’Abidjan, relativise cette crainte : « 2020 ne sera pas un bis repetita de 2010. Ce n’est ni le même contexte ni la même réalité. On ne peut pas reproduire deux fois les mêmes erreurs », espère-t-il.

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  • Tunisie : les membres de l’Instance électorale tirés au sort pour mettre fin à la paralysie ?

    Tunisie : les membres de l’Instance électorale tirés au sort pour mettre fin à la paralysie ?

    En Tunisie, les présidents des blocs parlementaires sont appelés à se réunir mardi 15 janvier afin de trouver un consensus sur la désignation des membres de l’Isie, instance chargée d’organiser les élections, après un premier accord cette semaine concernant son futur président. Un tirage au sort a été proposé.

    C’est devenu un serpent de mer. L’Isie (Instance supérieure indépendante pour les élections) fonctionne toujours, mais avec des membres qui auraient dû être remplacés depuis des mois. C’est le cas de son président, Mohamed Tlili Mansri, qui a officiellement démissionné le 5 juillet dernier, mais continue à occuper son poste et à gérer les affaires courantes, dans l’attente d’un successeur.


    >>> À LIRE – Tunisie : l’Instance électorale s’enfonce dans la crise


    C’est le cas aussi de trois membres du conseil de l’Isie, dont le mandat a expiré depuis janvier 2018. Ils occupent également toujours leurs fonctions, et cela n’a pas empêché la tenue des élections municipales de mai dernier. Cependant, l’esprit de la loi exige qu’un consensus soit trouvé pour élire – comme prévu – de nouvelles personnalités, estiment nombre de décideurs.

    Les voix d’Ennahdha indispensables

    Mercredi 9 janvier, les présidents des blocs parlementaires se sont enfin mis d’accord pour élire Nabil Baffoun à la tête de l’Instance. Or, ce vote a eu lieu en l’absence du chef du bloc Ennahdha, Noureddine Bhiri. Le consensus enfin trouvé risque-t-il de tomber à l’eau ?

    Le parti à la colombe évoque un simple retard et dément tout boycott. Ses opposants estiment qu’il attendait en fait la réunion de son bureau avant de prendre une décision. Toujours est-il qu’Ennahdha a finalement approuvé, dans un communiqué, la décision prise par les présidents des autres groupes parlementaires. La nomination de ce nouveau président de l’Isie, nécessitant 109 voix, devrait donc être entérinée le jour du vote de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

    Avant cette élection, les députés devront renouveler le tiers des membres du conseil de l’Instance (3 sur 9)

    Mais avant cette élection, les députés devront renouveler le tiers des membres du conseil de l’Instance (trois sur neuf). Un vote qui requerra la majorité des deux tiers, soit 145 voix. Un nouveau consensus sur ce point est donc plus que nécessaire. Sans les voix d’Ennahdha, première force à l’ARP (68 députés), il n’est en effet pas envisageable d’atteindre ce quorum.

    Le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, a donc appelé à la tenue d’une nouvelle réunion dite « de consensus », mardi 15 janvier prochain. Les présidents des blocs parlementaires devraient se mettre d’accord sur le nom des candidats à renouveler dans trois catégories : ingénieur en sécurité informatique, expert-comptable et juge administratif.

    Les élections maintenues aux dates prévues ?

    Concernant le poste de juge administratif, il n’y a qu’une candidate. Son élection devrait donc se dérouler sans difficulté. Mais pour les deux autres catégories, des élus proposent un tirage au sort. C’est le cas de Riadh Jaïdane, député et président du mouvement L’appel des Tunisiens à l’étranger. « Cela permettra d’échapper à la politisation de l’instance et de gagner du temps, afin de tenir notre engagement de respecter les délais pour organiser les élections », assure-t-il à Jeune Afrique.


    >>> À LIRE – Tunisie : la crise à l’Isie fait peser le risque d’un report des élections


    De son côté, Anouar Ben Hassen (membre et ex-président par intérim de l’Isie) estime, lui, qu’en vertu de la loi organique 2012-23 du 20 décembre 2012, les membres de l’Instance peuvent continuer à exercer leurs fonctions « jusqu’à leur renouvellement », et donc à organiser les élections. Même en l’absence de vote avant l’échéance prévue. Et de soutenir que « tant qu’il n’y a pas de vacance à ces postes, cela ne pose pas de problème ». Selon lui, « l’Isie est prête à honorer la date des scrutins ».

    Les élections doivent se tenir, selon l’Isie, entre le 6 octobre et le 1er décembre pour les législatives, et entre le 3 novembre et le 29 décembre pour la présidentielle. Reste à savoir si le vote des membres de l’Instance aura lieu dans les temps afin de contenter toutes les parties.

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  • Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    De plus en plus d’internautes sénégalais militent pour l’organisation d’un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février à travers le hashtag #SunuDébat sur les réseaux sociaux. Plusieurs challengers de Macky Sall se sont déclarés partants, mais le président, lui, ne semble pas séduit par l’idée.

    #SunuDébat. Ce hashtag a fleuri sur les réseaux sociaux sénégalais ces derniers jours autour d’une idée simple : organiser un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février. Au Sénégal et au sein de la diaspora, un nombre grandissant d’internautes relaient désormais cette initiative citoyenne lancée par Awa Mbengue, une étudiante de 20 ans à Sciences Po Paris qui a interpellé Macky Sall sur le sujet via Twitter le 9 janvier.

    « J’ai essayé de chercher les programmes des candidats mais j’ai trouvé très peu d’informations, explique-t-elle. Je me suis dit qu’il serait intéressant d’organiser un débat de fond, pour qu’ils présentent leurs idées et montrent comment ils réagissent quand ils sont contredits. » Se défendant de toute appartenance à un quelconque parti politique, elle ajoute avoir lancé cette idée car elle ne sait « pas encore pour qui voter ».

    Plusieurs candidats de l’opposition favorables au débat

    Rapidement relayé par l’influent journaliste-blogueur Papa Ismaila Dieng sur sa page Facebook, le phénomène #SunuDébat a pris comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. En 72 heures, environ 10 000 tweets avec ce hashtag ont été partagés, lesquels ont été vus par plus de 80 000 personnes. « Cette popularité montre que ce débat est une vraie demande citoyenne, estime Papa Ismaila Dieng. Les Sénégalais veulent ce genre de débat télévisé. Ils se demandent pourquoi cela se fait dans beaucoup d’autres pays et pas chez nous. »

    S’il en avait été brièvement question lors de la dernière campagne présidentielle, en 2012, aucun débat télévisé n’a jamais été organisé entre des candidats. Pour l’instant, quatre des six challengers de Macky Sall qui ont recueilli le nombre suffisants de parrainages pour pouvoir se présenter ont déclaré qu’ils acceptaient de participer à un tel débat : Khalifa Sall, Ousmane Sonko, Madické Niang et Issa Sall.

    L’entourage de Macky Sall sceptique

    L’état-major présidentiel, lui, ne semble pas favorable. Macky Sall ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, mais son conseiller à la communication, le ministre El Hadj Hamidou Kassé, a estimé sur Twitter que les conditions d’un tel débat n’étaient pas réunies, vu le « déferlement de violence verbale » et les « propos plutôt grossiers » des opposants.

    Partie des réseaux sociaux, l’initiative #SunuDébat a depuis été reprise par de nombreux médias sénégalais. La chaîne de télévision privée 2STV a, quant à elle, laissé entendre qu’elle était disposée à organiser l’événement.

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  • Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Ancien ambassadeur de France et diplomate de carrière, Yves Aubin de la Messuzière raconte dans ses Mémoires ses pérégrinations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Jeune Afrique a sélectionné quelques passages dans lesquels il évoque le président Bouteflika, Jacques Chirac ou encore le roi Mohammed VI.

    Diplomate de carrière, arabisant, fin observateur du Maghreb et du Moyen-Orient depuis plus de quatre décennies, Yves Aubin de la Messuzière a été directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay, de 1998 à 2002. Dans ses Mémoires, intitulés Profession diplomate : un ambassadeur dans la tourmente, parus en décembre 2018 chez Plon, il livre mille et une anecdotes, souvenirs et témoignages glanés lors de ses voyages ou de ses missions auprès de présidents, monarques, Premiers ministres et autres dignitaires de régimes arabes ou africains. À ce poste privilégié, il a eu à parcourir, au service de la France, tous les pays de cette région dont certains, écrit-il, étaient en situation de crise ou de post-crise.

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  • Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin le 10 janvier aux fonctions du général Oumarou Sadou, chef d’état-major général des armées. Remplacé par le général de brigade Moïse Minoungou, ce dernier devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités.

    Le général Oumarou Sadou n’est plus le chef d’état-major général des armées burkinabè. Dans un décret publié le 10 janvier, le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin à ses fonctions, le remplaçant par le colonel major Moïse Minoungou, qui officiait jusque ici comme commandant du groupement central des armées. Il a, par la même occasion, été promu au grade de général de brigade.

    Natif de Ouagadougou en 1960, ce spécialiste des armes lourdes à été formé à l’École d’application d’artillerie de Draguignan, en France. Le général Minoungou a aussi suivi son cours supérieur d’état-major à l’École d’état-major de Koulikoro au Mali, puis celui de défense au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur à Kenitra, au Maroc. Il commandait depuis mai 2017 le groupement central des armées, logé au Camp Ouédraogo à Ouagadougou jusqu’à sa nomination aux commandes de l’armée. « Il [Moïse Minoungou, ndlr] a un sens élevé de l’écoute, même s’il n’a pas commandé sur le terrain », glisse à Jeune Afrique un officier burkinabè, sous couvert de l’anonymat.

    Des compétences

    « À mon avis, il est compétent pour occuper ce poste. C’est un officier supérieur d’une probité exemplaire qui se préoccupe des problèmes des subordonnés. Minoungou est véridique et très professionnel », renchérit un haut gradé.

    « Ce réaménagement était nécessaire dans la mesure où le pays prend la présidence du G5 Sahel. De fait, il sera amené à être le centre de l’élaboration de la stratégie de lutte contre les groupes terroristes qui sévissent dans la région », déclare à Jeune Afrique une source diplomatique sous couvert d’anonymat.

    « C’est un pas nouveau, on prend acte. Nous allons le juger à l’action sur le terrain », commente brièvement Mathias Tankoano, leader du mouvement M21. La société civile espérait plutôt de grands chamboulements au ministère de la Défense, argue-t-il.

    La lutte antiterroriste au cœur des priorités

    Le général Oumarou Sadou paie-t-il les frais de la recrudescence des attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont fait 270 morts ces derniers mois ? Quoi qu’il en soit, Moïse Minoungou devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités. « Je pense effectivement que le départ du général est dû en partie à un manque de résultats mais est-ce que cette nomination réglera la question des terroristes ? Je ne sais pas », explique notre source militaire.

    Pour cela, plusieurs défis l’attendent comme l’adoption d’une stratégie militaire pour venir à bout des terroristes qui parcourent le nord et surtout le nouveau front de l’est du pays. « On ne voyait pas une tactique claire de l’armée pour combattre les terroristes. Pour gagner ce pari, le nouveau chef d’état-major général des armées devra surtout endiguer la crise de commandement alimentée par les élites militaires au sein de l’armée », souligne Dr Seydou Ra-Sablga Ouédraogo, chercheur et directeur de l’institut Free Afrik.


    >>> À LIRE – Burkina : un nouveau front à l’Est


    Enfin, Moïse Minoungou devra engager les réformes juridiques visant à doter l’armée de forces ou unités spéciales antiterroristes capables d’opérer à l’intérieur du territoire national.

    Alors que l’état d’urgence vient d’être prolongé par le chef de l’État, les attaques visant les forces de sécurité et de défense ainsi que les symboles de l’État se sont multipliées au cours des derniers mois et s’étendent à de nouvelles régions du pays. Dernier épisode tragique en date, l’attaque de Toeni dans la Boucle du Mouhoun au nord-ouest du pays qui a fait fin décembre dix tués dans les rangs de la gendarmerie.

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  • Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Le candidat de la coalition Lamuka, arrivé deuxième derrière Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires proclamés par la Ceni, a annoncé qu’il allait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle pour contester ces résultats.

    Martin Fayulu a fait cette annonce vendredi en milieu d’après-midi, face à une foule de militants rassemblés au siège du Mouvement de libération du Congo (MLC, le mouvement de Jean-Pierre Bemba, soutien de Fayulu) à Kinshasa. « Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle » pour exiger « le recomptage des voix », a-t-il déclaré.

    « Il s’agit d’une requête en révision de la décision de la Commission électorale nationale indépendante », a confirmé à Jeune Afrique Me Albert Fabrice Puela, député de Matadi et l’un des bras droits de Martin Fayulu. « Notre candidat va attaquer la Ceni devant la Cour constitutionnelle pour irrégularité fragrante et altération de la vérité », a précisé Albert Fabrice Puela qui a participé à la rédaction du dossier de recours.

    Lamuka revendique 61% pour Fayulu

    La coalition Lamuka (Réveille toi, en lingala) revendique par ailleurs la victoire de Martin Fayulu à l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Selon les chiffres de Lamuka, ce dernier aurait recueilli 61 % des suffrages, contre 18,8 % pour Félix Tshisekedi et 18,8 % pour Emmanuel Ramazani Shadary.


    >>> À LIRE – Présidentielle en RDC : joie et contestations après l’élection de Félix Tshisekedi


    Dans la nuit du 9 au 10 janvier, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la Ceni, avec 38,57 % des suffrages exprimés. Des chiffres qui donnent Martin Fayulu en seconde position, avec 34,83 %, devant Emmanuel Ramazani Shadary (23,84 %).

    Martin Fayulu a par ailleurs appelé ses militants à l’accompagner lors du dépôt de son recours devant la Cour constitutionnelle. Suivant la législation congolaise, les candidats avaient deux jours à partir de la publication des résultats provisoires pour saisir les juges constitutionnels. « Pour se mettre à l’abri, notre requête va être déposée aujourd’hui même – si elle ne l’a pas déjà été, a poursuivi le député Puela. D’autant que la décision de la Ceni date du 9 janvier, mais elle a été publiée le 10 à 3 heures du matin. »

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  • Crise anglophone au Cameroun : la nationalité des leaders séparatistes arrêtés débattue au tribunal

    Crise anglophone au Cameroun : la nationalité des leaders séparatistes arrêtés débattue au tribunal

    Les leaders de l’autoproclamée république d’Ambazonie arrêtés au Nigeria le 5 janvier 2018 ont pris part à la deuxième audience dans l’affaire qui les oppose à l’État du Cameroun. Leur procès, marqué par un débat houleux sur leur nationalité, a été renvoyé au 7 février.

    La tension est montée d’un cran le jeudi 10 janvier au tribunal militaire de Yaoundé, lors de la deuxième audience publique dans l’affaire Sisiku Julius Ayuk Tabe et les autres cadres du mouvement séparatiste contre le ministère public du Cameroun. À l’origine de cette ambiance électrique qui a plusieurs fois tourné aux altercations entre avocats, un débat sur la nationalité des accusés. Car lors de leur présentation à la cour, ils ont tous renié la citoyenneté camerounaise.

    « Je ne suis pas Camerounais, je suis un citoyen de l’ancien Southern Cameroons britannique, également connu sous le nom d’ “Ambazonie” », a ainsi affirmé Sisiku Julius Ayuk Tabe, le président de l’autoproclamée « république d’Ambazonie », ouvrant le bal à ses neuf coaccusés qui lui ont tous emboîté le pas. Une position ferme, qui a amené l’important collège de la défense – composé de près d’une cinquantaine d’avocats dont trois anciens bâtonniers du barreau – à soulever une objection préliminaire.

    Sisiku Julius Ayuk Tabe avait été arrêté le 5 janvier dans un hôtel d’Abuja en compagnie de neuf autres cadres de son mouvement, alors qu’il présidait une réunion consacrée à la « crise des réfugiés » issus du Cameroun anglophone au Nigeria.


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    Demande de suspension d’audience

    La défense des leaders ambazoniens a ainsi demandé une suspension d’audience, afin d’établir la nationalité des accusés. « Le tribunal militaire n’est pas compétent pour juger ces personnes en l’état, en raison des questions que soulève leur nationalité », a lancé Me Patrick Yong, évoquant l’article 41 du code de la nationalité camerounaise qui déclare les juridictions civiles compétentes pour ces cas. « Il faut déterminer de quelles nationalités sont les accusés avant de les juger. Ils doivent être renvoyés vers le Nigeria, leur lieu de résidence, pour traiter de cette affaire conformément à l’article 42 du code de la nationalité », a renchéri Me Eya Peter.

    Seul le certificat de nationalité fait foi, dit la loi, or vous n’avez pas présenté ces documents ici

    Pour la partie civile cependant, des documents attestant que les accusés sont bel et bien camerounais existent. « Nous disposons des preuves qu’ils sont Camerounais. Nous avons leurs cartes nationales d’identité et leurs passeports. Certains parmi eux ont été des fonctionnaires au Cameroun donc des employés de l’État, et vous nous dites qu’ils ne sont pas Camerounais ? », a interjeté le commissaire du gouvernement.

    « Ni le passeport ni la carte nationale d’identité ne prouve la nationalité de quelqu’un, seul le certificat de nationalité fait foi, dit la loi, or vous n’avez pas présenté ces documents ici », a immédiatement répliqué Me Akere Muna.

    Nous avons les preuves que nous sommes réfugiés, donnez-nous juste la possibilité de les produire

    Audience renvoyée au 7 février

    À 19 h 25, après plusieurs heures d’échanges d’arguments, le président du tribunal, le colonel Mem Michel, a été contraint d’ordonner une pause, afin de calmer les esprits qui commençaient à s’échauffer. À la reprise, le statut de réfugiés de certains des accusés a également été évoqué.

    « Le commissaire du gouvernement nous demande de produire des documents qui prouvent que nous ne sommes pas Camerounais et que nous étions réfugiés au Nigeria. Depuis le 5 janvier que nous avons été kidnappés à Abuja, nos pièces ont été saisies et nous sommes gardés au secret sans contact avec qui que ce soit. Nous avons les preuves que nous sommes réfugiés, donnez-nous juste la possibilité de les produire », a plaidé Elia Eyambe Ebai, l’un des dix accusés du jour.

    Vers 21 h 30, après une énième concertation avec ses assesseurs, le président du tribunal a finalement reporté l’audience au 7 février, afin de donner du temps aux deux parties de présenter les pièces prouvant la nationalité camerounaise des accusés d’une part, et leur statut de réfugiés d’autre part.


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    La garde présidentielle nigériane impliquée ?

    L’audience du 10 janvier a également été l’occasion d’en savoir davantage sur les conditions d’arrestation de Sisiku Julius Ayuk Tabe et de ses coaccusés au Nigeria. Au cours des débats, l’avocat nigérian Abdoul Orock a ainsi révélé que des sources au département de la Sécurité de l’État nigérian lui ont confié que l’opération avait été menée par les soldats de la garde présidentielle nigériane, sans l’intervention des autres services de sécurité de l’État nigérian.

    Selon le même avocat, prés de 210 000 Camerounais seraient actuellement réfugiés dans son pays, parmi lesquels seuls 30 000 d’entre eux ont pu être enregistrés par les organisations de l’ONU en charge des réfugiés.

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  • Présidentielle au Burkina : comment le CDP, parti de Blaise Compaoré, se prépare-t-il pour 2020 ?

    Présidentielle au Burkina : comment le CDP, parti de Blaise Compaoré, se prépare-t-il pour 2020 ?

    En relançant son Haut conseil le 5 janvier, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ex-parti au pouvoir, marque une nouvelle étape dans sa préparation pour la présidentielle de 2020.

    Affaibli par la chute de Blaise Compaoré, suite à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 au Burkina Faso, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) se reconstruit peu à peu et occupe désormais une place importante au sein de l’opposition politique. Désormais, l’objectif pour les cadres du parti est clair : revenir aux affaires. Et cela passe par la reconquête du pouvoir lors de la présidentielle de 2020.

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