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Publié le 16-11-2018 Modifié le 16-11-2018 à 12:01
Depuis 2014, au Mali, et après une visite mouvementée à Kidal de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, tous les fonctionnaires de l’Etat ont plié bagage. Certains, notamment le gouverneur de la région, sont revenus mais pas les enseignants. Ce 15 novembre dans la capitale Bamako, au cours d’une conférence de presse, plusieurs syndicats d’enseignants ont annoncé le refus des maîtres et professeurs de regagner leurs postes à Kidal et à l’intérieur de la région comme demandé par les autorités. Ils réclament plus de sécurité et des primes.
Un peu plus de 435 enseignants, selon leur syndicat, refusent de regagner leur poste à Kidal et dans la région du même nom, dans le nord du Mali. Pour eux, y vivre s’avère très difficile, comme l’explique Djibrila Samaké du Syndicat national de l’éducation de base.
« Il n’y a pas longtemps, moi j’ai été là-bas et vraiment ce n’était pas possible de vivre actuellement dans une zone inhabitée, constate-t-elle. Il n’y a rien. Le logement est difficile et nos familles sont là. J’ai très peur. Les gens ont peur ».
Sécurité et indemnisation
De nombreux élèves et lycéens de la région de Kidal aux mains des ex-rebelles n’ont pas d’enseignants. Pour y retourner, ces derniers exigent plusieurs choses.
« Au préalable, il nous faut la sécurité, la présence préalable des forces armées et de sécurité du Mali, énumère Djibrila Samaké. Une première mesure d’accompagnement, c’est l’indemnisation des enseignants qui étaient à Kidal entre 2012 et 2014. Ils étaient victimes. Il y a une demande aussi de prime. Et l’on a conditionné notre retour à celui de tous les travailleurs de l’administration en général ».
Le ministère de l’Education nationale mali affirme que le retour des enseignants reste l’une de ses priorités.
Publié le 16-11-2018 Modifié le 16-11-2018 à 11:20
Au Burkina Faso, le plus grand échangeur routier de la capitale a été inauguré, ce jeudi, par le président Roch Marc Christian Kaboré. Après trois ans de travaux, l’ouvrage qui a coûté 70 milliards de francs CFA permettra la fluidité de la circulation entre le nord et le centre-ville de la capitale, Ouagadougou.
La cérémonie était solennelle et avait l’allure d’une fête nationale à la hauteur de l’attente autour de ce nouvel échangeur. « A ce point précis de l’échangeur en 2014, on enregistrait 42 000 véhicules par jour. C’était le trafic le plus élevé de la ville de Ouagadougou pour un profil de voirie de très dégradé », témoigne Armand Béouindé, le maire de Ouagadougou.
Ce nouvel échangeur permettra aux populations de plusieurs quartiers du nord de mieux accéder au centre-ville de Ouagadougou. Une avancée pour Eric Bougouma, ministre burkinabè des Infrastructures : « Il ouvre l’accès aux arrondissements 3 et 9, à la commune rurale de Pabré, à la route nationale 2 qui mène vers Wayugiya. Il ouvre l’accès à la route nationale 22, une des portes du Sahel ».
A l’issue de son ouverture à la circulation, le nouvel échangeur a été pris d’assaut par certains usagers qui ont manifesté leur joie avec des coups de klaxon : « A l’heure-là, je suis très contente de ça. Aujourd’hui, j’ai même marché pour aller là-bas. Vraiment, on est très, très content ».
Selon Tiraogo Hervé Ouedraogo, le directeur de l’entreprise qui a conçu l’ouvrage, son utilisation permettra aux populations de faire des économies : « Un usager moyen qui habiterait dans cette zone économiserait en moyenne 200 litres de carburant par an ».
La construction de ce quatrième échangeur a mobilisé 1 200 travailleurs et 500 engins.
Publié le 16-11-2018 Modifié le 16-11-2018 à 14:07
L’université de Kinshasa est à nouveau endeuillée en RDC. Un étudiant a été tué jeudi après-midi dans des affrontements avec les forces de l’ordre. Drame survenu alors que les étudiants protestaient contre la mort d’un des leurs, sur ce même campus, en début de semaine.
A l’origine des violences : l’annonce, à la mi-journée, de la mort de Hyacinthe Kimbafu. Cet élève de deuxième année à la faculté de sciences était hospitalisé depuis lundi. Il avait été blessé par balle alors que les étudiants manifestaient pour réclamer la reprise des cours.
L’annonce de son décès a donc provoqué un nouveau mouvement de colère. Des centaines d’étudiants se sont rassemblés devant l’hôpital universitaire avant que les forces de l’ordre n’interviennent. D’après plusieurs témoins, les policiers tiraient à balle réelle, utilisaient des gaz lacrymogènes, dépouillaient les étudiants et ont même brulé des ordinateurs.
« Les forces de l’ordre tiraient comme si elles étaient sur un champ de guerre », explique l’un d’entre eux. « Les étudiants courraient à tout bout de champ. C’était la panique générale ».
C’est dans ce contexte qu’un étudiant a de nouveau perdu la vie. Ce qui porte à deux le nombre d’étudiants tués depuis le début de la semaine sur le campus de l’UNIKIN. Les affrontements de ce jeudi ont également fait plusieurs blessés. Au moins deux graves côté manifestants et huit côté policiers, selon le chef de la police à Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.
De nombreuses réactions
La mort de ces deux étudiants suscite beaucoup de réactions. Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, s’est exprimé sur Twitter : « Les balles réelles sont interdites sur les sites universitaires. J’exige une peine exemplaire contre les policiers responsables des tirs qui ont engendré la mort. Celui qui avait tiré le 12 novembre est aux arrêts. L’autre doit être identifié. Mes condoléances aux familles éprouvées ».
Le candidat de l’opposition à la présidentielle Martin Fayulu a, lui aussi, dit son soutien aux proches des victimes. Sur les réseaux sociaux, entre les photos de jeunes gens blessés et les appels à la démission du ministre Steve Mbikayi, un message revient beaucoup : « L’université n’est pas un champ de tir ».
A Kinshasa, le chef de la police confirme l’arrestation d’un policier qui a tiré à balles réelles et précise qu’une enquête en cours. Il conteste en revanche d’autres témoignages de violences, par exemple le fait que des étudiants auraient été dépouillés hier par des policiers.
Ce vendredi, les forces de l’ordre bloquent l’entrée de l’université. Il y a bien eu une tentative de rassemblement ce matin, mais la police a dispersé les jeunes. Selon nos informations, au moins cinq d’entre eux ont été interpellés.
Publié le 16-11-2018 Modifié le 16-11-2018 à 13:57
Au Gabon, premier conseil des ministres ce vendredi sans Ali Bongo Ondimba toujours hospitalisé en Arabie saoudite. Ce conseil qui sera présidé par le vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou a été possible grâce à une décision de la Cour constitutionnelle qui a écrit un nouvel alinéa sur l’article 13 relatif à la vacance du pouvoir. La classe politique gabonaise et la société civile sont choquées.
Tout est parti de la décision prise mercredi soir par la Cour constitutionnelle d’autoriser le vice-président gabonais à présider un Conseil des ministres, en l’absence du président Ali Bongo empêché. Or l’article 13 de la Constitution ne parle uniquement que de « vacances de poste » ou « d’empêchement définitif » du président de la République. La Cour constitutionnelle a dû donc rajouter à cet article le cas « d’indisponibilité temporaire » du président pour pouvoir autoriser la ténue de ce Conseil des ministres.
Sinon, explique un constitutionnaliste gabonais, elle n’avait d’autre choix que de reconnaître la vacance de poste et d’enclencher une transition dirigée par le président du Sénat, qui doit ensuite organiser les élections 60 jours au plus tard.
Plusieurs membres de la société civile sont très remontés contre la Cour constitutionnelle qui a écrit cette nouvelle disposition de la Constitution. « La Cour constitutionnelle a mis à terre la Constitution et instaure ainsi un Etat anarchique, s’insurge Noël Bertrand Boundzanga, porte-parole de l’ONG Brainforest. Ça a tout l’air d’un coup d’Etat constitutionnel. »
La Coalition pour la nouvelle République de Jean Ping a aussi promptement réagi en appelant le peuple à un sursaut patriotique et à défendre sa souveraineté. Jean Eyeghe Ndong parle ainsi d’un « acte assimilable à un coup d’Etat » et s’interroge sur les motivations de la Cour constitutionnelle. « Nous dénonçons la direction, je dirais, irresponsable de la vacance du pouvoir qui n’est pas déclarée. Nous nous interrogeons sur les desseins inavoués de la Cour constitutionnelle. »
Même intransigeance de la part de Jean Christophe Owono Nguéma, sixième vice-président du Sénat représentant l’opposition. « La Cour constitutionnelle n’a pas le droit de modifier la Constitution et de se mettre au-dessus du peuple gabonais. C’est inadmissible, c’est inacceptable. »
Un « amendement temporaire »
La présidente de la Cour constitutionnelle s’inscrit en faux contre toutes ses accusations, en expliquant que l’article 83 qui fait de sa cour « un organe régulateur du fonctionnement des institutions », leur donne la prérogative de créer un « amendement temporaire ».
« La décision que la cour prend pour régler une situation qui n’a pas été prise en compte au moment de l’adoption de la Constitution permet de régler provisoirement une situation, assure Marie-Madeleine Mborantsuo. Et au moment de la révision de la Constitution dans quelques mois ou quelques années, le constituant pourra prendre une décision définitive. » Mais ses arguments peinent à convaincre l’opposition.
Le porte-parole du gouvernement Guy-Bertrand Mapangou vient de donner aujourd’hui des nouvelles de Bongo, dans un article de Jeune Afrique. Il assure « qu’il se porte de mieux en mieux », avant d’ajouter que « le Premier ministre et son gouvernement se sont immédiatement mis au travail dans cet esprit de la continuité de l’État prévue par la Constitution », en se basant justement sur cette décision contestée du Conseil constitutionnel.
Publié le 16-11-2018 Modifié le 16-11-2018 à 00:03
Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Adolphe Muzinga sont loin de s’être laissé démoraliser par la défection de Vital Kamhere et de Felix Tshisekedi qui ont retiré leur signature de l’accord moins de 24 heures après l’avoir apposée. Ils se sont rencontrés à Bruxelles pour relancer la mobilisation de l’opposition autour de Martin Fayulu.
Avec notre bureau de Bruxelles,
Les cinq chefs de file de l’opposition qui ont maintenu leur signature au bas de l’accord de Genève ont choisi de resserrer les rangs.
Réunis à Braine-l’Alleud aux portes de Bruxelles, Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et Adolphe Muzinga ont tenu à s’afficher aux côtés de Martin Fayulu qui reste leur candidat commun pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Le cinquième opposant de la réunion de Genève, Freddy Matungulu, s’était fait représenter pour signer un communiqué commun à tous les cinq.
Pour eux, la plate-forme Lamuka, « réveillez-vous » en lingala et en swahili, doit continuer sans désemparer le combat contre la « dictature de Joseph Kabila ». Tous les cinq adoptent d’ailleurs un ton assez modérer pour dénoncer la défection de Félix Tshisekedi et Vital Kamhere car ils appellent les deux hommes à revenir à la raison et à les rejoindre.
Par cette rencontre ils espèrent que le signal de leur mobilisation renouvelée autour de Martin Fayulu permettra de créer une véritable dynamique de campagne, pour en faire le vrai candidat principal de l’opposition et donner une vraie chance à l’alternance.
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Publié le 15-11-2018 Modifié le 15-11-2018 à 21:17
Le rôle de l’armée française en Afrique a été au coeur des débats sur la paix et la sécurité qu’a accueillie la capitale sénégalaise du 5 au 6 novembre. Il a été souligné de nouveau par la ministre française des Armées lors de son déplacement au Mali le week-end dernier. Que fait l’armée française en Afrique où elle est présente à travers ses bases et ses opérations ponctuelles dans des pays en crise ? Eclairages sur les enjeux et évolution de la présence militaire française en Afrique avec le colonel Frédéric Garnier, responsable de l’Afrique subsaharienne à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie au ministère des Armées.
RFI: A quoi servent les bases françaises en Afrique ?
Colonel Frédéric Garnier: La présence militaire française a considérablement évolué depuis les indépendances. Elle a, depuis, toujours répondu à une volonté commune de chaque pays et de la France, qui a retiré ses militaires dès qu’on le lui demandait. Cette présence militaire française repose aujourd’hui sur un souhait partagé par la France avec chacun des 4 pays accueillants ces bases permanentes, Djibouti, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Sénégal. Cette volonté commune est formalisée avec chaque pays par un accord de partenariat en matière de défense. Il s’agit d’accords rénovés à partir de 2007, puis entrés en vigueur depuis 2010, accords publics et que chacun peut consulter sur internet par exemple.
Les années postcoloniales ont été aussi caractérisées par des interventions militaires françaises dans des pays en crise. Quelles sont les procédures constitutionnelles pour l’envoi de troupes à l’étranger ? Qu’est-ce qu’on appelle « Opex » ?
Une Opex, opération extérieure – c’est-à-dire l’envoi de militaires français pour une opération dans un pays étranger – est déclenchée, sur décision du président de la République, dans trois cas de figure : à la demande des autorités légales d’un pays confronté à une menace extérieure qui met en danger sa sécurité ou, deuxième possibilité, pour aller protéger et parfois évacuer des citoyens français mis en danger par une situation d’insécurité grave. Un troisième cas existe qui se présente quand l’ONU, au travers d’une résolution du Conseil de sécurité, appelle des États à agir en faveur de la paix. Les Opex respectent le cadre du droit international, en particulier du droit des conflits armés, et sont aussi souvent adossées à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.
A partir des années 1990-2000, l’Afrique devient un enjeu militaire majeur, courtisée d’une part par les émergents et déstabilisée d’autre part par le terrorisme. Comment la «guerre contre le terrorisme» a fait évoluer l’engagement militaire français en Afrique ?
Je pense qu’il serait plus juste d’aborder cet intérêt d’acteurs extérieurs sous l’angle des défis sécuritaires du continent. Parmi ces défis, le terrorisme est sans doute le plus visible pour les Occidentaux, même s’il n’est pas le seul. La France répond à une demande d’appui de ses partenaires et alliés. Au Sahel, comme dans le bassin du lac Tchad, des groupes terroristes tuent des civils et tentent d’empêcher les Etats de faire fonctionner les écoles ou les centres de soin. Les militaires français viennent avant tout aider à renforcer les capacités des armées locales à y faire face efficacement.
Avec le dispositif Barkhane, la France a renforcé sa présence militaire en Afrique. Quel rôle joue aujourd’hui l’armée française en Afrique ?
Le dispositif militaire français au Sahel, la force Serval d’abord à partir de janvier 2013, puis Barkhane depuis août 2014, mis en place au Mali en raison de circonstances très particulières n’a pas vocation à durer. Les autres bases au Sahel (notamment Niamey au Niger et Gao au Mali) ont été déployées à la demande des pays partenaires pour les appuyer dans la lutte contre le terrorisme et consolider leurs propres capacités de défense à travers le partenariat militaire opérationnel. Ce dispositif n’a pas l’ambition de régler la crise au Sahel, mais il contribue en particulier à créer des conditions sécuritaires permettant la mise en œuvre d’un règlement politique de la crise au Mali.
Pourriez-vous rappeler les circonstances qui ont conduit au lancement de l’opération Serval ?
Le 11 janvier 2013 est en effet une date-clé. Elle marque le passage dans l’urgence d’une stratégie de prévention à un engagement direct rendu indispensable par le renforcement de groupes terroristes qui décident de s’emparer de Bamako. Dans cette urgence, à l’appel du gouvernement malien, la France a déclenché l’opération Serval et bloqué l’avancée terroriste en quelques heures grâce justement à son dispositif prépositionné en Afrique. En effet, les premières unités françaises à intervenir arrivaient du Tchad, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Nos éléments stationnés à Djibouti et au Gabon y ont aussi contribué par la suite.
Dans le cadre du dispositif Barkhane, les troupes françaises sont présentes au Niger, au Mali et au Tchad. Quel bilan de Barkhane, lancée en 2014 ? Est-ce que Barkhane est une «Opex» comme les autres ?
Oui, Barkhane est une Opex comme les autres. Elle est surtout un effort majeur pour la France et son armée, opérant dans une région grande comme l’Europe, au climat exigeant. Depuis leurs bases au Mali, au Niger et au Tchad – au prix d’importants sacrifices – les militaires français ont réussi, avec leurs partenaires des armées locales et avec les forces de la Minusma (la mission des Nations Unies au Mali), à empêcher les groupes terroristes de contrôler des zones sanctuaires. Dans le même temps, Barkhane appuie la montée en puissance des forces armées de la région. Le succès de Barkhane, conjointement avec les autres acteurs de la sécurité, réside dans la capacité à conserver l’ascendant sur les groupes terroristes. Pendant qu’ils gagnent la guerre, ils donnent aux pays de la région, et notamment aux Maliens, le temps nécessaire à gagner la paix.
Après les dernières attaques au Mali, on a l’impression que la guerre faite aux terroristes n’a rien réglé. Faut-il craindre un effondrement de l’Etat malien ? Allons-nous vers une Serval 2 ?
Ce n’est pas une opération militaire qui fera disparaître le terrorisme. L’action de Barkhane et de ses partenaires est essentielle pour limiter leur pouvoir de nuisance, bien sûr, mais ce qui fera disparaître le terrorisme, c’est le retour de l’activité économique, la réouverture des écoles, des hôpitaux… C’est aussi la capacité des forces de sécurité intérieure des Etats à contrôler leur territoire. Aujourd’hui, la menace reste contenue et le nouveau gouvernement malien a les cartes en main pour régler les causes de la crise. C’est à lui de gagner la paix.
Le Burkina Faso s’est révélé être un autre maillon faible du dispositif sécuritaire contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest ?
Le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs mois à une agression de groupes armés terroristes qui s’en prennent notamment aux civils, aux responsables locaux, aux instituteurs… mais qui ont aussi attaqué notre ambassade à Ouagadougou ! Le Burkina Faso se mobilise avec courage, nous en sommes témoins. Et c’est pour cela que les plus hautes autorités burkinabè ont demandé l’aide de la France, une aide opérationnelle qu’elle est prête à apporter, et qui a déjà permis à Barkhane de neutraliser des terroristes, notamment début octobre à Inata, dans le Nord.
La France n’est pas seule à combattre le terrorisme en Afrique. Elle le combat avec ses partenaires européens et surtout avec les Américains qui sont engagés sur le continent depuis une décennie dans la lutte contre le terrorisme. Quelles sont les modalités de la collaboration militaire franco-américaine ?
La lutte contre la menace terroriste en Afrique est d’abord l’affaire des Africains, et ils se mobilisent. En Afrique de l’Ouest, ils ont créé deux coalitions ad hoc pour ce faire, la Force multinationale mixte contre Boko Haram et la Force conjointe du G5 Sahel. L’action des partenaires n’est qu’un appui, important bien sûr, mais qui sera temporaire et doit donc viser d’abord à renforcer les capacités locales. La coopération entre militaires américains et français est remarquable, chacun apportant à l’autre des capacités précieuses au regard de l’immensité du théâtre et de la violence des terroristes. Nous sommes et restons engagés ensemble.
Un an après sa création en 2017 avec l’appui de la France, la force multinationale africaine G5 Sahel tarde à monter en puissance. A quoi attribuez-vous ce retard? Manque de financement? Manque de cohérence doctrinaire?
Je l’ai dit : ce qui compte in fine, c’est la capacité des forces locales à assurer seules un niveau de sécurité suffisant aux populations de la région. Le G5 n’est pas en retard. Il avance à son rythme. Certaines choses prennent du temps : c’est le cas pour créer une force moderne à partir des capacités limitées des pays du G5 qui sont déjà sous forte pression opérationnelle ; c’est aussi le cas pour transformer une annonce de soutien en véhicules blindés ou en infrastructures. Bien entendu, les délais peuvent sembler longs et chacun, au Sahel comme chez les partenaires internationaux, fait tout pour les limiter. L’essentiel est bien que le G5 se renforce et puisse opérer efficacement.
Publié le 15-11-2018 Modifié le 15-11-2018 à 15:19
En Guinée, notre confrère Mouctar Bah a été sanctionné, ce mercredi, par la Haute Autorité de la communication, après une plainte du ministère guinéen de la Défense. Cette sanction fait suite à la diffusion d’un reportage, le 8 novembre, sur les circonstances de la mort de deux jeunes gens. La direction de RFI rappelle que Mouctar Bah n’a fait que son travail et qu’il est aujourd’hui, après 30 ans de carrière, l’un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.
La FIDH condamne également l’annulation de l’accréditation de notre correspondant. La Fédération internationale des droits de l’homme dénonce un raidissement du pouvoir et demande aux autorités de rendre à Moctar Bah son accréditation dès aujourd’hui.
« Cette décision de suspendre l’accréditation de Mouctar Bah est tout à fait condamnable. Elle s’attaque à la liberté de la presse, une presse qui est reconnue pour la qualité de son travail. Manifestement, les autorités guinéennes souhaitent qu’il n’y ait pas de témoin des abus et des affrontements de part et d’autre entre forces de l’ordre et manifestants et que cette répression, car répression il y a, puisse faire aussi à huis clos. C’est un très mauvais signal qu’on s’attaque aux journalistes et à la liberté de la presse et à un journaliste reconnu pour son expérience sur le terrain depuis plus de 25 ans », estime Florent Geel, le directeur Afrique de la FIDH.
Reporter sans Frontière condamne aussi l’annulation de l’accréditation du correspondant de RFI à Conakry. Le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger, se porte garant du professionnalisme de Mouctar Bah : « Reporters sans Frontières estime que ce journaliste n’a fait que son travail en rassemblant de multiples témoignages pour rétablir les faits lors de cette soirée meurtrière du 7 novembre. Il a bien tenté de recouper ses informations à de multiples reprises pendant toute la journée qui a suivie, sans obtenir de réponse. Il a tenté de joindre à plusieurs reprises le porte-parole de l’état-major des armées, le porte-parole du ministère de la Défense, mais également l’un des porte-parole du parti au pouvoir. Il est donc difficile de lui reprocher de ne pas avoir recoupé ses informations ou d’avoir réalisé un reportage déséquilibré. Il est difficile de lui reprocher de ne pas avoir obtenu la réaction du ministère de la Défense entre 22h et minuit lors de la soirée du 7 novembre alors qu’il a passé toute sa journée du lendemain, du 8 novembre, à essayer de joindre plusieurs officiels parmi les autorités militaires et parmi les autorités civiles également ».
Publié le 15-11-2018 Modifié le 15-11-2018 à 14:42
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui recense les espèces menacées, a publié son dernier rapport et, bonne nouvelle, plusieurs animaux très menacés retrouvent des couleurs. C’est le cas, notamment, des gorilles africains. Leur population augmente grâce aux efforts de protection.
Pour l’UICN, le gorille des montagnes était auparavant considéré comme en « danger critique , il n’est plus qu’en « danger ». Si cette espèce endémique, vivant à cheval entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda, est toujours fragile, ses individus sont de plus en plus nombreux. On en a recensé 1 000 cette année, il y en avait 300 de moins il y a dix ans. Mille, c’est encore peu, mais la dynamique est positive. Le signe que la politique anti braconnage fonctionne.
Le gorille des montagnes n’est cependant pas complètement tiré d’affaire. Son habitat est relativement réduit, 800 kilomètres carrés à peine. Et surtout, il est cerné par les hommes qui défôrestent tout autour pour une agriculture intensive. L’Union internationale pour la conservation de la nature note un autre danger apporté par l’homme, les maladies. Avec Ebola en tête puisque la terrible épidémie en cours frappe également les gorilles.
S’il y a donc de l’espoir pour le gorille des montagnes, il n’est pas encore tiré d’affaire. Et malgré la bonne nouvelle, il ne s’agit que d’une seule espèce. Son proche cousin, le gorille des plaines, est lui toujours en danger critique d’extinction.