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  • Les conditions d’accĂšs aux hautes fonctions de l’Etat en RDC

    Les conditions d’accùs aux hautes fonctions de l’Etat en RDC

    -LEADERSHIP NATIONAL CONGOLAIS DE PROGRES
    Les conditions d’accùs aux hautes fonctions de l’Etat en RDC
    Que les Congolais relisent attentivement les conditions prescrites dans la constitution Ă©trangĂšre qu’ils appliquent avec zĂšle, dĂ©vouement et admiration.
    Les auteurs de la constitution Ă©trangĂšre appliquĂ©e jusqu’à ce jour en RDC connaissent trĂšs bien l’intransigeance, la fermetĂ© et la rigueur qui caractĂ©risent les conditions d’accĂšs aux hautes fonctions en gĂ©nĂ©ral et aux fonctions rĂ©galiennes en particulier dans les pays dĂ©veloppĂ©s.
    Que les Congolais lisent les constitutions de diffĂ©rents pays dĂ©veloppĂ©s, ils dĂ©couvriront qu’on ne permet pas, Ă  n’importe qui, d’accĂ©der aux hautes fonctions de l’Etat en gĂ©nĂ©ral et aux fonctions rĂ©galiennes en particulier. C’est ainsi que les pays dĂ©veloppĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral dirigĂ©s par les hommes et les femmes de progrĂšs qui font avancer leurs pays respectifs vers le progrĂšs.
    Les conditions prescrites dans la constitution Ă©trangĂšre imposĂ©e aux Congolais pour accĂ©der, en RDC, aux hautes fonctions en gĂ©nĂ©ral et aux fonctions rĂ©galiennes en particulier sont d’une lĂ©gĂšretĂ©, d’une complaisance, d’un laxisme et d’un laisser-aller fragrants et avĂ©rĂ©s et dĂ©montrent l’ampleur du mĂ©pris des auteurs de ladite constitution envers les Congolais. Les auteurs de ladite constitution considĂšrent les Congolais comme des sous-hommes, des ĂȘtres primitifs et archaĂŻques.
    En outre, ils ont étalé leur volonté de maintenir éternellement la RDC dans le sous- développement, de voir ce pays se plonger indéfiniment dans la tragédie, la déchéance et la dégénérescence et de reculer de plus en plus vers la Préhistoire.
    L’application de ladite constitution jusqu’à ce jour par les Congolais donne raison Ă  ceux qui ont le mĂ©pris envers les Congolais et renforce ce mĂ©pris. MalgrĂ© tous leurs bruits, tous leurs discours, toutes leurs agitations, les Congolais ne cessent de dĂ©montrer la mĂ©diocritĂ© de l’Elite congolaise3; le rejet de la libertĂ© et de la dignitĂ© humaine, leur fiertĂ© d’ĂȘtre des esclaves et leur aspiration, leur appĂ©tit, leur rĂȘve et leur envie de demeurer Ă©ternellement, eux et leurs enfants, des esclaves.
    Nous rappelons Ă  nos Compatriotes que la constitution3est la3loi3suprĂȘme de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. C’est de cette loi fondamentale que toutes les lois tirent leur substance. Aucune loi ne peut ĂȘtre contraire Ă  la Constitution, et donc ne peut s’opposer Ă  elle ou rĂ©duire sa portĂ©e.
    Ce document dĂ©finit le type de sociĂ©tĂ© organisĂ©e dans le pays, les symboles qui distinguent le pays des autres pays, tels que le3drapeau, l’hymne national, la devise ou la monnaie3nationale, la forme de l’État (fĂ©dĂ©ral ou unitaire), le rĂ©gime politique, le mode de scrutin au niveau national et provincial, et la responsabilitĂ© et le fonctionnement de la justice et des institutions.
    Le problĂšme de l’application d’une constitution Ă©trangĂšre dans un pays qui se dit indĂ©pendant et souverain nous paraĂźt d’une importance si cruciale et si vitale que nous nous permettons encore une fois de publier, pour la niĂšme fois, en piĂšce jointe, l’analyse critique globale de la constitution Ă©trangĂšre appliquĂ©e jusqu’à ce jour en RDC.
    Ici, nous singularisons particuliùrement l’analyse critique de ladite constitution sur les conditions d’accùs aux Hautes fonctions en RDC:
    1. L’absence d’exigence quant Ă  la qualification pour ĂȘtre PrĂ©sident de la RĂ©publique et Haut Fonctionnaire de l’Etat
    L’actuelle constitution est muette quant Ă  la qualification mĂȘme minimale que devraient justifier les candidats Ă  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, au poste de Premier Ministre et des Ministres ainsi qu’aux fonctions de dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs.
    Par qualification, nous entendons notamment le niveau d’études requises et l’expĂ©rience professionnelle.                                                          De tels Ă©lĂ©ments sont d’importance capitale pour comprendre les problĂšmes de gestion d’un Etat moderne et bien gĂ©rer l’Etat, et devraient figurer dans la constitution.
    Cette constitution a Ă©tĂ© taillĂ©e sur mesure de «Joseph Kabila» et d’autre ex belligĂ©rants qui veulent se maintenir Ă  des hauts postes de responsabilitĂ© politique. Car croit-on vraiment et de bonne foi, que tout Congolais, sans un minimum acceptable d’un certain niveau d’études ni d’expĂ©rience professionnelle, “ñgĂ© de 30 ans au moins” (art. 72) est apte Ă  remplir avec compĂ©tence, dignitĂ© et honneur les fonctions de PrĂ©sident de la RĂ©publique ou de Chef de gouvernement d’un grand pays comme la RDC de demain et relever tant de dĂ©fis importants avant mĂȘme de redĂ©marrer ?
    La bonne conduite des affaires de l’Etat, Ă  quelque niveau que ce soit, requiert des capacitĂ©s intellectuelles que ne peuvent confĂ©rer que les Ă©tudes et l’expĂ©rience positive suffisamment longue dans l’exercice d’une fonction de responsabilitĂ©. On ne doit pas commencer Ă  apprendre le rudiment de l’essentiel des rouges de l’Etat au moment oĂč on est appelĂ© Ă  assumer des charges d’Etat.
    Nous verrons plus loin (au point 6) le Profil dĂ©fini par la ConfĂ©rence Nationale Souveraine pour ceux qui doivent assumer de hautes fonctions au sein des Institutions de l’Etat Congolais.
    Pourquoi ne pas s’inspirer de ce Profil?                                                                                                                                                                            L’actuelle constitution est un vĂ©ritable recul par rapport au Profil issu de la ConfĂ©rence Nationale Souveraine.
    2. Absence d’affirmation des rĂšgles et des valeurs Ă©thiques et morales
    L’actuelle constitution ne consacre pas la nĂ©cessitĂ© pour les principaux dirigeants (PrĂ©sident de la RĂ©publique, Premier Ministre, Ministres, DĂ©putĂ©s, SĂ©nateurs) de justifier qu’ils ont des valeurs Ă©thiques et morales pour prĂ©tendre assurer leurs charges respectables.
    Les valeurs morales telles que l’honnĂȘtetĂ©, la volontĂ©, le courage, l’équitĂ©, l’intĂ©gritĂ© morale, l’abnĂ©gation, le sens de l’Etat et de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
 ne sont pas proclamĂ©es de façon explicite dans l’actuel projet de constitution alors que ce sont les valeurs qui permettent Ă  ceux qui les cultivent de transcender les intĂ©rĂȘts personnels ou partisans et de privilĂ©gier, en toute circonstance, l’intĂ©rĂȘt de la nation entendue comme une entitĂ© qui devrait ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  tout ce qui est extĂ©rieur et Ă  tout ce qui dĂ©passe les ethnies ou groupes qui la composent.
    Sans l’intĂ©gritĂ© morale et l’honnĂȘtetĂ©, les personnes peuvent dĂ©tourner les biens de l’Etat, dissimuler leur patrimoine avant, pendant et aprĂšs leur mandat
. Le courage et la volontĂ© devront animer les futurs dirigeants de la RDC, car tout est Ă  refaire dans l’ensemble du pays et les ressources nationales sont limitĂ©es.
    3. Profil dĂ©fini par la ConfĂ©rence Nationale Souveraine (7 aoĂ»t 1991-6 dĂ©cembre 1992) pour prĂ©tendre Ă  de fautes fonctions dans les Institutions de l’Etat au Congo/Kinshasa
    C’est le profil dĂ©fini par la Commission d’Ethique de la CNS et adoptĂ© en PlĂ©niĂšre de ce plus Grand Forum des nĂ©gociations politiques nationales auxquelles avaient participĂ© les 2850 DĂ©lĂ©guĂ©s reprĂ©sentant l’ensemble de la SociĂ©tĂ© Congolaise
    1. Transition :
    a) CritÚres généraux :
    – Être de nationalitĂ© congolaise ;
    – Être nationaliste ;
    – Être de bonne santĂ© physique et mentale ;
    – Être de notoriĂ©tĂ© publique et crĂ©dible, intĂšgre et de bonne moralitĂ© ;
    – Être compĂ©tent ;
    – N’ĂȘtre pas impliquĂ© dans des assassinats ou des crimes politiques et Ă©conomiques ;
    b) CritÚres spécifiques :
    1) Premier Ministre :
    – Être ĂągĂ© d’au moins 40 ans ;
    – Être un vĂ©ritable dĂ©mocrate ;
    – Avoir une compĂ©tence appuyĂ©e d’une instruction suffisante cumulĂ©e avec une expĂ©rience professionnelle d’au moins dix ans dans des postes de responsabilitĂ©
    2) Membres du Gouvernement:
    – Être ĂągĂ© d’au moins 35 ans ;
    – Avoir une compĂ©tence appuyĂ©e d’une instruction suffisante cumulĂ©e avec une
    expĂ©rience professionnelle d’au moins dix ans ;
    – Membres du Parlement de Transition :
    – Être ĂągĂ© d’au moins 35 ans ;
    – Avoir une compĂ©tence appuyĂ©e d’une instruction suffisante ou une expĂ©rience professionnelle d’au moins dix ans.
    2. TroisiÚme République
    a) CritÚres généraux :
    – Être patriote ;
    – Être de moralitĂ© Ă©prouvĂ©e ;
    – Être compĂ©tent ;
    – Être crĂ©dible, honorable et intĂšgre ;
    – Avoir le sens de la responsabilitĂ© ;
    – Avoir le sens de la dignitĂ© ;
    – Avoir le sens de l’Etat de droit ;
    – Avoir le sens de l’honneur et du devoir ;
    – Avoir le sens du bien commun ;
    – Avoir l’esprit d’initiative, de justice, d’altruiste, de solidaritĂ© ;
    – N’ĂȘtre pas impliquĂ© dans des assassinats ou des crimes politiques et Ă©conomiques.
    b) CritÚres spécifiques pour les hautes fonctions tenant à un mandat public ou électif :
    – Être de nationalitĂ© congolaise d’origine ;
    – Être d’une intĂ©gritĂ© morale Ă©prouvĂ©e ;
    – Jouir de toutes ses capacitĂ©s physiques et mentales ;
    – Avoir une compĂ©tence appuyĂ©e d’une formation intellectuelle Ă©prouvĂ©e et/ou d’une expĂ©rience professionnelle suffisante.
    Cfr. : Commission d’Ethique de la CNS

    On voit, Ă  travers ces exigences, que la CNS a rejetĂ© la mĂ©diocritĂ©, l’accĂšs trop facile aux hautes fonctions de l’Etat et aux fonctions rĂ©galiennes par des maffieux, des criminels, des fossoyeurs de l’Etat, des affameurs, bourreaux et assassins du peuple, aux pilleurs des caisses de l’Etat et aux prĂ©dateurs des ressources naturelles de notre pays. La CNS s’est montrĂ©e attachĂ©e Ă  la qualitĂ©, Ă  la mĂ©ritocratie, Ă  l’exemplaritĂ©, Ă  l’excellence, au professionnalisme, Ă  l’expertise, Ă  la performance, aux valeurs morales, Ă  la crĂ©dibilitĂ©, Ă  la notabilitĂ©, Ă  la maĂźtrise des dossiers, Ă  l’expĂ©rience positive, au bilan politique et Ă©conomique passĂ© des Candidats aux fonctions de l’Etat…

    Pourquoi continuons-nous Ă  appliquer une constitution Ă©trangĂšre et qui contient de telles lacunes et laissons-nous l’hĂ©ritage d’une si grande valeur lĂ©guĂ© Ă  toute la SociĂ©tĂ© congolaise, prĂ©sente et future, par les 2850 DĂ©lĂ©guĂ©s Ă  la CNS, les ReprĂ©sentants de toute la SociĂ©tĂ© congolaise (chefs coutumiers, commerçants, leaders de tous les partis politiques, leaders de toutes les organisations de la SociĂ©tĂ© civile, leaders des confessions religieuses, leaders des organisations socioprofessionnelles, leaders des Ă©tudiants, leaders des mouvements fĂ©minins, professeurs d’université . ?

    Il faut protĂ©ger la souverainetĂ© nationale et l’IntĂ©rĂȘt SuprĂȘme de notre pays. Il faut s’assurer du fait que les personnes qui accĂšdent aux hautes fonctions de l’Etat et aux fonctions rĂ©galiennes ne soient pas dĂ©chirĂ© entre les intĂ©rĂȘts de deux pays et soient exposĂ©s Ă  la tentation de trahir les intĂ©rĂȘts vitaux de notre peuple et de notre pays. Il faut que ces personnes soient, en principe, d’une loyautĂ© totale envers notre pays et envers notre peuple. Il faut donc verrouiller l’accĂšs Ă  la fonction du PrĂ©sident de la RĂ©publique et aux fonctions rĂ©galiennes.

    Mais, il ne suffit pas seulement d’ĂȘtre de mĂšre et de pĂšre congolais pour accĂ©der Ă  la fonction du PrĂ©sident de la RĂ©publique et aux fonctions rĂ©galiennes, il faut encore correspondre au profil dĂ©fini par le peuple Ă  travers les 2850 DĂ©lĂ©guĂ©s Ă  la ConfĂ©rence Nationale Souveraine (CNS, 7 aoĂ»t 1991-6 dĂ©cembre 1992) et ĂȘtre Ă  la hauteur de la tĂąche.

    Fait le 08 07 2021.

    Pour le Leadership National Congolais de ProgrĂšs

    Dr François Tshipamba Mpuila

    GSM et WhatsAAp : +32-493-325-104

    E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr

  • L’ONU fait sortir le rapport Mapping de ses tiroirs

    L’ONU fait sortir le rapport Mapping de ses tiroirs

    -VilipendĂ© par le Rwanda, qui le considĂšre comme une autre maniĂšre de poursuivre la guerre et de discrĂ©diter le FPR qui a mis fin au gĂ©nocide, citĂ© Ă  chaque intervention par le Docteur Mukwege qui, au nom des victimes, rĂ©clame la fin de l’impunitĂ© et la mise en place de tribunaux mixtes, le « rapport Mapping » semble bien « sorti des tiroirs » oĂč les Nations Unies l’avaient enfermĂ© depuis dix ans.
    L’histoire de ce document controversĂ© remonte Ă  2010, lorsque le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, basĂ© Ă  GenĂšve et dont le coordinateur Ă  Kinshasa Ă©tait un Belge, Luc Henkinbrant, met en chantier un projet ambitieux : documenter les massacres, les crimes de guerre et les Ă©ventuels crimes de gĂ©nocide commis au Congo entre 1993 et 2003. Une pĂ©riode qui commence dans les derniĂšres annĂ©es du rĂ©gime Mobutu, mais ne couvre pas le dĂ©but des annĂ©es 90, oĂč les KasaĂŻens vivant au Katanga ont Ă©tĂ© l’objet d’une vĂ©ritable Ă©puration ethnique et oĂč des pillages menĂ©s par les militaires de Mobutu ont dĂ©vastĂ© Kinshasa. La pĂ©riode examinĂ©e par les enquĂȘteurs concerne surtout sur la pĂ©riode durant laquelle le Congo fut victime de deux guerres menĂ©es au dĂ©part des pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda, rejoints par d’autres pays africains (l’Angola, le Zimbabwe, le Burundi
)neuf armĂ©es Ă©trangĂšres s’étant finalement retrouvĂ©es en territoire congolais.
    Rappelons que la premiĂšre guerre du Congo avait Ă©clatĂ© au Kivu en octobre 1996 : deux millions de rĂ©fugiĂ©s hutus encadrĂ©s par les auteurs du gĂ©nocide et l’ancienne armĂ©e d’Habyarimana avaient fui le Rwanda Ă  la faveur de l’opĂ©ration française Turquoise. Enfreignant le droit international en la matiĂšre, le Haut Commissariat aux rĂ©fugiĂ©s avait laissĂ©s les civils, mais aussi les militaires et les miliciens Interhahamwe s’installer au Kivu, dans des camps proches de la frontiĂšre rwandaise et qui allaient rapidement se militariser. Soutenus par l’aide humanitaire et encadrĂ©s par les extrĂ©mistes, les rĂ©fugiĂ©s hutus prĂ©paraient un retour offensif dans leur pays. L’inaction de la communautĂ© internationale dĂ©cida le Rwanda, avec son alliĂ© ougandais, Ă  passer Ă  l’offensive. Le Kivu, puis le reste du Congo, furent envahis par un mouvement rebelle, l’AFDL, (Alliance des forces dĂ©mocratiques pour la libĂ©ration) qui finit par chasser Mobutu le 17 mai 1917 et par installer au pouvoir Laurent DĂ©sirĂ© Kabila. Au cours de cette avancĂ©e Ă  l’intĂ©rieur du Congo, les rĂ©fugiĂ©s hutus qui avaient refusĂ© de rentrer dans leur pays et qui restaient sous la coupe des anciennes autoritĂ©s gĂ©nocidaires furent impitoyablement poursuivis ; l’avancĂ©e des troupes rebelles fut marquĂ©e par de nombreux massacres (Tingi Tingi, Biaro, Lubutu, Kisangani, Mbandaka
) dont les principales victimes furent des civils rwandais, placĂ©s en premiĂšre ligne par les combattants et servant de « boucliers humains ». Des civils congolais furent Ă©galement tuĂ©s en grand nombre par les assaillants qui ne faisaient pas le dĂ©tail et les accusaient d’avoir soutenu les Hutus en dĂ©bandade. Si la plupart des rĂ©fugiĂ©s hutus finirent par regagner le Rwanda oĂč ils comparurent devant les tribunaux « gaçaça », plus de 200.000 fuyards furent portĂ©s disparus, en cavale dans les forĂȘts congolaises ou ayant succombĂ© aux attaques et aux maladies.
    En 2007, le prĂ©sident congolais Joseph Kabila, qui venait d’ĂȘtre Ă©lu donna son feu vert Ă  l’enquĂȘte onusienne. Vingt enquĂȘteurs indĂ©pendants se mirent alors au travail, dix ans aprĂšs les faits. Durant presque une annĂ©e, ils se reposĂšrent sur les tĂ©moignages et les rapports des ONG internationales qui avaient accompagnĂ© l’exode des rĂ©fugiĂ©s Ă  travers le Congo, sur le travail dĂ©jĂ  menĂ© par un premier enquĂȘteur onusien Robert Gersony, sur les documents d’une valeur diverse rassemblĂ©s par des dizaines d’ ONG congolaises prĂ©sentes sur le terrain mais souvent trĂšs hostiles au Rwanda, considĂ©rĂ© comme un envahisseur. Les enquĂȘteurs de l’ONU interrogĂšrent plus de 1200 tĂ©moins de ces violences.
    Avant mĂȘme sa parution, le rapport fut vilipendĂ© par Kigali, qui considĂ©rait que ce document, plus qu’une simple compilation de crimes de guerre, avait pour objectif cachĂ© d’accrĂ©diter la thĂšse du « double gĂ©nocide », celui des Hutus et des Congolais. Aux yeux du pouvoir rwandais, cette thĂšse du « double gĂ©nocide », toujours rĂ©pandue dans le Congo d’aujourd’hui, relativisait la tentative d’extermination des Tutsis du Rwanda et occultait la complicitĂ© d’une France qui avait soutenu jusqu’au bout le pouvoir gĂ©nocidaire.
    A la veille de sa sortie -que des pressions politiques rendaient incertaine- le rapport fut opportunĂ©ment publiĂ© dans les colonnes du quotidien Le Monde. Lors de sa publication le 1er octobre 2010, le Rwanda, qualifia ce document d’ « outrancier et prĂ©judiciable » et Kigali menaça les Nations unies de retirer immĂ©diatement ses 3500 Casques bleus qui se trouvaient au Soudan.
    La premiĂšre phase de la guerre diplomatique fut remportĂ©e par Kigali et le rapport, truffĂ© de conditionnels et d’assertions non vĂ©rifiables, fut jugĂ© inutilisable sur le plan judiciaire. Le document fut cependant publiĂ©, mais les noms des auteurs prĂ©sumĂ©s des crimes demeurĂšrent confidentiels. Et pour cause : non seulement Kigali, avec l’appui des AmĂ©ricains, exerçait une forte pression sur l’ONU, mais, Ă  la faveur des accords de paix de Sun City, conclus en 2002 et soutenus par la communautĂ© internationale, nombreux Ă©taient les officiers responsables des crimes de guerre et issus des mouvements rebelles pro rwandais qui avaient Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e congolaise. Leur impunitĂ© avait en quelque sorte Ă©tĂ© le prix de la paix, la contrepartie du dĂ©part des armĂ©es Ă©trangĂšres et de la rĂ©unification d’un Congo jusque lĂ  occupĂ© et divisĂ©. Vingt ans plus tard, des postes clĂ©s au sein de l’armĂ©e congolaise sont toujours dĂ©tenus par des hommes comme Gabriel Amisi Kumba dit Tango Fort, inspecteur gĂ©nĂ©ral des forces armĂ©es aprĂšs avoir Ă©tĂ© chef d’état major gĂ©nĂ©ral, et qui avait participĂ© Ă  la guerre de Kisangani en 2000. Cette intĂ©gration de criminels de guerre au sein de l’armĂ©e dĂ©coule toujours de la logique de ces accords de paix qui furent, Ă  l’époque, appuyĂ©s par la communautĂ© internationale
 Par la suite, de nombreux officiers, Tutsis congolais ou d’origine rwandaise, intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e congolaise, comme Laurent Nkunda, (qui vit au Rwanda) Bosco Ntaganda, (actuellement entre les mains du Tribunal pĂ©nal international), Sultani Makenga, chef du M23 et qui est rĂ©fugiĂ© en Ouganda, prirent les armes avec l’appui de Kigali et endeuillĂšrent une fois encore l’Est du Congo

    RĂ©vĂ©lateur de massacres passĂ©s sous silence, utilisĂ© comme instrument de la « guerre de basse intensitĂ© » et de dĂ©nigrement longtemps poursuivie par la France Ă  l’encontre du Rwanda et renforçant l’hypothĂšse d’un double gĂ©nocide, le rapport Mapping a refait surface grĂące au plaidoyer du Docteur Mukwege, soutenu par un Luc Henkinbrant dĂ©sormais retraitĂ© de l’ONU. Sorti de l’oubli, le document rencontre un succĂšs croissant au sein de l’opinion congolaise qui exige que la justice internationale se saisisse du document et mette fin Ă  l’impunitĂ©. Est-il besoin de prĂ©ciser qu’aprĂšs la clĂŽture du rapport en 2003, bien d’autres crimes ont encore Ă©tĂ© commis et que les groupes armĂ©s se sont multipliĂ©s, mis au service des ambitions de politiciens congolais


  • Du projet de loi Tshiani :Diaspora s’invite dans ce Debat public-Emery (UDPS) Vs Aggee (Activiste)

    Du projet de loi Tshiani :Diaspora s’invite dans ce Debat public-Emery (UDPS) Vs Aggee (Activiste)

    Debat Public sur la loi Tshiani : Verrouillage des fonctions de souverainetĂ© ou tactique d’exclusion?
    Le microcosme politique congolais est toujours dominé par le débat sur une proposition de loi TSHIANI visant à renforcer les fonctions de souveraineté.
    Dr NoĂ«l Tshiani est une personnalitĂ© publique qui exprime assez rĂ©guliĂšrement ses opinions sur la situation politique et gĂ©nĂ©rale de la RDC. Ses diffĂ©rentes positions sont du reste assumĂ©es. C’est un Ă©minent Ă©conomiste qui a ƓuvrĂ© dans la haute finance internationale. Son identitĂ© et son parcours sont vĂ©rifiables.

    C’est un homme courageux qui ose repousser ses limites. Ainsi aprĂšs avoir Ă©tĂ© candidat malheureux aux Ă©lections prĂ©sidentielles de 2018, l’homme n’a pas disparu des radars. Il est restĂ© prĂ©sent sur la scĂšne politique, menant dĂ©bat aprĂšs dĂ©bat, etc.

    Ce qui nous intĂ©resse aujourd’hui est la question qu’il inscrit dans le dĂ©bat public Ă  savoir son initiative lĂ©gislative sur la nationalitĂ© congolaise. Cependant une prĂ©cision s’impose, Ă  ce stade des dĂ©bats. En effet, il est Ă  noter qu’une initiative de loi Ă©manant du gouvernement s’appelle projet de loi tandis que celle Ă©manant d’un parlementaire est appelĂ©e proposition de loi. Dans le cas d’espĂšce, on ne peut parler de projet de loi TSHIANI car Mr NoĂ«l TSHIANI ne fait pas partie de l’exĂ©cutif congolais.
    Le microcosme politique congolais est toujours dominé par le débat sur une proposition de loi TSHIANI visant à renforcer les fonctions de souveraineté.

    Depuis un peu plus de vingt ans, le personnel politique congolais Ă©lude ce dĂ©bat pĂ©rilleux. Beaucoup de politiques congolais se sont dĂ©filĂ©s face Ă  leur responsabilitĂ© dans ce dĂ©bat difficile. Ce dĂ©bat touche Ă  un combat que les vrais Congolais mĂšnent depuis de trĂšs longues annĂ©es. Il se trouve aujourd’hui qu’un politique congolais prend le taureau par les cornes et relance ce dĂ©bat pour rĂ©soudre cette question de nationalitĂ© congolaise. C’est Ă  son honneur. Il a le mĂ©rite d’inscrire Ă  l’agenda politique cette dĂ©licate et difficile question. Cela est Ă  saluer. De ce point de vue, je salue le courage de Mr NoĂ«l TSHIANI.

  • comment le TP Mazembe est devenu un gĂ©ant du football en Afrique

    comment le TP Mazembe est devenu un géant du football en Afrique

    charles-musonda-nomme-selectionneur-adjoint-du-tp-mazembe-Le TP Mazembe affrontera ce samedi, Ă  Lubumbashi, un autre mastodonte du football, le Zamalek SC (Égypte). Retour sur la trajectoire le club congolais qui s’est hissĂ©, au cours de ses 80 annĂ©es d’existence, parmi les meilleurs d’Afrique.

    Les supporters des Corbeaux s’en donneront Ă  coeur joie. L’occasion ? Un match de Ligue des Champions à
 Lubumbashi samedi 30 novembre. Le TP Mazembe affrontera ce jour-lĂ  un autre grand d’Afrique, le Zamalek SC (Égypte), qui dĂ©tient lui aussi cinq titres remportĂ©s dans cette compĂ©tition.

    Alors que le TP Mazembe fĂȘte son 80e anniversaire, l’affiche entre les deux mastodontes est la meilleure des publicitĂ©s. MoĂŻse Katumbi, s’il ne boude pas son plaisir lorsque son club remporte le championnat de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) aux dĂ©pens de l’AS Vita Club et du DC Motema Pembe, le chairman vibre surtout pour la Ligue des Champions.

    Cinq Ligues des Champions

    Quand MoĂŻse Katumbi est nĂ©, en 1964, la Ligue des Champions Ă©tait alors appelĂ©e Coupe des clubs champions. En 1967, le TP Mazembe Ă©jecte de la plus haute marche du podium les GhanĂ©ens de l’Asante Kotoko (1-1, 2-2) et en 1968, il ravit la victoire aux Togolais de l’Etoile Filante de LomĂ© (5-0, 1-4).

    Ensuite, pendant plus de trente ans, le club se contentera de quelques « sucreries ». plusieurs titres nationaux (sept championnats, trois coupes), et une victoire en Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe en 1980, une compĂ©tition aujourd’hui dĂ©funte, viendront rassasier les fans des Corbeaux.

    Quand le Français Diego Garzitto accepte de s’engager avec Mazembe en 2003, le club vivote. « J’avais rencontrĂ© Katumbi , qui avait repris le club en 1997, Ă  Bruxelles, oĂč il Ă©tait dĂ©jĂ  en exil. On sentait qu’il avait de l’ambition, mais pas beaucoup de moyens. Cependant, il voyait Ă  long terme, il savait qu’il lui faudrait du temps ».

    À Lubumbashi, Garzitto gagne alors 4 000 euros, et les joueurs rarement plus de 400 ou 500 euros. Les structures d’entraĂźnement sont quasi inexistantes, les Ă©quipements pour les joueurs rares et prĂ©cieux. « Je suis restĂ© un an. Quand Katumbi m’a demandĂ© de revenir, en 2008, les choses avaient changé », poursuit-il.

    Évolution

    Le Boss est sur place, et les moyens augmentent. Garzitto empoche « trois ou quatre fois plus qu’en 2003 », les joueurs touchent des salaires trĂšs confortables. « Ce n’était pas encore l’opulence, mais ce n’était plus comparable. On voyait qu’il y avait eu du travail, que le prĂ©sident mettait de l’argent dans le club. Lors de mon premier passage, on avait recrutĂ© certains jeunes joueurs. Cinq ans plus tard, la plupart Ă©tait toujours lĂ , avec de l’expĂ©rience en plus ».

    Et 31 ans aprĂšs la conquĂȘte de la derniĂšre Ligue des Champions, le TP Mazembe se rĂ©installe sur le toit de l’Afrique, face aux NigĂ©rians de Heartland FC (1-2, 1-0).

    Kidiaba, Mputu, Mihayo (l’actuel entraĂźneur) ou Kaluyituka rejoignent leurs aĂźnĂ©s Kalala, Tshinabu, Nyembo ou Saidi, au rang des hĂ©ros locaux.

    La nouvelle histoire des Corbeaux est en marche, et Katumbi poursuit son entreprise de consolidation d’un Ă©difice adulĂ©, dĂ©testĂ© ou enviĂ©.

    En 2010, les Congolais conservent leur titre contre l’EspĂ©rance Tunis (5-0, 1-1) et atteignent quelques semaines plus tard la finale de la Coupe du Monde des clubs Ă  Abu Dhabi, oĂč l’Inter Milan d’un certain Samuel Eto’o, buteur ce jour-lĂ , fracasse les rĂȘves des Africains (3-0).

    Culture du succĂšs

    La dĂ©cennie qui s’ouvre consacre le TP Mazembe au niveau continental. ArrivĂ© en 2013, Patrice Carteron, qui restera Ă  Lubumbashi jusqu’en dĂ©cembre 2015, a Ă©tĂ© Ă  la fois un acteur actif et un observateur attentif de l’évolution du club subsaharien le plus titrĂ© sur la scĂšne africaine.

    « Il y a une culture du succĂšs. Pour beaucoup de Congolais, Katumbi est un exemple de rĂ©ussite, dans un pays immense, oĂč il y a Ă  la fois d’énormes richesses et une grande pauvretĂ©. Faire du TP Mazembe une formation capable de rivaliser avec les Ă©quipes d’Afrique du Nord, ce n’était pas gagnĂ©. On sent que c’est un club respectĂ©. Le fait d’arriver dans un avion privĂ©, aux couleurs du club, ça en impose. Quand on voyageait en RDC, moi qui n’ai jamais voulu me mĂȘler de politique interne, j’ai quand mĂȘme compris que le TP Mazembe, au moins Ă  l’époque de Joseph Kabila, Ă©tait perçu comme le club de l’opposition, en raison de la personnalitĂ© de son prĂ©sident, et qu’on lui mettait parfois des bĂątons dans les roues, car ses victoires gĂȘnaient », explique le Français, qui a remportĂ© la derniĂšre Ligue des Champions des Corbeaux en 2015 (2-1, 2-0 face Ă  l’USM Alger).

    « Il a construit un stade de 20 000 places, et a annoncĂ© qu’il allait en faire un nouveau de 50 000. L’effectif dispose d’un centre d’entraĂźnement moderne, il y a une acadĂ©mie qui fonctionne bien. Ce qu’il a rĂ©ussi Ă  faire en si peu de temps, doter le TPM de structures comparables Ă  celles d’un bon club europĂ©en, nouer des partenariats avec Anderlecht ou Clermont Foot, cela prouve qu’il y a une vision.»

    « Le TP Mazembe doit ĂȘtre un exemple »

    Pendant l’exil europĂ©en de MoĂŻse Katumbi, les Corbeaux ont tout de mĂȘme gagnĂ© deux fois la Coupe de la CAF (2016, 2017) et le championnat national Ă  trois reprises (2016, 2017, 2019).

    Le budget (entre 7 et 8 M€ selon certaines sources) n’est plus aussi Ă©levĂ© qu’avant son dĂ©part forcĂ©, mais le train de vie du club est assurĂ©. Les joueurs perçoivent des salaires trĂšs confortables, pouvant grimper jusqu’à 15 000 ou 20 000 euros, et les primes sont parfois gĂ©nĂ©reuses.

    « Katumbi est un prĂ©sident trĂšs prĂ©sent, mais qui, contrairement Ă  d’autres, connaĂźt bien le football. On pouvait ne pas ĂȘtre d’accord, mais il n’a jamais cherchĂ© Ă  m’imposer des joueurs », ajoute Carteron.

    Aujourd’hui, le TP Mazembe « devrait ĂȘtre pris comme exemple par d’autres clubs subsahariens, ce qui favoriserait le dĂ©veloppement du football en Afrique. C’est une fiertĂ© pour les Congolais qu’il soit au niveau oĂč il est et qu’il soit devenu un fleuron sur le continent », conclut Constant Omari, le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration Congolaise de Football (FECOFA).

    Avec JA

  • La coalition Tshisekedi – Kabila : duo ou duel au sommet de l’Etat en Rd Congo ?

    La coalition Tshisekedi – Kabila : duo ou duel au sommet de l’Etat en Rd Congo ?

    Par Martin MULUMBA, docteur en roit public et chercheur Ă  l’UniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne.

    -La coalition entre le Front Commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le Changement (CACH) au pouvoir en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo depuis un an semblait ĂȘtre un moindre mal pour sortir le pays de l’agitation politique au lendemain d’un processus Ă©lectoral controversĂ©. Mais quelques mois ont suffi pour constater que ce qui est souvent prĂ©sentĂ© comme un duo, rĂ©sultat de la volontĂ© du peuple congolais, s’avĂšre ĂȘtre un vĂ©ritable duel entre les deux alliĂ©s.

    Non seulement cette alliance inĂ©dite est fondĂ©e sur une mĂ©fiance rĂ©ciproque de ses acteurs, mais elle rĂ©vĂšle aussi, par leur comportement, qu’elle est totalement dĂ©pourvue d’un objectif commun, ce qui constitue un caillou dans les chaussures prĂ©sidentielles !

    Car, s’il est vrai que les partisans de Felix Tshisekedi se battent pour la rĂ©ussite du quinquennat, on constate que les membres du FCC de Joseph Kabila s’organisent sĂ©rieusement pour reconquĂ©rir le pouvoir en 2023, un combat logique en dĂ©mocratie, mais qui ne rend pas la tĂąche facile Ă  FĂ©lix Tshisekedi, minoritaire dans les deux Chambres du Parlement.

    Celui-ci s’est-il tirĂ© une balle dans le pied en faisant le choix d’une coalition au lieu d’une cohabitation ? Cette situation d’un PrĂ©sident venant de l’opposition et d’une majoritĂ© parlementaire acquise au PrĂ©sident sortant alors que les deux Ă©lections avaient eu lieu le mĂȘme jour reflĂšte-t-elle rĂ©ellement la volontĂ© du peuple congolais ou s’agit-il seulement des consĂ©quences d’une Commission Ă©lectorale dĂ©pourvue de toute indĂ©pendance ? !

    Lors d’un meeting public le 20 dĂ©cembre dernier Ă  Kananga (KasaĂŻ central), le premier vice-prĂ©sident de l’assemblĂ©e nationale et haut cadre du parti prĂ©sidentiel UDPS, Jean Marc Kabund, a affirmĂ© devant les militants que les cadres du FCC monteraient des stratĂ©gies pour empĂȘcher FĂ©lix Tshisekedi de rĂ©ussir son quinquennat. Le prĂ©sident de l’UDPS a ajoutĂ© qu’il existait une rĂ©elle crise confiance au sein de ladite coalition. M. Kabund a non seulement accusĂ© le FCC de ne pas ĂȘtre sincĂšre envers eux, mais il a aussi promis aux militants de lancer un mot d’ordre dans les prochains jours, si ces manƓuvres continuent.

    Les partisans de Joseph Kabila condamnent cette provocation d’un proche de FĂ©lix Tshisekedi; ils accusent Jean-Marc Kabund d’une arrogance injustifiĂ©e et de non-respect d’un accord de paix, tout en promettant Ă  leur tour des actions s’il n’était pas sanctionnĂ© par CACH.

    Voilà le décor planté pour un véritable duel institutionnel et une preuve de la fragilité de cette alliance politique, que certains avaient qualifiée de contre-nature. Cela nourrit chaque jour davantage les inquiétudes du public.

    Fallait-il Ă©viter le piĂšge de la coalition et accepter une cohabitation pour ĂȘtre indĂ©pendant, voire mĂȘme un arbitre impartial qui incarne le destin de la Nation?

    Sans majoritĂ© propre au Parlement, le nouveau PrĂ©sident n’était pas dans une situation favorable. Deux choix s’offraient Ă  lui: soit une cohabitation, source d’une querelle permanente, soit une coalition, dont l’avenir n’était pas garanti. Il a fait le choix difficile et inattendu d’une coalition avec le PrĂ©sident sortant. Aujourd’hui, on constate que FĂ©lix Tshisekedi se retrouve devant un fait accompli. Il lui faut un courage exceptionnel et une main qui ne tremble pas pour surmonter ce qui apparait comme un obstacle sur son chemin de la construction de l’Etat de droit dĂ©mocratique. Peut-il avoir ce courage et le dĂ©clic qui lui permettront de faire de l’annĂ©e 2020 celle de l’action et sortir de toutes les promesses qui risquent de faire de lui un PĂšre NoĂ«l toujours Ă  la recherche d’un traineau ?

    Avec une majoritĂ© parlementaire qui ne joue pas clairement le jeu, il est sera difficile mais non impossible au prĂ©sident Tshisekedi de construire l’Etat de droit qu’il ne cesse de promettre, car bien que dĂ©terminĂ©, on ne voit pas comment le chef de l’Etat congolais va faire accepter certaines choses Ă  ceux qui s’organisent dĂ©jĂ  pour reconquĂ©rir le pouvoir et qui ne souhaitent pas voir leur concurrent muni d’un bilan dĂ©fendable. Une situation qui interroge mĂȘme sur l’insĂ©curitĂ© persistante Ă  l’est du pays: n’est-elle pas alimentĂ©e par ceux qui veulent l’échec de l’actuel PrĂ©sident ou rĂ©sulte-t-elle d’une absence de stratĂ©gie dans le camp du PrĂ©sident lui-mĂȘme ?

    La dissolution de l’AssemblĂ©e nationale est-elle la solution qui s’offre dĂ©sormais Ă  FĂ©lix Tshisekedi pour sortir de cette ambiguĂŻtĂ©?

    MĂȘme s’il est vrai qu’il s’agit d’une expĂ©rience inĂ©dite en RDC et qu’il faut du temps pour que les habitudes prennent ou que la confiance s’installe, il est aussi vrai qu’avec deux alliĂ©s qui se combattent sans se le dire en face, le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi risque de terminer son quinquennat avec un bilan de seules promesses, ce qui ferait de sa vision du « peuple d’abord » un simple slogan sans lendemain.

    En politique, la bonne foi se prouve et ne se prĂ©sume pas. Les propos tenus par les membres de cette alliance dĂ©montrent clairement qu’elle est dĂ©pourvue de tout fondement solide et qu’il est difficile d’en espĂ©rer grand-chose.

    Selon la Constitution congolaise, le chef de l’Etat peut dissoudre l’AssemblĂ©e nationale Ă  la condition qu’il existe une crise persistante entre le gouvernement et le parlement, une crise que le FCC ne peut se permettre d’offrir Ă  FĂ©lix Tshisekedi dans le contexte actuel, oĂč des lĂ©gislatives anticipĂ©es risqueraient de rĂ©veiller la colĂšre populaire qui Ă©tait palpable en 2018.

    Mais quand on sait qu’en politique, une crise peut facilement ĂȘtre fabriquĂ©e dans un laboratoire, il y a lieu de prendre au sĂ©rieux les menaces de Jean Marc Kabund et de s’attendre Ă  de vĂ©ritables actions, promises par le PrĂ©sident lui-mĂȘme lors de son premier discours sur l’état de la Nation, bien que le dĂ©clenchement de cette arme nuclĂ©aire dĂ©mocratique ne puisse ĂȘtre possible qu’avec le courage exceptionnel de FĂ©lix Tshisekedi. La question qui se pose est celle de savoir si le fils d’Etienne Tshisekedi peut avoir ce courage un jour, pour mettre fin Ă  toute cette ambigĂŒitĂ© institutionnelle et politique. L’histoire nous le dira !

    Avec La Libre Afrique

  • Les Ă©vĂȘques appellent Tshisekedi Ă  rompre « avec les antivaleurs des anciens rĂ©gimes »

    Les Ă©vĂȘques appellent Tshisekedi Ă  rompre « avec les antivaleurs des anciens rĂ©gimes »

    -Les Ă©vĂȘques catholiques ont appelĂ© le prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi et les nouveaux dirigeants de la RDC Ă  « rompre radicalement avec les antivaleurs » des rĂ©gimes prĂ©cĂ©dents, tout en assurant une bonne gouvernance et un État de droit.

    « Nous invitons les nouveaux gouvernants Ă  rompre radicalement avec les antivaleurs des anciens rĂ©gimes et Ă  donner des assurances concrĂštes d’une meilleure gouvernance », a dĂ©clarĂ© lundi l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco), au cours d’une confĂ©rence de presse Ă  Kinshasa.

    Un mois aprĂšs l’investiture du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, la Cenco, qui avait donnĂ© Martin Fayulu vainqueur de la prĂ©sidentielle selon ses chiffres, a ainsi souhaitĂ© donner une sĂ©rie de recommandations au nouveau dirigeant.

    « Les Ă©vĂȘques leur donnent (ainsi) la chance de rĂ©ussir », a expliquĂ© l’abbĂ© Donatien Nshole, ajoutant que « les Ă©vĂȘques ne sont pas lĂ  pour leur Ă©chec. Le pays a besoin d’un nouveau leadership oĂč l’homme Congolais sera au centre des prĂ©occupations des autoritĂ©s ».

    Les Ă©vĂȘques ont entre autres appelĂ© Ă  l’établissement d’un État de droit – l’une des prioritĂ©s du prĂ©sident Tshisekedi -, Ă  la sĂ©curisation des frontiĂšres et la pacification des zones en proie Ă  l’insĂ©curitĂ© par la prĂ©sence des groupes armĂ©s. Enfin, la Cenco a prĂ©conisĂ© la mise en place d’une bonne gouvernance et une politique de lutte contre la corruption.

    Les relations entre l’Église catholique et le rĂ©gime de l’ancien prĂ©sident Joseph Kabila s’étaient tendues dĂšs 2011. Les Ă©vĂȘques contestaient alors la crĂ©dibilitĂ© de l’élection prĂ©sidentielle donnant Kabila vainqueur cette annĂ©e-lĂ . Lors de l’élection prĂ©sidentielle du 30 dĂ©cembre 2018, elle avait Ă©galement contestĂ© les rĂ©sultats provisoires publiĂ©s par la Commission Ă©lectorale indĂ©pendante (Ceni), estimant que ceux-ci ne correspondaient pas aux donnĂ©es collectĂ©es par ses 40 000 observateurs.

    Avec JA

  • Union Africaine: FĂ©lix Tshisekedi rĂ©tablira-t-il le lien avec ses pairs ?

    Union Africaine: Félix Tshisekedi rétablira-t-il le lien avec ses pairs ?

    ‱ FĂ©lix Tshisekedi rĂ©tablira-t-il le lien avec ses pairs ?

    -Le nouveau prĂ©sident de RDC, attendu Ă  Addis-Abeba samedi 9 fĂ©vrier, siĂ©gera pour la premiĂšre fois devant ses pairs dans le hall Nelson Mandela lors de l’ouverture du sommet d’Addis-Abeba le lendemain.

    Un discours hautement symbolique, puisque c’est dans ce mĂȘme siĂšge de l’UA Ă  Addis-Abeba que dix chefs d’États du continent avaient rĂ©digĂ© un communiquĂ© conjoint faisant Ă©tat de « sĂ©rieux doutes » sur la validitĂ© de son Ă©lection.

    Les chefs d’État africains ont, depuis, rĂ©tropĂ©dalĂ©. Dans son discours d’ouverture du conseil exĂ©cutif, le 7 fĂ©vrier, le prĂ©sident de la Commission Moussa Faki Mahamat a mĂȘme « notĂ© avec satisfaction le bon dĂ©roulement des Ă©lections et les transitions intervenues Ă  Madagascar et en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo ».

    FĂ©lix Tshisekedi va toutefois devoir renouer le lien entre son pays et l’UA, qui s’était particuliĂšrement distendu sous la prĂ©sidence de son prĂ©dĂ©cesseur, Joseph Kabila. Ce dernier, qui entretenait des relations tendues avec la quasi-totalitĂ© de ses voisins, ne se rendait presque jamais aux sommets de l’UA.

    Avec Jeune Afrique

  • ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    Le chercheur tunisien Rafaa Tabib, spĂ©cialiste de la Libye, appelle les autoritĂ©s de son pays Ă  interroger le ravisseur des deux journalistes tunisiens disparus chez le voisin de l’est en 2014. Il revient pour Jeune Afrique sur les relations bilatĂ©rales et les Ă©cueils de la diplomatie tunisienne en Libye.

    Rafaa Tabib est chercheur en anthropologie politique, rattachĂ© au CNRS, et professeur Ă  l’universitĂ© Manouba de Tunis. Il a rĂ©cemment annoncĂ© qu’un des ravisseurs des deux journalistes tunisiens, Sofiene Chourabi et Nadhir Guetari (disparus en Libye en 2014), aurait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par une milice de Misrata, et appelĂ© les autoritĂ©s tunisiennes Ă  aller l’interroger. Une maniĂšre de questionner la diplomatie bilatĂ©rale.

    Jeune Afrique : Vous avez interpellé les autoritĂ©s tunisiennes au sujet des deux journalistes tunisiens, est-ce une maniĂšre de dire qu’elles devraient faire plus ou autrement sur ce dossier ?

    Rafaa Tabib : À chaque fois que la question est Ă©voquĂ©e, les initiatives prises sont un peu trop classiques, et malheureusement pas adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s du pays. Nombre d’institutions en Libye cachent des coquilles vides et ne sont que des vitrines sans prise sur la rĂ©alitĂ©. Dans cette affaire, des magistrats tunisiens ont par exemple dĂ©jĂ  Ă©tĂ© envoyĂ©s rencontrer leurs homologues dans l’Est de la Libye, afin d’échanger des informations. Mais de quelles informations disposent les magistrats libyens, alors que la fragmentation des institutions ne permet pas de rĂ©unir des Ă©lĂ©ments plausibles et crĂ©dibles ?

    De toute façon, la justice en Libye a toujours Ă©tĂ© partiale. La sociĂ©tĂ© tribale impose d’autres formes de lĂ©galitĂ©, qui permettent de parvenir Ă  des arrangements. Ajoutez-y le contexte de guerre civile : Ă  aucun moment, la justice libyenne n’a donc Ă©tĂ© impliquĂ©e dans ce genre de dossiers. Comment peut-on espĂ©rer par ailleurs qu’un envoyĂ© de la justice tunisienne puisse demander des informations auprĂšs de chef tribaux et traditionnels ?

    il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-Ă -dire traditionnels et tribaux, pour rĂ©colter des informations.

    Des observateurs appellent plus généralement la Tunisie à sortir de la « diplomatie de salon ». Alors que le contexte de transition démocratique impose une meilleure gouvernance et plus de transparence, les autorités tunisiennes peuvent-elles se permettre de faire autrement et de mobiliser des canaux parallÚles ?

    Nous avons d’un cĂŽtĂ© un État jacobin centralisĂ© qui se veut moderniste, et en face un pays minĂ© par les milices et les structures traditionnelles. Dans ce contexte, il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-Ă -dire traditionnels et tribaux, pour rĂ©colter des informations.

    Selon nos sources, un des ravisseurs des deux journalistes est le chef d’une assemblĂ©e d’Abjdabiya (ville du nord-est de la Libye), sorte de vitrine d’Ansar al-Charia (proche d’Al-QaĂŻda). La question qui se pose, c’est comment l’interroger, alors qu’il se trouve dans une prison tenue par des miliciens. Une situation compliquĂ©e par le fait que les mouvements terroristes et rĂ©volutionnaires fonctionnent souvent en vases communicants, et que nombre de combattants ont une double casquette ou changent de camp au grĂ© des opportunitĂ©s. C’est ce qu’on appelle le « jeu des labels ».

    Trouver le canal appropriĂ© reste un grand dilemme. Il y a beaucoup d’hĂ©sitations. Certains ne veulent pas agir sans cadre lĂ©gislatif. Des partis politiques essaient Ă©galement de protĂ©ger les groupes avec lesquels ils ont de bons rapports.

    Face à ce dilemme, quelles actions les autorités tunisiennes pourraient-elles envisager dans un cas comme celui-ci ?

    Je propose, dans ce cas de figure, de trouver une structure hybride. Des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile tunisienne, du monde des affaires, des clans du sud tunisien qui trouvent des prolongements en Libye, des chercheurs et des officiels, pourraient crĂ©er un organe national avec une base lĂ©gale pour pouvoir travailler en Libye. Aujourd’hui, les autoritĂ©s tunisiennes ne traitent pas avec la Libye profonde.

    On constate une absence de volontĂ© et un manque d’engagement au niveau du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, alors mĂȘme que les Tunisiens sont trĂšs nombreux en Libye. Sur le terrain, une coopĂ©ration existe par contre sur le plan sĂ©curitaire, surtout pour identifier les mouvements terroristes Ă  la frontiĂšre. Mais le problĂšme se pose en termes d’action diplomatique. D’autant plus que les milices peuvent ĂȘtre liĂ©es Ă  la fois au politique et impliquĂ©es dans des trafics.

    On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idĂ©ologie de Daech n’est pas un mal incurable.

    Des associations appellent les autoritĂ©s tunisiennes Ă  agir Ă©galement pour les Tunisiens, adultes et enfants, dĂ©tenus en Libye et soupçonnĂ©s d’activitĂ©s terroristes. Quelles peuvent ĂȘtre leurs marges de manƓuvre ?

    Il faut absolument rapatrier les enfants, qui ne sont pas responsables de leur situation. On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idĂ©ologie de Daech n’est pas un mal incurable. Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse, car nombre de chefs de groupes terroristes sont Tunisiens. Je pense que la Tunisie a encore du mal Ă  soulever cette question, par dĂ©ni. Il n’y a pas de volontĂ© de la part de la Tunisie d’ouvrir ce dossier du terrorisme.

    Un congrÚs libyen est attendu en cette rentrée. Quel rÎle peut jouer la Tunisie pour aider à la stabilisation politique de son voisin ?

    La Tunisie a tout intĂ©rĂȘt Ă  jouer un rĂŽle dans cette rencontre, mais on ne perçoit pas une telle volontĂ©. C’est juste une rĂ©union dont la date exacte n’est pas encore fixĂ©e, mais qui est dĂ©criĂ©e en Libye car elle risque de ramener une nouvelle Ă©lite autour la table des nĂ©gociations, et que celle-ci souhaitera aussi rĂ©cupĂ©rer sa part de pouvoir. On Ă©voque en effet l’invitation de 170 Ă  300 personnalitĂ©s, qui rĂ©clameront sans doute ensuite leur reprĂ©sentativitĂ©.

    On constate qu’à part les armes, rien ne sert en Libye. Mais beaucoup de ceux qui vivent de la rente institutionnelle, sans rĂ©elle lĂ©gitimitĂ©, ne veulent pas se dĂ©faire de leurs privilĂšges. Le premier obstacle Ă  la dĂ©mocratie est l’élite politique. Selon moi, derriĂšre cette derniĂšre, toute la sociĂ©tĂ© libyenne avec sa complexitĂ© ne parvient pas Ă  s’exprimer.

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa lĂ©gitimitĂ© est rĂ©duite.

    Les autoritĂ©s tunisiennes ont aussi choisi d’inviter le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, au trentiĂšme sommet de la Ligue arabe prĂ©vu le 31 mars Ă  Tunis. Sur le plan bilatĂ©ral, que peut-on attendre de cette visite ?

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa lĂ©gitimitĂ© est rĂ©duite. Certains groupes qui lui sont thĂ©oriquement affiliĂ©s- Ă©tant payĂ©s par l’État qui leur sous-traite la question sĂ©curitaire- sont en fait des corps miliciens qui prennent un nom de brigade mais lui Ă©chappent. Il est seulement en position de signer des chĂšques mais la Tunisie est dans l’obligation d’accepter cet interlocuteur.

    Je conseillerais toutefois aux autoritĂ©s d’inviter les autres belligĂ©rants avant la tenue de ce sommet arabe : le prĂ©sident du parlement, le gĂ©nĂ©ral Haftar, et pourquoi pas d’autres clans. Cela lui permettrait de se tenir Ă  Ă©gale distance de tous et de ne pas ĂȘtre partie prenante.

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  • RDC : ” Il n’y a pas d’un cĂŽtĂ© des saints et de l’autre des diables “, les vĂ©ritĂ©s de Vital Kamerhe

    RDC : ” Il n’y a pas d’un cĂŽtĂ© des saints et de l’autre des diables “, les vĂ©ritĂ©s de Vital Kamerhe

    Quelques heures avant la publication, dans la nuit du 9 au 10 janvier, des rĂ©sultats provisoires de la prĂ©sidentielle du 30 dĂ©cembre dernier, Vital Kamerhe, directeur de campagne de FĂ©lix Tshisekedi, s’Ă©tait confiĂ© Ă  Jeune Afrique.

    Kinshasa, le 8 janvier, 15 heures. Nous sommes Ă  la veille de la date annoncĂ©e pour la publication des rĂ©sultats provisoires de la prĂ©sidentielle en RDC. Lorsqu’il nous reçoit dans la centrale Ă©lectorale du Cap pour le changement (Cach), Ă  La Gombe, Vital Kamerhe sait dĂ©jĂ  qu’il a misĂ© sur le bon cheval. Mais il ne laisse rien transparaĂźtre. Ou presque. D’autant qu’il sait aussi qu’en politique, surtout au Congo, rien n’est vraiment acquis.

    Le directeur de campagne de FĂ©lix Tshisekedi reste tout de mĂȘme confiant. Et nous prĂ©sente les raisons officielles de sa foi en la victoire de son allié : les « chiffres ». Il s’agit de ceux compilĂ©s par la centrale Ă©lectorale de Cach, retranchĂ©e dans l’une de ses rĂ©sidences. Ce jour-lĂ , le tableau projetĂ© sur le mur de la salle affiche dĂ©jĂ  une avance de quelque 106 874 suffrages exprimĂ©s pour FĂ©lix Tshisekedi sur son poursuivant direct, Martin Fayulu, opposant lui aussi et candidat de la coalition Lamuka [RĂ©veille-toi, en lingala]. Mais sur un total de 2 550 184 votants seulement.

    Trésor Kibangula/JA

    L’échantillon est faible. PrĂšs de 40 millions d’électeurs Ă©taient attendus aux urnes le 30 dĂ©cembre. Vital Kamerhe ne l’ignore pas. Le but de sa manƓuvre est ailleurs. Se convaincre et surtout convaincre, chiffres Ă  l’appui, que FĂ©lix Tshisekedi « va gagner ». L’ancien prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale cherche alors Ă  confronter ces chiffres Ă  ceux de la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco), lesquels donneraient Martin Fayulu vainqueur de la prĂ©sidentielle du 30 dĂ©cembre.

    J’ai l’impression que nos amis de Lamuka et la Cenco avaient le mĂȘme centre de compilation. »

    Mais les Ă©vĂȘques catholiques ne lui communiqueront jamais leurs donnĂ©es. « J’ai l’impression que nos amis de Lamuka et la Cenco avaient le mĂȘme centre de compilation », se dĂ©sole-t-il. Kamerhe se contentera de transmettre les siennes aux ambassades de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis. La suite, on la connait. FĂ©lix Tshisekedi a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© vainqueur dans la nuit du mercredi Ă  jeudi par la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (Ceni). Martin Fayulu, qui conteste ces rĂ©sultats, a saisi la Cour constitutionnelle.

    La leçon de la campagne

    De la campagne Ă©lectorale, Vital Kamerhe en tire une leçon : « Les contacts avec la population comptent beaucoup, surtout pour FĂ©lix [Tshisekedi] qui n’était pas connu dans certains milieux reculĂ©s de l’Est. Il fallait que les gens le voient physiquement et qu’il leur demande leurs suffrages. »

    Dans ce domaine, « Martin [Fayulu] avait l’avantage dans les grandes villes : avec le jet privĂ© mis Ă  disposition, il pouvait faire Kisangani – Lubumbashi en un clin d’oeil. Mais si vous devez faire Kisangani – Lubumbashi avec un autre avion, c’est 4 heures et demi de vol. LĂ  oĂč il lui fallait une heure. »

    À l’arrivĂ©e, FĂ©lix Tshisekedi devance tout de mĂȘme Martin Fayulu, selon les rĂ©sultats provisoires. Si cela avait Ă©tĂ© l’inverse, Kamerhe jurait le 8 janvier que son camp aurait acceptĂ© le verdict des urnes et nous relatait alors une rĂ©union qui avait eu lieu entre Monseigneur Fridolin Ambongo, nouvel archevĂȘque de Kinshasa et FĂ©lix Thisekedi :  « ‘Pour moi, si c’est Fayulu [qui l’emporte], je le fĂ©licite tout de suite, mais nous devons parler’, avait dit FĂ©lix Tshisekedi au clergĂ©. »

    Et Vital Kamerhe de poursuivre, relatant cette fois-ci une rencontre entre FĂ©lix Tshisekedi et Martin Fayulu : « Puis, lors d’un tĂȘte-Ă -tĂȘte avec Fayulu, ce dernier ne pouvait se prononcer sur rien car il avait dĂ©jĂ  rĂ©servĂ© par exemple le poste de Premier ministre Ă  Jean-Pierre Bemba [un de ses principaux soutiens au sein de Lamuka, ndlr]. En fait, Fayulu n’est pas libre. »

    Deal Kabila – Cach ?

    Quid des garanties que le Cach et FĂ©lix Tshisekedi auraient donnĂ©es Ă  Joseph Kabila, au pouvoir depuis prĂšs de 18 ans, et Ă  son entourage ? « Lorsque vous voulez rĂ©tablir un État de droit, vous ne pouvez pas vous substituer Ă  la place des juges. Quand François Hollande est Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique française en 2012, avait-il promis l’enfer Ă  Nicolas Sarkozy ? Non, au contraire. Mais cela n’a pas empĂȘchĂ© Ă  la justice, institution indĂ©pendante, de faire son travail », explique Vital Kamerhe.

    Du groupe d’opposants qui se trouvent Ă  l’extĂ©rieur du pays, MoĂŻse Katumbi est le plus rassembleur. »

    Mais « l’opposition ne doit pas non plus ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une blanchisserie », prĂ©cise-t-il, appelant les uns et les autres Ă  adopter un comportement Ă  la hauteur de ce « rendez-vous historique ». Pour la premiĂšre fois, le transfert du pouvoir s’effectue entre un prĂ©sident sortant vivant et son successeur dĂ©clarĂ© vainqueur du scrutin.

    FĂ©lix Tshisekedi Ă©coute les « conseils » de Vital Kamerhe sur les attitudes Ă  adopter, selon ce dernier. « Mais Ă  Lamuka, quand vous avez Ève Bazaiba [secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti de Bemba, ndlr], d’un cĂŽtĂ©, et Martin Fayulu, de l’autre, ce sont deux volcans en Ă©ruption, je ne sais pas qui peut conseiller l’autre. »

    Trésor Kibangula/JA

    « Du groupe d’opposants qui se trouvent Ă  l’extĂ©rieur du pays, MoĂŻse Katumbi est le plus rassembleur. Voici quelqu’un de l’Est qui se retrouve dans l’étau de Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Freddy Matungulu, tous de l’Ouest. On ne peut pas ĂȘtre plus nationaliste que ça ! Comme moi qui suis de l’Est et qui soutiens un KasaĂŻen (centre). VoilĂ  le Congo de demain que nous voulons », souligne Kamerhe.

    « Hommages » à Kabila

    Le directeur de campagne de FĂ©lix Tshisekedi assume par ailleurs les « hommages » qu’il faudrait rendre Ă  Joseph Kabila pour avoir acceptĂ© de se retirer du pouvoir. MalgrĂ© l’avis contraire de certains caciques du rĂ©gime et de ses courtisans. À Martin Fayulu et ses soutiens, il pose en revanche une question : « Pourquoi revendiquez-vous la victoire issue des mauvaises Ă©lections, promettant d’organiser des bonnes Ă©lections d’ici deux ans ? C’est paradoxal. Il ne faut pas pisser dans l’assiette qui vous nourrit. »

    FĂ©lix a dĂ©jĂ  dit qu’il va travailler avec tout le monde »

    « C’est Ă  nous de prendre nos responsabilitĂ©s, poursuit Vital Kamerhe. Si nous aimons le Congo, ce n’est pas uniquement comme prĂ©sident de la RĂ©publique ou Premier ministre que nous pouvons servir ce pays. » Dans l’accord de coalition conclu Ă  Nairobi avec FĂ©lix, le poste du chef de gouvernement lui Ă©tait destinĂ©. Mais avec les rĂ©sultats des lĂ©gislatives, largement favorables Ă  la majoritĂ© sortante, les prĂ©visions risquent d’ĂȘtre rĂ©ajustĂ©es. « Que vous le vouliez ou pas, les rĂ©sultats des urnes finissent toujours par vous contraindre d’ĂȘtre ensemble dans l’AssemblĂ©e nationale, de parler, de discuter de la maniĂšre dont il faudrait gĂ©rer le pays », fait-il remarquer.

    Dans tous les cas, « FĂ©lix a dĂ©jĂ  dit qu’il va travailler avec tout le monde. Car il n’y a pas d’un cĂŽtĂ© des saints et de l’autre des diables, martĂšle Vital Kamerhe. Il suffit d’observer la scĂšne politique congolaise : commençons par moi-mĂȘme. J’étais secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du PPRD [parti de Joseph Kabila], je suis aujourd’hui dans l’opposition. Suis-je devenu pour autant saint ? Il faut me juger par rapport Ă  mon comportement lorsque j’étais au PPRD. Étais-je un bon prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale ? Prenons le cas de Pierre Lumbi. Il Ă©tait conseiller spĂ©cial du chef de l’État en matiĂšre de sĂ©curitĂ©. Pendant son rĂšgne, peut-on dire qu’il y avait moins de rĂ©pression et que Kabila Ă©tait plus tendre ? Il est dans l’opposition et directeur de campagne de Martin Fayulu ».

    « L’important, c’est de changer le systĂšme »

    Et de poursuivre : « Il y avait aussi des rĂ©pressions pendant que MoĂŻse Katumbi Ă©tait gouverneur du Katanga. Il ne peut en ĂȘtre fier, mĂȘme s’il dira toujours que les ordres venaient d’en haut. C’est pourquoi nous pensons que nous pouvons travailler avec certaines personnes qui Ă©voluent aujourd’hui au sein de la majoritĂ©. L’important, c’est de changer le systĂšme. La propension de l’homme congolais Ă  dĂ©vier, Ă  voler les deniers publics est tellement Ă©levĂ©e que sans un systĂšme dissuasif – sĂ©paration des pouvoirs, institutions fortes, justice indĂ©pendante et Ă©quitable – le pays ne s’en sortira pas. »

    Entre deux maux, il faut choisir le moindre »

    Vital Kamerhe voudrait voir revenir « l’époque de Kasa-Vubu », premier prĂ©sident du Congo indĂ©pendant. Cet homme qui « ramenait Ă  la caisse de l’État les frais restants de ses voyages officiels ». Il rend aussi hommage Ă  Patrice Lumumba, qui « n’a laissĂ© qu’une seule maison sur le Boulevard alors qu’il Ă©tait Premier ministre ». Idem pour Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila qui ne s’était achetĂ©, selon lui, « aucun appartement, aucune maison, aucun terrain ».

    En attendant, il n’y aura pas de « rĂšglements de compte » Ă  l’encontre de ceux qui ont dirigĂ© la RDC ces 17 derniĂšres annĂ©es. Vital Kamerhe s’en explique : « Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Pas de chasse aux sorciĂšres pour un nouveau dĂ©part du Congo mais certaines fautes sont impardonnables, bien entendu. »

    FĂ©lix prĂ©sident de la RĂ©publique, « une rĂ©forme de l’État va toutefois ĂȘtre engagĂ©e pour donner plus de moyens Ă  nos militaires, construire des casernes afin qu’ils accomplissent efficacement leur mission premiĂšre de sĂ©curiser l’intĂ©gritĂ© de notre territoire. Il en est de mĂȘme de la police. Mais nous n’enverrons personne Ă  la potence », assure Kamerhe. « Il y aura certainement des restrictions au niveau de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Cette derniĂšre doit ĂȘtre un service d’intelligence, pas celui d’interpellation quotidienne des citoyens », dĂ©clare-t-il.

    Kamerhe en est conscient. « Le prĂ©sident Ă©lu ne va pas bĂ©nĂ©ficier d’un seul moment de sursis. Le peuple a soif de changement et attendra avec impatience les premiĂšres mesures dans ce sens. » Et de prĂ©venir : « Si ces mesures n’arrivent pas, le peuple ne tardera pas Ă  redescendre les rues de Kinshasa et des autres villes du pays. »

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