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  • En Allemagne, le populisme de droite prospĂšre Ă  l’Est

    En Allemagne, le populisme de droite prospùre à l’Est

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  • « Le trumpisme continuera aprĂšs Trump »

    « Le trumpisme continuera aprÚs Trump »

    Politologue, Alexandra de Hoop Scheffer est directrice, en France, du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States. Etablie Ă  Paris, elle travaille sur les liens entre l’Europe et l’AmĂ©rique, et considĂšre que le « trumpisme » est bien plus ancrĂ© dans la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine qu’on le dit.

    Les Ă©lections de mi-mandat du 6 novembre sont-elles de nature Ă  contrarier le pré­sident Trump ? A quoi faut-il s’attendre ?

    Le scĂ©nario qui se profile est celui d’un CongrĂšs divisĂ©, les dĂ©mocrates remportant la majoritĂ© Ă  la Chambre des reprĂ©sentants et les rĂ©publicains conservant le contrĂŽle du SĂ©nat. Le prĂ©sident Trump se retrouverait ironiquement dans une situation similaire Ă  celle de son prĂ©dĂ©cesseur, Barack Obama, en 2010. Incapable de gouverner, le prĂ©sident devrait recourir aux dĂ©crets, outils fragiles puisqu’ils peuvent ĂȘtre annulĂ©s par un autre dĂ©cret prĂ©sidentiel. La plupart des chantiers et projets de la prĂ©sidence Trump se trouveraient compromis – mur avec le Mexique, destruction de l’Obamacare, coupes dans les programmes sociaux, baisses d’impĂŽts. La Chambre des reprĂ©sentants se transformerait aussi en une ruche de commissions d’enquĂȘte.

    La bataille qui oppose Trump et le procureur spĂ©cial, Robert Mueller, s’élargirait Ă  un face-Ă -face entre Trump et 21 prĂ©sidents de commissions – dont celles, puissantes, du renseignement, des affaires judiciaires, du budget, du contrĂŽle et de la rĂ©forme de l’Etat –, qui pourraient (re)lancer des enquĂȘtes sur les soupçons de collusion avec la Russie, la possible entrave Ă  la justice lors du limogeage du patron du FBI, et sur toutes les affaires et les scandales dans lesquels Trump est empĂȘtrĂ©. Le prĂ©sident conserverait cependant une grande marge de manƓuvre en politique Ă©trangĂšre et militaire.

    On a souvent dĂ©crit l’électeur de Trump comme Ă©tant un citoyen blanc et exclu de la mondialisation, ayant peur du dĂ©classement social et de la perte ­d’influence…

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  • Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Le prince hĂ©ritier saoudien et l’administration Trump traĂźneront longtemps le boulet de l’affaire Khashoggi, qui sape aussi le rĂȘve israĂ©lien d’une alliance avec les pĂ©tromonarchies contre l’Iran.

    Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix en 2011, avec un portrait de Khashoggi devant le consulat saoudien Ă  Istanbul

    L’assassinat de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, n’en finit pas de provoquer troubles et remous. C’est peu de dire que la version officielle saoudienne d’un crime « accidentel », perpĂ©trĂ© par des Ă©lĂ©ments « incontrĂŽlĂ©s », peine Ă  convaincre. Le moment est pourtant venu de tirer les premiĂšres leçons d’un tel scandale international, notamment Ă  la lumiĂšre de l’affaire Hariri de novembre 2017. La brutalitĂ© de Mohammed Ben Salmane/MBS, le prince hĂ©ritier et vĂ©ritable « homme fort » de l’Arabie saoudite, avait alors conduit Ă  une crise dĂ©jĂ  sans prĂ©cĂ©dent. Seule l’habiletĂ© de la diplomatie française avait pu tirer MBS de ce piĂšge oĂč il s’était lui-mĂȘme jetĂ©. L’administration Trump n’a pas fait preuve d’un professionnalisme comparable dans l’affaire Khashoggi, dont la Turquie, l’Iran et le Canada sortent Ă  des degrĂ©s divers renforcĂ©s.

    LES TROIS PERDANTS: ARABIE, ETATS-UNIS ET ISRAËL

    MBS avait dĂ©pensĂ© sans compter pour asseoir son image de « rĂ©formateur », consacrant deux longues semaines en mars-avril 2018 Ă  une tournĂ©e d’auto-promotion aux Etats-Unis. Le voilĂ  ravalĂ© par l’affaire Khashoggi Ă  une caricature d’autocrate qui aurait droit de vie et de mort sur ses sujets. Le rĂ©gime saoudien, loin de se « rĂ©former », s’aligne sur les standards des dictatures militarisĂ©es du monde arabe, dont les polices politiques, dĂ©signĂ©es sous le terme gĂ©nĂ©rique de moukhabarates (renseignements), sont les institutions-clefs. MBS a dĂ» dĂ©mettre un de ses fidĂšles, le chef adjoint des services saoudiens, du fait de son rĂŽle central dans la liquidation de Khashoggi. Mais le roi Salman, souverain en titre de l’Arabie, a compensĂ© son fils et prince hĂ©ritier en le chargeant de « coordonner » l’ensemble des services de sĂ©curitĂ©. En guise de « modernité », le royaume saoudien cumule dĂ©sormais intolĂ©rance wahhabite et rĂšgne des moukhabarates.

    Quant aux Etats-Unis, ils n’ont cessĂ© d’osciller, au fil des dĂ©clarations de Trump, entre l’indignation face Ă  ce meurtre et la volontĂ© d’en disculper MBS. Le chef de la diplomatie amĂ©ricaine, Mike Pompeo, dĂ©pĂȘchĂ© Ă  Riyad pour contenir la crise, aurait eu bien du mal Ă  incriminer ses interlocuteurs saoudiens: cet ancien chef de la CIA est un partisan dĂ©clarĂ© des « trous noirs » oĂč faire disparaĂźtre en toute illĂ©galitĂ© les « terroristes » supposĂ©s; et l’administration Trump n’a cessĂ© de justifier au nom de « lutte antiterroriste » l’écrasement par ses alliĂ©s arabes, notamment en Egypte, de toute forme d’opposition.

    C’est cependant IsraĂ«l qui pourrait payer le prix fort de l’affaire Khashoggi, tant le Premier ministre Netanyahou a misĂ© sur MBS pour officialiser un rapprochement avec les pĂ©tromonarchies contre l’Iran et enterrer une fois pour toutes la question palestinienne. Une telle recomposition est dĂ©sormais exclue, un proche de MBS ayant mĂȘme menacĂ© de riposter Ă  d’éventuelles sanctions amĂ©ricaines
 en se rĂ©conciliant avec l’Iran. Netanyahou a tentĂ© d’amortir ce choc en rendant une visite-surprise au sultan d’Oman, mais celui-ci est justement, de tous les dirigeants du Golfe, le mieux disposĂ© envers TĂ©hĂ©ran.

    LES TROIS GAGNANTS: TURQUIE, IRAN ET CANADA

    La Turquie du prĂ©sident Erdogan sort la tĂȘte haute d’une Ă©preuve oĂč elle Ă©tait trĂšs exposĂ©e. Le statut extra-territorial du consulat saoudien aboutit en effet Ă  ce que l’assassinat de Khashoggi ne se soit pas techniquement dĂ©roulĂ© sur le sol turc. Mais la justice turque a pu enquĂȘter Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme du consulat, tandis que les rĂ©vĂ©lations distillĂ©es dans les mĂ©dias par les dirigeants turcs contribuaient, du fait de leur caractĂšre Ă  la fois sordide et continu, Ă  maintenir la pression sur MBS et sur l’administration Trump. Erdogan, intervenant solennellement devant les dĂ©putĂ©s turcs, le 23 octobre, a insistĂ© sur la « sincĂ©ritĂ© du roi Salman » pour mieux semer le doute sur celle de son fils. Il a exigĂ© que les 18 suspects saoudiens soient remis Ă  la justice turque, une posture nationaliste trĂšs populaire dans le pays.

    L’Iran a Ă©galement tirĂ© parti de l’affaire Khashoggi, qui a suscitĂ© des tensions inĂ©dites entre Washington et Riyad, et ce Ă  Ă  la veille de l’entrĂ©e en vigueur de sanctions draconiennes des Etats-Unis contre la RĂ©publique islamique. En outre, le tumulte suscitĂ© par l’assassinat du journaliste saoudien a permis Ă  TĂ©hĂ©ran de faire oublier ses propres turpitudes en matiĂšre d’immunitĂ© diplomatique: un diplomate iranien en poste Ă  Vienne vient ainsi d’ĂȘtre arrĂȘtĂ© en Allemagne et livrĂ© Ă  la justice belge, dans le cadre d’une enquĂȘte sur un projet d’attentat contre une rĂ©union d’opposants iraniens en France.

    C’est pourtant le Canada qui Ă©merge comme le grand vainqueur moral de l’affaire Khashoggi. En aoĂ»t dernier, un simple tweet de la ministre canadienne des Affaires Ă©trangĂšres, s’inquiĂ©tant du sort de fĂ©ministes et de « pacifistes » incarcĂ©rĂ©s en Arabie, avait dĂ©clenchĂ© la fureur de Riyad et des rĂ©torsions foudroyantes: expulsion de l’ambassadeur canadien; suspensions des vols entre les deux pays; retour des milliers d’étudiants boursiers et de Saoudiens hospitalisĂ©s au Canada; gel, voire retrait des investissements saoudiens. MBS voulait clairement, en s’acharnant ainsi contre le gouvernement Trudeau, envoyer un avertissement Ă  toutes les dĂ©mocraties occidentales tentĂ©es de critiquer, mĂȘme Ă  la marge, le rĂ©gime saoudien. Aucune capitale europĂ©enne ne s’était d’ailleurs solidarisĂ©e avec un Justin Trudeau ainsi ostracisĂ© par MBS aprĂšs l’avoir Ă©tĂ© par Trump, lors du sommet du G7. Quelques semaines plus tard, la mise en garde d’Ottawa sur les errements de MBS apparaĂźt prĂ©monitoire.

    Telle n’est pas la moindre des leçons de l’affaire Khashoggi.

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  • PrĂ©sidentielle au BrĂ©sil : deux visions du pays s’affrontent au second tour

    PrĂ©sidentielle au BrĂ©sil : deux visions du pays s’affrontent au second tour

    Jair Bolsonaro sur Internet, son adversaire de gauche, Fernando Haddad, dans une favela : les deux finalistes de la prĂ©sidentielle au BrĂ©sil ont jouĂ© leurs derniĂšres cartes samedi 27 octobre, aprĂšs trois semaines d’une campagne de deuxiĂšme tour sous haute tension, entachĂ©e de violences et d’insultes. Les derniers sondages des instituts Ibope et Datafolha, publiĂ©s samedi soir, ont montrĂ© une diminution de l’avance de Jair Bolsonaro, candidat de l’extrĂȘme droite Ă  54-55 % des intentions de vote, contre 46-45 % pour Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT).

    Fernando Haddad, le poulain de Lula

    CritiquĂ© pour s’ĂȘtre Ă©loignĂ© des classes les plus pauvres, Fernando Haddad a misĂ© sur une ultime mobilisation de ce rĂ©servoir de vote traditionnel du Parti des travailleurs.

    Lire aussi :   Brésil : sur les terres de Lula, le « vote fragile » du Parti des travailleurs

    Universitaire, traducteur de Karl Marx, diplĂŽmĂ© en droit, philosophie et Ă©conomie, professeur de sciences politiques Ă  l’universitĂ© de Sao Paulo (USP), cet homme de 55 ans appartient Ă  l’aile modĂ©rĂ©e du parti des travailleurs. Refusant de qualifier le Venezuela de Maduro de dĂ©mocratie, ce fils d’immigrĂ©s libanais est considĂ©rĂ© par les analystes comme un social-dĂ©mocrate. Mais ses ennemis, en particulier le camp des militants de Jair Bolsonaro, le voient davantage comme un communiste en passe de « vĂ©nĂ©zualiser » le BrĂ©sil.

    AdoubĂ© par l’ex-prĂ©sident Luiz Inacio Lula da Silva le 11 septembre, aprĂšs l’invalidation de la candidature du « pĂšre des pauvres » pour corruption, Fernando Haddad attend son heure depuis prĂšs d’une dĂ©cennie. ConsidĂ©rĂ© comme la jeune garde prometteuse du PT, il devient, Ă  42 ans, ministre de l’éducation lors du premier mandat de Lula en 2005. Alors Ă  la tĂȘte de l’un des portefeuilles les plus en vue du gouvernement, il a contribuĂ© Ă  installer des universitĂ©s dans les rĂ©gions les plus reculĂ©es du pays.

    • Un programme social

    Aujourd’hui, il propose un programme en accord avec son mentor. Concernant l’économie, il ambitionne la fin du gel des dĂ©penses publiques dĂ©cidĂ© par le gouvernement Temer, une interruption des privatisations, des mesures contre l’évasion fiscale, ainsi que la rĂ©duction de la dette grĂące au « retour au plein emploi ».

    Dans un pays minĂ© par les guerres des gangs, oĂč un meurtre est commis en moyenne toutes les dix minutes, il plaide pour un changement radical de la politique actuelle antidrogue « erronĂ©e, injuste et inefficace », en prenant exemple sur les expĂ©riences de dĂ©pĂ©nalisation dans d’autres pays ; mais aussi une amĂ©lioration de la politique de contrĂŽle des armes Ă  feu qui « doit ĂȘtre amĂ©liorĂ©e, en renforçant la traçabilité » et une meilleure coordination des services de renseignements pour lutter contre le crime organisĂ©.

    Autre thĂšme central de la prĂ©sidentielle, les mesures pour lutter contre la corruption sont scrutĂ©es. Fernando Haddad prĂŽne pour « plus de transparence », mais considĂšre que « la lutte contre la corruption ne peut servir Ă  criminaliser la politique ». De par ses origines, il n’oublie pas l’éducation dans son programme. Le candidat du PT veut ainsi mettre en valeur dans les programmes Ă©ducatifs « une perspective inclusive, non raciste, non sexiste et sans discrimination de la communautĂ© LGBT ».

    Jair Bolsonaro, le candidat des réseaux sociaux

    Grand favori de la prĂ©sidentielle, le candidat d’extrĂȘme droite Jair Bolsonaro, qui a fait des rĂ©seaux sociaux sa machine de guerre, avec ses 15,4 millions d’abonnĂ©s sur Facebook, Instagram et Twitter, lançait de son cĂŽtĂ© ses derniĂšres offensives sur internet depuis sa rĂ©sidence Ă  Rio de Janeiro, mais en changeant radicalement de ton. Dans un tweet, celui qui n’a jamais cachĂ© son admiration pour les annĂ©es de plomb, s’est dit prĂȘt Ă  « changer le BrĂ©sil », mais « à travers la dĂ©fense des lois et l’obĂ©issance Ă  la Constitution ».

    Lire aussi :   Election au Brésil : Jair Bolsonaro, ou la faillite de la classe politique

    NĂ© Ă  GlicĂ©rio, petite ville de l’Etat de Sao Paulo, ce fils de descendants d’immigrĂ©s italiens entame sa carriĂšre dans les forces armĂ©es avant d’embrasser une carriĂšre politique au Parti progressiste (PP, droite), l’un des plus impliquĂ©s dans l’opĂ©ration anticorruption « Lava Jato » (« lavage express »), puis au Parti social-libĂ©ral (PSL). A 63 ans, le militaire de rĂ©serve, tantĂŽt grossier, raciste ou homophobe, incarne le candidat « antisystĂšme ». HaĂŻssant la gauche et en particulier le PT, au pouvoir de 2003 Ă  mi-2016, mais aussi contempteur de la droite traditionnelle, il a su capter le vote « saco cheio » (ras-le-bol).

    • Un programme axĂ© sur la sĂ©curitĂ©

    Celui qui se voit comme un « Trump tropical » a articulĂ© sa campagne sur la lutte contre l’insĂ©curitĂ©. Pour cela, il veut mettre en place un abaissement de la majoritĂ© pĂ©nale de 18 Ă  17 ans, un assouplissement de la lĂ©gislation sur le port d’armes considĂ©rant que ce sont « des instruments qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour tuer ou pour sauver des vies » ; ainsi qu’une « protection juridique » de policiers s’ils tuent un suspect avec leur arme en service.

    Le volet de la corruption est Ă©galement trĂšs important dans sa campagne. Jair Bolsonaro profite des scandales impliquant le parti de la gauche, avec notamment l’incarcĂ©ration de Luiz Inacio Lula da Silva depuis avril pour corruption, pour dĂ©crĂ©dibiliser Fernando Haddad. « Nous voulons un gouvernement dĂ©cent, diffĂ©rent de tout ce qui nous a plongĂ© dans la crise Ă©thique, morale et budgĂ©taire », a-t-il rĂ©pĂ©tĂ©, promettant de diviser par deux le nombre de ministĂšres afin de limiter les arrangements entre partis et de mettre en place un systĂšme plus strict de budget, dit « base zĂ©ro ».

    MalgrĂ© des connaissances limitĂ©es en Ă©conomie, Jair Bolsonaro s’est attirĂ© la faveur des investisseurs avec des propositions ultralibĂ©rales pour son pays. Son programme Ă©conomique prĂ©voit de rĂ©duire de 20 % le volume de la dette en privatisant ou en capitalisant une grande partie des entreprises publiques brĂ©siliennes, la crĂ©ation d’un systĂšme parallĂšle de retraite par capitalisation, et la crĂ©ation d’un super-ministĂšre de l’économie regroupant ceux des finances et de la planification. DĂ©fenseur des « valeurs », alliĂ© des Ă©vangĂ©liques ultraconservateurs, le militaire veut agir sur l’éducation en renforçant l’étude des mathĂ©matiques, des sciences et du portugais, « sans endoctrinement ni sexualisation prĂ©coce ». Une rĂ©fĂ©rence Ă  l’obsession d’une partie de la droite dure, persuadĂ©e que les Ă©coles brĂ©siliennes pervertissent les enfants avec des idĂ©es marxistes et les initient Ă  la sexualitĂ©.

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  • Le cannabis, thĂšme inattendu de la campagne prĂ©sidentielle gĂ©orgienne

    Le cannabis, thÚme inattendu de la campagne présidentielle géorgienne

    Le sujet, inattendu dans un pays de l’ex-URSS encore marquĂ© par un fort conservatisme social, s’est imposĂ© comme l’un des grands thĂšmes de la campagne pour l’élection prĂ©sidentielle qui se tient dimanche 28 octobre en GĂ©orgie : faut-il y autoriser la culture et l’exportation de marijuana Ă  usage thĂ©rapeutique et cosmĂ©tique ?

    Le 10 septembre, le gouvernement gĂ©orgien a introduit sans prĂ©avis un projet de loi en ce sens, recevant immĂ©diatement le soutien du milliardaire Bidzina Ivanichvili, chef du parti majoritaire et homme fort du pays. L’annonce a fait dans ce pays du Caucase l’effet d’un coup de tonnerre. Un mois plus tĂŽt, le 31 juillet, la Cour suprĂȘme du pays avait dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© de dĂ©pĂ©naliser l’usage du cannabis au nom du « droit au dĂ©veloppement personnel ». Cette dĂ©cision, prise Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale, constituait dĂ©jĂ  une premiĂšre dans l’espace post-soviĂ©tique.

    L’idĂ©e de cultiver du cannabis Ă  des fins thĂ©rapeutiques a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme un moyen de dĂ©velopper un nouveau secteur d’activitĂ©, trĂšs lucratif et Ă  mĂȘme de revitaliser les campagnes oĂč le niveau de vie reste trĂšs bas. Le climat gĂ©orgien est aussi vu comme favorable Ă  un tel projet, de mĂȘme que le faible coĂ»t de l’électricitĂ© dans le pays (le projet Ă©voque la culture en serre et non en plein air). Le premier ministre, Mamouka Bakhtadze, s’est empressĂ© de vanter un projet « trĂšs responsable » qui serait « rĂ©gulĂ© de la maniĂšre la plus stricte », citant en exemple IsraĂ«l et le Canada.

    Fronde des orthodoxes

    Peine perdue : l’idĂ©e a suscitĂ© de vives critiques, notamment au sein de l’opposition fidĂšle Ă  l’ancien prĂ©sident MikheĂŻl Saakachvili. D’autres formations ont estimĂ© que le sujet n’était pas prioritaire, la lĂ©gislation n’ayant pas encore Ă©tĂ© adaptĂ©e Ă  la dĂ©cision de la Cour suprĂȘme de juillet, notamment quant Ă  la dĂ©tention de la drogue. L’insistance de l’oligarque Ivanichvili Ă  dĂ©fendre le projet a aussi fait dire Ă  certains mĂ©dias que l’homme…

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  • Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?

    Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?

    IdentifiĂ© par les autoritĂ©s locales, Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh Ă©tait inconnu des services de police avant de pĂ©nĂ©trer, lourdement armĂ©, dans ce lieu de culte samedi 27 octobre. ArrĂȘtĂ©, il sera poursuivi, entre autres, pour crime antisĂ©mite et risque la peine de mort, selon le ministre amĂ©ricain de la justice, Jeff Sessions.

    Le suspect « est dans un Ă©tat stable avec de multiples blessures par armes Ă  feu », a prĂ©cisĂ© le directeur de la sĂ©curitĂ© publique de Pittsburgh Wendell Hissrich, au cours d’un point presse tenu dans cette ville de l’est des Etats-Unis. « A ce stade, nous pensons que Bowers n’était pas connu des forces de l’ordre avant aujourd’hui », a complĂ©tĂ© l’agent du FBI en charge de l’enquĂȘte, Bob Jones.

    Lire aussi :   Etats-Unis : onze morts lors d’une attaque contre une synagogue de Pittsburgh

    Les autoritĂ©s pensent que le rĂ©sident de cette ville de Pennsylvanie Ă©tait Ă©quipĂ© d’un fusil d’assaut et d’au moins trois pistolets lorsqu’il a ouvert le feu sur les fidĂšles en ce samedi matin, jour de shabbat. Selon la chaĂźne CNN, qui cite un responsable, l’homme avait une licence pour dĂ©tenir lĂ©galement des armes Ă  feu et s’en Ă©tait procurĂ© au moins six depuis 1996.

    Des propos antisémites sur le réseau Gab

    Selon les mĂ©dias locaux, il a crié : « Tous les Juifs doivent mourir » quand il s’est introduit dans la synagogue Tree of Life. Le suspect a Ă©galement postĂ© de virulents commentaires antisĂ©mites sur les rĂ©seaux sociaux selon SITE, un groupe d’experts qui surveille les organisations extrĂ©mistes. Adepte de Gab, rĂ©seau social connu pour ĂȘtre un refuge pour de nombreux internautes de la droite dure, Robert Bowers y avait postĂ© peu avant d’ouvrir le feu dans la synagogue un message ciblant l’organisation juive HIAS de dĂ©fense des rĂ©fugiĂ©s. « HIAS aime amener des envahisseurs pour tuer les nĂŽtres. Je ne peux pas rester assis et voir les miens se faire massacrer, j’y vais », a-t-il Ă©crit.

    D’aprĂšs son compte sur Gab, l’homme ne semblait guĂšre apprĂ©cier le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump le qualifiant de « mondialiste, pas de nationaliste », d’aprĂšs le Pittsburgh Post-Gazette. « Les Juifs sont des enfants de Satan », indiquait sa biographie sur ce mĂȘme rĂ©seau, son compte ayant Ă©tĂ© suspendu peu de temps aprĂšs la fusillade.

    Lire aussi :   Aux Etats-Unis, les actes antisémites en forte progression

    Gab, site populaire parmi les suprĂ©matistes blancs et les membres de l’alt-right, l’extrĂȘme droite amĂ©ricaine, a publiĂ© un communiquĂ© expliquant qu’il condamnait « tous les actes de terrorisme et de violence », se disant « attristé » par ce qu’il s’est passĂ© Ă  Pittsburgh. « Nous sommes prĂȘts et disposĂ©s Ă  travailler avec les forces de l’ordre pour faire en sorte que justice soit faite. »

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  • L’hĂ©licoptĂšre du prĂ©sident du club de Leicester s’écrase aux abords du stade

    L’hĂ©licoptĂšre du prĂ©sident du club de Leicester s’écrase aux abords du stade

    Un hĂ©licoptĂšre appartenant Ă  Vichai Srivaddhanaprabha, propriĂ©taire de l’équipe de football de Leicester City, s’est Ă©crasĂ© samedi 27 octobre au soir sur le parking du club, rapportent les mĂ©dias britanniques. Cet incident fait craindre pour la vie du ThaĂŻlandais. L’accident a eu lieu quelques heures aprĂšs que Leicester a fait match nul 1-1 avec West Ham lors d’un match de PremiĂšre League au King Power Stadium.

    Selon Sky Sports, l’hĂ©licoptĂšre a dĂ©collĂ© du terrain entre 20 h 30 et 20 h 45, mais il a eu des problĂšmes avec son rotor de queue peu de temps aprĂšs et s’est Ă©crasĂ© dans un parking Ă  proximitĂ©.

    Vichai Srivaddhanaprabha a l’habitude de quitter le stade avec son hĂ©licoptĂšre, qui dĂ©colle du terrain, lorsqu’il assiste Ă  un match Ă  domicile de Leicester. Mais l’identitĂ© du pilote et des passagers Ă  bord samedi n’a pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©e. On ne sait pas non plus si des personnes Ă  terre ont Ă©tĂ© blessĂ©es.

    « Nous sommes en train de traiter un incident dans les environs du King Power stadium », a tweeté la police du Leicestershire. « Nous assistons la police du Leicestershire et les services de secours qui traitent un incident grave au King Power Stadium », a rapporté un porte-parole du club dans un communiqué. Il a précisé que le club communiquerait de maniÚre plus détaillée une fois que de plus amples informations auront été établies.

    L’ancien footballeur de Leicester, Gary Lineker, a dĂ©clarĂ© sur Twitter avoir « entendu que l’hĂ©licoptĂšre du propriĂ©taire de Leicester City s’était Ă©crasĂ© dans le parking du club ».

    Un propriétaire généreux

    Vichai Srivaddhanaprabha, 61 ans, est un milliardaire thaïlandais devenu riche grùce aux magasins de duty free. Sa fortune, bùtie en ayant au départ un seul magasin à Bangkok, était estimée en 2016 à 2,9 milliards de dollars.

    Il a achetĂ© Leicester City pour environ 40 millions de livres en 2010 quand personne ne pariait sur ce club anglais qui Ă©voluait alors en deuxiĂšme division. Il est parvenu Ă  en faire le plus improbable champion de PremiĂšre League de tous les temps, en 2016, faisant vivre au petit club un vĂ©ritable conte de fĂ©es. C’est la premiĂšre fois que Leicester City a dĂ©crochĂ© ce titre depuis la crĂ©ation du club en 1884.

    Lire aussi :   Football : le conte de fées de Leicester City

    Vichai Srivaddhanaprabha est trĂšs populaire auprĂšs des supporters du club, leur offrant biĂšres et beignets.

    Vichai Srivaddhanaprabha, qui est aussi amateur de polo, est un familier des puissants de Thaïlande, au premier rang desquels la famille royale. Son nom, Srivaddhanaprabha, lui a été attribué en 2013 par le roi de Thaïlande. Il a quatre enfants. Son fils Aiyawatt Srivaddhanaprabha, surnommé « Top », est vice-président du club.

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  • Aux Etats-Unis, les actes antisĂ©mites en forte progression

    Aux Etats-Unis, les actes antisémites en forte progression

    La fusillade qui a fait 11 morts dans une synagogue Ă  Pittsburgh (Pennsylvanie), samedi 27 octobre, «est probablement l’attaque la plus meurtriĂšre contre la communautĂ© juive de l’Histoire des Etats-Unis », a estimĂ© Jonathan Greenblatt, le directeur de l’Anti-defamation League (ADL), principale association de lutte contre l’antisĂ©mitisme du pays. Mais cette fusillade n’est pas une attaque isolĂ©e, puisqu’il y a eu une recrudescence des actes antisĂ©mites sur le sol amĂ©ricain.

    Selon l’ADL, ils ont augmentĂ© de 57 % entre 2016 et 2017, passant de 1267 Ă  1986. C’est, selon l’ADL, la plus forte hausse jamais enregistrĂ© aux Etats-Unis depuis 1979, annĂ©e oĂč l’organisation a commencĂ© son comptage, et le second chiffre annuel le plus haut depuis cette mĂȘme annĂ©e. Une augmentation due « à une croissance significative des incidents Ă  l’école et Ă  l’universitĂ©, qui ont doublĂ© annuellement deux fois d’affilĂ©e ».

    Le nombre d’actes antisĂ©mites en forte progression en 2017

    Nombre d’actes de nature antisĂ©mites comptĂ©s par l’Anti-Defamation League depuis 2008.

    L’ADL note que les actes de vandalisme ont particuliĂšrement augmentĂ© (+86 %), un chiffre « inquiĂ©tant, parce qu’il indique que les auteurs de ces actes se sentent suffisamment enhardis pour violer la loi ». Les actes de harcĂšlement ont Ă©galement connu une nette hausse (+41 %), tandis que les agressions physiques sont les seuls actes antisĂ©mites dont le nombre a chutĂ© (de 36 Ă  19).

    Les actes antisĂ©mites, observe l’ADL, ont lieu dans quasiment tous les contextes : sur les lieux de travail, au sein des domiciles privĂ©s, des lieux publics, des Ă©coles et universitĂ©s, et mĂȘme au sein des institutions juives. Les lieux publics (rues, parcs) et les lycĂ©es (+100 % chaque annĂ©e sur les deux derniĂšres annĂ©es) sont les lieux les plus communs oĂč surgissent ces violences.

    La Pennsylvanie, pas Ă©pargnĂ©e par l’antisĂ©mitisme

    La Pennsylvanie est le sixiĂšme Etat le plus touchĂ© par ces violences, note l’ADL, et a vu les actes antisĂ©mites augmenter de 43 % entre 2016 et 2017. Ces six Etats, qui rĂ©unissent Ă  eux seuls 62 % des actes recensĂ©s par les 26 centres rĂ©gionaux de l’ONG, comptent cependant parmi les plus larges communautĂ©s juives des Etats-Unis. Mais pour la premiĂšre fois depuis 2010, l’ONG a enregistrĂ© au moins un acte antisĂ©mite dans chaque Etat du pays.

    La Pennsylvanie fait partie des Etats les plus touchĂ©s par l’antisĂ©mitisme

    Etats des Etats-Unis les plus touchés par les violences antisémites en 2017.

    Aux Etats-Unis, les Juifs restent – et depuis longtemps – la population religieuse la plus ciblĂ©e par les meurtres religieux. Sur les 1 538 crimes religieux recensĂ©s par le FBI (Federal Bureau Investigation) en 2016, 834 ont visĂ© des personnes juives.

    Les Juifs sont la population la plus ciblée par les crimes religieux aux Etats-Unis

    Part des crimes de haine religieux aux Etats-Unis par population visée aux Etats-Unis en 2016.
    Source : FBI

    MĂȘme si l’on note que depuis 1992, les crimes antisĂ©mites reprĂ©sentent une moindre part des crimes religieux, en raison notamment du nombre croissant de crimes visant les populations musulmanes.

    En proportion, les crimes antisémites diminuent depuis 1992

    Proportion des crimes de haine par population religieuse visée depuis 1992
    Source : FBI

    Lire aussi :   Les Etats-Unis confrontĂ©s Ă  la poussĂ©e de l’antisĂ©mitisme

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  • Syrie : EuropĂ©ens et Russes appellent Ă  un cessez-le-feu « stable et durable » Ă  Idlib

    Syrie : Européens et Russes appellent à un cessez-le-feu « stable et durable » à Idlib

    Les dirigeants de Turquie, Russie, France et Allemagne ont appelĂ© lors d’un sommet Ă  Istanbul samedi Ă  prĂ©server le cessez-le-feu en vigueur dans la province syrienne rebelle d’Idlib. Le sommet « a insistĂ© sur l’importance d’un cessez-le-feu durable (Ă  Idlib) tout en soulignant la nĂ©cessitĂ© de poursuivre la lutte contre le terrorisme », selon la dĂ©claration finale lue Ă  l’issue de la rĂ©union par le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan.

    Ce sommet inédit a rassemblé, outre M. Erdogan, les présidents russe Vladimir Poutine et français Emmanuel Macron, ainsi que la chanceliÚre allemande Angela Merkel.

    « Nous comptons sur la Russie »

    « Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression trĂšs claire sur le rĂ©gime, qui lui doit sa survie » afin de garantir un « cessez-le-feu stable et durable Ă  Idlib », a dĂ©clarĂ© M. Macron lors d’une confĂ©rence de presse aprĂšs cette rencontre.

    La Turquie et la Russie ont conclu le mois dernier un accord qui a permis d’éviter une offensive de grande ampleur du rĂ©gime sur Idlib, dernier grand bastion de l’opposition. Mais plusieurs escarmouches ont eu lieu ces derniers jours et des frappes du rĂ©gime ont fait sept morts vendredi, le bilan le plus Ă©levĂ© depuis l’entrĂ©e en vigueur de l’accord turco-russe.

    Dans leur dĂ©claration finale, les quatre dirigeants ont Ă©galement appelĂ© Ă  Ă©tablir « avant la fin de l’annĂ©e » un comitĂ© constitutionnel censĂ© Ă©laborer une nouvelle Constitution syrienne, « si les conditions le permettent ». Les quatre pays ont par ailleurs exhortĂ© Ă  « assurer l’accĂšs rapide, sĂ»r et sans restrictions des organisations humanitaires Ă  travers la Syrie ». Selon la dĂ©claration finale du sommet, les quatre pays « ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de crĂ©er Ă  travers le pays les conditions permettant le retour en sĂ©curitĂ© et volontaire des rĂ©fugiĂ©s ».

    Recep Tayyip Erdogan a, en outre, affirmĂ© qu’il appartient au peuple syrien « de l’intĂ©rieur et de l’extĂ©rieur » de dĂ©cider du sort du prĂ©sident Bachar Al-Assad. « La volontĂ© qui va dĂ©terminer le sort d’Assad, c’est la volontĂ© du peuple syrien. C’est l’ensemble du peuple syrien, de l’intĂ©rieur et de l’extĂ©rieur, qui prendra une dĂ©cision », a dĂ©clarĂ© M. Erdogan.

    Le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts et plusieurs millions de déplacés depuis 2011.

    Lire aussi :   Syrie : les chiffres qui montrent l’ampleur de la guerre

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  • Etats-Unis : onze morts lors d’une attaque contre une synagogue de Pittsburgh

    Etats-Unis : onze morts lors d’une attaque contre une synagogue de Pittsburgh

    Un tireur a tuĂ© onze personnes, samedi 27 octobre, en ouvrant le feu dans la synagogue Tree of Life (« Arbre de vie ») de Pittsburgh, en Pennsylvanie, oĂč des fidĂšles Ă©taient rassemblĂ©s pour un office, selon un premier bilan officiel. Selon le New York Times, qui cite deux officiers de police, le tireur serait Robert Bowers, un homme de 46 ans. Il s’agit « probablement » de la pire attaque antisĂ©mite jamais commise aux Etats-Unis, a estimĂ© samedi la principale association de lutte contre l’antisĂ©mitisme dans le pays, l’Anti-defamation League.

    Le directeur de la sĂ©curitĂ© publique de Pittsburgh Wendell Hissrich a prĂ©cisĂ© qu’il y avait six blessĂ©s, dont quatre parmi les forces de l’ordre, aprĂšs des Ă©changes de coups de feu avec le tireur. « La scĂšne est terrible Ă  l’intĂ©rieur », a-t-il ajoutĂ© devant les camĂ©ras, apparemment trĂšs Ă©mu. « C’est l’une des pires scĂšnes de crime sur laquelle je me sois rendu, et j’ai Ă©tĂ© sur des accidents d’avion », a-t-il confiĂ©.

    Selon le porte-parole de la police locale, Chris Togneri, le suspect s’est rendu aux autoritĂ©s aux alentours de 11 heures (17 heures Ă  Paris) et a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et placĂ© en garde Ă  vue, avant d’ĂȘtre transfĂ©rĂ© Ă  l’hĂŽpital. Une enquĂȘte fĂ©dĂ©rale pour « crime de haine » a Ă©tĂ© ouverte.

    L’auteur de la fusillade a Ă©tĂ© inculpĂ© de vingt-neuf chefs d’accusation pour crimes fĂ©dĂ©raux, incluant onze chefs pour obstruction Ă  l’exercice de croyances religieuses entraĂźnant la mort et onze chefs pour usage d’une arme Ă  feu pour commettre un meurtre, a annoncĂ© le bureau du ministĂšre fĂ©dĂ©ral de la justice pour le district ouest de l’Etat de Pennsylvanie, oĂč se trouve Pittsburgh. « Certains chefs d’accusation pourraient conduire Ă  la peine capitale », a dĂ©clarĂ© le ministre amĂ©ricain de la justice Jeff Sessions dans un communiquĂ©, en dĂ©nonçant un crime « extrĂȘmement rĂ©pugnant ».

    Des appels à éviter le quartier

    Robert Bowers, « un homme blanc barbu et de forte corpulence » selon KDKA, serait connu pour avoir tenu de nombreux propos antisĂ©mites sur les rĂ©seaux sociaux, selon le Washington Post. Plusieurs mĂ©dias amĂ©ricains rapportent que Bowers a Ă©galement tenu des propos antisĂ©mites aux forces de l’ordre prĂ©sentes sur place, aprĂšs que celui-ci se fut barricadĂ©.

    Les membres de la congrĂ©gation s’étaient rĂ©unis pour le jour de repos juif du shabbat Ă  9 h 45 (15 h 45 Ă  Paris). Tout a commencĂ© peu aprĂšs 10 heures, quand la police locale a appelĂ© les habitants du quartier Ă  rester chez eux. « Il y a un tireur dans la zone de Wilkins et Shady. Eviter le quartier », ont alors tweetĂ© les services de sĂ©curitĂ© publique de la ville.

    FondĂ©e il y a 150 ans, la synagogue Tree of Life, qui peut accueillir jusqu’à 1 250 personnes, selon son site Internet, se trouve dans le quartier rĂ©sidentiel de Squirrel Hill, oĂč bat le cƓur de la communautĂ© juive de Pittsburgh. La police de New York a de son cĂŽtĂ© fait savoir qu’elle renforçait la sĂ©curitĂ© autour des lieux de culte de la ville, avec notamment des patrouilles supplĂ©mentaires.

    Donald Trump dénonce la « haine » aux Etats-Unis

    Donald Trump a annoncĂ© qu’il se rendrait Ă  Pittsburgh. Il a dĂ©noncĂ© la « haine » dans le pays. « C’est franchement une chose terrible, terrible ce qu’il se passe avec la haine dans notre pays et partout dans le monde », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain, avant d’ajouter que « quelque chose doit ĂȘtre fait ». « Quand des gens font ce genre de chose, ils devraient se voir infliger la peine capitale », a dĂ©clarĂ© M. Trump. Tous les drapeaux Ă  la Maison Blanche, sur les bĂątiments publics, dans les camps militaires, dans les bases navales et sur les navires de guerre seront en berne jusqu’au 31 octobre en signe de « respect solennel » pour les victimes, selon les ordres du prĂ©sident amĂ©ricain.

    Le gouverneur dĂ©mocrate de Pennsylvanie, Tom Wolf, a quant Ă  lui qualifiĂ© l’évĂ©nement de « tragĂ©die absolue ». « Ces actes de violence insensĂ©s ne ressemblent pas Ă  ce que nous sommes en tant qu’AmĂ©ricains », a-t-il ajoutĂ© sur Twitter.

    Alors que le prĂ©sident français Emmanuel Macron, en dĂ©placement Ă  Istanbul, a exprimĂ© sa « tristesse » et son « soutien Ă  l’égard du peuple amĂ©ricain », son ministre de l’intĂ©rieur Christophe Castaner a annoncĂ© avoir demandĂ© aux prĂ©fets de « renforcer la vigilance autour des synagogues ».

    La chanceliĂšre allemande Angela Merkel a, elle, fustigĂ© samedi « la haine antisĂ©mite aveugle ». « Nous tous devons nous Ă©lever avec dĂ©termination contre l’antisĂ©mitisme. Partout », a-t-elle affirmĂ© selon une brĂšve dĂ©claration postĂ©e sur Twitter par le porte-parole du gouvernement allemand. Le premier ministre israĂ©lien Benyamin NĂ©tanyahou a dĂ©noncĂ© une attaque « antisĂ©mite horrible ». « J’ai eu le cƓur brisĂ© et j’ai Ă©tĂ© horrifiĂ© par l’attaque meurtriĂšre qui a eu lieu aujourd’hui Ă  Pittsburgh », a-t-il dĂ©clarĂ© dans une vidĂ©o publiĂ©e sur son compte Twitter.

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