Les mouvements djihadistes au Sahel ressemblent à une flaque de mercure sur le sol : frappée, elle éclate en une multitude de billes toxiques qui se dispersent. Les violences meurtrières qui déstabilisent le Burkina Faso, et notamment l’est du pays depuis le printemps, ne peuvent être dissociées des opérations militaires menées dans la zone dite « des trois frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso) par les armées nationales de ces pays, par les Français de la force « Barkhane » et, bien que moins opérationnelle, par la force régionale conjointe du « G5 Sahel ».
Plus généralement, depuis le début de l’intervention militaire française au Mali en janvier 2013, les groupes armés se sont multipliés ; l’espace contaminé par les violences s’est étendu, réduisant d’autant la capacité de faire avancer des projets de développement dans des régions marginalisées et paupérisées.
En visite vendredi 19 octobre à Ouagadougou, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pu constater l’ampleur du problème. L’Institut français ne rouvrira qu’en février 2019 au plus tôt. Il avait été fermé depuis l’attaque simultanée en mars de deux commandos du groupe djihadiste Al-Mourabitoune – affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lui-même filiale d’Al-Qaida dans l’ouest du Sahel – contre l’état-major de l’armée burkinabée et l’ambassade de France.
De même, la Maison de la jeunesse et de l’innovation tout juste inaugurée dans la capitale, et censée marquer l’esprit de la nouvelle politique française d’Emmanuel Macron à destination de ses « partenaires » africains, devra attendre avant de pouvoir accueillir un large public.
« Etape constructive »
Un programme d’aide française de plusieurs millions d’euros dans le nord du Burkina Faso est également mal engagé. Le soir de l’arrivée de M. Le Drian à Ouagadougou, la gendarmerie de Djibo, l’une des principales villes du nord du pays, était en effet attaquée,…
Le secrétaire américain à la défense, Jim Mattis, a adressé un rappel à l’ordre à peine voilé à l’Arabie saoudite. « En gardant à l’esprit nos intérêts collectifs pour la paix et pour le respect inconditionnel des droits de l’homme, le meurtre de Jamal Khashoggi dans une enceinte diplomatique doit tous nous concerner », a-t-il dit lors d’une intervention devant les dirigeants arabes participant au Dialogue de Manama, la capitale de Bahreïn, lors de cette conférence annuelle sur la sécurité organisée dans la région. « L’incapacité d’une nation à respecter les normes internationales et l’Etat de droit nuit à la stabilité régionale à un moment où elle est le plus nécessaire », a poursuivi le chef du Pentagone.
Il n’a pas accusé directement l’Arabie saoudite et n’a pas fait référence aux appels des membres du Congrès à réduire les ventes d’armes ou à imposer des sanctions au royaume. L’Arabie saoudite reste un allié stratégique des Etats-Unis face à l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient, mais la crise provoquée par la mort de Jamal Khashoggi a tendu les relations entre Riyad et les Occidentaux.
L’Arabie saoudite a rejeté la demande d’Ankara d’extrader dix-huit Saoudiens accusés d’avoir assassiné le journaliste. « Sur la question de l’extradition, ces individus sont des citoyens saoudiens. Ils sont détenus en Arabie saoudite, l’enquête est menée en Arabie saoudite et ils seront poursuivis en Arabie saoudite », a déclaré le ministre des affaires étrangères saoudien, Adel Al-Joubeir, lors de la conférence.
Il oppose ainsi une fin de non recevoir à la Turquie, qui réclame que les suspects soient extradés pour être jugés sur son sol.
Jim Mattis a par ailleurs estimé qu’il était important de tourner la page de la querelle diplomatique qui oppose depuis seize mois l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte au Qatar, accusé de sympathies pro-iraniennes et de soutien au terrorisme. « La résolution des débats internes parmi notre partenaire du Conseil de coopération du Golfe est vitale (…). A défaut, nous affaiblirons notre sécurité », a-t-il dit.
Avertissement à Moscou
M. Mattis a tenu à rappeler aux pays arabes que les Etats-Unis restent un « partenaire de choix, car ils sont engagés à long terme ». La Russie, qui assoit son influence en Syrie grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime de Bachar Al-Assad, ne doit « pas remplacer les Etats-Unis » au Proche-Orient, a-t-il encore déclaré.
« L’opportunisme de la Russie et son empressement à ignorer les activités criminelles d’Assad à l’encontre de son propre peuple prouvent son manque d’engagement sincère envers les principes moraux les plus élémentaires. »
La question syrienne en toile de fond
Un sommet inédit sur la Syrie doit réunir samedi à Istanbul les dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan, russe Vladimir Poutine, français Emmanuel Macron et allemande Angela Merkel.
Il portera notamment, selon la présidence turque sur la situation à Idlib, dernier grand bastion de l’opposition en Syrie et sur « le processus politique » censé aboutir à un règlement au conflit qui ravage le pays depuis 2011.
La réponse de Pékin ne s’est pas fait attendre. Cinq jours après une manifestation historique à Taipei en faveur de l’indépendance de Taiwan et trois jours après le passage de deux navires de guerre américains dans le détroit qui sépare l’île du continent, le ministre chinois de la défense, le général Wei Fenghe a été, jeudi 25 octobre, on ne peut plus clair : « Il est extrêmement dangereux de défier sans cesse les limites de la Chine sur cette question. Si quelqu’un tentait de séparer Taïwan de la Chine, l’armée chinoise prendrait nécessairement des mesures fermes, quoi qu’il en coûte » a-t-il mis en garde.
Dirigée par un régime rival de Pékin depuis l’arrivée des communistes au pouvoir en 1949, Taïwan n’est pas reconnu par la Chine. En 1979, Washington a rompu ses relations diplomatiques avec l’île pour reconnaître Pékin mais les Etats-Unis continuent de soutenir le régime taiwanais notamment sur le plan militaire.
Mise en garde
C’est devant un cénacle bien particulier que le général Wei a lancé sa mise en garde : le 8ème Xiangshan Forum, une réunion, en principe annuelle, créée par l’armée chinoise en 2006 pour faire contre-poids au « dialogue de Shangri-la », initié par la Grande-Bretagne à Singapour.
Par principe, les Russes et les Chinois n’envoient que des seconds couteaux à Singapour et les Occidentaux font de même à Pékin. Cette année, parmi les 500 participants venus de 67 pays, une délégation a fait sensation : les représentants nord-coréens, présents pour la première fois à ce Forum. Le colonel-général Kim Hyong Ryong, vice-ministre des forces armées nord-coréennes a réaffirmé la volonté de Pyongyang de faire de la péninsule coréenne « le berceau de la paix et de la prospérité ».
Sur une photo parue à la Une du Global Times, le quotidien nationaliste chinois, on voit le militaire, trois étoiles aux épaulettes, discuter avec des membres de la délégation sud-coréenne, des civils tout sourire….
Entretien. Spécialiste de la politique étrangère de la Chine, Thierry Kellner est enseignant- chercheur au département de science politique de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Membre du centre Recherche et études en politique internationale et chercheur associé au Brussels Institute of Contemporary China Studies, il est l’auteur de nombreux travaux sur le Xinjiang-Turkestan oriental, les questions énergétiques, la politique asiatique de l’Iran et l’Asie centrale.
Que représentent les Ouïgours pour le pouvoir central chinois ?
Historiquement, la « province » du Xinjiang, où ils vivent, a longtemps échappé à la mainmise de la Chine. Ces simples caractéristiques ont rendu Pékin très vigilant à l’égard de cette minorité depuis 1949. La méfiance, renforcée du fait que les Ouïgours « résistent », du point de vue de Pékin, à l’assimilation, qu’il existe une diaspora ouïgoure organisée à l’étranger et des revendications locales à l’autonomie, voire à l’indépendance, s’est encore amplifiée en raison du projet de « nouvelles routes de la soie », lancé par Xi Jinping en 2013. Le Xinjiang est une zone-clé dans le cadre de ce programme. Le régime doit s’assurer que cette région soit absolument sous contrôle et stable. C’est ce qui explique le raidissement sécuritaire massif de Pékin à l’égard des Ouïgours. Pour échapper aux critiques, la Chine présente ces mesures comme faisant partie de la « lutte internationale contre le terrorisme ». Si on suit ce discours, vu l’échelle des mesures adoptées, les Ouïgours sont en quelque sorte collectivement assimilés à des « terroristes » par le pouvoir chinois.
Quelle est la stratégie de Pékin pour régler cette question ?
Depuis les années 1990, la Chine mise à la fois sur le développement économique et sur une politique sécuritaire répressive pour assurer son contrôle sur le Xinjiang. Le développement économique…
Quelque 3,2 millions d’électeurs étaient également appelés aux urnes vendredi pour désigner leur président, une fonction honorifique.
Par Philippe BernardPublié aujourd’hui à 00h18, mis à jour à 06h21
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En un nouveau signe de rupture avec la domination de l’Eglise catholique, les Irlandais ont massivement approuvé par référendum, vendredi 26 octobre, l’abrogation de la disposition de leur Constitution faisant du blasphème un délit.
Par 69 % des voix, selon une première estimation publiée dans la soirée par le Irish Times, les électeurs ont fait disparaître l’article 40.6.1 de la loi fondamentale qui punissait de 25 000 euros d’amende tout outrage fait à la religion. En revanche, 31 % ont voté pour maintenir le délit de blasphème lors d’un scrutin marqué par une faible participation.
Ce référendum, organisé le même jour que l’élection présidentielle qui a vu la réélection par 56 % des voix de Michael D. Higgins, avait donné lieu à une campagne aussi terne que les récents votes sur le mariage homosexuel et sur l’avortement avaient été passionnés. En mai 2015, 62 % des Irlandais avaient approuvé la légalisation du mariage pour tous. En mai 2018, ils avaient été 66,4 % à dire oui à la légalisation de l’avortement.
La criminalisation du blasphème avait été introduite en 1937 dans la Constitution de la toute jeune République d’Irlande, à une époque où l’Eglise catholique tenait de fait les rênes de l’Etat, tout juste né après la libération de la colonisation britannique. « Le fait de rendre public ou de proférer tout propos blasphématoire, séditieux ou indécent est un délit punissable selon la loi », disposait le texte. Lourd symbole de l’emprise du clergé, l’article en question n’avait toutefois jamais abouti à une condamnation.
En 2015 pourtant, la police irlandaise avait ouvert une enquête, sur plainte d’un téléspectateur, à la suite des propos de l’acteur et réalisateur britannique Stephen Fry sur RTE, la télévision publique irlandaise.
Interrogé sur ce qu’il dirait à Dieu s’il avait la chance de le rencontrer, Stephen Fry avait répondu :« Je lui dirais : “Le cancer des os chez les enfants, qu’est-ce que cela signifie ? Comment as-tu osé créer un monde où il y a tant de souffrance (…) ? ”» Puis l’acteur s’était demandé « pourquoi il respecterait un Dieu capricieux, mesquin et stupide ». L’instruction avait été close après que la police eût conclu que trop peu de personnes s’étaient senties outragées par ces propos. En 2017, le ministre de la santé, Simon Harris, avait qualifié l’interdiction d’« absurde » et d’« un peu embarrassante ».
Texte obsolète
La disposition réprimant le blasphème, qui était en vigueur sous différentes formes depuis des siècles, avait pour la dernière fois donné lieu à sanction au début du XVIIIe siècle et les dernières poursuites diligentées pour ce chef dataient de 1855. Un prêtre affirmant avoir accidentellement brûlé une Bible avait alors été jugé et acquitté.
Au début d’octobre, l’Eglise catholique d’Irlande elle-même avait reconnu que le texte était « largement obsolète » et que de telles lois avaient été utilisées « pour justifier la violence et l’oppression contre des minorités dans d’autres parties du monde ». Quant à l’Eglise d’Irlande (anglicane), elle a estimé que « la liberté religieuse est un droit humain fondamental mais que la liberté d’expression (avec des limites) en est aussi un ».
Amnesty international et le Conseil irlandais pour les droits civiques, principale association de défense des droits de l’homme du pays avaient conjointement appelé à voter en faveur de l’abrogation. « La liberté d’expression se trouve au cœur de notre démocratie, et elle inclut le droit aux discours qui mettent en cause, voire ridiculisent les idées ou les institutions », estimaient les deux organisations dans un appel commun.
Dans un article publié par le Irish Times, Roman McCrea, professeur de droit constitutionnel à University College London, insistait sur le fait que le maintien d’une telle disposition non appliquée dans une législation européenne donnait prise aux accusations d’hypocrisie de la part des musulmans. « Il est important, écrit-il, que les Etats signifient clairement aux nouveaux arrivants, dont beaucoup viennent de pays où critiquer la religion n’est pas permis, ce à quoi ils peuvent s’attendre. »
Une autre disposition très datée de la Constitution, dont l’abrogation devait être mise aux voix le même jour, ne l’a finalement pas été. Elle dispose que « l’Etat reconnaît que la femme, par son travail domestique, apporte son soutien à l’Etat indispensable au bien commun ». Par conséquent, poursuit cet article, « l’Etat s’efforce de faire en sorte que les mères ne sont pas contraintes par nécessité économique de prendre un travail qui les conduit à négliger leurs tâches domestiques ». La réécriture de ce texte hautement contesté et son remplacement par une version non discriminatoire envers les femmes doivent être débattus ultérieurement par le Parlement irlandais.
Campagne « à la Trump »
Les Irlandais ont d’autre part réélu le poète et ancien ministre de la culture Michael D. Higgins, pour un deuxième et dernier mandat de sept ans à la présidence de la République, fonction purement honorifique. L’élection au suffrage universel, a été marquée par un faible taux de participation.
Ancien dirigeant du Labour irlandais, âgé de 77 ans, cette figure de la vie politique irlandaise était le deuxième président du pays après Eamon de Valera, en 1966, à briguer un deuxième septennat. Populaire, soutenu par le premier ministre Leo Varadkar et par trois des quatre grands partis irlandais (Fine Gael au pouvoir, Fianna Fàil et Labour), quasi assuré d’être réélu, M. Higgins a cependant été attaqué pour la gestion opaque des finances présidentielles et pour avoir utilisé l’avion gouvernemental pour se rendre à Belfast, à 165 km de Dublin, pour y prononcer un discours.
Il n’avait face à lui, outre un candidat du Sinn-Fein (nationaliste) et une indépendante, que trois riches hommes d’affaires. Peter Casey, Gavin Duffy et Sean Gallagher sont connus des téléspectateurs pour être apparus comme investisseurs dans l’émission « Dragon’s Den », où des entrepreneurs en herbe disposent de trois minutes pour convaincre des hommes d’affaires de les financer. Un symbole dans une Irlande dont l’économie est de nouveau florissante après que le pays a été mis à genou par la crise financière de 2008.
L’un de ces challengeurs, Peter Casey, s’est distingué par une campagne « à la Trump » au cours de laquelle il a critiqué la dépendance à l’égard des aides sociales notamment des Irlandais gens du voyage (« Irish travellers »). Vendredi soir, l’estimation « sortie des urnes » le créditait de 21 % des voix.
La prospérité du pays se trouve aujourd’hui menacée par le Brexit dont l’Irlande, dépendante du Royaume-Uni pour le niveau et la logistique de son commerce extérieur, pourrait être la première victime en cas de rétablissement de contrôles douaniers.
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Le caractère raciste du « blackface », qui consiste à se grimer le visage en noir, ne semble pas encore évident pour tout le monde. Megyn Kelly, l’un des visages les plus connus de la télévision américaine, a reçu un déluge de critiques après avoir approuvé cette pratique. Une prise de position qui lui a coûté son poste à l’antenne de NBC, puisque son émission quotidienne a été annulée, a annoncé la chaîne vendredi 26 octobre.
« Megyn Kelly Today ne reviendra pas, a écrit sur Twitter NBC News, citant son propre porte-parole. La semaine prochaine, la tranche de 9 heures sera occupée par d’autres coprésentateurs. » Megyn Kelly, ancienne star de Fox News, est en discussions concernant son avenir à NBC, selon des sources anonymes mentionnées par la chaîne elle-même, expliquant que son départ était probable. Selon son avocat Bryan Freedman, cité par NBC, Mme Kelly reste une employée de NBC News et « les discussions se poursuivent sur les prochaines démarches ».
La suspension de son émission a été rapide. Il y a trois jours, lors d’une rubrique consacrée aux costumes d’Halloween, la femme de 47 ans s’est demandé si le « blackface » — qui renvoie de facon non équivoque à l’époque de la ségrégation où des comédiens blancs se maquillaient en noir pour moquer des Afro-Américains — était systématiquement problématique. Une posture défendue par certaines personnes qui défendent une « simple blague », quand d’aucuns osent dire « un hommage ».
« Qu’est-ce qui est raciste ? », a-t-elle interrogé. « Vous vous attirez des ennuis si vous êtes blanc et que vous vous grimez en noir pour Halloween ou si vous êtes noir et que vous vous maquillez en blanc pour Halloween », a-t-elle poursuivi, à quelques jours de la grand-messe populaire du déguisement aux Etats-Unis. « Quand j’étais gamine, c’était ok tant qu’on se déguisait en personnage », a-t-elle ajouté.
« Je suis désolée »
Ses propos ont entraîné un véritable tollé, notamment sur les réseaux sociaux, avec des appels à sa démission, mais ont également refroidi ses propres collègues. « Je condamne ses remarques, elles n’ont pas leur place sur notre antenne ou sur notre lieu de travail », a réagi mercredi Andy Lack, président de NBC News.
« Alors qu’elle a présenté ses excuses aux équipes, elle en doit de plus importantes aux personnes de couleur à travers le pays », a estimé Al Roker, présentateur météo de la chaîne, qui est noir. NBC a retransmis jeudi une rediffusion de son émission « Megyn Kelly Today », alors que les spéculations autour d’une annulation de son programme se renforçaient.
« Je suis désolée », avait lancé la veille la journaliste pour débuter son émission en direct. « J’ai appris qu’au regard de l’histoire du “blackface”, utilisé de manière atroce par les racistes dans ce pays, ça ne doit pas faire partie de n’importe quel costume, à Halloween ou autre », avait-elle poursuivi, accueillant ensuite deux intervenants noirs pour discuter de cette controverse.
Les Brésiliens élisent, dimanche 28 octobre, leur nouveau président. Selon un dernier sondage, ce second tour pourrait amener à une franche victoire du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, avec 56 % des suffrages contre 44 % pour son concurrent, Fernando Haddad. Il y a encore quelques mois, un tel scénario semblait difficilement imaginable. Et, pourtant, profitant d’un climat général de défiance vis-à-vis des responsables politiques ainsi que de l’inéligibilité de l’ancien candidat Lula, M. Bolsonaro a réussi une ascension spectaculaire. Portrait d’un ancien militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe, qui pourrait prendre la tête de son pays, peuplé de plus de 200 millions d’habitants.
La police indienne a arrêté ces derniers jours plus de 2 000 personnes qui ont empêché des femmes d’accéder au temple hindou d’Ayyappa à Sabarimala, dans l’Etat du Kerala (sud), a fait savoir vendredi 26 octobre, un responsable de la police. Les personnes arrêtées agissaient en effet en violation d’une décision de justice qui autorise pour la première fois les femmes à y pénétrer
« Nous avons arrêté 2 061 personnes conformément à plusieurs articles du code pénal indien, dont incitation à la violence communautaire, (infraction à) la loi sur les armes et destruction de biens publics », a rapporté ce responsable de la police qui a requis l’anonymat. Il a précisé que, jusqu’à présent, 452 procédures avaient été engagées contre les suspects et qu’il fallait s’attendre à de nouvelles arrestations, des centaines d’autres suspects ayant été repérés.
Le temple, qui n’est ouvert que périodiquement, a refermé ses portes lundi jusqu’à novembre. La semaine prochaine, le temple ouvrira pour une journée de rituels avant un festival de deux mois à partir de la deuxième semaine de novembre.
Traditionnalistes
La semaine dernière, des traditionalistes hindous, massés au pied de la colline au sommet de laquelle se dresse ce temple, ont empêché les femmes, âgées entre 10 et 50 ans, d’y accéder, malgré une forte présence des forces de l’ordre. Certains manifestants ont brisé les vitres des voitures et des échauffourées ont opposé protestataires et forces de l’ordre. Des policiers armés ont tenté d’escorter des femmes jusqu’au sanctuaire mais aucune n’a pu y accéder.
Mercredi, la police a commencé à procéder à une vague d’arrestations. Fin septembre, la Cour suprême avait révoqué l’interdiction faite aux femmes en âge d’avoir leurs règles de pénétrer dans ce sanctuaire.
En 2016, des centaines de femmes avaient obtenu la révocation d’une interdiction identique dans le temple Shani Shingnapur au Maharashtra (centre). La même année, un tribunal avait également autorisé aux femmes l’accès au sanctuaire du mausolée et de la mosquée Haji Ali Dargah à Bombay.
La découverte de colis piégés envoyés à des personnalités anti-Trump, le 24 octobre, intervient à quelques semaines des midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Cela fait dire à de nombreux adeptes de la théorie du complot que la gauche est à l’origine de ces envois. Parmi eux, Alex Jones, fer de lance de l’extrême droite, explique que l’envoi de ces colis est un « canular ». Comme de nombreux conspirationnistes, il estime que c’est un false flag, c’est-à-dire une « fausse banière ». Il s’agit, dans le langage militaire, d’une ruse qui consiste à mener une action en se faisant passer pour un autre, et ce afin de lui faire porter le chapeau.
Voici les deux principaux piliers de leurs argumentaires : d’abord, ce serait une méthode pour décrédibiliser la droite et, ensuite, si les colis n’ont pas explosé c’est qu’ils sont faux.
Barack Obama, Hilary Clinton, Robert De Niro, Georges Soros ou la chaîne CNN ont reçu de tels types de colis. En réponse, Donald Trump a lancé un appel à l’union nationale. Mais rend les médias responsables d’un climat hostile.
Vingt jours après l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, le parquet turc a lancé, vendredi 26 octobre, une procédure d’extradition contre dix-huit Saoudiens soupçonnés d’implication dans le meurtre de l’opposant, a annoncé le ministère turc de la justice. Cette demande intervient deux jours avant la venue en Turquie du procureur général saoudien.
Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien exilé aux Etats-Unis et qui contribuait notamment au Washington Post, a été tué le 2 octobre lors d’une visite au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il devait obtenir des papiers pour pouvoirépouser sa fiancée turque.
Le parquet d’Istanbul a remis les noms des dix-huit suspects soupçonnés « d’implication dans ce meurtre prémédité » au ministère de la justice, qui les a à son tour transmis au ministère des affaires étrangères pour que la demande d’extradition soit adressée à Riyad par les canaux officiels, a fait savoir le ministère de la justice dans un communiqué.
Le 20 octobre, les autorités saoudiennes avaient annoncé avoir interpellé dix-huit personnes — quinze membres d’un commando saoudien soupçonné d’avoir tué le journaliste, ainsi que trois employés du consulat — et qu’elles seraient jugées. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait appelé mardi au jugement de ces suspects à Istanbul et non pas en Arabie saoudite, même si le crime a été commis par des Saoudiens dans l’enceinte d’un consulat saoudien.
« La demande d’extradition est motivée par le fait que Jamal Khashoggi a été tué en Turquie par des ressortissants saoudiens qui ont fait le voyage à cette fin spécifique », a rapporté un haut responsable turc sous couvert d’anonymat. « Il est clair que le système judiciaire turc est mieux à même de rendre justice dans cette affaire », a-t-il ajouté, précisant qu’un éventuel procès en Turquie serait ouvert « aux observateurs internationaux ».
Vidéosurveillance désactivée
L’enquête turque met, en effet, en lumière des preuves solides démontrant que le meurtre du journaliste et dissident a été planifié des jours à l’avance. Dans une allocution mardi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a détaillé que trois agents saoudiens sont arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste et se sont rendus dans une forêt proche d’Istanbul et à Yalova, une ville des bords de la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul. Deux sites où la police turque, qui n’a toujours pas retrouvé le corps de Khashoggi, a procédé à des fouilles.
M. Erdogan a, par ailleurs, confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de M. Khashoggi et indiqué que les dix-huit interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc. Le président turc a ajouté que le système de vidéosurveillance installé à l’intérieur du consulat saoudien avait été « désactivé ».