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  • Audio-L’abbé Malu Malu est mort, confirmation par François Balumuene, ambassadeur de la RDC aux USA

    Audio-L’abbé Malu Malu est mort, confirmation par François Balumuene, ambassadeur de la RDC aux USA

    malumalu-L’abbé Malu Malu est mort mardi soir aux Etats-Unis, selon les informations de RFI

    Agé de 54 ans, l’abbé Apollinaire Malu Malu est décédé le 31 mai aux États-Unis.

    L’ancien président de la CENI en ‪République démocratique du Congo‬, est décédé le 31 mai à Atlanta aux États-Unis, à l’âge de 54 ans, après s’être battu de longs mois contre sa maladie.

    L’ancien président de la Commission électorale en RDC avait une tumeur au cerveau. Sa santé s’était dégradée ces derniers jours. L’abbé Malu Malu avait notamment participé à l’organisation des élections de 2006. Il avait démissionné en octobre 2015 pour raisons de santé.

    François Balumuene, ambassadeur de la RDC aux États-Unis explique sur VOA Afrique qu’”il est décédé hier soir, à Atlanta. Nous attendons les instructions pour les préparatifs du rapatriement de son corps au pays et son enterrement”, a confié François Balumuene.

    “C’est un homme qui a été très apprécié quand il a organisé les premières élections démocratiques dans notre pays en 2006”, a-t-il ajouté, parlant d’un “homme honnête”.

    Malu Malu avait démissionné de la CENI en 2015 afin de venir aux États-Unis pour être suivi médicalement.

    François Balumuene
  • Jean-Pierre Bemba de nouveau devant les juges de la CPI

    Jean-Pierre Bemba de nouveau devant les juges de la CPI

    Bemba-la-Haye-Les actes présumés de subornation de témoins de l’ex-vice président congolais Jean-Pierre Bemba et ses avocats “montrent jusqu’où les accusés étaient disposés à aller pour cacher leur conduite illicite”, selon l’accusation de la CPI lors du premier jour des plaidoiries dans cette affaire.

    Jean-Pierre Bemba, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que Fidèle Babala, un député du parti Mouvement de Libération du Congo (MLC), sont accusés d’avoir fabriqué ou présenté à la CPI des faux documents afin d’obtenir l’acquittement de M. Bemba dans son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Ils auraient également, selon la procureure de la CPI, versé de l’argent à des témoins afin qu’ils donnent de faux témoignages. Un témoin de la défense, Narcisse Arido, est également poursuivi.

    “Il y a, parmi les accusés, ceux qui ont agi pour essayer de corrompre et d’influencer, ceux qui ont payé et reçu des cadeaux, ceux à qui l’on a promis une réinstallation et une sécurité, ceux à qui l’on a demandé de mentir lors de leur déposition”, a déclaré un membre du bureau du procureur, Kweku Vanderpuye.

    L’ancien chef militaire Jean-Pierre Bemba avait “beaucoup à perdre” dans son procès : “sa fierté, sa stature, sa réputation, son pouvoir politique, la possibilité d’une victoire lors des élections présidentielles, sa liberté”, a ajouté M. Vanderpuye.

    Jean-Pierre Bemba a été reconnu coupable le 21 mars des crimes commis par sa milice en Centrafrique en 2002 et 2003, en vertu du principe de “la responsabilité du commandant”. Ce jugement était également le premier de la Cour à avoir condamné le recours au viol comme crime de guerre.

    L’accusation a demandé “au minimum 25 ans” de détention. L’ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) a déjà passé huit ans en prison.

    Selon l’accusation, huit témoins ont admis avoir menti alors que deux d’entre eux ont été payés quelques heures avant d’embarquer à destination de La Haye.

    En tant qu’avocat, M. Kilolo savait “que ce qu’il faisait était mal”, a ajouté M. Vanderpuye, s’appuyant sur des relevés téléphoniques, des registres comptables ou des conversations interceptées : “il était sûr qu’il pouvait s’en sortir en abusant de sa position de conseiller devant la Cour”.

    La défense doit s’exprimer plus tard dans la journée.

    Il s’agit du premier procès pour subornation de témoins devant la CPI, entrée en fonction en 2003 à La Haye.

    Surnommé le chairman, il est le fondateur et l’actuel homme fort du Mouvement de Libération du Congo (MLC) qu’il représentait, en tant que vice-président, au sein du Gouvernement de transition depuis le . Il est sénateur depuis 2007, malgré sa détention à La Haye, aux Pays-Bas, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont il est déclaré coupable en 2016.

    Avec AFP

  • L’affaire Katumbi ne constitue pas un cas de restriction de liberté, selon le gouvernement congolais

    L’affaire Katumbi ne constitue pas un cas de restriction de liberté, selon le gouvernement congolais

    katumbi-Le gouvernement de la RDC s’est indigné, dans un document du ministère des affaires étrangères, des menaces des sanctions ciblées contre les autorités congolaises en rapport avec les violations des libertés des citoyens de leurs pays.

    Evoquant le cas de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle inculpé pour recrutement de mercenaires, le document se refuse de parler d’un cas des restrictions des espaces des libertés publiques.

    Le document transmis à VOA Afrique par le bureau du porte-parole du gouvernement et portant les initiaux J.N., dénonce plutôt M. Katumbi d’avoir violé le principe du secret de l’instruction en ameutant les supporters de T.P. Mazembe, club dont il est le président, et dont il se faisait accompagner à chaque séance d’audition au parquet.

    “Il ne s’agissait pas d’une manifestation publique qui, d’ailleurs, requiert des autorisations d’usage afin de permettre la préservation de l’ordre public. En dispersant les sympathisants du chairman du TP Mazembe, la police de Lubumbashi ne faisait qu’appliquer la loi et mettre un terme à des troubles de l’ordre public prémédités par un faisant l’objet d’une instruction judiciaire. Parler de restriction des espaces de liberté dans ces conditions, résulte d’un renversement des paramètres d’appréciation des faits qui rend la légalité illégale “, indique le document.

    Le texte s’en prend aux représentants de la communauté internationale, particulièrement ceux d’Europe Occidentale et des Etats-Unis qui “ont pris l’habitude de se comporter comme des proconsuls en pays conquis”. Le gouvernement s’indigne, dans le document, de ce qu’en moins de 48 heures, la semaine dernière, une Envoyée spéciale de la Grande Bretagne dans la région des Grands Lacs et le porte-parole du Département d’Etat américain se soient permis de menacer les autorités en place à Kinshasa qui les accueillaient de ” sanctions ciblées ” si celles-ci attentaient aux libertés des citoyens… congolais.

    Le gouvernement accuse Moïse Katumbi d’avoir voulu plutôt gêner l’instruction judiciaire en se précipitant de se proclamer candidat à la prochaine élection présidentielle quelques heures après qu’Alexis Thambwe Mwamba, le Ministre de la Justice du gouvernement de Joseph Kabila a annoncé avoir donné injonction au Procureur général de la République d’ouvrir une enquête sur des mercenaires dont l’un, aux arrêts, aurait fait des aveux.

    Au sujet du harcèlement dénoncé contre les opposants, le document se rapporte au cas du député Martin Fayulu, également candidat déclaré à la prochaine présidentielle et dont l’hôtel a été scellé. Le gouvernement soutient que M. Fayulu devrait plutôt à remplir ses obligations fiscales vis-à-vis de l’Etat et affirme que le député n’est pas le seul opérateur économique qui a des problèmes avec le fisc, qui touche aussi des proches de la Majorité.

    Pour ce qui est du calendrier électoral, le texte cite le Ministre de la Justice Thambwe Mwamba selon qui “il faudrait attendre la tenue du dialogue pour que ce dossier de calendrier électoral et des contraintes financières liées à l’organisation des élections soit vidé”.

    VOA

  • Afrophobie à l’indienne: les diplomates africains montent au créneau

    Afrophobie à l’indienne: les diplomates africains montent au créneau

    africains-Les diplomates africains à New Delhi se sont réunis suite à un énième crime raciste perpétré contre un étudiant noir. Ils ont interpellé le gouvernement indien et menacent de recommander à leurs pays de ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie.

    Les diplomates africains en Inde avaient menacé de ne pas participer ce jeudi 26 mai, aux célébrations de l’Africa Day qui sont organisées par le conseil indien pour les relations culturelles. Finalement, ils ont maintenu leur participation. « Une participation somme toute représentative pour ne pas embarrasser le gouvernement indien », selon Aziz Loum, conseiller politique à l’ambassade du Sénégal.

    L’explication de ce boycott évité de justesse se trouve dans le communiqué publié par le collectif des ambassadeurs africains en poste à New Delhi : « C’est parce que nous sommes encore endeuillés par le meurtre tragique du jeune ressortissant congolais dans les rues de New Delhi la semaine dernière ». « Nous avions d’ailleurs demandé au gouvernement indien de reporter les festivités de la journée africaine », ajoute Alem Tsehage Wodemariam, ambassadeur de l’Erythrée et doyen des chefs de missions africains en poste dans la capitale indienne.

    Que New Delhi ait choisi de ne pas accéder à la demande des diplomates témoigne moins de l’insensibilité que de l’embarras grandissant du gouvernement indien confronté à la multiplication des violences racistes dans les grandes métropoles du pays.

    Le meurtre du jeune Congolais Olivier Masundo Kitanda survenu dans la nuit du vendredi 20 mai, est le dernier d’une série d’agressions contre les ressortissants africains en Inde depuis plusieurs mois. Agé de 29 ans, le jeune homme, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), enseignait le français dans une école de langues à New Delhi, tout en poursuivant des études en informatique.

    Vendredi soir, vers minuit, suite à une dispute qui l’a opposé à trois Indiens qui voulaient monter dans la moto-taxi qu’il venait d’héler pour rentrer chez lui dans le quartier sud de la capitale, Olivier Kitanda a été tué à coups de pierres et de briques. Les vidéos de surveillance ont filmé l’agression et ont, depuis, permis d’arrêter deux des trois agresseurs aux casiers judiciaires, semble-t-il, particulièrement chargés.

    Racisme anti-africain

    Etait-ce une agression raciste ? Pour les policiers qui mènent l’enquête, le meurtre du Congolais n’aurait aucune connotation raciale. Toutefois les attaques contre les ressortissants africains sont fréquentes en Inde. Ils subissent régulièrement des insultes ouvertement racistes qui dégénèrent rapidement en violences physiques. En janvier dernier, à Bangalore – la « Silicon Valley » de l’Inde – une étudiante tanzanienne de 21 ans a été extirpée de sa voiture en même temps que ses trois compagnons, par une foule en colère suite à un accident mortel impliquant un conducteur soudanais. La voiture de la jeune fille a été incendiée et celle-ci et ses amis ont été passés à tabac. Les malheureux ont eu la vie sauve grâce à l’arrivée de la police.

    L’agression de trois étudiants africains dans une station du métro de New Delhi. La foule en colère avait pris d’assaut l’abri de police où les étudiants pourchassés s’étaient réfugiés.

    En 2014, trois jeunes étudiants gabonais et burkinabè ont failli être lynchés dans une station de métro de New Delhi. Quelques mois avant, un ministre du gouvernement local a personnellement mené une équipe de policiers en pleine nuit dans un quartier populaire de la capitale pour arrêter des Ougandaises dénoncées par leurs voisins comme étant des prostituées et des droguées.

    En 2013, la télévision indienne a rapporté l’histoire tragique de l’étudiant burundais Yannick Nihangaza, venu se perfectionner en informatique dans une université du Punjab, au nord de l’Inde. Le jeune homme a passé neuf mois dans le coma après s’être fait fracasser la tête par une bande de voyous. Selon le rapport de la police que le père de la victime a pu consulter, l’attaque était de nature raciste. Le jeune homme est depuis sorti du coma mais ne pourra plus jamais mener une vie normale.

    « Cette fois, la coupe est pleine, s’exclame Kasongo Musenga, conseiller à l’ambassade de la RDC en Inde. Ce pays est une destination prisée de nos étudiants. Or depuis quelques mois, pas une semaine ne passe sans qu’on reçoive des demandes d’aide de la part de nos jeunes, se plaignant d’harcèlements et de violences qu’ils subissent quotidiennement. Souvent, ils ont besoin d’aide pour trouver des logements parce que les propriétaires refusent de leur louer des chambres. Mon ambassade pouvait difficilement laisser passer le meurtre d’Olivier sans réagir

    En effet, exaspéré par le peu d’empressement témoigné par les autorités indiennes pour engager des poursuites judiciaires sérieuses contre les auteurs d’agressions racistes, le collectif des chefs de missions africains s’est réuni après le meurtre de l’étudiant congolais pour réfléchir à un mode de protestation adapté. D’après leur communiqué de presse, les ambassadeurs africains envisagent de demander à leurs gouvernements de ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie. « Nos diplomates ont également demandé à rencontrer la ministre des Affaires étrangères pour lui rappeler la nécessité de mettre au point rapidement des programmes éducatifs pour lutter contre les stéréotypes et le racisme qui brouillent la vision qu’a le grand public indien de l’Afrique », a confié Kasungo Musenga.

    Alem Tsehage Woldemariam est l’ambassadeur d’Erythrée en Inde et doyen des ambassadeurs africians en poste à New Delhi. © DR

    Ces interpellations par les diplomates africains gênent les autorités indiennes dont l’embarras n’a d’égal que l’ampleur de leurs ambitions économiques africaines. Les enjeux sont en effet considérables pour l’Inde qui a réuni en octobre dernier, à New Delhi, les chefs d’Etat et de gouvernement des 54 Etats africains dans le cadre du troisième sommet Inde-Afrique. L’objectif était de donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique et commerciale. Economie émergente, l’Inde a besoin de l’Afrique pour assurer les besoins de son industrie en ressources naturelles et en énergie.

    Les entreprises indiennes convoitent aussi les marchés africains en pleine expansion, où elles sont en compétition avec leurs homologues chinois et occidentaux implantés sur le continent depuis plus longtemps. Pour rattraper son retard, l’Inde a proposé aux pays africains un partenariat « gagnant-gagnant » basé sur les transferts de technologies et de savoir-faire. New Delhi a aussi annoncé à l’occasion du sommet d’octobre dernier le doublement des bourses accordées aux étudiants africains désireux de venir étudier en Inde.

    Rappelons que les universités indiennes ont une longue tradition d’accueil d’étudiants africains. L’université Barakhatulla dans l’Etat indien du Madhya Pradesh a attribué l’année dernière un doctorat honoris causa au président somalien Hassan Sheikh Mohamund dans le cadre d’une cérémonie émouvante pendant laquelle le Somalien est revenu sur ses années d’études en Inde, il y a presque trois décennies.

    Plus de bourses, mais aussi le coût peu onéreux des études dans les institutions supérieures indiennes, privées ou publiques, attirent aujourd’hui de plus en plus de jeunes africains dans les campus universitaires à travers le sous-continent. Certains avancent qu’ils seraient au nombre de 30 000, alors qu’ils n’étaient qu’une petite poignée dans les années 1990. Or avec le grand public indien nourri de stéréotypes coloniaux sur l’Afrique et les Africains, la cohabitation Africains-Indiens s’est révélée conflictuelle, conduisant à des agressions racistes qui font désormais la Une de la presse internationale.

    Opération de com’

    L’indignation suscitée dans le milieu diplomatique par le meurtre de l’étudiant congolais de New Delhi a poussé cette fois les autorités indiennes à réagir. Craignant que ces violences ne compromettent la bonne image de partenaire économique viable dont jouit l’Inde sur le continent africain, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a condamné le meurtre, sans pour autant le qualifier de « raciste ».

    La ministre Sushma Swaraj elle-même a expédié un tweet annonçant le lancement d’un programme de sensibilisation pour rappeler aux Indiens que ces agressions contre les étrangers « embarrassent » le pays. Ces timides prises de position suffiront-elles pour mettre fin aux violences ? On peut en douter car, comme l’a écrit la presse indienne, les propos de la ministre sonnent plus comme une banale opération de communication plutôt que comme une véritable condamnation de la montée du racisme anti-africain, alors que la situation exige un geste exceptionnel de la part des responsables au sommet de l’Etat.

    « J’aimerais voir le Premier ministre en personne prendre la parole à la télé, écrivait un éditorialiste respecté de Bangalore au lendemain de l’attaque raciste perpétrée contre la Tanzanienne en février dernier, et exprimer en sa qualité de haut représentant de l’Etat sa repentance pour cette agression raciste. Il devrait inviter la jeune femme à New Delhi pour se faire photographier avec elle, en train de lui offrir de vive voix la repentance de la nation tout entière. »

    Et Tunku Varadarajan d’ajouter : « Il enverra ainsi un message clair à l’Afrique et aux Africains – et par là même à tous les Indiens – qu’un grand pays comme le nôtre ne peut tolérer le racisme. » Pour calmer l’inquiétude des diplomates africains en colère, c’est sans doute ce qu’il conviendrait de faire lorsque les parents du jeune Congolais assassiné seront prochainement à New Delhi pour ramener chez eux le corps de leur fils disparu.

    rfi

  • Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    Bilans contrastés après la journée de mobilisation de l’opposition

    MANIF-GOMA-Après la grande journée de mobilisation de l’opposition, l’heure est aux bilans. Pour la Dynamique de l’opposition, qui organisait cette manifestation, une véritable marée humaine de 200 000 personnes a défilé. Du côté de la police, on parle d’à peine 2 000 manifestants. En tout cas, la ville a tourné au ralenti une bonne partie de la journée, circulation timide et magasins fermés. La preuve d’un soutien tacite, selon l’opposition. La peur des troubles occasionnés, rétorque la majorité. La marche de Kinshasa était l’une des rares autorisées, même si le régime d’autorisation préalable n’existe plus en RDC. Les autorités avaient révisé le tracé jusqu’à la dernière minute, l’éloignant un peu plus du centre-ville et de tout lieu symbolique.

    Pour l’opposition congolaise, la journée de mobilisation du jeudi 26 mai contre la décision de la Cour constitutionnelle, rendue le 11 mai dernier, d’autoriser le président Joseph Kabila à rester au pouvoir en cas de glissement du calendrier électoral et pour la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels est une réussite. Selon les organisateurs, près de 200 000 manifestants ont marché à Kinshasa.

    Pour Martin Fayulu, président de l’Ecide, le message adressé au chef de l’Etat congolais est très clair. « Nous félicitons ce peuple congolais qui a compris que la peur n’est plus de ce monde, que M. Kabila, comme tout Congolais, doit respecter la Constitution, que la Cour constitutionnelle ne peut pas venir semer la confusion, que nos concitoyens qui sont à Beni sont des Congolais à part entière, que ce ne sont pas des mouches et qu’on ne peut pas les tuer comme on l’entend. M. Kabila, c’est fini, il doit partir et le peuple l’a démontré ! Vous avez vu, et ce n’est qu’un début, a-t-il insisté. Et nous disons à la commission électorale de convoquer l’élection présidentielle au plus tard le 19 septembre, sinon nous allons commencer l’opération “Kabila dégage” ! »

    Cent fois moins de manifestants selon la police

    Du côté des autorités, on tire un tout autre bilan de cette mobilisation. La police évoque à peine 2 000 manifestants. Pour Emmanuel Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du parti présidentiel PPRD à l’Assemblée nationale, cette journée est un échec pour l’opposition. « C’est un échec cuisant. La ville de Kinshasa est peuplée de 12 à 14 millions d’habitants. La marche de l’opposition, tous les partis confondus, ils n’ont pas fait 2 000 personnes. C’était un non-événement », affirme-t-il.

    A noter que l’UDPS a participé massivement à la marche de l’opposition à Kinshasa, a indiqué son service de communication. Seule la jeunesse de l’UDPS avait officiellement appelé à manifester au côté des jeunesses de l’UNC et du MLC. Mais dans cette mise au point, le parti d’Etienne Tshisekedi précise que cette mobilisation était conforme à la volonté de son président.

    Incidents, à qui la faute ?

    Mais les deux parties ne s’opposent pas que sur les chiffres. La manifestation de Kinshasa s’est terminée par des échauffourées, des gaz lacrymogènes et des jets de pierre. Qui est à l’origine de ces incidents ?

    Pour le porte-parole de la police, ce sont les manifestants qui n’ont pas respecté le tracé imposé par le gouverneur de la ville. « Les colonnes se sont scindées : une petite a respecté l’itinéraire, une grande colonne s’est entêtée, explique le colonel Mwanamputu, porte-parole de la police. Malgré ça, nous avions négocié qu’ils s’arrêtent face à la maison Schengen. Malheureusement, quand ils sont arrivés là-bas, ils ont forcé le dispositif de la police pour atteindre coûte que coûte l’hôtel du gouvernement. Nous avons dit : pas question. Alors ils ont commencé à jeter des pierres et donc lorsque nous avons vu que nous étions caillassés, on s’est dit que nous n’étions plus en face de manifestants pacifiques, mais face à des émeutiers, donc on les a dispersés à coup de gaz lacrymogènes. »

    Tirs à balles réelles ?

    De son côté, Me Albert-Fabrice Puela, le modérateur de la Dynamique de l’opposition, qualifie ces accusations de « très mauvaise foi ». Il affirme de plus que la police a tiré à balles réelles, ce qu’elle dément, évoquant de simples tirs de dissuasion à balles à blanc. L’opposition, elle, dénonce le fait que trois de ses leaders ont été blessés, dont deux femmes, la secrétaire générale du MLC et l’ancienne modératrice de la Dynamique de l’opposition.

    Une nouvelle marche doit avoir lieu ce vendredi 27 mai à Kinshasa. Il s’agit cette fois d’une marche pour protester contre le manque d’électricité. Le droit à l’électricité en RDC est garanti par l’article 48 de la Constitution, rappellent les organisateurs, parmi lesquels figure Clement Kanku, député de l’opposition. Une marche qui n’a pas reçu d’objection des autorités provinciales.

    Au moins un mort à Goma

    Si à Kinshasa le rassemblement de l’opposition était autorisé, plusieurs marches ont été durement réprimées dans le reste du pays, où les mobilisations étaient interdites. La journée a donc été marquée par des accrochages parfois violents dans plusieurs villes de province.

    José Maria Aranaz, chef du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, faisait état ce jeudi 26 mai au soir de la mort d’un manifestant et d’un membre de la police à Goma, dans l’est du pays. Une information démentie par les autorités. C’est en tout cas à Goma que la répression a été la plus dure. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes puis ont tiré à balles réelles sur la foule, selon Human Rights Watch, qui dénonce un usage excessif de la force. Selon l’ONG, un civil a été tué, six autres blessés, dont des enfants et une femme de 80 ans.

    « Les forces de sécurité ont utilisé non seulement des gaz lacrymogènes, mais aussi des balles réelles, assure Ida Sawyer, chercheuse senior à Human Rights Watch sur la RDC. Jusque-là, nous avons confirmé qu’il y avait au moins un civil tué par balles à Goma et six autres civils blessés, y compris une fille de six ans, un garçon de douze ans et une femme de 80 ans. Ici, à Goma, il y a eu une dizaine de personnes arrêtées et nous appelons les autorités congolaises à assurer que les responsables soient traduits en justice. »

    Des violences sont également à déplorer à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Un jeune étudiant y a été tué, heurté par un camion alors que la police dispersait la foule.

    Aucun incident par contre à Uvira, Bukavu et Bunia où les marches se sont déroulées dans le calme, tandis qu’à Lubumbashi, la police a quadrillé la ville toute la journée pour empêcher les rassemblements. Selon un membre de la société civile locale, deux journalistes ont été arrêtés alors qu’ils filmaient les forces de l’ordre.

  • Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    Affrontements entre policiers et manifestants d’opposition à Kinshasa

    POLICE KIN-Les forces de l’ordre tiraient des grenades lacrymogènes contre la foule d’où fusaient des pierres sur le boulevard du 24-Novembre, une grande artère du nord de la capitale d la République démocratique du Congo.

    Des heurts ont éclaté entre des policiers et plusieurs milliers de manifestants qui protestaient contre l’arrêt de la cour Constitutionnelle autorisant le président Joseph Kabila de rester au-delà des limites de la Constitution si l’élection présidentielle ne se tient pas avant la fin 2016.

    Les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser la foule qui répondait avec des jets pierres, rapportent les journalistes de Radio Top, partenaire de VOA Afrique à Kinshasa.

    L’opposition qui a appelé à la marche, a reçu la veille l’autorisation du gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour elle, l’itinéraire convenu a été respecté et l’intervention musclée des forces de l’ordre ne se justifie pas.

    voa

  • L’opposant Étienne Tshisekedi tacle le facilitateur Edem Kodjo

    L’opposant Étienne Tshisekedi tacle le facilitateur Edem Kodjo

    tshisekedi-Kodjo-Pointé du doigt comme celui qui bloque la mise en place du comité préparatoire du dialogue politique en RDC, Étienne Tshisekedi a répondu mardi à Edem Kodjo, reprochant à la médiation menée par l’ancien Premier ministre togolais de n’avoir pas toujours satisfait à ses préalables.

    Qu’il lève la main celui qui prétend savoir si Étienne Tshisekedi participera, ou non, au dialogue politique annoncé en RD Congo ! Alors que la médiation attend la liste des opposants participants au forum, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a publié, le 24 mai au soir, un communiqué cinglant contre le facilitateur, Edem Kodjo, et les autorités du pays.

    Pour Étienne Tshisekedi, le blocage du processus de dialogue politique en RD Congo incombe au facilitateur qui n’a pas toujours répondu aux préalables posés par l’UDPS.

    Quiproquo entre Tshisekedi et Kodjo

    L’opposant historique congolais, convalescent à Bruxelles, rappelle que sa formation politique et lui-même veulent avant tout « s’assurer de la concordance des vues entre la perception du dialogue politique par le facilitateur et la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies » qui souligne, entre autres, la nécessité d’organiser les élections dans les délais.

    Étienne Tshisekedi attend également une réponse claire d’Edem Kodjo sur sa requête relative à « l’implication des autres membres de la communauté internationale », notamment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Concrètement, l’UDPS sollicite la mise en place d’un panel de facilitateurs, Edem Kodjo ayant été « désigné sans avis préalable de différentes parties congolaises ».

    Autre grief : le leader de l’UDPS dit n’avoir toujours pas réuni les garanties quant à « l’inclusivité du dialogue et la libération des détenus politiques ».

    Tshisekedi s’en prend aussi à Kabila

    Dans son communiqué, Tshisekedi s’attaque enfin au président Joseph Kabila qui « étale, selon lui, le vrai visage de son paradigme politique, en multipliant des actes de provocation, d’intimidation et de terrorisme d’État alors que le peuple congolais attendait [de lui] des signaux forts de détente et de décrispation ».

    Et de dénoncer « le procédé anti-démocratique et le traitement ignoble dont Moïse Katumbi, Christopher Ngoyi, Eugène Diomi Ndongala et d’autres acteurs politiques ou de la société civile sont victimes de la part d’un pouvoir qui, dans le même temps, se complaît à claironner sans convaincre qu’il veut aller à un dialogue politique inclusif ».

    Les conditions des pourparlers sereins en RD Congo sont encore loin d’être réunies…

    JA

  • Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    Moïse Katumbi, que va-t-il faire maintenant ?

    -Après son inculpation pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo, a été autorisé à quitter le territoire national pour suivre des soins médicaux appropriés en Afrique du Sud. Comment compte-t-il rebondir ?

    « Pour l’instant, Moïse Katumbi est toujours sous observation médicale à Johannesburg », affirme un proche de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga. À l’en croire, après des examens de santé et une fois rétabli, rien n’empêchera au candidat déclaré à la présidentielle congolaise de quitter l’Afrique du Sud.

    Que fera-t-il ? Regagnera-t-il immédiatement la RD Congo où le parquet l’a inculpé, jeudi 19 mai, d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ou s’envolera-t-il vers d’autres cieux ?

    Katumbi déjà hors course ?

    « Peu importe sa décision, le scénario voulu par Kinshasa paraît irréversible : disqualifier de la course à la présidentielle un candidat populaire devenu le principal rival du camp présidentiel », confie à Jeune Afrique un magistrat de la capitale congolaise, qui dit avoir déjà traité des « dossiers similaires et sensibles ».

    À l’en croire, il en a été ainsi de plusieurs autres opposants qui se sont retrouvés, avant Moïse Katumbi, dans le collimateur du pouvoir. « En exécutant des instructions venues d’en-haut sans réfléchir, des juges avaient récemment condamné l’ancien député Vano Kiboko, passé à l’opposition, à trois ans de prison alors que les faits infractionnels qui lui étaient reprochés ne pouvaient être punis d’une peine de plus de deux ans », rappelle-t-il.

    Ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule, admet un cadre de la Majorité présidentielle

    Dans le cas Katumbi, les choses se sont précipitées. « L’audition a été suspendue le jour où notre client a été agressé par les forces de l’ordre. Le parquet a promis de la reprendre dès qu’il serait rétabli. Nous n’avons donc pas compris pourquoi le même parquet a finalement choisi de l’inculper sans l’entendre de nouveau », explique un avocat de la défense. Puis, au lendemain de son inculpation, l’opposant, soupçonné d’avoir recruté de supposés mercenaires étrangers, a été autorisé à quitter la RD Congo pour aller en Afrique du Sud recevoir des soins médicaux appropriés…

    « Visiblement, ce n’est pas évident de mettre Moïse Katumbi en taule », admet un cadre de la Majorité présidentielle (MP, la coalition au pouvoir). « Le dossier est complexe et divise au sein même de l’entourage du chef de l’État : d’un côté le camp des durs qui veut poursuivre cette affaire jusqu’au bout – position défendue notamment par des responsables de l’Agence nationale de renseignement (ANR) et certains faucons de la MP -, et de l’autre, un camp plus modéré qui considère qu’il est trop risqué d’avoir les États-Unis à dos en cette période préélectorale déjà tendue », explique-t-il.

    L’Américain Darryl Lewis enfin devant le parquet

    Arrêtés le 24 avril à Lubumbashi lors du meeting de Katumbi dispersé à coups de gaz lacrymogène et transférés dès le lendemain à Kinshasa, l’Américain Darryl Lewis et trois Congolais (Idi Sefu, Yannick Kabinda et Franck Mwashila) proches de l’opposant sont considérés par les autorités congolaises comme des « mercenaires » au service de l’ancien gouverneur.

    Détenus au secret depuis presqu’un mois, « tous les quatre ont été transférés aujourd’hui [24 mai] devant le parquet général de la République où une audition est prévue devant le même magistrat qui a entendu M. Katumbi », a indiqué Me Azarias Ruberwa, l’un des avocats du collectif de la défense. Une « bonne nouvelle, selon cet ancien vice-président de la République, car leur détention était très irrégulière ».

    Hormis le citoyen américain, les trois suspects congolais n’ont jamais reçu de visite ni de leurs familles ni de leur conseil. Ce qui fait craindre une « extorsion de faux témoignages pour fabriquer des preuves contre Katumbi », relève un autre avocat du collectif.

    Katumbi-Tshisekedi de nouveau à l’ordre du jour

    Concernant le dossier principal, des avocats affirment toutefois continuer à travailler pour que l’inculpation de Moïse Katumbi soit retirée. « Contrairement à ce que le porte-parole du gouvernement a indiqué, l’affaire n’est pas passée en phase juridictionnelle, nous continuons à discuter avec le parquet parce que ce dernier n’a pas entendu notre client comme il était prévu », explique Me George Kapimba.

    En attendant, Moïse Katumbi est « annoncé dans le courant de la semaine à Bruxelles », selon certaines indiscrétions au sein de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Une « rencontre autour d’Étienne Tshisekedi [leader historique de l’UDPS] » est en effet en gestation dans la capitale belge. Elle connaîtrait la participation de Katumbi, ou du moins du G7, regroupement politique qui soutient la candidature de Katumbi à la présidentielle. « Les lignes bougent… », souffle un membre de la coalition.

    Moïse Katumbi veut toujours rassembler l’opposition

    Dans l’entourage de Katumbi, l’on ne confirme pas un imminent tête-à-tête entre ce dernier et Tshisekedi. Ses proches se contentent d’affirmer que des « négociations » sont en cours avec l’UDPS et le G7 pour « harmoniser les vues ». « Mais Moïse Katumbi demeure dans sa droite ligne, celle de rassembler toute l’opposition. Il avait déjà rencontré Étienne Tshisekedi  et d’autres opposants dans cette optique. Naturellement, le G7, allié de Katumbi, s’inscrit aujourd’hui sur la même ligne », explique l’un d’eux.

    Pourrait-on envisager de voir Katumbi sur la liste des opposants participant au dialogue politique, convoqué par le président Kabila, que Tshisekedi s’apprête à envoyer au facilitateur Edem Kodjo ? « Ce serait réducteur de résumer les tractations entre l’UDPS et G7 à une histoire de liste alors que les deux parties, malgré leurs différences d’approche, travaillent sur le respect de la Constitution et celui des délais qu’elle impose pour l’organisation des élections, l’alternance démocratique et la nécessité d’avoir une candidature commune de l’opposition », avance-t-on dans l’entourage de Katumbi.

    JA