-Le président congolais Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, pourra rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, si l’élection présidentielle censée avoir lieu cette année n’a pas lieu, selon un arrêt rendu par la Cour constitutionnelle.
La Cour, qui siégeait à Kinshasa, répondait à une requête en interprétation déposée par la majorité, alors que la perspective de la tenue du scrutin en 2016 s’éloigne chaque jour davantage.
“Suivant le principe de la continuité de l’État et pour éviter le vide à la tête de l’État, le président actuel reste en fonctions jusqu’à l’installation du nouveau président élu”, indique cet arrêt lu par le président de la Cour, Benoît Luamba.
Les députés de la majorité au pouvoir avaient introduit la requête alors que l’opposition et la société civile faisaient pression pour la tenue de la présidentielle dans le délai constitutionnel, évoquant même un possible intérim par le président du Sénat en cas de vide juridique.
Sur VOA Afrique, l’opposant Vital Kamerhe parle “d’une révision constitutionnelle déguisée et d’un referendum que ne dit pas son nom”.
Le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC) “appelle le peuple congolais à se mobiliser” et estime que “la cour constitutionnelle a signé son arrêt de mort”.
La Commission électorale nationale indépendante a, quant à elle, prévenu que la tenue de ce scrutin ne pouvait pas avoir lieu avant la révision du fichier électoral qui, selon elle, pourrait prendre entre 13 à 16 mois.
La tension monte au fur et à mesure que l’échéance constitutionnelle de novembre 2016 se s’approche.
Le président Joseph Kabila a convoqué un dialogue politique en vue de discuter de l’élection mais une bonne partie de l’opposition le boycotte, accusant le pouvoir de manœuvrer pour retarder le scrutin et permettre au chef de l’Etat de rester en place.
La Constitution n’autorise pas M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, à briguer un troisième mandat.
Il a été élu deux fois après avoir remplacé son père Laurent-Désiré Kabila assassiné au pouvoir dans des conditions qui n’ont jamais été définitivement élucidées.
-Moïse Katumbi est sorti libre lundi du Palais de justice, à Lubumbashi, pour y être entendu sur l’affaire du recrutement des mercenaires étrangers dont l’accuse le gouvernement.
L’ancien gouverneur, Moïse Katumbi, est ressorti libre après son audition au Palais de justice.
Depuis la semaine dernière, Moïse Katumbi est accusé d’avoir recruté des mercenaires américains et sud-africains, cinq mois avant l’élection présidentielle.
L’ancien gouverneur parle d’”acharnement sur personne”. À Kinshasa, des opposants expriment leurs inquiétudes. Ils estiment que cette affaire vise à détourner l’attention des Congolais alors que l’élection se rapproche à grand pas.
L’arrivée de Moïse katumbi au palais de la justice
Dominique Dinanga de TOPCONGO FM, notre station partenaire à Kinshasa, est allé sur place pour VOA Afrique et prendre la température.
Des centaines de personnes scandant des slogans à sa gloire ou hostiles au président congolais Joseph Kabila ont été contenus sans violence à environ 300 mètres du bâtiment.
Accompagné de son épouse, d’alliés politiques, de ses avocats, et de joueurs de son club de football, TP Mazembe, M. Katumbi a pénétré dans l’immeuble avec une centaine de personnes.
“Ma lutte est pacifique, et la démocratie, c’est savoir dire oui ou non, et j’ai dit non aux glissements dans notre pays”, a expliqué l’ancien gouverneur au micro de VOA Afrique, avant de poursuivre : “Ils ont cité les États-Unis et l’Afrique du Sud, je ne sais pas si on recrute des mercenaires à Washington, parce que la société que je suis allé consulter pour ma sécurité personnelle à Washington, c’est une société qui existe, et en Afrique du Sud, je n’ai jamais demandé ma sécurité.”
Pour l’opposition, “l’objectif est de désorienter les gens, leur attention, lors des élections et la fin du mandat” tout en se demandant pourquoi des mercenaires auraient été recrutés.
L’opposition crie “au complot pour assassiner la démocratie”.
Le climat politique est très tendu depuis des mois en RDC en raison de l’incertitude liée au très probable report de l’élection présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.
Aux termes de la Constitution, M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, et dont le mandat finit en décembre, n’a pas le droit de se représenter.
“Manoeuvres d’intimidation”
Dans un communiqué consacré à son affaire, l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) dénonce des “manoeuvres d’intimidation à l’encontre d’un candidat à la présidence”.
L’enquête en cours “semble inspirée par des motifs politiques” contre M. Katumbi, âgé de 51 ans, et “ses proches partisans”, écrit HRW, affirmant ainsi que 27 d’entre eux ont été arrêtés “entre le 22 avril et le 7 mai à Lubumbashi”.
-En République démocratique du Congo, la justice congolaise veut entendre Moïse Katumbi. L’ex-gouverneur du Katanga, candidat déclaré à la présidentielle, est convoqué lundi par le parquet général de Lubumbashi. Le mandat de comparution pour lundi 9 mai a été officiellement reçu ce samedi matin par les avocats de Moïse Katumbi, après plusieurs heures de confusion autour d’une première convocation pour aujourd’hui.
Dès vendredi, un premier mandat de comparution circulait sur les réseaux sociaux. Dans ce document, le parquet convoquait Moïse Katumbi à 10 heures ce samedi pour « être entendu sur les faits à lui imputés ».
Selon une source officielle locale, une simple invitation à se présenter avait d’abord été envoyée, invitation à laquelle l’ex-gouverneur n’aurait pas répondu, d’où l’émission de ce mandat de convocation.
Mais de son côté, Moïse Katumbi affirme n’avoir reçu ni cette invitation, ni le mandat à comparaître ce samedi. Il a donc envoyé ses avocats au parquet ce matin pour confirmer l’existence d’un tel mandat. Et c’est lors de cette visite qu’un nouveau document, intitulé « Deuxième mandat de comparution » leur a été remis, qui convoque cette fois l’ex-gouverneur lundi prochain, à 10H00, devant le parquet général de Lubumbashi.
Le document ne précise pas sur quel fait porte l’audition, mais depuis mercredi 4 mai, une enquête a été ouverte sur demande du ministre de la Justice, qui a accusé l’ex-gouverneur d’avoir recruté des mercenaires, notamment américains.
Moïse Katumbi, lui, affirme qu’il répondra à cette convocation : « Bien sûr que je ne suis pas au-dessus de la loi. Je vais répondre. Vous savez, ma conscience est tranquille, ma vie très pacifique. Je n’ai rien à cacher. C’est pourquoi j’ai demandé qu’on puisse faire une enquête avec la communauté internationale ensemble. Vous aviez vu vous-même le communiqué de l’ambassade des Etats-Unis. Est-ce que l’on recrute des mercenaires à Washington ? Le cabinet que j’ai vu à Washington, c’est un cabinet très bien connu. Je n’ai pas peur. J’irai là-bas. Je ne me reproche absolument rien du tout ».
Moïse Katumbi dénonce par ailleurs la perquisition aujourd’hui dans l’une de ses propriétés, une ferme située à 20 kilomètres de Lubumbashi, sans sa présence ou celle de ses avocats. Une information non confirmée par les instances judicaires, qui se refusent à tout commentaire à ce stade de l’enquête.
-Le gouvernement de la RDC a réagi à la mise au point de l’ambassade américaine sur les allégations de mercenariat impliquant des ressortissants des Etats-Unis en relation avec Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine présidentielle.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, déclare, dans un communiqué, “qu’il est inapproprié de parler d’allégations” quant à l’enquête judiciaire que Kinshasa mène depuis l’arrestation de l’américain Darryl Lewis à Lubumbashi.
Selon M. Mende, le gouvernement de la RDC a commandé l’enquête judiciaire suite aux déclarations faites par M. Lewis lui-même après été pris en flagrant délit de troubles à l’ordre public à Lubumbashi le 24 avril dernier. “Les procès-verbaux de son audition faisant foi”, souligne M. Mende.
Si fausses allégations il y a dans cette affaire, elles sont donc le fait de M. Darryl Lewis, affirme le porte-parole du gouvernement congolais.
M. Mende soutient que M. Darryl qui a obtenu son visa de séjour en RDC en se déclarant expert agricole, alors que lors de audition en présence de représentants de l’Ambassade américaine à Kinshasa et de ses avocats, il a reconnu sa seule qualité d’expert en armements et en matière de sécurité.
“Qu’il n’ait pas été porteur d’armes à feu lors de son interpellation n’enlève rien au fait qu’il a usé de fausses déclarations sur ses activités et intentions réelles, ce qui constitue une infraction pénale. Les enquêtes initiées par la justice congolaise en détermineront les raisons”, souligne m. Mende.
D’autres Américains comme Nickloson Maurice Allan, Allan Green Coleman, David John Mercer, James Logan Jones, Toon Juniro Leonard O’Neil sont aussi, selon M. Mende, concernés par les enquêtes. Ils ne sont les seuls car d’autres sujets étrangers qui ont récemment séjourné illégalement en RDC, sont aussi vissés.
“Nous sommes au courant de la détention le 24 avril d’un citoyen américain qui travaillait au Katanga comme conseiller en sécurité. M. Darryl Lewis n’était pas armé et les allégations selon lesquelles il était impliqué dans des activités mercenaires sont fausses. Nous comprenons qu’il travaille dans une société privée américaine qui fournit des services de consultation à des clients à travers le monde entier”, avait précisé l’ambassade dans un communiqué.
Le gouvernement a ordonné l’ouverture de l’enquête alors que moïse Katumbi acceptait de se présenter comme candidat à la prochaine élection présidentielle comme le lui demandent plusieurs plateformes de l’opposition.
M. Katumbi a, pour sa part, dénoncé un montage et crié aux accusations fallacieuses.
La tension continue à monter en RDC à l’approche du délai constitutionnel de la présidentielle (avant décembre 2016).
L’opposition accuse le président Kabila de retarder la présidentielle et de vouloir se représenter alors que la Constitution le lui interdit pour avoir fait plus de deux mandats. La tenue de cette élection dans le délai de la Constitution, devient hypothétique car la Commission électorale nationale indépendante (CENI) voudrait avant tout réviser le fichier électoral, une opération qui, selon elle, durera entre 13 à 16 mois.
Selon des sources place, les anciens gardes de M. Katumbi ont été arrêtés. Deux Chinois ont aussi été mis aux arrêts suspectés de vouloir essayer de le sortir du pays. Les contrôles sont renforcés à la frontière avec la Zambie.
-Selon le ministre de la Justice, lors des interrogatoires, M. Lewis Darryl puisant dans sa malice, s’est d’abord présenté comme un spécialiste en agriculture venu apporter son expertise à M. Katumbi, dans ses fermes, ensuite comme spécialiste dans le domaine médical avant de révéler en fin sa véritable identité et son rôle auprès de son mentor. Des sources proches du dossier indiquent que l’Américain Lewis Darryl a révélé être à la tête d’un groupe de sept (7) autres mercenaires américains, tous anciens militaires marines avec lesquels ils s’exerçaient à la fois comme garde du corps et agent de sécurité au service de M. Moïse Katumbi
*Les Congolais sont en droit de se poser plusieurs questions, notamment celle de savoir, pourquoi un ancien gouverneur, censé avoir la maîtrise des prescrits des lois de la République, pouvait inviter ou s’entourer d’anciens militaires étrangers, sans en informer au préalable le gouvernement de la République, si ce n’est dans l’ambition de nuire? Pourquoi alors avoir invité ces anciens militaires américains avec la couverture de la profession médicale, si ce n’est que dans l’intention de cacher une idylle? Pourquoi avoir d’abord nié l’existence dans son entourage immédiat de ces mercenaires avant de se raviser plus tard?
Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Il y a quelques jours, l’affaire de mercenaires américains dans la province du Haut-Katanga dans l’entourage immédiat du gouverneur de l’ex-Katanga, avait circulé comme une rumeur que d’aucuns ne s’étaient empêchés de qualifier de balivernes. Mais avec l’évolution du temps, l’affaire prenait une nouvelle tournure que le commun des mortels commençait à y croire, au regard de certains éléments de preuve qui circulaient ci et là dans certains milieux.
L’empressement des proches de M. Moïse Katumbi qui ont inondé les réseaux sociaux avec des dénégations mêlées d’injures à l’endroit du pouvoir en place et ce, en plus des déclarations intempestives aux allures d’un bateau en dérive, ont fini par pousser le gouvernement, à travers le ministre de la Justice, Maître Alexis Tambwe Mwamba à sortir du silence, afin de pouvoir fixer l’opinion face aux élucubrations d’auto disculpation faites du haut de toitures pour attirer l’attention de qui pouvait encore venir au secours.
Le Ministre de la Justice, faisant état d’un dossier documenté en sa possession, donc qui ne trompe pas, s’est voulu très rassurant devant les chevaliers de la plume et les lumières de camera en hâte de savoir le dessous d’un dossier que certains voulaient malencontreusement assimiler à un acharnement politique. Loin s’en faut, déclare Tambwe Mwamba qui, dans son récit, a brandi toutes les preuves sur lesquelles se fonde sa conviction.
Lewis DARRYL, la pièce maîtresse
Lors d’une manifestation illégale, le 24 avril à Lubumbashi, les éléments de la Police Nationale Congolaise avaient mis la main sur quatre personnes, visiblement déterminées à franchir la barrière policière en dépit des sommations des forces de l’ordre. A l’identification de ces derniers, il se révèlera qu’un de ces quatre est un sujet américain du nom de Lewis Darryl, qui ne connait rien des artères de la capitale cuprifère et que d’autres étaient des gardes du corps de M. Moïse Katumbi Chapwe, en l’occurrence un certain Mwashila Frank.
Selon le Ministre de la Justice, lors des interrogatoires, M. Lewis Darryl puisant dans sa malice, s’est d’abord présenté comme un spécialiste en agriculture venu donner son expertise à M. Katumbi, dans ses fermes, ensuite comme spécialiste dans le domaine médical avant de révéler en fin sa véritable identité et son rôle auprès de son mentor.
Devant témoins, le mercenaire américain Lewis Darryl a révélé être un ancien militaire (Marines), donc commando de l’Armée américaine, aujourd’hui utilisé par la société « Thom Group International », basée aux USA et qui prête ses services à qui le demande, pourvu que la facture soit honorée. Doté d’une spécialité en maniement d’armes de différents types dont il avait reçu plusieurs prix et distinctions en tant que tireur d’élite, le mercenaire Darryl a déjà effectué plusieurs missions analogues dans beaucoup de pays du monde dont Kosovo et Afghanistan avant d’être recruté par le Président du TP Mazembe M. Moïse Katumbi.
Selon les sources proche du dossier, l’Américain Lewis Darryl a révélé être à la tête d’un groupe de sept (7) autres mercenaires américains, tous anciens militaires marines avec lesquels ils s’exerçaient à la fois comme garde du corps et agents de sécurité au service de M. Moïse Katumbi.
Des combines trompe-l’œil
Depuis sa démission de son poste de gouverneur de l’ex-Katanga, M. Moïse Katumbi s’était, pour des raisons propres, délesté de sa garde au profit d’une ceinture des personnes qui paraissaient attirer l’attention de plus d’un, mais qui, curieusement, disparaissaient pour ne réapparaitre qu’au gré des circonstances. Au fil des jours, à en croire des sources judiciaires, tout sera conclu que M. Katumbi s’est entouré d’une garde de militaires étrangers présentés, en passant pour des compatriotes congolais, et dont l’arrestation d’un des leurs, Lewis Darryl a véritablement fait tomber les masques.
Pour faire entrer ces mercenaires au pays, à en croire des sources judiciaires, M. Moïse Katumbi s’est servi de société de gardiennage installées à Lubumbashi, dénommée Pomba One Security, dirigée par son propre garde du corps, Mwashila Frank qui a signé des invitations pour faire venir à Lubumbashi la première vague de ces mercenaires constituée de Lewis Darryl, Nicholson Maurice Alan et de Adames Christopher, tous anciens militaires américains, invités comme venant pour une mission médicale. Bizarre, tout ça pour simuler leur véritable mission en République Démocratique du Congo.
Alors qu’à leur arrivée à l’aéroport de la Luano, ces pseudos-médecins avaient déclaré loger à l’Hôtel Karavia, ils n’y sont même pas arrivés et se sont retrouvés curieusement hébergés dans les résidences de M. Moïse Katumbi pour le « Vrai job ». M. Frank Mwashila, garde du corps de l’ex-gouverneur et présenté comme le patron de « Pomba One Security » dont l’existence est aussi illégale, ne nie pas non plus le fait, tout en confirmant que les personnes qu’il invitait n’étaient pas pour le compte de sa société mais plutôt pour le compte de Moïse Katumbi qui devrait les utiliser à sa guise.
Cependant, se servant de la même invitation, cette fois en scannant la signature, le réseau de M. Katumbi a de nouveau fait venir, avec le même motif, donc médical, une autre vague d’anciens militaires américains constituée de Easterling Eugène Rubin (passeport 524309303), Colman Glen Elen (PP n° 542508907) et de Toon Jr Leonard O’Neal (PP n0488837400).
Comme pour la première vague, ces derniers donnant leurs adresses à l’Hôtel Karavia, sont passés outre jusqu’à la résidence de l’ex-gouverneur où ils ont pris du quartier pour renforcer l’équipe déjà en place et passer à l’essentiel. Toutes ces combines n’auront été que pour tromper la vigilance des Congolais sur l’essentiel de la mission de ces mercenaires. Comme Dieu aime le Congo, l’arrestation de Darryl Lewis aura permis de mettre à nu un plan machiavélique qui allait à nouveau endeuiller la Nation.
Dos au mur
Depuis l’éclatement de cette affaire, l’ex-gouverneur du Katanga est monté sur ses chevaux. Il ne laisse aucune accusation pour clamer son innocence jusqu’à qualifier de montage éhonté tout ce dont la Justice l’accuse. Mais pour plus d’un observateur, une chose est de crier au ponce Pilate, une autre est de démonter les évidences qui se présentent, au regard du récit du Ministre de la Justice, comme des axiomes qui n’ont pas besoin d’être vérifiés puisque claires et limpides comme l’eau de roches.
M.Lewis Darryl, le mercenaire en état d’arrestation, ne se dédie pas et tient mordicus être venu au Haut-Katanga avec ses collègues, au service de M. Katumbi.
Bien des questions que des citoyens congolais, se posent est de savoir pourquoi, un ancien gouverneur, censé avoir la maîtrise des prescrits des lois de la République pouvait inviter ou s’entourer des anciens militaires étrangers sans en informer au préalable le gouvernement de la République, si ce n’est dans l’ambition de nuire? Pourquoi alors avoir invité ces anciens militaires américains avec la couverture de la profession médicale si ce n’est que dans l’intention de cacher une idylle?
Pourquoi avoir d’abord nié l’existence dans son entourage immédiat de ces mercenaires avant de se raviser plus tard? Le chairman de la prestigieuse équipe de football TP Mazembe a l’air de souffler le chaud et le froid et doit avoir le courage d’affronter la Justice de son pays, pour se disculper que de se cacher derrière le rituel crédo « acharnement politique ».
-En RDC, Moïse Katumbi se dit victime d’intimidation du pouvoir, qui aurait envoyé des forces de sécurité jeudi à son domicile, au lendemain de l’annonce de la candidature de l’ex-gouverneur du Katanga à la présidentielle. Le gouvernement dément formellement ces allégations.
L’ancien gouverneur du Katanga se dit victime d’intimidations de la part du pouvoir. Il affirme que des membres de l’ANR, l’Agence nationale des renseignements, et de la police, ont entouré ce jeudi à plusieurs reprises sa propriété. Moïse Katumbi affirme que ces éléments se seraient repliés par deux fois, à l’arrivée de la Monusco, dont il a sollicité la protection.
« Le matin d’abord il y a eu des agents de l’ANR qui sont arrivés, avec des Jeeps, avec le directeur de l’ANR-ville, ”Monsieur Eric”. Après, j’avais appelé la Monusco, la Monusco est venue, ils ont trouvé les deux Jeeps de l’ANR qui étaient là, et après, ces deux Jeeps, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, ils étaient partis. La Monsuco est restée je crois jusque vers 11h30 ou midi. Quand la Monusco était partie, on a vu des Jeeps de la police qui sont venues, donc quatre Jeeps, deux qui étaient derrière ma maison, et deux autres devant la maison. Et j’ai rappelé la Monusco pour leur dire : écoutez il y a maintenant quatre Jeeps de policiers, et la Monusco est revenue. Quand la Monusco était en train d’entrer sur mon avenue, les Jeeps sont reparties. Et jusque-là, la Monusco est encore sur mon avenue ».
Moïse Katumbi se dit déterminé à maintenir sa candidature à la présidentielle, malgré ce qu’il qualifie de tentative d’intimidation. Il demande également une enquête internationale pour faire la lumière sur les accusations portées contre lui mercredi par le ministre de la Justice. Ce dernier a annoncé l’ouverture d’une enquête concernant l’ex-gouverneur, accusé d’avoir recruté des mercenaires étrangers, notamment Américains.
« Information complètement infondée »
Faux, rétorque de son côté le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, qui précise que si Moïse Katumbi fait bien l’objet d’une enquête, celle-ci n’en est qu’à ses débuts : « Je m’étonne parce que nous avons vérifié cette information, elle s’avère complètement infondée, il n’y a aucune raison pour que des gens de l’ANR ou de la police aillent rôder autour de la maison de Monsieur Katumbi. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a demandé au parquet d’entendre une série de personnalités qui ont été citées dans l’affaire d’anciens militaires qui se sont retrouvés au Congo en violation de la législation sur le séjour. Monsieur Katumbi est parmi ces personnes, il y a des pasteurs, il y a des diplomates, il y a des commerçants, beaucoup de gens, mais à ma connaissance il n’y a même pas encore une invitation à Monsieur Katumbi par le parquet. Donc je ne vois pas pourquoi des agents des services de sécurité iraient rôder, c’est assez étonnant ».
De son côté, l’ambassade américaine à Kinshasa s’est dite « profondément préoccupée » par les accusations du ministre de la justice. « Nous sommes au courant de la détention le 24 avril d’un citoyen américain qui travaillait au Katanga comme conseiller en sécurité. il n’était pas armé et les allégations selon lesquelles il est impliqué dans des activités mercenaires sont fausses », écrit l’ambassade sur twitter.
-John Kerry persiste et signe : il faut respecter le calendrier électoral en RDC
A New York, le 20 avril, en marge de la cérémonie de signature de l’accord de Paris sur le changement climatique, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a eu des entretiens avec le président Joseph Kabila. M. Kerry lui a encore répété qu’il faut en RDC des élections crédibles et à temps. Il rappelé qu’une transition pacifique en RDC permettrait au président kabila de consolider son héritage.
M. Kerry a aussi signalé que Kinshasa devrait permettre aux citoyens congolais de s’exprimer librement sans intimidation. Le 20 avril, la police a usé de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants de l’opposition à Lubumbashi. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés dont 4 étrangers par lesquels un Américain.
Réponse de Kinshasa à Washignton
Sur VOA Afrique, Lambert Mendé ministre de la communication et porte-parole du gouvernement déclare : “c’est un peu bizarre que le ministre des affaires étrangère d’un pays étranger demande au président de la République Démocratique du Congo, qui a prêté serment de respecter la Constitution donc de respecter le calendrier électoral qui sera publié par la CENI, de le faire. Comme s’il était en charge de vérifier le respect par notre président de ses engagements constitutionnels ! C’est un peu bizarre. Mais enfin, il n’y a aucun problème. Le calendrier électoral sera scrupuleusement respecté, c’est-à-dire le calendrier que la CENI va publier.”
-De Mobutu à Kabila, depuis quatre décennies, l’ombrageux Étienne Tshisekedi tient tête à tous les pouvoirs, ce qui lui vaut une grande popularité. Âgé et malade, livrera-t-il son dernier combat lors de la présidentielle ?
Quarante ans. Voilà quarante ans qu’il tient tête aux chefs d’État qui se sont succédé aux commandes de la RD Congo. Aujourd’hui encore, Étienne Tshisekedi, 83 ans, reste persuadé qu’il est l’unique chef légitime du peuple congolais. Et refuse obstinément de reconnaître l’autorité de Joseph Kabila. Il a beau vivre depuis deux ans dans un petit immeuble de Woluwe-Saint-Pierre, une commune chic de Bruxelles, rien n’y fait : l’opposant historique croit dur comme fer en son destin.
À Kinshasa il est vrai, le « président », comme il aime se faire appeler par sa cour, continue à peser sur la vie politique. Dans les quartiers populaires, les derniers « parlementaires debout » l’attendent comme le messie. Guettant chaque jour les rares informations qui filtrent depuis la Belgique, ils s’interrogent sur les revirements de leur champion. Depuis un an, le moins que l’on puisse dire est qu’il les a multipliés…
Après des décennies de lutte, Tshisekedi avait en effet semblé lâcher prise en mai 2015. Il avait alors envoyé des émissaires entamer des négociations avec le gouvernement. Des réunions, censées rester secrètes, avaient été organisées à Venise ou à Ibiza, loin des yeux de la diaspora. Pour Joseph Kabila, un accord avec son irréductible opposant aurait représenté un joli coup politique.
« Quand il a appris que le camp présidentiel proposait des postes, il a flairé le piège et a tout arrêté », Félix Tshisekedi
Il lui aurait permis d’apaiser une rue toujours prête à s’enflammer, comme l’ont montré les émeutes de janvier 2015. Voire de négocier son maintien au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel qui, en principe, doit s’achever à la fin de 2016. Si l’éternel opposant y consentait, qui, à Kinshasa ou en Occident, pourrait y trouver à redire ?
L’affaiblissement de Tshisekedi rendait cette ouverture possible. Victime d’un malaise (un AVC, selon certains proches), il avait été évacué de la capitale congolaise par avion médicalisé en août 2014. Depuis, il n’apparaissait plus que sur des vidéos. Celles-ci, hachées par des coupes nombreuses, ne rassuraient pas vraiment sur son état de santé. On doutait alors de sa capacité à prononcer un discours jusqu’au bout.
On murmurait que son entourage le manipulait et qu’il était prêt à brader l’image de l’icône vieillissante en échange d’une poignée de maroquins ministériels. Ces pourparlers avec le pouvoir s’étant vite ébruités, les « combattants » – les ultras de la diaspora -, dénonçant une trahison, commençaient à manifester à Bruxelles. « Nous étions en train d’y laisser des plumes », confie un cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Tshisekedi.
Et là, coup de théâtre : dans l’un de ces retournements dont il a le secret, le « vieux » suspend les négociations sans crier gare. « Ses proches en étaient à discuter de la répartition des postes, ironise un fin connaisseur de l’opposition, à Bruxelles. Même eux ont été surpris de son revirement. » « Quand il a appris que le camp présidentiel proposait des postes, il a flairé le piège et a tout arrêté », confirme son fils Félix.
Après des semaines de silence, le Sphinx finit par se prononcer. Pour dire non, encore une fois. « Le pouvoir s’est fait avoir, assure un ministre. On a cru pouvoir amadouer Tshisekedi. Mais il est incontrôlable. »
Ce caractère lui a peut-être coûté le pouvoir et l’a assurément privé d’alliances.
Pour le meilleur et pour le pire, l’octogénaire à la mine renfrognée refuse de changer de cap. Fidèle à lui-même : têtu comme une mule et imprévisible, même pour ses alliés. « Je crois avoir eu son oreille lorsque je le conseillais, témoigne Albert Moleka, son ancien directeur de cabinet. Mais personne ne peut se targuer d’avoir une influence totale sur lui. » Dans son entourage, qui lui est tout acquis, il reste ce patriarche luba que personne n’ose contester. « S’il était au pouvoir, je crois qu’il serait plus autoritaire encore que Kabila », assure un visiteur régulier.
Ce tempérament volcanique lui vaut, aussi, son exceptionnelle popularité. Dans une classe politique où tant ont renoncé à leurs idéaux pour un poste, il est le seul à n’avoir jamais collaboré avec le régime Kabila. Mais ce caractère lui a peut-être coûté le pouvoir. Et l’a assurément privé d’alliances. Car avec le reste de l’opposition aussi, Tshisekedi souffle le chaud et le froid. Ces derniers mois, c’était avec le Front citoyen 2016, cette coalition de l’opposition et de la société civile formée pour obtenir le départ de Kabila. Félix Tshisekedi était présent à Dakar, en décembre 2015, lors de son lancement.
Jusqu’à présent pourtant, l’UDPS n’a signé aucun accord. Son leader « n’a pas confiance dans certains opposants, explique un cadre du Front. Il veut s’assurer que personne n’a l’ascendant. En même temps, il demande à bénéficier d’un statut particulier… » Exiger pour lui-même ce qu’il refuse aux autres ? L’ego de Tshisekedi est tout aussi légendaire que son obstination. « Sa conception du pouvoir est celle de sa génération, celle de Mobutu, assure un compagnon de route. Pour lui, le pouvoir ne se partage pas. »
De brefs débuts en politique avec Mobutu
Avant sa rupture avec le « maréchal-président », Tshisekedi a été l’un de ses plus proches collaborateurs. Après le coup d’État mobutiste de 1960, il entre dans son premier gouvernement, celui des commissaires spéciaux, qui traque Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance, puis le remet à ses assassins. Tshisekedi est alors étudiant à l’université Lovanium, à Kinshasa. À 27 ans, le jeune Kasaïen voit dans l’indépendance une promesse d’ascension rapide. D’autant que l’éducation que lui a dispensée son père, Alexis Mulumba, catéchiste, lui a permis de s’extraire d’un milieu plutôt modeste. Il sera l’un des premiers Congolais à obtenir un diplôme de droit, en 1961. Cela explique peut-être qu’il se montre aussi pointilleux sur les textes et les procédures.
Avec le second coup d’État de Mobutu, en 1965, Tshisekedi se voit attribuer de nouvelles responsabilités. Il est nommé au très stratégique ministère de l’Intérieur. L’une des pages les plus sombres du mobutisme s’écrit sous son autorité, celle des « martyrs de la Pentecôte ». Accusés de complot contre le régime, quatre responsables politiques ont les yeux crevés, puis sont pendus dans le grand stade de Kinshasa, le 1er juin 1966.
La terreur qui s’empare alors du pays permet d’asseoir la dictature. La carrière de Tshisekedi, elle, se poursuit à vive allure. En 1967, il est l’un des rédacteurs de la Constitution et du manifeste de la Nsele, l’acte fondateur du parti unique. Deux ans plus tard, il est nommé ambassadeur au Maroc. Il tiendra à peine plus d’un an. « Il s’exprime très franchement, commente son fils Félix. Je crois qu’il n’était pas fait pour la diplomatie… »
La rupture avec Mobutu ne survient qu’en 1980. Dans une lettre ouverte, qu’il signe avec douze autres parlementaires, il a alors l’audace de dénoncer les dérives du régime. Deux ans plus tard, il participe à la création de l’UDPS, dans la clandestinité. Pourquoi entre-t-il en rébellion ? « C’est une histoire de femmes », assure un bon connaisseur de l’ancien régime.
Mobutu avait en effet pour habitude d’humilier ses collaborateurs en leur volant leurs compagnes. « Propagande ! balaie Félix Tshisekedi. La rupture est née du massacre des mineurs sur le site diamantifère de Katekelayi, près de Mbujimayi, en 1979. Alors que le pouvoir essayait d’étouffer l’affaire, mon père et d’autres députés originaires de la région demandaient des comptes. »
Entre aura grandissante et bataille d’égo
Dans les années 1980, ses multiples incarcérations lui confèrent une aura sans égale, ce qu’il ne tarde pas à comprendre. « J’ai fait sa connaissance en 1988, explique le Dr Tharcisse Loseke, resté proche de lui depuis. J’étais chef du service de neurologie à la clinique universitaire de Kinshasa.
Il avait reçu un coup à la tête lors d’une manifestation réprimée par les services de sécurité. On l’a sorti de sa geôle pour que j’écrive un rapport le déclarant fou. J’ai refusé. Je voulais toutefois l’hospitaliser pour lui éviter la détention. Il m’a dit : « Non, en prison, je gêne davantage Mobutu. » »
En 1990, lorsque survient la conférence nationale instaurant le multipartisme, Tshisekedi, au faîte de sa gloire, est désigné chef de l’opposition et de la société civile. À partir de là, son histoire sera une suite d’occasions manquées. Mobutu consent à le nommer Premier ministre en octobre 1991 ? Au moment de signer sa prestation de serment, il raye d’un trait de plume toutes les dispositions qui le soumettent au chef de l’État.
Il est immédiatement révoqué. Ce scénario se répète au cours des années 1990. « Les Américains lui disaient : « Devenez Premier ministre, vous marginaliserez Mobutu progressivement », raconte un ancien conseiller. Son inconstance a fini par les lasser. »
Pendant ce temps, le pays sombre. Mais rien n’arrête la bataille d’ego qui l’oppose à Mobutu. Pas même l’invasion de la RD Congo, en 1996, par Laurent-Désiré Kabila, aidé du Rwanda et de l’Ouganda. Quand le rebelle chasse Mobutu et prend Kinshasa par les armes, Tshisekedi revendique à nouveau le pouvoir. Le vainqueur lui propose un tracteur pour aller cultiver ses champs…
« Personne ne contestait l’hégémonie de Tshisekedi »
Tandis que les mouvements armés se multiplient dans tout le pays, Tshisekedi se refuse à militariser son parti. C’est une constante chez lui : certes, ses partisans provoquent régulièrement des troubles en marge de leurs manifestations, mais jamais leur chef n’a tenté de s’emparer du pouvoir par la force. « Certains membres du parti avaient commencé à stocker des armes dans le Kasaï, explique un ancien proche. Tshisekedi a menacé de démissionner pour s’opposer à cette option. »
En 2006, pour solder un conflit interminable, la première présidentielle multipartite de l’histoire de la RD Congo est enfin organisée, sous l’égide de la communauté internationale. À « seulement » 73 ans, l’opposant ne tente pas sa chance et appelle au boycott, convaincu que les chancelleries occidentales ont déjà adoubé le fils de Laurent-Désiré Kabila, Joseph, qui lui a succédé à sa mort, en 2001. Une erreur, selon de nombreux observateurs, qui prive Tshisekedi de ressources et d’influence.
Lors du scrutin de 2011, il change de stratégie. Quand tout le monde le dit trop âgé et malade, il revient au pays après un long séjour à Bruxelles. « On ignore ce que ses médecins lui ont donné, mais il nous a surpris en faisant campagne », confie un diplomate européen alors en poste à Kinshasa. Sauf que le pouvoir a changé les règles du jeu : l’élection n’a qu’un tour, ce qui oblige l’opposition à se rassembler pour avoir une chance de l’emporter.
« Personne ne contestait l’hégémonie de Tshisekedi, explique un conseiller qui a participé aux pourparlers avec les autres candidats, Léon Kengo wa Dondo et Vital Kamerhe. Ils étaient prêts à se rallier, mais ils voulaient une négociation, des postes… Tshisekedi ne leur a offert aucune garantie. » Son intransigeance l’a peut-être privé d’un raz de marée électoral…
Malgré cela, il réalise de très loin le premier score de l’opposition : 32,33 %, selon les chiffres officiels. Il serait même le véritable vainqueur du scrutin, laisse entendre Laurent Monsengwo, le cardinal de Kinshasa, qui le tient pourtant en piètre estime. Tshisekedi, lui, en est convaincu. « Je vous demande, à tous, de rechercher ce monsieur [Kabila] partout où il est sur le territoire national et de me l’amener ici vivant », lance-t-il depuis sa résidence de Limete, à Kinshasa. Le verbe est virulent ; la stratégie, absente.
Sans véritables relais dans le système sécuritaire, les cercles du pouvoir ou les ambassades, il n’a pour lui que la ferveur de ses partisans. Il ne veut pas, non plus, exercer d’influence au Parlement. Lorsqu’il interdit à ses députés de siéger, leur chef de file, Samy Badibanga, n’obtempère pas. C’est la rupture. « Certains députés avaient vendu des biens pour financer leur campagne. Ils ont été élus, et on leur refusait le droit de percevoir leurs indemnités. C’était très dur à accepter », concède un proche de Tshisekedi.
Que peut-il encore espérer aujourd’hui ? Pour la énième fois, son entourage annonce son retour imminent à Kinshasa. Ce serait pour début mai, et une « équipe d’avance » est déjà sur place. L’accueil qui lui sera réservé dira s’il est toujours aussi populaire. Car son parti n’avait pas vu venir les émeutes de janvier 2015 et se montre incapable, depuis, d’organiser une manifestation conséquente.
La répression s’abat davantage sur les mouvements citoyens, signe que le pouvoir craint beaucoup moins l’UDPS… ou qu’il la ménage. « Il y a deux strates dans le soutien à Étienne Tshisekedi, se rassure son fils Félix. Les militants du parti, et les sympathisants. Ces derniers ne se mobilisent que dans des moments très particuliers, comme les élections, mais ils restent très nombreux. »
Tout dépendra, surtout, de la santé du patriarche. « Son médecin lui interdit pour l’instant les efforts intellectuels intenses », explique son entourage pour justifier ses refus d’entretien. Un argument surprenant pour qui prétend diriger un pays de plus de 70 millions d’habitants. « Je crois plutôt que le Sphinx n’a pas encore décidé de parler, affirme une source qui l’a vu à plusieurs reprises ces derniers mois. Il a parfois des absences et se fatigue très vite. J’ai toutefois pu avoir une discussion de plus d’une heure avec lui. Il était lucide, tenait des propos cohérents et pouvait se déplacer sans aide. »
« Il veut rentrer à Kinshasa dès que possible, assure Tharcisse Loseke. À Bruxelles, il s’ennuie. » Son quotidien se partage entre séances de kinésithérapie, un peu de marche et des matinées devant la télévision. Signe que son état s’améliore, il reçoit de plus en plus. À son domicile pour les intimes, parmi lesquels Raphaël Katebe Katoto, le frère aîné de Moïse Katumbi, autre poids lourd de l’opposition. Dans les hôtels Montgomery ou Marriott pour les entretiens plus formels, comme récemment avec Moïse Katumbi ou Tom Perriello, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs.
On reste loin, toutefois, de l’intensité d’une campagne dans un pays aussi vaste et dépourvu d’infrastructures que la RD Congo. Le report probable de la présidentielle, théoriquement prévue pour novembre, pourrait ne pas lui déplaire : il lui éviterait de subir une nouvelle fois cette épreuve. Peut-être pense-t-il avoir plus de chances en surfant sur un certain vide constitutionnel.
Vers un dialogue…
Certes, il a récemment accepté de jouer le jeu du dialogue avec le pouvoir, sous la houlette du Togolais Edem Kodjo, le facilitateur de l’UA. Il a envoyé à Kinshasa son fils Félix, le secrétaire général du parti, Bruno Mavungu, et son adjoint Bruno Tshibala. Mais pour quel objectif ? Accepter le principe d’un report du scrutin ? Entrer dans un gouvernement d’union nationale ?
« Ces deux points sont des lignes rouges, répond Félix. Nous ne prendrons part à une transition que si Kabila quitte le pouvoir. » Difficile d’imaginer le camp présidentiel y consentir… Toutes les conditions sont donc réunies pour que ces négociations fassent à nouveau long feu.
Reste une dernière carte : le recours, en cas de vacance du pouvoir. Ce scénario, qui pourrait faire de Tshisekedi un président de transition jusqu’à l’organisation d’élections auxquelles il ne serait pas candidat, présenterait pour lui un double avantage : correspondre à son âge et à l’image qu’il a toujours voulu se donner, celle d’un combattant de la démocratie, remettant le pouvoir au peuple, au soir de sa vie.
Moïse Katumbi serait sans doute prêt à le soutenir dans cette aventure, qui aurait à ses yeux l’avantage de l’écarter de la course à la succession. Pour y parvenir, encore faut-il contraindre Joseph Kabila de quitter son fauteuil en décembre. Par la négociation, la diplomatie ou la force. Trois domaines dans lesquels Tshisekedi s’est rarement illustré…
-La police a dispersé mercredi à Lubumbashi, dans le sud-est de la RD Congo, quelques 5 000 opposants hostiles à un troisième mandat du président Joseph Kabila ou à tout report de la présidentielle au delà de novembre 2016.
Le général Jean-Bosco Kalenga, commandant provincial de la police, a déclaré dans la matinée du mercredi 20 avril que la police était « en train de disperser les délinquants qui perturbent l’ordre public » à Lubumbashi. Tout en promettant de faire un bilan de l’opération ultérieurement.
Quelques 5000 personnes, essentiellement des jeunes gens, s’étaient rassemblées tôt le matin aux abords du siège provincial de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec, parti d’opposition), avant d’être dispersées par la police à coup de grenades lacrymogènes vers 9h30 heure locale (7h30 GMT).
Quatre personnes interpellées
« Kabila doit partir », « venez nous tuer, nous sommes fatigués » du régime, scandaient en swahili ces opposants, en jetant des pierres aux forces de l’ordre. Appelant au calme, les agents de la police criaient aux habitants à l’aide de mégaphones : « Il n’y a pas de guerre », « vaquez à vos occupations ».
À la mi-journée, la tension était retombée. La police a indiqué avoir interpellé « quatre délinquants », accusés « d’avoir pillé un bistrot ». Des allégations que rejette l’Unafec.
Le gouvernement juge les délais pour les élections « objectivement intenables »
Le climat politique est très tendu en République démocratique du Congo en raison de l’incertitude liée au probable report de la présidentielle, censée avoir lieu avant la fin de l’année.
-Le “roi de la rumba” congolaise, Papa Wemba, est décédé dimanche à l’âge de 66 ans en plein concert à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, ont rapporté plusieurs médias, dont la radio onusienne Okapi et l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’. Chanteur, auteur-compositeur et acteur à succès, Papa Wemba, de son vrain nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, était l’une des plus grandes figures de la musique congolaise.
L’artiste a été victime d’un malaise lors d’un concert à Abidjan dans la nuit de samedi à dimanche, où il participait au Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo (Femua). “Il s’est écroulé sur scène”, a précisé ‘Jeune Afrique’.
Papa Wemba était une légende de la musique africaine. Dans les années 1960-1970, avec son groupe Zaïko Langa Langa puis en solo, il avait fait rayonner la rumba congolaise à travers le monde. Il a formé des générations de musiciens dont certains poursuivent de grandes carrières, comme Koffi Olomidé.
Parmi ses plus grands succès figurent des morceaux comme “Yolele”, “Sai Sai” et “Maria Valencia”.
Il était également l’une des figures emblématiques de la SAPE, la Société des ambianceurs et personnes élégantes. Mode vestimentaire, mais aussi art de vivre, les sapeurs on fait des émules de Kinshasa à Paris et inspire aujourd’hui de nombreuses pop stars africaines-américaines.
Ce musicien avait aussi été l’acteur principal du film belgo-zaïrois “La vie est belle” de Ngangura Dieudonné Mweze et Benoît Lamy en 1987. Il avait composé une bonne partie de la musique originale de ce film. Papa Wemba apparaît également en 1997 dans “Combat de fauves” de Benoît Lamy.
Il avait eu en 2003 (BIEN: 2003) des démêlés avec les justices belge et française. Il avait arrêté à Paris dans une affaire de trafic de visas à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par le juge d’instruction belge Jean Coumans.
Les justices française et belge le poursuivaient pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il était soupçonné d’avoir favorisé l’immigration clandestine en France de quelque 150 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC), moyennant des sommes avoisinant 3.500 euros par personne.
Ce qui lui avait valu d’être condamné en février 2012 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à quinze mois de prison avec sursis et à une amende de 22.000 euros, dont la moitié avec sursis, pour trafic d’êtres humains.
Papa Wemba avait aussi été condamné en 2004 par le tribunal de Bobigny (nord de Paris) à une peine de 30 mois de prison dont 26 avec sursis, ainsi qu’à 10.000 euros d’amende, pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales.