-Le 2e tour des éliminatoires africaines pour la Coupe du monde 2018 se déroule du 9 au 17 novembre 2015. Voici les dates des vingt matches aller, dont Niger-Cameroun, Burundi-RD Congo, Bénin-Burkina Faso, Madagascar-Sénégal et Mauritanie-Tunisie.
Soudan – Zambie, à Khartoum
Mozambique – Gabon, à Maputo
Jeudi 12 novembre –
Maroc – Guinée équatoriale, à Agadir
Burundi – RD Congo, à Bujumbura
Bénin – Burkina Faso, à Cotonou
Togo – Ouganda, à Lomé
Namibie – Guinée, à Windhoek
Vendredi 13 novembre –
Comores – Ghana, à Moroni
Madagascar – Sénégal, à Antananarivo
Libye – Rwanda, à Sfax (Tunisie)
Mauritanie – Tunisie, à Nouakchott
Liberia – Côte d’Ivoire, à Monrovia
Kenya – Cap-Vert, à Nairobi
Angola – Afrique du Sud, à Benguela
Swaziland – Nigeria, à Lobamba
Niger – Cameroun, à Niamey
Samedi 14 novembre –
Botswana – Mali, à Francistown
Tchad – Egypte, à Ndjamena
Tanzanie – Algérie, à Dar es Salaam
Ethiopie – Congo, à Addis Abeba
(Sources : fédérations et fifa.com)
NB : les 20 matches retour auront lieu entre le 15 et le 17 novembre. Les vingt équipes qualifiéesseront réparties dans cinq groupes de quatre. A la fin d’un mini-championnat, disputé entre octobre 2016 et novembre 2017, le premier de chaque groupe sera qualifié pour la Coupe du monde 2018 en Russie.
*C’est par la plume de Me Muyambo que les masques de Moïse Katumbi sont tombés, mais il était peut-être trop tôt pour que l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga fût perçu autrement qu’à travers ces masques qu’il s’était pressé de raccommoder. Muyambo aura donc bel et bien eu raison de ponctuer le chapelet de ses révélations par le refrain « l’histoire me donnera raison ». C’est le cas désormais
* Il avait fallu la clémence du président Joseph Kabila pour que cet homme dont la situation de détresse « devenait de plus en plus difficile et insoutenable à l’étranger » revienne en RDC. On voit bien que sa richesse n’a rien de familial. Et Muyambo a mis en lumière la manière dont elle a été acquise
Une entrée impromptue de l’Evêque de Kilwa-Kasenga
Mgr Fulgence Muteba, Evêque de Kilwa-Kasenga, le patelin d’origine de la mère de Moïse Katumbi, est intervenu récemment sur les ondes de RFI soutenant que la fortune de l’ex-gouverneur du Katanga s’explique par le fait que sa famille était notoirement riche et que ce sujet ne devrait pas concerner les débats publics. C’est faux. Suffisamment d’éléments montrent que Moïse Katumbi s’est en réalité enrichi par des voies illégales et immorales, au détriment du peuple de l’ex-province du Katanga dont il avait la charge en tant que gouverneur, ce qui fait de la manière dont il s’est enrichi un sujet d’intérêt public, transparence dans la gestion des affaires publiques et devoir de rendre compte obligent, en dépit de cette gesticulation d’un prélat peu scrupuleux dont on dit qu’il a eu sa part dans cette entreprise de prédation.
C’est par la plume de Me Muyambo que les masques de Moïse Katumbi sont tombés, mais il était peut-être trop tôt pour que l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga fût perçu autrement qu’à travers ces masques qu’il s’était pressé de raccommoder. Muyambo aura donc bel et bien eu raison de ponctuer le chapelet de ses révélations par le refrain « l’histoire me donnera raison ». C’est le cas désormais.
Les écrits de Muyambo révèlent un Moïse Katumbi félin, malhonnête, ingrat, affabulateur, menteur, tricheur et déloyal notamment à l’égard de son parti le PPRD, maître du chantage même à l’égard du Chef de l’Etat, prêt à tout pour sa propre gloriole. Il n’aime rien moins que d’être flatté et n’a qu’un credo : le business. C’est pour cela que plusieurs petits mâlins se plaisent à lui soutirer quelques sous en jouant son jeu.
L’homme est, selon son bon ami Jean-Claude Muyambo, tellement despotique qu’il n’écoute aucun conseil et ne supporte aucune contradiction. Face à quiconque pense autrement que lui ou ose se présenter en concurrent économique ou en rival politique, il n’a que trois solutions : une correction par frappes corporelles (tel fut le cas avec son propre frère Aerts Kayumba), le bâillonnement ou la mise à mort à défaut de reniement.
Il se sert de ses alliés comme du citron qu’il jette ensuite aussitôt pressé. Ainsi s’est-t-il servi de la base Sempya, Asbl regroupant les membres de la communauté Bemba, l’ethnie de sa mère, « comme un tremplin et ses membres comme des torchons finis », dixit Muyambo.« Reçu, logé et nourri » par ce dernier, à son retour d’exil, il n’a pas hésité à organiser une tentative d’assassinat contre lui en date du 15 juin 2010, ainsi que la destruction à la même date de sa résidence et des installations de sa chaîne Radio Télévision Lubumbashi Jua par une bande de drogués à sa dévotion. Inutile de préciser que celui qui clame être richissime de par sa famille n’a pas été capable de rembourser les 250.000 USD qu’a coûtés cette prise en charge par Me Muyambo. Ce fut finalement le gouverneur de l’époque, Aimé Ngoy Mukena qui, aux dires de l’avocat, dût promettre de payer à sa place. Sans réaliser la promesse.
Gouverneur, il s’est pris pour la loi, donnant des injonctions aux juges et même, rendait lui-même le jugement à priori lorsque ses intérêts financiers étaient en jeu.
L’homme n’observe aucune éthique en affaire
Moïse Katumbi n’observe aucune éthique en affaires. Après avoir escroqué feu le président Laurent Désiré Kabila dans les affaires des magasins témoins et d’achat d’armes pour le compte du gouvernement, il récidiva aux dépens de feu le président Frédéric Ciluba. Affaire pour laquelle il a été longtemps recherché par la justice zambienne. Il usera encore de l’escroquerie lors de son retour en RDC, en demandant à un certain Paul Steel (sujet zambien) de louer pour lui un jet privé qui l’avait ramené de Johannesburg à Kinshasa et de Kinshasa à Lubumbashi. En contrepartie, Steel devait bénéficier d’un marché consistant à moudre les maïs de la Gecamines Développement pour une période de 3 mois, de manière à récupérer son argent en écoulant ses maïs à 15 USD le sac tout en réservant 15% de commission au profit de Katumbi. Le deal se soldera par un conflit lorsque Paul Steel découvrit qu’en fait Moïse Katumbi livrait le sac de 25kg à 30 USD à la Gecamines au lieu de 15 USD convenus.
Il avait fallu la clémence du président Joseph Kabila pour que cet homme dont la situation de détresse « devenait de plus en plus difficile et insoutenable à l’étranger » revienne en RDC. On voit bien que sa richesse n’a rien de familial. Et Muyambo a mis en lumière la manière dont elle a été acquise.
Lorsqu’il revint en RDC en 2003, Moïse Katumbi, ayant bénéficié d’un accueil chaleureux grâce notamment au subterfuge de faire croire que le jet loué à M. Steel lui appartenait, usa du trafic d’influence pour persuader les autorités de la Gecamines et autres opérateurs miniers que c’était le Chef de l’Etat qui l’avait envoyé pour implanter le PPRD au Katanga et que, pour ce faire, la Gecamines Développement devait lui donner ses minoteries pour moudre la farine afin de permettre au parti présidentiel d’avoir des subventions. Il obtint les minoteries, mais à son unique profit.
Muyambo témoigne également que Moïse Katumbi a racketté des sujets libanais et grecs à Lubumbashi pour remplir ses poches. Il exigea ainsi au Libanais Fwade la somme de 4.000.000 USD en menaçant de démolir sa résidence avec l’aide des « cent pour cent » des fanatiques déguisés en supporters de Mazembe. Cet opérateur économique a dû quitter le pays pour s’installer en Afrique du Sud.
Moïse Katumbi n’a rien ménagé pour extorquer des concessions d’autrui en usant de trafic d’influence, de chantages, d’intimidations, d’instigations des masses au pillage, etc. Ses victimes ont été, entre autres, Muamba Kabasele, propriétaire de la mine de Mbola. Ce dernier avait perdu dans le pillage organisé par Katumbi des biens d’une valeur de plus de 1.500.000 USD et 400.000 USD en espèces. Touché par l’ampleur de l’attaque, le déshérité a dû piquer une crise et a rendu l’âme. Dans la foulée, Katumbi avait sponsorisé une campagne médiatique pour déclarer que les minerais de la concession de Kiswishi appartenant à Georges Forest avaient des effets radio actifs afin d’exercer une pression sur ce dernier. Il déclara, selon Muyambo : « Forest doit me donner le contrat de sous-traitance et s’il ne le fait pas, je vais lui arracher tous les marchés de construction de routes de ma province ». Moïse a ainsi malmené les opérateurs miniers pour se faire de l’argent. Il n’a pas hésité à déposséder des paisibles citoyens pour obtenir de fortes commissions et d’autres avantages. Tel a été le cas sur le site Bwalya où plus de 200 maisons furent démolies afin de faciliter Rwashi Mining à obtenir une ligne de haute tension.
Les intimidations au quotidien
Usant d’intimidations envers les sociétés minières et les opérateurs économiques, Moïse Katumbi leur intima une injonction aux abords de la campagne électorale, selon laquelle « quiconque ne va pas contribuer pour les élections ne va plus travailler au Katanga ». Cette opération lui a rapporté la bagatelle somme de 50.000.000 USD dont il n’a dépensé que 1.500.000 USD dans le cadre de la campagne électorale du PPRD.
Ses œuvres sociales sont en fait de la poudre aux yeux. Il n’a pas fait de routes à longue durée puisque c’est un business pour lui. Il avait exigé à la société chinoises CREC de lui payer 1.000.000 USD sur 1km de route à construire. Ladite société chinoise devait en outre diminuer le volume d’asphaltage et lui rétrocéder, en contrepartie, la moitié de la somme. Dans ses conditions, la société n’en pouvait plus et a dû quitter la RDC au profit de la Zambie.
Sous Moïse Katumbi, les sociétés minières étaient sommées de contribuer à l’amélioration de la desserte en eau, électricité et autres infrastructures. Mais rien de vraiment convainquant n’a été observé sur le terrain. Rien que pour l’eau et l’électricité, la contribution des sociétés minières a été de l’ordre de 30.000.000 USD. Nul ne sait dire où est parti cet argent quand on voit la réalité vécue par la population katangaise dans ce domaine. C’est ça le vrai Moïse Katumbi.
-L’ONU affirme qu’une nouvelle rébellion serait entrain d’émerger dans le territoire de Rutshuru, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). L’ARDC, dont on sait peu de chose, serait un groupe armé commandé par le colonel Honoré Bitamuheko.
L’information est passée presque inaperçue. Le point presse de la Monusco, vendredi 16 octobre, a révélé l’apparition d’une nouvelle rébellion, l’Alliance des Résistants pour la Défense du Congo (ARDC). Selon l’officier changé de l’information de l’ONU, Tchagbele Bil, ce groupe armé serait installé dans le territoire de Rutshuru, non loin de Kiwanja, au Nord-Kivu. Dernière information communiqué par la Monusco, l’ARDC serait commandée par le colonel Honoré Bitamuheko. La mission des casques bleus en République démocratique du Congo déclare ne pas posséder d’autres informations sur cette nouvelle rébellion : effectifs, armement… la Monusco affirme que « les investigations sont en cours » .
Grave crise politique
Si les groupes armés sont encore légions dans la zone, la chute de la rébellion du M23, fin 2013, avait suscité l’espoir au Nord-Kivu, une province ballottée par des conflits à répétition depuis 20 ans. Mais l’espoir a été de courte durée, puisque les FDLR, les ADF-Nalu et de nombreux groupes Maï-Maï sévissent encore dans la région. Une trentaine de groupes armés sont encore répertoriés par les ONG présentes sur place. Mais l’apparition d’un groupe armé supplémentaire a une résonance particulière en RDC aujourd’hui. Car depuis plusieurs mois, le pays s’enfonce dans une grave crise politique. Le président Joseph Kabila est en effet accusé de vouloir s’accrocher au pouvoir au-delà du délai constitutionnel de 2016. Les manifestations contre un troisième mandat de Joseph Kabila ont été violemment réprimées en janvier 2015 et la répression s’est accrue sur les opposants politiques et la presse.
Zone sensible
Dans ce climat de forte tension politique, l’arrivée d’une nouvelle rébellion attise les inquiétudes à Kinshasa. Certains observateurs craignent que le pouvoir ne cherche à créer des troubles à l’Est du pays pour plonger le pays dans le chaos et prolonger ainsi le mandat du chef de l’Etat après 2016. La zone où l’ARDC a été signalée par la Monusco est une zone ultra-sensible : l’ancien fief des rébellions du CNDP et du M23. Kiwanja se trouve en effet à un peu plus de 80 km de Goma, la capitale provinciale, qui était tombée aux mains des rebelles du M23 fin novembre 2012.
M23 : « ce ne sont pas des nôtres »
L’ARDC serait-elle une résurgence de l’ancienne rébellion du M23 ? On sait que les amnisties et les programmes de retour, de désarmement et de réintégration sont toujours au point mort depuis la fin du M23 en 2013. Certains redoutent un retour de la rébellion soutenue par le Rwanda. Selon des informations que nous avons pu recueillir auprès d’un ancien membre du M23, l’ARDC se trouve bien dans une zone où l’ex-rébellion est encore très présente. Mais pour ce cadre militaire, « ce sont des villageois, ce ne sont pas des nôtres, on ne connait pas le colonel Bitamuheko… à moins que ce soit un pseudonyme ». Pour le moment, il apparaît difficile d’en savoir plus sur ce nouveau groupe armé et sur sa capacité de nuisance. La Monusco affirme faire « un effort pour collecter le maximum d’information dans les jours à venir ». Seule certitude : sur place au Nord-Kivu, l’ARDC a encore, pour le moment, peu fait parler d’elle.
-Le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire (ESU) Théophile Mbemba, a procédé le samedi 17 octobre à la fermeture de 174 établissements de l’enseignement universitaire à travers la RDC.
Dans un arrêté ministériel portant interdiction de fonctionnement de ces établissements, le ministre de l’ESU fait également mention de la fermeture de 14 auditoires délocalisés.
Selon le Ministre, ces établissements ne sont pas viables. La plupart d’entre eux sont des extensions des établissements de l’enseignement supérieur et universitaires installés à travers le pays.
Sur la liste des etablissements interdits de fonctionner, l’on retrouve notamment celles:
Lubumbashi: ISES
Nord Kivu: Université de la paix de la RDC
Bandundu, 28 extensions, dont celle du Cepromad.
Equateur, 10 extensions, dont celle de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC).
Kassaï-Oriental, 16 extensions interdits de fonctionner et
Kasaï-occidental, 12 , y compris l’extension de l’Université Simon Kimbangu.
Sud-Kivu, quarante extensions sont fermées
Province Orientale, trente-sept extensions
Katnaga, Cinq extensions sont fermées
Les quatorze auditoires délocalisés, également fermés au terme d’un autre arrêté du ministre de l’ESU, fonctionnaient dans les anciennes provinces du Katanga, Kasaï-Oriental, Province Orientale ainsi que le Sud-Kivu.
-Après la démission du président de la Céni, la première autorité qui arrive à relancer le processus électoral déjà grippé en RDC est le nouvel Envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique, M. Thomas Perrieux.
En visite à la CENI, l’Envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique pour la région des Grands lacs, M. Thomas Perriello a voulu comprendre les différents facteurs de blocage et de déblocage du processus électoral, tout en s’intéressant aux aspects aussi bien techniques, financiers que politiques du processus électoral. Et ce, avant d’insister sur la nécessité de réviser le fichier électoral et d’amorcer l’enrôlement de nouveaux majeurs pour permettre à tous les Congolais d’avoir droit au vote.
Entre-temps, la CENI a présenté à son hôte quelques difficultés, notamment la logistique qui fait encore défaut, le Projet d’Assistance au Cycle Electoral Congolais qui souffre d’un déficit de financement, sans oublier l’absence du cadre légal à travers l’adoption et la promulgation de la loi portant identification et enrôlement des électeurs, afin d’ouvrir la voie à l’enrôlement des nouveaux majeurs intégrant les Congolais de la diaspora.
Après la démission du président de la CENI, l’Abbé Apollinaire Malumalu, la Centrale électorale avait besoin d’un coup de pouce pour permettre à ce que le train des élections qui avait déjà quitté la gare, puisse continuer son bonhomme de chemin. Et le premier à apporter ce soutien, c’est M. Thomas Perriello, Envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique pour la région des Grands Lacs, qui a été reçu hier à la CENI. Ses premiers mots sont allés tout droit au président démissionnaire, pour qu’il se rétablisse le plus rapidement possible. Au menu, indique une dépêche de la CENI, l’émissaire du président Barack Obama a voulu mieux comprendre les différents facteurs de blocage et de déblocage du processus électoral. Il s’est clairement intéressé aux aspects aussi bien techniques, financiers que politiques du processus électoral.
Dans son mot de bienvenue, le Vice-président de la CENI assumant dorénavant l’intérim du président démissionnaire, a rappelé à son hôte que techniquement, tout est mis en œuvre pour que les élections soient organisées dans les meilleures des conditions. Il a rappelé les acquis du processus électoral actuel, tout en soulignant que les différents défis à relever sont du domaine de la responsabilité des acteurs politiques qui doivent se prononcer aussi bien sur la hiérarchisation des activités électorales futures que sur les priorités à prendre en compte dans une perspective de réaménagement du Calendrier électoral global.
Ceci appelle justement des grandes consultations avec toutes les parties prenantes au processus : partis politiques (Majorité et Opposition politique), Société civile et les autres forces vives de la nation. A cet effet, il a souligné que des cadres de concertation sont déjà opérationnels pour échanger avec les différentes tendances sociopolitiques du pays. Cependant, a-t-il reconnu, un forum de haut niveau en la manière du dialogue voulu et proposé par les acteurs politiques permettrait aux uns et aux autres de fixer la nation sur les grandes options à prendre et d’engager des décisions d’envergure avant le réaménagement du Calendrier électoral.
A cet effet, toutes les initiatives visant à concourir à la bonne marche du processus électoral en République Démocratique du Congo sont les bienvenues. C’est ici qu’il a rappelé à son hôte que la logistique de la MONUSCO demeure indispensable à l’accompagnement des opérations de déploiement du matériel électoral. Il en est de même du Projet d’Assistance au Cycle Electoral Congolais qui souffre actuellement d’un déficit de financement après que les partenaires techniques te financiers de la Communauté internationale aient adopté le projet et que le PNUD ait formalisé ledit programme à travers un accord de partenariat signé.
Le Vice-président Mpungwe, complété par le Rapporteur adjoint de la CENI, a saisi cette opportunité pour informer son hôte des défis légaux qui guettent le processus électoral : le cadre légal qui devrait être pourvu par l’adoption et la promulgation attendues de la loi portant identification et enrôlement des électeurs afin d’ouvrir légalement la voie à l’enrôlement des nouveaux majeurs intégrant les Congolais vivant à l’étranger (diaspora).
Les USA réitèrent leurs appuis à la Rdc
De son côté, M. Thomas Perriello a réitéré l’engagement de son pays envers le processus électoral de la Rd Congo. Un engagement qui ne se focalise pas sur le jour de l’élection, mais aussi sur tout le processus, notamment les mois qui précèdent cette élection, avant de souhaiter à ce que tous les Congolais prennent part au vote. Pour lui, il y a la nécessité aussi au niveau du fichier électoral qu’une opération de révision et d’enrôlement des nouveaux majeurs puisse se faire.
Pour ce qui est de la démocratie au Congo, il a rassuré que son pays demeure un partenaire fidèle en ce qui concerne la sécurité électorale. Selon lui, il existe des défis techniques et politiques auxquels la CENI doit faire face. « Nous espérons que les différentes parties prenantes pourront s’accorder notamment pour ce qui est de la mise en œuvre d’un calendrier électoral qui pourra permettre au processus d’aboutir », dit-il, avant d’avouer qu’il soutient la participation de la Société civile dans l’espace démocratique et dans le cadre de la sécurité qui est nécessaire à la démocratie.
Mr. Hollandais Makuka Manata
-En République démocratique du Congo, après la démission de l’abbé Malu Malu, la bataille de la succession à la tête de la commission électorale est ouverte. Un nouveau candidat doit être proposé par les huit confessions religieuses du pays. Ce processus de désignation intervient alors que la commission électorale nationale indépendante (Céni) vient d’écrire au Premier ministre pour demander des explications sur les moyens alloués à l’organisation des élections.
Dans une lettre datée du 9 octobre, dont RFI a obtenu copie (voir ci-dessous), la Céni se plaint des propos tenus par le ministre de l’Economie. Dans l’émission Questions d’actualitésur la radio et télévision nationale congolaise, Modeste Bahati Lukwebo aurait affirmé, selon ce courrier, que la Céni recevait 20 millions de dollars mensuellement pour la prise en charge du processus électoral.
La Commission électorale demande formellement une séance de clarification au gouvernement car, précise-t-elle dans ce document, elle n’a reçu sur les exercices budgétaires de ces trois dernières années que 17 % des fonds alloués par le Parlement. Tous les fonds reçus par le gouvernement sont bien traçables dans les deux rapports annuels de la Céni déposés au Parlement, souligne cette lettre.
« Il y a une volonté de polémiquer, nous ne voulons pas rentrer là-dedans », rétorque le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé, ajoutant que ce n’était pas avec la Céni que le gouvernement faisait la reddition des comptes, mais bien avec l’Assemblée.
D’autres sources proches de l’exécutif évoquent des budgets présentés par la commission électorale qui seraient facturés, ou une volonté de se dédouaner avant la désignation du nouveau président.
Mais cette absence de moyens inquiète de plus en plus au sein de la commission électorale. Plusieurs sources internes affirment qu’aujourd’hui même, si des fonds sont rapidement décaissés, seules des élections indirectes pourraient être organisées d’ici début 2016, mais que s’il faut intégrer les jeunes électeurs au fichier électoral ou même les Congolais de l’étranger, aucune élection au suffrage direct ne serait possible avant juin 2016.
rfi
La lettre adressée par la Céni au Premier ministre :
-L’Abbé Apollinaire Malumalu a démissionné, samedi 10 octobre, de son poste de président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Selon un communiqué de la présidence de la République lu à la télévision nationale, Malumalu quitte la centrale électorale pour raison de santé.
Le président de la République dit avoir pris acte de cette démission et demande à la composante dont est issu l’Abbé Malumalu de proposer un autre candidat à l’Assemblée nationale pour approbation.
L’Abbé Malumalu avait quitté le pays depuis le mois de février dernier pour se rendre en Afrique du Sud pour des soins médicaux.
A son retour au pays à mi-avril dernier, il avait affirmé qu’il se portait bien. Mais quelques jours après, il avait quitté le pays pour se rendre aux Etats-Unis. Officiellement, il avait voyagé pour se faire soigner.
Pour les opposants, l’indisponibilité de l’abbé Apollinaire Malumalu (issu de la société civile) laissait le champ libre au parti présidentiel (PPRD) à travers son délégué, le premier vice-président de la commission.
Certains même affirmé que la centrale électorale était « instrumentalisée par le pouvoir ». C’est le cas du président du Parti kabiliste, Mwenze Kongolo.
Dans sa déclaration politique de samedi lue samedi 10 octobre, à quelques heures de la démission de l’Abbé Malumalu, le G7-nouvelle plate-forme de l’opposition-avait aussi dénoncé la pression exercée sur la Ceni et a exigé à cette Commission de publier le calendrier électoral aménagé qui serait déjà disponible.
L’Abbé Malumalu avait été désigné président de la Ceni vendredi 7 juin 2013. Il était revenu aux affaires après avoir dirigé la centrale électorale, alors CEI (Commission électorale indépendante) de 2006 à 2011.
Pour son deuxième mandat, il avait remplacé le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda qui avait pris les commandes de la Ceni de 2011 à 2013.
– Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. L’adage vaut tout son pesant d’or dans le feuilleton qu’il convient d’appeler Moïse Katumbi-G7.
La simultanéité des démissions orchestrée par ces acteurs de la scène politique, au centre de l’actualité, a poussé les plus perspicaces des analystes à conclure à une complicité agissante entre les deux camps.
A l’avant-garde de l’information et de l’analyse, votre quotidien de chevet, Le Palmarès, avait, dès l’annonce de la démission de Moïse, stigmatisé la collusion entre ce dernier et le G7.
Tous ceux qui sont suffisamment instruits dans les différents salons huppés du pays, savent depuis un certain temps que le G7 avait déjà trouvé son candidat pour la présidentielle de 2016. Ils avaient ainsi la mission de l’imposer à leur famille politique à défaut d’obtenir un parrainage en douceur.
Les sociétaires du G7 avaient à ce point manœuvré à livre ouverte que tout le monde les avait vus venir trop longtemps. Et tout s’est passé comme prévu : une fois l’entreprise visant à imposer leur produit présidentiable pour 2016 avortée et ses défenseurs déboutés, le maître se devait de leur manifester publiquement leur soutien. Ainsi devait commencer le plan B du G7 et de leur mentor. Et il a déjà commencé.
Accélérateur
En effet, au lendemain de la démission de l’ancien Gouverneur du Katanga, les membres du G7 se sont répandus en dénégation, niant que Moïse Katumbi était l’un des leurs ou avait agi par solidarité d’action.
On en était là lorsque, un des ténors de cette plateforme (le même) a finalement lâché le morceau.
Intervenant sur la place publique, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a révélé que son Groupe était prêt à soutenir la candidature de Moïse à la présidentielle, si ce dernier se lançait dans la course.
Oui, le morceau a été lâché. Et il ne pouvait en être autrement. Surtout pour un Kyungu qui a été complice de première heure dans la fronde, sur fond de boutade lâchée à Lubumbashi le mardi 24 décembre 2014.
Ce jour-là, devant les Lushois et le monde, le président de l’Unafec en avait dit et fait plus que Moïse lui-même.
D’autre part, le même jour, à la suite de la boutade sur le 3ème penalty, un autre membre du G7, non des moindres, s’était illustré par un Tweet plus qu’accusateur.
En effet, Olivier Kamitatu posait : « Dès aujourd’hui, à partir de Lubumbashi, au Katanga, l’histoire s’accélère … ».
L’histoire s’accélère tellement que le G7 est obligé de se dévoiler. Très bientôt donc, sera annoncé le grand mariage, après un long adultère dans l’ombre et sous le foyer …
Par LP
– De hauts responsables des forces de sécurité et du parti au pouvoir en République démocratique du Congo semblent avoir recruté des voyous en vue d’attaquer une manifestation politique pacifique dans la capitale, Kinshasa, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le 15 septembre 2015, un groupe de jeunes a violemment attaqué un rassemblement public organisé par des dirigeants de l’opposition politique pour appeler le président Joseph Kabila à quitter ses fonctions à l’issue de ses deux mandats constitutionnellement autorisés en décembre 2016. Armés de gourdins et de bâtons en bois, les assaillants ont frappé les manifestants, répandant la peur et le chaos dans la foule de plusieurs milliers de protestataires. Plus d’une dizaine de manifestants ont été blessés, dont certains ont été piétinés alors qu’ils tentaient de fuir.
« Les citoyens congolais ont le droit de manifester pacifiquement à propos des limites du mandat présidentiel sans se faire attaquer par des voyous recrutés à cet effet », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « L’implication apparente de hauts responsables de la sécurité et du parti au pouvoir dans les attaques violentes montre jusqu’où les autorités sont capables d’aller pour stopper les manifestations de l’opposition. »
Human Rights Watch a observé la manifestation du 15 septembre, et a par la suite interrogé des victimes et des témoins, des professionnels de santé et plusieurs assaillants.
Parmi les assaillants figuraient des membres de la Ligue des Jeunes du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de Kabila, parmi lesquels beaucoup sont connus comme pratiquant des arts martiaux, ainsi que des jeunes ayant des liens avec Vita Club, l’une des principales équipes de football de Kinshasa. Des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la police et de l’armée, tous en tenue civile, auraient également pris part à l’attaque.
Plusieurs jeunes hommes qui ont reconnu avoir participé à l’attaque ont affirmé à Human Rights Watch qu’ils se trouvaient parmi plus de 100 jeunes recrutés par de hauts responsables de la sécurité et des responsables du PPRD. Ils ont indiqué que chaque recrue était payée environ 65 USD. Les jeunes hommes ainsi recrutés ont expliqué qu’ils ont été invités à se rassembler dans un camp militaire à Kinshasa la nuit précédente et qu’ils ont « reçu des instructions sur la manière de mener l’attaque ». L’un d’entre eux a raconté : « On nous a dit de commencer à attaquer les manifestants et de semer le désordre dès que l’un des leaders de l’opposition insulterait le président Kabila ». Un moyen de transport a été mis à la disposition des recrus le lendemain matin, pour les conduire jusqu’au quartier où la manifestation de l’opposition se déroulait.
La police déployée pour assurer la sécurité lors de la manifestation n’a pas stoppé les assaillants armés de bâtons lorsqu’ils sont arrivés, mais est restée à proximité et a simplement observé leur arrivée. La police est uniquement intervenue quelque temps plus tard lorsque des manifestants en colère s’en sont pris aux assaillants et ont commencé à les frapper.
Un des assaillants qui a été battu est décédé plus tard de ses blessures. Les agents de police ont rapidement emporté son corps à l’une des morgues de la ville. Un employé de la morgue a raconté à Human Rights Watch que des officiers de police ont demandé aux employés de la morgue de ne pas toucher le corps et de n’informer personne de sa présence. Ils ont ordonné aux employés de l’étiqueter comme « corps de l’État », empêchant ainsi les membres de la famille de le réclamer. Human Rights Watch a documenté de précédents cas dans lesquels des responsables de la sécurité ont fait identifier un corps comme « corps de l’État » pour dissimuler des décès politiquement problématiques.
Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que le commissaire provincial de la police de Kinshasa, le général Célestin Kanyama, figurait parmi au moins trois hauts responsables ayant participé au rassemblement de recrutement la nuit précédant la manifestation et qui avaient donné des instructions sur la façon de mener l’attaque. Kanyama a précédemment été impliqué dans de graves atteintes aux droits humains, y compris pour son rôle de commandement pendant la répression de janvier contre des manifestants qui a fait au moins 38 morts.
La police devrait rester apolitique, impartiale et respecter le droit de rassemblement pacifique de tous les citoyens congolais, a rappelé Human Rights Watch. La mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, la MONUSCO, pourrait contribuer à prévenir de nouvelles attaques en déployant la police de l’ONU lors des manifestations politiques. Le mandat de la MONUSCO en vertu de la résolution 2147 du Conseil de sécurité prévoit d’« [a]ssurer, dans ses zones d’opérations, une protection efficace des civils se trouvant sous la menace de violences physiques ».
L’attaque du 15 septembre n’était qu’un incident parmi les plus récents dans un contexte de répression croissante à l’encontre des personnes qui s’opposent à un troisième mandat de Kabila ou à tout report des élections nationales prévues en novembre 2016. Alors que les préparatifs des élections ont déjà pris du retard, certains s’inquiètent du fait que Kabila et ses partisans pourraient favoriser un report des élections, permettant ainsi un « glissement » de la date du scrutin vers une prolongation du mandat de Kabila.
Deux dirigeants de partis politiques et quatre jeunes activistes ont été récemment condamnés pour incitation à la désobéissance civile ou en vertu d’autres accusations fallacieuses après avoir publiquement dénoncé la répression politique ou demandé la libération d’activistes arrêtés arbitrairement. Plusieurs autres activistes et dirigeants de partis politiques ont été arrêtés et font actuellement l’objet de procès pour avoir critiqué les tentatives de Kabila de prolonger son mandat.
D’autres jeunes ont été arbitrairement arrêtés sans chef d’inculpation. Trois étudiants universitaires arrêtés en mars alors qu’ils imprimaient des tracts appelant les étudiants à soutenir un leader de l’opposition, Vital Kamerhe, ont été arbitrairement détenus par l’ANR sans être autorisés à recevoir la visite d’avocats ou de membres de leurs familles. Un musicien congolais est toujours arbitrairement détenu par des responsables des services de renseignement, pour des liens présumés avec des organisations de jeunesse pro-démocratie.
Le 16 septembre, le président Kabila a exclu sept leaders politiques de haut niveau, désignés comme le Groupe des 7 ou G7, des rangs de sa coalition de partisans connue sous le nom de Majorité présidentielle (MP) après qu’ils lui ont adressé une lettre publique le 14 septembre exigeant qu’il respecte la limite constitutionnelle de deux mandats. D’autres membres de la coalition de la majorité ont alors exprimé leur soutien au G7 en démissionnant de leurs postes au gouvernement. Plusieurs d’entre eux ont par la suite subi des actes de harcèlement et d’intimidation.
Le 17 septembre, des agents des services de renseignement de la province du Sankuru (dans l’ancienne province du Kasaï-Oriental) ont fait fermer une station de radio appartenant à Christophe Lutundula, un membre du parlement et du G7. Un témoin a raconté à Human Rights Watch que les agents ont confisqué l’équipement de radiodiffusion, en indiquant aux employés qu’ils avaient reçu des ordres de leurs supérieurs à Kinshasa. Le 18 septembre, des agents des services de renseignement ont arrêté trois employés du Ministère de Plan, dont l’ancien ministre, Olivier Kamitatu, fait partie du G7. Ils ont été embarqués de force dans des véhicules et conduits jusqu’au bureau de l’ANR, où ils ont été détenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés.
« L’historique des violations graves des droits humains en RD Congo devrait servir d’alerte aux gouvernements concernés au sujet de la violence et la répression politiques avant qu’elles ne s’intensifient », a conclu Ida Sawyer. « Ces gouvernements devraient faire pression sur le gouvernement congolais pour exiger la libération des personnes détenues à tort et pour mener des enquêtes sur les responsables des attaques contre des manifestants pacifiques. Prévenir des abus est bien moins coûteux que d’essayer de ramasser les pots cassés après coup. »
Attaque contre la manifestation d’opposition du 15 septembre
La manifestation du 15 septembre s’est déroulée au terrain Sainte-Thérèse dans la commune de N’djili à Kinshasa. Les manifestants agitaient des drapeaux des partis d’opposition sur fond de musique congolaise, et des dirigeants de partis ont prononcé des discours. Beaucoup portaient des t-shirts avec l’inscription « Non au glissement », faisant allusion aux tentatives des partisans de Kabila de laisser les élections nationales « glisser » vers une prolongation de son mandat.
Une adhérente d’un parti d’opposition qui a participé à la manifestation a affirmé à Human Rights Watch qu’elle a été attaquée par un groupe de jeunes armés de gourdins et de bâtons en bois :
Lorsque les personnes ont commencé à s’enfuir, j’ai vu de jeunes hommes poursuivre les manifestants avec des gourdins. J’ai pensé que la police allait intervenir parce qu’elle n’était pas très loin. Mais non, elle n’a rien fait. Alors que je m’enfuyais, un des assaillants s’est approché et m’a donné un coup de tête si fort que je suis tombée et j’ai perdu connaissance.
Une femme dont la jambe a été fracturée par l’un des attaquants a expliqué :
Lorsque je me suis levée pour voir comment je pourrais m’enfuir, j’ai vu un homme avec une barre en fer venir vers moi en criant : « On en a marre de vous ! » Puis il m’a frappé très fort à la jambe. Je suis tombée sur les chaises en plastique et il a continué à avancer [dans la foule].
Ce n’est que lorsque les manifestants s’en sont pris aux assaillants que la police est intervenue. Alors que les policiers transportaient des assaillants blessés, certains manifestants ont jeté des pierres sur la police, qui ne semblait pas être armée.
Un employé à la morgue de Kinshasa a raconté à Human Rights Watch que des agents de police ont amené le corps d’un assaillant décédé à la morgue et que les officiers de police ont par la suite ordonné aux employés de la morgue de ne pas toucher au corps et de n’informer personne de sa présence :
Ils nous ont dit que personne ne devait toucher le corps et que nous devions le mettre de côté. Ils ont ajouté : « Le corps appartient à l’État ; n’y touchez pas ». Ils ont même écrit sur un papier qu’ils ont disposé près du corps : « corps de l’État ». Puis des agents des services de renseignement en tenue civile sont venus à la morgue pour vérifier que les instructions avaient bien été suivies. Nous savons que ce ne sont pas des employés de la morgue, mais nous ne pouvons rien y faire.
Arrestations de leaders politiques et d’activistes
Les activistes et les leaders politiques suivants ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires, et certains sont jugés pour de fausses accusations, pour s’être publiquement exprimés contre une prolongation du mandat de Kabila ou pour avoir dénoncé la répression de l’année passée :
Vano Kalembe Kiboko, un ancien membre du parlement de la coalition de la majorité de Kabila, a été arrêté le 29 décembre 2014 après avoir publiquement critiqué la répression policière violente d’une manifestation au Katanga et les tentatives visant à permettre au président Kabila de briguer un troisième mandat. Il a été conduit à la prison centrale de Kinshasa et maintenu en détention provisoire jusqu’à l’ouverture de son procès en mai dernier. Le 14 septembre, il a été déclaré coupable et condamné à trois ans de prison pour haine raciale et tribalisme et « divulgation de faux bruits ».
Ernest Kyaviro, un leader d’opposition de Goma dans l’est de la RD Congo, a été arrêté le 22 janvier pendant la semaine de manifestations dans le pays contre les modifications proposées de la loi électorale. Au lendemain de son arrestation, il a été transféré dans un centre de détention de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Kinshasa, où il a été détenu pendant 86 jours sans chef d’inculpation et sans recevoir la visite de sa famille ou d’un avocat. L’accès à un traitement médical lui a été refusé pendant cette période. Kyaviro a été transféré plus tard à la prison centrale de Kinshasa. Le 18 septembre, il a été jugé coupable de provocation et incitation à des manquements envers l’autorité publique et a été condamné à trois ans de prison. Le 23 septembre, l’épouse de Kyaviro a reçu des menaces par téléphone d’une personne anonyme qui lui a dit : « Nous vous avions interdit de parler aux médias, mais vous faites du bruit depuis que votre mari a été arrêté… Maintenant vous verrez bien ce qui arrivera. Nous savons où vous habitez. »
Le 18 septembre, quatre jeunes activistes de l’organisation Lutte pour le Changement (LUCHA), Trésor Akili, Sylvain Kambere, Vincent Kasereka et Gentil Mulume, ont été jugés coupables d’« incitation à la désobéissance à l’autorité » et condamnés à six mois de prison assortis de 12 mois de sursis. Ils avaient été arrêtés le 7 avril après avoir organisé une manifestation pacifique appelant à la libération de leurs collègues qui avaient été arrêtés à Kinshasa après avoir participé à un atelier pour lancer Filimbi, une plate-forme encourageant l’implication des jeunes dans le processus politique. Les quatre activistes de LUCHA ont été provisoirement libérés au bout de 22 jours.
Leurs collègues Fred Bauma et Yves Makwambala sont toujours en détention à la prison centrale de Kinshasa, pour avoir participé à l’atelier sur Filimbi. Leur procès est en cours.
Le défenseur des droits humains Christopher Ngoyi et Cyrille Dowe, un leader de parti politique, ont tous deux été arrêtés pendant les manifestations de janvier. Ils sont actuellement détenus à la prison centrale de Kinshasa, après des semaines ou des mois dans un établissement de l’ANR. Jean-Claude Muyambo, un autre leader de parti politique, a aussi été arrêté pendant les manifestations de janvier et envoyé à la prison centrale de Kinshasa. Il est détenu dans un établissement de santé à Kinshasa où il est soigné pour les blessures subies lors de son arrestation. Les procès contre Ngoyi, Dowe et Muyambo sont en cours, tous basés sur des chefs d’inculpation apparemment basés sur des motifs politiques.
Le 19 septembre, deux étudiants de l’Université de pédagogie nationale (UPN) de Kinshasa ont été libérés au bout de huit mois après avoir été arrêtés arbitrairement par des agents des services de renseignement, sans chef d’inculpation ni accès à leur famille et à des avocats. Ils ont été arrêtés en janvier alors qu’ils étaient en possession de tracts appelant à manifester contre les modifications proposées de la loi électorale.
Trois étudiants de l’Université de Kinshasa – Léon Nguwa, Joel Bokoro et Giresse Bangomisa – sont toujours en détention arbitraire dans un établissement de l’ANR. Ils ont été arrêtés en mars alors qu’ils imprimaient des tracts appelant les étudiants à se mobiliser pour soutenir un leader d’opposition, Vital Kamerhe, qui était en procès à la Cour suprême.
Un rappeur et artiste congolais, Junior Mapeki (connu sous le nom de Radek), est aussi détenu arbitrairement dans un établissement de l’ANR. Il a été arrêté en mai et interrogé sur des liens présumés avec les activistes de Filimbi et les organisations de jeunes pro-démocratie de l’Afrique de l’Ouest, Balai Citoyen et Y’En a Marre. On aurait trouvé dans son téléphone des photos de personnes tuées pendant les manifestations de janvier à Kinshasa.