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  • Burkina Faso: les frontières fragilisées par la corruption

    Burkina Faso: les frontières fragilisées par la corruption

    A Yenderé, dernier poste de contrôle de la police avant la frontière ivoirienne, le racket est vécu comme une norme tolérée. Ce dont témoignent ces voyageurs. “A la première entrée du Burkina on nous a fait payer 1000 francs CFA. On a présenté nos carnets de vaccins, les cartes d’identité, on nous a quand même fait payer 1.000 francs. Ils ont également pris 1.000 francs au niveau du deuxième barrage,” raconte ce premier voyageur. “j’avais mes papiers en règle et on m’a demandé de payer. Tu n’as même pas poser des questions. Tu paies ou on te garde.”

    Un voyageur sans identité fixe peut donc, en versant entre 1.000 et 3.000 francs CFA, entrer sur le territoire burkinabè sans être inquiété. Une porosité au niveau de la frontière qui facilite le terrorisme.

    Ange Diabaté est une commerçante ivoirienne qui vit au quotidien le racket. “Sur la route du Mali, il y a au moins quinze corridors où il faut parfois payer entre 1.000 et 2.000 francs. Les Nigériens eux sont à 5.000 francs. Ils ne regardent même pas ton visage. Ils n’ont pas de pitié. Que tu sois enceinte, que tu ais un bébé ou que tu pleures, ils n’écoutent pas. Ils ne regardent même pas ton visage. Ils te disent si tu n’as pas l’argent, évite le voyage. Quand tu veux voyager, il faut mettre l’argent dans ta poche,”  insiste Mme Diabaté.

    Les voyageurs s’organisent pour pallier à la situation

    Pour éviter le racket, de nombreux voyageurs, en provenance des pays frontaliers, préfèrent avoir recours à des pisteurs moyennant 1.000F CFA pour les aider à entrer, sans être inquiétés, au Burkina Faso. Juchés parfois à trois sur des motos ou des tricycles, ils contournent les barrières de contrôle.  Le secrétaire général de la FENAT, la Fédération nationale des acteurs du transport routier, Bonnaventure Kéré, explique comment on peut essayer de lutter contre le racket. “Nous avons dénoncé des cas d’abus à la police des polices. Il y a eu parfois des sanctions, il faut le dire. C’est bien mais ce n’est pas arrivé si souvent,” M. Kéré.

    Le poste de Yendéré sera attaqué par des terroristes au lendemain de ce reportage. Bilan : deux assaillants et trois civils tués.

    La gendarmerie nationale a interrogé, sans que cela ait de conséquences, notre correspondant pour vérifier les liens éventuels entre ce reportage et l’attaque de Yendéré, à proximité de la frontière. Une déplorable coïncidence, a-t-il précisé.

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  • Soudan : Omar el-Béchir de plus en plus isolé

    Soudan : Omar el-Béchir de plus en plus isolé

    Des milliers de Soudanais ont une nouvelle fois manifesté mardi à Khartoum. Ils ont réitéré leur appel à l’armée à rejoindre leur mouvement. La police soudanaise a demandé à ses forces de “ne pas intervenir” contre les milliers de manifestants réunis pour le 4e jour consécutif devant le quartier général de l’armée à Khartoum. Elle a appelé à un “transfert pacifique du pouvoir”.

    Cette déclaration est inédite, quand on sait que la police et les services des renseignements font partie des institutions acquises au président soudanais. Alors que l’armée s’est abstenue, ces deux bras séculiers du régime ont jusque-là réprimé les manifestations débutées en décembre 2018 et qui a repris du poil de la bête, le samedi 6 avril 2019. Selon les autorités, au moins 38 manifestants ont été tués depuis.

    “Le communiqué de la Police est un signe de plus de l’affaiblissement du régime et que le régime perd tous les jours ses soutiens. Le général el-Béchir, il a du sang sur les mains. Je pense que les jours du Général el-Béchir se comptent. Il n’a pas d’autre choix que de partir et de laisser le peuple Soudanais construire son avenir dans la paix, la prospérité et le progrès”, se réjouit le journaliste soudanais Rachid Said.

     

    Réponse du ministre de la Défense, le général Awad Ahmed Benawf : “Les forces armées soudanaises comprennent les motifs des manifestations et ne sont pas contre les demandes et les aspirations des citoyens, mais elles ne laisseront pas le pays sombrer dans le chaos”.

    Quant au chef d’état-major de l’armée, le général Kamal Abdelmarouf, il  a précisé que la grande muette “continuait d’obéir à sa responsabilité de protéger les citoyens”.

    Omerta brisée

    Discrètes depuis le début des contestations, plusieurs chancelleries occidentales ont commencé à briser le silence.

    Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège ont estimé qu’il était temps pour les autorités soudanaises de proposer un “plan de transition politique crédible” face aux manifestations.

    Dans un communiqué conjoint diffusé à Khartoum, les trois chancelleries ont estimé que “le temps est venu pour les autorités soudanaises de répondre à ces revendications populaires d’une façon sérieuse et crédible”.

     

    Scénario à l’Algérienne ?

    Au regard de l’évolution de la situation, peut-on s’acheminer vers le scénario algérien avec la démission prochaine du président Omar Hassan el-Béchir?

    “Les Algériens manifestaient pour le départ de Bouteflika. Et Bouteflika ne gouvernait pas depuis 2013. Or, au Soudan, c’est Omar el-Béchir qui domine donc la situation depuis des dizaines d’années. C’est lui qui a tous les pouvoirs. Mais quand même, il y a des ressemblances avec le cas algérien. C’est le fait que les militaires ont gardé une neutralité vis à vis des manifestations populaires et n’ont pas participé pour l’instant à la répression, sanglante parfois, des manifestations”, répond Maâti Monjib, historien et politologue marocain.

    Écouter l’audio 05:11

    Maâti Monjib, politologue:”Comme en Algérie, l’armée a lâché Omar Hassan el-Béchir “

    Depuis le 19 décembre 2018 et le début des contestations contre son régime, le président Omar Hassan el-Béchir, au pouvoir depuis 1989, a refusé de démissionner.

    Mais le revirement des forces de sécurité, sur lesquelles repose en grande partie le pouvoir, pourrait désormais faire évoluer la situation.

    Enfin, un conseil a été formé par les leaders de la contestation pour  expliquent-ils lancer des négociations avec les forces de sécurité et la communauté internationale, dans le but de transférer le pouvoir à un “gouvernement de transition, fidèle aux vœux de la révolution”.

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  • Les combats en Libye compliquent la gestion des flux de migrants

    Les combats en Libye compliquent la gestion des flux de migrants

    La plupart des camps de refugiés se retrouvent dans des zones de combats, ce qui empêche le travail des ONG internationales comme Médecins sans frontières qui dénonce de nombreux cas de violation des droits de l´homme.

    Des cas de migrants forcés de travailler pour des groupes armés libyens ont ainsi été signalés. Pour Hisan Boubakri du Centre de Tunis pour la migration et l’asile, il y a aujourd’hui une nécessité de créer des couloirs de protection pour assurer la sécurité de ces migrants. 

     

    Cliquez sur l’image pour écouter ses explications. 

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  • En RDC, le Premier ministre se fait toujours attendre

    En RDC, le Premier ministre se fait toujours attendre

    Pas de nouveau chef du gouvernement, malgré  l’accord de “coalition politique” et de “partage du pouvoir” signé début mars par les leaders de deux coalitions, le Front commun pour le Congo (FCC) pro-Kabila et le Cap pour le Changement (CACH) pro-Tshisekedi, invitant ce dernier à nommer “rapidement” un Premier ministre.

    Mardi matin, selon la radio TopCongo, citant une source à la présidence de la République, Felix Tshisekedi aurait refusé de nommer Albert Yuma comme chef du gouvernement. Yuma est l’actuel chef du patronat congolais et aussi le président de la Gécamines.

    Selon la même source, Tshisekedi désire nommer “une personnalité qui reflèterait plus le changement qu’il incarne”.

    Pour Israël Mutala, analyste politique et économique, cette situation expliquerait la tension qui est montée d’un cran depuis quelques jours entre le FCC et le CACH.

    “Les négociations sont tendues entre FCC et CACH parce que la candidature proposée au poste du Premier ministre par le FCC n’a pas été agréée par le camp présidentiel. Donc c’est ce qui a braqué les négociations, et le FCC estime qu’il  va durcir les conditions de partage des postes ministériels. C’est ce qui fait qu’il y a des tensions qui bloquent la nomination d’un gouvernement qui doit d’abord passer par la désignation d’un Premier ministre”, explique-t-il. 

     

    “Un marché de dupes”

    Selon la constitution de la RDC qui consacre un régime semi-présidentiel, le Premier ministre nommé par le président de la République doit être issu de la majorité au Parlement et dans ce cas, c’est au FCC de Joseph Kabila que revient donc cette désignation puisque ce parti est arrivé en tête des élections législatives.

    Maître Herve Diakiese, activiste du mouvement Le Congolais Debout, pense que l’alliance FCC-CACH est un “marché des dupes”.

    “Sans mâcher mes mots, c’est un marché des dupes, beaucoup se sont faits une idée de cette coalition, le communiqué (du 6 mars 2019) CACH-FCC pour moi c’était quelque chose qui visait juste à calmer les interrogations de plus en plus légitimes, les inquiétudes de la population”, indique M. Diakiese. 

     
    Difficile d’évaluer les conséquences économiques de cette longue attente du nouveau gouvernement, mais Israël Mutala pense qu’à court terme cette situation pourrait faire douter des investisseurs étrangers.

    “Les conséquences sont que pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’investisseurs qui se bousculent parce qu’il appartient au Premier ministre de conduire la politique de l’Etat et les opérateurs économiques ont besoin d’une vision”, observe-t-il. 

    Dans cette situation bloquée, le choix du prochain Premier ministre annoncera sans aucun doute les couleurs de la gouvernance de Félix Tshisekedi.
     

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  • La rue exige la démission d’Omar el-Béchir

    La rue exige la démission d’Omar el-Béchir

    Le Soudan, comme la plupart des pays producteurs de pétrole, traverse une situation économique préoccupante depuis quelques années. Le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an et fait également face à un grave déficit en devises étrangères.

    “Les ressources pétrolières sont au sud, explique  Roland Marchal, spécialiste du Soudan au Centre national de la recherche scientifique en France. Mais en même temps, compte tenu de la crise politique au sud, le pétrole ne peut pas être exporté dans les quantités dites. Le gouvernement du Nord-Soudan touche des royalties sur les exportations qui sont significatives. Le fait que les exportations se soient réduites de façon importante signifie que le gouvernement de Khartoum ne touche plus suffisamment d’argent contrairement aux espoirs qu’il avait.”

    Conséquences visible de ces problèmes économiques, en décembre 2018, le gouvernement décide de tripler le prix du pain. Ce qui a mis le feu aux poudres. Les premières manifestations éclatent le 19 décembre. Celles de ces derniers jours ont coïncidé avec des coupures répétées d’électricité dans tout le pays.

    Dimanche, le Conseil de sécurité, un organe présidé par Omar el-Béchir a promis de répondre aux exigences des manifestants.

    Discussions avec l’armée

    Des milliers de Soudanais réunis depuis samedi 6 avril devant le quartier général de l’armée à Khartoum ont appelé lundi à l’ouverture de négociations avec les militaires en vue de la formation d’un “gouvernement de transition”.

    “Nous appelons les Forces armées soudanaises à engager un dialogue direct avec l’Alliance pour le changement et la liberté afin de faciliter un processus pacifique débouchant sur la formation d’un gouvernement de transition”, a déclaré un des contestataires cité par l’AFP.

    Neutralité de l’armée

    Depuis samedi dernier, l’armée a été déployée dans les principales artères de la capitale à Karthoum, sans s’en prendre directement aux manifestants, contrairement à ce que beaucoup redoutaient.

    “On dirait qu’il  y a un conflit au sein de l’État soudanais lui-même, au sein de la hiérarchie, analyseRachid Ouaissa, spécialiste du monde arabe à l’Université de Marburg en Allemagne. C’est une guerre  de clan qui déborde sur la rue. Il y a une politique économique basée sur la corruption et sur le tribalisme. C’est une dictature pure et nette qui a fait beaucoup de mal à son peuple.”

    Résilience et réformes

    Dans un communiqué, l’Union européenne a indiqué que “le peuple soudanais a montré une résilience remarquable face aux obstacles extraordinaires auxquels il a été confronté ces dernières années”.

    L’UE attend que le Soudan réponde à “l’appel au changement” par un engagement à mener des “réformes essentielles”, conclut le texte.

    Omar el-Béchir est à la tête de son pays depuis le 30 juin 1989, après avoir renversé le Premier ministre Sadeq al-Mahdi.

    Miné par des divisions internes, l’opposition Soudanaise a commencé à s’organiser et espère le départ du président. Agé de 75 ans, il est officiellement recherché par la Cour pénale internationale qui a émis deux mandats d’arrêt internationaux contre lui. Il est visé par dix chefs d’accusation mais échappe toujours à la justice internationale.

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  • Burkina Faso : 60 civils tués par l’armée selon une ONG

    Burkina Faso : 60 civils tués par l’armée selon une ONG

    L’opération avait été présentée comme une “riposte”» à une attaque djihadiste qui avait tué 14 civils de l’armée burkinabè, laquelle annonçait, début février, avoir “neutralisé 146 terroristes” à Kain et Bahn dans le nord du pays.

    Mais le président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et du peuple, Chrysogone Zougmoré, affirme disposer de preuves qui reposent sur des témoignages des populations selon lesquels une soixantaine de civils, des éleveurs peuls en majorité, ont été exécutés de manière arbitraire.

    “Sur place nous avons vérifié et les populations nous ont dit que personne n’avait été tué au niveau de leurs différentes localités. Deuxièmement, le communiqué de l’armée fait état de combat qui a abouti à la neutralisation de 146 personnes sur place. Nous avons vérifié et il n’y a eu aucun combat qui a été mené sur le terrain”, explique Chrysogone Zougmoré.

    Il ajoute que des “douilles de balle ont été ramassées à proximité des concessions des personnes neutralisées. La conclusion c’est que l’armée a procédé à l’extraction des personnes de leurs domiciles puis à des exécutions. “

    Human Rights Watch avait déjà accusé l’année dernière les forces de sécurité burkinabè “d’exécutions extrajudiciaires, de mauvais traitements et d’arrestations arbitraires” au cours d’opérations antiterroristes entre 2017 et 2018.

    L’armée malienne accusée aussi d’avoir abattu des civils

    Au Mali, les forces armées sont souvent accusées d’exécutions de civils. En mai 2018, une enquête de la MINUSMA a conclu que des éléments du bataillon malien ont tué 12 civils sur le marché à bétail de Boulkessy”, après la mort d’un soldat au cours d’une patrouille effectuée dans cette zone.

    Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a répondu à ces accusations lors d’une interview accordée en février à la DW. “On leur dit qu’il faut que vous soyez efficace, mais en même temps que nul ne s’en prenne à des populations à moins qu’elles ne soient directement impliquées dans des actes terroristes.”

    Ibrahim Boubacar Keita reconnait que cela n’est pas toujours évident. “Quand quelqu’un va à une foire hebdomadaire, nos éléments  sont là pour sécuriser et protéger les gens et subitement on voit un homme qui sort des Kalachnikovs des paniers supposés contenir des fruits et légumes et qu’il tue des gens. Alors là si les forces réagissent on a quoi à la Une de la presse ? Massacre de populations civiles. C’est très compliqué”, estime le président malien.

    Ces violations présumées commises par les forces de sécurité sous couvert d’opérations antiterroristes inquiètent Chrysogone Zougmoré, qui craint que cela puisse justifier des dérapages et des abus.

    Contacté par la DW, le directeur de communication des armées burkinabè n’a pas souhaité réagir, renvoyant à un communiqué du porte-parole du gouvernement dans lequel le gouvernement dit “prendre acte” des allégations et assure que des investigations “sont en cours”.

     

     

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  • RDC : voter envers et contre tout à Beni et Butembo

    RDC : voter envers et contre tout à Beni et Butembo

    Après un report en décembre, les élections nationales législatives et provinciales doivent se tenir dans plusieurs circonscriptions électorales du Nord-Kivu le 31 mars

    Alors qu’à Yumbi ce rendez-vous électoral ne semble pas prioritaire pour des populations traumatisées par les massacres communautaires, les habitants de Beni et de Butembo se préparent quant à eux à aller voter, malgré l’insécurité et l’épidémie d’Ebola. En effet, dans ces deux localités, des attaques armées contre les centres de traitement d’Ebola se poursuivent.

    Elie Kwiravusa Muhindo, vice-président de la société civile de Butembo, se mobilise pour que les électeurs se rendent aux urnes :

    “Pour nous, la société civile, la population est prête pour aller voter le 31 mars. Un nouveau report ne ferait qu’accentuer la crise de confiance. Nous sommes prêts depuis le 31 décembre, date du report des élections, parce que c’est notre droit et notre devoir de participer au processus électoral pour la survie de la nation congolaise. ”  

    Garanties sécuritaires insuffisantes

    A Beni, la sécurisation du vote est une priorité pour la population. Les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliés ADF et les Maï Maï sont toujours actifs dans cette province du Nord-Kivu.  Les autorités congolaises annoncent de leur côté la formation d’une centaine de policiers pour relever le défi de la sécurisation du vote.

    Bienaimé Kyaviro fait partie du mouvement citoyen Lucha à Beni :

    “La population est déçue. Les gens ne savent plus comment aller voter vu qu’ils n’ont pas pu voter pour l’élection présidentielle. On se pose la question, comment seront-ils dirigés par quelqu’un pour qui ils n’ont pas voté? C’est compliqué. La population est tellement déçue que nous comprenons que la situation soit vraiment politisée.”

    Selon la Céni, quelques 1.500 bureaux de vote et de dépouillement seront ouverts et implantés dans les circonscriptions électorales de Beni territoire et de Beni ville.

    De son côté, Butembo ville accueillera 563 bureaux de vote.

     

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  • Les Algériens exigent la démission d’Abdelaziz Bouteflika

    Les Algériens exigent la démission d’Abdelaziz Bouteflika

    Munis de pancartes, les milliers de manifestants, dans une ambiance festive, ont manifesté pacifiquement sous forte escorte policière. 

    “On voulait des élections sans Boutef’, on se retrouve avec Bouteflika sans élections”, a par exemple écrit sur une pancarte un des contestataires.

    “Les slogans sont toujours presque les mêmes, bien qu’ils aient évolués. On ne parle plus du cinquième mandat. On parle d’un non à la prolongation du quatrième mandat. Et il y a aussi la dénonciation de certaines positions des pays étrangers comme les Etats-Unis ou la France par rapport à la situation algérienne. On dénonce également la violation de la Constitution en arabe, en français, en anglais, en allemand”, témoigne Fayçal Métaoui. Le journaliste algérien au site d’information Tout sur l’Algérie à couvert pour le compte de son organe de presse cette manifestation.

    Persévérance

    Des observateurs s’attendaient à un affaiblissement du mouvement de contestation. Il a au contraire pris de l’ampleur, ont constaté plusieurs témoins joints par la DW.

    Pour le politologue Mohamed Tozy, la résistance du mouvement à l’essoufflement démontre la pugnacité du peuple algérien : 

    “La ruse du pouvoir n’a pas marché. Le changement de Premier ministre (Noureddine Bedoui) et même la promesse de ne pas se présenter n’ont pas convaincu les gens. Il s’agit vraiment d’un mouvement social qui n’a pas de leader mais qui est très enraciné, qui n’est pas circonscrit uniquement à Alger mais qui est dans toutes les petites villes du pays. Cela atteste à la fois du changement profond de la société algérienne et surtout d’une demande de liberté, de dignité et de démocratie.”

    Oran et Constantine se mobilisent aussi

    Au-delà de la capitale, la mobilisation a également été forte à Oran et Constantine, respectivement deuxième et troisième villes du pays.

    Il reste en revanche difficile de présager de l’issue de cette révolte populaire dont les résultats, à l’image de la Tunisie et de l’Egypte, pourraient être confisqués par la classe politique.

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  • L’industrialisation de l’agriculture toujours quasi inexistante en Afrique

    L’industrialisation de l’agriculture toujours quasi inexistante en Afrique

    Avec près de 10% de la production mondiale, le coton africain représente une source importante de revenus pour le continent. Mais la contribution de la filière coton au développement économique demeure en deçà de son potentiel, en raison de l’absence de transformation locale. 

    “Pour transformer, il y a des conditions de base. L’Afrique a besoin de l’énergie pour pouvoir transformer. Le coton vendu de façon brut, sur 100 francs CFA, il n’y a peut-être que dix francs CFA qui reviennent à l’Afrique, ceci n’est pas normal. Et puis nous sommes enclavés donc les transports font partie du problème. Parce que si nous transformons les produits et que nous sommes incapables de les transporter vers les marchés extérieurs, alors ça devient un goulot d’étranglement”, estime Succès Masra, ancien économiste principal à la Banque africaine de développement, la BAD. 

    Déficit de production industrielle

    Selon l’universitaire Soudy Imar Djibrine “l’incapacité à industrialiser l’agriculture” constitue une entrave au développement de l’économie africaine qui continue à exporter des matières premières et importer des produits finis.

    “C’est un grand manque à gagner pour les Africains car la matière première s’en va par exemple en Chine, en Europe etc… Puis elle nous revient beaucoup plus chère sous forme de produits finis. Si nous pouvions produire et transformer localement cela nous reviendrait non seulement moins cher mais ce serait une véritable valeur ajoutée”, déplore Soudy Imar Djibrine. 

    Le président tchadien Idriss Deby Itno qui accueille le premier salon africain de l’agriculture recommande “que des actions stratégiques d’envergure soient développées afin de stimuler les politiques nationales et régionales de transformation des chaines de valeur agricoles en Afrique. C’est à ce prix que nous pouvons faire de l’agriculture le véritable moteur de la croissance, de la croissance des richesses et de lutte contre la pauvreté. Le développement de l’agriculture est la meilleure réponse aux défis économiques.”

    Des problèmes de financement 

    L’autre entrave à la transformation de l’agriculture en Afrique reste les taux d’intérêts élevés qui rendent presque impossible l’accès au crédit. 

    Avec des taux de 12 à 15%, le financement de la transformation de l’agriculture ne peut pas se faire sur un continent où 70% de la population dépend de ce secteur économique.

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  • RDC : regain de violences sexuelles pendant les élections

    RDC : regain de violences sexuelles pendant les élections

    Justine Masika Bihamba, la fondatrice et présidente de l’ONG congolaise Synergie des Femmes, estime que les cas de viols et de violences sexuelles ont augmenté en République démocratique du Congo durant la période électorale.

    Selon elle, l’élection du président Félix Tshisekedi ne correspond pas à la vérité des urnes et cette continuité se traduit par aucun changement notable sur le terrain.

    Ecoutez son interview en cliquant sur la photo ci-dessus.

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