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  • Echéance 2016: L’Opposition pousse subtilement Kabila à rempiler !

    Echéance 2016: L’Opposition pousse subtilement Kabila à rempiler !

     ELECTIONS 2011 : DES OPPOSANTS CONGOLAIS CREENT UN « MACHIN » par Cheik FitaN’ayant jusque-là pour projet de société que alternance et pour programme de gouvernement que départ de Joseph Kabila, l’Opposition se révèle, à deux ans et demi de l’échéance 2016, sans véritable challenger face au Raïs, même si trois candidats se positionnent sur la ligne de départ: Tshisekedi-père, Kengo et Kamerhe. A moins de promouvoir rapidement Tshisekedi-fils ou, sauf exception, Bemba Gombo. Personne de raisonnable ne donne la moindre chance de voir Mobutu Nzanga, Mbusa Nyamwisi, Badibanga, Luhaka, Olenghankoy, Diongo, Ewanga, Fayulu, Mvuemba, Lisanga Bonganga, Ne Muanda Nsemi, Kanku ou Mbikayi accéder à la magistrature suprême. Aussi, en focalisant leurs stratégies et stratagèmes électoraux sur la position que prendra publiquement Kabila par rapport à la prochaine présidentielle au lieu de se préoccuper de ce qu’il y a d’important en période préélectorale ou électorale, à savoir la promotion d’un projet de société et d’un programme de gouvernement plus attractifs que ceux du régime en place, les Opposants reconnaissent tacitement ne pas être prêts pour l’alternance. Surtout maintenant…

     

     

                Toutes les analyses pointues aussi bien en interne qu’en externe en font le constat : depuis la libéralisation politique proclamée le 24 avril 1990, c’est seulement au cours de ces dernières années que se rétablissent et se consolident les fondamentaux de la “macro-politique” et de la macroéconomie.

                Par le néologisme “macro-politique”, s’entend l’ensemble des initiatives et actions englobant la politique proprement dite, la diplomatie, la sécurité, la justice, les droits de l’homme etc.

                S’agissant précisément de la sécurité, l’honnêteté commande de reconnaître la montée en puissance des Fardc depuis la neutralisation du M.23 avec le concours de la Brigade d’intervention de la Monusco. Ces performances s’observent sur des nouveaux fronts où sont traquées les forces négatives ougandaises (Adf-Nalu) et rwandaises (Fdlr). Tous les partenaires extérieurs impliqués dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba s’en félicitent. Ils ne veulent ni entendre, ni voir cet élan ni ralenti, ni arrêté à cause des contingences politiques.

                Effectivement, l’armée gouvernementale congolaise fait la guerre de façon professionnelle, c’est-à-dire avec beaucoup d’efficacité dans et la neutralisation des groupes armés et dans le respect des droits de l’homme.

                En macroéconomie, c’est aussi la première fois que la monnaie demeure stable sur une longue période, les réserves monétaires et les recettes budgétaires sont en croissance pendant que la bancarisation et la régulation de la paie des fonctionnaires, des militaires et des policiers enregistre de progrès considérables.

                En dépit de quelques ratages par-ci par-là, pour lesquels d’ailleurs les institutions publiques sont interpellées pour corrections, on peut dire de la remontée de la pente qu’elle est réellement perceptible.

     

    Impérium, primature, pétition…

     

                C’est que la poursuite de la remontée devient un impératif.

                Toute la question, cependant, est de savoir qui va devoir en assumer et en assurer la responsabilité.

                En toute logique, l’Opposition devrait profiter de l’embellie dans la perspective de l’échéance 2016.

                Seulement voilà : elle semble totalement dépassée par l’enjeu.

                Depuis qu’elle s’est confortablement installée dans la contestation des élections du 28 novembre 2011, elle ne donne aucune réponse, mais alors aucune, aux exigences de cet enjeu.

                Pour ne prendre que les événements marquants de 2013, on n’a pas vu les Opposants réagir conséquemment au processus de Kampala, encore moins à la victoire des Fardc sur le M.23. On ne les a pas vus non plus se prononcer concrètement sur les recommandations des Concertations nationales.

                Les uns ont boudé ces assises, les autres se sont déchirés autour de la position à prendre face au succès militaires des Fardc, les autres encore ont réclamé leur participation aux pourparlers de Kampala avant de se rétracter.

                Au final, avec les prises de position notamment de l’Udps (attente de l’impérium), de l’Opposition pro-Concertations (pression pour entrer diriger le gouvernement de cohésion nationale) et de l’Opposition-Concertations (propension à ameuter la rue avec des initiatives stérilisantes appelées “Pétition”, “Touch’pas à l’article 220”, “Caravane de la paix”), les Opposants donnent l’impression d’évoluer et d’agir en véritables SDF (Sans Direction Fixe). Si bien que les décideurs (suivez mon regard) en viennent à se demander s’il ne va pas de l’intérêt général de miser sur les tenants du Pouvoir actuel; le temps pour le Contre-Pouvoir de souffler un peu.

     

    L’espace a horreur du vide

     

                Et pour cause !

                Etienne Tshisekedi wa Mulumba n’a pratiquement plus le coeur à l’ouvrage. N’en déplaise à ses “faucons” (il en a, comme tout bon politique), l’homme est conscient aujourd’hui de ses limites. Si, tout président de la République qu’il se dit être, il garde la direction du parti alors que la Constitution le lui interdit (article 96 dispose que “Le mandat du Président de la République est également incompatible avec toute responsabilité au sein d’un parti politique“), c’est parce qu’il veut au moins sauver l’oeuvre de sa vie : l’Udps. Il entend léguer aux siens (peut-être à Félix Tshisekedi) une machine gérable. Il est donc forfait pour 2016.

                Léon Kengo wa Dondo (Tshisekedi dit de lui dans l’interview accordée le 30 novembre 2011 à Colette Braeckman qu’il “fait partie de ces hommes que j’ai toujours combattus“) est un homme d’Etat avéré. Mais, il a un handicap sérieux : l’image de la rigueur qui lui colle à la peau reste vivace dans le subconscient de l’homme de la rue. Mobutu, le Fmi, la Banque mondiale et l’Occident lui ont rendu un très mauvais service. Tout ce qu’il peut entreprendre pour la réparation avant de se retirer de la vie politique, c’est ce qu’il fait actuellement dans l’ordre institutionnel en place. Pragmatique, il sait qu’il est aussi forfait pour 2016.

                Vital Kamerhe Iwa Kanyinginyi (Tshisekedi dit de lui, dans la même interview : ” Les voix récoltées par Kamerhe au Kivu, cela ne me concerne pas. Avant-hier, il est venu ici et j’ai refusé de le recevoir“) a le profil du meilleur challenger. Populiste, il a la verve oratoire qui attire. Malheureusement, c’est tout. C’est un agité; il a le mensonge facile. Bref, il a encore du chemin pour s’assagir et rassurer.

                A dire vrai, le lider maximo n’a jamais pardonné et ne pardonnera jamais Kengo et Kamerhe de l’avoir empêché d’être le candidat commun de l’Opposition lors de la présidentielle de 2011. Il a la dent dure, laissent entendre ceux qui l’ont fréquenté ou le fréquentent.

                Quant au reste, constitué notamment  de François-Joseph Mobutu, Antipas Mbusa Nyamwisi, Rémy Badibanga, Thomas Luhaka, Joseph Olenghankoy, Franck Diongo, Bertrand Ewanga, Martin Fayulu, Jean-Claude Mvuemba, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, Zacharie Badiengila Ne Muanda Nsemi, Clément Kanku ou Stève Mbikayi, il est excellent dans l’unique exercice qui lui va bien, à savoir la prestation politico-médiatique.

                C’est cela même la réalité de l’espace.

                Or, l’espace a horreur du vide, dit-on…

                Au demeurant, en convoquant à Fatima, du 28 au 31 mars, la ” Convention de l’Opposition pour répondre à Kingakati”, et cela sous la signature de Jean Bertrand Ewanga, Martin Fayulu et Christopher Ngoyi, les Kamerhistes confirment, si besoin est, que les Opposants n’ont pas la capacité de faire front commun pour l’échéance 2016.

                Ce serait pour la façade, si jamais le miracle se produisait !

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Non à un nouvel «éléphant blanc» !- Hôpital du Cinquantenaire.

    Non à un nouvel «éléphant blanc» !- Hôpital du Cinquantenaire.

     hopital- rdcLa joie se lisait sur les visages de tous les officiels réunis le samedi 22 mars 2014 à « Koweit City », à l’occasion de l’inauguration de l’Hôpital du Cinquantenaire. Tous les intervenants ont pris l’engagement d’épargner à cet ouvrage le sort généralement réservé aux « éléphants blancs ». Les observateurs ont pris acte.

              Les paris à tenir pour le futur, hormis celui de la maintenance, sont ceux de la qualité des soins, de la qualification du personnel, de la fiabilité des équipements, de l’accessibilité de soins au commun de Congolais, de l’arrêt effectif de la saignée du trésor public à travers des transferts médicaux à l’étranger.

              En ce qui concerne le respect des normes internationales en matière de prise en charge des malades, cela va se vérifier au fur et à mesure des consultations, de l’administration des soins, de la nature des actes chirurgicaux, etc. D’aucuns pensent que le ministre de la Santé est allé vite en besogne en proclamant qu’aux taux de 20.000 Fc (plus de 20 dollars Usd) pour la consultation par un généraliste et de 25.000 Fc ( plus de 25 dollars) pour la consultation par un spécialiste, l’Hôpital du Cinquantenaire était ouvert aux Congolais de toutes les catégories sociales. Ils n’ont pas tort, ces millions de Congolais qui vivent avec moins d’un dollar par jour et qui s’estiment exclus des fichiers de cette formation médicale, en raison de leur pouvoir d’achat quasi nul. Car les 20.000 ou 25.000 Fc représentent la facture du traitement complet du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la grippe, de la bronchite… au dispensaire des religieuses catholiques ou des « Salutistes » du quartier, où sont dispensés les « soins de santé primaires ». Et lorsqu’on s’adresse à la guérisseuse ou au guérisseur traditionnel ou directement au pharmacien du coin, c’est moitié prix. Il y a des concitoyens tellement démunis – et ils constituent malheureusement l’écrasante majorité – qu’ils ne seront jamais tentés de mettre leurs pieds à «Koweit City» pour « gaspiller » 20.000 ou 25.000 Fc rien que pour une consultation, sans le moindre soin.

    Ne nous voilons pas la face pour affirmer que l’Hôpital du Cinquantenaire n’est pas à la portée des gagne-petit. Il est d’ores et déjà sélectif, financièrement.

    Quant à l’ambition qu’affiche l’Etat congolais de faire du transfert des malades congolais à l’étranger l’exception, elle est accueillie avec beaucoup de scepticisme. Dans ce pays où il n’est pas facile de cacher la vérité, on va finir par savoir, très vite, si les « VIP » et leurs familles ont réellement tourné la page des soins en Afrique du Sud, en Belgique, en Suisse, en France, en Inde, etc. Si les évacuations médicales en dehors du pays, parfois avec mort subite dans les avions ne s’arrêtent pas, on peut dès lors croire que la cérémonie de samedi comporte beaucoup de dessous de cartes.

              On peut craindre un taux de fréquentation très faible pour l’Hôpital du Cinquantenaire si les tarifs de consultation des malades restent ceux annoncés par le ministre de la Santé et si les « VIP » et leurs familles continuent de tromper toute la Nation, en préférant se faire soigner à l’étranger, aux frais du Trésor public. Le pays aura investi 100 millions de dollars dans un authentique « Eléphant blanc », si celui reste inaccessible aux Congolais d’en-bas à cause de leur précarité financière et si les épouses des décideurs politiques et mandataires publics n’arrêtent pas d’aller accoucher dans les cliniques américaines, sud-africaines, canadiennes, européennes et indiennes. Au regard de l’échantillon des formations médicales haut de gamme présentes à Kinshasa, en principe la spirale des évacuations médicales à l’étranger aurait dû fléchir. Or, tel n’est pas le cas. La mentalité congolaise, surtout dans la société bourgeoise, est fondée sur la méfiance à l’égard du système national de santé. La crédibilité de ce bijou va se jouer sur des paramètres plus subjectifs qu’objectifs. Si les ministères du Budget et des Finances ne jouent pas la carte de la transparence, l’opinion publique aura du mal à croire que les transferts médicaux à l’extérieur relèvent désormais de l’exception.

                                            Un passé révoltant

              La Seconde République a légué au pays plusieurs « éléphants blancs », à savoir des investissements onéreux de prestige, sans lendemain. On peut citer, au hasard, l’Echangeur de Limete, l’ex-CCIZ (Centre de Commerce International du Zaïre), la Cité historique du Parti à N’Sele, le Domaine Agro-Industriel et Présidentiel de N’Sele (DAIPN), la Sosider (Société Sidérurgique de Maluku) pour la ville de Kinshasa, l’Aéroport International de Gbadolite pour la province de l’Equateur, la Sucrière de Lotokila en Province Orientale, la Sucrière de Mushi-Pentane au Bandundu, la Cimenterie Nationale de Kimpese dans le Bas-Congo, etc.

    Aujourd’hui, le « Wall Street » congolais qui devait avoir pour pôle d’attraction l’ex-CCIZ a été transformé en hôtel, après plusieurs années d’abandon. La Cité historique de N’Sele, avec sa stèle, sa piscine olympique, ses salles de congrès et de conférences, ses pavillons de luxe, son stade de football ressemble à un musée désaffecté. Non loin de là, le DAIPN, que l’on peut confondre facilement à une ferme du Moyen-Age, tente de renaître de ses cendres, sur fond d’un nouvel investissement.

              L’ex-Zaïre avait raté, dans les années ’80, l’occasion d’abriter une des industries lourdes de référence en Afrique. Mais, en lieu et place des barres d’acier qui devraient sortir de ses fonderies, sérieusement attaquées par la rouille, la Sosider héberge présentement des herbes sauvages. Son personnel ploie aujourd’hui sous près de deux cents mois sans salaires. L’Echangeur de Limete, après avoir englouti des millions de dollars et n’avoir jamais abrité la plus « haute tour du monde » appelée à détrôner la Tour Eiffel, a trouvé une utilité originale : la réception des kermesses et concerts en plein air.

              Ne pouvant drainer aucun trafic international, sinon les vols réservés aux « invités » du maréchal Mobutu, l’aéroport de Gbadolite n’est plus que ruine alors qu’une telle piste aurait pu être construite à Bunia, Beni, Butembo, Goma, Bukavu, Kindu, Mbuji-Mayi ou Matadi, qui ont toujours connu une forte fréquentation d’aéronefs.

              Beaucoup de bruits avaient été faits autour des sucrières de Lotokila et Mushi-Pentane mais, au finish, le tout s’était arrêté aux juteuses commissions partagées entre initiés. Après quelques années de fonctionnement difficile, la CINAT a fini par mettre la clé sous le paillasson. Ses usines ont cessé de vomir, depuis des lustres, des sacs de ciment, un des produits stratégiques pour la reconstruction de la République Démocratique du Congo.           

    Kimp

  • LA RDC A L’HEURE DU DEBAT SUR LE CHANGEMENT OU LA REVISION CONSTITUTIONNELLE

    LA RDC A L’HEURE DU DEBAT SUR LE CHANGEMENT OU LA REVISION CONSTITUTIONNELLE

    Palais du peuple
    Palais du peuple

    Depuis peu, les débats sont animés sur le changement ou la révision constitutionnelle en RDC. Le mardi 19 mars 2014, le dialogue inter congolais de la radio Okapi a même porté sur  cette problématique. Parmi les invités, l’initiateur de la pétition portant changement de la Constitution, monsieur Claude Mashala, le Secrétaire national du PPRD. La presse nationale n’est pas restée en marge d’approche  de la problématique soulevée. Cependant Claude Mashala précise agir à titre personnel et que son initiative n’engageait ni le PPRD, ni la Majorité Présidentielle.

    Teneur de la pétition
    La pétition de Claude Mashala porte sur le changement de la Constitution. Et il sied de rappeler que la révision constitutionnelle peut être totale ou partielle. Pour le protagoniste, il y a dans la Constitution actuelle des iniquités dont il faut la débarrasser tout comme cet état des choses n’honore pas la RDC. Il  cite le cas des articles portant sur l’organisation administrative  de la RDC, le fameux article 220 ainsi que d’autres articles. L’initiative de la pétition pour obtenir la révision de la Constitution étant autorisée en l’article 218 de la même Constitution, la démarche de Claude Mashala qui consiste en la récolte de 100.000 signatures pour obtenir la révision constitutionnelle, n’est donc pas illégale.
    La rhétorique du débat
    Pour Claude Mashala, qui s’en tient aussi à une définition de la Constitution qui veut que celle-ci « soit le condensé historique d’une nation », il n’est pas un péché de changer la Constitution du 18 février 2006 malgré l’existence de l’article 220 qui limite le nombre des mandats présidentiels à deux. Les réalités du pays ayant évolué, il y a donc lieu de produire une Constitution qui soit adaptée et qui ne soit pas écrite par ceux dont les mains sont couvertes du sang des Congolais envoyés ad patres par des rébellions depuis la rébellion du RCD-Goma initiée le 2 août 1998.
    La partie adverse quant à elle, vilipende le fait que l’on cherche un prétexte pour toucher à l’article 220 afin de permettre à Joseph Kabila de se représenter une nouvelle fois à la course pour la présidence du pays et ne trouve aucune opportunité quant à ce changement.
    Questions de fond
    Il a été remarqué que la RDC est incapable d’arriver au découpage territorial et à réaliser d’autres choses érigées en articles dans la Constitution du 18 février 2006. Ne doit-on donc pas abroger ou modifier les dispositions constitutionnelles qui abordent ces matières ?
    Si l’on changeait l’article 220 pour rendre illimité le nombre de mandats qu’un président peut briguer en RDC, sera-ce à l’avantage de Kabila ? Rien ne dit que s’il se représente de nouveau, il va gagner les élections ou que ce sera seulement lui qui gagnera les présidentielles en RDC. Ce changement profite donc à tout Congolais qui peut briguer la présidence et ne porte atteinte à aucun principe démocratique car les libertés fondamentales des individus, l’accès au pouvoir via le suffrage universel et la séparation de trois pouvoirs classiques ne seront pas changés.
    Somme toute, la révision partielle ou totale de la Constitution ne peut donner lieu à aucun trouble dans le pays ni même effrayer les adversaires potentiels de Kabila pour les futures présidentielles car c’est le peuple qui appréciera et arbitrera entre tous les présidentiables. Les futurs challengers de Kabila qui ont peur de son poids politique pensent se donner plus de chance de briguer la magistrature en l’absence de Kabila parmi les futurs présidentiables. Aussi s’accrochent-ils à tout ce qui, selon eux, peut les aider à arriver à cette fin. Et ce sont eux qui sont  le danger pour le pays car en cas d’échec voire bien avant l’organisation effective de la prochaine présidentielle pour autant qu’ils chercheront à manipuler le peuple ainsi que leurs bases pour fomenter troubles ou d’autres types de problèmes dans le pays. La crainte de l’adversaire ne doit donc pas justifier la manipulation du peuple pour s’en servir comme d’une bête de somme.
    Sous d’autres cieux, notamment au Sénégal, Macky Sall a battu Wade qui a fait deux mandats de suite au pouvoir. C’est autant dire que Kabila n’a pas d’avantages spéciaux comme il est au pouvoir. Tout dépend de la pertinence et de l’efficacité des stratégies électorales à mettre en place par l’opposition pour arriver à gagner la présidentielle. Ainsi donc, l’on ne devrait pas diaboliser la fraction  des Congolais qui pensent que la révision constitutionnelle, partielle ou totale, conduirait à l’apocalypse ou à l’inanition de la nation congolaise.
    Samy BOSONGO
  • Qui dirigera la RDC après Joseph KABILA ?

    Qui dirigera la RDC après Joseph KABILA ?

     jean_claude_katendePar  Me Jean Claude KATENDE : Président National de l’ASADHO.
    I.                  Introduction
    Avant d’aller loin dans notre réflexion sur cette question essentielle pour notre nation, nous nous devons de préciser que cet article n’est pas écrit pour ou contre quelqu’un. Il est motivé, d’une part,  par le souci que nous nous  faisons au sujet de l’avenir de notre pays, mais aussi par le devoir de maintenir le débat sur cette question dont la réponse aura des conséquences considérables tant sur nous-mêmes que sur les toutes les populations congolaises et sur la région de Grands Lacs, d’autre part.
    Prise sous cet angle, cette question est essentielle  mérite qu’on y réfléchisse dès maintenant.
    En 2006, le Président Joseph KABILA commençait son premier mandat de 5 ans dont le terme a été atteint en 2011.
    En 2011, dans les conditions que tout le monde connait, le Président Joseph KABILA a été déclaré vainqueur des élections de novembre 2011 par la Cour Suprême de Justice. Il a ainsi commencé son deuxième mandat qui va prendre fin en 2016.
    Va-t-il briguer un troisième mandat ?
    Aux termes de l’article 70  de la Constitution, il est disposé que «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Donc, le Président Joseph KABILA  ne pourra plus se représenter pour un troisième mandat.
    Toute attentive de sa part ou de la part de ses partisans de modifier ou de faire modifier cette disposition pour lui offrir la possibilité d’obtenir un autre mandat ne constituerait qu’une violation inacceptable de l’article 220 de la même Constitution.  Cette disposition exclut toute révision du nombre et de la durée des mandats du Président de la République.
    Envisager la révision de cette disposition constitutionnelle porterait atteinte aux acquis démocratiques et risquerait de plonger encore notre pays dans une autre crise dont le peuple n’a plus besoin[1]. Comme disait Patrice LUMUMBA : « Après l’indépendance, le peuple a besoin de manger du pain. Le peuple congolais a trop souffert des crises à réplétion, maintenant il veut travailler et manger calmement son pain.
    Faisant foi aux déclarations des uns et des autres, et selon lesquelles les dispositions constitutionnelles relatives au  nombre et à la durée du mandat du Président de la République ne seront pas révisées, nous pouvons nous dire que nous allons vers  une alternance pacifique et démocratique en République Démocratique du Congo en 2016.
    Connaissant l’incapacité des hommes/femmes politiques congolais à respecter  la parole donnée, nous appelons toutes les forces démocratiques à rester vigilantes car la question de la révision constitutionnelle pour permettre au Président Joseph KABILA de briguer un troisième mandat n’est pas encore close. Tout peut arriver
    En nous fondant sur les déclarations actuelles des ténors du camp du Président Joseph KABILA[2], nous pouvons nous dire qu’en 2016 la République Démocratique du Congo aura un autre Président qui sera issu de l’une des composantes de notre société (majorité présidentielle, opposition ou société civile).
    Alors qui sera-t-il ?
    II.                Le profil du futur Président.
     
    Le contexte national, régional et international actuel exigera que celui/celle qui dirigera la RD Congo  réponde au profil suivant :
    1.     Etre un rassembleur.
     
    Au-delà du fait qu’il doit remplir les conditions fixées par la Constitution et auxquelles  il sied d’ajouter  une vision pour le Congo et un niveau d’étude suffisant,  il devra être capable de mobiliser au-delà de son courant idéologique, de son parti, de sa tribu et de sa province d’origine.
     
     Il devra  rassembler les congolais avant, pendant et après les élections qui vont les porter au pouvoir.
    Sa capacité de rassembler devra transparaitre tant dans ses discours que dans ses actes. Les discours à eux seuls ne suffiront pas pour convaincre les gens et pour les mobiliser vers un objectif commun qui sera de reconstruire les cœurs détruits par plusieurs déceptions politiques  et  le pays détruit par plusieurs années de guerre.
    C’est ici où beaucoup de responsables politiques congolais, voire les plus charismatiques,  ont lamentablement échoué. De Patrice LUMUMBA au Président Joseph KABILA, personne n’échappe à cette critique.
    Pour atteindre ce profil, la femme ou l’homme qui dirigera le Congo devra savoir que la situation actuelle de notre pays lui exige d’avoir non seulement la compétence pour diriger mais aussi un cœur pour pardonner. Seule cette attitude peut lui permettre de rassembler, de mettre ensemble les vainqueurs et les vaincus.
    Il devra faire aussi l’effort de ne pas s’entourer, en grand nombre, des hommes et des femmes issus de sa tribu, de son clan ou de sa province comme nous le voyons chez beaucoup de leaders congolais aujourd’hui.
    La situation actuelle du pays l’appelle à faire un grand rassemblement des hommes et des femmes issus de tout le Congo.
    2.     Capable  de garantir la sécurité du Président  Joseph KABILA et de sa famille.
     
    Cette question ne fait pas souvent objet de débat alors qu’elle est au cœur même de l’alternance au pouvoir surtout en Afrique où ceux qui sont au pouvoir se croient tout permis. La peur d’aller vivre en exil,  d’être trainé devant la justice comme un simple citoyen, pousse certains chefs d’Etat africains à modifier la Constitution  indéfiniment et à chercher à se maintenir au pouvoir à tout prix.
    Pour le cas de la R.D.Congo, nous sommes sûrs qu’il y a plusieurs congolais qui n’attendent que le Président Joseph KABILA ne soit plus au pouvoir pour lui régler le compte pour  tous les crimes( vrais ou faux, avérés ou supposés )qu’ils auraient subis de sa part.
    Nous, nous refusons de porter un jugement de valeur sur ce que ces congolais pensent, ils peuvent avoir raison, tout comme ils peuvent avoir aussi tort. Mais nous estimons que pour écrire une nouvelle histoire du Congo, nous sommes appelés à tourner la page des présidents qui vont mourir en exil, des présidents qu’on assassine… Nous devons donner l’occasion à nos anciens présidents de rester et de vivre paisiblement dans notre pays. Le cas des anciens Vice Présidents  de la République  Messieurs ZAIDI, RUBERWA et YERDODIA est déjà un bon exemple.
    Même si le Président KABILA  et ses partisans n’ont jamais abordé cette question, par orgueil ou par modestie,  la femme ou l’homme qui devra diriger le Congo devra y réfléchir pour y apporter une réponse capable de renforcer notre démocratie et garantir la paix à tous.
    Pour notre part, nous estimons que le Congo gagnerait beaucoup en garantissant et en assurant une existence paisible au Président Joseph KABILA et à sa famille.  Ils devront être libres de choisir leur lieu de résidence, en RD Congo ou à l’étranger, sans craindre pour leur vie et pour leur avenir. En agissant ainsi, on donnerait à la RD Congo la chance de grandir et d’avoir d’autres mœurs politiques.
    Même dans le cas où les adaptes de la thèse de poursuivre en justice( bien sûr si les crimes commis sont avérés),  le Président Joseph KABILA devra bénéficier de toutes les garanties constitutionnelles relatives au procès juste et équitable.
    3.     Capable de concilier la lutte contre l’impunité et  la réconciliation nationale.
     
    Les conflits armés, la répression aveugle de toute constatation politique ou sociale, les fraudes électorales de novembre 2011, l’impunité généralisée dont sont bénéficiaires les auteurs de toutes les violations des droits humains…, ont été à la base de frustrations au sein des populations civiles.  Ces frustrations ont provoqué un besoin de plus en plus accroissant  de justice dans le chef des victimes qui veulent à tout prix, avec raison bien sûr, que les auteurs soient punis.
    Mais aussi dans un contexte comme le notre, le besoin de réconciliation est toujours présent. Réconciliation entre la classe politique et le peuple, la réconciliation entre les victimes et les bourreaux…
    La justice et la réconciliation ne s’excluent pas. Elles peuvent marcher ensemble. L’essentiel est que le processus qui conduit à la justice et à la réconciliation ne soit pas affecté par l’hypocrisie et la moquerie.  Il doit être honnête et juste.
     
    Pour garantir que ce processus conduise à la consolidation de la paix et permette aux citoyens  congolais de se mettre encore ensemble, il n’y a aucun doute que le Président qui succédera au Président  Joseph KABILA, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition,  devra se mettre en tête qu’il y jouera un rôle très important.
    La réussite de ce processus dépendra en grande partie de lui.
    4.     Capable de concilier les intérêts du Congo avec ceux des Etats voisins.
    La République Démocratique du Congo est le plus riches de tous les Etats de  la région des Grands Lac en considération des ressources naturelles dont elle dispose. Il nous semble même que ce pays n’a pas encore révèle tout ce qu’il contient comme ressources. Plus les moyens technologiques deviendront performants, plus nous découvrirons encore d’autres ressources.
    Ces ressources ont toujours suscité la convoitise de certains des Etats voisins qui veulent maintenir une situation permanente de guerre à l’Est pour avoir accès auxdites ressources.
    Pour garantir des conditions sécuritaires qui permettent aux Etats voisins de respecter nos frontières et de favoriser une coopération politique et économique basée sur l’observance des conventions régionales et internationales,  le nouveau président devra initier plusieurs actions internes pour réformer en  profondeur nos services de sécurité et notre justice.
    Cette reforme exigera de lui des actions courageuses, car il est possible que cela créé des mécontentements au niveau national et international.
    Il devra travailler dans le sens que tous les projets/programmes d’intérêts communs entre nous et nos voisins soient mis en place avec une vue d’accélérer le développement économique et social de la République Démocratique du  Congo, mais aussi de favoriser la solidarité dans notre sous région.
    Notre diplomatie dans la  sous région devra être renforcée en mettant à sa disposition des hommes/femmes rompus en la matière, des moyens matériels et financiers proportionnels aux défis qui se posent dans sous région de grands lacs.
    Il devra travailler à reconstruire la confiance avec les Etats voisins et à mettre notre nation à l’abri de toutes les actions malveillantes de ceux qui ne veulent pas de la stabilité du Congo.
    Il doit être un homme/femme qui sait placer l’intérêt du Congo au dessus de ceux des autres nations. Mais qui sait aussi faire des concessions quand cela va dans le sens de garantir ou de protéger l’intérêt du peuple congolais. Lesdites concessions ne peuvent jamais porter sur la cession d’une partie de notre pays à un autre Etat.
    5.     Capable de concilier les intérêts du Congo avec ceux des autres Etats du monde.
    Dans ce domaine, le nouveau Président devra agir de telle sorte que la République Démocratique du Congo devienne un pays qui anticipe les événements/décisions et qui met en place des politiques/programmes qui nous permettre d’influencer la politique internationale.
    Il devra mettre fin progressivement au Congo qui ne fait que subir des événements, de fois par notre propre faute, surtout par manque de stratégie d’anticipation.
    Quelqu’un a dit avec raison que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Nous, nous disons que les intérêts partagés sont à la base d’une relation stable entre un Etat et les autres.
    Personne ne peut perdre de vue que les ressources naturelles du Congo intéressent tous les Etats du monde(les Etats Unis, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, la Chine…). La ruée vers ces ressources mettra toujours les intérêts du Congo en face des intérêts de ces autres Etats.
    Depuis Léopold II, notre pays a toujours suscité la convoitise de beaucoup d’Etats étrangers.  Nul ne peut oublier qu’à la Conférence de Berlin en 1885, les autres Etats présents avaient accepté que  Léopold II prenne le Congo à condition d’ouvrir notre pays ou une partie de notre pays au commerce international.
    Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, il nous semble que le monde occidental n’a pas totalement changé sa conception à ce sujet.  La guerre que le Congo subit depuis plus de deux décennies vise à  créer une situation d’insécurité permanente pour permettre à certains Etats et ou entreprises d’accéder par force aux ressources naturelles de notre pays.
    Aujourd’hui la situation a évolué dans le sens qu’il est possible de concilier le besoin des multinationales d’exploiter nos ressources avec celui de participer au développement économique et social du Congo.
    Le futur président devra ouvrir stratégiquement l’exploitation de nos ressources aux multinationales qui satisfont aux conditions posées par nos lois, d’une part, et  pousser le Gouvernement à investir les revenus générés par nos ressources naturelles  dans les secteurs prioritaires pour les populations.
    Ce qui arrive souvent est que les responsables politiques détournent les revenus générés par ces ressources à leur profit en laissant le peuple croupir dans la pauvreté.
    Le président devra concilier ces intérêts pour le bien non seulement de notre peuple mais aussi pour celui des partenaires de notre pays.
    6.      Assurer la lutte contre la corruption
    En République Démocratique du Congo, la corruption est devenue une urgence nationale contre laquelle tout le peuple,  les responsables politiques en tête, devra se lever. Les dégâts  que la corruption cause à notre pays ont été stigmatisés par tout le monde mais personne ne pose des actes de nature à renverser la tendance.
    Les différents gouvernements que notre pays a connus depuis bientôt deux décennies se sont contentés de lancer des slogans du genre « Tolérance Zéro » ou de signer de pacte  anti corruption, mais rien de sérieux n’a jamais été fait pour réduire la corruption.
    Nous avons l’impression que quand il s’agit de lutter contre la corruption, en vue de favoriser  la transparence et la bonne gouvernance,  tous  les hommes/femmes politiques congolais ont la bouche qui parle, mais les mains pour agir sont liées. Par qui ? Nous ne le savons pas.
    Il nous semble que le premier secret pour lutter contre la corruption soit d’avoir soi même des mains propres.
    Il est difficile de réussir des  programmes politiques, économiques et sociaux profitables au peuple dans un pays où la corruption est devenue un fléau accepté par tous.
    Le futur Président devra être capable de mettre fin à cet état de chose en prenant même des actions qui peuvent le rendre impopulaire pour un temps. Pour y arriver, il doit être lui-même un monsieur ou une dame « propre » et être reconnu comme tel par la majorité de congolais.
    7.     Capable de faire de la police et de l’armée des institutions républicaines.
    L’une des tares qui affectent encore la police et l’armée de la République Démocratique du Congo est qu’elles  se comportent toujours comme des gardiennes  du pouvoir en place, malgré ce qui est dit dans notre constitution.
    Au sujet de la Police, l’article 183 de la Constitution dispose que « la Police nationale est apolitique. Elle est au service de la Nation congolaise. Nul ne peut la  détourner à ses fins propres ». Alors que pour ce qui  est de l’Armée, l’article  188 de la Constitution dispose que « Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile ».
     
    En pratique, il y a lieu de constater que les deux corps sont très instrumentalisés par les responsables politiques de notre pays.
    Le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo(en 2007) et le carnage des adeptes du prophète MUKUNGUBILA(en décembre 2013) sont des exemples éloquents pour appuyer notre constat.
    La répression brutale   des manifestations pacifiques des partis de l’opposition est encore une illustration de ce que notre police est à capable de faire en violation des lois.
    Le futur Président de la République devra faire tout pour que la Police et l’Armée soient au service de la nation comme le dit la Constitution. Elles doivent cesser d’être au service du régime et contre le peuple.
     III.  La Classe politique actuelle de la République Démocratique du Congo.
    En rapport avec ce profil,  la question que nous nous posons est celle de savoir si dans notre classe politique actuelle (majorité/opposition) nous avons un homme ou une femme qui répond à ce profil ?  Chacun de nous peut répondre à cette question.
    Pour nous, nous croyons qu’au sein de notre classe politique,  nous avons des hommes/femmes capables de travailler durement, de se transformer pour revêtir ce profil d’ici les élections présidentielles de 2016. Ils peuvent se muer en devenant des hommes/femmes d’Etat capables de relever les défis qui se posent à notre pays.
    L’une  de grandes qualités du feu Président Sud africain MANDELA est que, après sa sortie de prison, celui qui était seulement un chef d’un parti s’était mué en un président au service de la démocratie et du progrès.
    Dans la préface du livre de Nelson MANDELA intitulé «  Conversations avec moi-même » ; le Président Barack OBAMA, dit ceci  de MANDELA : « Sa vie, d’ailleurs, nous raconte une histoire aux antipodes du cynisme et du fatalisme qui affligent si souvent notre monde. Un prisonnier est devenu un homme libre ; un héros de la liberté a proclamé la réconciliation ; un chef de parti s’est mué en un président au service de la démocratie et du progrès ».
    Muez-vous Mesdames et Messieurs, car en 2016, le peuple sera très exigeant à votre égard.
     


    [1]  Abbé Félicien MAWANAMA, Secrétaire  Général Adjoint  de la Conférence Episcopale de la République Démocratique du Congo, disait que « toucher à la limitation du nombre et de la durée des mandats du Président de la République risquerait de porter un coup dur à la cohésion nationale »(Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Polémique | RDC : vers un troisième mandat pour Joseph Kabila en 2016 ? )
    [2] Monsieur Sébastien LUSANGA, Porte Parole de la Majorité Présidentielle, disait que « C’est un procès d’intention. Pour l’heure, la question de la révision constitutionnelle n’a pas été discutée ni au Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement  ni à la Majorité Présidentielle »..
    —————————————————————
     Jean Claude KATEpaulNDE dit :”  les  citoyens ont le droit naturel de combattre tout Gouvernement qui viole les droits fondamentaux et qui met en péril la démocratie “.
    Maître Jean Claude Katende
    Avocat au Barreau de LUBUMBASHI
    Président National de l’ASADHO
    Tél :+¨243 811 729 908243 811 729 908, + 243 9970 32 984+ 243 9970 32 984
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     République Démocratique du Congo

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  • L’occupation mise à nue lors des obsèques de l’artiste-musicien King Kester Emeneya à Kinshasa début mars 2014.

    L’occupation mise à nue lors des obsèques de l’artiste-musicien King Kester Emeneya à Kinshasa début mars 2014.

    Richard-Le 02 mars 2014, l’artiste-musicien kongolais Jean Mubiala Emeneya, dit King Kester Emeneya, paix à son âme, était conduit à sa dernière demeure à Kinshasa, après deux journées de véillée mortuaire au Palais du Peuple. Les vidéos du deuil de ce grand artiste kongolais lèvent définitivement le voile sur un fait désormais indéniable: la République démocratique du Kongo, notre chère patrie, vit manifestement sous la botte d’une occupation des forces étrangères. l’état très avancé de l’occupation de

    En effet, de l’arrivée de la dépouille de notre compatriote Emeneya à l’aéroport de Ndjili tôt le samedi 01 mars 2014, à son inhumation en debut d’après-midi le dimanche 02 mars 2014, le commun des mortels a pu se rendre compte de l’impressionnant deploiement des forces de l’ordre. Normal, dira-t-on, car sans la sécurité, il est difficile d’organiser des funérailles aussi grandioses, j’en conviens.

    Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque ces forces déployées massivement pour assurer l’ordre et la sécurité, se sont illustrées, surtout au niveau du Palais du Peuple, par un comportement agressif vis-à-vis non seulement des populations venues nombreuses rendrent un dernier homage à l’artiste disparu, mais également vis-à-vis de plusieurs “célébrités” kinoises ou kongolaises qu’elles semblent ne pas connaître du tout. Députés, journalistes, artistes, voire même certains membres de la famille de l’illustre disparu ou encore autres notables ou opposants de la kabilie, chacun en a eu pour son compte: les coups de fouet ont été cyniquement distribués, les plus chanceux ne récévant à la place que bousculades et humiliations.   

    Mais qui sont donc ces “policiers” silencieux qui ne s’expriment que par le fouet et qui ne semblent connaître personne, sinon ceux qui les ont déployés pour sévir parmi les kongolais, et même contre certains collabos notoires?

    Car, pour ne citer que quelques exemples parmi les personnes directement concernées par ces funérailles, à savoir la famille biologique du défunt ainsi que sa famille artistique, j’ai vu Joly Mubiala, le propre frère du Decujus, être bousculé par cette soldatesque qui ne semblait même pas reconnaitre en lui les traits du défunt; j’ai vu les musiciens de Victoria Eleison bousculés et humiliés, tentant de se frayer un chemin vers le catafalque pour dire un ultime adieu à leur regretté leader; j’ai vu des artistes bien connues comme Tshala Mwana, Mbilia Bel ou Vonga Aye être bousculées et finalement, rebrousser chemin et repartir face à cette soldatesque brute; j’ai vu des artistes musiciens, comédiens et autres se faire soit fouetter ou bousculer par cette soldatesque qui semblait redouter on ne sait quoi en ce lieu de deuil; j’ai vu des députés ou autres apparatchiks de la kabilie rebrousser chemin pour éviter de se faire humilier par ces hommes en armes dont la posture montrait clairement qu’ils étaient étrangers, insensibles, à ce qui se passait sous leurs yeux.

     

    Qui sont donc ces hommes en armes qui ne connaissent pas des grands artistes kongolais jusqu’à bousculer un artiste comme Simaro Lutumba? D’où viennent-ils ces hommes promptes à bastonner sans état d’âme leurs “compatriotes” en un lieu de deuil? Qui sont-ils? Sinon des hommes venus d’ailleurs, pour imposer à notre peuple un ordre venu d’ailleurs. Kongolais, réveillons-nous, car l’occupation de notre pays est très avancée, et même plus avancée que certains ne le pensent. Les étrangers écument nos institutions, notre armée est truffée d’étrangers, la police et les services de sécurité en sont rempli.

    Ce qui s’est passé au deuil de King Kester Emenya est une prémonition de ce qui se passera demain si nous nous laissons faire aujourd’hui. Et l’ironie dans tout cela, c’est que les memes artistes qui hier ont aidé ce pouvoir d’occupation à asseoir son emprise sur notre Etat, sont aujourd’hui choqués de faire face à des forces de police constituées de personnes étrangères à notre culture, donc ne les connaissant pas. En mettant ainsi leur art au service d’un pouvoir d’oppression et d’occupation, à quoi voulaient-ils s’attendre? Que ceci nous interpelle tous. Ba tekaka mabele ya ba nkoko na mopaya te po na mbongo. Eteya biso!

     

    Mfumu Kititi

    R.A.P (Rassemblement pour l’alternative politique en RD-Kongo)

    mfumu.kititi@hotmail.com

  • Opposition: Où est passé Étienne Tshisekedi ?

    Opposition: Où est passé Étienne Tshisekedi ?

    E.-Tshisekedi-À moins de deux ans de la présidentielle, l’opposition congolaise (RDC) cherche un nouveau souffle. Alors qu’Étienne Tshisekedi, le deuxième homme de l’élection de 2011, est en retrait, la relève ne semble pas encore assurée…

    C’était sa dernière apparition publique. Le 9 décembre 2013, après les obsèques nationales du chanteur Tabu Ley Rochereau, au Palais du peuple de Kinshasa, Étienne Tshisekedi a déclenché un petit mouvement de foule en descendant le grand escalier pour rejoindre sa voiture. Fidèle à la discipline qu’il s’impose depuis deux ans, il n’a pas dit un mot. L’opposant congolais, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), arrivé en deuxième position derrière le président Joseph Kabila lors du scrutin contesté de 2011, n’a officiellement pas changé de position : il continue de s’autoproclamer président et attend que le pouvoir lui revienne. Mais sa stratégie pour parvenir à ses fins reste un mystère, même pour ses proches.

    En attendant, aucune action visible n’est menée par son parti sur le terrain. L’homme de 81 ans passe son temps à sa résidence de Limete à Kinshasa et n’a pas quitté le pays depuis son voyage en Afrique du Sud en février 2013. Un déplacement en France, prévu en janvier (il avait même obtenu son visa), a été annulé “faute de moyens”, d’après un collaborateur.

    S’il continue de jouir d’une popularité incontestable, Tshisekedi campe sur des positions qui s’apparentent de plus en plus à de l’immobilisme. Personne dans son entourage ne semble discuter ce choix. Il paraît ainsi peu probable de le voir concourir à la prochaine élection présidentielle, prévue pour la fin de l’année 2016. Si son parti doit bientôt organiser un congrès, aucun dauphin n’a été désigné à ce jour. “Il ne le fera certainement pas, reconnaît un proche. Ça ne fait pas partie des habitudes des personnes de sa génération.” Et un diplomate d’ajouter : “De toute façon, il a écarté beaucoup de ses proches compétents. L’UDPS est un champ de ruines…”

    Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ?

    À Kinshasa, la direction du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’est pas plus fournie. Son leader, Jean-Pierre Bemba, est toujours en détention à La Haye sur ordre de la Cour pénale internationale (CPI), qui le poursuit pour “crimes contre l’humanité et crimes de guerre” commis en Centrafrique entre 2002 et 2003. Quatre de ses proches, dont Fidèle Babala, son ex-bras droit, ont été arrêtés et devront répondre aux accusations de subornation de témoins et de falsification de documents. Le jugement de Bemba s’en trouve à nouveau retardé comme le reconnaît le secrétaire général du parti, Thomas Luhaka. “Jusqu’ici, on espérait qu’il soit libéré cette année. Aujourd’hui, nous ne sommes plus sûrs de rien.” Bemba garde espoir d’être présent en 2016 et appelle “quotidiennement” Luhaka. Mais le parti, désormais mené par ce dernier, ne peut plus faire l’économie d’un débat interne concernant la présidentielle. “Devra-t-on présenter un autre candidat ? s’interroge-t-il. Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ? Il est trop tôt pour trancher.”

    Chef de file de l’opposition ? Vital Kamerhe, le troisième homme de l’élection de 2011, s’y verrait bien. Depuis un mois, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) est la cible de diverses entraves de la part des autorités. Le 20 février, dans son fief de Bukavu, un rassemblement de ses partisans a été violemment dispersé sur la place de l’Indépendance, dont l’accès leur avait été interdit par la municipalité. En bon tacticien, Kamerhe n’évite pas toujours la confrontation. Et cette succession d’événements lui profite en partie. “La population craignait que personne ne prenne la relève de Tshisekedi, confie-t-il. Maintenant, ils savent que je suis là.”

    Féderer l’ensemble des électeurs est un défi difficile

    Cette stratégie de la tension est à l’opposé de celle du président du Sénat, Kengo wa Dondo, nommé au poste “d’autorité morale” de son groupe appelé Opposition républicaine. Ce dernier rassemble bon nombre de prétendants au futur gouvernement de cohésion nationale. Si la réputation de Kamerhe est entachée de son passé de proche collaborateur de Joseph Kabila (il a été le chef du parti au pouvoir puis le président de l’Assemblée nationale jusqu’en 2009), son attitude offensive lui permet de marquer une rupture avec cette période. Par ailleurs, il profite amplement du vide médiatique laissé par ses rivaux de l’opposition.

    Mais fédérer l’ensemble des électeurs lors d’un scrutin national est un défi plus difficile à relever. “Quel était le score de Vital Kamerhe en 2011 ? demande Samy Badibanga, le président du groupe parlementaire UDPS et alliés. Il a recueilli moins de 8 % des voix, alors que Tshisekedi, que l’on disait déjà fini à l’époque, en avait récolté 32 %.” La route jusqu’à la présidentielle est longue. Et le temps ne joue pas en faveur du vieil opposant

    Les risques du Calendrier

    En principe, Joseph Kabila devrait quitter la présidence en 2016, puisque toute modification du nombre de mandats présidentiels est prohibée par la Constitution. Mais l’opposition craint un subterfuge, comme celui de jouer les prolongations en laissant advenir un “dérapage” du calendrier électoral pour ne pas organiser le scrutin dans les temps. Le président de la Commission électorale nationale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu, n’a pas réussi à rassurer le Parlement en présentant fin janvier sa “feuille de route”. Avant que ne soit organisée la présidentielle de 2016, il propose d’actualiser les listes électorales grâce à un recensement “administratif”, puis d’organiser les élections locales, début 2015, avant les provinciales au suffrage indirect. Or, la quasi-totalité de l’opposition est vent debout contre cette dernière option qui pourrait, selon elle, favoriser l’achat des voix. S’y ajoutent les incertitudes sur le financement du calendrier. Aucun apport national n’est assuré, alors que l’abbé Malu Malu n’a pas obtenu d’engagements fermes de la part des bailleurs de fonds lors de sa tournée européenne de janvier.

     Jeuneafrique.

  • Centrafrique – RDC: Séraphin Ngwej : “La RDC est le pays qui fait le plus en Centrafrique”

    Centrafrique – RDC: Séraphin Ngwej : “La RDC est le pays qui fait le plus en Centrafrique”

    fardc– Ambassadeur itinérant du président Joseph Kabila, Séraphin Ngwej est aussi l’un de ses conseillers les plus écoutés sur les questions diplomatiques. Pour “Jeune Afrique”, il explique pourquoi la RDC s’implique autant dans la crise en Centrafrique.

    La RDC a déjà fort à faire avec les groupes armés sur son territoire, du Nord-Kivu au nord du Katanga. Et pourtant, Kinshasa a envoyé un bataillon complet ainsi que des policiers pour soutenir le gouvernement de Bangui. La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, a été accueillie en grande pompe à Kinshasa du 3 au 5 mars. Pourquoi tant d’intérêt pour ce voisin instable ? Entretien avec Séraphin Ngwej.

    Séraphin N’gwej : D’abord, parce que c’est la première femme francophone à devenir présidente. Ensuite, parce qu’elle est un espoir de paix pour son pays. Nous avons voulu lui donner une carrure plus importante et marquer notre solidarité et notre foi dans la paix et la stabilité. Il faut d’ailleurs souligner que Michel Djotodia (l’ancien chef rebelle de la Séléka et président) avait exprimé à plusieurs reprises son souhait d’être reçu à Kinshasa et que le président Kabila a toujours refusé. Il s’oppose à un renversement de l’ordre constitutionnel par les armes.

    Nous avons envoyé en Centrafrique des unités d’élite, celles formées par les Belges à Kindu.

    La RDC, qui doit faire face à plusieurs rebellions sur son propre sol, a envoyé un bataillon en Centrafrique. N’avez-vous pas d’autres priorités ?

    Nous avons non seulement envoyé un bataillon en Centrafrique, mais nous avons choisi des unités d’élite, celles formées par les Belges à Kindu, qui ont fait leur preuves dans l’Équateur et contre le Mouvement du 23-mars, ainsi que des policiers. Nous sommes le pays qui fait le plus au côté de la Centrafrique.

    D’abord, aucun autre pays n’a autant de liens, au niveau de la géographie, des peuples et de l’Histoire, avec la Centrafrique. Nous avons une légitimité à intervenir en Centrafrique. Et puis, nous avons déjà connu une situation similaire en 1994, avec ce qui s’est passé au Rwanda. À l’époque, nous avions pensé que tout ceci se passait loin de nous et pourtant nous avons fini par payer un très lourd tribut. Cette fois, nous avons voulu anticiper.

    Est-ce que les rumeurs de rapprochement entre la Séléka et le M23 ont joué un rôle ?

    Je viens de vous donner les raisons principales. Cela dit, effectivement, nos ennemis cherchaient à ouvrir plusieurs fronts face à nous. C’était une préoccupation sécuritaire légitime pour nous.

    Aucun autre pays n’a autant de liens avec la Centrafrique. Nous avons une légitimité à intervenir.

    Vous inquiétez-vous de la lutte pour le leadership régional qui a lieu, dans cette intervention, entre le Congo-Brazzaville et le Tchad ?

    Qu’il y ait des luttes d’influences, cela ne me parait pas anormal. Il y a une émulation entre les États sur la scène internationale. Mais c’est surtout la conséquence d’un chevauchement institutionnel : le président Idriss Déby est le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et Denis Sassou Nguesso est celui de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). D’ailleurs, nous sommes favorables à un rapprochement entre les deux organisations et il y a des études très avancées en ce sens.

    La France semble se rapprocher du Rwanda, qui l’aide aussi en Centrafrique. Est-ce que cette perspective vous inquiète ?

    La France et la RDC ont une histoire géostratégique commune. La France est intervenue à plusieurs reprises pour maintenir l’intégrité territoriale du Zaïre, puis du Congo, et a encore un rôle à jouer dans cette région. Nous avons eu un appui diplomatique sans réserve de la part de Paris et il nous est très utile. Cela dit, ce gouvernement est plus que jamais convaincu que la sécurité du pays lui incombe au premier chef. Et donc, avec ou sans soutien de la France, il sera en mesure d’assurer sa propre sécurité. Et puis, il ne faut pas oublier que la France a un lien particulier avec le peuple rwandais, au-delà de l’anglophilie de son gouvernement actuel. Je pense que le rapprochement dont vous parlez doit s’analyser de cette manière.
    ____

    Propos recueillis par Pierre Boisselet
    De Jeuneafrique

  • Rentabiliser les premiers acquis diplomatiques de 2014

    Rentabiliser les premiers acquis diplomatiques de 2014

     comesa logo–            En la personne du Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, la RDC assure la présidence en exercice du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) jusqu’en février 2015 et de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) jusqu’en novembre 2014. Exactement comme en 2009 avec la Cééac et la Sadc.

                Comesa les 26 et 27 janvier, Forum mondial des femmes de la francophonie les 3 et 4 mars 2014 : Kinshasa aura connu une semaine d’intenses activités diplomatiques en réunissant et en réussissant deux grands sommets; le premier regroupant 19 pays membres, le second 77 Etats et Gouvernements tout aussi membres.

                Forte est la tentation de dire 96 Etats et Gouvernements !

                Le rendez-vous du Comesa a eu pour thème central ” Consolider le commerce inter-Comesa à travers le développement des Petites et Moyennes Entreprises“; celui du Forum mondial des femmes francophones “Femmes, actrices du développement“.

                La synergie à se dégager d’emblée est celle de la femme actrice du développement au travers de la micro, de la petite et de la moyenne entreprise (MPME).

                Les résolutions et les recommandations de ces deux rendez-vous se rejoignant dans l’éducation de la femme, il est illusoire d’espérer, par exemple, entreprendre de bonnes affaires dans les MPME apparemment faciles à gérer, pourtant très difficile à entretenir surtout quand la prédominance a une “qualité” : l’informel.

                Pour la table ronde des Premières Dames, le Comesa a eu un sous-thème qui épouse celui du 2°Forum mondial par rapport au sous-thème “Femme et Education“, à savoir ” Renforçons les échanges intra-COMESA en développant les micro, petites et moyennes entreprises”.

                En Afrique particulièrement, l’âge de 16 ans est délicat en ce qu’elle fait l’antichambre du mariage. Singulièrement le mariage précoce, une véritable cruauté.

                Tout le monde sait que lorsqu’une fille rate l’éducation à cet âge-là, elle est perdue pour le reste de la vie active en ce qu’elle court tous les risques de rater son rendez-vous avec l’autonomisation.

                Aussi, le défi, pour les Pouvoirs publics, est-il de garder la fille le plus longtemps sur le banc de l’école, ne serait-ce que  pour atteindre la 4ème année du cycle secondaire.

                A ce niveau d’études, en effet, on peut déjà supposer qu’elle est “mature” et qu’elle est capable de s’engager dans la lutte contre l’analphabétisme (pour sa future progéniture), contre toutes sortes de maladies liées à la pauvreté et contre les injustices que lui impose la société dans laquelle elle vit.

                Elle est en mesure de formaliser des revendications réfléchies.

                Elle peut commencer à assumer et à s’assumer.

                Premier chef d’Etat du Congo post-Indépendant à faire appliquer la disposition constitutionnelle relative à la gratuité de l’enseignement primaire et à l’obligation de scolarisation de la Fille, le Président Joseph Kabila a, à son actif, le plus gros essaimage que son pays ait connu en termes d’implantation d’écoles sur toute l’étendue du pays. Effectivement, jamais en 54 ans (bientôt) d’Indépendance il ya eu une telle floraison d’écoles, principalement au niveau de l’enseignement primaire, secondaire et professionnels. Les efforts portent maintenant sur l’amélioration des conditions sociales du corps enseignant.

                Mais que faire cependant de ces jeunes filles ayant quitté précocement l’école et dont la majorité se livre au petit commerce pour ne pas basculer dans les vices de la prostitution ou du banditisme ?

                Dans la ville de Kinshasa, par exemple, on les voit, du matin au soir, vendre les produits de première nécessité, quand elles ne sont pas dans la micro-industrie.

                Tout esprit éveillé s’en rend compte : elles ont une capacité de prise en charge inouïe. Preuve, si besoin est, qu’avec leur esprit de débrouillardise avéré, elles sont capables de miracle.

                Aussi, le moment est-il indiqué de rentabiliser les acquis diplomatiques de 2014 au profit des populations RDCongolaises réputées “vulnérables” alors que, en réalité, elles sont un puissant levier de l’économie et du social.

                Puisqu’il vaut mieux de prêcher par l’exemple, le rendez-vous de Washington en août 2014 (pour le Comesa) et de Dakar en novembre la même année (pour la Francophonie) est l’occasion indiquée pour donner la preuve de la volonté et de la capacité de la RDC dans l’encadrement de la MPME, cela grâce à la femme actrice de développement.

                Le Président Joseph Kabila ayant montré et indiqué la voie à suivre, il revient aux acteurs concernés de prouver ce dont ils sont capables dans la rentabilisation des acquis diplomatiques de Kinshasa de la ” semaine” du 26 février au 4 mars 2014.

                Les concernés ont pris l’engagement au cours du 17° sommet du Comesa et du 2° Forum mondial des femmes francophones de le faire.

                Charité bien ordonnée comme par soi-même, dit-on.

     

    Omer Nsongo die Lema

  • 2016 : Cette élection vaut-elle la peine ?

    2016 : Cette élection vaut-elle la peine ?

    Bureau de la  CENI
    Bureau de la CENI

    -En République Démocratique du Congo, l’espoir d’une élection présidentielle sans effusion de sang s’est envolé le jeudi 20 février à Bukavu. L’histoire retiendra que dans cette ville, la « caravane de la paix » que menait l’opposant Vital Kamerhe, candidat annoncé pour la présidentielle de 2016, fut réprimée dans le sang. La pratique consistant à tirer sur la population à balles réelles, qu’on a déplorée à Bukavu, rappelait les scènes macabres de 2011. Les partisans d’un autre opposant, Etienne Tshisekedi, avaient été sauvagement massacrés près de l’aéroport de Ndjili par les forces de l’ordre durant la dernière présidentielle. Cinq ans avant Tshisekedi, un autre adversaire de Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba, assistait impuissant au massacre de ses sympathisants dans les rues de Kinshasa. Le leader du MLC avait même failli se faire tuer. Sa résidence avait été bombardée à l’arme lourde malgré la présence à ses côtés des diplomates occidentaux. On envisage difficilement 2016 en faisant abstraction d’une éventualité, voire de la certitude d’un bain de sang.

    L’explication à cette forme de fatalité est à rechercher dans la complexité des enjeux autour de la présidence du Congo, un pays éminemment stratégique mais qui peine toujours à exister en tant qu’Etat régi par des lois opposables à tous. Ainsi le pays n’a-t-il jamais connu d’alternance à la présidence sans effusion de sang. Tous les quatre Présidents qui se sont succédé à la tête du Congo y sont parvenus au bout de tueries de masse.

    On aimerait tellement que 2016 fasse exception, mais l’affaire est déjà mal engagée[1]. Trop de paramètres échappent au contrôle des électeurs.

    Pas un seul Président sans bain de sang

    L’arrivée de Joseph Kabila à la tête du Congo, en janvier 2001, s’est produite dans un climat de profond traumatisme à travers le pays. Son prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila, venait d’être assassiné dans son palais tandis que dans l’Est du pays, les Congolais mourraient par milliers des conséquences directes et indirectes de la guerre d’occupation que menaient le Rwanda et l’Ouganda, avec le soutien des Etats-Unis et du Royaume-Uni. L’ancien Président avait été préalablement présenté dans les capitales occidentales comme l’« obstacle à la paix ». Son élimination physique, bien qu’elle fût traumatisante pour les Congolais, passa pour un mal nécessaire dans les milieux diplomatiques[2]. La question ici n’est pas celle du cynisme de la realpolitik, mais bien le constat que la dernière alternance politique au Congo s’est opérée dans le sang, et non seulement cette alternance-là.

    Le Président assassiné, Laurent-Désiré Kabila, s’était lui-même emparé du pouvoir, en mai 1997, au bout d’une guerre atroce[3] menée par le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et l’Angola ; sous la supervision des « grandes puissances » (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël, Canada[4]). Son prédécesseur, le Maréchal Mobutu, s’était, à son tour, emparé du pouvoir en novembre 1965 grâce à un coup d’Etat orchestré par la CIA[5]. Le Président du Congo alors s’appelait Joseph Kasa-Vubu. Lui-même, hélas, n’est pas épargné par « la malédiction des bains de sang ». Premier Président, et le seul à avoir été élu démocratiquement[6], Kasa-Vubu avait vu mourir des centaines de ses partisans durant les luttes pour l’indépendance[7]. A l’accession du Congo à l’indépendance, le 30 juin 1960, Joseph Kasa-Vubu devient Président. Le prix à payer ?…

    Le Congo peut-il s’épargner ces tragédies autour des alternances politiques ? L’année 2016, peut-elle être l’amorce d’une nouvelle ère ?

    Cela est évidemment souhaitable, mais encore faut-il revenir sur le cas des leaders congolais qui, comme Kamerhe aujourd’hui, s’étaient persuadés qu’ils pouvaient accéder à la magistrature suprême en misant, comme dans une démocratie « normale », sur la confiance du peuple. Aborder 2016 signifie savoir tirer les leçons des mésaventures d’Etienne Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba.

    Ils gagnent mais ils perdent

    En Afrique, dit un jour Herman Cohen, « pour qu’un Président perde une élection, il faut qu’il ait envie de la perdre »[8]. Joseph Kabila a-t-il vraiment envie de perdre une élection ? En tout cas, en 2011, les observateurs indépendants étaient unanimes : « les résultats officiels, donnant Kabila vainqueur, ne reflétaient pas la vérité des urnes »[9]. L’opposant Etienne Tshisekedi aura ainsi remporté l’élection en réalisant un incontestable raz-de-marée à travers le pays. Deux ans plus tard, Tshisekedi attend toujours l’impérium, c’est-à-dire les moyens juridiques et matériels pouvant lui permettre d’exercer ses fonctions de « Président élu ».

    Avant Etienne Tshisekedi, un autre opposant, Jean-Pierre Bemba[10], connut la même mésaventure, avec, en plus, son arrestation et son incarcération à La Haye. Le leader du MLC avait consenti à s’associer au processus de pacification du pays et obtenu l’assurance que les élections seraient libres et transparentes. Tout au long de la campagne, il obtint l’assurance de l’emporter largement. Mais c’était sans compter les réels enjeux de cette élection. En effet, le Président élu avait déjà été choisi, longtemps avant le début du scrutin.

    Collette Braeckman fait remarquer que pour la communauté internationale, l’élection de 2006 avait pour enjeu de « légitimer et stabiliser le pouvoir en place (…) »[11] « Légitimer le pouvoir en place ». Rien à voir avec « permettre aux Congolais de choisir librement leur Président ». Le journaliste d’investigation Charles Onana révèle que, dès février 2006, les Etats-Unis, la France et l’Allemagne s’étaient mis d’accord sur le fait que Joseph Kabila doit être maintenu au pouvoir[12] (quel que soit le vote des Congolais). Ce choix des « grandes puissances » avait été conforté par le commissaire européen Louis Michel[13]. Autrement dit, longtemps avant que le premier électeur congolais ne dépose son bulletin dans l’urne, le « Président élu » avait déjà été choisi. On comprendra plus tard la motivation profonde des pays occidentaux. C’était le Rwanda.

    En effet, aussi atroce que cela puisse paraître pour le peuple congolais meurtri par les agressions rwandaises, l’élection présidentielle de 2006 avait pour principal enjeu de conforter les intérêts de Paul Kagamé au Congo grâce au maintien de Joseph Kabila au pouvoir, ce que fait remarquer Pierre Péan[14] citant Helmut Strizek. Autrement dit, les Congolais qui croyaient voter pour la paix, avaient, en réalité, voté pour ouvrir un boulevard à l’armée de Kagamé, Kabila ayant consenti à laisser faire le régime de Kigali en échange du soutien que Bruxelles (Javier Solana[15]) s’était engagé à lui apporter. En janvier 2009, il autorise unilatéralement l’armée rwandaise à entrer sur le territoire congolais, prélude à la guerre du M23, ce qui provoque le départ de Vital Kamerhe de la présidence de l’Assemblée nationale.

    2016 va-t-il différer de 2006 ? Difficile de se prononcer a priori. Tout ce qu’on sait est que le ciel a déjà commencé à s’assombrir.

    Au-delà du peuple congolais

    Un des éléments qu’il va falloir garder à l’esprit est l’insoutenable « tutelle » que les Présidents Museveni (Ouganda) et Kagamé (Rwanda) exercent sur Joseph Kabila. La surprenante relance des pourparlers de Kampala en vue de « sauver le M23 » (pourtant vaincu militairement) ; la signature des engagements de Nairobi et la loi d’amnistie promulguée par le Président Kabila[16] le 11 février dernier, sont autant d’éléments qui vont peser sur le scrutin de 2016. Il y a lieu de redouter que le sort du peuple congolais ne soit pas l’enjeu déterminant de ce scrutin. Avec l’aide des Occidentaux, Paul Kagamé pourrait tout à fait rééditer le coup de 2006 et s’octroyer un nouveau cycle de domination sur le pouvoir de Kinshasa.

    Jean-Jacques Wondo fait remarquer qu’en dépit de la défaite militaire du M23, le Rwanda se retrouve renforcé dans les institutions de la RDC[17]. Kigali devrait continuer de se renforcer au Congo en profitant de l’application des engagements de Nairobi[18]. Ce renforcement du Rwanda dans l’appareil étatique congolais s’est confirmé avec la nomination du général Charles Bisengimana (ex-« RCD-Rwanda ») à la tête de la police nationale, au grand dam des « Katangais » qui lui préféraient le retour du général John Numbi[19].

    Le problème, pour la présidentielle de 2016, est que le général Charles Bisengimana, avec la réputation qu’il traîne[20], se retrouve avec des pouvoirs objectivement trop importants. Selon le site apareco-rdc.com[21], Bisengimana, en plus de la police, est désormais le véritable patron de l’armée congolaise (FARDC). Le chef d’Etat-major des FARDC, le général Didier Etumba, aurait été « mis sous contrôle » par quatre officiers de l’armée rwandaise que Kigali a imposés dans son entourage, selon la même source. Du coup, Kagamé devient la véritable clé de voûte du dispositif sécuritaire autour du processus électoral congolais d’ici à 2016, ce qui n’est guère rassurant quand on pense à la façon dont se déroulent les élections au Rwanda[22]. Assuré d’avoir la haute main sur la violence d’Etat au Congo, Kagamé est maintenant certain que le prochain Président congolais lui fera allégeance (sinon ?…) ou que Kabila sera maintenu au pouvoir suivant le scenario brutal de 2011 (on ne change pas une recette qui marche).

    En définitive, il va falloir modérer les aspirations à un changement démocratique dans un environnement comme celui-là. Il y a même lieu de se demander à quoi sert une élection lorsque tout est ainsi mis en œuvre pour passer outre le choix d’un peuple dont on sait qu’il est porté sur le changement.

    Boniface MUSAVULI

    AgoraVox
  • CPI : quelle justice pour l’Afrique ?

    CPI : quelle justice pour l’Afrique ?

    cpi-Des enquêtes visant exclusivement des ressortissants du continent, une politique du deux poids deux mesures : les accusations fusent contre la CPI, qui voit sa légitimité mise en doute. Remplit-elle correctement sa mission ? Deux juristes répondent.

    C’est l’histoire d’une cour de justice installée en Europe mais qui ne traite que de l’Afrique, financée par des puissances occidentales qui ne sont autres que les oppresseurs coloniaux d’hier et qui se consacre à juger ces délinquants de luxe que sont les dirigeants africains, alors que les citoyens ordinaires doivent se contenter de leurs propres tribunaux, jugés précaires et éminemment corruptibles. Ainsi peut se résumer le procès intenté à la Cour pénale internationale (CPI) par l’Union africaine, mais aussi par nombre de juristes et d’intellectuels sur le continent.

    En annonçant le 7 février l’ouverture d’un examen préliminaire sur les crimes commis en République centrafricaine depuis septembre 2012, la procureure, Fatou Bensouda, a certes fait oeuvre de salut public, mais elle a aussi renforcé un peu plus le tropisme africain reproché à la CPI. Sur les neuf procédures d’enquête initiées par la cour de La Haye depuis son entrée en fonction, il y a plus de onze ans, toutes concernent des dossiers de violations des droits de l’homme en Afrique, le cas de la Centrafrique servant de base à deux affaires distinctes.

    La justice au nom du peuple

    Longtemps diffus, le malaise est devenu public avec le cas kényan et le maintien des poursuites engagées par la CPI contre Uhuru Kenyatta et William Ruto, alors même que ces derniers venaient d’être élus aux postes de président et vice-président. Toute action judiciaire ne peut en effet se justifier que si elle est faite au nom du peuple et dans son intérêt. Or les électeurs kényans ont dans leur majorité choisi d’élire démocratiquement les deux présumés coupables, en sachant qu’ils étaient sous le coup d’une investigation de la CPI. Dès lors, pourquoi ne pas avoir suspendu la procédure le temps qu’ils accomplissent leurs mandats, en application d’une immunité présidentielle temporaire commune en droit international ?

    Sans doute est-ce cette impression d’acharnement qui gêne, tout comme la politique du deux poids deux mesures appliquée dans certains cas (la Côte d’Ivoire par exemple) et plus généralement le déséquilibre géopolitique global des interventions de la Cour. Prompt à saisir la CPI du dossier de pays africains pourtant non parties au statut de Rome, comme le Soudan ou la Libye, le Conseil de sécurité de l’ONU est incapable d’agir de la sorte à propos de la Syrie – dont le régime criminel bénéficie de la protection de la Russie, de la Chine et dans le cas d’espèce des… États-Unis, qui n’ont jamais faite leur cette exigence.

    >> Lire aussi : la CPI, 15 ans et 29 Africains en ligne de mire

    On peut certes admettre que les systèmes judiciaires africains sont souvent peu fiables et, pour certains d’entre eux, dans l’impossibilité de juger sereinement et équitablement, loin de toute pression, des responsables politiques. Mais la solution consiste-t-elle, comme l’écrit l’avocat camerounais Bernard Muna, ancien procureur adjoint près le Tribunal pénal international pour le Rwanda, à “déporter nos présumés criminels à l’état brut vers les systèmes judiciaires occidentaux plus modernes, afin que ces derniers nous renvoient des verdicts prêts à consommer” ? Ne faudrait-il pas plutôt laisser les juges africains “apprendre par essai et erreur à juger leurs leaders politiques, de la même manière qu’ils jugent les justiciables ordinaires” ?

    La CPI, modelée par l’égo de Luis Moreno-Ocampo

    Une chose est sûre : jeter le bébé avec l’eau du bain et prôner un retrait massif des États africains de la CPI serait une incontestable régression, tant que cette solution conviendra à des chefs d’État dont l’unique objectif est d’organiser leur propre impunité. Mais Fatou Bensouda, qui a hérité d’une institution largement modelée par l’ego de son prédécesseur, Luis Moreno-Ocampo, serait bien inspirée de penser à réformer les modes d’intervention d’une cour pénale qui pour l’instant n’a d’internationale que le nom. Il est vrai qu’ici comme ailleurs qui paie commande. Or la grande majorité des 34 pays africains membres de la Cour n’a jamais mis un seul dollar pour financer cette lourde machine (Quatre pays assurent à eux seuls près de 50 % du financement de la CPI : le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France). Tant que perdurera cette situation, l’épée de Damoclès qu’est la CPI restera suspendue au-dessus d’un seul continent : l’Afrique.

    Abus de faiblesse ? Le débat est ouvert. Deux juristes, l’ancien procureur fédéral américain Kenneth Roth, directeur exécutif de l’ONG Human Rights Watch depuis vingt ans, et le professeur de droit public Albert Bourgi, spécialiste reconnu des systèmes politiques africains, croisent ici leurs arguments.

     

    >> Lire l’interview Kenneth Roth : “Un dernier recours pour les victimes”

     

    >> L’interview de Albert Bourgi : “Une Cour influencée par les grandes puissances”

     

    Jeune Afrique