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  • Pourquoi Kinshasa ne peut pas arrêter Omar el-Béchir sur son sol

    Pourquoi Kinshasa ne peut pas arrêter Omar el-Béchir sur son sol

    Omar el-Béchi-Profitant de la présence d’Omar el-Béchir à Kinshasa du 26 au 27 février, 88 ONG congolaises des droits humains exigent “l’arrestation immédiate du président soudanais”, poursuivi pour crimes contre l’humanité. Une démarche qui met les autorités de la RDC dans une “situation bien délicate” dans sa coopération avec la CPI.
    Omar el-Béchir a-t-il pris un risque en se rendant à Kinshasa ? Depuis l’annonce de l’arrivée du président soudanais dans la capitale congolaise pour participer au XVIIe sommet du Comesa (Marché commun de l’Afrique orientale et australe, NDRL) du 26 au 27 février, les ONG congolaises des droits humains se mobilisent pour demander “l’arrestation immédiate” de celui qui est poursuivi depuis 2009 pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide.
    La Cour pénale internationale (CPI) a en effet déjà émis deux mandats d’arrêts internationaux – en 2009 et en 2010 – contre Omar el-Béchir pour sa responsabilité “en tant que coauteur ou auteur indirect” des crimes graves commis notamment au Darfour, dans l’ouest du Soudan. La procureure Fatou Bensouda l’a rappelé, le 25 février, en demandant à la chambre de la Cour de rappeler à la RDC son “obligation permanente” de coopérer en vue de l’arrestation des personnes poursuivies par l’institution pénale internationale.
    “Une situation bien délicate” pour la RDC
    Souvent classée parmi les “bons élèves” de la CPI, la RDC – qui a arrêté et remis à la Cour encore récemment un député poursuivi pour “subornation des témoins” – va-t-elle exécuter les deux mandats émis contre Omar el-Béchir ?

    “C’est une situation bien délicate”, admet Lambert Mende. Contacté par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais demande aux ONG qui réclament l’arrestation d’Omar el-Béchir de “comprendre que la RDC a non seulement des obligations auprès de la CPI, mais également auprès du Comesa qui a invité le président soudanais dans la capitale congolaise”. Décodage : Kinshasa ne va pas arrêter Omar el-Béchir. Mais “cela ne veut pas dire que les autorités congolaises refusent de coopérer avec la CPI”, tente de nuancer Lambert Mende. La RDC s’aligne seulement derrière “une position claire de l’Union africaine par rapport aux mandats d’arrêts émis contre les chefs d’État en exercice”. “C’est un cas spécifique”, insiste-t-il.
    La Monusco appelée à “intervenir”
    Une position qui ne surprend pas les ONG. Elles s’y attendaient même.”Nous avons prévu de rencontrer Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, pour lui demander d’intervenir, en cas du refus des autorités congolaises”, explique Me Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice. Et de rappeler : “En vertu de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, la Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation de la RDC) se doit d’appuyer les initiatives qui visent à arrêter et à traduire en justice les personnes responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment en coopération avec la CPI”. Pour l’instant, silence radio du côté de la Monusco.
    En attendant, “une grande banderole sera déroulée pour appeler à l’arrestation immédiate d’Omar el-Béchir à Kinshasa”, annonce Germain Kapiamba. Les ONG, elles, comptent également déposer une plainte devant le parquet général de la république pour demander au procureur congolais d’exécuter les mandats de la Cour. Pas gagné.

    Jeune Afrique
  • Kamerhe : de la caravane de la paix à la campagne préélectorale !

    Kamerhe : de la caravane de la paix à la campagne préélectorale !

    “Pacificateur après pacification”

    kamerhe a Goma-Les prestations de Goma et de Beni les mardi 18 et mercredi 19 février 2014 révèlent la nature véritable de la campagne de la paix (devenue campagne pour la paix) initiée par Vital Kamerhe et ses alliés. Le soutien aux Fardc n’est pas une nouveauté, pas plus que l’observation d’une minute de silence en mémoire des militaires et des civils victimes des atrocités des mouvements insurrectionnels, encore moins l’appel en direction des groupes armés d’en finir avec la guerre pour intégrer le programme DDR. A commencer par le Président Joseph Kabila, toutes les forces vives de la Nation (Institutions de la République, Administration publique, Classe politique et Société civile) l’ont fait, y compris l’Unc. Ainsi, le seul message “nouveau” de Kamerhe se réduit  à l’annonce de la fin du mandat de Joseph Kabila le 19 novembre 2016 et à la minimisation du bilan dont il est pourtant partie prenante. ” Récolter là où il n’a pas semé”, c’est son mode operandi favori…

    La question, aujourd’hui, est de savoir ce qu’il dira aux Kivutiens au cours de sa caravane. Car, s’il modère ses propos, c’est que ses attaques anti-Kabila cesseront d’avoir de justification. S’il les durcit, il doit assumer les conséquences de tout ce qui pourrait se produire de fâcheux au Kivu, région où se joue maintenant le sort même de la RDC. En définitive, Vital Kamerhe se met lui-même en très mauvaise posture. C’est le résultat de l’art (à ne pas recommander) de courir plus vite que son ombre…“.

    C’est-là la chute de l’article mis en ligne le 11 février dernier, sous l’avant-titre “Diagnostic prémonitoire” et le titre “Kamerhe et ses 3 ‘affaires’ indignes d’homme d’Etat…”; ces affaires étant, primo, l’aveu du mensonge relatif à la fraude électorale imputée à Wivine Moleka, secundo la prise en location de la résidence officielle du ministère de l’Information et Presse, tertio la récupération politicienne de l’initiative dite ” Caravane de la paix”.

    Maintenant qu’il entreprend sa tournée (partout au pays où la paix est perturbée pour une raison ou pour une autre), on a déjà une idée de ce que sera le reste de son discours : démolir, démolir, démolir !

    Que va-t-il alors démolir ?

    Dans la livraison précitée, son parcours dans les institutions de la République a été rappelé à l’opinion pour démontrer comment, de 1988 à 2011, soit pendant 23 ans de suite (et non 21 ans comme écrit précédemment), l’homme n’a pas un seul instant quitté les arcanes du pouvoir : Coordonnateur de la Cellule d’études de planification de l’Enseignement supérieur et universitaire sous le Gouvernement Kengo de 1988 à 1989, Conseiller économique et financier au Ministère des Mines et Energie sous le Gouvernement Kengo de 1989 à 1990, Vice-Premier Ministre de l’Industrie et PME en 1991, Conseiller au Ministère des Mines en 1992, Conseiller financier au Ministère des Ptt toujours en 1992, Directeur des Études de la Chambre de Commerce Franco-Zaïroise, Directeur de cabinet du Ministère de l’Environnement, Tourisme et Conservation de la Nature en 1993, sous le Gouvernement Birindwa contesté par le Gouvernement Tshisekedi issu de la Cns, Coordonnateur du cabinet du 1er Ministre Kengo Wa Dondo en 1994 issu du schéma dit 3ème voie (schéma « ni Cns-ni Conclave politique de Kinshasa » schéma initié par Laurent Monsengwo, alors président du Hcr-Pt, schéma  fortement contesté par l’Udps), Directeur de cabinet au Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire entre 1994-1995,  Directeur administratif et financier du Service National de 1997 à 1998 (structure dirigée par le général Denis Kalume Numbi, sous Mzee Laurent-Désiré Kabila), Directeur de cabinet adjoint au Ministère de la Reconstruction en 1999, Commissaire général adjoint du Gouvernement en charge des affaires de la Monuc pour les questions Politiques, logistiques et Finances entre 2000 et 2002, Commissaire Général du Gouvernement en charge du Suivi du Processus de Paix dans la Région des Grands Lacs à partir de 2002, Délégué de la composante Gouvernement au Dialogue intercongolais, Ministre de la Presse et de l’information de la Transition de 2003 à 2004, Secrétaire Général du PPRD, Député national élu sur la liste Pprd, Président de l’Assemblée nationale (sur mandat Pprd soutenu par la coalition Amp-Palu-Udémo, de janvier 2007 à mars 2009) et député national Pprd jusqu’en 2011.

    C’est un apparatchik, dirait l’autre.

    En d’autres mots, le bilan négatif qu’il décrit est aussi le sien, à moins de vouloir soutenir aujourd’hui que le déluge décrit a commencé en 2011, la veille de la sortie officielle de l’Unc.

     

    Alias ” réactivité “…

     

    En fait, le déni (en plus du mensonge dénoncé par le diplomate américain William J. Gaverlink)  est un élément culturel dans le chef de Vital Kamerhe.

    On se souviendra que lors de la campagne électorale de 2011, il avait rejeté sur Joseph Kabila ce qu’il qualifiait déjà de bilan négatif des 10 ans du Raïs dont il était pourtant l’un des mentors. “Ce n’était pas moi qui était Président de la République“, avait-il lancé à la cantonade. D’où la mise en garde faite à Etienne Tshisekedi – positionné par les anti-Kabila comme Président à élire – si jamais il lui venait à l’idée de le coopter comme Premier ministre; Kamerhe s’étant fait la vocation de ne jamais assumer un bilan. On ne serait pas étonné un jour d’apprendre qu’il fait assumer à Kabila la responsabilité de son bilan à la tête du ministère de l’Information et Médias ou à la tête de la chambre basse.

    Maintenant qu’il fait exprès de transformer sa caravane pour la paix en campagne préélectorale – il aura du mal à démontrer le contraire – il va devoir réaliser le droit de la partie attaquée de s’assumer.

    Dans cette logique, l’opinion kivutienne – suffisamment avertie – constatera au moins que pour entamer sa campagne, le président de l’Unc, en bon “pacificateur après pacification” a attendu calmement la déroute consommée du M.23 et celle annoncée des groupes armés écumant l’Est du pays pour retrouver sa base électorale.

    En d’autres termes, tant que les Fardc et la population kivutienne affrontaient le M.23, il n’osait s’y pas rendre. Ce n’est qu’après que la République ait consenti d’efforts considérables aux plans politique, diplomatique et militaire pour venir à bout du Moloch  qu’on le voit surgir pour engranger déjà les dividendes… électoraux !

    Matures, les populations du Kivu ne peuvent pas ne pas s’interroger sur cette soudaine sollicitude doublée, hélas !, d’une étrange auto-déresponsabilisation.

    Certes, Kamerhe est libre de dire à l’assistance que “La population a besoin de consolider la paix” en plus “ d’un leadership éclairé, rassembleur, visionnaire qui doit redorer l’image du Congo, un grand pays au cœur de l’Afrique” dont il se voit l’incarnation. Tout comme il est en droit, comme le rapporte une dépêche, de critiquer “l’absence de routes, d’eau potable, d’électricité et d’ajouter : «Des choses que je fustige, en tant que citoyen de ce pays».

     

    Il récolte là il où ne sème pas

     

    Mais, la question de fond demeure, et les Kivutiens ne peuvent que se la poser : qu’a-t-il fait en leur faveur, Vital Kamerhe, tous les 23 ans qu’il est demeuré dans les sphères du pouvoir, précisément au cours de la décennie où il a été l’un des proches de Joseph Kabila ? Qu’a-t-il fait pour leur apporter un minimum de solutions par rapport aux routes, à l’eau potable, à l’électricité etc. ?

    Peut-être qu’à l’une ou l’autre des étapes restantes du Kivu, prendra-t-il à témoin l’opinion “tant nationale qu’internationale” (formule consacrée dans la terminologie politique congolaise depuis 1990) pour montrer la petite borne fontaine, la petite école, le petit dispensaire, le petit marché public, sinon la petite concession agricole témoignant de sa solidarité avec les populations locales.

    Pourtant, c’est au Kivu – bastion du mouvement social qui a irradié sur toute l’étendue du pays grâce à Pierre Lumbi, de l’ONG “Solidarité Paysanne” que les communautés locales ont découvert les vertus de l’auto-prise en charge.

    Hélas ! : il sera difficile d’y trouver la moindre trace de Vital Kamerhe, l’homme qui récolte là où il ne sème pas…

     

    Omer Nsongo die Lema

  • Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Université :session de rattrapage pour l’université congolaise

    Vue du site de l'université de Kinshasa. Photo afriqueredaction.com-Jean Berchmans Labana Lasay’Abar est le recteur de l’université de Kinshasa (Unikin), président de la Conférence des recteurs de la région des Grands Lacs.

    L’enseignement supérieur congolais existe depuis 1954 et la création de l’université Lovanium, devenue l’université de Kinshasa. Il compte aujourd’hui, selon son ministère de tutelle, 961 établissements publics et privés, qui accueillent quelque 338 000 étudiants, encadrés par 3 000 professeurs (avec thèse), 17 350 membres du corps scientifique et 22 300 agents administratifs.

    Alors qu’il fut pendant des années l’un des meilleurs du continent, le système universitaire congolais a souffert des insuffisances des réformes engagées par le pouvoir politique – lui-même conditionné par les programmes de développement que les institutions financières internationales “administrent” aux États africains depuis 1960. Mais aujourd’hui, il est appelé à renaître de ses cendres pour participer non seulement au développement national, mais aussi à la construction d’un espace mondial de la connaissance.

    En dépit de sa dégradation, l’université a toujours pris part au débat national sur l’avenir du pays, et la contribution des intellectuels congolais reste une valeur sûre. Dans ses missions d’enseignement, de recherche et de services, l’université constitue l’un des piliers indispensables pour faire de la RD Congo tant un havre de paix qu’un pôle de développement pour son peuple. Elle doit lui permettre de s’impliquer davantage dans la recherche de réponses à des questions cruciales pour l’humanité, comme le réchauffement climatique ou le développement durable.

    Pour relever ces défis, notre système d’enseignement supérieur a la responsabilité de former des cadres compétents, porteurs de valeurs citoyennes et universelles, capables à la fois d’incarner le projet national, celui d’une révolution de la modernité, et de s’intéresser aux problématiques mondiales du XXIe siècle. Ces cadres doivent avoir acquis un savoir-faire qui fasse d’eux des professionnels, qui soit en parfaite adéquation avec les bassins d’emploi, et qui leur offre la possibilité de développer de nouvelles compétences tout au long de leur vie.

    Cette mission appelle nécessairement une vision nouvelle, favorisant la création du savoir et l’innovation. Dans cette perspective, il nous faut construire une politique éducative cohérente, fondée sur des valeurs démocratiques et globales. Cette politique doit reposer sur quatre piliers : la participation de tous les acteurs à son élaboration ; la décentralisation des structures ; la démocratisation de l’offre de formation ; et enfin l’évaluation interne et externe, en tant qu’outil critique visant à améliorer les services rendus à l’économie et à la société. Cette vision d’une université innovante, ouverte au monde et sur le monde, doit s’inscrire dans une réforme dont quelques bases fragiles ont été posées, mais pour laquelle l’essentiel reste à faire.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions.

    La construction d’un système d’enseignement supérieur de qualité, qui s’appuie sur des bases solides de bonne gouvernance académique, administrative et financière, est devenue un impératif. C’est la seule façon d’éviter l’isolement, dans un contexte international où la mobilité et la recherche scientifique connaissent un essor sans précédent.

    Il va falloir mener à bien un certain nombre de missions : revaloriser la dimension éthique, restructurer les organes de direction, recourir aux technologies de l’information et de la communication, renouveler les techniques d’apprentissage et redéfinir la relation entre enseignants et étudiants.

    Dans cette optique, notre enseignement supérieur doit s’approprier pleinement la démarche qualité et le système LMD (licence-master-­doctorat) afin de se conformer aux normes internationales. Telle est la condition sine qua non pour permettre au peuple congolais de prendre enfin son plus bel élan, et au Congo-Kinshasa de jouer le rôle que la nature lui a confié dans le village planétaire.

    Certes, cette réforme ne sera pas facile. Elle devra se faire progressivement. Le premier signal fort que le pouvoir pourrait envoyer serait de relancer le débat républicain en vue de l’adoption du projet de loi-cadre sur le système éducatif national… en souffrance au Parlement depuis la précédente législature.

    Jeune Afrique

  • Le quatrième Kabila

    Le quatrième Kabila

    kabila- serment-Sur ce diamant brut niché dans l’écrin du bassin du fleuve Congo qu’est la RD Congo, beaucoup a été dit et écrit. À commencer par la chronique de ce gigantesque gâchis qui, cinquante-trois ans après son indépendance, fait de cette République d’environ 70 millions d’habitants (les chiffres varient considérablement selon les sources), dont la moitié a moins de 15 ans, un pays que même Nelson Mandela aurait été bien en peine de gouverner… Un ovni dans le concert des nations, bonnet d’âne en matière de développement humain, alors que son potentiel, minier, agricole ou énergétique, est tout simplement ahurissant.

    Les responsables de ce naufrage ? Les Congolais eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement : grandes puissances et voisins s’y sont longtemps “amusés” dans l’ombre comme on joue au Monopoly, et ce n’est pas fini. L’avenir ? On le souhaite enfin serein à défaut d’être radieux. Mais il y a bien longtemps que l’on a appris à se méfier des promesses et des miracles aux allures de mirages.

    À seulement 42 ans, Joseph Kabila en a passé treize à la tête de ce géant indomptable. Qu’on l’aime ou non, une chose est sûre : sa mission n’était guère une sinécure et rien ne dit qu’un autre aurait fait mieux à sa place. Il a hérité, en janvier 2001 et presque par hasard, d’un pays qui n’en était pas un. Une mosaïque de clans et de provinces aux intérêts antagonistes, qui ne savaient que se battre pour le pouvoir et où le chacun pour soi était devenu une véritable religion. Un territoire sans économie, gangrené par une corruption sans limites et une insécurité permanente, dépourvu d’infrastructures tenant encore debout, aux ressources humaines (bien) formées insuffisantes. Et où ce qui tenait lieu de classe politique ressemblait plutôt à un panier de crabes se disputant les restes faisandés d’un tilapia…

    Personnage surprenant, secret et mutique que ce Joseph Kabila. Le jeune homme modeste, héritier d’un pouvoir dont personne ne peut affirmer qu’il le désirait vraiment, a un temps fait rêver les Congolais. C’était le premier Kabila. À partir de 2006 et jusqu’à récemment, peut-être sous la funeste emprise de Raspoutines équatoriaux, il dériva progressivement vers les rivages de l’autocratie et de l’opacité érigée en mode de gouvernance.

    Et puis un troisième Kabila semble être né, tirant à l’évidence les leçons de la pitoyable présidentielle de novembre 2011. Plus ouvert, certainement débarrassé d’influences néfastes, plus mature, plus audacieux. Le binôme parfaitement complémentaire qu’il forme avec son Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, semble avoir remis le pays sur des rails prometteurs. Le discours, lui aussi, a changé. Ceux qui ont écouté son adresse à la nation du 23 octobre dernier, prononcée devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, n’ont certainement pas reconnu l’homme qui n’était jusqu’ici guère réputé pour ses talents de tribun. Son diagnostic sévère mais juste d’un pays rongé de l’intérieur, aux allures d’autocritique, sa main tendue à l’opposition et à la société civile, l’expression d’une réelle volonté de changement des pratiques mais aussi des mentalités et des comportements ont largement étonné, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

    En attendant de savoir si Kabila respectera ou non la Constitution, et alors que le bruit court qu’il songerait de plus en plus à un scénario à la Poutine-Medvedev version congolaise, voire à faire un break de cinq ans pour mieux revenir, il ne sera jugé que sur un seul critère, toujours le même : le respect de la parole donnée. S’il veut laisser son empreinte, comme on lui en prête la volonté farouche, dans l’histoire guère reluisante de son pays, c’est le seul chemin qu’il peut désormais emprunter. Surtout s’il souhaite qu’un quatrième Kabila puisse voir le jour…

    Jeune Afrique

  • CENI, Malumalu s’explique , l’opposition claque!-Feuille de route, calendrier, nominations :

    CENI, Malumalu s’explique , l’opposition claque!-Feuille de route, calendrier, nominations :


    malumalumalumalumalumaluMALU MALU-C’est un Malumalu avançant des chiffres, expliquant des textes et scénarii qui s’est exprimé hier, jeudi 30 janvier 2014, à la Représentation Nationale, à l’occasion de la présentation de la feuille de route du cycle électoral 2013-2016. La plénière a eu du mal à démarrer. Des motions incidentielles ne faisaient que pleuvoir. Impartial, Aubin Minaku a voulu, par la manière de conduire les échanges, dépassionner le débat, en appelant les uns et les autres à éviter les propos désobligeants. Même s’il n’a pas réussi à garder tout le monde dans la salle, le Président de l’Assemblée nationale aura, néanmoins, fait preuve de souplesse et d’élégance. Bien qu’ayant porté le débat à un certain niveau, du reste, appréciable, l’opposition, usant de ses droits les plus légitimes, a choisi de quitter la salle, refusant, selon elle, de cautionner la violation de la Constitution, en débattant sur cette feuille de route. Dans un document apprêté, le Président de la CENI a présenté cette feuille de route sous forme d’un état des lieux du processus électoral, deux ans après les élections 2011. Cela, dans le cadre des consultations que la CENI mène avec les institutions du pays et les partenaires au processus électoral. L’Abbé Malumalu a, aussi, présenté les activités réalisées par son institution, depuis sa mise en place jusqu’à ce jour. Il a amené la Représentation nationale dans une réflexion qui reste à approfondir notamment, sur les deux hypothèses de la feuille de route tenant compte du choix à faire du mode des scrutins et la détermination du corps électoral, pour l’élection des Députés provinciaux, Sénateurs et Gouverneurs des Provinces. Ceci, tout en tenant également compte de différentes contraintes juridiques, logistiques et financières y afférentes. Ce qui demanderait à l’Assemblée Nationale, Autorité budgétaire et législateur, de lever les ultimes options, pour la faisabilité du cycle électoral. L’Abbé Malumalu a souligné, toutefois, l’importance d’organiser, en premier lieu, les élections locales.

    Tout a commencé par la motion incidentielle de l’Honorable José Makila Sumanda qui a décrié les actes de nomination de certains membres de la CENI. L’élu de la circonscription électorale de Gemena estime que ces actes violent la Constitution, mais aussi, la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI. Il a exigé, par conséquent, qu’ils soient annulés, en bloc.

    Une motion qui, faut-il le dire, a provoqué un débat très houleux, appelant ainsi une pluie d’autres motions incidentielles. Comme l’exige le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il y a eu quatre interventions, deux pour la motion et deux autres contre. A l’issue du vote, la motion a été rejetée par la majorité de Députés.

    Appelé à s’expliquer, et cela, bien avant d’entrée en matière de la feuille de route, l’Abbé Apollinaire Malumalu a précisé que la CENI a procédé à certaines nominations à titre intérimaire, pour son efficacité dans les opérations en cours, en attendant de mettre en place les dispositions pratiques pour procéder à l’appel à candidatures. ‘’Lorsque nous avons été placé à la tête de cette Commission électorale nationale indépendante, je crois que l’une des missions était de procéder à l’annulation des décisions de nomination initiées par le bureau sortant. Et c’est ce que nous avons fait. Fallait-il laisser ces postes vides ? Honorable Président, la Ceni a des défis à relever. Voilà donc pourquoi nous avons nommé des cadres. Ces derniers exercent leurs fonctions à titre intérimaire. Et c’est bien dit dans la décision. Soyez rassurés que la Ceni n’a violé aucune des lois de la République. Tout ce que nous faisons tient compte et de la constitution et de la loi portant organisation et fonctionnement de la Ceni’’, s’est-il défendu.

    L’Abbé-Président de la CENI s’est appesanti, en outre, sur la nécessité de commencer par la base, c’est-à-dire, les élections urbaines, municipales et locales, avant de rattraper les autres scrutins. Sans vouloir imposer un point de vue, Malumalu voudrait que tout le monde réfléchisse sérieusement. A défaut, ‘‘nos cycles électoraux ne seront jamais achevés’’.

    La feuille de route, a précisé Malumalu, n’est pas à confondre avec le calendrier électoral qui sera connu, après le vote du Budget 2014 et à l’issue des consultations des autres institutions pour harmonisation, en tenant compte de toutes les observations reçues.

    Le Président de la CENI a clos sa présentation, en donnant les différentes exigences de la feuille de route au Parlement et au Gouvernement en vue de réaliser des élections libres, transparentes et démocratiques, au moment opportun.

    En réponse aux préoccupations des Honorables Députés, il a rappelé l’importance de l’opération de la fiabilisation du fichier électoral en cours de préparation. Il a annoncé, au passage, l’organisation de l’élection législative partielle pour Befale à la fin du mois d’avril et la suspension de l’élection partielle du Gouverneur du Sud-Kivu, faute de candidats.

    Par La Prospérité
  • Kabila peut-il rebondir ?

    Kabila peut-il rebondir ?

    KABILA-À moins de trois ans de la fin de son deuxième – et, en principe, dernier – mandat, le président congolmais Joseph Kabila semble s’engager sur la voie de la réconciliation nationale. Mais entre une opposition méfiante et des promesses qui tardent à se concrétiser, le chemin est tortueux.

    Au moment où l’on s’y attendait le moins, l’incertitude a repris le dessus en RD Congo. L’armée venait pourtant de remporter, début novembre 2013, une victoire historique sur les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), qui sévissaient dans l’est du pays depuis plus d’un an. Un mois plus tôt, Joseph Kabila clôturait les concertations nationales, ce forum qui avait réuni à Kinshasa, du 7 septembre au 5 octobre, des représentants de la majorité, d’une bonne partie de l’opposition et de la société civile. Avec un seul mot d’ordre : “renforcer la cohésion nationale”.

    Et pour tirer les leçons de ces assises, le président avait même sorti le grand jeu, le 23 octobre, en annonçant des “mesures importantes” devant les deux chambres du Parlement. Témoins de l’événement, “l’accompagnateur” Denis Sassou Nguesso, chef d’État de l’autre Congo, et la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine, venue en mission d’évaluation de l’accord-cadre d’Addis-Abeba (signé le 24 février 2013 par onze pays en vue de ramener la paix dans l’est de la RD Congo) et priée de prolonger son séjour afin d’assister à la déclaration présidentielle.

    Le rapatriement des corps de Mobutu Sese Seko et de Moïse Tshombe

    Tranchant avec le discours solennel sur l’état de la nation qu’il prononce chaque mois de décembre depuis son accession au pouvoir, en 2001, Kabila avait alors indiqué la nouvelle marche à suivre pour “améliorer le quotidien des Congolais et baliser l’avenir” du pays. “Pour changer le Congo, avait-il répété, nous devons d’abord nous-mêmes changer dans notre manière de vivre ensemble, de faire de la politique, de gérer l’État et la communauté nationale – bref, de vivre la démocratie.”

    L’annonce d’un chantier colossal, donc, où il était question à la fois d’ouverture politique, de professionnalisation de l’armée (indispensable face à la situation sécuritaire dans l’Est), de l’émergence d’une classe moyenne et de la lutte contre la corruption. Mais aussi de la réconciliation nationale, avec un accent particulier mis désormais sur le suivi (diplomatique, politique et même juridique) des dossiers des “compatriotes détenus [notamment] à la Cour pénale internationale”, ainsi que le rapatriement du corps de Mobutu Sese Seko, enterré au Maroc, et de celui de Moïse Tshombe, l’ancien président du Katanga sécessionniste puis Premier ministre du Congo, inhumé en Algérie.

    “Des annonces qui ressemblent à une opération de charme destinée à s’attirer de la sympathie”, soupçonnait déjà Juvénal Munubo, député de l’Union pour la nation congolaise (UNC, dirigée par Vital Kamerhe), seul grand parti de l’opposition, avec l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, d’Étienne Tshisekedi), à bouder le processus de renforcement de la cohésion nationale engagé depuis les concertations et à réclamer l’ouverture d’un “vrai dialogue”.

    Près de trois mois plus tard, les “mesures importantes” présentées par le chef de l’État semblent être restées lettre morte. Et ce dernier est confronté à de nouvelles turbulences. Le 30 décembre, des attaques coordonnées ont été menées simultanément à Kinshasa, Lubumbashi (sud du pays) et Kindu (Est).

    Un Katangais de plus écarté du cercle de Kabila

    Si, officiellement, les soupçons pèsent sur les adeptes du pasteur Paul-Joseph Mukungubila, candidat malheureux à la présidentielle de 2006, très hostile à Joseph Kabila qu’il considère comme un “Rwandais à la tête de la RD Congo”, plusieurs observateurs n’écartent pas l’hypothèse d’une implication directe ou indirecte de certains politiciens cherchant à renforcer leur position. “Ce n’est pas un hasard si ces attaques sont intervenues quarante-huit heures seulement après le remplacement de John Numbi par Charles Bisengimana à la tête de la police”, lâche un élu kinois, soulignant que “c’est un Katangais de plus qui est écarté du cercle de Kabila, après la mort accidentelle de Katumba Mwanke en 2012″. Numbi est également cité dans le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU comme l’un des soutiens des miliciens indépendantistes Kata Katanga qui terrorisent la province méridionale du pays, surtout dans le “triangle de la mort” compris entre Manono, Mitwaba et Pweto.

    Joseph Kabila serait-il donc en butte au mécontentement des Katangais ? “Cela n’a rien à voir avec les événements de ces derniers jours”, assure Séraphin Ngwej, ambassadeur itinérant du chef de l’État, précisant que le poste de commissaire général de la police n’a jamais été une chasse gardée des Katangais.

    Le paysage politique est en pleine mutation. Mais les initiatives de l’opposition ne manquent pas. Mais elles ont fait long feu.

    Toujours est-il que le paysage politique est en pleine mutation. Les Libéraux démocrates (regroupement de partis d’opposition autour de Léon Kengo wa Dondo), le Mouvement de libération du Congo (MLC) et ses alliés semblent prêts à jouer le jeu. En face, le reste de l’opposition, plus que jamais fragilisée, tente de rebondir. Non sans difficultés. Les initiatives, comme Touche pas à mon 220 (référence à l’article 220 de la Constitution, qui interdit la modification des dispositions relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels) ou Coalition pour le vrai dialogue, ne manquent pas. Mais elles ont fait long feu. Dernière tentative en date, le 18 novembre 2013, avec la naissance d’un nouveau regroupement politique, Sauvons la RDC, autour de Vital Kamerhe, Nzanga Mobutu et Mbusa Nyamwisi, qui entend faire obstacle à tout projet de prolongation du mandat en cours au-delà de 2016.

    Un pays morcelé qu’il a remis sur la voie de la reconstruction

    Pourtant, depuis quelques mois, Joseph Kabila assène qu’il est “pour le respect de l’esprit et de la lettre de la Constitution”. Et certains de ses lieutenants assurent qu’il n’a pas l’intention de briguer un troisième mandat. “Cela ne fait pas partie de ses préoccupations immédiates, confie Séraphin Ngwej. Il réfléchit plutôt à l’héritage qu’il laissera au peuple congolais après avoir présidé à sa destinée pendant quinze ans, de 2001 à 2016.” Le jeune homme n’avait que 29 ans lorsqu’il succéda à son père, Laurent-Désiré, assassiné le 16 janvier 2001. “Il a trouvé un pays morcelé, qu’il a réunifié et remis sur la voie de la reconstruction, n’hésitant pas à partager le pouvoir avec les anciens chefs rebelles, rappelle Ngwej. L’Histoire retiendra également que c’est à son initiative qu’en 2006 les Congolais ont été appelés pour la première fois à élire leur président.”

    Malgré tout, la méfiance persiste. “Joseph Kabila doit déclarer ouvertement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession en 2016”, suggère Juvénal Munubo. Une démarche que les caciques de la majorité déconseillent fermement à leur champion. “Il faut attendre la fin du mandat pour se décider”, estime Marcellin Cishambo, ancien conseiller spécial du chef de l’État, avançant l’éventualité d’une “demande du peuple”, qui pourrait plébisciter “son” président. Il appartiendra à Joseph Kabila de faire le bon choix. “S’il se conforme à la Constitution, ce sera un précédent dans l’histoire de la RD Congo, souligne Delly Sesanga, député de Luiza (Kasaï-Occidental) et ancien du MLC qui a fondé son propre parti, Ensemble des volontaires pour le développement de la RD Congo (Envol). Il s’agirait là d’un vrai repère pour un pays qui n’en a plus.”

    Jeune Afrique

  • John Numbi dans le viseur de la justice militaire congolaise

    John Numbi dans le viseur de la justice militaire congolaise

    John Numbi-La justice militaire congolaise s’intéresse de près au cas John Numbi. Depuis plusieurs semaines, le nom de l’ancien chef de la police revient souvent dans les rapports sur les miliciens du Katanga, dans le sud de la RDC. Et Kinshasa s’est enfin décidé à enquêter…

    Les langues se délient peu à peu à Kinshasa. Jusqu’ici, seuls le rapport – encore confidentiel – du groupe d’experts onusiens sur la RDC et un communiqué de presse de la société civile du Katanga avaient cité le nom de John Numbi, ancien chef de la police congolaise, comme “un des pourvoyeurs” des miliciens indépendantistes Kata Katanga. Aujourd’hui, c’est officiel : John Numbi est dans le viseur de la justice militaire congolaise. “Une perquisition a eu lieu hier [le 20 décembre] dans un chantier qui se trouve être sa propriété : on y a trouvé 18 individus encore non identifiés et une lance-roquette”, affirme Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

    >> Lire aussi : qui se cache derrière les Kata Katanga ?

    De là à établir une connexion entre les miliciens du Katanga et le général John Numbi ? L’heure est encore à la prudence. “L’enquête se poursuit”, avance Lambert Mende. Depuis le 11 janvier, Kinshasa a dépêché sur place, à Lubumbashi, Richard Muyej, le ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Objectif : tirer les choses au clair. “Je ne rentrerai que lorsque toute la lumière sera faite autour de cette affaire”, confie Richard Muyej.

    John Numbi, “pourvoyeur” des milices du Katanga ? 

    Que cherche-t-on exactement ? Les réponses à une double interrogation : John Numbi a-t-il été en connivence avec les assaillants du 30 décembre ? Est-il le “pourvoyeur” des miliciens indépendantistes Kata Katanga ? Pour l’heure, Richard Muyej se refuse de donner une réponse définitive : “Au regard des informations à ma possession, je ne peux confirmer un lien quelconque entre John Numbi et les miliciens.” Le ministre semble même remettre en cause les accusations des experts de l’ONU sur le “soutien” de John Numbi. “Ils n’ont pas fait leur travail comme il faut”, tacle-t-il.

    Visiblement, la (nouvelle) affaire Numbi divise. Pour certains soutiens de l’ancien chef de la police, qui se comptent également dans la sphère du pouvoir à Kinshasa et à Lubumbashi, les autorités veulent tout simplement “noyer” leur champion. “Face au regain des violences dans le pays, et particulièrement au Katanga, il faut que quelqu’un paye le prix et c’est John Numbi qui a été choisi pour porter le chapeau. Un peu comme dans l’affaire de l’assassinat de Floribert Chebeya“, accuse un membre de l’entourage du général Numbi.

    >> Lire aussi : Numbi, le “bad cop” de Kabila

    “Mais pourquoi son nom revient-il à chaque fois qu’on aborde la question des miliciens katangais ?”, interroge un élu local qui a requis l’anonymat “pour des raisons sécuritaires”, précise-t-il. “Le climat dans le Katanga est lugubre : les gens ont peur”, renchérit-il. Les miliciens sécessionnistes ont multiplié ces derniers jours des attaques dans les villages situés dans le “triangle de la mort”, entre les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto. “Plus de 30 000 personnes vivant dans cette région (…) se seraient déplacées vers d’autres localités et vers des camps de pêche”, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Lubumbashi, la capitale provinciale, retient son souffle. “Tout peut arriver à tout moment”, lâche le député.

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    Par Trésor Kibangula (Jeune Afrique)

  • Qui veut la zizanie au Palais : Avis d’un plan de renversement de Kabila

    Qui veut la zizanie au Palais : Avis d’un plan de renversement de Kabila

    kabila 1-Les analystes ont entrepris de faire un sérieux décryptage des événements sinistres de fin décembre et début janvier. Ils en déduisent que les ennemis de la RD-Congo ont changé de stratégie et n’excluent pas la possibilité de déstabilisation du pouvoir du Raïs en visant directement son entourage immédiat.

    Après avoir tenté de déstabiliser les FAROC avec l’assassinat de Mamadou Ndala, et de démobiliser la population par des attaques des sites stratégiques, les ennemis de la RD-Congo ciblent à présent l’entourage du Chef de l’Etat qu’ils cherchent à opposer pour neutraliser Joseph Kabila.

    La guerre à laquelle la République Démocratique du Congo fait face n’est pas que militaire. Elle prend plusieurs facettes avec pour cible la personne du Chef de l’Etat, garant de la Nation. Et la mise en déroute du M23 a, certes, ébranlé les ennemis du pays, mais elle semble avoir ravivé leur hargne pour la matérialisation de leur projet de balkanisation de la RDCongo, à défaut de prendre le pouvoir.

    Pour y parvenir, tous les moyens sont bons. A commencer par les attaques contre des sites stratégiques à Kinshasa. Kindu et Kolwezi qui ont participé également à cette fin. Et le choix du jour de ces alertes n’était pas fortuit. Il fallait frapper fort pour semer la terreur au moment où les RD-Congolais s’apprêtaient à fêter la Saint Sylvestre.

    La guerre de sabotage s’est intensifiée avec l’odieux assassinat du Colonel Mamadou Ndala, avait manifestement pour but de saper le moral des FARDC tout en brisant la bonne entente qui s’observait entre les troupes et leur commandement. Il visait aussi à semer le doute dans le chef de la population qui avait refait confiance au Chef de l’Etat et au gouvernement dans la lutte contre les agresseurs.

    A en croire ces observateurs, la bataille vise à présent le cabinet du Président de la République. Certains titres de presse -plus de trois- parus ce lundi ont trahi une campagne orchestrée pour semer la zizanie au Palais de la Nation. En effet, la campagne menée autour des rumeurs avancées d’un chambardement à la Présidence de la République implique certaines personnalités dans le but manifeste de les opposer et entretenir ainsi la pagaille. De même, en insinuant des antagonismes entre des factions tribales autour du Président de la République, ces agents de la déstabilisation savent qu’en y touchant, on peut aussi ébranler Kabila et lui priver la paix.

    Rejoindre le camp de la patrie
    En effet, les auteurs de ce coup ont certainement compris que Kabila est de nouveau monté en puissance à la suite de la cohésion renforcée qui s’observe depuis la tenue des Concertations Nationales. Il est alors question, pour eux, de briser cet élan de cohésion pour l’empêcher de poursuivre aisément son programme de relance de la reconstruction nationale tel qu’il l’a annoncé lors de sa récente tournée à l’Est et au centre de la RDC.

    La même préoccupation sous-tend les critiques latentes sur la longue attente du gouvernement de cohésion nationale annoncé par le Président de la République début décembre 2013. Tout est donc fait pour créer une tension peu propice à la réflexion, aiguiser les appétits du pouvoir autour du Président de la République que l’on ne sait pas atteindre directement, mais que l’on cherche à déstabiliser en diffusant de fausses rumeurs. Dans l’entourage immédiat du Raïs, les personnalités évoquées dans cette campagne de déstabilisation affichent, par contre, leur sérénité et n’ont leur regard que vers le Chef de l’Etat. Leur préoccupation et de l’aider à réaliser son programme de pacification du pays et de son développement. «C’est trop friche de chercher à jouer sur le moral des gens en espérant les ébranler», affirme l’un d’entre eux qui ajoute que «la, RD-Congo a besoin des réflexions pour renforcer les efforts de reconstruction et non des stratagèmes diaboliques qui n ‘ont pour but que de le maintenir dans un équilibre instable». «Que gagne-t-on en cherchant à empêcher le pays d’aller de l’avant?», s’interroge un autre qui invite ces prophètes de malheur a «rejoindre le camp de la patrie, s ‘ils aiment vraiment noire pays».

    Après des années de guerre et d’instabilité, la RD-Congo est en train retrouver son équilibre et de s’ouvrir de nouvelles perspectives dans le concert des Nations. Les évolutions démocratiques qu’a connues le pays ont créé les conditions dune conquête tout aussi démocratique du pouvoir. La vraie valeur d’une société se mesure donc par l’aptitude de ses élites à œuvrer à son renforcement plutôt qu’à des initiatives pour son arriération. A chacun donc de choisir le bon et la Nation n’en sortira que grandie.

    Tino MABADA
    Congo News

  • Ils ont amnistié le M23

    Ils ont amnistié le M23

    Integralite du discours de Joseph Kabila sur l’état de la nation .-En République Démocratique du Congo, le sénat a adopté vendredi 10 janvier un projet de loi d’amnistie devant bénéficier aux combattants du M23. Le texte soulève des interrogations non seulement par rapport à son opportunité, mais surtout par rapport à la légitimité de la démarche du pouvoir de Kinshasa. En effet, le pays est toujours déchiré par la violence des groupes armés, dont certains pourraient se conforter à l’idée qu’à leur tour, ils pourront bénéficier de mesures d’amnistie. Sur le principe, rien ne justifie les privilèges accordés au M23 et qui ne bénéficieraient pas aux autres groupes armés.

    Pour justifier sa démarche, le gouvernement évoque la nécessité, pour le Congo, de se conformer aux contestables[1] engagements de Nairobi du 12 décembre dernier. Ils prévoyaient l’adoption d’une loi d’amnistie. Mais l’argument est loin d’être convainquant lorsqu’on examine la question de l’opportunité de la démarche et sa légitimité. Surtout lorsqu’on réalise que l’initiative du gouvernement se traduit, de fait, par la perpétuation de la culture de l’impunité, la souffrance des victimes étant, une fois de plus, complètement passée sous silence.

    Un projet de loi inopportun

    Une loi d’amnistie, en principe, n’est envisageable qu’une fois la nation acquiert la certitude que « la guerre est finie ». Or, dans le cas du M23, on en est encore loin. Le dernier rapport des experts de l’ONU indique clairement que le Rwanda et l’Ouganda continuent de renforcer militairement le M23[2]. De son côté, le patron de la Monusco, Martin Kobler, a fait entendre, ce lundi 13 janvier, que le M23 mène, à nouveau, des incursions dans l’Est du Congo, notamment dans le District d’Ituri[3].

    Ces incursions ont commencé bien avant, puisqu’il est maintenant établi que les combattants qui avaient investi la cité de Kamango[4], le 25 décembre dernier, étaient bel et bien une coalition ADF/Nalu-UPDF (armée ougandaise), le nouveau visage du M23, version Kampala[5].

    Dès lors, le projet de loi voté par le sénat congolais, au profit d’un groupe armé toujours actif, résonne comme une promesse de Kinshasa selon laquelle l’amnistie est acquise, quoi qu’il en soit. Le message envoyé par un vote comme celui-là est un désastre complet parce qu’il consiste à conforter les combattants « rwando-ougandais » dans leur logique de « la guerre sans fin ». Certains combattants en seraient à leur cinquième agression contre le Congo après avoir servi dans les rangs de l’AFDL (Première Guerre du Congo), du RCD (Deuxième Guerre du Congo), des groupes armés comme l’UPC-Thomas Lubanga, du CNDP-Laurent Nkunda et maintenant du M23. Pire, le gouvernement congolais a reconnu que des récidivistes pourront bénéficier de la loi d’amnistie.

    Le message est aussi désastreux vis-à-vis des autres groupes armés, nationaux et étrangers[6]. Ils redécouvrent le même « Congo-Etat-faible » qu’ils commençaient pourtant à craindre après la récente offensive « musclée » des FARDC appuyées par la brigade d’intervention de la Monusco.

    Sur la légitimité de la démarche

    Le gouvernement congolais a mis en avant l’argument des engagements, au plan international, pris à Nairobi aux termes des pourparlers de Kampala. On relève au passage qu’un gouvernement, qui est supposé tirer sa légitimité des mains de son peuple, semble privilégier les recommandations des partenaires étrangers en manquant d’invoquer une seule fois la référence au « peuple congolais ».

    Au-delà de cette absence criante d’empathie entre les autorités et leurs populations, on relève que les engagements de Nairobi s’inscrivent dans un cadre qui suppose que le gouvernement congolais ne doit pas être le seul à se sentir lié. En effet, aux termes des accords d’Addis-Abeba du 24 février 2013[7], dont découlaient les pourparlers de Kampala et les engagements de Nairobi, les pays comme le Rwanda et l’Ouganda devaient s’acquitter d’un ensemble d’obligations en tant que signataires.

    Ces accords engageaient leurs signataires à « ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés » et « ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies » (article 5). Kampala et Kigali ont signé ces accords mais n’en respectent pas un seul. Les combattants du M23 ont bel et bien été accueillis sur le territoire des deux pays. L’Ouganda a même annoncé qu’il en avait accueilli 1.600, soit dix fois plus que les estimations des experts[8]. Le Rwanda en a également accueilli et n’envisage aucunement de les extrader.

    Quel intérêt le Congo aurait-il à honorer des engagements internationaux que les autres signataires ont entrepris de bafouer allégrement ? Les engagements internationaux ont toujours reposé sur le principe de réciprocité.

    En réalité, il apparait assez clairement que le sénat a voté la loi d’amnistie pour se conformer à la volonté du gouvernement, qui, lui-même, sur ce sujet, ne fait qu’appliquer les « ordres » du Président Kabila. Or, le Président Kabila, et c’est de notoriété publique, veille à ne pas mécontenter son homologue ougandais, Yoweri Museveni, à la fois médiateur international et parrain du M23. Ce qui contribue à conforter les tenants du discours selon lequel le Congo ne serait pas une nation souveraine[9].

    L’abandon des victimes et la consécration de l’impunité

    Le texte prévoit une étrange disposition selon laquelle « Toute personne victime de faits infractionnels commis par les bénéficiaires de la loi d’amnistie a la possibilité de saisir les juridictions étatiques territorialement et matériellement compétentes pour obtenir réparation ». Donc, des poursuites au civils à défaut de poursuites au pénal, avec à la clé la possibilité pour les victimes d’obtenir réparation.

    Quelqu’un a-t-il remarqué que les victimes ne bénéficieront pas des services du ministère public, le gouvernement devant garantir l’effectivité de l’amnistie ? Elles devront ainsi, soit s’octroyer les services d’un avocat soit « laisser tomber ». En effet, les membres de M23, n’étant pas réputés pour être des nantis, on n’imagine pas qu’ils puissent s’acquitter des préjudices matériels causés à leurs victimes, contrairement à ce que tente de faire croire le texte du gouvernement. C’est pourtant à un gouvernement qu’il revient d’assumer la charge de ses citoyens, victimes des violences armés, une obligation qui découle de la mission de l’Etat consistant à la protection des personnes et de leurs biens.

    Finalement, ce projet de loi, malgré les discours officiels, s’inscrit dans la vieille tradition de l’impunité qui fait le lit des guerres à répétition dont le Congolais n’ont pas fini d’être meurtris, comme en témoigne la relance en cours du M23.

    Boniface MUSAVULI (AngoraVox)

  • Le chemin de la croix de Malumalu

    Le chemin de la croix de Malumalu

     
    CENI logo
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    -Cycle électoral 2014-2016 et préalables posés par les Concertations nationales

    L’année 2014 sera « une année électorale ». C’est la promesse maintes fois réitérée par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’abbé Apollinaire Malumalu.  Aussi l’abbé-président multiplie-t-il des consultations pour rallier un maximum d’acteurs à sa cause. Des impératifs, notamment du recensement imposé par les concertations nationales, de l’échéance constitutionnelle  fatidique de 2016, de l’indisponibilité des moyens financiers et d’un arsenal juridique réaménagé font du processus une course d’obstacles, imposant à l’abbé-président un chemin de la croix.

    Bâton de pèlerin en mains, l’abbé-président de la Commission électorale nationale indépendante, Apollinaire Malumalu, s’active à lever tous les obstacles qui jonchent le processus électoral qu’il entend relancer sur la période 2014- 2016. Mais, le schéma tracé par les concertations nationales, imposant un recensement général de la population avant toute élection en RDC impose des ajustements dans le projet de Malumalu.
    Toujours est-il que l’abbé Apollinaire Malumalu affiche clairement ses ambitions pour la suite du processus électoral. Selon lui, tout doit être mis en œuvre pour boucler le processus entre 2014 et 2016.
    Revenu à la tête de la CENI à la suite du désaveu collectif de son prédécesseur, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, et à la faveur d’un constat d’échec des élections de novembre 2011, Malumalu tient à relancer un processus électoral en panne. Pour l’instant, l’abbé-président multiplie des contacts avec les institutions pour tenter d’obtenir l’adhésion d’un grand nombre autour de son projet. Pour l’abbé Malumalu, ce nouveau compromis est ce chainon manquant pour relancer l’ensemble du processus.
    Mais, comment chercher un autre compromis dès l’instant où les délégués réunis dernièrement en concertations nationales se sont mis d’accord sur un certain nombre de préalables en vue d’aborder avec sérénité le processus électoral ? Si tel est le cas, de quel compromis parle donc le président de la CENI ? Est-ce à dire que, pour l’abbé Malumalu, le compromis issu des concertations nationales ne rassure pas. C’est toute la problématique.

    MALUMALU CONSULTE
    Néanmoins, pour l’instant, le président de la CENI consulte. A terme, il devait proposer une feuille de route qui rend compte de toutes les étapes du cycle électoral 2014-2016. Il a échangé le week-end dernier avec le bureau du Sénat. Des concertations sont également prévues avec des partis politiques et des acteurs de la Société civile.
    Pour Malumalu, la démarche consiste à dégager de manière consensuelle un schéma qui concilie les avis et considérations de tous les acteurs impliqués dans le processus (gouvernement, partis politiques, bailleurs de fonds et Société civile) tout en garantissant la poursuite du processus jusqu’à l’échéance de 2016.
    Recevant en décembre dernier l’ambassadeur de l’Italie en RDC, le président de la CENI a annoncé que « l’année 2014 sera une année électorale ». Il invitait par conséquent  tous les Congolais à se préparer aux grandes échéances qui se précisent. Par ailleurs, l’Abbé Malumalu avait réaffirmé le principal défi de son institution, à savoir organiser des élections chaque année à partir de 2014 jusqu’en 2016. Le président de la CENI a promis, à cet effet, de dérouler un chronogramme qui alignera au cours de cette année 2014, les élections urbaines, municipales et locales avant les provinciales, les sénatoriales et l’élection des gouverneurs, projetées pour 2015 ; le tout devant se terminer en 2016 par la présidentielle et les législatives
    « Nous sommes à pied d’œuvre », a-t-il souligné, annonçant que son institution s’attelait au lancement de « l’opération de fiabilisation du fichier électoral et de cartographie ». C’est dire que pour l’abbé Malumalu, rien ne peut obstruer, dès cette année 2014, la voie de la relance du cycle électoral pour la période 2014-2016. Mais selon lui, un compromis politique est indispensable pour garantir le succès du processus, avant bien sûr, de solliciter un apport des partenaires extérieurs.
    Revenir au schéma des concertations nationales
     Malgré la détermination de son président, la CENI doit au préalable débrayer le chemin menant à 2016.
    L’on se rappelle que les concertations nationales ont clairement levé l’option de faire du recensement général de la population un préalable pour des élections crédibles et apaisées. Dans son discours devant la nation, le président de la République s’est également appesanti sur le sujet. « J’ai noté aussi que, pour crédibiliser davantage les élections à venir, les délégués aux concertations nationales ont recommandé le recensement général et l’identification des Congolais. Ceci permettra la délivrance de nouvelles cartes d’identité. J’en conviens parfaitement, cela d’autant plus que le dernier recensement général remonte à 1984, soit il y a près de trente ans », a déclaré le chef de l’Etat.
    Entre-temps, le chef de l’Etat a enjoint la CENI « d’envisager, dès ce jour, la présentation au Parlement, dans le meilleur délai, du calendrier électoral et de poursuivre le cycle électoral en vue de procéder avec diligence, à l’organisation des élections locales, municipales, provinciales et sénatoriales ».
    Etant donné qu’un compromis s’est dégagé entre différents acteurs politiques et sociaux au terme des concertations nationales, le président de la CENI est indirectement soumis à l’obligation d’en tenir compte. Aux concertations nationales, le recensement de la population a été unanimement adopté comme préalable à tout processus électoral. Il en est ainsi autant pour la CENI. Ce qui n’est pas de l’avis de Malumalu qui y voit une entorse à son projet de boucler tout le processus entre 2014 et 2016.

    LES OBSTACLES-PREALABLES
    La volonté du président de la CENI ne suffit donc pas. Encore moins, sa seule compétence, tout comme celle de ses collaborateurs d’ailleurs. Une conjugaison favorable des facteurs contraignants conduira à une issue maîtrisée et apaisée du processus.
    De ce point de vue, le préalable de la révision constitutionnelle s’impose d’elle-même d’autant plus que nulle ne pourrait changer le mode d’élection des députés provinciaux sans passer par la Constitution. C’est le souhait exprimé le 23 octobre 2013 par le chef de l’Etat devant le Parlement réuni en congrès.
    Ce préalable – non des moindres – constitue un obstacle légal susceptible de freiner la marche du processus tel que le conçoit le président de la CENI. Un compromis à ce sujet au sein des institutions est nécessaire. Le dilemme de la date fatidique du 20 décembre 2016 se pose avec acuité – la loi électorale devant s’adapter inévitablement à cette évolution.
    La crainte de sombrer dans « un vide juridique » hante le président de la CENI. En dépit des dispositions transitoires prévues pour parer à toute éventualité.
    L’abbé Malumalu se trouve presque rattraper par la même pression que son prédécesseur, obligé bon gré mal gré d’organiser les élections, à n’importe quel prix, mais dans le délai arrêté d’avance et déclaré comme infranchissable. Ce qui induit inévitablement une logistique adéquate.
    La feuille de route que Malumalu compte élaborer risque de buter à un autre obstacle, considéré lui aussi comme un préalable. C’est celui lié au défi logistique. Ce dernier impératif avait eu raison du pasteur Daniel Ngoy Mulunda dans la mesure où tout s’était déroulé dans l’urgence. La précipitation dans la mise en œuvre du processus a eu des conséquences désastreuses en termes des résultats. Ngoy Mulunda en a d’ailleurs payé le prix.
    Les mêmes causes ne produisant les mêmes effets, Apollinaire Malumalu craint de retomber dans le même travers.
    Dans le projet de loi de finances 2014, la ligne budgétaire réservée à la CENI représente une portion congrue, ne pouvant soutenir l’ensemble du processus. Une pressente invitation est lancée aux bailleurs de fonds afin que des engagements clairs soient pris pour la réussite du cycle électoral dans le délai.
    Devant toutes les contraintes qui se dressent sur le schéma de Malumalu, une large compréhension de la classe politique, doublée d’un réel soutien logistique et financier des bailleurs de fonds, s’impose pour donner lieu à une feuille de route électorale acceptable et bancable.
    Avec Le Potentiel