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  • Assassinat de Mamadou Ndala, une affaire de sous ?- l’enquête s’oriente vers la piste FARDC

    Assassinat de Mamadou Ndala, une affaire de sous ?- l’enquête s’oriente vers la piste FARDC

    ndala-kabila-L’enquête sur l’assassinat du colonel Mamadou Ndala se poursuit à Beni, dans l’est de la RDC. Loin de la version officielle de départ, qui attribuait l’attaque à la roquette ayant tué l’officier aux rebelles ougandais de l’ADF, la piste d’un règlement des comptes au sein de l’armée paraît désormais la plus “sérieuse”.

    “Nous sommes sur une piste sérieuse.” Richard Muyej, le ministre congolais en charge notamment de la Sécurité, ne nous en dira pas plus. Comme lui, la plupart des responsables congolais restent discrets sur l’avancée de l’enquête ouverte à la suite de l’attaque à la roquette, le 2 janvier, contre la jeep du colonel Mamadou Ndala, à quelque 10 km de la ville de Beni, dans l’est de la RDC.

    Une vidéo tournée quelques minutes après l’attaque (certaines images peuvent choquer) :

    Hypothèse ADF jugée “pas crédible”

    Quelle est la “piste sérieuse” dont parle le ministre ? Une chose semble acquise : il ne s’agit plus de celle qui accusait les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) de la mort de l’officier, auréolé du renouveau des Forces armées de la RDC (FARDC). Une source proche de l’enquête le confirme à Jeune Afrique. “L’hypothèse des ADF, annoncée par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, est en train d’être abandonnée car jugée hâtive et peu convaincante.” Et notre interlocuteur d’ajouter : “La zone [où a lieu l’attaque] était suffisamment occupée par les militaires des FARDC et les assaillants auraient été aperçus portant l’ancienne tenue de couleur verte de l’armée.”

    Mamadou Ndala craignait d’être trahi par ses propres frères d’armes.

    Me Omar Kavota, porte-parole de la société civile de Beni

    Même pour la société civile locale (associations, syndicats…), l’hypothèse d’une attaque ADF n’est pas crédible. Me Omar Kavota, son porte-parole, un des premiers à mettre en doute la version officielle attribuant d’emblée l’attaque aux rebelles ougandais, affirme que “les FARDC avaient déjà ratissé le terrain une semaine plus tôt et s’étaient déployées jusqu’à une soixantaine de kilomètres de Beni.” Selon lui, il faut donc chercher ailleurs les auteurs de l’attentat. “Au sein des FARDC, voire au-delà”, lâche-t-il. Me Kavota dit avoir rencontré, le 23 décembre, le colonel Mamadou Ndala au Rock Hôtel de Beni. “Il était confiant et déterminé à traquer les ADF comme il avait fait avec le M23 [Mouvement du 23-Mars, rébellion récemment défaite, NDRL]. Mais il craignait d’être trahi par ses propres frères d’armes”, se souvient-il.

    La révanche des ex-CNDP ?

    Crainte légitime ? Les premiers éléments de l’enquête semblent le démontrer. Des officiers de l’armée sont en effet soupçonnés d’avoir commandité l’attaque. Après qu’on a retrouvé le téléphone portable de son garde du corps sur le lieu de l’attaque, le colonel Tito Bizuru, numéro un des FARDC dans la ville de Beni, a été mis aux arrêts. Cet officier est un ancien rebelle du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Il avait réintégré l’armée en 2009 après la signature de l’accord du 23 mars qui avait mis fin à la rébellion de Laurent Nkunda.

    L’heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects.

    Après la mutinerie menée par plusieurs ex-combattants du CNDP en avril 2012, déclenchant la rébellion du M23, le colonel Bizuru n’avait pas fait défection. “Mais rien n’indique qu’il n’était pas resté en intelligence avec ses amis”, tacle un officier de l’armée à Beni qui a requis l’anonymat. Pour lui, “l’assassinat de Mamadou Ndala est un règlement de comptes des ex-CNDP, pour la plupart rwandophones, contre celui qui a vaincu le M23 qui bénéficiait du soutien du Rwanda”, accuse-t-il.

    L’heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects. L’étau se resserre également autour du général Muhindo, alias Mundos, commandant du secteur opérationnel à Beni. On reproche surtout à cet ancien commandant de la garde républicaine à Goma de “n’avoir pas mené avec vigueur la traque des assaillants du colonel assassiné”. Des rumeurs ont fait état de sa fuite, mais aux dernières nouvelles l’officier hundé était toujours dans la ville.

    Une affaire de sous ?

    Entretemps, d’autres arrestations et interpellations ont eu lieu. La dernière en date, celle d’un certain Lieutenant Kelvin, chef des services de renseignements militaires à Beni, est intervenue le 8 janvier dans la matinée. À en croire une source militaire sur place, l’officier aurait déclaré “avoir des informations sur les personnes qui ont planifié l’assassinat de Mamadou Ndala ainsi que sur la provenance de 300 000 dollars qui auraient été versés pour motiver certains soldats à exécuter ce plan”. Une piste que les enquêteurs prendraient “très au sérieux”, souligne notre source.

    S’agirait-il donc d’une simple affaire de sous ? Un élu local estime que les officiers militaires de Beni n’ont pas vu d’un bon oeil l’arrivée sur leur territoire du colonel Mamadou Ndala et de ses hommes. “Pour eux, Mamadou Ndala venait faire un job qu’ils n’ont pas pu faire : neutraliser l’ADF”.  “Depuis 2009 (date de leur affectation), ils ont transformé la zone d’opération de Ruwenzori – où se cachent les rebelles ougandais – en zone de commerce”, affirme-t-il, dénonçant des “arrangements” entre le commandement militaire de Beni et les chefs rebelles de l’ADF. L’enquête qui est en cours devra donc également apporter toute la lumière sur ces prétendues collusions contre-nature entre certains chefs de l’armée dans l’est de la RDC et les hommes de Jamil Mukulu.

    Avec Jeune Afrique

  • MACABRE RECUPERATION POLITICIENNE DE LA MORT DE MAMADOU NDALA

    MACABRE RECUPERATION POLITICIENNE DE LA MORT DE MAMADOU NDALA

    mamadou-kabila-« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément », affirmait Nicolas Boileau. Et pour le paraphraser, on peut soutenir, sans crainte d’être contredit, que « de la forme grammaticale et symétrique d’un argumentaire dépendent la franchise de son auteur et la véracité de son contenu ». C’est ainsi qu’en lisant avec assez d’attention la plupart de textes diffusés à la suite de la disparition du Colonel Mamadou Ndala, on se rend vite compte des intensions qui animent leurs auteurs. Il s’agit de la Coalition Internationale pour la Déstabilisation du Congo (CIDC).
     
    C’est le jeudi 2 janvier 2014 en fin d’avant-midi que la nouvelle faisant état de la mort de l’homme sur qui reposait désormais l’espoir de tout un peuple a commencé à circuler, telle une trainée de poudre. Aux environs de 12h25 (TU), la sonnerie de mon téléphone signale qu’un nouveau message vient de me parvenir. Vite, je m’empresse à découvrir le contenu de ce message qui m’arrive en plein milieu de la journée. « Le colonel Mamadou n’est plus », suis-je surpris de lire sur l’écran de mon téléphone portable. Telle est la manière dont j’ai appris la disparition de ce Grand Congolais, ce Martyre et Héros d’un Congo libre, souverain, uni et fort.
    Affligé, angoissé…, ne sachant à quel saint me vouer, je me suis mis à chercher à en savoir d’avantage. Après avoir passé plus d’une heure au bout du fil, je me suis rendu compte que ce qui avait les allures d’un cauchemar était effectivement une réalité. Ma journée était complètement bouleversée, entamée par l’une de ces mauvaises nouvelles que j’e n’ai plus reçu depuis celle du 16 janvier 2001 annonçant la mort tragique du Soldat du peuple, M’zee Laurent Désiré Kabila. Mamadou Ndala venait de voir ses derniers jours sur le champ de bataille. Comme qui dirait : « qui se ressemblent se rencontrent toujours, même dans leur façon de naître ou de mourir ».
    Se servir du drame…
    Alors que la nouvelle a troublé les Congolais, les vrais, certains d’entre eux qui ont opté de faire le chemin de la trahison semblent s’en être foncièrement réjouis. A la manière de tous les ennemis de la nation et du peuple Congolais, ils veulent se servir de ce drame incommensurable comme un adjuvant à leurs visées mercantilistes. Ceux-ci n’ont trouvé mieux à faire que d’exploiter le sentiment de révolte, de colère et de frustration qui anime les citoyens congolais pour distiller leurs intoxications. Négativistes sur le Congo et sur ses institutions, les ennemis de la république se contentent de raconter ce qui leur passe par la tête pour diaboliser le Chef de l’Etat. Il s’avère donc plus que nécessaire de rétablir la vérité des faits.
    « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement et les mots pour le dire, viennent aisément », affirmait Nicolas Boileau. Et pour le paraphraser, on peut soutenir, sans crainte d’être contredit, que « de la forme grammaticale et symétrique d’un argumentaire dépendent la franchise de son hauteur et la véracité de son contenu ». A lire avec assez d’attention, la plupart des textes que les trainés de la Coalition internationale pour la déstabilisation du Congo (Cidc) se sont empressés de poster sur les réseaux sociaux et autres forum de discutions sur internet on se rend vite compte des intensions de leurs auteurs.
    Cela ne demande aucunement l’expérience des psychanalystes de la trempe de l’acteur principal de la série télévisée « Lie to me » pour se rendre compte et du désire de mentir qui anime certains plumiers et l’envie de nuire à la réputation de la Rd-Congo ainsi de son commandant en Chef. Sinon, comment serait-il possible qu’un quidam, rédacteur, journaliste, etc., soit-il se permette d’affirmer dans ses écrits que « nous réfutons avec la dernière énergie la version officielle sur la mort du vaillant Colonel ». Ce avant d’ajouter : « Les Congolais exigent la vérité sur l’assassinat du Colonel Mamadou Ndala ». En d’autres termes, il se proclame détenteur de la vraie version ou seul témoin des événements alors qu’il est à de milliers de kilomètre du pays et du lieu de la commission des faits.
    Joseph Kabila pointé du doigt…
    Ce qui est pire, ces confrères osent pointer, de leurs plumes dévergondées, le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, comme auteur de l’assassinat d’un de ses propres meilleurs éléments au sein des Forces armées. Accusation qu’ils formulent avec tellement de légèreté qu’on est tenté de s’interroger sur les vraies motivations de leur démarche. Réfutant la version selon laquelle le colonel Mamadou Ndala avait été tué dans une embuscade tendue par les éléments de la rébellion ougandaise de l’Adf-Nalu, ces fossoyeurs tiennent désorienter les Congolais. Heureusement que les enquêteurs ne les écoutent pas.
    Pour eux, Ndala aurait été tué par un « tireur » faisant partie d’un groupe imaginaire de trente cinq commandos qui seraient partis de Kinshasa pour aller renforcer son équipe. Pour tenter de crédibiliser cette thèse hypothétique, ils s’accordent à citer, comme source, le lieutenant de Mamadou Ndala qui serait allé déposer le corps sans vie du colonel à un lieu qu’eux seuls connaissent. Ils oublient de souligner que le lieutenant de Mamadou a été, comme son commandant, retrouvé calciné dans la leur jeep. Alors, d’où ont-il tiré toutes ces boutades qu’ils s’évertuent à distiller sur le net ? Eux seuls peuvent encore inventer une autre source car quoi qu’il en soit, leur désir de déstabilisation de la Rdc est plus fort que les impératifs professionnels du métier de journaliste.
    Aussi, ceux qui depuis hier s’évertuent à narrer des histoires sur les réseaux sociaux et autres forums de discussion internet ont-il oublié de se renseigner suffisamment sur la nature du prétendu groupe de trente cinq tireurs d’élite parti de Kinshasa pour semble-t-il renforcer la sécurité du Colonel. Un raisonnement que même les bêtes sauvages se seraient abstenus d’avancer, d’autant plus qu’aucune tactique militaire ne prévoit l’ajout des effectifs en pleine opération. Ce qui serait possible, au cas où il était décidé le remplacement du bataillon dans toute son entièreté. Et même si, ajout pourrait y avoir, ce n’est pas à la disposition d’un commandant de bataillon que ces hommes devaient être affectés.
    Et où étaient passés le Chef d’Etat-Major Général, le Chef d’Etat-Major des forces terrestres, le commandant région et le commandant zone opérationnels pour que le Président de la République, Joseph Kabila se permettre d’affecter des troupes à un bataillon en pleine opérations ? Surtout que ces journalistes se permettent même de nier la nature et les auteurs de l’attaque qui a causé la mort de cet autre Soldat du peuple. Leurs arguments n’ont rien à voir avec le souci primordial poursuivi par le métier de journaliste qui n’est rien d’autre que d’informer. Ils tentent plutôt de désorienter l’attention, causer la zizanie dans l’opinion et laisser libre champ aux ennemis de la paix, de la cohésion nationale et du développement de la Rdc.
    C’est ainsi que toute analyse attentive sur la mort tragique du Colonel Mamadou Ndala et sur tous les commentaires qui l’entourent portent à convaincre que « de la forme grammaticale et symétrique des argumentaires, avancés par les uns et les autres, dépendent la franchise de leurs hauteurs et la véracité de leurs contenus ».
    Jean-Luc MUSHI-MPAKU
  • Le « Pasteur » Mukungubila, sa lettre et le 11 septembre 2008 à la congolaise

    Le « Pasteur » Mukungubila, sa lettre et le 11 septembre 2008 à la congolaise

    MukungubilaMachiavel dans « Le Prince », au sujet de la religion, conseille aux monarques, c’est-à-dire aux  hommes de pouvoir, ceux qui en détiennent l’imperium, de ne ni négliger, ni s’en prendre à une quelconque religion ou à son gourou qui influence la masse et l’opinion. Même si elle ou il pouvait devenir menaçant pour le régime. Sa religion (y compris ses adeptes) et lui-même peuvent servir, d’une manière ou d’une autre, le pouvoir en se rapprochant de lui.

    En fait, c’est un peu ce qui arrive avec le fameux pasteur Mukungubila qui, avec sa lettre dont le contenu reprend malicieusement, en jouant le rôle d’appât, d’hameçon lancé pour attraper et fidéliser quelques victimes égarées et droguées à l’opium fort, la mélodie que des Congolais entonnent et aiment entendre ce temps dernier, telle que « “Joseph Kabila” n’est pas de la fratrie de Laurent Désiré Kabila ».

    Ah ces pauvres congolais, il suffit de leur casser dans le sens du poil, répéter comme un perroquet et sans convictions, ce qui leur caresse les oreilles pour se mettre à accepter l’inacceptable, une autre expression congolaise qui est passée à la mode. Les voilà tous danser et louer le pasteur Mukungubila. On peut comprendre ces peuples dont la quête d’un leadership  les poussent dans les bars de qui que ce soit et voire du plus clinquant.

    Il ne manquait que ce mélange de cocktails : de l’opium et de son pasteur,  qui se fait en plus designer sous le nom de prophète,  et je me suis toujours demandé comment ils le deviennent en l’espace d’un temps court, pour d’abord envoyer quelques enfants congolais à la mort, et ce  en les instrumentalisant et ensuite faire croire aux autres brebis galeuses que ce qui s’est passé à la voix du Zaïre porte le cachet de la vraisemblance.

    Il n’avait pas tort celui qui a dit que le peuple possédait une mémoire courte. Le pasteur Mukungubila fait revenir à l’esprit un autre homme, d’un passé recent de notre histoire, et qui aimait trop le dire en swahili « mutoto wa mama ». Tiens, il serait moins hasardeux la ressemblance de Mukungubila à jean Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond. Le défunt Maréchal Mobutu, qui le connaissait,  disait de lui que cet homme était un fieffé menteur. On ne pouvait le croire en Mobutu, à l’époque  parce que les deux se trouvaient dans le même camp, celui du MPR. Mais on a fini par donner raison à Mobutu lorsque Jean de Dieu, l’homme de « bilulu », a rejoint l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (USORAL).

    Dans les meetings de l’Opposition et en privé, Nguz-A-Karl-I-Bond, pour séduire les militants de l’opposition et se faire accepter par eux, il surnomma en insultant Mobutu du nom de « Yowani Mutenbenzi », le petit bonhomme sur la marque de la bouteille de whisky Johnny Walker. Il apparaissait ainsi comme un grand « opposant »  à Mobutu alors que Nguz fut un agent de Mobutu, et comme tant d’autres, infiltrait dans l’opposition. On en connait tant d’autres et non des moindres. Les propos de Jean de Dieu Nguz-A-Karl-I-Bond ont un goût de miel à l’instar de la Bible et de la lettre de notre pasteur Mukungubila.

    Joseph Goebbels, le ministre de la propagande d’Hitler, séduit par le paradoxe de sa citation que « plus le mensonge est gros, et plus les gens y croient ».

    Il a manqué juste de la destruction de l’immeuble abritant la RTNC, le siège de la radiotélévision nationale au Congo, pour que la ressemblance soit totale et parfaite avec la destruction de « Twin Towers » à New York et lui conférer le statut du 11 septembre 2008  New Yorkais, lorsque  Dick Cheney, Rumsfeld et autres, les Bush et Condoleezza Rice se sont mises en vedette.  Le vocable utilisé par notre cher ami Lambert Mande en est éloquent. Mende ose parler de terroristes. Il n’a suffi qu’à les baptiser du nom d’Al-Qaïda pour compléter son tableau. La question du nombre de morts que les thuriféraires du régime et d’autres  moutons Panurges font référence exprime le machiavélisme de leurs auteurs. Un message qui prépare le nettoyage interne à suivre et dans la classe politique et dans la société civile. Sûrement un règlement de compte à l’intérieur et les jours à venir le dira. On terrorise le peuple pour asseoir la fermeté du pouvoir et s’octroyer la liberté  aux crimes et ce sous la couverture de ses parrains.

    La RDC vient de connaitre son 11 septembre sauf qu’il ne bénéficiera pas de 3 minutes de silence pour les « bandimi »  que la cupidité du pasteur a sacrifié pour donner l’impression et crédibiliser le scenario.

    Congolais, ne soyons pas dupes…..

     

    Mufoncol Tshiyoyo

    GSM 004745007236, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com

    Président du R.A.P.-Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC,

    Mouvement politico-militaire

     

  • Chaude alerte à Kinshasa : trois attaques en des points stratégiques font 40 morts

    Chaude alerte à Kinshasa : trois attaques en des points stratégiques font 40 morts

    DRCONGO-UNREST-« Plus de peur que de mal », ainsi que l’écrivait, un peu vite, un quotidien de Kinshasa, ou un sérieux avertissement au chef de l’Etat qui a du différer son retour de Lubumbashi, son avion n’ayant pu atterrir dans la capitale ?
    Lundi matin, Kinshasa s’est à nouveau réveillée dans la peur, secouée par des coups de feu éclatant dans trois endroits différents, le siège de la RTNC (radio télévision nationale), l’aéroport de N’Djili et le siège de l’état major général.
    En ces trois lieux, les affrontements ont été brefs, spectaculaires et violents. Vers 8 heures du matin, un groupe d’hommes en civil, armés de machettes et d’armes à feu, se sont introduits dans les studios de la RTNC. Alors qu’ils se glissaient derrière deux jeunes présentateurs, l’antenne fut coupée avant que les assaillants aient pu délivrer leur message. Les inconnus, qui brandissaient des machettes, ont occupé les lieux jusqu’à l’intervention de la police nationale. Au même moment, le quartier général de l’armée était attaqué à son tour ainsi que l’aéroport international de N’Djili, où les avions furent cloués au sol durant plusieurs heures.
    Prise de panique, la population reflua en hâte vers les quartiers périphériques tandis que la police et l’armée se déployaient dans le quartier administratif de la Gombe, siège des principales institutions.
    En fin de matinée, le ministre de l’ Information Lambert Mende déclara que les forces de l’ordre avaient repris le contrôle de la situation, précisant que les affrontements avaient fait une quarantaine de morts, 16 à l’aéroport, huit au siège de la RTNC, et 16 à l’état major général. Pour lui, cet assaut avait pour objectif premier « de terroriser la population à la veille de la nouvelle année, de semer la panique et la terreur. »
    Les assaillants se seraient présentés comme des partisans du chef religieux Paul Joseph Mukungubila, qui s’était présenté aux élections présidentielles au Katanga et qui a installé à Kinshasa le siège de son église évangélique, le « ministère de la restauration ».
    Le message que les assaillants auraient souhaité lire faisait allusion à ce pasteur qui avait vivement critiqué la position du gouvernement face aux rebelles du M23, accusant le pouvoir d’avoir signé un accord de paix avec les mutins et capitulé devant les Rwandais. Ce qui n’est précisément pas le cas parce que Kinshasa, se reposant sur sa victoire militaire, n’a signé aucun accord avec les rebelles défaits. Ces derniers se sont repliés en Ouganda où, selon certaines sources, ils auraient repris du service à l’occasion des récentes attaques dans la région de Beni.
    A la mi journée, une autre attaque était signalée à Kindu dans la province du Maniéma où un groupe de Mai Mai, des combattants traditionnels, a pris d’assaut une base militaire proche de l’aéroport, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Ces combattants, dirigés par un certain Caesar qui fut tué lors de l’assaut, se réclamaient eux aussi du pasteur Mukulungubila. A Lubumbashi, des tirs ont éclaté autour de la résidence du religieux, tenu pour responsable des évènements de Kinshasa.
    A l’analyse, même si ce dernier ne cachait pas son hostilité à l’encontre du pouvoir, il paraît douteux qu’il ait pu organiser une attaque simultanée en trois points stratégiques de la capitale, ce qui suppose des hommes, de l’argent et des complicités au plus haut niveau des services de sécurité.
    L’origine de ces troubles serait plutôt à rechercher dans le camp des mécontents, grossi par plusieurs décisions récentes du chef de l’Etat : le week end dernier en effet, le général Charles Bisengimana, un Tutsi congolais Munyamulenge a été confirmé à la tête de la police nationale, un poste qu’il occupait par interim depuis la suspension du général John Numbi, accusé d’avoir été impliqué dans l ‘assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya. Le général Raus Chalwe, un fidèle du régime a été déplacé de son poste dans le Bas Congo pour devenir l’adjoint de Bisengimana tandis que le général Charles Kamanya, apprécié pour sa lutte contre la criminalité, a été nommé chef de la police pour Kinshasa. Ces nominations de personnalités de confiance, connues pour leur efficacité, ont suscité des mécontentements dans les rangs « katangais » où on attend toujours que soit choisi un Premier Ministre qui remplacerait l’actuel Matata Mponyo, toujours en affaires courantes…

    Colette Braeckman

  • L’affaire J.B. Mpiana ou le début du “génocide” culturel !

    L’affaire J.B. Mpiana ou le début du “génocide” culturel !

     jb-mpianaSabotage du spectacle de Bercy

     Le show-man Lita Bembo se retrouve dans l’évocation de l’expression ” attaquez le côté le plus pete pete !” qui ponctuait, dans l’orchestre Stukas, la partie animation de ses chansons. C’était une injonction visant l’ennemi dans son point faible. Les observateurs avisés s’en rendent bien compte par rapport au phénomène “combattants de la Diaspora” : le ventre mou ou le tendon d’Achille de la forteresse congolaise à l’étranger n’est pas dans les affaires, les sciences ou les sports. C’est la Culture véhiculé par les arts, précisément l’art musical. Le sabotage du spectacle de l’artiste-musicien Jean-Bedel Mpiana à Paris est justifié, laisse-t-on entendre, par l’engagement politique prêté à ce dernier pour avoir notamment composé une chanson en faveur du candidat n°3 Joseph Kabila Kabange. D’où l’étiquette Kabiliste qui lui est collée. Mais, les raisons de ce qui vire à la stigmatisation sont à trouver ailleurs. Simplement parce que JB Mpiana n’est pas le seul à l’avoir fait…

     

     

                Ils sont en réalité une trentaine, en majorité de la même génération, à avoir largement contribué à la campagne électorale du Raïs.  Par quoi alors s’explique le ciblage du meneur de Wenga Bcbg ?

                Qu’on se mette d’emblée d’accord sur ce point : un artiste n’est pas forcement apolitique. Les “combattants de la Diaspora” résidant en Occident savent qu’ils sont nombreux, les artistes américains et européens à s’afficher politiquement. Pendant les campagnes électorales, ils prennent ouvertement position pour leurs candidats. Et, généralement, les victoires électorales sont célébrées publiquement avec leur concours. Dirigeants et militants vainqueurs fêtent avec leurs musiciens préférés, ce qui n’indispose pas pour autant les fans, des mêmes musiciens, proches ou non des dirigeants et militants vaincus.

                En démocratie, le respect du choix politique de l’autre, adversaire soit-il, est sacré. Le contraire institue la pensée unique qui pousse ou mène à la pensée inique.

                Pour s’imprégner du jeu démocratique, la communauté congolaise demeurée au pays s’inspire des faits et gestes de sa Diaspora, surtout celle qui vit au quotidien les exigences de la démocratie. Sont particulièrement concernées la Diaspora congolaise d’Amérique (Etats-Unis, Canada), la Diaspora congolaise d’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, France, Benelux, Allemagne, etc.),  la Diaspora congolaise d’Afrique ( Rsa, Botswana…), la Diaspora congolaise d’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande etc.) et la Diaspora congolaise d’Asie (Japon, Corée du Sud, Singapour, Israël…).

                Dans ces pays, cités à titre illustratif et non énumératif, on ne persécute pas le créateur intellectuel (artiste ou écrivain) pour ses opinions politiques, à moins pour l’intéressé de faire l’apologie des idéologies fascistes.

                La dictature mobutienne avait ses travers, mais jamais les “Zaïrois de la Diaspora” ne s’en prenaient aux  musiciens mobutistes de passage à Bruxelles, à Londres ou à Washington. A la limite, le désaveu s’exprimait par le refus d’assister à leurs spectacles.

     

    Génocide culturel

     

                Ce qui vient de se passer à Bercy, à Paris, autour du spectacle de J.B. Mpiana doit être considéré comme une menace contre toute la création intellectuelle, donc contre la culture. C’est la manifestation du pire des génocides qui soit sous les cieux : le génocide culturel.

                “Un peuple sans culture est un peuple sans âme“, dit-on. Aujourd’hui, c’est le musicien qui est ciblé; demain – si l’on n’y prend garde – ce sera le peintre, le poète, le sculpteur, le dramaturge, le professeur d’université, le ministre de Dieu…

                Au final, les “combattants de la Diaspora” commenceront à dicter au peintre, au poète, au sculpteur, au dramaturge, au professeur, au ministre de Dieu ce qu’il doit faire ou dire, et ce qu’il ne doit ni faire ni dire. Ce sera la robotisation de la société congolaise !

                C’est dur, terrible pour la RDC de vivre cette nouvelle formule de “Nuit de Cristal”.

                Aussi, plus que la classe politique, la Société civile congolaise a le devoir citoyen d’attirer l’attention de l’opinion sur les risques que l’on fait peser sur l’avenir de la musique congolaise, le premier des produits culturels d’exportation de la RDC.

                Sur le Net, un intellectuel congolais de la Diaspora fait aux musiciens congolais – dont JB Mpiana – le reproche de piéger l’art musical avec l’exhibitionnisme sexiste. Sur ce point-là, il a pleinement raison. C’est une dérive à combattre. Il devrait cependant commencer par condamner ses premiers promoteurs. Ceux qui avaient suscité le phénomène “sundama“.

                L’un d’eux, aujourd’hui “justicier parmi les combattants “, ne s’en est jamais repenti.    Entre-temps, on se devrait de le reconnaître : JB Mpiana a un répertoire non-politique qui fait la fierté de son pays. Il est l’un des rares artistes musiciens dont une oeuvre a été adoptée et interprétée par un grand orchestre cubain : Germano.

                On imagine alors l’effet que produit, à Cuba, le sabotage du spectacle d’un tel artiste à Paris. On imagine ce qu’en pensent la Diaspora africaine antillaise et les Africains pensent.           Il n’y a pas de quoi en être fier…

     

    Il est à craindre le retour au “Sundama”

     

                “A quelque chose malheur est bon“, dit-on. Il est établi que c’est à cause de l’absence d’une véritable industrie musicale (production phonographique, scénique et vidéographique) au pays que les artistes musiciens congolais sont obligés de “monter à Mikili”, à la différence de leurs collègues nigérians et sud-africains, mieux lotis.

                Or, dès l’instant où l’essentiel de la production musicale s’effectue sur place à Kinshasa et que les besoins sont inversés,   la pression sur les artistes se réduit d’elle-même. En attendant, et pour autant qu’ils soient conséquents avec eux-mêmes, les “combattants de la Diaspora ” devront plutôt boycotter et la diffusion et l’audition des chansons de tous les musiciens ayant participé à la campagne électorale du Raïs en 2011. Le résultat se devine : ils en reviendront au “Sundama”; et ce sera le début de la fin de l’emprise de la musique congolaise dans le monde.

                Les mélomanes se souviennent que ce genre musical avait failli ruiner, au propre comme au figuré, la musique zaïroise, pardon congolaise, si la génération Wenga n’avait pas apparu au milieu des années 1980 pour renforcer la génération Zaïko et assurer ainsi la relève de la génération OK Jazz-Afrisa talonnée, elle, par la génération Négro Succès-Maquisards-Continental.

                A qui alors profiterait le crime ? Aux “combattants de la Diaspora” d’y méditer…

    Omer Nsongo die Lema

  • RDC– M23 : Ce que les Congolais ont « quand-même » gagné

    RDC– M23 : Ce que les Congolais ont « quand-même » gagné

    Congolais_ont_gagne-Les « engagements de Nairobi » entre le gouvernement de la RDC et le M23 ont laissé un goût amer dans le pays, que résume la formule : « qui perd gagne ». La dignité, qu’un peuple humilié croyait retrouver dans le sacrifice de ses soldats, dépérit. Il y a pourtant quelque chose de « réconfortant » dont les Congolais n’auraient pas encore pris toute la mesure. En effet, les mystères des guerres à répétition sont maintenant levés. Les « agents de l’ombre », qui opéraient derrière les « combattants rwandais », ont enfin tombé les masques. En volant au secours du M23, les parrains occidentaux de Kampala et Kigali se sont placés en première ligne, et ne peuvent plus se dérober. Au prochain coup de feu dans le Kivu, le Congolais moyen sait maintenant sur qui porter tout de suite les regards.

     En effet, l’énergie avec laquelle l’Ouganda (Museveni), les Etats-Unis (Russ Feingold) et les Britanniques (Mary Robinson[1]) se sont employés à « sauver le M23 », a fini par révéler au grand jour que ces pays ont énormément investi dans les « combattants rwandais », et qu’ils sont à présent incapables de les laisser tomber. Même lorsque ces combattants avaient déguerpi du territoire congolais et que leur structure politique s’était disloquée.

    Jusqu’à présent, pour avoir une idée assez précise de l’implication des grandes puissances dans les guerres contre le Congo, il fallait mener des recherches et parcourir des ouvrages. Après l’acharnement des Américains et des Britanniques à sauver, à tout prix, le noyau dur du M23, même le Congolais de la rue découvre que derrière de sinistres individus comme Sultani Makenga se cachaient de respectables « grandes démocraties » occidentales. Elles essayent à présent de les mettre à l’abri de poursuites judiciaires[2],[3], le procès des personnages comme ceux-là risquant de prendre les allures du Procès de Nuremberg et éclabousser les grandes « icones de la démocratie[4] » et de la civilisation occidentale.

    Les coups de fils qui ont crevé l’abcès

    Tout est parti des coups de fil[5] passés par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et du ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, au Président rwandais Paul Kagamé le menaçant de sanctions financières s’il maintenait son soutien au M23. Les deux diplomates, par ce geste, venaient de crever, sur la place publique, la bulle des mensonges de Kigali, qui continuait de nier, les yeux dans les yeux, tout soutien au M23. On n’en pouvait plus de cette affligeante formule : « l’ONU et Kinshasa accusent le Rwanda de soutenir le M23, ce que le Rwanda nie ». Les temps changent

    L’« homme fort de Kigali », d’ordinaire arrogant dans ses réactions, s’est subitement replié sur lui-même et, depuis, s’enferme dans un silence de mort, au point d’avoir abandonné ses soldats aux abois, à la merci de l’offensive des FARDC et de la brigade d’intervention de la Monusco.

    C’est dire à quel point le régime de Kigali vit dans une dépendance désespérée, financière notamment, vis-à-vis de ses « maîtres » de Londres et Washington. Mais c’est aussi la preuve que sans l’appui de Londres et Washington, le Rwanda n’aurait jamais entrepris de tirer un seul coup de feu contre le Congo.

    Même panique du côté de Kampala où l’autre parrain du M23, Yoweri Museveni, a dû faire des pieds et des mains pour sauver ce qui reste de son image en s’accrochant, comme il a pu, sur le fauteuil de « médiateur international ». On lui sent une palpable fébrilité lorsque l’« homme des Britanniques », se retrouve à Paris, en France, au sommet sur la paix en Afrique. Il est encore plus fébrile lorsqu’il fait clôturer les pourparlers de Kampala à Nairobi à l’ombre des célébrations du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Kenya.

    Ainsi l’histoire retiendra que deux « petits pays » enclavés et dépourvus de ressources autonomes en quantité ont pu sauvagement martyriser des millions de Congolais, dix-sept ans durant, grâce à l’aide des Américains[6],[7] et des Britanniques[8] qui, un jour, décidèrent de passer deux coups de fil, et pas seulement. Les parrains iront directement s’impliquer pour liquider une aventure meurtrière (M23) qui commençait à échapper à tout contrôle[9].

    Les Américains, par Russ Feingold, et les Britanniques, par Mary Robinson, vont s’engager avec une insoupçonnable énergie, officiellement pour la paix, mais en réalité pour faire disparaître un allié devenant de plus en plus embarrassant[10]. Le flagrant aveu de complicité de longue date avec les individus qui agressent le Congo, massacrent des populations civiles, violent et pillent depuis deux décennies.

    Les masques tombent

    A Nairobi, les masques sont donc tombés devant la face du monde, et ça, au moins, c’est une victoire pour le peuple congolais, assommé depuis des années par des mensonges politico-médiatiques. Ça n’a jamais été « la révolte des Banyamulenge ». Ni la guerre pour protéger les « Tutsis congolais ». Le Rwanda de Kagamé n’a jamais été une puissance militaire que par la dissimulation des puissances occidentales derrière un « petit pays » pour mettre le Congo à genou. « Il n’y a jamais eu de rébellion », pour reprendre la formule de Keith Harmon Snow[11]. C’était des armées étrangères qui agressaient le Congo avec des appuis qui remontaient jusqu’à Londres et Washington.

    Ce fut, depuis le début, une guerre internationale contre le Congo pour mettre ses gisements miniers en coupe réglée, voire liquider une partie de sa population pour assurer l’implantation des populations rwando-ougandaises. Et deux « grandes démocraties », Washington et Londres, auront été associées au grand massacre qui coûta la vie à plus de six millions de Congolais.

    Personne ne sait vraiment si cette guerre est finie, mais, au moins, les Congolais ont maintenant pu démêler le vrai du faux et portent pour de bon un regard lucide sur les dessous des cartes. La prochaine fois qu’on entendra un coup de feu dans l’Est du Congo, il faudra que le gouvernement de Kinshasa vérifie l’efficacité de ses diplomates accrédités à Londres, Washington, New York, et, accessoirement, Bruxelles.

    Boniface MUSAVULI



    [1] Mary Robinson, ancienne Présidente de l’Irlande, est l’envoyée spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour la région des grands lacs. Ses prises de position répétées en faveur des membres du M23 fini par trahir son penchant pour les intérêts des régimes de Kampala et de Kigali, parrainés par Londres et Washington.

    [2] Pendant ce temps, à Kinshasa, un député national a été arrêté et envoyé à la Cour Pénale Internationale pour une affaire objectivement banale. Le « deux poids deux mesures  » dans toute sa splendeur… Le député Fidèle Babala, proche de Jean-Pierre Bemba (MLC) a été interpelé dimanche 24 novembre à son domicile, à 2h00 du matin. Il a été rapidement transféré à la CPI. L’élu congolais est suspecté d’avoir produit de faux témoignages dans l’affaire « Procureur contre Jean-Pierre Bemba  ».

    [3] Barack Obama a demandé que des poursuites judiciaires soient engagées contre les responsables du M23. Mais il doit s’agir d’une prise de position juste pour la forme. En effet, les victimes des mouvements ancêtres du M23, que sont le CNDP de Laurent Nkunda, le RCD et l’AFDL n’ont jamais obtenu justice, leurs bourreaux étant toujours protégés par l’Ouganda, le Rwanda et même la RDC.

    [4] Penser seulement que Paul Kagamé, parrain du M23, a pour conseillers de respectables personnalités comme Bill Clinton et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair (…).

    [6] L’aide des Etats-Unis et du Royaume-Uni à Paul Kagamé commence bien avant sa prise du pouvoir à Kigali. Au Congo, des forces spéciales américaines ont pris part aux combats aux côtés des troupes rwandaises durant la première guerre du Congo. Voir Patrick MBEKO, Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012, pp. 226 et svts.

    [7] Les Américains ont construit, depuis juillet 1994, une base sophistiquée de collecte de renseignements électromagnétiques (SIGINT) sur le Mont Karisimbi et une base militaire bien fournie dans le Bugesera. Le personnel militaire des États-Unis aurait été vu dans certains quartiers de Kigali entrain de former la police rwandaise et les contrôleurs du trafic aérien de la Force aérienne rwandaise. Des instructeurs US, israéliens et britanniques participent également à la formation de l’armée rwandaise et de la Garde présidentielle dans les bases militaires de Gako et Gabiro. La firme KBR (Kellogg Brown and Root) a construit les bases militaires de Ntendezi et Bugarama près de Cyangugu à la mi-1994. À l’époque, KBR était une filiale d’Haliburton et détenait le contrat LOGCAP (Logistics Civil Augmentation Program) du ministère américain de la Défense. Pour l’année 2009, le Rwanda a reçu plus de 20 millions de dollars d’équipements militaires des États-Unis. Voir Patrick MBEKO, op. cit. p. 230. Kagamé n’a pas pu intervenir autant de fois au Congo à l’insu du gouvernement américain.

    [8] Des commandos britanniques ont été signalés dans les rangs des maquisards du FPR durant la conquête du Rwanda, longtemps avant la prise de Kigali. Voir Pierre Péan, Carnages – Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Éditions Fayard, novembre 2010, p. 259 et svts.

    [9] L’affaire des 300 tonnes de munitions et d’armes lourdes découvertes début novembre, sur la colline de Chanzu, n’a pas encore révélé tous ses mystères. Selon le porte-parole des FARDC dans la province du Nord-Kivu, le colonel Olivier Hamuli, les munitions trouvées sur la colline de Chanzu pouvaient permettre au M23 de mener des opérations pendant plus de 10 ans. Les armes et munitions proviendraient de Russie et d’Ukraine, ce qui donnait à la guerre du M23 une dimension inattendue, leurs parrains étant plutôt des alliés des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Aussi, l’Est du Congo étant toujours sous embargo, en application des Résolutions 1493(2003) et 1533(2004) du Conseil de sécurité de l’ONU, le M23 n’a pas pu se procurer une quantité aussi impressionnante d’armes sans bénéficier des complicités au-delà des pays de la région.

    [10] En essayant tout de même de faire aboutir ses revendications. Le Congo va devoir réintégrer les combattants du M23 en application des engagements de Nairobi du 12 décembre dernier.

    [11] Pour Keith Harmon Snow, correspondant de guerre, cinéaste et professeur de journalisme américain, les combattants du M23 ne sont pas des « rebelles congolais » mais des soldats rwandais et ougandais.

    Avec Agora Vox

  • UN AN APRES LE XIVème SOMMET DE LA FRANCOPHONIE FRANCOIS HOLLANDE MODERE FACE A JOSEPH KABILA REVIGORE

    UN AN APRES LE XIVème SOMMET DE LA FRANCOPHONIE FRANCOIS HOLLANDE MODERE FACE A JOSEPH KABILA REVIGORE

    KAB ET HOLLande-Le sommet  de paix et de sécurité en Afrique ouvre ses travaux ce vendredi 6 décembre à l’Elysée en France. Organisé par le Chef de l’Etat français, ce premier sommet France-Afrique sous les rênes du socialiste François Hollande, unit  plusieurs Chefs d’Etat africains, dont le plus grand absent est  le Chef coutumier Jacob Zuma, Président de la République de Sud Afrique.

     

    Joseph Kabila, Chef de l’exécutif congolais, est l’un des invités  qui participent à cette réunion. Sans repu, et ce malgré la tournée par route de plus de 1000 km dans la partie orientale du territoire congolais, l’infatigable  congolais Kabila  a pris depuis jeudi 5 décembre 2013, son avion pour l’Hexagone. Un périple difficile à faire, car cela n’arrive tous les jours, dans le rang des Chefs d’Etat.

    Mais au regard de la tâche qui est la sienne, le Raïs a accepté de prendre le vol de plus de plus de 7000 Km  dans les airs, pour arriver en terre Française. Une manière pour le Président congolais de matérialiser le volet diplomatique,  l’une des trois options préconisées par lui pour  mettre non seulement fin à la crise armée qui sévit à l’est de son pays, mais aussi pour le retour totale de la paix afin d’amorcer la reconstruction et le développement de la RDC.

    Le sommet France-Afrique, qui sera présidé par le Président français François Hollande, est une occasion d’un deuxième tête-à-tête entre le  français François Hollande et le congolais Joseph Kabila Kabange. De nouvelles retrouvailles certes, après celles froides de Kinshasa, à l’occasion du XIVème sommet de l’OIF tenu en octobre 2012.

    Des observateurs s’accordent à soutenir que le Chef de l’exécutif  français ne sera pas en face d’un Kabila d’il y a un an. Une année après qu’il est à la tête de l’Etat français, François Hollande s’est fortement modéré et tempéré. Il doit certainement avoir appris à faire la différence entre la défense des intérêts de son pays et assigner au second plan, les sentiments et émotions personnels. Un comportement pas catholique pour un Chef d’Etat, soutiennent les observateurs. A Kinshasa, l’homme d’Etat français s’est plus comporté en opérateur économique, mécontent d’un marché mal conclu plutôt qu’en Chef d’Etat, sensé privilégier les rapports entre Etats, ajoutent les mêmes observateurs. C’est ce qui a loupé  en 2012 au Président français au regard de son comportement vis-à-vis du Raïs Kabila.

    En revanche, Joseph Kabila n’est pas resté le même non plus. Il doit se sentir fier dans sa casquette de Chef d’Etat, lorsqu’on sait qu’il vient d’être revigoré, remplumé, non seulement  par la victoire militaire historique enregistrée  par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) face aux rebelles du M23, qualifiés de forces négatives par la Communauté internationale, mais aussi il a le mérite d’avoir organisé les Concertations Nationales qui viennent ainsi d’ouvrir une ère nouvelle, celle de la cohésion nationale et de la gestion commune de la chose publique. Et dans ce contexte, le président congolais  est fier de se retrouver à Paris avec morale requinquée, pendant que la cote de popularité de son homologue François Hollande est en baisse, soutiennent les mêmes observateurs.

    APRES L’HIVER, C’EST LE PRINTEMPS

    Il vous souviendra que lors du sommet  de la Francophonie tenu à Kinshasa, il a été décidé que cette organisation aiderait la RDC de Kabila à recouvrer  la paix et l’intégrité de son territoire, rappellent bon nombre d’analystes politiques. La France, l’un des membres de cette organisation, n’est pas resté indifférente, dans la recherche des solutions de fin de la guerre.  Eu égard aux avancées faites par la RDC, sous l’impulsion de Joseph Kabila, les relations entre la France et la  République Démocratique du Congo ne doivent  pas restées statiques. Et au niveau de deux hommes Etats, une nouvelle lecture doit être faite, qu’il s’agisse des relations franco-congolaises au niveau des relations entre les deux  Chefs d’Etat. Autrement, Hollande ne doit plus regarder Kabila en frère ennemi. Après l’hiver, c’est le printemps, dit-on.

    Giscard Havril– Congo virtuel

  • Nelson Mandela: les grandes lignes de sa vie

    Nelson Mandela: les grandes lignes de sa vie

    Madiba Nelson«Notre bien aimé Nelson Mandela, le fondateur de notre République, est parti», a déclaré jeudi 5 décembre 2013 le président sud-africain Jacob Zuma, à la télévision publique SABC.

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    «Notre peuple a perdu son père, a ajouté le président sud-africain. Nous avons une dette de gratitude à la famille Mandela qui a tellement sacrifié pour que notre peuple soit libre».
    Nelson était hospitalisé dans un état critique.
    Il y a plusieurs mois, les médecins avaient averti le président Jacob Zuma que la santé de M. Mandela s’était aggravée.

    M. Zuma avait rendu visite à M. Mandela à l’hôpital de Pretoria, où l’ancien président sud-africain était en cours de traitement.

    Les médecins  ont fait tout leur possible pour sauver M. Mandela, se référant à M. Mandela par son nom de clan, « Madiba ».

    C’était l’une de plusieurs hospitalisations de l’ancien héros de la lutte anti-apartheid pour des infections pulmonaires depuis décembre dernier. M. Mandela avait des antécédents pulmonaires datant de la tuberculose qu’il avait contractée pendant son emprisonnement de 27 ans sous le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. En décembre 2012, une autre infection pulmonaire, assortie de calculs biliaires, avait entrainé son hospitalisation pendant trois semaines, mais il s’était rétabli et avait pu rentrer chez lui.
    Cette fois-ci, malgré toutes les prières des Sud-Africains, le Prix Nobel de la Paix a succombé.

    Les grandes lignes de la vie de Nelson Mandela
    Voici un regard sur la vie de Nelson Mandela, lauréat du prix Nobel de la Paix et ancien président de l’Afrique du Sud.

    Date et lieu de naissance: 18 juillet, 1918 à Mvezo, Transkei, en Afrique du Sud.

    Certificat de naissance : Rolihlahla Mandela Dalibhunga, fils de Gadla Henry Mphakanyiswa, un conseiller de la maison royale de la tribu Thembu et de Mme Nosekeni Fanny Mandela

    Mariages: Graca (Machel) Mandela (18 Juillet 1998 – présent); « Winnie » (Madikizela) Mandela (1958 – 1996, divorce); Evelyn (Ntoko) Mandela (1944 – 1958 divorce)

    Education: Université d’Afrique du Sud, diplôme en droit, 1942

    Congrès national africain (ANC) :  Rejoint le Congrès national africain  en 1944 et devient président de l’ANC Youth League, la Ligue jeunesse de l’ANC, en 1951.

    Carrière professionnelle:

    1952 : Ouvre le premier cabinet d’avocats noirs en Afrique du Sud avec son ami Oliver Tambo, tout en dirigeant la campagne de l’ANC pour le mépris des lois injustes, un programme de résistance de masse non-violente. Il est accusé cette année-là d’avoir violé la loi de répression du communisme.
    1956 : Mandela est parmi les 156 chefs de la résistance au régime d’apartheid arrêtés et il est inculpé de haute trahison.

    1960 : Evènements de Sharpeville, lorsque la police sud-africaine ouvre le feu sur les manifestants contestant les lois d’apartheid. Le bilan sera d’au moins 69 morts  et le gouvernement imposera l’état d’urgence. Mandela est par la suite arrêté, et l’ANC interdit.

    1961 : Mandela et tous ses co-accusés, inculpés de trahison, sont reconnus non-coupables. Il se lance à fond dans la lutte armée contre l’apartheid , « Umkhonto we Sizwe » (Lance des Nations) , se déplaçant en Afrique et en Europe pour étudier la guérilla.

    1962 : Mandela  est arrêté pour incitation à la grève, et pour avoir quitté le pays sans documents valides.  En novembre, il est condamné à cinq ans de travaux forcés.

    1963 : Mandela est condamné à la prison à perpétuité pour quatre chefs d’accusation de sabotage. Egalement reconnus coupables et condamnés : ses collaborateurs  Walter Sisulu, Ahmed Kathrada, Govan Mbeki, Denis Goldberg et plusieurs autres personnes.

    1980 : Le journal Johannesburg Sunday Post fait campagne en faveur de la remise en liberté de Mandela.

    1982 : Après 18 ans sur l’île de Robben,  Mandela est transféré à la prison de Pollsmoor.

    1988 : Mandela est transféré à la prison Victor Verster.

    1989 : Mandela rencontre le président P.W. Botha. Ce dernier démissionne en tant que président et chef du Parti National. Il est remplacé par Frederick de Klerk, qui entame le processus de démantèlement de l’apartheid. En décembre,  Mandela et de Klerk se rencontrent pour la première fois.

    11 février 1990 : Nelson Mandela est libéré de prison après plus de 27 ans de détention et entame une tournée à travers le monde au cours de laquelle  il rencontre le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, le Congrès des Etats-Unis et le président George H. W. Bush.

    1991 : Mandela est élu président de l’ANC.

    1993 : Mandela et De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix.

    1994 : Mandela est élu le premier président noir d’Afrique du Sud à l’occasion de la première élection libre de l’histoire du pays.

    1999 : Mandela quitte ses fonctions et crée la Fondation Nelson Mandela.

    8 juin 2013 : Mandela est admis à l’hôpital avec une infection pulmonaire récurrente.

    5 décembre 2013 : Mandela décède.

    Avec  VOA

  • Joseph Kabila incertain-Sommet de Paris

    Joseph Kabila incertain-Sommet de Paris

    Écrit par DMK   
     
    kabila-Le président congolais qui garde un souvenir amer de la visite de François Hollande à Kinshasa en 2012 pourrait brandir sa tournée actuelle à l’Est du pays pour décliner l’invitation de l’Elysée et prendre ainsi sa revanche

    A l’initiative des autorités françaises, plusieurs  chefs d’Etat et de Gouvernement africains  sont conviés au sommet sur la sécurité en Afrique prévu du 6 au 7 décembre 2013 à Paris et que François Hollande aura l’honneur de présider.

    Mais, à quelques heures de l’ouverture de ces importantes assises, l’incertitude plane sur la participation de Joseph Kabila à ces travaux. Pourtant, une invitation destinée au président congolais a été bel et bien déposée à Kinshasa par Mme Yamina Benguigui, Ministre déléguée à la Francophonie auprès du Ministre français des Affaires Etrangères et représentante personnelle du Président François Hollande, lors de sa  dernière visite dans la capitale congolaise au mois de novembre de l’année en cours .

    Occupé à parcourir par route l’Est du pays depuis bientôt deus semaines pour rétablir  l’autorité de l’Etat dans cette région trouble après la mise en déroute des rebelles du M 23 par l’Armée congolaise,  Joseph Kabila ne semble pas

    pressé d’interrompre cette longue tournée pour répondre à l’invitation de François Hollande.

    Pour preuve, après  avoir parcouru les routes difficiles de  la Province Orientale et  du Nord-Kivu au volant de sa puissante jeep, Joseph Kabila qui en profite pour se faire applaudir le long du parcours, poursuit maintenant cette tournée au Sud-Kivu.

    Après s’être signalés lundi à Minova, Kabila et sa suite étaient attendus hier mardi à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu où la mobilisation était aux couleurs de campagne, à en croire des témoignages des sources locales.

    Et après Bukavu, il n’est pas exclu qu’il poursuive son ” safari auto ” dans le Sud-Kivu profond jusqu’à mettre  pied dans sa province du Maniema, bien loin des solennités et discours du sommet qui s’ouvre ce vendredi à Paris.

    De l’avis de certains observateurs, le prétexte est bien trouvé par le numéro 1 congolais pour éviter la main tendue de François Hollande et prendre ainsi sa revanche sur ce dernier.

    Ainsi, pour un problème d’incompatibilité d’humeurs entre les deux hommes, il est possible que la RDC ne soit représentée aux assises de Paris que par son ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda, alors que la plupart de pays invités (à l’exception de l’Angola dont le président devenu malade est actuellement aux soins en Espagne et de la République sud-africaine qui a dépêché  sa ministre  Maite Nkoana Mashabane venue à Goma le dimanche 1er décembre, avant l’étape de Paris, remettre  un message spécial de son pays à  Joseph Kabila ) seront représentés au plus haut niveau à ces assises.

    Toutefois, d’autres sources continuent à affirmer que le Président congolais fera le déplacement de la ville lumière avant l’ouverture de cette importante rencontre sur la sécurité en Afrique.

    La vérité sera en tout cas connue ce vendredi. L’euphorie de la victoire militaire sur les rebelles du M 23 ne doit pas faire oublier aux autorités de Kinshasa que cet exploit n’a été possible qu’avec l’appui de la communauté internationale.

    Dans un tel contexte, Kabila et son entourage Kinshasa ont tort de minimiser, de quelque manière que ce soit, le rôle joué par la France en Afrique sur le plan géostratégique.

    Les récentes interventions militaires de l’Hexagone en Libye (en 2011), en Côte d’Ivoire (en 2011), au Mali (en 2013) et celle qui est en cours en Centrafrique pour contribuer à la restauration de la paix dans ces pays sont autant de preuves qui poussent au respect et à la considération.

    Pour rappel, l’enjeu du sommet qui s’ouvre ce vendredi à Paris pour se clôturer samedi porte sur la sécurité en Afrique.  Voilà qui tombe bien, quand on sait  que plus de 4000 soldats français sont actuellement pré-positionnés sur différentes bases d’Afrique (Djibouti, Gabon, Sénégal, Tchad et Côte d’Ivoire), prêts à intervenir en cas d’urgence et de besoin, pour décourager les terroristes et groupes armés qui sèment la mort et la désolation sur le continent.
    Avec La Tempette des Tropiques

  • Doublement choqué: Le Mlc a besoin d’une profonde introspection

    Doublement choqué: Le Mlc a besoin d’une profonde introspection

    MLC logo-La nuit du 23 au 24 novembre 2013 a sérieusement entamé le moral des militants du Mlc. Un événement douloureux et un autre malheureux se sont produits autour de minuit : l’assassinat de Lajos Bidiu Nkebi Nkebila et l’arrestation de Fidèle Babala Wandu, les deux à leurs domiciles respectifs. Député honoraire de la législature 2006-2011, le premier était le président fédéral du Mlc au Bas-Congo. Député en fonction, Fidèle Babala est le secrétaire général-adjoint du même parti. Le dimanche 24 novembre, le secrétaire général Thomas Luhaka a publié un communiqué dont le contenu suscite tellement d’interrogations que le conseil à prodiguer aux Bembistes est celui de se livrer à une introspection profonde. Et pour cause…

    On ne sait pas trop pourquoi le Mlc – qui célèbre pourtant son anniversaire le 30 octobre puisqu’étant créé le 30 octobre 1998, a choisi le week-end du 23 au 24 novembre 2013 pour commémorer ses 15 ans d’existence; la date du 24 novembre étant celle du coup d’Etat de 1965 ayant porté Mobutu au pouvoir.

    Qu’à cela cependant ne tienne !

    En relevant dans son communiqué le fait que l’assassinat de Lajos Bidiu est le troisième à survenir dans la ville de Kinshasa après ceux de Botheti et de Marius Gangale, le Mlc a bien raison de s’interroger “sur la finalité” de ces crimes “ qui viseraient l’intimidation de ses cadres et militants“. Car, non seulement qu’il est le seul parti congolais à connaître pareille succession de morts brutales, mais surtout – et c’est-là le contraste – il est l’un des rares à ne déranger ni la Majorité, ni l’Opposition au cours de ces trois ou quatre dernières années. Ce qui laisse planer un “mystère” qu’il faut absolument élucider au travers d’une introspection profonde.

    Il est vrai que, selon son communiqué, “ le MLC espère que les auteurs de ce crime seront arrêtés, poursuivis et condamnés ; ce qui n’a pas été le cas avec les deux précédents assassinats” et que, “Au-delà de ces faits, le MLC souligne l’incapacité du gouvernement de la république d’assurer la sécurité des citoyens“.

    Mais, avant d’en venir au risque de remise en cause du “pacte républicain” et, comme il le faire observer, de “conduire certaines personnes à adopter des positions radicales“, la sagesse devrait amener Thomas Luhaka et ses compagnons à s’interpeller.

    Sans être dans les secrets des dieux, il est de notoriété publique que trop de choses se disent sur Jean-Pierre Bemba dernier conseiller financier du maréchal, Jean-Pierre Bemba président du Mlc. Le lien entre tous ces cas, et peut-être bien d’autres, serait l’argent.

    Le Mlc devrait aider le gouvernement à l’aider à se sécuriser si jamais il existait une sorte de “contrat” dont il aurait connaissance.

    La conclusion se devine

    Dans le même communiqué, le secrétaire général du parti signale l’arrestation de “quatre compatriotes proches du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo ont été arrêtés à la suite des mandats d’arrêts émis par la CPI“. Il est précisé qu’il s’agit de “Me Aimé Kilolo, avocat-conseil du sénateur Jean-Pierre Bemba devant la CPI, Jean-Jacques Kabongo, assistant de Me Kilolo, Narcisse Arido et de l’Honorable Fidèle Babala, député national et secrétaire général adjoint du MLC, arrêtés respectivement en Belgique, en Hollande, en France et en RDC“.

    Naturellement, le Mlc s’appesantit sur le cas de Fidèle Babala. Il estime que “les conditions d’arrestation de l’Honorable Babala, réalisées au mépris de la procédure interne et en violation des exigences des Statuts de Rome“. Le Mlc déplore “ l’empressement avec lequel les autorités de la république ont exécuté le mandat de la CPI” et constate que ” Cet empressement contraste avec la protection dont certains compatriotes, recherchés par la CPI, ont bénéficié de la part du gouvernement congolais“.

    Bien entendu, le parti “ s’étonne, par ailleurs, que cette arrestation intervienne au lendemain des Concertations nationales qui avaient pour objectif la recherche de la cohésion nationale“. La conclusion se devine : le Mlc “se réserve le droit de tirer toutes les conséquences qu’impose la gravité de la situation“.

    Gérer cette grosse épine plantée dans ses pieds

    L’observation que requiert le contenu de ce communiqué est que le parti ne fait nullement allusion aux motifs évoqués par la Cpi. C’est une attitude qui se conçoit et se comprend en communication politique; devoir de solidarité oblige.

    Mais, ce devoir, il faut d’emblée le préciser, ne résiste pas devant les motifs évoqués.

    Pour rappel, la Cour pénale internationale évoque le fait que ” Le juge unique a considéré qu’il y a des motifs raisonnables de croire que les personnes susmentionnées ont engagé leur responsabilité pénale en commettant des atteintes à l’administration de la justice (article 70 du Statut de Rome), consistant en la subornation de témoins devant la CPI et en la production d’éléments de preuve faux ou falsifiés en connaissance de cause. Les suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire concernant M. Bemba“.

    Ces atteintes – croisons les doigts qu’elles ne soient pas avérées – sont d’une extrême gravité. Elles sont de nature à affecter la crédibilité internationale et nationale du Mlc. La production d’éléments de preuve faux ou falsifiés, la corruption et les faux témoignages sont des pratiques qui ne sont pas dignes des personnalités publiques, de surcroît politiques.

    Quelle est alors l’attitude raisonnable que le parti devrait adopter pour gérer cette grosse épine plantée dans ses pieds ?

    Ce n’est pas la menace qu’il veut exercer sur les acquis des Concertations nationales d’autant plus que les conditions d’arrestation ne sont pas plus importantes que les délits portés à charge du député national Fidèle Babala. Paul Madidi, en charge de la Communication de la Cpi en RDC,  a estimé que « C’est une procédure normale“, avant d’ajouter qu’”Il est tout à fait possible d’interpeller quelqu’un chez lui dans la nuit s’il n’a pas été possible de le faire avant ». Au demeurant, le Bureau de la Procureure de la Cpi à La Haye a abondé dans le même sens.

    Il en va de sa survie…

    La voie de la sagesse que le Mlc se doit d’emprunter est celle de s’en tenir justement aux recommandations des Concertations nationales. Dans son discours du 23 octobre 2013, le Chef de l’Etat a été suffisamment clair en déclarant, citation : ” Quant aux compatriotes détenus à la Cour Pénale Internationale, ainsi que devant d’autres juridictions à travers le monde, au nom de la réconciliation nationale et du droit des citoyens à la protection consulaire, je charge le gouvernement de faire le suivi de leurs dossiers“.         Fin de citation.

    En d’autres termes, le Mlc a tout à gagner en accompagnant le gouvernement dans le suivi des dossiers de Jean-Pierre Bemba, Fidèle Babala, Aimé Kilolo Musamba, Jean-Jacques Mangenda Kabongo et Narcisse Arido. Il a par contre tout à perdre à suivre les agitateurs de l’Opposition, loquaces quand il faut dénoncer, davantage loquaces quand il faut entretenir le moral de l’opinion, mais dramatiquement “arides” lorsqu’il est question d’affronter sur son terrain la Cpi.

    Le Mlc a besoin d’une profonde introspection.

    Il en va de sa survie.

    Omer Nsongo die Lema