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  • LA SURPRENANTE VICTOIRE DE L’ARMÉE DU CONGO-KINSHASA

    LA SURPRENANTE VICTOIRE DE L’ARMÉE DU CONGO-KINSHASA

    soldats8-D’ordinaire, la République Démocratique du Congo (RDC) n’a pas bonne presse. Pouvoir défaillant, administration
    Notre consultant militaire, Jean-Louis Dufour, est un ancien officier supérieur de l’armée française. Il a servi en qualité d’attaché militaire au Liban, commandé le 1er Régiment d’infanterie de marine et le bataillon français de la Finul. Chargé du suivi de la situation internationale à l’état-major des Armées (EMA-Paris), il s’est ensuite spécialisé dans l’étude des crises et des conflits armés. Ancien rédacteur en chef de la revue «Défense», professeur dans nombre d’universités et instituts francophones, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels «La guerre au 20ème siècle» (Hachette, 2003), «La guerre, la ville et le soldat» (Odile Jacob, 2006), «Un siècle de crises internationales» (André Versaille, 2009)corrompue, infrastructures en déshérence, ce pays a bien du mal à gérer ses 65 millions d’habitants.

    Ceux-ci, dispersés sur un territoire grand comme l’Europe, n’ont jamais connu une élémentaire sécurité. L’armée constitue un ensemble hétéroclite, sans discipline, privé d’un encadrement digne de ce nom, dont les personnels, rarement payés, vivent du pillage de leurs concitoyens qu’ils rançonnent et brutalisent, quand ils ne les massacrent pas.

    La RDC est riche. Son sous-sol recèle en abondance des minerais très divers, certains fort rares. Qualifié de «scandale géologique», l’ex-Zaïre était l’objet, au temps de la guerre froide, de l’attention des Occidentaux. Ceux-ci avaient besoin de ce pays pour en importer, ou être sûr de pouvoir le faire, les ressources minérales requises par leurs industries de défense.

    L’URSS, seul pays à rivaliser avec le Zaïre pour l’intérêt de son sous-sol, n’entendait pas vendre aux «capitalistes» des minerais d’intérêt stratégique. Aujourd’hui, la Russie s’est ouverte au commerce, l’Occident n’a plus besoin de la RDC, trop désorganisée, au demeurant, pour honorer d’éventuels contrats. Or, récemment, une chose a changé. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, l’armée de la RDC et les Casques bleus de la MONUC(1) ont chassé les rebelles du M23(2) des positions qu’ils tenaient encore dans les montagnes du Nord-Kivu, au nord-est du pays. Ces hommes ont fuit vers le Rwanda et l’Ouganda; le 5 novembre, le M23 annonçait sa dissolution. Pareille issue est tellement inattendue qu’il n’est pas superflu d’essayer de l’expliquer.

    En dix jours, le M23 s’est débandé. Pour la première fois depuis 1997, le Rwanda n’est plus militairement présent en RDC et Kinshasa s’enorgueillit d’avoir défait une force rebelle bien armée. Les habitants ont vite édifié des arcs de triomphe pour célébrer le succès d’une armée qu’ils avaient plus souvent méprisée que louée.

    La première raison de ce succès est l’arrêt annoncé de l’activisme rwandais en RDC. Kigali y soutenait des bandes pour sauvegarder ses intérêts, successivement l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, de 1996 à 1998, puis le Rassemblement congolais pour la démocratie de 1998 à 2003, suivi par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de 2004 à 2009, le M23, enfin, depuis 19 mois. Kigali, toutefois, très critiqué par Washington pour ses ingérences, a choisi d’abandonner le M23.

    Le Rwanda n’en avait d’ailleurs plus besoin. Ses opposants émigrés en RDC, et qui formaient les «Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda» (FDLR), constituées d’anciens acteurs Carte de localisation du Nord-Kivu, où le gouvernement annonce une «victoire totale» sur la rébellion du M23du génocide de 1994, avaient perdu 60% de leurs effectifs. Les rapports des FDLR avec le M23 s’étaient aigris. Aussi, le 25 octobre, quand l’armée de la RDC a lancé son offensive, le président rwandais Paul Kagamé, chapitré au téléphone par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, a ordonné de ne plus soutenir le M23(3).

    Abandonné en rase campagne, le Mouvement a jeté le gant. Deux autres facteurs ont également joué. Le M23 a été battu par une armée congolaise devenue combative grâce au président de la RDC Joseph Kabila. Celui-ci a chassé de l’armée les principaux criminels, renvoyé des dizaines d’officiers supérieurs installés à la tête de fiefs qu’ils avaient créés dans l’Est du pays, débarrassé la chaîne de commandement d’intermédiaires parasites. La logistique a été repensée, de nouveaux chefs ont imposé une vraie discipline. Cette transformation d’une bande de criminels en une force convenablement structurée, approvisionnée et rétribuée, constitue une incontestable réussite.

    Le deuxième facteur est le rôle joué par la Force des Nations unies, laquelle a fourni eau potable et rations de combat aux soldats de Kabila et couvert les arrières et les flancs de leur offensive. La MONUC, jusque-là peu motivée par un mandat restrictif, est passée d’un rôle de présence, qui n’allait pas sans certains comportements coupables, à celui d’une force désireuse d’agir.

    L’arrivée d’un responsable civil réputé, Martin Kobler, et d’un général à poigne, Carlos Alberto dos Santos Cruz, tous deux munis de solides instructions, a transformé la donne(4). La MONUC, de surcroît, a été renforcée par une brigade d’«intervention spéciale», constituée en mars 2013. L’entrée en ligne de cette formation de 3.000 hommes, majoritairement sud-africains, dotés d’hélicoptères de combat, a changé d’un coup les rapports de force Jusque-là peu motivée par un mandat restrictif, la MONUC est passée d’un rôle de présence, qui n’allait pas sans certains comportements coupables, à celui d’une force désireuse d’agir. Cette mutation des Casques bleus est historique car c’est la première fois qu’ils affrontent et réduisent des groupes armés, coupables de crimes à l’encontre des populationssur le terrain. Cette mutation des Casques bleus(5) est historique car c’est la première fois qu’ils affrontent et réduisent des groupes armés, coupables de crimes à l’encontre des populations.

    Cette «victoire» est une première étape sur la voie de la création au Congo-Kinshasa d’un véritable Etat. Pour réformer l’entité qui, pour l’heure, en tient lieu, une décennie d’efforts, au moins, sera nécessaire. Déjà, la tâche s’avère problématique. Il subsiste, en effet, dans cette partie du Congo, une quarantaine(6) de groupes armés liés à des hommes politiques, voire à des chefs militaires congolais. Le rôle pernicieux des Etats voisins, toujours à lorgner ce riche et vaste pays, risque de créer des problèmes.

    Kabila, et ses trois homologues (Rwanda, Burundi, Congo Brazzaville) devraient passer la main entre 2015 et 2017. Les successions risquent d’être tumultueuses et l’instabilité chez l’un s’étendre à un autre. Toutefois, la défaite du M23 constitue une opportunité historique. Le succès de Kinshasa intervient en période d’intense activité diplomatique. 11 gouvernements de cette partie de l’Afrique ont signé en février un accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération. Il s’agit de faire cesser les infiltrations d’éléments douteux d’un pays à l’autre, et réformer les institutions congolaises. Mary Robinson, ancienne présidente irlandaise, vient d’être nommée «envoyée de l’ONU» dans cette région où les Etats-Unis seront représentés par l’ex-sénateur Feingold. Ces deux personnalités vont avoir du travail pour aider cette Afrique-là et inciter ses dirigeants à se soucier de l’intérêt bien compris de leurs concitoyens, ce qui, malheureusement, n’a pas toujours été le cas…

    Le mouvement du 23-Mars

    Ce mouvement, également appelé M23 est un groupe créé à la suite de la dernière guerre du Kivu, la province orientale de la RDC. Il était composé d’ex-rebelles du Congrès national pour la Défense du peuple, réintégrés dans l’armée congolaise suite à un accord de paix signé avec Kinshasa le 23 mars 1999. Ces anciens rebelles se sont ensuite mutinés en avril 2012, car ils considéraient que les dits accords n’avaient pas été respectés.

    Très vite, le M23 a été accusé d’innombrables exactions perpétrées à l’encontre des populations du Kivu. Depuis sa création, le mouvement avait été combattu, sans succès jusqu’au mois dernier, par une armée congolaise profondément inefficace.
    L’aide apportée à ce mouvement par le Rwanda a été détaillée dans un rapport aux Nations unies, transmis le 27 juin 2012 au Conseil de sécurité. Ses principaux points sont les suivants:
    – Assistance directe à la création du M23 à partir du territoire rwandais
    – Recrutement effectué par les Forces rwandaises de défense pour le compte du M23
    – Appui logistique des Forces rwandaises de défense au M23
    – Implication directe de responsables rwandais de haut rang dans la mobilisation de l’appui au M23
    – Appui direct fourni au M23 par des unités des Forces rwandaises de défense lors d’opérations en RDC
    – Soutien au M23 par des officiels rwandais
    – Soutien du Rwanda à des groupes armés et à des mutineries liés au M23
    – Soutien du Rwanda à des personnes visées par des sanctions, notamment le général Bosco Ntaganda.

    (1) Créée en 1999, la  MONUC ou Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo, est devenue, le 1er juillet 2010, la MONUSCO (SCO pour Stabilisation de la République démocratique du Congo). Fin 2012, cette force comptait un peu plus de 20 000 personnels. Très passive, impuissante, elle n’avait pas réussi à ramener la paix dans un pays en proie à des désordres sans nom, attisés par l’étranger.
    (2) Ce mouvement, constitué d’anciens rebelles repentis, a rompu en avril 2012 avec Kinshasa qui n’aurait pas respecté l’accord de paix signé le 23 mars 1999, d’où le nom « M23 » qu’il s’est donné.  (Voir encadré)
    (3) Le rapport sur les liens entre le M-23 et le Rwanda, transmis au Conseil de sécurité le 27 juin 2012, détaillait le soutien accordé au M-23 (voir encadré)
    (4) Voir Jason Stearns, « Congo’s Sudden Calm », in Foreign Affairs, 11 novembre 2013
    (5) Créés en 1956, sur proposition canadienne, à l’occasion de la crise de Suez.
    (6) Cyril Bensimon, « Au Congo, le M23 lâché », Le Monde, 15 novembre 2013.

    PAR LE COLONEL JEAN-LOUIS DUFOUR

  • L’Ouganda et ses «soldats sans frontières»

    L’Ouganda et ses «soldats sans frontières»

    Yoweri Museveni- President Ougandais
    Yoweri Museveni- President Ougandais

    -La République Démocratique du Congo peut tout à fait perdre les acquis de sa victoire militaire si elle ne parvient pas à surmonter un obstacle : l’Ouganda de Yoweri Museveni et ses « soldats sans frontière ».

    Un texte devant conclure les pourparlers de Kampala n’a pas pu être signé lundi 11 novembre, à Entebbe, officiellement suite à un désaccord sur l’intitulé du document. En réalité, un bras de fer est en train de s’installer entre deux acteurs inattendus : d’un côté le Président ougandais, à la fois médiateur international et parrain du M23, et, de l’autre, l’opinion publique congolaise fermement opposée à toute idée de négociation après deux décennies de guerres interminables.

    En cause, le sort des combattants formant le noyau dur du M23, dont «la fuite en Ouganda » dissimule à peine un « retour au bercail ». La communauté internationale et les autorités congolaises sont quelque peu désemparées, et il y a de quoi.

    En effet, ces combattants sont des personnages problématiques. Kampala tient à ce qu’ils bénéficient d’une amnistie globale, d’une intégration dans l’armée congolaise et d’un engagement leur garantissant de ne pas être extradés, notamment à la Cour Pénale Internationale.

    Les mystères des « guerres du Congo »

    Si Kampala s’entête sur ces trois revendications, au point de «devenir un problème», selon les mots du gouvernement congolais, c’est qu’il tient à préserver un vieux secret de polichinelle. En réalité, il n’y a jamais eu de « rébellion congolaise », même si des « aventuriers » congolais se sont laissé embarquer dans les multiples guerres qui déchirent la région des Grands Lacs depuis les années 1990. Ces guerres auront été orchestrées par un homme, le Président ougandais Yoweri Museveni, qui rêvait d’un empire[1].

    L’empire devait s’étendre du territoire ougandais à l’Est de la République Démocratique du Congo en passant par le Rwanda et le Burundi, avec de lointains horizons au-delà de l’Erythrée[2].

    Pour mener à bien ce délirant projet, il s’est assuré les bonnes grâces des grandes puissances (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël) et, sur le terrain, d’une armée composite regroupant des combattants sans nationalité fixe. Mais la « marche vers l’empire », dont on ne sait pas exactement si elle se poursuit toujours, sera l’occasion de massacres, de viols, de pillages et de déplacements des populations, notamment dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

    Ces tragédies apocalyptiques sont l’œuvre directe et indirecte de cette armée de « légionnaires » qui changent de noms et de nationalités au gré des circonstances. Ils se dissimulent derrière les étiquettes de « rebellions » (NRA, APR, AFDL, RCD, CNDP, M23,…).

    Au Congo, la population les appelle « soldats sans frontières ». Mais dans les médias, ils continuent de se faire identifier en tant que «rebelles congolais » ou, plus osé, « Tutsis congolais » en dépit des évidences. Ils n’ont aucun lien avec le Congo, autre que les guerres qu’ils viennent y mener. Parlant anglais, kinyarwanda et kiganda ils ne sont originaires d’aucun village congolais, même pas des territoires où sont établis, de longue date, des Congolais rwandophones. Ces derniers sont d’ailleurs pris en sandwich entre des agresseurs extérieurs usurpant leur identité et la « nation congolaise » qui, depuis, se trouve empêtrée dans la cacophonie du débat sur la nationalité.

    L’aventure de l’« empire », se poursuit-elle ?

    L’échec, pour l’instant, du M23, donne à penser que le soutien des grandes puissances faiblit, notamment face à l’ampleur des horreurs (6 millions de morts, 500 mille femmes violées, 3 millions de déplacées, 500 mille réfugiés), au réveil des opinions et au scandale qui menace d’éclabousser les multinationales autour de l’affaire des minerais de sang. Mais cet affaiblissement du soutien extérieur ne signifie pas que les deux dirigeants ont renoncé à leur rêve d’expansion territoriale.

    C’est dans cet angle qu’il faut comprendre la détermination de l’Ouganda à préserver le noyau dur du M23 dont les membres doivent être mis à l’abri de poursuites judiciaires. Kampala a déjà prévenu qu’il ne les extradera pas, et fait partie des pays qui se battent contre la Cour Pénale Internationale. Le procès de ces personnages pourrait prendre les allures d’un Nuremberg compte tenu des atrocités auxquelles ils se sont livrés depuis au moins deux décennies. Kampala tient à ce qu’ils soient intégrés en bloc dans les institutions et l’armée congolaises. Ils doivent rester « intouchables » et poursuivre le travail de déstructuration du Congo de l’intérieur pour faciliter l’annexion, à terme, des régions de l’Est.

    Les Congolais les ont vus à l’œuvre (trahisons, débâcles des FARDC, opérations parallèles,…). Ils ne tiennent plus à prendre le risque de les accueillir dans leurs casernes, encore moins au moment où le pays engrange les premiers fruits du difficile travail de nettoyage de la chaîne de commandement de l’armée. Le Congo leur propose un examen au cas par cas, une procédure qu’ils exècrent pour des raisons évidentes.

    Mais qui sont ces « soldats sans frontières » ?

    Une partie de la réponse se trouve dans la personnalité de l’un d’entre eux aujourd’hui inculpé et détenu par la Cour Pénale Internationale : le général Bosco Ntaganda.

    Rebelle rwandais, en 1990, membre du FPR, il entre au Congo en tant que soldat rwandais, puis devient officier de l’armée congolaise. Au déclenchement de la deuxième guerre du Congo (1998), l’homme rejoint les rangs de la « rébellion » du RCD soutenu par le Rwanda. Mais en juin 2000, à Kisangani, il se bat dans les rangs de l’armée ougandaise contre l’armée rwandaise durant la mémorable « guerre des six jours ». Une guerre entre le Rwanda et l’Ouganda, sur le territoire congolais, pour le contrôle du trafic de diamant. Ntaganda redevient congolais et obtient le grade de général dans l’armée congolaise. Il finira sa carrière en tant que « rebelle congolais » lié au M23, mais en fuite au Rwanda, le pays où, officiellement, il est né de parents rwandais[3].

    Ainsi à 40 ans, l’homme aura sévi sous les drapeaux de trois pays (Rwanda, Ouganda et RD Congo), ce qui, dans l’opinion congolaise, traumatisée par des guerres répétées d’agression, ne passe pas.

    L’occasion de rappeler que la guerre du Congo n’est pas une guerre identitaire contrairement à ce que certaines personnalités continuent de faire croire, en prétendant que « ces » Tutsis (du M23) « ne se sentiraient pas chez eux », au Congo. Il s’agit d’une guerre d’ambitions territoriales pour deux hommes, et de pillage au profit des multinationales et des grandes puissances. Les revendications identitaires, tout en étant légitimes, ne servent que de prétexte à une guerre aux enjeux sans rapport avec la prétendue stigmatisation d’une population particulière[4].

    Assumer ses responsabilités

    Dès lors, c’est à l’Ouganda, logiquement, que la communauté internationale aurait dû demander d’assumer le sort de ces « soldats sans frontières ». Les grandes puissances ne devraient pas non plus se dérober puisque ces combattants ont été, pour nombreux, formés dans le cadre de la coopération militaire entre Washington, Londres, Kampala et Kigali. Par ailleurs, les guerres qu’ils ont menées au Congo ont énormément enrichi les multinationales, de l’électronique notamment (coltan/téléphones portables).

    En définitive, il serait à la fois absurde et alarmant de remettre en masse des individus aussi dangereux au Congo, sauf à préparer le terrain pour de nouvelles tragédies.
    Par Boniface Musavuli – agoravox.fr

  • Faudra-t-il négocier la paix avec le M23 en pleine débandade, ou avec ses parrains rwandais et ougandais ?

    Faudra-t-il négocier la paix avec le M23 en pleine débandade, ou avec ses parrains rwandais et ougandais ?

    museveni-kagame_0-Après plusieurs mois des pourparlers, lesquels ont été entamés le 9 décembre 2012, le gouvernement congolais et les rebelles du M23 n’ont pu signer le 11 novembre 2013 un accord à Kampala. La question de l’intégration des rebelles dans l’armée a longtemps bloqué ces discussions. Le gouvernement congolais ayant tenu à juste titre à signer une simple déclaration de reddition, et non un accord, les négociations ont été reportées sine die. De plus, la rébellion réclamait une amnistie collective tandis que Kinshasa s’est opposé à l’intégration des rebelles accusés de crimes de guerre, ainsi que de crimes contre l’Humanité, et a établi une liste des rebelles exclus de toute intégration. Les précédents accords et déclarations. Dans le passé, des accords entre les belligérants congolais ont été signés en vue de la stabilisation de la région du Kivu. Il en a été de même pour des déclarations conjointes entre Kinshasa et Kigali[1]. L’accord de Goma, signé par 22 groupes armés ainsi que par le gouvernement congolais, était précédé d’un accord du mois de novembre 2007 entre les gouvernements de la République Démocratique du Congo et du Rwanda, connu sous l’appellation de « Communiqué de Nairobi », en vue du règlement de l’épineux problème du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR). D’après l’article III de l’accord de Goma, tous les signataires se sont engagés à respecter à la lettre le droit international humanitaire et les droits de l’Homme, c’est-à-dire à mettre un terme à tout acte de violence et abus à l’encontre des populations civiles[2]. Ces deux accords, auxquels il faudra ajouter les recommandations de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement organisée par le gouvernement congolais au début de l’année 2008, ont servi de base au programme de paix gouvernemental pour l’Est du Congo-Kinshasa, connu sous le nom de « Programme Amani ». Celui-ci n’a malheureusement pas abouti à des améliorations tangibles pour les populations de la région du Kivu et de la province orientale, la communauté internationale et le gouvernement congolais n’ayant pu garantir, à défaut d’une réelle volonté politique, le financement nécessaire afin de matérialiser ce programme de paix.

    Le réaménagement de la CEPGL[3]

    On doit surtout avoir à l’esprit, au-delà de la signature d’un accord entre Kinshasa et le M23, de l’avenir de la pacification de la région des Grands Lacs, plus précisément de l’entente entre les peuples rwandais, burundais et congolais. Dans la même optique, la problématique de la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) a également été abordée dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et a fait l’objet d’un rapport en octobre 2005. Dans le même ordre d’idées, l’AWEPA[4] a plaidé dans ses travaux – en particulier dans la « Déclaration de Kigali » d’avril 2005 et dans la « Déclaration de Kinshasa » de novembre 2005 – en faveur de la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs.

    Le gouvernement de cohésion nationale ?

    La signature d’un accord entre les rebelles du 23 et le gouvernement de Kinshasa ne suffit pas pour mettre définitivement un terme au conflit dans la partie orientale de la République démocratique du Congo. La mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale ne permettra pas, non plus, à atteindre à court et moyen terme cet objectif. En effet, à la suite de la neutralisation de la principale rébellion, deux options s’offre à Joseph Kabila. Soit il se contentera d’un remaniement gouvernemental en élargissant sa majorité au détriment de l’opposition, soit il nommera un Premier ministre issu de l’opposition. Dans le premier cas de figure, il s’agira d’un simple partage de pouvoir sans conséquence bénéfique pour le peuple congolais. Dans le second cas, le Premier ne disposant guère de majorité parlementaire, son gouvernement sera complètement à la botte du président de la République. De toute évidence, une simple tactique politicienne confortera davantage l’opposition, encore faudra-t-il qu’elle soit à la hauteur des attentes des populations, aux échéances électorales de 2016.

    La résolution de la crise[5]

    Que faudra-t-il alors faire pour juguler la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? Le gouvernement congolais doit-il signer un accord de paix avec des éléments du M23 en pleine débandade, ou alors avec leurs parrains rwandais et ougandais ?

    Concrètement, comme l’a d’ailleurs souligné dans le passé la société civile congolaise, il va falloir pousser publiquement tous les groupes armés à se conformer aux obligations de l’accord de Goma et à indiquer que les abus contre les civils seraient passibles de sanctions. Ensuite, il faudra nommer un conseiller spécial indépendant, de haut niveau, sur les droits humains pour l’Est du Congo-Kinshasa afin de mettre la question des droits fondamentaux, y compris les violences sexuelles et l’enrôlement d’enfants soldats, au cœur des discussions de paix. Enfin, il faudra soutenir des efforts de médiation en finançant des programmes de maintien de la paix et renforcer la protection des populations civiles. Cela obligera des programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration afin d’aider les soldats à trouver des alternatives durables à la violence, ainsi que des programmes relatifs aux causes du conflit en s’axant sur les initiatives de paix, sur la réconciliation et sur la résolution des conflits fonciers. Cela nécessitera également l’implication de la communauté internationale en vue du respect, par les pays des Grands Lacs, des frontières étatiques et de la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays.

    AngoVox

  • La Victoire des Fardc contrariée par l’accord de Paix de Kampala

    La Victoire des Fardc contrariée par l’accord de Paix de Kampala

    -Passées l’euphorie et toutes formes d’expression de joie de tout patriote, les congolais doivent et méritent aujourd’hui, à la suite de la victoire inespérée de leur armée sur le groupe armé dénommé M-23, de savoir ce qui s’est réellement passé pour que l’inimaginable changement de rapport de forces bascule subitement en faveur des troupes gouvernementales.  
     
    Humiliées depuis plus d’une décennie par les “mutins” du M-23, les Fardc passaient aux yeux du monde entier pour une armée d’opérettes constituée de nains, d’incapables et de pillards insusceptibles de défendre la souveraineté de la RDC et l’intégrité territoriale de ce grand et riche pays d’Afrique centrale. Dans leurs récentes déclarations, les responsables tant politiques quemilitaires de la Monusco  – y compris ceux de la brigade spéciale fraîchement déployée – soutenaient qu’il n’y avait pas de solution militaire au conflit. Et ce, malgré la présence depuis une dizaine d’années de 17.000 hommes de la Monusco puis de 3000 autres de la brigade spéciale.
     
    Pendant que s’enlisaient les pourparlers de Kampala dont la facilitation est assurée par l’Ouganda pourtant accusé – malgré les dénégations – de soutenir avec le Rwanda les forces négatives du M-23, l’affrontement armé a repris de plus bel et conduit, contre toute attente, à la victoire éclaire de l’armée régulière.    Les Fradc ont subitement inscrit leurs lettres de noblesse en délogeant l’ennemi de toutes ses positions jusque-là imprenables.
     
    Si prompt à venir à la rescousse de ses ouailles, le Rwanda s’est gardé – sur ordre direct du patron planétaire dit-on, d’appuyer ses ouailles lesquelles n’ont pu trouver meilleure issue qu’en retirant des zones occupées pour aller se réfugier en territoire ougandais et en appeler rapidement à la signature d’un accord avec le gouvernement congolais. C’est le lieu de nous demander, du côté congolais, l’opportunité d’un accord avec les troupes vaincues?
     
    L’histoire enseigne que les troupes vaincues, signe un document de reddition dans lequel elles s’engagent à la cessation de tout acte d’hostilité envers l’autre. C’est le vainqueur qui fixe les exigences de capitulation au vaincu lequel, en dehors des droits internationalement reconnus aux prisonniers de guerre, est réduit à subir la volonté de l’autre. Quand les troupes vaincues sont écrasées ou ont fui à l’étranger, l’intérêt d’un tel document disparaît. Le gouvernement reprend naturellement le contrôle de l’ensemble de son territoire. Quitte par la suite à conclure avec le pays voisin abritant les forces vaincues les traités de paix , pour qu’il désarme les combattants réfugiés sur son sol ou qu’il procède à leur extradition.
     
    Pour le cas sous examen, toute la direction du M-23 est intacte et se trouve hors de toute atteinte, en Ouganda, et l’essentiel de ses armes relativement préservé.  Rappelons que l’Allemagne Nazie n’aurait pu relancer la deuxième guerre mondiale si son potentiel militaire avait été massivement détruit à la fin de la guerre de 1914-1918. C’est ce qui a poussé les Alliés, en 1948, à poursuivre la guerre jusqu’à l’anéantissement de l’armée allemande y compris  les armes et les usines d’armement sur le sol allemand. Il sied aujourd’hui d’interroger  l’histoire contemporaine sur la stratégie du FPR, l’ancêtre du M-23, pour prendre le pouvoir au Rwanda. De négociations en affrontements armés avec le pouvoir de Habyarimana, Kagamé et les siens ont fini par accéder au pouvoir.   Il reste qu’en étant vaincu, le M-23 est mal fondé à se prévaloir d’une quelconque légitimité pour attraire son vainqueur aux négociations. Une armée défaite perd les droits que pouvait lui ouvrir la victoire sur l’ennemi. Elle est confinée à la passivité que lui confère son statut de perdant
     
    Dès lors, il devient inconcevable que le gouvernement continue, comme si la situation sur le terrain n’aurait pas évolué, à négocier avec la direction du M-23; pis encore dans les conditions périmées. Il y a lieu que la partie congolaise en tant que vainqueur du conflit, sans remettre en question la facilitation, produise un autre document – le premier étant frappé de caducité du fait de la débandade des troupes ennemies – avec les exigences tenant compte de la nouvelle donne sur le terrain. Il ne sera plus question d’amnistie ou de réintégration des troupes défaites mais de l’instauration d’un tribunal devant juger les criminels de guerre et autres. Cette exigence devra figurer en bonne sur le document de capitulation.

     
     Autrement, l’acquis politique résultant du succès militaire dernièrement enregistré serait anéanti, et la victoire de nos forces armées paraitrait totalement inutile, douteuse à défaut d’être mensongère. Elle serait comprise, à ne point en douter, comme le maquillage d’un arrangement politique entre faux-belligérants (vrais complices). Le grand perdant serait alors le PEUPLE CONGOLAIS  qui a été abusé de sa naïveté. Le premier vainqueur serait le pouvoir en place qui, malgré l’incapacité de plus d’une décennie à éradiquer la guerre et son cortège de victimes et de déplacés, gagne – par cette pirouette accomplie avec le sang de nos vaillants militaires – la légitimité qui lui fait défaut depuis le scrutin chaotique de 2011. Il peut alors scruter l’horizon 2016 avec optimisme. Le second vainqueur n’est autre que le M-23  qui obtient, après avoir infligé à la Nation de pertes énormes  en vies humaines et en ressources naturelles sans oublier l’effort de guerre en finances et en  matériels, la prime de son intégration – en plus des vagues antérieures (RCD, CNDP) – dans les institutions nationales, alors même qu’il a été mis en déroute. C’est du gagnant-gagnant. Notre crainte est légitimement justifiée mais ce serait aller vite en besogne que de tirer une telle conclusion.
     
    Quoiqu’il en soit,  la délégation gouvernementale à ces interminables pourparlers a pour l’instant raison de refuser la signature, à l’initiative de la facilitation ougandaise, d’un accord de paix avec le M-23 vaincu, en préférant la déclaration de paix. Cependant, plus que le contenu sémantique du document à signer, c’est sa teneur qu’il faudra analyser et surtout, la matérialisation ultérieure sur le terrain politique, à commencer par la composition du tout prochain gouvernement. Les paris sont ouverts et je préfère me tromper que d’assister à l’escroquerie de la victoire de notre armée. 
     
    Wait and see.
     paul OMOKOKO
  • Réhabiliter les rebelles ? Le Congo dit non, à l’unanimité

    Réhabiliter les rebelles ? Le Congo dit non, à l’unanimité

    MENDE-TSHIBANDA-Non, trois fois non. Pour une fois, c’est l’unanimité au Congo : la classe politique, majorité et opposition côte à côte, l’opinion publique s’exprimant autant dans les associations que dans la rue et les forces armées qui s’en tiennent à leur victoire militaire et consolident leur contrôle sur le Nord Kivu, tous approuvent les négociateurs qui, à Kampala, ont claqué la porte et refusé de signer le document que leur présentait le médiateur ougandais. « Le match est fini, le boxeur M23 a été mis dans les cordes, on ne peut le faire remonter sur le ring » expliquent les vendeurs de journaux, proposant des quotidiens aux manchettes qui se ressemblent toutes. En termes plus politiques, Seraphin Ngwej, le conseiller diplomatique du chef de l’Etat, ne dit pas autre chose : « comment pouvons nous accepter que l’on mette sur pied d’égalité un mouvement qualifié de « force négative » par les Nations unies, qui a été vaincu sur le terrain militaire, avec un gouvernement légitime ? »

    « Accord de paix » ou simple « déclaration » ? La question n’était pas seulement sémantique. Ayant vaincu militairement ses adversaires, qui, mis en débandade se sont repliés dans les pays voisins (non sans se démultiplier, passant de quelques centaines de rebelles en déroute à 1700 combattants accueillis en Ouganda…) Kinshasa n’entend pas signer autre chose qu’un document par lequel le M23 accepte de mettre fin à la guerre. Bref, une capitulation en rase campagne, traduisant le nouveau rapport de forces établi à la fois sur le terrain des opérations et sur le plan diplomatique, où Kinshasa a pu compter sur le soutien de ses alliés d’Afrique australe.

    Du côté de la branche politique du M23, refusant l’idée d’une reddition pure et simple, on exige toujours un « accord », assorti de certaines conditions, entre autres en ce qui concerne la réintégration des combattants au sein des forces congolaises, ce qui suscite plus que des réticences au sein d’une armée requinquée et qui n’entend plus être infiltrée par des hommes à la loyauté douteuse.

    A l’instar des négociateurs congolais à Kampala, Seraphin Ngwej n’hésite plus à mettre en cause la neutralité du médiateur ougandais, le ministre de la défense Crispus Kyonga : « cette fois, il a abattu ses cartes, démontré qu’il a un autre agenda que celui de simples bons offices, qu’en réalité il ne cherche qu’à sauver la mise du M23… »

    Un négociateur congolais, qui participait au sommet de Pretoria, qui avait rassemblé voici huit jours les présidents des pays de la région des Grands Lacs (Paul Kagame brillant par son absence) et les chefs des Etats d’Afrique australe, raconte lui aussi comment le président ougandais Museveni fut apostrophé par ses pairs : « terminez votre travail » lui intima le vieux président ougandais Mugabe tandis que le président Kabila, d’un calme olympien, assénait « nous, nous n’avons jamais menti à personne » et précisait «il est temps que tout cela s’arrête, désormais nous n’avons plus de temps à perdre… » (ce qui est un euphémisme, alors que depuis onze mois, tous frais payés par le gouvernement congolais, les pourparlers de Kampala tournent en rond…)

    « A chaque fois que nous avons conclu un accord de paix, une nouvelle rébellion, peu de temps après, a resurgi de ses cendres et désormais nous voulons mettre fin à ce cycle infernal » ajoute Seraphin Ngwej, estimant que « la victoire militaire des forces congolaises aura une onde de choc dans les pays voisins, l’Ouganda et le Rwanda, qui, depuis vingt ans avaient misé sur la fragilisation de la RDC… »

    Galvanisées par la victoire militaire, assurées du soutien de la force d’intervention africaine (Malawi, Afrique du Sud et surtout Tanzanie, qui a perdu trois officiers au cours des combats) les autorités congolaises se montrent désormais intransigeantes.
    Le consensus est tel que l’on peut se demander si le « gouvernement d’unité nationale », toujours en gestation et qui risque de ressembler à un paquebot sur lequel toutes les forces politiques trouveraient leur place au soleil est encore réellement nécessaire. « Au lieu de satisfaire les politiciens qui veulent leur part du gâteau, le président ferait mieux de laisser travailler le Premier Ministre Matata Mponyo… On ne change pas une équipe qui vient de gagner… » assurent les vendeurs de journaux…
    Le carnet de Colette Braeckman

  • La réforme de l’armée congolaise, la clef du succès

    La réforme de l’armée congolaise, la clef du succès

    général-Olenga.-Il y a un an l’armée congolaise avait été humiliée après la prise de Goma en novembre 2012 par quelques centaines de rebelles. Un an plus tard c’est un tout autre visage qu’a révélé l’armée congolaise, celui d’une armée qui emporte la bataille et ce en grande partie car elle est mieux organisée.

    Le réveil de l’armée congolaise est incarné par deux hommes. Il est marqué par le lieutenant-général François Olenga, chef d’Etat-major de l’armée de terre depuis décembre dernier, en charge de la logistique. Grâce à lui, les soldats ont reçu de la nourriture, de l’eau et des cartouches sur le front. Ce qui n’a pas toujours été le cas.

    Ensuite, l’armée congolaise doit son renouveau au général, Lucien Bahuma Ambama, formé en France et en Belgique, à partir de juin, date de sa nomination. Il simplifie la chaîne de commandement et y place des hommes de confiance. Résultat, la discipline au sein des unités s’est améliorée. Là aussi c’est une nouveauté.

    Premier résultat, fin juillet

    Les forces congolaises résistent aux attaques du M23 à Mutaho pendant quatre jours; sans aide de la Monusco. Par ailleurs, ces derniers mois, Américains, Belges, Chinois et Sud-Africains forment différents bataillons. Les 321ème et 322ème unités de réaction rapide par exemple ont été entraînées par des instructeurs belges.

    Enfin, il y a eu bien sûr le soutien de la mission des Nations unies au niveau du renseignement d’abord avec ses hélicoptères de reconnaissance. Mais aussi sur la ligne de front à deux  reprises la brigade d’intervention a tiré. Reste à confirmer cette première victoire. Il faut désormais sécuriser le territoire repris et la lutte contre les groupes armés ne fait que commencer.

    Le rôle de la Monusco dans la chute du M23

    La prise de Goma par le M23 fin novembre dernier, c’était l’humiliation. Peut-être celle de trop pour une mission très critiquée pour son inaction. La réponse de la communauté internationale, ce fut l’idée de créer une brigade d’intervention rapide au mandat renforcé, celui de combattre les groupes armés. C’est chose faite le 28 mars avec l’adoption de la résolution 2098. La FIB, puisque c’est son nom, n’entre en action que fin août. C’est la première fois, à Kibati, que le M23 doit faire face à l’artillerie onusienne.

    Alors que les pourparlers de paix piétinent à Kampala, selon plusieurs sources, Innocent Kaina, dit India Queen, l’un des commandants du M23 les plus redoutés, installe au dessus du camp de la Monusco de Kiwanja des pièces d’artillerie, pointées vers le détachement de casques bleus indiens. L’objectif : déstabiliser la Monusco et l’empêcher d’intervenir dans les combats à venir. Un véritable test. Mais en réponse, la nouvelle brigade montre ses muscles et envoie quelques quelques 500 hommes dans le zone.

    En ce qui concerne la dernier offensive, en plus de l’appui logistique traditionnel, la Monusco a apporté à l’armée congolaise des conseils tactiques, pas toujours suivis, reconnaissent des sources onusiennes, et un appui sans précédent en terme de renseignements. Lundi, officiellement pour protéger les civils, la brigade d’intervention envoie ses chars et surtout ses hélicoptères d’attaque contre le M23. Un soutien décisif.

    Dernier élément qui explique cette métamorphose, c’est la motivation des troupes et notamment les Tanzaniens qui trépignaient d’impatience d’en découdre avec une rébellion accusée d’être soutenue par le Rwanda. Or les relations sont particulièrement tendues entre les deux pays.

    Avec RFI

  • Que fera Kabila de sa victoire ?

    Que fera Kabila de sa victoire ?

    fardc-Les carottes sont-elles totalement cuites pour le M23 ? En tout cas, pour le pouvoir de Joseph Kabila, il n’y a pas de doute, la rébellion a été défaite. Même s’il est encore tôt de signer son acte de décès du fait que le mouvement ne s’est pas encore avoué vaincu mais a simplement annoncé son intention de mettre fin à la rébellion, tout laisse penser que le M23 ne peut plus cracher le feu. La prise de ses derniers bastions par l’armée congolaise, soutenue par la brigade d’intervention de l’ONU et la fuite des rebelles vers des pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda, font penser que la messe est dite pour le M23. Sauf cataclysme, le M23 qui est aux abois depuis quelques jours, a bien perdu de sa superbe et ne peut donc plus inquiéter sérieusement ses adversaires.Toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23.En tout cas, matériellement, il ne peut plus résister face à la machine infernale de l’armée congolaise appuyée par la Monusco. Le parrain rwandais qui pouvait lui porter secours a préféré se tenir à carreau. C’est d’ailleurs le mieux que ce dernier pouvait faire car s’il agissait, il risquerait de s’attirer les foudres de plus d’un. On le sait, l’axe Kigali-Kampala qui a été longtemps considéré comme le bras invisible mais redoutable du M23, ne pouvait prendre le risque de soutenir ouvertement et visiblement un ennemi que combattent les Nations unions et des puissances africaines comme l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Le front formé par ces derniers dont la figure de proue n’est autre que Jacob Zuma et l’ONU ne pouvait tolérer une intervention rwandaise sur le sol congolais aux côtés des rebelles du M23. Il faut reconnaître que presque, pour ne pas dire toutes les conditions étaient réunies pour mettre en déroute le M23. En vérité, dès lors que la MONUSCO a reçu un mandat offensif, le sort du M23 était du même coup scellé. La victoire dont se félicite le gouvernement congolais était donc plus ou moins prévisible. La grande question que l’on se pose est de savoir ce que fera Kabila de sa victoire. Va-t-il simplement la vendanger ou saurait-il en faire un usage utile pour le Congo ? Il est certes bon de remporter une victoire face à des rebelles comme ceux du M23 dont le mode d’emploi était pillage, viol et tuerie. Mais le plus important c’est la gestion de cette victoire.

    Toute guerre finit autour d’une table de négociation, et il serait bon d’engager, sans délai, les pourparlers inter-congolais

    Et sur ce plan, peu d’éléments parlent en faveur de Kabila. Car jusque-là, il n’a pas réussi à asseoir une bonne gouvernance qui prenne en compte les préoccupations de son opposition ni de la société civile. En somme, celles du peuple congolais. En tout état de cause, si Kabila veut jouir pleinement de cette victoire, il lui faut d’abord amener le M23 à accepter sa défaite et à renoncer à la voie des armes pour conquérir le pouvoir d’Etat. Il faudrait ensuite, qu’il y ait des accords de paix, que le gouvernement revoie sa gouvernance politique, économique et sociale. La protection des frontières et la réorganisation de l’armée congolaise devraient être des priorités absolues du pouvoir en place. Comme une seule main ne peut ramasser la farine, la MONUSCO devrait, pour la quiétude des populations, rester pendant longtemps sur le sol congolais. Cela permettrait également de dissuader tous ceux qui voudraient agir contre les intérêts de la nation en se servant des armes. La paix qui se dessine dans l’Est de la RDC est encore très fragile, et pour la renforcer et la consolider, les organisations sous-régionales comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) devraient aussi prendre à bras-le-corps la question sécuritaire du Congo. Toute guerre finit autour d’une table de négociation dit-on, et il serait bon d’engager, sinon de reprendre sans délai, les pourparlers inter-congolais afin d’éviter que les rebelles ne se réarment auprès de leurs protecteurs et reviennent semer la désolation au sein de la population congolaise.

    Dabadi ZOUMBARA- Avec Le Pays

  • Déroute du M23 : la main invisible de Londres et Washington

    Déroute du M23 : la main invisible de Londres et Washington

    UK, USA-La facilité avec laquelle les Forces armées de la RDC ont défait les rebelles du M23 a suscité des interrogations dans certains milieux. Avec un peu de recul, l’on sait maintenant ce qui s’est réellement passé sur le front de l’Est. La déroute du M23 est le fait d’une forte pression diplomatique exercée particulièrement sur le Rwanda, principal soutien du M23. Et la pression a été telle que les chefs de la diplomatie américaine et britannique ont personnellement intimé l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de ne pas venir en renfort au M23. C’est la preuve qu’une nouvelle dynamique s’installe désormais dans la région des Grands Lacs. En moins d’une semaine, les Forces armées de la RDC, appuyées par les éléments de la Brigade spéciale d’intervention des Nations unies, ont délogé les rebelles du M23 des positions stratégiques qu’ils occupaient dans les territoires passés sous leur contrôle depuis plus d’une année. Et la déroute du M23 s’est déroulée à la vitesse éclair que, dans les milieux spécialisés, certains se sont interrogés sur les causes réelles de cette débâcle. Pour un mouvement rebelle qui a résisté pendant longtemps à plusieurs assauts des FARDC, il y avait de quoi se poser des questions.

    Aujourd’hui, la vérité commence timidement à éclore. L’on sait, à quelques exceptions près, ce qui s’est réellement passé il y a une semaine sur le front militaire de l’Est. Et l’on sait aussi pourquoi le Rwanda qui se préparait ouvertement à la guerre entassant des matériels à la frontière de la RDC, n’est pas intervenu dans la dernière offensive menée par les FARDC et la Brigade spéciale des Nations unies.

    En réalité, un ordre est venu directement des Etats-Unis et de Grande-Bretagne intimant l’ordre au président rwandais, Paul Kagame, de se mettre en dehors de ce conflit. Ce qui explique le silence de Kigali et son inaction face à la déroute du M23.

    La nouvelle dynamique

    Ces révélations sont du journal britannique, Daily Telegraph. Selon ce tabloïd, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, et son homologue britannique, William Hague, ont eu Kagame au téléphone séparément dans la journée du vendredi 25 octobre 2013, lui intimant l’ordre de ne pas mettre ses troupes en mouvement pour venir en renfort au M23. D’après le journal, William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a été le premier à appeler Paul Kagame, suivi dans la journée par John Kerry, secrétaire d’Etat américain.

    Ce n’est donc pas pour rien que le Rwanda est resté passif dans la nouvelle offensive menée contre les rebelles. De tout temps, des actions antérieures lancées contre les positions du M23 se sont butées à une forte présence des militaires de l’armée rwandaise dans les rangs du M23. Cette fois-ci, il n’en a pas été le cas. La raison est bien simple : la main invisible de Londres et Washington a agi. Ce qui, évidemment, ne dénature pas la bravoure des FARDC qui se sont courageusement battues pour récupérer les territoires occupés par le M23.

    Les révélations de Daily Telegraph traduisent seulement un fait. En effet, la donne a complètement changé. La politique menée particulièrement par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis a connu une mue, donnant moins de marges de manœuvre au président rwandais, Paul Kagame. Ainsi, nous l’avons repris dans une précédente édition, Barack Obama, président des Etats-Unis, a pesé de tout son poids dans ce basculement.

    Mais, pourquoi avoir entendu trop longtemps pour changer de politique dans la région des Grands Lacs ? Fallait-il autant de morts, soit plus de six millions, pour que Londres et Washington se ravisent ? Autant de questions qui n’en finissent pas de tarauder les esprits. Mais, le plus important est que Londres et Washington ont fini par comprendre les vrais enjeux de la région.

    En obligeant Kagame à se mettre en dehors de l’offensive menée contre le M23, ces deux capitales ont lancé un message que Paul Kagame devait saisir à juste titre. Il y va non seulement de sa survie en tant que dirigeant de la région, mais surtout de son régime qui traverse manifestement une zone de très fortes turbulences.
    Les FARDC ratissent large

    Sur le front de l’Est, les nouvelles sont plutôt rassurantes. Plusieurs sources confirment que l’armée congolaise a pris hier lundi la colline de Mbuzi, l’une des dernières positions où se sont retranchés les rebelles du M23.

    Pris en tenaille, le M23 a décrété dimanche un cessez-le-feu unilatéral qui, malheureusement, n’a pas eu d’effet sur l’avancée des FARDC. Dans un communiqué diffusé lundi (lire encadré), le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a exigé que le M23 fasse «une annonce claire, nette et sans ambiguïté de la fin la rébellion armée».

    De leur côté, face à la «nouvelle explosion de violence entre le M23 et l’Etat congolais», les envoyés spéciaux de la communauté internationale pour la région des Grands Lacs, chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), Martin Kobler, de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs, et de ses homologues de l’Union africaine, Boubacar Diarra, de l’Union européenne, Koen Vervaeke et du gouvernement américain, Russel Feingold, ont réitéré leur appel à l’apaisement, alors que s’ouvrait hier lundi à Pretoria, rapporte l’AFP, un sommet régional africain consacré à la situation en RDC.

    Dans tous les cas, la main invisible des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans le retournement de la situation est un message en direction des dirigeants de la région des Grands Lacs. Car, après avoir longtemps soutenu l’entreprise de guerre dans la région, Londres et Washington ont décidé finalement de recadrer leur politique étrangère dans la région. La population qui continue de payer le plus lourd tribut attend maintenant les juger par les actes pour se convaincre de leur sincérité.

    Le Potentiel

  • Le Rwanda face à la débandade du M23: que faire ?

    Le Rwanda face à la débandade du M23: que faire ?

    Paul Kagame- Coupable
    Paul Kagame- Coupable

    -Le temps se gâte pour le M23. Délogé de ses sanctuaires de Kibumba, Rutshuru et de Rumangabo sous les coups de boutoir de l’armée congolaise et de la brigade d’intervention des forces de l’ONU, le mouvement rebelle congolais est visiblement en train de vivre ses derniers instants d’agonie. La situation militaire est devenue tellement inconfortable pour lui qu’il s’est vu dans l’obligation d’appeler à la reprise des négociations de Kampala, mais Kinshasa, fort de ses succès militaires entend poursuivre le ménage jusqu’à son terme. Il faut dire qu’il ne pouvait pas en être autrement. En effet, depuis que l’ONU a décidé de donner un mandat offensif à ses forces déployées en RDC, l’on s’attendait à la fin de la récréation pour le M23. Car, on voit mal le mouvement rebelle défier la Brigade d’intervention de l’ONU qui a vu ses effectifs augmenter et ses équipements militaires renforcés.
    Le Rwanda est tenu à la sagesse car il risque gros dans l’affaire. Par ailleurs, le parrain rwandais, qui a toujours démenti soutenir le M23, se trouve dans une posture où il est obligé d’assister, sans réagir, la mort dans l’âme, à la débâcle d’un de ses moyens de pression et de chantage en RDC.

    L’on se rappelle que depuis que Laurent Désiré Kabila a été porté à la tête de la RDC par les bons soins de Kampala et de Kigali, le Congo est tenu en laisse par Paul Kagamé qui décide de quand faire la paix et de quand faire la guerre. Cette humiliation permanente du Congo par le « petit Rwanda » exaspère le peuple congolais et amène certains Congolais à regretter l’époque de Mobutu Sésé Séko pour qui l’intégrité du territoire congolais était un acquis qu’aucun voisin n’osait remettre en cause. La donne est certainement en train de changer avec les victoires des forces armées congolaises sur le M23. Le Rwanda est tenu à la sagesse car il risque gros dans l’affaire. C’est pourquoi il ne prendra pas le risque d’affronter les forces de l’ONU en soutenant activement et publiquement les rebelles cette fois-ci, comme il l’a toujours fait dans le passé.
    L’on peut ajouter à cela que la communauté internationale commence à montrer des signes de lassitude et de nervosité devant les agissements de l’homme fort de Kigali dans l’Est de la RDC.
    En tous les cas, il est impérieux de mettre un terme au supplice des populations de cette partie du territoire congolais par tous les moyens. C’est pourquoi Joseph Kabila ne doit pas se laisser griser par ses victoires militaires et ne doit pas balayer d’un revers de la main la demande par le M23 de la reprise des pourparlers de Kampala. Toutes les voies d’une paix durable doivent être envisagées.

    Tout le monde sait notamment que l’Afrique du Sud ne porte pas dans son cœur le Rwanda

    C’est dans ce contexte marqué par une série de victoires des FARDC et la débandade du M23 que Jacob Zuma a effectué une visite officielle de deux jours en RDC. Cette visite de la première puissance militaire et économique du continent est une illustration de l’excellence des relations entre la RDC et la Nation « arc-en-ciel ». D’ailleurs, la bienveillance de l’Afrique du Sud pour la RDC n’a pas commencé aujourd’hui. En effet, le pays de Nelson Mandela joue depuis plus d’une décennie un rôle déterminant dans la recherche de la paix dans l’Est du Congo.
    L’on se rappelle que c’est sous son égide que les accords de « Sun city » ont été signés en 2003, mettant un terme à une guerre qui avait embrasé toute la région des Grands lacs. Par ailleurs, plus d’un millier de soldats sud-africains participent à la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU en RDC.
    Cette visite d’Etat de Jacob Zuma, au-delà de tout ce qui vient d’être évoqué, peut être interprétée comme la volonté de la Nation « arc-en-ciel » de marquer son territoire en signifiant à tous ceux qui alimentent le brasier congolais, que la recréation est terminée.
    Tout le monde sait notamment que l’Afrique du Sud ne porte pas dans son cœur le Rwanda, qui, à ses yeux, est un Etat trublion et déstabilisateur de la région des Grands lacs. Paul Kagamé, qui cherche un alibi pour voler aux secours du M23, sait que l’Afrique du Sud verrait cela d’un mauvais œil. L’histoire est en train de s’accélérer dans l’Est de la RDC et le temps n’est peut-être pas loin où on assistera à l’instauration d’une paix définitive dans cette partie du Congo, qui en a véritablement besoin pour que les immenses richesses dont elle regorge, servent enfin au bien-être des populations.

    Pousdem Pickou- avec Le Pays

  • Debandade de M 23, l’impuissance et embarras du parrain Rwandais

    Debandade de M 23, l’impuissance et embarras du parrain Rwandais

    m23 au Rwanda-Le temps se gâte pour le M23. Délogé de ses sanctuaires de Kibumba, Rutshuru et de Rumangabo sous les coups de boutoir de l’armée congolaise et de la brigade d’intervention des forces de l’ONU, le mouvement rebelle congolais est visiblement en train de vivre ses derniers instants d’agonie. La situation militaire est devenue tellement inconfortable pour lui qu’il s’est vu dans l’obligation d’appeler à la reprise des négociations de Kampala, mais Kinshasa, fort de ses succès militaires entend poursuivre le ménage jusqu’à son terme. Il faut dire qu’il ne pouvait pas en être autrement. En effet, depuis que l’ONU a décidé de donner un mandat offensif à ses forces déployées en RDC, l’on s’attendait à la fin de la récréation pour le M23. Car, on voit mal le mouvement rebelle défier la Brigade d’intervention de l’ONU qui a vu ses effectifs augmenter et ses équipements militaires renforcés.
    Le Rwanda est tenu à la sagesse car il risque gros dans l’affaire. Par ailleurs, le parrain rwandais, qui a toujours démenti soutenir le M23, se trouve dans une posture où il est obligé d’assister, sans réagir, la mort dans l’âme, à la débâcle d’un de ses moyens de pression et de chantage en RDC. L’on se rappelle que depuis que Laurent Désiré Kabila a été porté à la tête de la RDC par les bons soins de Kampala et de Kigali, le Congo est tenu en laisse par Paul Kagamé qui décide de quand faire la paix et de quand faire la guerre. Cette humiliation permanente du Congo par le « petit Rwanda » exaspère le peuple congolais et amène certains Congolais à regretter l’époque de Mobutu Sésé Séko pour qui l’intégrité du territoire congolais était un acquis qu’aucun voisin n’osait remettre en cause. La donne est certainement en train de changer avec les victoires des forces armées congolaises sur le M23. Le Rwanda est tenu à la sagesse car il risque gros dans l’affaire. C’est pourquoi il ne prendra pas le risque d’affronter les forces de l’ONU en soutenant activement et publiquement les rebelles cette fois-ci, comme il l’a toujours fait dans le passé.

    L’on peut ajouter à cela que la communauté internationale commence à montrer des signes de lassitude et de nervosité devant les agissements de l’homme fort de Kigali dans l’Est de la RDC.
    En tous les cas, il est impérieux de mettre un terme au supplice des populations de cette partie du territoire congolais par tous les moyens. C’est pourquoi Joseph Kabila ne doit pas se laisser griser par ses victoires militaires et ne doit pas balayer d’un revers de la main la demande par le M23 de la reprise des pourparlers de Kampala. Toutes les voies d’une paix durable doivent être envisagées.

    Tout le monde sait notamment que l’Afrique du Sud ne porte pas dans son cœur le Rwanda

    C’est dans ce contexte marqué par une série de victoires des FARDC et la débandade du M23 que Jacob Zuma effectue une visite officielle de deux jours en RDC. Cette visite de la première puissance militaire et économique du continent est une illustration de l’excellence des relations entre la RDC et la Nation « arc-en-ciel ». D’ailleurs, la bienveillance de l’Afrique du Sud pour la RDC n’a pas commencé aujourd’hui. En effet, le pays de Nelson Mandela joue depuis plus d’une décennie un rôle déterminant dans la recherche de la paix dans l’Est du Congo.
    L’on se rappelle que c’est sous son égide que les accords de « Sun city » ont été signés en 2003, mettant un terme à une guerre qui avait embrasé toute la région des Grands lacs. Par ailleurs, plus d’un millier de soldats sud-africains participent à la nouvelle brigade d’intervention de l’ONU en RDC.
    Cette visite d’Etat de Jacob Zuma, au-delà de tout ce qui vient d’être évoqué, peut être interprétée comme la volonté de la Nation « arc-en-ciel » de marquer son territoire en signifiant à tous ceux qui alimentent le brasier congolais, que la recréation est terminée.
    Tout le monde sait notamment que l’Afrique du Sud ne porte pas dans son cœur le Rwanda, qui, à ses yeux, est un Etat trublion et déstabilisateur de la région des Grands lacs. Paul Kagamé, qui cherche un alibi pour voler aux secours du M23, sait que l’Afrique du Sud verrait cela d’un mauvais œil. L’histoire est en train de s’accélérer dans l’Est de la RDC et le temps n’est peut-être pas loin où on assistera à l’instauration d’une paix définitive dans cette partie du Congo, qui en a véritablement besoin pour que les immenses richesses dont elle regorge, servent enfin au bien-être des populations.

    Pousdem Pickou (AVEC LE PAYS)