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  • Mandela ne voulant pas serre la main de« l’assassin de son ami et frère Mouammar Kadhafi »a fait le mort sur son lit d’hôpital

    Mandela ne voulant pas serre la main de« l’assassin de son ami et frère Mouammar Kadhafi »a fait le mort sur son lit d’hôpital

    Nelson-and-Winnie-Mandela-en-1990-Le 18/07/2013, jour de son 95ème anniversaire, comme par miracle, Nelson Mandela a ressuscité du long coma dans lequel les circonstances et les médias l’avaient trempé. Et si tout ce cirque n’avait été orchestré que pour éviter de seconder l’hypocrisie du président américain qui est devenu l’homme dont l’Afrique a le plus peur aujourd’hui ? Ce qu’on sait de certain est que Mandela ne voulait pas serrer la main d’Obama. Mais pourquoi ?

    Que s’est-il passé entre le moment où le sénateur Obama posait triomphalement à coté de Nelson Mandela ? Entre temps, Obama est devenu président des Etats-Unis. Et le fils noir d’Afrique est devenu l’un des pires prédateurs du continent africain. De la Côte d’Ivoire à la division du Soudan en passant par la destruction de la nation libyenne pour la transformer en foyer de djihadistes. Durant son premier voyage comme chef d’Etat en Afrique du Sud, Obama n’a pas pu rencontrer l’ex président Nelson Mandela qui a tout simplement fait le mort sur son lit d’hôpital pour ne pas serrer la main de celui qu’il appelle : « l’assassin de mon ami et frère Mouammar Kadhafi », ce dernier qui avait tant fait pour aider ceux des combattants de l’ANC qui avaient lutté pendant ses années de détention. L’occident célèbre Mandela pour ses 27 ans derrière les barreaux, mais ils oublient que durant ce temps, il y avait des gens dehors qui combattaient et mourraient sous les balles livrés par eux. Des Martyrs que l’Occident a délibérément choisi de faire oublier en sur-médiatisant les 27 ans de prisons de Mandela, pour mieux occulter le sacrifice extrême de Steve Biko et ses compagnons, qui ont donné leur vie pour qu’il y ait la liberté en Afrique du Sud au moment où presque toutes les administrations Européennes et des Etats-Unis d’Amérique finançaient et aidaient les ennemis de Mandela qui le tenaient en prison. Comme une femme, la représentante à Paris de l’ANC, Dulcie Evonne September, 53 ans, assassinée avec 5 balles dans la tête au bas des escaliers du bureau de l’ANC à Paris. Elle enquêtait pour trouver les preuves du soutien militaire de la France au régime raciste d’Afrique du Sud. Aujourd’hui, chaque star de Hollywood est à la page s’il peut exhiber sa photo avec Mandela. En dehors de la mode qui consiste à s’arrêter sur le temps passé par Mandela en prison, de visiter sa cellule, savent-ils ce qu’était l’apartheid ? Et pourquoi n’en parlent-ils jamais ? Pourquoi Obama n’a-t-il jamais cité un seul nom des vrais héros de la lutte contre l’apartheid ? L’Afrique doit-elle continuer de se livrer à ce cirque ou carrément faire le mort pour les éviter ?

    OBAMA VEUT AIDER LES PAYS ARABES, MAIS EN REALITE IL INSTALLE L'ISLAMISME EN AFRIQUE DU NORD.

    Le 18 Juillet 2013 la ville américaine de Detroit dans l’état du Michigan dépose le bilan, c’est-à-dire, fait faillite. C’est l’énième faillite d’une ville américaine et d’une longue liste. D’autres villes suivront parce qu’elles croulent sous les dettes et que les aventuriers dits politiciens issus du suffrage universel, n’arrivent pas à maîtriser, pour continuer à payer les pompiers, les policiers, les balayeurs de rue, le service d’alimentation en eau potable, les crèches, les cantines scolaires, les piscines municipales etc. Detroit n’est que l’arbre qui cache la forêt d’une gestion catastrophique de la chose publique dans presque tout l’occident. Apparemment, la « démocratie » et la « bonne gouvernance » qu’Obama a exigées des pays arabes en 2009 comme conditions pour être aidés financièrement par les Etats-Unis se font toujours attendre dans son propre pays. Et même le plus naïf des Arabes qui entend ces mots ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Monsieur Obama n’applique pas ses conditions de « bonne gouvernance » dans son propre pays les USA et l’autre de « démocratie » à ses meilleurs amis dans la péninsule arabique qui sont toutes des monarchies et qui sont le symbole même de la négation des droits fondamentaux des êtres humains à vivre en liberté, comme le simple droit d’une fillette de monter sur une bicyclette ou d’une femme de conduire une voiture. Si Monsieur Obama prétend de façon générique aux pays arabes ce qu’il ne prétend pas de ses meilleurs amis comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite, c’est là la preuve qu’il n’y croit pas lui-même.
    Dans les faits, ce message d’Obama ne visait que les pays africains. C’est ce qui explique le soutien de l’administration Obama à tous les nouveaux gouvernements islamistes arrivés au pouvoir en Egypte, en Tunisie et en Libye. Que la Sharia au pouvoir soit l’objectif de ces gouvernements ne gêne nullement Washington qui leur donne toute sa protection. L’éviction du protégé Morsi du pouvoir en Egypte n’a toujours pas été digérée par Obama qui lui a parlé au téléphone avant son dernier discours à la Nation pour dire qu’il se maintenait au pouvoir malgré une pétition de 22 millions d’Egyptiens. En Tunisie, la situation est encore catastrophique, sur le plan des libertés individuelles avec des assassinats politiques (comme celui de l’opposant Chokri Belaïd), mais cela ne gêne nullement Obama qui donne toute sa bénédiction à ce qu’il appelle l’Islam modéré au pouvoir.

    QUAND TONY BLAIR TORDAIT LE COU A NELSON MANDELA
    
    

    Aujourd4hui, tous sont devenus des amis jurés de Nelson Mandela. Mais après les beaux mots à son encontre, combien d’entre eux lui ont donné un coup de main pour lui permettre durant et après son mandat au pouvoir, d’atteindre son idéal et son objectif de cohésion raciale à travers la justice sociale ? Nous allons chercher à comprendre ci-dessous, à travers l’exemple britannique, quelle a été l’attitude généralisée des leaders politiques occidentaux avec Mandela durant son mandat.
    A la sortie de l’apartheid, pour contrer l’hégémonie des privés blancs dans le système financier sud-africain, Nelson Mandela demandera l’aide de tous les pays occidentaux, qui vont refuser. Tony Blair alors premier ministre britannique ira plus loin dans ce refus en déversant des tonnes d’or sur le marché afin de casser le prix du principal produit d’exportation d’Afrique du Sud, l’or et réduire la nouvelle Afrique du Sud de Nelson Mandela en grosses difficultés financières, d’un côté, pour prouver que c’était mieux du temps des Blancs et de l’autre, pour contraindre le pays à tendre la main à l’occident et qui avait pour cette main tendue, prétendu et obtenu qu’il ne soit jamais effectuée, par exemple comme au Zimbabwe, la réforme agraire, pour restituer aux vrais propriétaires les nombreuses terres fertiles du pays entre les mains des seuls Blancs encore en 2013.

    Lorsque Nelson Mandela quitte le pouvoir en 1999 sur un bilan pas très satisfaisant, c’est l’année où un certain Gordon Brown, numéro deux du gouvernement de Tony Blair et Chancelier de l’Echiquier (nom donné au Royaume Uni au Ministre des Finances), déverse sur le marché tout l’or de la réserve de la Bank of England, la banque centrale britannique, c’est-à-dire dès 1999, pour mettre à genoux l’Afrique du Sud et donner au monde l’image d’une Afrique du Sud mal gérée par Nelson Mandela, Tony Blair déverse sur le marché 395 tonnes d’or, en encaissant la somme de 3,5 milliards de dollars. Il faudra attendre 7 ans pour qu’en 2006, un journal britannique, en l’occurrence The Times ait le courage de dénoncer cette opération. Car à force de vouloir mettre à genoux l’Afrique, l’Europe s’est très souvent mis le doigt dans l’œil. Tony Blair avait réussi son coup, puisqu’à cause de cette opération, le cours de l’or a touché son plus bas niveau historique, annulant tous les programmes sociaux prévus par le successeur de Mandela, un certain Tabo Mbeki, faisant croire au monde que les Noirs étaient incapables de faire mieux, là où les Blancs avaient réussi. Oui, mais comme le relève justement le magazine Times en mars 2006, c’est la décision la plus stupide qu’un gouvernement européen a pu prendre pour casser un pays africain, car la seule annonce de cette opération a fait chuter le prix de l’or auquel finalement le Royaume Uni a pu vendre son or. Ce cours qui ne pouvait rester éternellement bas a augmenté depuis et arrivé au double, à 600 dollars l’once en 2006, le magazine dit que cet or aurait valu au cours du jour la somme de 7 milliards de dollars, c’est-à-dire, le double. Le hasard aidant, c’est le même Gordon Brown qui avait bradé l’or, qui prendra la place de Tony Blair comme premier ministre britannique et se trouvera en grande difficulté financière pour boucler ses différents budgets, et sera ensuite tout simplement balayé par les élections pour laisser sa place à un certain Cameron. Le journal The Independant du 20 Mars 2006 va enfoncer le clou en faisant remarquer que les difficultés du moment et le début de la crise économique auraient été moins graves pour le pays si son or n’avait pas été bradé 7 ans plus tôt, puisqu’en 2006 la flambée des prix d’or sur le marché commence.

    COMMENT KADHAFI VA VENIR AU SECOURS DE L'AFRIQUE DU SUD
    C'est un homme qui viendra au secours encore une fois de Nelson Mandela et cet homme c'est Mouammar Kadhafi. Il n'existe pas de chiffres officiels rendus publics sur cette intervention libyenne en Afrique du Sud, mais on l'estime à plusieurs milliards de dollars à en croire les chiffres que les amis d'Obama en Libye viennent de communiquer. C'est grâce à cet argent que de nombreux Noirs vont finalement avoir accès au crédit pour créer leurs propres entreprises, alors que les banques, toutes détenues par les Blancs se refusaient de le faire, prétextant que les Noirs n'avaient jamais géré d'entreprises, et donc, qu'on ne pouvait leur concéder de crédit. C'est là la naissance de la première classe moyenne des Noirs sud-africains sous Tabo Mbeki.

    Pour comprendre pourquoi Mandela va faire le mort pour éviter de rencontrer le président américain, il faut remonter à 1 mois avant l’arrivée d’Obama dans le pays. La nouvelle Libye d’Obama (puisque les hommes au pouvoir ont été installés par Obama et son administration) exige de l’Afrique du Sud de restituer les milliards que Kadhafi a investis dans le pays pour contrer l’hégémonie des Blancs. C’est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase des proches du premier président sud-africain démocratiquement élu, Nelson Mandela.

    C’est le journal britannique Sunday Times qui avance au mois de mai 2013, le chiffre de 80 milliards de dollars qu’Obama à travers ses amis libyens serait en train d’exiger aux pays africains sous le prétexte d’une appellation tout aussi grotesque que scandaleuse : « tous les fonds et avoirs illégalement détenus, obtenus, pillés, déposés ou cachés en Afrique du Sud et dans les pays voisins par feu Mouammar Kadhafi ». C’est ce que récite le texte que les 2 ministères libyens de la Justice et des Finances ont adressé à leurs homologues sud-africains. La seule réponse officielle de la part des sud-africains à ce jour, c’est Jabulani Sikhakhane, porte-parole du Ministre sud-africain des finances, Pravin Gordhan qui nous la livre le 2 Juin 2013 : « Le processus de vérification de la demande des autorités libyennes est en cours ».

    ET ARRIVA OBAMA

    C’est dans ce contexte tendu que le président américain décide d’effectuer son voyage en Afrique, pour immortaliser ce moment qui lui manque : Obama, premier Noir président des Etats Unis avec le premier Noir président d’Afrique du Sud. Sauf qu’être noir ne suffit plus. Le monde est une jungle où les intérêts économiques sont plus importants que les affections raciales. Tout au moins c’est le message que le président américain a envoyé à l’Afrique depuis son premier mandat.

    Et lorsqu’à son arrivée au Sénégal, il parle d’homosexualité, personne n’est dupe. Tout le monde a compris qu’aujourd’hui, le thème de l’homosexualité est utilisé par l’occident en Afrique pour faire diversion et éviter que les vrais sujets qui fâchent soient abordés. Et ça marche à chaque fois. Ainsi, plutôt que de se demander si leur président Macky Sall peut effectuer une vraie rupture avec le Franc CFA qui appauvrit tous les pays africains qui l’utilise, les sénégalais se sont divisés entre ceux qui étaient pour leur président qui s’est déclaré contre l’homosexualité ou le président américain qui avait sciemment posé le thème. C’est dans ce piège que l’Afrique a été plongée dans les années 80 avec le mensonge du Sida, avec la complicité des Nations Unies à travers l’OMS, comme je le démontre dans mon livre en italien « In Fuga dalle Tenebre » (En fuyant les ténèbres) et le succès de cette diversion bien orchestrée, un vrai cirque macabre, avec pour acteurs de vrais bourreaux et de vraies victimes, a duré 30 ans. Comme la recette du Sida ne marchait plus, un nouveau thème est vite trouvé : l’homosexualité. Et comme d’habitude, les Africains y plongent comme des bébés qui voient le miel. Obama le sait et après l’Union Européenne, entre aussi dans la diversion des africains au Sénégal. Et ça marche. Combien Obama à travers ses amis Libyens exige-t-il du Sénégal des investissements de Kadhafi ? Bien sûr qu’on n’en a pas parlé. C’est à se demander si le président sénégalais est même au courant de cette manœuvre souterraine américaine. Et puis arrive l’étape sud-africaine. Et Mandela qui fait le mort. Le jour même de l’arrivée d’Obama en Afrique du Sud, c’est la famille de l’ex-président sud-africain qui fait circuler une rumeur : la famille se disputerait sur le choix de l’endroit où l’enterrer. Pour une fois, les services secrets américains qui avaient maintenu la visite d’Obama ne s’étaient pas trompés sur l’état de santé de Nelson Mandela qui n’était pas aussi catastrophique qu’on a voulu laisser entendre. Mais lorsqu’on parle du choix du cimetière, alors là, les insistances de l’entourage d’Obama pour aller voir Mandela à l’hôpital ont pris fin. Il aura pour le moins appris comme le président Hollande à Addis Abeba le 25/05/2013 lorsqu’il n’y a eu aucun public à son discours repoussé à 20 :45, qu’en Afrique, on ne sait pas faire semblant.

    USURPATION DU DRAPEAU SUD-AFRICAIN PAR LES HOMOSEXUELS OCCIDENTAUX
    
    

    Depuis quelques années, il y a en Afrique du Sud, un mal être qui vient du fait que les sud-africains ont l’impression que Mandela a été un instrument entre les mains des Blancs afin de leur faire accepter la violence des injustices sociales d’avant. Il y a aussi les symboles qui viennent s’ajouter. Le drapeau sud-africain, des couleurs arc-en-ciel, qu’on a utilisé pour convaincre les Noirs de ne pas céder au sentiment de vengeance contre les Blancs a tout simplement été usurpé d’abord par les pacifistes italiens, ensuite convertie en “rainbow flag”, ou le drapeau de ralliement de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transsexuelle (LGBT). Une polémique a eu lieu en France lors des feux d’artifice du 14 Juillet 2013, lorsque sur la Tour Eifel on a eu des feux arc-en-ciel. Les opposants au mariage pour tous ont crié au scandale, accusé un clin d’œil fait aux homosexuels. Les organisateurs ont dû se défendre le lendemain sur toutes les chaînes de radio et télévision de grande écoute en expliquant que c’était juste un hommage à Nelson Mandela sur un lit d’hôpital. Même la mairie de Paris de Bertrand Delanoë a dû se justifier avec un communiqué disant :
    “La mairie a pris la responsabilité de placer Paris sous le signe de la liberté, l’égalité, la fraternité et de rendre hommage à Nelson Mandela. Point.”
    Cette confusion confirme le mal être des sud-africains face à cette usurpation de leur drapeau qui leur donnait l’impression d’être le peuple le plus tolérant de la Terre, malgré tout ce qu’ils ont subi. C’est aussi pour cela que lorsqu’Obama choisit le thème de l’homosexualité pour son discours à Dakar, il ne peut pas imaginer qu’il est en train de tirer sur une corde très sensible en Afrique du Sud.

    LE DECLIN DE L'OCCIDENT QUI PRETEND AIDER L'AFRIQUE
    
    

    Lorsque le lendemain en Tanzanie, Obama promet 7 milliards de dollars pour éclairer toute l’Afrique, personne n’y croit, même pas lui-même. Il ne se serait pas trompé aussi grossièrement sur le montant qu’il faudrait pour éclairer toute l’Afrique. Et dans tous les cas, s’il n’a pas pu sauver Detroit de la faillite, l’une des villes qui l’a le plus voté, dont la dette était de 20 milliards de dollars, on n’a pas besoin d’avoir pris des cours d’économie ou de comptabilité pour se demander comment il peut aider 54 pays africains qui sont presque tous en bonne santé économique ? La bonne gouvernance, signifie tout d’abord, ne pas dépenser l’argent qu’on n’a pas. Et sur ce, c’est à l’Afrique de donner des leçons aux occidentaux et non l’inverse. C’est aux communes africaines de donner des leçons de bonne gouvernance, en condition extrême même de pauvreté et non l’inverse. Contrairement aux mairies occidentales, les maries africaines ne peuvent pas émettre des obligations, ne peuvent pas s’endetter sur les marchés financiers. Et c’est une bonne chose. Il faut faire avec ce qu’on a. C’est cette règle de ne pas revendiquer l’univers qui ne nous appartient pas que ces mairies africaines s’en tiennent depuis toujours. Il est trop facile de construire les métros, les piscines etc. avec l’argent qu’on n’a pas, mais tôt ou tard, il faudra le rembourser et ce jour est en train d’arriver dans tout l’occident. Et c’est la catastrophe un peu partout.
    La faillite de Detroit, camouflée sous la propagande de : « première grande ville à faire faillite » est en effet l’énième ville américaine qui dépose le bilan, à cause de l’incapacité de gestion de ses dirigeants. Comment Monsieur Obama, qui veut partager les bons et les mauvais points de la bonne gouvernance aux dirigeants africains, n’a-t-il pas honte, lorsqu’il prononce ces mots tout en sachant que le monde entier est au courant de la très mauvaise capacité de gestion de la chose publique de la part des politiciens américains en particulier et occidentaux en général ? Comment des gens qui ont prouvé leur incompétence à administrer des villes dans leurs pays en occident peuvent-ils expliquer aux Africains, qui ont toutes leurs villes avec des budgets excédentaires, comment on gère la chose publique ?

    Le 12 Octobre 2011, Harrisburg, la capitale de l’Etat de Pennsylvanie a déposé le bilan pour mauvaise gestion. Le 28 Juin 2012, c’est la 13ème ville californienne de Stockton de 300.000 habitants qui a déposé le bilan pour les mêmes raisons. De la même façon que feront 21 autres villes américaines avant Detroit, pour la même raison : l’incompétence des politiciens américains à équilibrer les dépenses et les recettes de leurs communes.

    De tous les 28 pays de l’Union Européenne, seul le petit Monaco a un budget en équilibre. Tous les autres sont déficitaires. Tous les länders de l’Allemagne croupissent sous les dettes. Par exemple, dans la ville de Oberhausen, c’est depuis le mois de Mai 2012 que toutes les piscines, les théâtres et les bibliothèques municipales sont fermés pour manque d’argent, et le licenciement de 1000 employés communaux, dans une petite ville de 200.000 habitants qui a 1,8 milliards d’Euros de dettes. La conséquence est que le centre d’affaire sociale a été obligé de monter son personnel à 350 employés pour répondre à de nombreux nouveaux pauvres qui se bouscules dans ces centres pour trouver à manger. Une des conséquence des plus inattendues, c’est que la plupart des boutiques du centre villes qui avant vendaient les plus grandes marques de luxe, aujourd’hui se sont presque toutes converties à la friperie et à d’autres articles de deuxième main que dans le passé, les bons et généreux Allemands offraient aux organisation humanitaires pour les pauvres d’Afrique et d’Amérique du Sud. Pour comprendre la gravité de la situation de ce que la propagande nous présente comme le pays le plus vertueux économiquement d’Europe, il faut savoir que Oberhausen est le centre de la Ruhr, la région fortement industrielle à l’ouest de l’Allemagne. C’est ici qu’est né le miracle économique et industriel allemand après la deuxième guerre mondiale. Dans cette région seulement 8 communes sur 396 ont un budget en équilibre. Toutes les autres 388 sont déficitaires et super-endettées. Dans cet état régional de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie dont fait partie la région du Ruhr, la surendettement du Länder est de 190 milliards d’Euros, c’est le montant de la dette de la moitié des pays africains, c’est-à-dire la dette d’au moins 25 pays réunis.

    CONCLUSION
    Mandela a-t-il fait le mort pour ne pas rencontrer Obama ? Son entourage n’a pas répondu à cette question. Mais lorsqu’on met ensemble plusieurs faits, on n’a même pas besoin de lui poser cette question dérangeante. En Afrique du Sud, plus les Blancs s’accaparent l’héritage de Mandela et plus les Noirs s’installent dans un soupçon qui avait été déjà agité par le parti de gauche sud-africain PAC (Pan African Congress) qui a toujours trouvé que Mandela était un traitre, comme le fait de refuser de débaptiser le nom du pays, pour son vrai nom africain : AZANIA et surtout, parce qu’il n’a pas procédé à la nationalisation des grandes entreprises du pays détenues par les blancs et donc, n’a pas procédé à la redistribution des richesses, laissant les choses dans l’injustice criante où elles se trouvaient durant l’apartheid. Les Noirs sud-africains ont l’impression que quelqu’un leur a volé leur victoire sur l’apartheid. La défiance contre Mandela de la part de certains noirs sud-africains, vient du fait qu’ils n’ont pas la réponse à la question : Comment peut-on faire 27 ans de prisons pour lutter contre une injustice raciale et le jour où on a le pouvoir, on continue avec la même injustice comme si rien ne s’était passé ? Et plus les Blancs célèbrent Mandela et plus ils s’installent dans leur soupçon. Presque tous dans ce pays ont à cœur les mots de l’ex époux de l’actuelle compagne de Mandela (Graça Machel). Samora Machel disait à ses amis du maquis durant la période de la très longue et sanglante guerre de l’indépendance du Mozambique, une des plus tardives d’Afrique finie en 1975 et suivie par une guerre civile financée par le Portugal : « Le jour où vous entendrez les blancs bien parler de moi, ce jour-là, ne partagez plus vos secrets avec moi, parce que cela voudra dire que je vous ai déjà trahis ».

  • Kinshasa intensifie la lutte contre le M23 pour coincer le Rwanda

    Kinshasa intensifie la lutte contre le M23 pour coincer le Rwanda

    Ndala-La RDC veut inverser le rapport de forces à l’est avant de reprendre les négociations.

    Dans les Kivus, à l’extrême est de la République démocratique du Congo (RDC), la paix ne dure jamais bien longtemps. Ainsi la trêve décrétée en décembre dernier n’aura duré que six mois. Le temps, pour le régime de Kinshasa de faire semblant de négocier avec les rebelles tutsis congolais du M23 tout en se réarmant activement.

    Alors que l’opposition politique se fait entendre à Kinshasa, la reprise du conflit dans l’est du pays n’est peut-être pas tout à fait le fruit du hasard. Car aux yeux des Congolais, qui dit Kivu dit Rwanda – le petit voisin honni par une bonne partie de la population. Dimanche dernier, les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) sont passées à l’offensive pour repousser les hommes du M23 des abords de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu.

    En novembre dernier, ces rebelles fortement soupçonnés par les experts de l’Onu d’être soutenus par le Rwanda et l’Ouganda s’étaient brièvement emparés de la ville située sur le lac Kivu, avant de s’en retirer sous la pression internationale. Des pourparlers entre les deux parties avaient ensuite démarré à Kampala, la capitale de l’Ouganda. Sans résultat tangible jusqu’ici. Très violents, les combats auraient fait plus d’une centaine de morts.

    L’armée congolaise très déterminée

    Les forces loyalistes affirment avoir infligé de lourdes pertes à leur ennemi. Celui-ci, en mal de munitions, serait en grande difficulté. “Pendant que les pseudo-négociations s’enlisaient à Kampala, Kinshasa a massé des troupes dans les Kivus et préparé un plan d’encerclement du M23 avec l’aide de milices hutues récemment créées”, explique Thierry Vircoulon, expert d’International Crisis Group (ICG).

    Ces derniers jours, les FARDC ont fait montre d’une détermination inédite. Lors des précédentes poussées de fièvre, elles avaient plutôt l’habitude de s’enfuir, avec femmes et enfants, pillant tout sur leur passage. Mais pas cette fois.

    Suite aux revers cuisants infligés par le M23 aux troupes loyalistes, Kinshasa a nommé un nouveau chef d’état-major, apparemment plus regardant que son prédécesseur sur le versement des soldes et sur l’approvisionnement de ses hommes. Le gouvernement de Kinshasa a aussi acquis de nouveaux matériels de guerre dans dans les ex-pays de l’Est, notamment en Bulgarie.

    En desserrant l’étau sur Goma, le gouvernement de Joseph Kabila poursuit aussi un objectif politique, selon Thierry Vircoulon : revenir à la table des négociations de Kampala après avoir inversé le rapport de forces. ” Fondamentalement, ce que veulent les Congolais, c’est négocier avec le Rwanda, qu’ils considèrent comme le vrai patron du M23″, ajoute-t-il. Kinshasa n’est pas le seul à le penser.

    A l’automne dernier, un rapport établi par un panel d’experts de l’Onu avait fuité dans la presse, mettant durement en cause Kigali, mais aussi Kampala, pour son soutien actif aux rebelles du M23. Le régime de Paul Kagamé avait énergiquement démenti, mais le mal était fait. Plusieurs bailleurs de fonds – dont le Royaume-Uni, un allié stratégique depuis le génocide de 1994 – avaient décidé de suspendre leur aide financière à ce petit pays dépourvu de ressources. Même les Etats-Unis, pourtant bien disposés à l’égard de Kagamé, avaient tapé du poing sur la table.

    Kigali assis entre deux chaises

    Depuis ce tir de barrage, le Rwanda fait profil bas. Ce qui pourrait expliquer l’affaiblissement du M23, par ailleurs miné par des querelles internes. Mais Kigali peut-il laisser ses alliés dans les Kivus se faire laminer ? Depuis près de vingt ans, la politique de Paul Kagamé n’a pas varié: en s’appuyant sur des relais locaux, le Rwanda s’adjuge une zone tampon destinée à renforcer sa sécurité face à des groupes hutus toujours actifs, tout en profitant des ressources minières et agricoles dont regorgent les Kivus. “Kigali est coincé” , confie une source proche du dossier. ” S’il bouge, il va s’attirer les foudres des Occidentaux. S’il ne fait rien, il perd ses positions acquises de longue date au Congo.”

    Exaspéré, le Rwanda s’en est pris, ces derniers jours, à l’Onu, qu’il accuse d’avoir prêté main forte aux troupes congolaises et même d’avoir bombardé deux villages situés sur la frontière. Pourtant, jusqu’ici, la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo) s’est bien gardée d’intervenir directement dans ce nouveau conflit.

    Forte de ses 17 000 hommes – ce qui en fait la principale mission de l’Onu dans le monde -, la Monusco est en train de mettre sur pied une brigade d’intervention de 3 000 hommes, dotés d’hélicoptères d’attaque. Avec un mandat qui ne se réduit pas à la protection des populations civiles mais l’autorise à passer à l’attaque contre les groupes armés. Or dans les Kivus, ils sont loin de se limiter au M23.

    Thomas Hofnung

    ©Libération

  • L’Est de la RDC en proie à une myriade de groupes armés

    L’Est de la RDC en proie à une myriade de groupes armés

    FARDC– Depuis un an, le mouvement rebelle congolais M23 monopolise les gros titres, mais l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), riche en minerais, déchiré par des conflits ethniques et historiques, abrite une myriade d’autres groupes armés. Ces groupes combattent l’armée congolaise ou d’autres milices, dans des alliances mouvantes, et terrorisent en permanence les populations civiles avec le soutien ou la bienveillance, accusent certains, de pays voisins, voire de Kinshasa. Près d’un million de personnes sont déplacées dans les deux provinces du Kivu, selon l’ONU.

    Sélection des principaux mouvements actifs dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu:

    Le Mouvement du M23: essentiellement composé de tutsi congolais, parlant la langue nationale rwandaise, le kinyarwanda. Rebelles intégrés à l’armée congolaise (FARDC) à la faveur d’un accord de paix en 2009, ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté. Le groupe, que Kinshasa et l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda de soutenir en dépit des dénégations des deux pays, destabilise le Nord-Kivu depuis des mois. En novembre dernier, ils ont brièvement pris sa capitale Goma. Des combats ont récemment repris avec les FARDC. Le nombre de ses combattants est incertain depuis des luttes internes qui ont fait de nombreux morts et ont conduit à la défection de toute une faction.

    Les Forces démocratiques alliées (ADF): initialement groupe armé d’opposition au président ougandais Yoweri Museveni, ils ont dès le début trouvé abri au pied des monts Ruwenzori, dans l’est d’une RDC longtemps bienveillante à leur égard, près de la frontière ougandaise. Ce groupe, aujourd’hui uniquement composé de combattants musulmans, affronte épisodiquement depuis près d’une décennie les FARDC à quelques centaines de km au nord de Goma. Leur nombre est estimé à entre quelques centaines et environ 1.300. Dans un rapport publié il y a six mois, l’International Crisis Group notait leur capacité de résilience, mais qu’ils n’avaient toutefois pas la force déstabilisatrice du M23.

    Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR): rebelles hutu rwandais refugiés en RDC après le génocide perpétré en 1994 au Rwanda contre les Tutsi. Même s’ils sont aujourd’hui surtout une menace pour les civils congolais, leur objectif proclamé reste de renverser le régime de Kigali. Leur commandement a été décimé, mais le Rwanda accuse Kinshasa de les soutenir. Ils seraient entre 1.500 et 2.000.

    Les milices Maï-Maï: elles regroupent une vingtaine de sous-groupes, dont la taille varie de quelques dizaines à environ 1.500. Formées à l’origine pour contrer les diverses interventions armées du Rwanda dans l’est de la RDC depuis le génocide de 1994. L’armée de RDC a ces derniers mois été accusée de s’appuyer sur certains d’entre eux pour combattre le M23. L’ONU en a à l’inverse accusé d’autres de soutenir les mutins.

    Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS): l’un de ces sous-groupes Maï-Maï, basé dans le Masisi, dans le Nord-Kivu. Il a aidé les FARDC à chasser les M23 de Sake, une ville-clé proche de Goma en novembre.

    Les Nyatura: autre émanation Maï-Maï, qui a également aidé l’armée congolaise à reprendre Goma au M23 l’an dernier.

    Le Front national de libération (FNL) : groupe rebelle burundais qui a repris les armes contre les autorités de Bujumbura après des élections boycottées par l’opposition en 2010. Une partie des FNL utilisent le Sud-Kivu comme base de repli et font de temps en temps l’objet de campagnes de répression conjointes des armées congolaise et burundaise.

    Les Forces oecuméniques pour la libération du Congo (FOLC): soutenues par un ancien chef rebelle devenu un temps ministre de l’Intérieur de RDC, Antipas Mbusa Nyamwisi. Elles sont, comme les ADF, actives près de la frontière ougandaise et ont été accusées de coopération avec le M23. Le groupe aurait cependant accepté de déposer les armes.

    Face à toutes ces milices, se sont constitués des groupes dits de défense des populations, comme les Raia Mutomboki ou les forces de défense congolaises (FDC). Ces groupes s’en prennent pourtant aussi régulièrement aux civils. Certains d’entre eux ont été accusés par l’ONU d’alliance avec le M23.

    D’autres milices opèrent encore ailleurs dans le pays, notamment en Ituri, district de la province Orientale situé au nord du Nord-Kivu, ou encore dans la riche province minière du Katanga (sud).

    AFP

  • Dossiers Gbagbo, Kony… La Cour pénale internationale à la peine

    Dossiers Gbagbo, Kony… La Cour pénale internationale à la peine

    cpi-Les uns voient en elle l’instrument suprême de la justice universelle ; les autres, une noble mais vaine utopie. Logée à La Haye (Pays-Bas), la Cour pénale internationale, ou CPI, devait être le catafalque de l’impunité et le terminus des massacreurs. Las ! on a surtout enseveli pour l’heure au pied de son siège, fortin tout de blanc et de verre vêtu, quelques illusions. Comme elle paraît loin, l’euphorie initiale… Le 17 juillet 1998, des clameurs de joie retentissent et des yeux s’embuent lorsque, après des semaines d’âpres palabres, les émissaires de 120 pays, réunis à Rome, signent la charte fondatrice de ce tribunal planétaire permanent. Mission : châtier les auteurs de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. “Nous pensions changer le monde, confie, quinze ans après, le vétéran Gilbert Bitti, aujourd’hui conseiller juridique de la section préliminaire de la CPI. Au coeur de la décennie magique ouverte par la chute du mur de Berlin, tout semblait possible.

    Autant dire que le retour sur terre sera violent.” De fait, la cour, inaugurée quatre ans plus tard, suscite des espoirs démesurés. Sans doute l’hymne du “plus jamais ça” couvre-t-il l’increvable rengaine de la realpolitik. “La CPI a avant tout le mérite d’exister, nuance Liz Evenson, animatrice du programme justice internationale au sein de l’ONG Human Rights Watch. Elle expose tout chef de guerre au risque d’avoir à rendre un jour des comptes ; et met en lumière le calvaire des victimes. Mais personne n’avait alors mesuré l’ampleur des défis.”

    Le plus écrasant ? Une dépendance totale envers les Etats, qu’ils figurent ou non parmi les 122 ayant désormais ratifié le statut de Rome, et leur bon vouloir à géométrie variable. En clair, si la CPI, dépourvue de bras armé, n’a rendu à ce jour qu’un unique verdict, condamnant le milicien congolais Thomas Lubanga à quatorze ans de prison, elle ne saurait être tenue pour seule responsable de la maigreur du tableau de chasse. Au minimum, trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, tuteur de fait, restreignent son champ d’action. Jamais la Russie ne la laissera s’aventurer en Tchétchénie ou chez son obligé syrien. Pas question pour Pékin de tolérer la moindre “ingérence” au Tibet ou chez les alliés nord-coréen ou sri-lankais. Les Etats-Unis ? Si l’administration Obama a rompu avec le pilonnage de l’ère Bush, on l’imagine mal avaliser une enquête portant sur la conduite de ses GI en Irak et en Afghanistan. Encadrer la laborieuse traque de l’Ougandais Joseph Kony, gourou sanguinaire de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), soit ; oeuvrer au transfert à La Haye, via le Rwanda, du Congolais Bosco Ntaganda, d’accord. De là à cautionner une démarche incriminant Israël… “Une hypocrisie énorme, peste un magistrat chevronné. Voyez le cas libyen : en 2011, on nous somme d’inculper Mouammar Kadhafi, pour nous lâcher en rase campagne dès sa chute. Notre juridiction paie au prix fort sa soumission aux puissants.” Aujourd’hui, Tripoli refuse de livrer Seïf al-Islam, fils et dauphin du Guide défunt, ainsi que l’ancien chef du renseignement de la Jamahiriya.

    Un coup de glaive dans l’eau ? Procureur de la cour depuis le 18 juin 2012, la Gambienne Fatou Bensouda a dénoncé au début de juin à New York l’”inaction” et la “paralysie” du Conseil de sécurité de l’ONU sur le front du Darfour. Il faut dire qu’au mépris des deux mandats d’arrêt lancés contre lui le président soudanais Omar el-Béchir enchaîne les visites à l’étranger. Y compris au Tchad, ce voisin censé, du fait de son adhésion au Statut de Rome, l’arrêter et l’expédier vers Scheveningen, l’annexe carcérale de la CPI.

    Maints Etats membres, il est vrai, pratiquent la coopération sélective. Oui à la cour, dès lors qu’elle sert mes intérêts. Non dans le cas contraire. Le président Ougandais, Yoweri Museveni, ne la louange que quand elle cible les caïds de la LRA. Maître de Kinshasa, Joseph Kabila a vu sans déplaisir son rival Jean-Pierre Bemba atterrir à La Haye, où il est jugé pour les exactions perpétrées par ses soudards en République centrafricaine ; qu’adviendra-t-il le jour où l’on braquera les projecteurs sur la soldatesque de “Jo” ? Quant à la Côte d’Ivoire, elle s’est empressée d’expédier Laurent Gbagbo, sortant défait dans les urnes puis par les armes, aux Pays-Bas, mais rechigne à extrader son épouse Simone, inculpée comme lui.

    Honneur à Thémis, déesse de la Justice, et à bas Machiavel. A l’entendre, Fatou Bensouda s’en tient au strict respect du droit et bannit du prétoire les calculs politiques. Les faits, les preuves, les témoins : credo louable, mais chimérique. D’abord, les princes de la cour, du procureur aux juges, via le greffier, sont élus par l’Assemblée des Etats parties. Méthode de casting plus propice aux marchandages -“Tu épaules mon poulain et j’appuie le tien”- qu’au primat de l’expertise. Voilà pourquoi la Coalition pour la CPI, forum de plus de 2000 ONG, orchestre les auditions des candidats aux hautes fonctions devant un panel d’éminents juristes. “Si tractations il y a, dit-on chez Human Rights Watch, qu’au moins elles départagent les meilleurs.” Ensuite, il n’est de meilleur vaccin contre le virus de l’instrumentalisation qu’un palmarès inattaquable en matière d’enquêtes, d’instruction et de procès. A l’évidence, on en est loin. Dernier couac en date, l’ajournement, le 3 juin, de l’”audience de confirmation des charges” pesant sur Laurent Gbagbo. Estimant insuffisante la “valeur probante” des pièces fournies, la chambre préliminaire enjoint au procureur de livrer d’ici à la mi-novembre des “preuves additionnelles”, quitte à conduire des “enquêtes supplémentaires”. Bref, Fatou Bensouda doit revoir une copie nourrie de trop d’arguments de seconde main, mémos onusiens ou rapports d’agences humanitaires. “Désaveu humiliant”, comme le claironne maître Emmanuel Altit, l’un des avocats de l’ex-chef d’Etat ivoirien ? A tout le moins, un cuisant camouflet. “Et, pour nous tous, un vrai cauchemar”, confesse un ancien du bureau du “proc’”. Cauchemar récurrent.

    Les limiers maison parviennent souvent trop tard sur les lieux des crimes
    La rétractation d’un témoin clef a conduit en mars dernier à l’abandon des charges pesant sur le Kényan Francis Muthaura. Le meneur de milice congolais Mathieu Ngudjolo doit pour sa part son acquittement, prononcé en décembre 2012, à la fragilité de témoignages “flous et contradictoires”. Quant à la peine infligée à Thomas Lubanga, elle repose en partie sur des récits d’enfants-soldats recueillis par des “intermédiaires” douteux, sinon vénaux. Certes, il convient d’étoffer le contingent des enquêteurs -60 à peine-, dispersé sur huit théâtres complexes et volatils, voire inaccessibles ; interdite de séjour au Darfour, l’équipe Soudan a ainsi dû se borner à collecter les dépositions de civils à la frontière. Il n’empêche: de l’aveu même d’un vieux routier de la CPI, les limiers maison parviennent souvent trop tard sur les lieux des crimes, rançon d’une “regrettable frilosité”, patente cette année au Mali.

    Autre handicap, le manque de fouineurs aguerris. “Les meilleurs sont partis très vite, précise la même source. Ecoeurés: ils trimaient six mois sur un dossier, jusqu’au jour où Ocampo décidait de l’abandonner au profit d’un autre.” Allusion au premier procureur, le très politique et très médiatique Argentin Luis Moreno Ocampo, alias “LMO”, enclin à recruter de jeunes enquêteurs motivés mais malléables. “Avec lui, c’était le one-man-show permanent”, persifle un rescapé, encore atterré par la guérilla fort peu urbaine livrée au greffe et aux juges.

    En interne, les anciens imputent la plupart des carences de la cour aux travers du flamboyant Latino-Américain, néanmoins crédité de la “visibilité” conquise sur l’échiquier mondial. “Nous souffrons d’un terrible déficit d’équité des enquêtes, concède l’un d’eux. Voilà huit ans que j’attends qu’on explore les méfaits des forces de Kabila, de Museveni ou du Rwandais Paul Kagamé. Mais, voilà: le bureau du procureur bosse d’abord sur les vaincus avec le concours des vainqueurs. Et attend que ceux-ci chutent pour achever le travail…”

    “Il faut bien partir de quelque part, objecte Fatou Bensouda, ex-adjointe de LMO. Regarder partout en même temps serait inefficace. Si, côté ivoirien, le dossier Gbagbo est le premier, il ne sera pas le dernier. Cela posé, le moment est venu de tirer les leçons des revers passés et de réviser notre stratégie.” Une mise à plat indispensable aux yeux des ONG, où l’on décèle l’amorce d’un “changement de culture”, et que devrait favoriser le renouvellement des cadres. Fatou Bensouda, bien sûr, moins brutale et plus fédératrice que son prédécesseur, mais aussi un nouveau greffier, le Néerlandais Herman von Hebel, apôtre de la “transparence” promu aux commandes de l’administration et des finances. Le nerf de la guerre est aussi celui de la justice. Or, en ces temps de disette budgétaire, les principaux bailleurs de fonds -France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Canada, Japon- préconisent le gel de la dotation annuelle -110 millions d’euros environ-, alors même que le champ d’action s’est élargi à quatre nouvelles “situations”: Kenya, Libye, Mali et Côte d’Ivoire. “Si l’on veut que la cour produise les résultats escomptés, prévient Fatou Bensouda, il lui faudra des ressources accrues.”

    En Afrique, la CPI a perdu la bataille de l’opinion
    A l’instar de toutes les institutions transnationales, la CPI offre à ses contractuels des revenus enviables: 18 000 euros par mois net d’impôts pour un juge. Et, ici comme ailleurs, il arrive qu’un hiérarque arpente autant les parcours de golf que les couloirs de son service, ou écume colloques et séminaires intercontinentaux. Difficile de tailler à la hache dans les avantages acquis ? Soit. En revanche, on doit pouvoir se passer de dépenses insolites. Est-il cohérent de réduire l’enveloppe consacrée à la “sensibilisation” in situ des populations locales, et d’engloutir 25 000 euros dans la rénovation du hall d’entrée d’un immeuble que l’on quittera en 2015 au profit d’un QG tout neuf ? Evidemment non. Et d’autant moins qu’en Afrique, admet Sunil Pal, l’un des piliers de la Coalition pour la CPI, cette dernière “a perdu la bataille de l’opinion”. Le Premier ministre éthiopien, Haïlémariam Desalegn, président en exercice de l’Union africaine (UA), l’accuse de mener “une sorte de chasse raciale”. Pour le Rwandais Kagamé, elle incarne “le colonialisme et la servitude”. Quant au Kenya, dont le président, Uhuru Kenyatta, doit en partie sa victoire électorale de mars dernier au réflexe patriotique déclenché par les poursuites engagées à La Haye, il a vainement milité pour un retrait massif des pays frères ; campagne relayée sur Internet à coups de pétitions grandiloquentes. N’en jetez plus, la cour est pleine…

    Que lui vaut ce sceau d’infamie ? L’implacable loi des faits. Tous les inculpés, soit une trentaine, viennent du continent noir, à commencer par les cinq détenus de Scheveningen. Tant pis si quatre des huit enquêtes ouvertes l’ont été à la demande d’exécutifs subsahariens. Et tant pis si 34 des 54 pays d’Afrique -un ratio record- ont ratifié la charte romaine. Les protestations des mécontents entravent à peine la coopération au jour le jour: les quatre cinquièmes des requêtes de la CPI en la matière aboutissent. Ancienne ministre de la Justice de la Gambie, ce “doigt de gant” fiché dans le flanc du Sénégal, Fatou Bensouda ne renonce pas à l’ouverture, à Addis-Abeba (Ethiopie), siège de l’Union africaine, d’un bureau de liaison. Suffirait-il de lancer une enquête hors d’Afrique pour solder le procès fait à la cour ? Pas sûr. “N’empêche que le plus tôt serait le mieux”, soupire l’expert juridique d’une ONG. Six des huit cas qu’étudie la section de l’analyse des situations concernent l’Asie, l’Amérique et l’Europe. Mais ni Bahreïn ni Yémen à l’horizon. Parmi les dossiers les plus avancés, la Géorgie, théâtre, en 2008, d’une offensive punitive de l’ex-tuteur russe, et la Colombie, qu’il s’agisse des crimes des rebelles des Farc ou de ceux de phalanges paramilitaires. A quand une procédure en bonne et due forme ? Mystère.

    Les pionniers de 1998 avaient foi dans le pouvoir dissuasif de la CPI, héritière globale des tribunaux ad hoc nés sur les charniers du Rwanda et les cendres de la Yougoslavie. Mais l’”ombre de la Cour”, formule chère au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, doit d’urgence étendre son royaume. C’est à ce prix qu’elle atteindra peut-être un jour l’apogée du succès: devenir inutile.

    Par Vincent Hugeux

  • RDC : la crise oubliée du Katanga

    RDC : la crise oubliée du Katanga

    Mai_Mai_Katanga-Depuis plus d’un an, des groupes armés sèment la terreur au Katanga, dans le sud-est de la RDC, mais le gouvernement se garde de reconnaître la présence d’une rébellion dans la riche province minière.

    Près de 60 mille personnes ont afflué dans la petite ville poussièreuse de Pweto, non loin de la frontière avec la Zambie. Ce sont des milliers de familles, qui ont rassemblé à la hâte un peu d’argent, des couvertures et qui ont pris la route.

    Ces familles habitaient de petits villages vulnérables, loin des positions des casques bleus onusiens et de l’armée congolaise.

    Antoinette, poussée à la fuite par la peur, vit maintenant dans une maison en terre à Pweto; un logement que lui a prêté une habitante de la ville, absente pour quelques mois.

    Sur le mur marron, une inscription à la craie ; “bienvenue”.

    “Une dame m’a aidée quand elle a entendu mon histoire. Elle me laisse vivre ici avec ma fille sans payer,” explique la jeune femme de 18 ans.

    Antoinette a dû fuir son village de Montofita quand les Mai Mai Kata Katanga l’ont attaqué. Ils ont brûlé les maisons et ont embarqué Antoinette, ainsi que sa mère.

    “Ils ont attaché ma mère à un arbre, dit Antoinette, et lui ont enfoncé une flèche dans les côtes; la flèche est ressortie de l’autre côté.

    “Ils lui ont coupé les seins. Tout ça devant moi. Puis chacun des deux hommes m’a violé. Mes voisins ont été brûlé vifs.”

    Le HCR estime que plus de 1700 femmes parmi les déplacés du Katanga ont été violées, comme Antoinette. Un chiffre forcément en deça de la réalité.

    Dans le camp de déplacés de Mwashi, les derniers arrivés ont fui un village surnommé Kosovo, allusion à la fréquence des attaques qu’il a subi au fil des années.

    Ils ont fuit leurs maisons il y a un peu moins d’un mois, et se plaignent de n’avoir pas encore reçu d’aide alimentaire.

    Taux de malnutrition aigue

    En réalité, moins de la moitié des déplacés bénéficient d’une aide alimentaire.

    “Les fonds attribués par les bailleurs pour le Katanga sont trop limités, et le PAM a du mal à continuer à fournir une aide de base aux déplacés,” déplore Anne Nardini, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

    “La province du Katanga est encore perçue comme étant riche, mais le taux de malnutrition aigue y est de 15 pour cent,” ajoute-t-elle.

    Mwashi n’est pas un camp de déplacés structuré, mais plutôt ce que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Onu appelle un site spontané : pas d’infrastructures sanitaires, pas de médecins. Une épidémie de choléra s’est déclarée l’an dernier, faisant au moins 46 morts dans le camp.

    Lucien habite avec son épouse et ses cinq enfants dans une case en paille de taille restreinte. Il était professeur des écoles à Kabisa.

    “On m’a ciblé, dit Lucien, parce que je suis un intellectuel et je décourageais les jeunes de rejoindre les groupes armés. Je savais que les Maï-Maï allaient venir me chercher, donc je me suis enfui.”

    Dans le village de Lucien, une dizaine d’hommes a rejoint le groupe Mai Mai Bakata katanga.

    “Exploiter nos propres ressources”

    Le mouvement Maï-Maï Kata Katanga est récent. Il a été formé après l’évasion de prison de Gédéon Kyungu Mutanga, en septembre 2011.

    A la fois chef de guerre et féticheur, Gédéon Kyungu Mutanga a dirigé une milice Maï-Maï dans les années 1990 et jusqu’en 2006, date de son emprisonnement.

    Sa milice a été armée pendant un temps par le gouvernement, elle faisait partie des groupes d’autodéfense populaires qui luttaient aux côtés des forces congolaises contre les milices pro-Rwanda.

    Après la guerre, bien que son groupe se soit retourné contre le gouvernement, il aurait continué à recevoir des armes, discrètement fournies par le commandant de l’armée de l’air d’alors, John Numbi.

    Un rapport d’ONG locales établit des liens plus récents entre les Maï-Maï Kata Katanga et John Numbi. Le grand chef du groupe serait un dénommé Ferdinand Tanda Imena Kazadi Mutembo qui vivrait à l’étranger.

    “Gédéon est venu nous voir en août 2012. Nous ne l’avons pas vu de nos yeux, il s’est caché dans une case pour nous parler,” raconte un homme qui vient de fuir une base de combattants Maï Maï avec ses deux épouses et ses huit enfants.

    “Ils nous a dit qu’en rejoignant son mouvement, les Bakata Katanga, nous aurions une vie meilleure. Il nous a dit qu’il fallait que le Katanga soit indépendant, que cela mettrait fin aux tracasseries des militaires, et que nous pourrions exploiter nos propres ressources. Le Katanga est très riche, mais nous ne bénéficions de rien. C’est la misère. Il nous a dit que cela changerait.”

    Mouvements sécessionistes

    Peu étonnant que le discours ait séduit, au delà du groupe éthnique de Gédeon. Au Katanga, le sentiment d’injustice sur la répartition des gains générés par les ressources du sous-sol est répandu.

    La province abrite des mouvements sécessionistes depuis des décennies. Elle a même brièvement été indépendante entre 1960 et 1963.

    Mais les méthodes utilisées par les Maï-Maï ne sont pas celles d’un mouvement libérateur, ce qui l’empêche de jouir du soutien de la majorité de la population.

    “Nous ne savons pas quoi penser de l’indépendance du Katanga en tant que telle,” affirme priscille, une habitante de Pweto. “Peut-être que la population aurait pu les soutenir, dit-elle, mais ils brûlent les villages et tuent les gens.”

    “L’indépendance pourrait être une bonne chose pour le Katanga,” estime un habitant de Lubumbashi, “mais cela dépend avant tout de comment. Si c’est pour le peuple, oui; mais pour servir les interêts d’un groupuscule, non merci,”

    Selon les autorités territoriales de Pweto, plusieurs centaines de combattants Mai-Mai se sont rendus depuis le début de l’année. Ils sont appauvris, épuisés, démoralisés.

    “Nous sommes encore plus pauvres qu’avant, beaucoup d’entre nous sont morts, le mouvement s’épuise,” estime l’ex-combattant.

    Les Kata Katanga ont peu de moyens, selon plusieurs témoignages. Ils disposent de quelques AK47, mais se battent surtout à l’arme blanche. Les combattants sont peu formés et le mouvement n’a pas de hiérarchie structurée.

    Lubumbashi

    Pourtant, à la surprise générale, Les Kata Katanga sont parvenus, le 23 mars dernier, à rentrer dans la capitale Lubumbashi.

    Faiblement armés, couverts de gris-gris et brandissant des drapeaux du Katanga indépendant, 242 combattants sont arrivés jusqu’au centre ville, ont dressé un drapeau sur la place centrale avant de déposer les armes à la Monusco.

    L’incident a fait au moins 23 morts, et a semé la panique. A la fin du mois dernier, des tracts ont circulé dans la ville. Un groupe qui se présente comme les Kata Katanga menaçait de prendre Lubumbashi entre le 30 juin et le 11 juillet.

    Une attaque contre une prison dans la ville, le 23 juin dernier, pour tenter de libérer un des leurs a accru la tension.

    “Nous avons peur qu’ils rentrent encore dans la ville,” s’inquiète un habitant de la capitale provinciale. “La dernière fois, des dizaines d’innocents ont été tués par des balles perdues. Ils sont comme une rebellion.”

    Les Maï Maï Kata Katanga ne sont pas le seul group actif dans la province. Les Maï-Maï Gédéon ne réclament pas l’indépendance, mais sont dirigés par la même personne.

    La Corak Kata Katanga, la coordination pour un référendum sur l’autodétermination du Katanga, est dirigée par des anciens tigres Katangais, un groupe indépendantiste qui s’était illustré dans les années 1960.

    Des membres de la Corak affirment s’être infiltrés dans la capitale provinciale et révendiquent une attaque contre l’aéroport de la ville en Février 2011. Ces groupes ont des affinités, mais semblent peu coordonnés.

    Le Haut commissariat aux Réfugiés des Nations Unies appelle la Monusco à augmenter sa présence dans la région.

    La mission onusienne a envoyé des forces spéciales égyptiennes dans la capitale Lubumbashi à la fin du mois dernier et elles sont venues s’ajouter aux 450 casques bleus dans l’ensemble de la province, mais cela reste un effectif dérisoire pour un territoire de la taille de la France.

    Il n’y a “pas de rébellion”

    L’ONU juge la situation au Katanga “très inquiétante” mais le Nord Kivu, où quelques 6000 casques bleus sont stationnés, reste la priorité de la mission.

    Le Premier ministre Matata Ponyo a affirmé à la BBC qu’on ne peut pas parler de rébellion au Katanga.

    “Pour moi, a-t-il déclaré, il n’y a pas de rébellion; ce sont des groupes d’individus qui ont besoin de faire entendre leur voix. C’est la démocratie. Il y a des mesures qui sont prises par le gouvernement pour essayer d’arrêter ce type de mouvement ou tout au moins les contrôler.”

    L’armée Congolaise ne dispose pas de données à ce jour sur le nombre de troupes déployées dans le Katanga, et ne compte pas en déployer davantage.

    Selon le HCR, les soldats gouvernementaux sont responsables d’une grande partie des cas de violences sexuelles enregistrés parmi les déplacés.

  • Concertations nationales : l’opposition est mal partie

    Concertations nationales : l’opposition est mal partie

    Etienne Tshisekedi isolé du reste du monde – l’opposition s’oppose-Le conclave de l’Opposition, organisé à Kinshasa pour baliser la voie aux concertations nationales, a révélé de graves dissensions qui rongent l’Opposition congolaise. Les participants n’ont pas pu s’accorder sur l’essentiel. A l’instar du MLC et de l’UDPS, ayant boudé la rencontre de Limete, ces derniers ont préféré camper sur leurs positions respectives. Pour n’avoir pas réussi à aplanir ses divergences, l’Opposition est mal partie.
    Le conclave de l’Opposition qui se clôture, sauf imprévu aujourd’hui jeudi, a ramené à la surface les profondes divergences qui minent cette plate-forme de la classe politique congolaise. Initié par le président du Sénat et président de l’Union des forces du changement (UFC), Léon Kengo wa Dondo, le conclave s’est révélé incapable d’unir l’Opposition. Pourtant, il était censé unifier l’Opposition autour d’un idéal commun pour aborder avec un seul langage les prochaines concertations nationales, formalisées par ordonnance par le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange.
    Les faux bonds, c’est que le MLC et l’UDPS ont ouvertement boudé cette rencontre, de même que leurs alliés à l’Assemblée nationale. Parti pour rassembler les différentes tendances de l’Opposition face aux enjeux de l’heure, le conclave boucle ses consultations préliminaires comme une simple frange de la grande famille. La suite des discussions politiques initiées par le président de la République s’en ressentira.
    Premier constat : l’Opposition n’a pas la même lecture des concertations nationales et elle ne fait rien pour s’en cacher. Les uns rejettent l’initiative et marquent leur refus de participer ; les autres tentent de voir clair avant de se jeter à l’eau. A ce rythme, l’Opposition va, au lieu de contrer la majorité présidentielle, plutôt lui prêter le flanc. Ses points de vue durant les concertations ne vaudront pas un penny.
    Deuxième constat : le conclave de l’Opposition tend à accoucher d’une souris. Quand bien même certains acteurs présents à Limete relativiseraient en arguant que les absents pourraient toujours adhérer aux conclusions qui en sortiraient. Ce à quoi des observateurs avisés répondent qu’il s’agit du déjà entendu. Le même scénario revient chaque fois que l’on aborde une nouvelle échéance ou une grande question d’intérêt national. Bref, c’est du déjà-vu.
    Dans tous les cas, l’Opposition abordera les prochaines concertations nationales dans une situation d’extrême fragilité. Ce qui fait le lit de la Majorité qui, son côté, s’est alignée aux directives dictées par son autorité morale. Peut-on dans ces conditions espérer un retournement de la situation au moment de ces concertations ?
    Ce n’est pas évident. Une fois de plus, la Majorité aura les mains libres pour faire évoluer les concertations à sa guise ; l’Opposition n’étant pas parvenue à vider ses contradictions.
    Des nouvelles en provenance de Limete où se tient le conclave de l’Opposition ne sont pas non plus rassurantes. Une fois de plus, l’Opposition a ramené le débat sur des préalables, en lieu et place d’un discours à défendre au cours de ces assises.
    Premier test
    Les partis politiques de l’Opposition politique regroupés en conclave entendent, apprend-on, obtenir du chef de l’Etat la correction de l’ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales.
    Ces acteurs considèrent que l’ordonnance du chef de l’Etat contredit dans ses dispositions les plus pertinentes l’esprit de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. D’où, soutiennent-ils, est né le projet de ces concertations. A cet effet, ils ont mis en place une sous-commission pour examiner l’accord-cadre d’Addis-Abeba dans son volet relatif au dialogue national, supposé inclusif.
    « Le conclave va changer beaucoup de choses. Considérant que toute œuvre humaine est imparfaite, le président de la République peut se tromper. Le dialogue national doit se conformer à l’accord-cadre d’Addis-Abeba. La famille politique de Joseph Kabila et même l’ensemble de la communauté nationale devront ainsi prendre en compte les résolutions finales de ce conclave… », a déclaré le modérateur des forces acquises au changement (FAC-Opposition), porte-parole de ce conclave, Jean-Pierre Lisanga Bonganga.
    Les travaux qui se clôturent aujourd’hui jeudi vont donc déboucher sur une résolution fondamentale quant à la problématique du schéma des concertations nationales.
    D’autres recommandations se rapportent aux différentes questions débattues en sous-commissions. Il s’agit notamment de la révision constitutionnelle pour laquelle l’Opposition a promis de réaffirmer sa ferme opposition ; celle de défendre le verrouillage de l’article le plus visé, c’est-à-dire l’article 220 de la Constitution qui traite du nombre et de la durée des mandats du président de la République.
    L’organisation interne dans le processus de désignation du porte-parole de l’Opposition donnera aussi lieu à une résolution. Celle-ci, tout comme toutes les autres résolutions, devront cependant être proposées aux grands absents du conclave, à savoir l’UDPS et le MLC aux fins de s’opposer à toute l’Opposition.
    Difficile de prédire la suite, les deux partis ayant ouvertement marqué leur opposition à l’initiative lancée par Léon Kengo. Qu’en sera-t-il alors de ces résolutions de ce conclave ? L’on n’en sait pas encore grand-chose pour l’instant. Toujours est-il que les conditions dans lesquelles cette grand-messe de l’Opposition a été organisée n’augurent pas de lendemains meilleurs quant à son impact réel au moment des Concertations nationales.
    La dislocation actuelle de l’Opposition serait un signe prémonitoire d’un naufrage programmé par ses composantes. Fissurée et tiraillée, elle a une fois de plus montré ses limites. Au point où on ne le crédite pas d’être prête à proposer une alternative crédible en 2016.
    Minée par des intérêts divergents, l’Opposition étale au grand jour son incapacité à gérer ses contradictions internes. Aura-t-elle par conséquent le courage de renverser la machine de la Majorité, bien préparée et rodée à passer avec succès le cap de concertations nationales ? Elle est mal partie. D’ailleurs, comme à l’accoutumée.
    Le Potentiel
  • Un nouveau bras de fer commence au Congo

    Un nouveau bras de fer commence au Congo

    Joseph Kabila UA-Le régime sera-t-il servi ou miné par les concertations nationales ?

    Un nouveau bras de fer commence au Congo, au sujet des “concertations nationales” annoncées par le président Kabila la semaine dernière.
    Pour ce dernier, ces assises sont destinées à “rétablir davantage la cohésion nationale pour consolider l’unité nationale et mettre fin aux cycles de violence à l’est du pays” .
    Le chef de l’Etat avait évoqué pour la première fois ce dialogue national en décembre dernier, alors que les mutins du M23 avaient pris la capitale du Nord-Kivu, Goma, avant de s’en retirer en décembre. Ce retrait avait été obtenu par pression internationale et en échange de négociations avec Kampala, afin d’obtenir l’application totale d’un accord pour la paix au Kivu datant de 2009.
     
    Un sursaut contre le régime
    Mais si Joseph Kabila désirait un sursaut national contre le M23, l’opposition veut en faire un sursaut national contre la main mise sur le pouvoir par le camp kabiliste – de plus en plus ethno-régional. La crise causée par le M23, argumentent les opposants, est le résultat de la mauvaise gouvernance en général et de l’absence de légitimité des institutions issues des élections présidentielle et législative de 2011, jugées non crédibles par les observateurs nationaux et internationaux. Et elle n’est pas la seule : les violences se répandent maintenant depuis plusieurs mois au Katanga.
    Car malgré des progrès notables dans les chiffres macroéconomiques obtenus sous le gouvernement Matata, le malaise persiste – comme l’a montré le 53e anniversaire de l’indépendance, le 30 juin, célébré “dans la méditation”, selon les mots de l’agence de presse APA, aucune festivité n’ayant été organisée.
    “Le cas du M23 ne peut être traité seul , a déclaré à “La Libre Belgique” Clément Kanku, de la coalition d’opposition Union pour la Nation. On ne peut éviter de parler de la restructuration de l’armée quand nos chefs militaires ne font que perdre la guerre. Il faut aussi parler des élections de 2011 pour éviter une répétition” de cet échec déstabilisateur.
    L’opposition congolaise a officiellement pris position sur ces concertations nationales pour en contester les modalités, qui apparaissent comme un encadrement soigneux des discussions, destiné à éviter que le chef de l’Etat n’en perde le contrôle. Dans les couloirs du pouvoir comme dans les cercles d’opposition, on se souvient que la Conférence nationale (1991-1992) lancée par Mobutu comme une opération d’ouverture cosmétique, à l’usage de la communauté internationale, s’était transformée, une fois ouverte, en bélier pour abattre la dictature.
    L’opposition refuse donc de “participer à un simulacre de dialogue qui prendrait la forme d’un congrès […] de la majorité présidentielle” . Elle pose ses conditions pour y participer, conditions qui reviennent à ouvrir une nouvelle Conférence nationale, où les discussions ne pourraient être contrôlées par la majorité présidentielle issue des élections frauduleuses de 2011.
    On imagine mal le régime accepter ces conditions et on doit donc s’attendre à ce qu’il tente de contourner ce bloc du refus.
     

    Le rôle de l’Onu

    Tout annuler ? Difficile, car l’intervention internationale qui avait obtenu le retrait du M23 de Goma ne s’est pas arrêtée là. Elle s’était poursuivie par un accord à Addis-Abeba, ouvrant sur une résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci demande notamment au Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Congo de “promouvoir un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation et encourager l’organisation d’élections provinciales et locales crédibles et transparentes” .
     
    C’est justement parce que, à ses yeux, M. Kabila s’est substitué au Représentant spécial pour organiser ces concertations nationales, que l’opposition se sent forte pour les refuser.
    (La libre Belgique)- Marie-France Cros
  • Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    Révision de la Constitution: La leçon du professeur André Mbata au «professeur» Evariste Boshab

    andre_mbata-Le professeur André Mbata n’a pas eu des mots assez durs pour parler de l’ouvrage « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la Nation » d’Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD. Titre ronflant, flagrantes contradictions, hérésie, fraude intellectuelle, livre rédigé contre les règles de l’art sont quelques pics que André Mbata a asséné au livre de l’irresponsable Evariste Boshab. Pour le professeur André Mbata,

    le livre de Boshab est une forfaiture intellectuelle qui contient un soporifique discours pseudo-scientifique pour justifier l’injustifiable. Cet ouvrage, paru récemment, fait polémique d’autant plus que le même Boshab et ses amis avaient conduit une révision de manière cavalière en 2011, ramenant le nombre de tours au scrutin présidentiel de deux à un, dans l’unique but de conserver le pouvoir. A l’approche des élections générales de 2016, Boshab veut récidiver. Il s’observe déjà une levée des boucliers dans la société congolaise où la classe politique et la société civile et l’Eglise catholique ont déjà fait part de leur opposition quant à une autre révision de la constitution. Face à cette mobilisation, les cadres de la Majorité prétextent que le livre de Boshab est une simple réflexion d’un scientifique qui ne concerne pas les institutions. Mais personne n’est dupe, l’ouvrage de Boshab est un véritable ballon d’essai que la Majorité a lancé pour élaborer sa stratégie de révision de l’article 220 de la Constitution. Sans dauphin désigné, la Majorité orpheline est dans l’incertitude quant aux échéances présidentielles de 2016. Pour la plupart des cadres de la Majorité, personne n’a l’étoffe de J. Kabila pour espérer l’emporter en 2016. Moïse Katumbi qui est le plus populaire du camp présidentiel est mal vu par certains bonzes de la Majorité. Et même le premier ministre Augustin Matata qui fait souffler sur les institutions un vent de bonne gouvernance est tout aussi combattu par une clique de cadres de la Majorité qui le considère toujours comme un cheveu tombé dans la soupe. Boshab bien qu’occupant une position éminente dans la Majorité est le plus impopulaire des cadres de la Majorité parce qu’il traine plusieurs casseroles (affaire Snel de 32 millions USD notamment).Conscient de cet handicap, E. Boshab potentiel dauphin de Kabila, sait qu’il n’a aucune chance de gagner les élections présidentielles s’il venait à être investi (ce qui n’est pas gagné tant l’homme lui-même est décrié dans sa propre famille politique). D’où sa réflexion faussement innocente sur la révision constitutionnelle. Le professeur Mbata et une Kyrielle des professeurs de droit de l’Université de Kinshasa ont vite réagi à la publication de Boshab. Le professeur Mbata le fer de lance de cette révolte intellectuelle contre le livre de Boshab a dit notamment ceci : le livre de Boshab n’est pas un livre de droit constitutionnel mais plutôt un livre de politologie. Le professeur Mbata a descendu tous les arguments fallacieux contenus dans cet ouvrage machiavélique. Ci-dessous les arguments du professeur Mbata tirés de sa conférence de presse animée à l’Université de Kinshasa le 26 juin dans l’amphithéâtre archicomble de la Faculté de droit.

    Evariste BOSHAB, professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et Secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction, la démocratie (PPRD), vient de publier un livre de 440 pages intitulé « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation » sorti des éditions Larcier en Belgique. Il avait été baptisé à l’Hôtel du Fleuve, loin des milieux universitaires de Kinshasa, en date du 19 juin 2013. Je me suis efforcé d’acheter ce livre vendu à 100$US, de le lire et de le commenter pour vous ce livre.

    TITRE RONFLANT QUI ENERVE ET TRAHIT LA NATION

    Le mot « inanition » évoque la mort ou le dépérissement. Evariste BOSHAB menace et prédit que la Nation mourrait certainement par « inanition » si on ne révisait pas la Constitution et plus précisément si le président ne recevait pas un troisième mandat par « révision totale » de la Constitution ! Il oublie ce qui pourrait aussi se produire au cas où le peuple recourait à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout celui qui prend le pouvoir et l’exerce en violation de la Constitution.

    UN LIVRE REDIGE CONTRE LES REGLES DE L’ART ET MEPRISANT POUR SES COLLEGUES

    La bibliographie du livre ne contient aucun des textes constitutionnels de la RDC, de la Belgique, de l’Espagne, de la Suisse ou de l’Autriche que son auteur cite ni aucun des titres de nombreux des thèses et écrits qu’il évoque comme ceux des professeurs KABANGE, VUNDUAWE, MAMPUYA, BAYONA, MBOYO, YUMA, ESAMBO, KAMUKUNY, et KALUBA alors que l’auteur se réfère à plusieurs sites internet. Aucune référence à BAYART ni à BENDA pourtant auteurs des livres et des expressions telles que « politique du ventre » et « trahison des clercs » que l’auteur cite également dans son livre.

    FLAGRANTES CONTRADICTIONS ET HERESIES RELEVANT DE LA FRAUDE INTELLECTUELLE

    Après avoir défendu la thèse suivant laquelle la loi no 74-020 du 15 août 1974qui faisait du MPR l’institution unique du pays était une nouvelle constitution, le professeur BOSHAB qui se dit de l’«école sociologique» comme DJOLI, KAMUKUNYI, ESAMBO, et KALUBA épouse à présent l’idée d’une révision en prétendant faire un compromis avec les « positivistes » (KABANGE, VUNDUAWE et YUMA). Il fait également une confusion déroutante entre le « pouvoir constituant originaire » (le peuple) et le « pouvoir constituant dérivé » (élus du peuple) en suivant aveuglement LAVROFF dans son volte-face « au crépuscule de sa vie »comme si son ouvrage était aussi celui d’une personne arrivée au crépuscule de sa vie scientifique. Evariste BOSHAB confond également «révision totale» et «révision partielle » de la Constitution après avoir admis au départ que la révision ne pouvait être que partielle sinon on changerait de constitution et non la constitution. A l’appui, il soutient que le passage de la Belgique de l’Etat unitaire à l’Etat fédéral s’est fait sur base d’une révision totale de la Constitution, ce qui lui vaut une correction du propre préfacier de son livre, le professeur Henri SIMONART qui conseille aux lecteurs de ne pas le suivre comme pour dire qu’il ignorerait le droit constitutionnel de la Belgique où il a pourtant fait ses études doctorales. Son principal argument est fondé sur l’article 192 de la Constitution suisse de 1999. L’auteur refuse cependant de mentionner son article 195 qui stipule que toute révision doit être acceptée par le peuple et les cantons, ce qui équivaut à un référendum. Sa lecture de la constitution suisse est littérale, superficielle, et non téléologique. Esprit malin et intelligent au service du statu quo, il le fait à dessein pour fournir à la majorité un argument pseudo-scientifique aux fins d’une révision totale de la Constitution comme si celle de 2011 ne suffisait pas.

    ARGUMENTS D’EVARISTE BOSHAB

    L’auteur repartit arbitrairement les différents groupes qui préconisent la révision de la Constitution entre les « souverainistes », les « puristes », et les« contextualistes». L’auteur du Pouvoir et droits coutumiers à l’épreuve du temps(2007) qui veut faire feu de tout bois se donne une dizaine de pages pour administrer une foudroyante correction à la « théorie » de l’«intérisme » du« souverainiste » « Grand Frère » Professeur MBOYO EMPENGE, autant de pages pour régler des comptes avec la Conférence épiscopale nationale du Congo(CENCO) et surtout avec le Cardinal MONSENGWO coupables de s’opposer au pouvoir en place et d’avoir rejeté comme non-conformes à la vérité des urnes les résultats des élections de novembre 2011, et presqu’autant pour « corriger » le« puriste » DJOLI qui avait osé critiquer la Constitution pour son manque d’identité. Evariste BOSHAB se considère lui-même comme un « contextualiste ». Les« contextualistes » seraient d’avis que la révision de la Constitution se situerait dans l’évolution et le mouvement du temps qui change. Il ignore, par exemple, que le temps n’a eu que peu d’impact sur la Constitution des Etats-Unis qui n’a été modifiée que 28 fois en plus de deux siècles et, plus près de nous en Afrique, sur la Constitution du Bénin adoptée après la Conférence nationale et promulguée le 11 décembre 1990 qui n’a connu aucune révision depuis près de 23 ans. Le«contextualiste» ignore également le contexte régional et international qui privilégie l’Etat de droit démocratique. Il affirme par ailleurs que le constituant d’une génération ne saurait lier une autre sans dire combien de générations sont passées depuis la promulgation de la Constitution en 2006 et surtout depuis la dernière révision constitutionnelle en 2011. Le « contextualisme » conduirait à l’enseignement d’un droit constitutionnel contextuel ou saisonnier, ce qui placerait nos étudiants dans une situation bien inconfortable où le droit, le vrai, le beau, et le juste dépendraient du temps ou des saisons et varieraient suivant les circonstances, au gré des vagues et des vents. Ceux qui voulaient se servir du livre comme une caution scientifique pour une énième violation de la Constitution doivent être bien déçus et devraient déchanter. Du pont de vue juridique, spécialement du droit constitutionnel, les arguments du« contextualiste » BOSHAB sont pauvres et intenables d’autant plus qu’ils relèveraient non pas du droit, mais la « politologie ».

    LIVRE DE POLITOLOGIE ET NON DE DROIT CONSTITUTIONNEL

    Le livre a été soutenu par la Cellule d’appui politologique pour l’Afrique et les Caraïbes (CAPAC) de l’Université de Liège, ce qui pourrait tant soit peu mitiger la sentence de la Faculté de Droit et de l’UNIKIN déjà coupables d’avoir produit de nombreux talents au service du pouvoir autoritaire dans notre pays. Le monde universitaire et les constitutionnalistes belges connaissent trop peu de cette cellule dirigée par Mr BOB KABAMBA KAZADI, chargé de cours au Département de science politique et bien connu pour ses accointances avec les milieux du pouvoir à Kinshasa. Evariste BOSHAB est l’un des collaborateurs de CAPAC tout comme Monsieur l’Abbé MALU MALU que l’on ne présente plus. Ce n’est pas un hasard si le baptême du livre est intervenu juste après l’investiture de ce dernier comme président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). L’Abbé MALU MALU pourrait avoir de sérieux problèmes à marquer son « coup » en organisant un référendum constitutionnel. En bon capitaine d’une équipe qui gagne souvent « hors-jeu », Evariste BOSHAB tire son coup franc indirect ou un corner dans la surface de réparation pour créer le cafouillage et permettre aux parlementaires de sa majorité de marquer le but fatidique qui serait une révision constitutionnelle.

    IMPOSSIBLE REVISION CONSTITUTIONNELLE DES MATIERES A L’ARTICLE220 DE LA CONSTITUTION

    Le savant exercice du « contextualiste » et du «politologiste » consiste d’abord à banaliser les pouvoirs du constituant originaire en l’assimilant au pouvoir constituant dérivé, à fausser la théorie en prétextant que la révision peut être partielle ou totale, et à déverrouiller les matières contenues à l’article 220 en les mettant au même niveau que toutes autres matières constitutionnelles pour les rendre ensuite révisables par le Parlement où son parti et sa coalition détiennent la majorité des sièges. Pourtant, cet article 220 interdit toute révision touchant à la forme républicaine de l’Etat, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du gouvernement, au nombre et à la durée des mandats présidentiels, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et individuel. L’article 220 interdit également toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne ou les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées. L’auteur réserve aux matières contenues dans les dispositions constitutionnelles intangibles qu’il qualifie maladroitement de « clauses d’éternité » le triste sort que seul Procuste savait réserver à ses victimes : il les tuait et elles mouraient toutes par « inanition » pour non-conformité à la longueur de son « lit », le« Lit de Procuste». Pourtant, les matières prévues à l’article 220 « ne peuvent faire l’objet d’aucune révision ». Au lieu de se contenter de révolter le peuple dont il annonce la mort par « inanition », l’auteur énerve aussi la science du droit et la constitution. D’autre part, aucune théorie, même pas celle dite de la « double révision » qui se fonderait sur l’idée que l’article 220 lui-même ne serait pas verrouillé ne saurait justifier une révision constitutionnelle de ces matières. Evariste BOSHAB ne le dit pas, mais tout le monde sait que tout ce qui préoccupe le plus le« politologiste » et dont il fait une question de vie ou de mort pour la Nation, ce n’est pas la révision de toutes les matières prévues à l’article 220, mais plutôt le nombre et la durée des mandats présidentiels, le compte à rebours ayant déjà commencé pour le second et dernier mandat présidentiel qui arrive irrémédiablement à son terme en 2016. Cette perspective met dans tous leurs états ceux dont la carrière politique dépend étroitement de la présence de Mr KABILA au pouvoir alors que lui-même n’aurait pas grand-chose à craindre pour son avenir, la Nation qui lui demande de respecter la Constitution lui ayant déjà fait la part belle en lui réservant un siège à vie au Sénat.

    RESPONSABILITE DES INTELLECTUELS DANS LA CONSOLIDATION DEL’AUTORITARISME

    Dans la conclusion de son livre, l’auteur évoque les difficultés qui bloquent le développement du droit constitutionnel et cite notamment l’instabilité de la norme constitutionnelle et la « trahison des clercs » se traduisant par l’auto-censure et le servilisme des intellectuels. Son livre qui préconise les révisions constitutionnelles tend malheureusement à nous ramener à l’instabilité constitutionnelle de l’ère mobutiste. Il ne constitue pas moins la preuve de ce que l’auteur fustige lui-même comme étant la « trahison des clercs» (BENDA) relevant de la « politique du ventre » (BAYART) et débouchant sur une certaine « défaite de la pensée »(FINKIELKRAUT). Il s’agit d’une démission de l’intellectuel, d’une déconfiture de la pensée de ceux que j’appelais naguère les « tambourinaires du pouvoir » et qui avaient été dénoncés par le romancier nigérian CHINUA ACHEBE. Dans The Anthrils of the Savannah (les termitières de la savane), ACHEBE estime que comme les termitières sont construites par de petits et nombreux « soldats », les dictateurs ne sont pas non plus nés, mais plutôt « faits » par les courtisans qui ne cessent de bourdonner à leurs oreilles et d’inventer des théories pour leur faire croire qu’ils seraient faits pour régner et régner pour toujours! KWESI PRAH avertissait dès 1992 que les sciences sociales devaient prendre très au sérieux la question de savoir pourquoi certains brillants intellectuels africains finissent par se faire corrompre et devenir des lèche-bottes et des garçons de course des dirigeants autoritaires qu’ils vilipendaient. La « politique du ventre »pourrait expliquer un tel « servilisme » de ceux qui deviennent des « intellectuels organiques » du pouvoir autoritaire, pour emprunter l’expression de GRAMSCI, des agents du status quo ou des « chercheurs du gouvernement » selon les termes d’un jeune docteur en droit partageant les thèses d’Evariste BOSHAB qui participait à la conférence que j’avais tenue à l’UNIKIN en date du 26 juin 2006 sur « Mandats présidentiels et révisions constitutionnelles en Afrique ». Le professeur BASUE lui signifiait immédiatement que les « chercheurs du gouvernement » déjà nombreux parmi nous n’avaient pas leur place à l’université et feraient donc mieux de prester dans les « fermes » présidentielles ou les « hôtels » des fleuves. Ce livre d’Evariste BOSHAB est probablement celui qui l’aurait introduit par la grande porte dans le monde des constitutionnalistes. Il risque d’être malheureusement celui qui lui ferme aussi cette porte à cause de ce qu’il qualifie lui-même de « discours soporifique tendant à justifier l’injustifiable ». Il constitue un terrible gâchis intellectuel.

    NON A LA REVISION DES MATIERES A L’ARTICLE 220

    Aucun argument de droit constitutionnel ne permettant de réviser l’article 220de la Constitution, le président ne devrait pas écouter les vendeurs d’illusions scientifiques et politiques. Toute révision constitutionnelle touchant aux matières prescrites par cet article serait une violation intentionnelle et flagrante de la Constitution punissable de haute trahison. L’on peut parier que la Nation refusera de mourir par « inanition » et s’y opposera énergiquement en recourant à l’article 64 qui l’oblige à faire échec à tout gouvernement inconstitutionnel. La communauté internationale n’est pas non plus disposée à cautionner un tel « coup d’Etat » après s’être tue à la suite des élections calamiteuses de novembre 2011. Pour le Président de la RDC comme pour ses collègues du Congo, du Burundi et du Rwanda qui sont également dans leur second et dernier mandat, le cas de Mamadou TANJA qui avait cru se donner un troisième mandat au Niger au motif qu’il n’avait pas achevé ses chantiers de modernisation devait servir de leçon. Au lieu de passer leur temps à fabriquer des arguments pseudo-scientifiques pour amener les présidents à violer les constitutions en se cramponnant au pouvoir, les thuriféraires et tambourinaires du pouvoir devraient plutôt aider ces hommes qui étaient déjà mal entrés dans l’histoire politique de leurs pays à se réconcilier avec leurs peuples en se retirant dignement à la fin de leurs mandats. L’histoire nous apprend qu’aucun mobutiste n’avait suivi Mobutu dans sa chute. Ils étaient les premiers à le renier et à le vilipender en le présentant comme un vilain dictateur. Les courtisans de régimes actuels seront les premiers à bruler demain ceux qu’ils adorent ou encensent aujourd’hui et à sabler du champagne une fois qu’ils ne seront plus au pouvoir. Le jugement de l’histoire est impitoyable et personnel. Les chefs d’Etat devraient cesser d’écouter et écarter de leurs entourages tous ceux qui les empêcheraient d’inscrire leurs noms en grands caractères dans l’Histoire. Tout mandat a une fin. Il faut quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte. Comme l’écrivait Victor HUGO, gloires, honneurs, fortunes militaires, toutes les choses de la terre ne sont sur nous posées que comme l’oiseau sur nos toits. Les dirigeants tels que FW de KLERK et Thabo MBEKI en Afrique du Sud, Quett MASIRE et Festus MOGAE au Botswana, Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE au Sénégal, Alpha Oumar KONARE et Amadou Toumani TOURE au Mali, OlesegunOBASANJO au Nigeria, Joaquim CHISSANO au Mozambique, Daniel ARAP MOI au Kenya, Pierre BUYOYA au Burundi, Kenneth KAUNDA et Rupiah BANDA en Zambie, Jerry RAWLINGS et John KUFUOR au Ghana, Ali Hassan MWINYI et Benjamin MKAPA en Tanzanie, Nicéphore SOGLO et Mathieu KEREKOU au Bénin, nous apprennent qu’il ne sert à rien de s’éterniser au pouvoir par des coups d’Etat, des fraudes électorales ou des révisions constitutionnelles et qu’il existe bien une vie après la présidence en Afrique. Cette vie après la présidence peut même être plus belle et plus longue comme le témoigne la vie de Nelson MANDELA qui ne s’était contenté d’un seul mandat en Afrique du Sud. Comme ses collègues, le Président Joseph KABILA a tout intérêt à ne pas violer la Constitution pour se donner un troisième mandat. Après 15 ans au pouvoir, il devrait se retirer en 2016pour devenir sénateur à vie. Il peut préparer sa succession et se donner un dauphin comme le Secrétaire général du PPRD qui deviendrait alors le candidat à la présidence pour le compte de la majorité actuelle. Tel est le vrai combat que devait mener Evariste BOSHAB. Au lieu de se perdre dans des gesticulations scientifiques inutiles, il devrait plaider pour sa propre chapelle et solliciter le soutien du président pour lui succéder. Le reste ne serait que du vent car il n’y aura pas de révision constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels ni même pas de référendum constitutionnel. L’«inanition » risque cependant d’avoir lieu, non pas l’«inanition » de la Nation comme celle annoncée par Evariste BOSHAB, mais plutôt celle des courtisans. Joseph KABILA n’était pas né pour eux tout comme il ne se privera pas d’entrer dans l’Histoire à cause d’eux car le contraire serait suicidaire.

    André MBATA B MANGU Professeur de Droit Public Professeur des Universités

  • RDC : La diaspora oubliée du dialogue national

    RDC : La diaspora oubliée du dialogue national

    Congo drapeau-Joseph Kabila a annoncé la prochaine tenue de “consultations nationales” dans un contexte de crise politique après les élections contestées de 2011 et la reprise de la guerre à l’Est du pays. A Paris, la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD) regrette l’absence de la diaspora à cette initiative.

    Annoncé en janvier 2013, le dialogue national voulu par Joseph Kabila devrait finalement voir le jour. Le président congolais a signer dernièrement une ordonnance convoquant des “consultations nationales” sous la direction de deux de ses proches : Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale et Léon Kengo, le président du Sénat. Objectif de ces consultations : “rétablir la cohésion nationale, consolider l’unité du pays et mettre fin aux cycles de violence à l’Est du pays afin de permettre la reconstruction du pays“. Un programme ambitieux qui butte sur l’affaiblissement du chef de l’Etat congolais depuis la présidentielle contestée de novembre 2011 et le retour de la guerre au Nord-Kivu. Les “consultations nationales” devraient se dérouler sur 15 à 20 jours à une date encore “indéterminée” par l’ordonnance présidentielle.

    Si l’opposition politique, UNC et MLC en tête, ont rejeté en bloc leur participation au dialogue national, certains partis (ils sont peu nombreux) approuvent la démarche du président Kabila. C’est le cas à Paris de la Diaspora congolaise favorable au dialogue (DCFD). Gaspard-Hubert Lonsi Koko, son porte-parole, approuve l’initiative présidentielle. Il souhaite en effet la tenue d’”un véritable dialogue républicain, sans exclusive, entre les Congolais“. Selon lui, il y a urgence à consolider “la cohésion nationale, la concorde sociale, les institutions étatiques (…) face aux diverses tentatives de déstabilisation de la partie orientale de la République démocratique du Congo“. Si Gaspard-Hubert Lonsi Koko ne cautionne pas la politique de Joseph Kabila (il a toujours revendiqué sa place dans l’opposition), le porte-parole de la DCFD rejette la politique de la chaise vide.

    Mais il y a un autre bémol de taille : l’absence de la diaspora congolaise à ces concertations. Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, “tous les Congolais sont égaux devant la loi” et il ne comprend pas que la diaspora soit écartée du processus. “La diaspora constitue quasiment 1 province entière de la RDC. Nous participons économiquement et  socialement à la vie du pays“, explique-t-il. Dans un communiqué publié à Paris, la DCFD espère donc “que ce facteur sera pris en compte avant l’articulation concrète desdites concertations – la reconstruction de la souveraineté de l’État devant être l’œuvre de tous les Congolais, indépendamment de leur lieu de résidence“. La diaspora mène depuis de nombreuses années un long combat pour la reconnaissance de ses droits en RDC. Lors du processus électoral de 2011, les Congolais de la diaspora congolaise n’avait pas pu participer au scrutin depuis leurs pays de résidence.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Barack Obama peut-il vraiment multiplier par deux l’accès à l’électricité en Afrique?

    Barack Obama peut-il vraiment multiplier par deux l’accès à l’électricité en Afrique?

    Obama apres lediscours Ghana-Ce week-end, lors de sa visite au Cap en Afrique du Sud, avant de s’envoler pour la Tanzanie, le président américain a promis de débloquer 7 milliards de dollars d’aide pour développer le réseau électrique africain. Le continent aurait besoin de 40 milliards chaque année, rien que pour rattraper son retard de développement dans ce secteur.

    Barack Obama compte aider l’Afrique à développer son réseau d’électricité. Ce week-end, en Afrique du Sud, le président américain a annoncé la mise en place d’un plan dénommé « Power Africa », l’énergie pour l’Afrique. Il a pour objectif de doubler l’accès à l’électricité sur le continent africain.

    Les Etats-Unis vont d’abord travailler avec l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, le Liberia, le Nigeria et la Tanzanie. Washington entend apporter 10 000 mégawatts d’électricité supplémentaires à 20 millions de foyers et d’entreprises.

    « L’électricité, c’est la lumière qui permet aux écoliers d’étudier, l’énergie qui permet de transformer une simple idée en entreprise, et la connexion qui permet de brancher l’Afrique sur le réseau de l’économie mondiale », a déclaré Barack Obama.

    Les Etats-Unis investiraient 7 milliards de dollars. Le secteur privé américain y ajouterait 9 milliards. Plusieurs agences de développement seront mobilisées, notamment le fonds d’investissement Overseas Private Investment. Il fournira 1,5 milliard de dollars de financements et de garanties, ce qui permettra aux entreprises américaines de prendre moins de risques dans ces projets de développement.

    Le paradoxe africain

    Les besoins de l’Afrique en électricité sont colossaux. « Les deux tiers de l’Afrique sub-saharienne souffrent de pénurie d’électricité, et cette proportion peut atteindre 85% dans les zones rurales », relève Gayle Smith, conseillère de la Maison Blanche.

    Pourtant, sur ces dix dernières années, le continent africain a connu une croissance remarquable : 5% en moyenne, soit le double de celle de l’Europe. Selon une étude (disponible ici en version pdf) datée de 2010 et signée Christine Heuraux, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri), le continent dispose de ressources énergétiques gigantesques : 10% des réserves hydrauliques mondiales économiquement exploitables, 10% des réserves mondiales de pétrole, 8% des réserves mondiales de gaz et 6% des réserves mondiales de charbon. Restent encore le potentiel solaire, les gisements géothermiques ou l’éolien sur les zones littorales.

    Pourtant, l’Afrique sub-saharienne ne dispose que d’une capacité électrique très limitée : 74 GW pour 860 millions d’habitants. C’est à peu près celle de l’Espagne, qui ne compte que 45 millions d’habitants. Sans l’Afrique du Sud, cette capacité tombe à 34 GW pour 810 millions d’habitants, l’équivalent de la capacité polonaise pour ses 38 millions d’habitants.

    Plus inquiétant encore, Christine Heuraux estime qu’un quart de ces capacités de production sont hors d’état de fonctionnement. Au Niger par exemple, la capitale Niamey a souffert de pannes d’électricité pendant trois semaines le mois dernier. Une tempête a abattu un pylône qui transportait l’électricité venue du Nigeria. Côté nigérien, les stations de secours, trop vétustes, n’ont pas pu assurer une alimentation suffisante durant les réparations.

    Une goutte d’eau

    En 2030, la moitié de la population mondiale sans électricité vivra en Afrique sub-saharienne. Le continent connaît un important boom démographique. Sa population devrait doubler d’ici 2050 pour atteindre 2 milliards de personnes, dont 40% vivront en zones rurales. Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), à ce rythme, en 2030, près de la moitié de la population africaine n’aura pas accès à l’électricité. Pour rattraper ce retard, il faudrait investir 40 milliards de dollars par an, pendant 10 ans, dans le secteur électrique africain.

    « Power Africa » n’a donc pas vraiment les moyens de ses ambitions. « Rien que pour la Tanzanie, nous avons besoin de 2,5 milliards de dollars d’investissements par an pour faire face à la pénurie d’électricité. Donc, les 7 milliards de dollars annoncés par le président Obama pour cinq ou six pays, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan », analyse Ibrahim Lipumba, économiste tanzanien.

    Selon la Banque mondiale, la faiblesse électrique de l’Afrique lui coûte environ deux points de croissance chaque année.

    RFI