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  • Commerce mondial : Pékin cajole ses fournisseurs

    Commerce mondial : Pékin cajole ses fournisseurs

    French Week

    Par Frédéric Lemaître et Simon Leplâtre

    EnquêteRéservé à nos abonnés

    Publié aujourd’hui à 16h30, mis à jour à 16h43

    Du 5 au 10 novembre, Shanghaï accueille un Salon destiné à favoriser les importations chinoises. Au total, 2 800 entreprises venues de 130 pays seront présentes et c’est le président Xi Jinping en personne qui inaugurera la China International Import Expo.

    C’est une première, et la Chine fait tout pour qu’elle soit grandiose. Du 5 au 10 novembre, Shanghaï accueillera la première China International Import Expo (CIIE). Uan salon non pas pour exporter, comme c’est généralement le cas, mais, au contraire, pour favoriser les importations. Pour accueillir des centaines de milliers de visiteurs, la ville a réparé ses routes, enterré des lignes électriques et rénové entièrement des dizaines de quartiers. Comme lors de chaque grand événement politique en Chine, les usines de la région ont été priées de se mettre en vacances trois jours avant l’inauguration, pour assurer un ciel sans pollution.

    Qualifiée d’« usine du monde » au tournant du siècle, la Chine entend rappeler que, si elle est, depuis 2009, le premier exportateur mondial, elle est également le deuxième acheteur au monde. Elle importe certes moins que les Etats-Unis mais autant que l’Allemagne et le Japon réunis. « La Chine est le premier marché à l’exportation pour l’aéronautique et le soja américains et le deuxième pour l’automobile, les circuits intégrés et le coton américain », rappelle le Livre blanc que la Chine a publié, en septembre, sur le différend qui l’oppose aux Etats-Unis.

    Au moment où le président américain, Donald Trump, accuse Pékin de pratiques commerciales déloyales et où certains dénoncent le caractère « néocolonial » des « nouvelles routes de la soie », cette foire aux importations constitue évidemment un événement autant politique que commercial.

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  • Quand la Corse a rendez-vous avec Shanghaï

    Quand la Corse a rendez-vous avec Shanghaï

    La bière à la châtaigne et les canistrelli, biscuits traditionnels corses, peuvent-ils obtenir les faveurs des gourmets chinois ? Du 5 au 11 novembre, seize entreprises insulaires essaieront d’en convaincre les 15 000 acheteurs présents à la China International Import Expo (CIIE) de Shanghaï. Eaux minérales et bière, charcuteries, coopératives viticoles, toutes relèvent du secteur agroalimentaire, qui représente à lui seul le quart du commerce extérieur de l’île. Toutes espèrent aussi bénéficier de la baisse des taxes sur les produits importés décidée en 2017 par le gouvernement chinois afin de favoriser la consommation locale et donner des gages d’ouverture aux entreprises étrangères, qui peinent à investir durablement ce marché.

    Car le montant des exportations de l’île a beau avoir doublé en 2017, pour atteindre 137 millions d’euros, il reste extrêmement faible, 150 fois inférieur à celui que réalisent les départements de la façade sud-est de la France.

    « Les retombées ne seront pas immédiates mais nous poursuivons une stratégie du pied dans la porte », explique Pierre Orsini, vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de la Haute-Corse et organisateur du déplacement. Si ce dernier ne jure que par l’export, c’est qu’il a très tôt éprouvé les limites d’un marché local étroit et d’un tissu entrepreneurial constitué à 90 % de TPE. Il y a près de quinze ans, lorsque Leroy-Merlin installe une succursale près des établissements Orsini, l’enseigne familiale fondée par son père et spécialisée dans les accessoires de salles de bains, il se retrouve « contraint d’innover » et se tourne vers Internet. Aujourd’hui, son site masalledebains.com réalise 80 % de son chiffre d’affaires (10 millions d’euros) hors de l’île. « C’est tout l’enjeu de notre participation à des salons comme la CIIE : montrer aux générations nouvelles qu’il existe des marchés de niche friands de savoir-faire. »

    « Nous poursuivons une stratégie…

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  • Le tireur de Pittsburgh a évoqué « son désir de tuer des Juifs » pendant l’attaque contre une synagogue

    Le tireur de Pittsburgh a évoqué « son désir de tuer des Juifs » pendant l’attaque contre une synagogue

    Robert Bowers, l’homme inculpé pour avoir tué samedi onze personnes dans une synagogue à Pittsburgh, a évoqué le « génocide et son désir de tuer des Juifs » pendant l’attaque contre ce lieu de culte, a confirmé dimanche 28 octobre Scott Brady, le procureur général de l’ouest de la Pennsylvanie.

    Il a confirmé que Robert Bowers, 46 ans, était armé de trois armes de poing et d’un fusil d’assaut semi-automatique AR-15 lors de l’attaque. Le suspect, qui sera déféré lundi, a été inculpé de 29 chefs d’accusation et encourt la peine de mort. Blessé lors de sa confrontation avec les forces de l’ordre, il a été opéré et restait hospitalisé dans un état stable dimanche matin.

    Les onze morts – trois femmes et huit hommes – ont par ailleurs été identifiés et leurs familles prévenues, ont ajouté les autorités américaines. L’identité des victimes, qui venaient toutes de cette ville industrielle de l’ouest de la Pennsylvanie ou de ses environs, a été rendue publique :

    • Sylvan et Bernice Simon, 86 et 84 ans ;
    • Cecil et David Rosenthal, 59 et 54 ans ;
    • Joyce Fienberg, 75 ans ;
    • Richard Gottfried, 65 ans ;
    • Rose Mallinger, 97 ans ;
    • Jerry Rabinowitz, 66 ans ;
    • Daniel Stein, 71 ans ;
    • Melvin Wax, 88 ans ;
    • Irving Younger, 69 ans.

    Lire aussi :   Aux Etats-Unis, les actes antisémites en forte progression

    Le débat sur les armes à feu une nouvelle fois relancé

    « Nous savons que la haine ne l’emportera jamais, que ceux qui essaient de nous diviser à cause de la façon dont nous prions ou de l’origine de nos familles dans le monde vont perdre », a estimé au cours d’un point presse le maire de Pittsburgh, Bill Peduto.

    L’élu démocrate a également relancé l’épineux débat sur les armes à feu, alors que les fusillades endeuillent régulièrement les Etats-Unis :

     « J’ai entendu le président dire qu’il faudrait armer des gardes dans nos synagogues. Notre approche devrait plutôt être : comment retirer les armes à feu – qui sont le dénominateur commun de toutes les fusillades en Amérique – des mains de ceux qui veulent exprimer leur haine raciste avec des meurtres ? »

    « C’est un exemple où s’il y avait eu un garde armé à l’intérieur, ils auraient peut-être pu être en mesure de l’arrêter immédiatement », avait plus tôt estimé le président américain, Donald Trump. « Il ne doit y avoir aucune tolérance pour l’antisémitisme ou pour n’importe quelle forme de haine religieuse », avait-il insisté.

    L’auteur de l’attaque avait publié en ligne des commentaires antisémites, y compris quelques heures avant de passer à l’acte. Dans un commentaire, il reprochait à Donald Trump de ne pas agir avec assez de fermeté pour stopper « la contamination » des Etats-Unis par les Juifs.

    Lire aussi :   Après l’attaque antisémite de Pittsburgh, Trump et le camp républicain accusés d’attiser la haine

    Condamnations internationales

    Du pape François à la chancelière allemande, Angela Merkel, les condamnations de la tuerie et les messages de solidarité avec les victimes ont afflué dimanche, dénonçant l’antisémitisme et un climat de « haine » aux Etats-Unis.

    Le pape a ainsi appelé à « éteindre les foyers de haine qui se développent dans notre société, en renforçant le sens d’humanité, le respect de la vie, les valeurs morales et civiles ».

    « L’ensemble du peuple d’Israël partage le deuil des familles des morts, a déclaré de son côté le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Nous sommes solidaires avec la communauté juive de Pittsburgh. Nous sommes solidaires avec le peuple américain face à cette violence antisémite horrible. »

    En France, le président Emmanuel Macron a condamné « avec force cet acte d’antisémitisme », tandis qu’en Allemagne, la chancelière Angela Merkel dénonce « la haine antisémite aveugle ».

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  • Migrants secourus au large de l’Espagne : deux enfants morts à bord d’une embarcation

    Migrants secourus au large de l’Espagne : deux enfants morts à bord d’une embarcation

    Les gardes-côtes espagnols ont annoncé, samedi 27 octobre, la mort de deux enfants à bord d’une embarcation de migrants tentant de traverser la Méditerranée. Le service de sauvetage en mer a annoncé sur Twitter samedi être intervenu et que « 53 personnes avaient été secourues et deux corps sans vie récupérés » en mer d’Alboran – séparant l’Espagne de l’Algérie et du Maroc – alors que leur embarcation avait pris l’eau.

    Il s’agit de « deux enfants de 7 ans morts à bord d’une embarcation » disparue depuis vendredi, a assuré sur Twitter la militante associative espagnole Helena Maleno, de l’ONG Caminando Fronteras, qui donne l’alerte quand des embarcations sont en perdition.

    Au moins 439 personnes ont par ailleurs été secourues par les gardes-côtes espagnols alors qu’elles traversaient le détroit de Gibraltar à bord de huit embarcations, selon un bilan provisoire en début de soirée.

    42 500 migrants depuis le début de l’année

    Par ailleurs, au large du Maroc, 16 migrants, originaires de deux villages de la région de Nador, sont portés disparus, selon une ONG locale, tandis que deux personnes qui tentaient la traversée avec eux ont été secourues « par des pêcheurs » et transportées à l’hôpital à Nador.

    De plus en plus de Marocains et de migrants originaires d’Afrique subsaharienne tentent de gagner l’Espagne par la mer ou en franchissant les hautes clôtures séparant le Maroc des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

    Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), près de 42 500 migrants sont arrivés par la mer en Espagne depuis le début de l’année et 433 sont morts pendant la traversée. C’est au moins trois fois plus qu’en 2017, quand 12 366 avaient atteint l’Espagne par la mer et 145 étaient morts.

    Lire aussi :   Au Maroc, les corps de 11 migrants repêchés après un naufrage

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  • Le réseau social Gab, utilisé par le tireur de Pittsburgh, contraint de fermer

    Le réseau social Gab, utilisé par le tireur de Pittsburgh, contraint de fermer

    Gab, un réseau social lancé en 2016 sur le modèle de Twitter et utilisé par la mouvance d’extrême droite américaine, l’« alt-right », a annoncé qu’il était contraint de cesser son activité. Cette annonce fait suite aux révélations selon lesquelles Robert Bowers, identifié par les autorités comme l’auteur de la tuerie qui a fait samedi 27 octobre onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie), y postait des messages antisémites.

    Le FBI a indiqué que Bowers n’était pas connu jusqu’alors des services de police. Mais il est apparemment l’auteur d’une série de posts antisémites en ligne, notamment sur le site Gab.com. Selon une capture d’écran de son compte, à présent suspendu, réalisée par le groupe SITE (qui surveille les mouvements extrémistes), le tireur déclarait en haut de sa page sur ce réseau social : « Les Juifs sont les enfants de Satan ».

    Lire aussi :   Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?

    Gab a indiqué samedi que Joyent, la société lui fournissant l’accès à Internet, mettait fin à ses services à compter de lundi. Paypal a également annoncé qu’il excluait Gab de ses services de paiement en ligne en raison des discours de haine colportés sur ce site avec la bienveillance de ses administrateurs.

    La devise de Gab : « Tous bienvenus pour s’exprimer librement »

    « Gab va probablement être hors service pendant des semaines à cause de cela », a réagi le réseau social sur son compte Twitter. « Nous continuerons à nous battre pour la liberté d’expression et la liberté individuelle en ligne pour tous. Les grandes firmes technologiques ne peuvent pas nous arrêter. Les médias traditionnels ne peuvent pas nous arrêter », affirme le site.

    La devise de Gab, « Tous bienvenus pour s’exprimer librement », lui a valu d’attirer des personnalités apparentées à l’extrême droite devenues persona non grata notamment sur Twitter.

    Après avoir fermé le compte de Robert Bowers samedi soir, Gab a également indiqué dans un communiqué avoir une « tolérance zéro » pour la violence et le terrorisme, et s’est dit « attristé et écœuré » par la tuerie de Pittsburg.

    Lire aussi :   Aux Etats-Unis, les actes antisémites en forte progression

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  • Après l’attaque antisémite de Pittsburgh, Trump et le camp républicain accusés d’attiser la haine

    Après l’attaque antisémite de Pittsburgh, Trump et le camp républicain accusés d’attiser la haine

    Un homme de 46 ans a commis, samedi 28 octobre, dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie, l’attaque antisémite la plus meurtrière des dernières décennies aux Etats-Unis. Il a tué à l’arme à feu onze fidèles réunis en ce jour du repos hebdomadaire juif, le shabbat.

    Robert Bowers, ainsi identifié par les autorités locales, a fait irruption dans la synagogue Tree of Life (« Arbre de vie ») autour de 10 heures, heure locale (16 heures à Paris) et a ouvert le feu lors d’une cérémonie célébrant la naissance d’un enfant en hurlant : « Tous les Juifs doivent mourir », rapportent les médias.

    Le président américain, Donald Trump, a dénoncé « une action maléfique de meurtre de masse ». « Il ne doit y avoir aucune tolérance pour l’antisémitisme ou pour n’importe quelle forme de haine religieuse », a-t-il dit. « Nous devons nous tenir aux côtés de nos frères et sœurs juifs pour vaincre l’antisémitisme et les forces de la haine », a-t-il aussi déclaré lors d’un rassemblement électoral dans l’Illinois, en vue des élections de mi-mandat du 6 novembre.

    De l’appel à l’unité aux attaques

    Le New York Times reproche justement au président Trump de ne pas avoir su résister à « l’appel de la campagne électorale ». « Plutôt que de rester en retrait à la Maison Blanche, le président s’est rendu dans l’Illinois pour soutenir le représentant Mike Bost, un républicain dans une course serrée à la réélection. » Lors du meeting, « M. Trump est passé, en quelques minutes, d’un appel à l’unité aux injures adressées aux démocrates », relève le quotidien.

    Howard Fineman, journaliste de la chaîne NBC, écrit dans une tribune dans le New York Times : « Si Pittsburgh n’est pas sûr pour les Juifs, si Squirrel Hill n’est pas sûr, si [la synagogue de] l’Arbre de vie n’est pas sûre, quel lieu l’est ? Sans diminuer la souffrance et la mort de qui que ce soit d’autre, il est triste de constater que face à l’effondrement des valeurs sociales et politiques, les Juifs jouent souvent le rôle des canaris dans la mine de charbon. » Il poursuit et n’épargne pas le dirigeant américain : « C’est un signe que la vision cynique et impitoyable du président Trump (…) déchire une société déjà soumise au stress du changement générationnel, démographique, technologique, économique et social. »

    Le New Yorker voit dans cette tuerie « l’ancienne crainte juive de persécution mariée à la réalité américaine : un pays saturé d’armes et habitué aux massacres quotidiens, en proie à un racisme et à un sectarisme qui ont été enflammés par le titulaire de la plus haute fonction dans le pays ». Le magazine poursuit : « Depuis quelques années, les Juifs américains regardent avec méfiance l’Europe occidentale, où l’antisémitisme s’est réveillé. Le Parti travailliste britannique a été déchiré par les accusations d’antisémitisme portées contre ses dirigeants. Les Juifs français ont émigré en Israël en nombre. En Suède, des synagogues et des centres juifs ont été incendiés ». Le New Yorker ajoute : « On a longtemps supposé que l’antisémitisme américain n’existait pas et que Le Complot contre l’Amérique, le roman de Philip Roth, resterait l’uchronie voulue par son auteur. »

    Lire aussi :   Aux Etats-Unis, les actes antisémites en forte progression

    Et pourtant, les signes avant-coureurs sont devenus de plus en plus clairs, comme le relève Vox. « L’attaque de Pittsburgh représente une nouvelle manifestation de cette tendance qui n’a cessé de proliférer depuis la campagne et l’investiture de Donald Trump : la résurgence de l’antisémitisme en Amérique. » Mais l’attaque s’inscrit dans une autre tendance, plus large et non moins inquiétante : « Les lieux de culte sont devenus la cible d’actes qui pourraient être qualifiés de terrorisme intérieur. Au cours de la dernière décennie, les lieux de culte des synagogues aux églises chrétiennes en passant par les temples sikhs sont devenus de plus en plus la cible de violences extrémistes. »

    La démagogie du président et du Parti républicain

    Dans le Washington Post, au-delà de Donald Trump, c’est le camp républicain qui est accusé « d’attiser les craintes de l’opinion publique ». Le quotidien rappelle les incidents récents liés à l’extrémisme de droite : « l’assassinat de deux Afro-Américains dans une épicerie à Louisville », les « bombes artisanales ciblant une douzaine de démocrates qui auraient été envoyées par un partisan de Trump » et « la fusillade de masse dans une synagogue de Pittsburgh ». A chaque fois, « le dénominateur commun semble être le ciblage de groupes spécifiques en fonction de la race, de la religion ou des convictions politiques ».

    Les opposants du président ont répliqué samedi que « le président et son parti, cyniquement à la poursuite du pouvoir », sont allés « au-delà de la lutte politique pour verser dans une démagogie pure et simple contre les minorités raciales, les étrangers et les personnalités politiques juives, comme le donateur démocrate juif George Soros (…) devenu l’une des principales cibles des publicités d’attaque républicaines ».

    Lire aussi :   Les fusillades les plus meurtrières aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans

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  • Élections. La Hesse, l’avant-garde de l’Allemagne ?

    Élections. La Hesse, l’avant-garde de l’Allemagne ?

    L’avant-garde de Hesse”, titre Die TageszeitungLa région [de Francfort] a toujours été progressiste, et pas seulement depuis l’investiture de Joschka Fischer en baskets. Si elle formait une coalition de gauche avec les Verts, le Parti social-démocrate (SPD) et Die Linke (gauche radicale), elle renforcerait son rôle de pionnier”, écrit le journal en ce 28 octobre, jour de scrutin législatif régional.

    Avec sa une, les temps glorieux des Grünen (Les Verts) où Joschka Fischer, avant d’être vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères des deux gouvernements Schröder (coalition SPD et Verts de 1998 à 2005), avait inauguré l’entrée des Verts allemands dans la gestion des affaires en région, précisément en Hesse, au milieu des années 1980.

    Avec l’écologie, les Grünen apportaient alors un vent nouveau dans la vie politique du pays, et un style plus décontracté. “Radicalité, goût de l’expérience nouvelle, mais aussi pragmatisme”, ainsi caractérise la Taz l’orientation des Verts. Aujourd’hui, leur succès annoncé dans les urnes est incarné par le quadra Tarek Al-Wazir, actuel vice-chef du gouvernement et ministre de l’Économie à Wiesbaden, le plus populaire de tous les hommes politiques de la région. Selon les sondages, les Verts sont la grande force montante. Ils pourraient arriver en deuxième position (avec 20 % des suffrages, au coude à coude avec le SPD), derrière l’Union chrétienne-démocrate (CDU, à 28 %) avec laquelle ils gouvernent depuis cinq ans. La gauche radicale et les libéraux (FDP) sont à égalité, à 8 % des intentions de vote.

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  • En Allemagne, le populisme de droite prospère à l’Est

    En Allemagne, le populisme de droite prospère à l’Est

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  • « Le trumpisme continuera après Trump »

    « Le trumpisme continuera après Trump »

    Politologue, Alexandra de Hoop Scheffer est directrice, en France, du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States. Etablie à Paris, elle travaille sur les liens entre l’Europe et l’Amérique, et considère que le « trumpisme » est bien plus ancré dans la société américaine qu’on le dit.

    Les élections de mi-mandat du 6 novembre sont-elles de nature à contrarier le pré­sident Trump ? A quoi faut-il s’attendre ?

    Le scénario qui se profile est celui d’un Congrès divisé, les démocrates remportant la majorité à la Chambre des représentants et les républicains conservant le contrôle du Sénat. Le président Trump se retrouverait ironiquement dans une situation similaire à celle de son prédécesseur, Barack Obama, en 2010. Incapable de gouverner, le président devrait recourir aux décrets, outils fragiles puisqu’ils peuvent être annulés par un autre décret présidentiel. La plupart des chantiers et projets de la présidence Trump se trouveraient compromis – mur avec le Mexique, destruction de l’Obamacare, coupes dans les programmes sociaux, baisses d’impôts. La Chambre des représentants se transformerait aussi en une ruche de commissions d’enquête.

    La bataille qui oppose Trump et le procureur spécial, Robert Mueller, s’élargirait à un face-à-face entre Trump et 21 présidents de commissions – dont celles, puissantes, du renseignement, des affaires judiciaires, du budget, du contrôle et de la réforme de l’Etat –, qui pourraient (re)lancer des enquêtes sur les soupçons de collusion avec la Russie, la possible entrave à la justice lors du limogeage du patron du FBI, et sur toutes les affaires et les scandales dans lesquels Trump est empêtré. Le président conserverait cependant une grande marge de manœuvre en politique étrangère et militaire.

    On a souvent décrit l’électeur de Trump comme étant un citoyen blanc et exclu de la mondialisation, ayant peur du déclassement social et de la perte ­d’influence…

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  • Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Le prince héritier saoudien et l’administration Trump traîneront longtemps le boulet de l’affaire Khashoggi, qui sape aussi le rêve israélien d’une alliance avec les pétromonarchies contre l’Iran.

    Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix en 2011, avec un portrait de Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul

    L’assassinat de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, n’en finit pas de provoquer troubles et remous. C’est peu de dire que la version officielle saoudienne d’un crime « accidentel », perpétré par des éléments « incontrôlés », peine à convaincre. Le moment est pourtant venu de tirer les premières leçons d’un tel scandale international, notamment à la lumière de l’affaire Hariri de novembre 2017. La brutalité de Mohammed Ben Salmane/MBS, le prince héritier et véritable « homme fort » de l’Arabie saoudite, avait alors conduit à une crise déjà sans précédent. Seule l’habileté de la diplomatie française avait pu tirer MBS de ce piège où il s’était lui-même jeté. L’administration Trump n’a pas fait preuve d’un professionnalisme comparable dans l’affaire Khashoggi, dont la Turquie, l’Iran et le Canada sortent à des degrés divers renforcés.

    LES TROIS PERDANTS: ARABIE, ETATS-UNIS ET ISRAËL

    MBS avait dépensé sans compter pour asseoir son image de « réformateur », consacrant deux longues semaines en mars-avril 2018 à une tournée d’auto-promotion aux Etats-Unis. Le voilà ravalé par l’affaire Khashoggi à une caricature d’autocrate qui aurait droit de vie et de mort sur ses sujets. Le régime saoudien, loin de se « réformer », s’aligne sur les standards des dictatures militarisées du monde arabe, dont les polices politiques, désignées sous le terme générique de moukhabarates (renseignements), sont les institutions-clefs. MBS a dû démettre un de ses fidèles, le chef adjoint des services saoudiens, du fait de son rôle central dans la liquidation de Khashoggi. Mais le roi Salman, souverain en titre de l’Arabie, a compensé son fils et prince héritier en le chargeant de « coordonner » l’ensemble des services de sécurité. En guise de « modernité », le royaume saoudien cumule désormais intolérance wahhabite et règne des moukhabarates.

    Quant aux Etats-Unis, ils n’ont cessé d’osciller, au fil des déclarations de Trump, entre l’indignation face à ce meurtre et la volonté d’en disculper MBS. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dépêché à Riyad pour contenir la crise, aurait eu bien du mal à incriminer ses interlocuteurs saoudiens: cet ancien chef de la CIA est un partisan déclaré des « trous noirs » où faire disparaître en toute illégalité les « terroristes » supposés; et l’administration Trump n’a cessé de justifier au nom de « lutte antiterroriste » l’écrasement par ses alliés arabes, notamment en Egypte, de toute forme d’opposition.

    C’est cependant Israël qui pourrait payer le prix fort de l’affaire Khashoggi, tant le Premier ministre Netanyahou a misé sur MBS pour officialiser un rapprochement avec les pétromonarchies contre l’Iran et enterrer une fois pour toutes la question palestinienne. Une telle recomposition est désormais exclue, un proche de MBS ayant même menacé de riposter à d’éventuelles sanctions américaines… en se réconciliant avec l’Iran. Netanyahou a tenté d’amortir ce choc en rendant une visite-surprise au sultan d’Oman, mais celui-ci est justement, de tous les dirigeants du Golfe, le mieux disposé envers Téhéran.

    LES TROIS GAGNANTS: TURQUIE, IRAN ET CANADA

    La Turquie du président Erdogan sort la tête haute d’une épreuve où elle était très exposée. Le statut extra-territorial du consulat saoudien aboutit en effet à ce que l’assassinat de Khashoggi ne se soit pas techniquement déroulé sur le sol turc. Mais la justice turque a pu enquêter à l’intérieur même du consulat, tandis que les révélations distillées dans les médias par les dirigeants turcs contribuaient, du fait de leur caractère à la fois sordide et continu, à maintenir la pression sur MBS et sur l’administration Trump. Erdogan, intervenant solennellement devant les députés turcs, le 23 octobre, a insisté sur la « sincérité du roi Salman » pour mieux semer le doute sur celle de son fils. Il a exigé que les 18 suspects saoudiens soient remis à la justice turque, une posture nationaliste très populaire dans le pays.

    L’Iran a également tiré parti de l’affaire Khashoggi, qui a suscité des tensions inédites entre Washington et Riyad, et ce à à la veille de l’entrée en vigueur de sanctions draconiennes des Etats-Unis contre la République islamique. En outre, le tumulte suscité par l’assassinat du journaliste saoudien a permis à Téhéran de faire oublier ses propres turpitudes en matière d’immunité diplomatique: un diplomate iranien en poste à Vienne vient ainsi d’être arrêté en Allemagne et livré à la justice belge, dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre une réunion d’opposants iraniens en France.

    C’est pourtant le Canada qui émerge comme le grand vainqueur moral de l’affaire Khashoggi. En août dernier, un simple tweet de la ministre canadienne des Affaires étrangères, s’inquiétant du sort de féministes et de « pacifistes » incarcérés en Arabie, avait déclenché la fureur de Riyad et des rétorsions foudroyantes: expulsion de l’ambassadeur canadien; suspensions des vols entre les deux pays; retour des milliers d’étudiants boursiers et de Saoudiens hospitalisés au Canada; gel, voire retrait des investissements saoudiens. MBS voulait clairement, en s’acharnant ainsi contre le gouvernement Trudeau, envoyer un avertissement à toutes les démocraties occidentales tentées de critiquer, même à la marge, le régime saoudien. Aucune capitale européenne ne s’était d’ailleurs solidarisée avec un Justin Trudeau ainsi ostracisé par MBS après l’avoir été par Trump, lors du sommet du G7. Quelques semaines plus tard, la mise en garde d’Ottawa sur les errements de MBS apparaît prémonitoire.

    Telle n’est pas la moindre des leçons de l’affaire Khashoggi.

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