Tag: Politique

  • RDC : mode d’emploi d’un casse-tête électoral

    RDC : mode d’emploi d’un casse-tête électoral

    CENI-RDC1-Au moins 10 scrutins sont prévus en RDC, à tous les niveaux, entre 2015 et 2016 selon le calendrier initial des élections publié à la mi-février. Sans compter l’élection des gouverneurs des nouvelles provinces. Jeune Afrique a fait le point sur l’état d’avancement de l’organisation de ce marathon électoral.

    « Aujourd’hui, personne ne peut affirmer que les différents scrutins prévus en RDC auront lieu dans les délais impartis », glisse un expert congolais qui a travaillé au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le pays s’apprête à se lancer dans un vertigineux marathon électoral qui doit, en principe, s’étendre sur 11 mois, soit d’octobre 2015 à novembre 2016.

    Seulement voilà, aucune échéance majeure prévue dans le calendrier global des élections n’a été à ce jour respectée.  Outre les moyens financiers à mettre à disposition de la Ceni (environ 744 millions d’euros), un arsenal juridique devait également être mis en place dans un délai bien déterminé. Ce qui n’a pas été fait dans le temps imparti. En conséquence, le chronogramme des scrutins devient difficilement tenable.

    • 25 octobre 2015 – Élections provinciales, communales et locales : « couplées » ou « découplées » ?

    – Les communales au suffrage direct

    Tout porte à croire que les élections communales et locales au suffrage direct en vue d’élire les conseillers communaux, les conseillers de secteur et de chefferie n’auront pas lieu à la date fixée. Ces dernières sont prévues le 25 octobre, le même jour que les provinciales.

    La Ceni attendait depuis des mois la promulgation de la loi portant sur la répartition des sièges pour ces scrutins locaux. Suivant le calendrier électoral, le président de la République devait en effet promulguer ce texte législatif entre le 6 et 20 avril, après son examen et adoption au Parlement. Mais ce n’est que le 11 août, soit avec quatre mois de retard, que le projet de loi a été adopté en seconde lecture au Sénat, l’opposition ayant boycotté la deuxième session extraordinaire consacrée à l’adoption du texte.

    Sa promulgation, intervenue le 25 août, permettra a priori une reprogrammation éventuelle du dépôt des candidatures, les premières échéances, fixées entre le 26 mai et le 28 juillet, étant largement dépassées.

    – Les provinciales

    Quant à l’élection des députés provinciaux qui doivent se dérouler le même jour, le dépôt des candidatures a bien eu lieu. La Ceni affirme même avoir enregistrés 24 191 dossiers – dont 23 518 déclarés recevables – pour les 711 sièges à pourvoir dans les 26 provinces du pays. Tous les partis, majorité et opposition, ont présenté des candidats pour ces scrutins aux enjeux importants. Les députés provinciaux élus au suffrage universel direct constitueront le corps électoral pour l’élection des gouverneurs prévue début 2016.

    Malgré cet engouement apparent, il serait hasardeux d’affirmer que les provinciales auront lieu à la date fixée. Les provinciales étant couplées aux communales et aux locales, elles pourraient pâtir d’un éventuel retard de ces dernières. À moins que les provinciales soient découplées des communales. « Pour des raisons financières, nous avions décidé de coupler le vote des députés provinciaux à celui des conseillers communaux et de secteur/chefferie. Aujourd’hui, la Ceni seule ne peut pas découpler ces deux scrutins. Il appartient donc à la classe politique d’en décider », avance déjà Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Ceni.

    Les députés provinciaux élus au suffrage universel direct en 2006 auraient déjà dû être renouvelés en 2011 mais faute d’élections, ces derniers sont toujours en place.

    • Entre le 13 et 15 janvier 2016 – Élection des sénateurs : hypothétique

    Si les provinciales ne se tiennent pas dans les délais prévus, l’organisation des sénatoriales à la mi-janvier sera hypothéquée, étant entendu que les sénateurs sont élus au second degré par les députés provinciaux.

    « C’est pourquoi il faut à tout prix privilégier les élections provinciales et décaler les locales après les législatives et la présidentielle prévues en novembre 2016 », préconise notre expert électoral. Un point de vue largement partagé au sein de l’opposition congolaise, voire par certains partis de la majorité, qui prônent le report de tous les scrutins locaux, communaux et urbains.

    « S’acharner à organiser ces élections […] équivaudrait, sans doute, à se lancer dans une aventure qui ne donnerait au peuple qu’une illusion démocratique », prévient pour sa part Christophe Lutundula, député frondeur de la majorité.

    • Entre le 20 janvier et le 7 mars 2016 – Élections urbaines, communales et locales indirectes : report ? 

    Le calendrier global des élections a fixé au 20 janvier 2016 le vote combiné des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteur au suffrage indirect. Mais comme leur corps électoral est celui issu des élections locales directes dont l’organisation a pris du retard, beaucoup d’observateurs se demandent s’il faut, ou non, reporter également ces scrutins locaux indirects.

    Pour l’heure, rien n’est acté. Du côté de la classe politique, deux tendances diamétralement opposées fourbissent encore leurs arguments. D’un côté, les partisans du report des élections urbaines communales et locales et les défenseurs de la « démocratie à la base », membres de la majorité au pouvoir pour la plupart, qui veulent mordicus que ces scrutins locaux, bien que complexes à organiser, se tiennent avant les législatives et la présidentielle.

    De l’autre, on maintient qu’il faut faire l’impasse sur les élections locales et repartir sur un nouveau cycle électoral en commençant par les législatives et la présidentielle. C’est notamment le cas à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de l’opposant historique Étienne Tshisekedi. Mais la Majorité présidentielle (MP, coalition au pouvoir) ne l’entend pas de cette oreille.

    La question sera sans doute au cœur du nouveau dialogue politique préconisé par le président Joseph Kabila. Mais pour l’instant, chaque partie campe sur ses positions.

    • 31 janvier 2016 – Élection des gouverneurs et vice-gouverneurs : compromise ?

    Quid de l’élection des gouverneurs ? Là encore, la machine électorale peine à s’enclencher. En attendant l’élection des gouverneurs prévue fin janvier, le gouvernement congolais avait pourtant décidé d’installer d’abord les nouvelles autorités provinciales pour les 21 « provincettes » issues du récent découpage territorial du pays.

    Non prévu dans le calendrier global des élections, ce scrutin a été d’abord fixé au 31 août, puis reporté au 6 octobre. Mais le 21 août, la Ceni l’a finalement renvoyé à une date ultérieure, prétextant « diverses contraintes » dans l’installation même de nouvelles provinces.

    Certains observateurs y voient une manœuvre de Kinshasa qui chercherait à nommer des administrateurs pour ces nouvelles provinces, en attendant l’élection des gouverneurs pour l’ensemble des 26 provinces du pays prévue le 31 janvier. Un scrutin dont l’organisation est elle aussi conditionnée par la tenue en amont des provinciales, les députés provinciaux étant les électeurs des gouverneurs.

    • 27 novembre 2016 – Législatives et présidentielle : « glissement » ?

    Un dernier inconnu de la série des scrutins attendus en RDC, c’est le respect des délais constitutionnels pour la tenue des législatives et de la présidentielle prévues le 27 novembre 2016. L’opposition politique craint que le pouvoir ne retarde volontairement ces élections pour prolonger le mandat de Joseph Kabila qui, en l’état actuel de la Constitution congolaise, ne peut plus se représenter à sa propre succession.

    Mais pour organiser toutes ces élections – surtout la présidentielle – dans les délais, la Ceni avait prévenu qu’il faudrait au préalable remplir « 23 contraintes externes liées à la mise en oeuvre du calendrier électoral ». Autrement dit, des « tâches » à accomplir par les institutions de la République et des partenaires internationaux avant la tenue des scrutins.

    Il s’agit à la fois des lois se rapportant aux élections qui devaient être votées et promulgués et des moyens financiers à mettre à la disposition de la Ceni. Si le gouvernement verse au compte-gouttes sa part du budget électoral, la contribution de la communauté internationale se fait toujours attendre.

    « Tout le monde redoute le glissement du calendrier électoral pour la présidentielle mais rien n’est fait pour respecter scrupuleusement les échéances prévues en amont », déplore l’expert électoral, ancien employé au sein de la Ceni.

    (Jeune Afrique)

  • RDC/élections locales: le président Kabila “réaffirme sa volonté d’amener le peuple aux élections”

    RDC/élections locales: le président Kabila “réaffirme sa volonté d’amener le peuple aux élections”

    Kabila-Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a promulgué mardi la loi sur la répartition des sièges nécessaire à l’organisation d’élections locales, indiquant qu’il réaffirmait ainsi sa “volonté d’amener le peuple congolais aux élections”.

    “En promulguant cette loi, le chef de l’État réaffirme à nouveau sa volonté d’amener le peuple congolais aux élections conformément au calendrier global rendu public par la Céni”, la Commission électorale nationale indépendante, indique une ordonnance lue mardi soir sur la télévision publique.

    L’opposition a plusieurs fois réclamé le report des élections municipales et locales prévues en octobre estimant que, très complexes, elles ne pourront se tenir à temps et retarderont les autres scrutins – y compris la présidentielle de novembre 2016, ce qui permettrait au président de rester en poste au-delà de la fin de son deuxième quinquennat-.

    Le projet de loi sur la répartition des sièges avait été rejeté en juin en première lecture par les députés de la majorité et de l’opposition qui avaient renvoyé au gouvernement sa copie, estimant que le texte était bâclé.

    Les députés ont adopté le texte le 25 juillet lors d’une session extraordinaire. Le 11 août, lors d’une nouvelle session extraordinaire, les sénateurs ont voté la loi à l’unanimité, mais sans l’opposition, qui a jugé la session anticonstitutionnelle.

    La Céni a publié en février un calendrier global du cycle d’élections qui doit commencer en octobre et s’achever en novembre 2016 avec la présidentielle. Elle attendait avec impatience la promulgation de cette loi, rappelant qu’elle faisait partie des “préalables” requis pour organiser les élections locales d’octobre.

    La RDC, où le climat s’est tendu à l’approche des élections, traverse une crise politique depuis la présidentielle contestée de 2011 qui a reconduit M. Kabila à la tête du pays. Depuis, aucune des élections prévues – dont les locales – n’a été tenue.

    La constitution congolaise interdit au président Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter. Il ne s’est jamais exprimé publiquement sur ses intentions mais l’opposition et une partie de la majorité accusent son camp d’oeuvrer pour qu’il puisse briguer un troisième mandat ou se maintenir en poste au-delà du délai légal.

    (Avec AFP)

  • Elections en RDC: les retards s’accumulent

    Elections en RDC: les retards s’accumulent

    CENI-En RDC, les retards se mutliplient pour organiser les sept scrutins prévus avant la présidentielle de 2016. Dernier exemple en date, l’élection des gouverneurs dans les 23 nouvelles provinces de la RDC. Initialement prévue le 31 août puis reportée au 6 octobre, cette élection pourrait être une nouvelle fois reportée du fait d’un certain nombre de problèmes dans l’installation de ces nouvelles provinces.

    Pour la Commission électorale indépendante, il n’y a pas de report de l’élection des gouverneurs mais des problèmes qui empêchent l’organisation de ce scrutin dans l’immédiat.

    D’abord la nécessité que les nouvelles assemblées provinciales siègent et qu’elles adoptent un bureau définitif. Car c’est ce bureau qui est chargé d’organiser ces élections. Or les assemblées ont clôturé leur session extraordinaire sans avoir adopté de bureau. Et il n’est pas clair quand elles siègeront à nouveau. Ce qui pose donc la question de savoir quand pourront avoir lieu les fameuses élections des gouverneurs des 23 nouvelles provinces, auxquelles se présentent 86 candidats.

    Mais cet exemple, n’en est qu’un dans la longue liste des retards qui s’accumulent. La loi sur la répartition des sièges pour l’organisation des locales. Attendue en mars, elle n’a été adoptée qu’en août et aux forceps. Idem avec le plan de décaissement exigé par la Céni. Le gouvernement n’a toujours pas annoncé quel budget sera alloué à quel scrutin.

    Résultat, presque tous les observateurs s’accordent à dire qu’il est sera impossible désormais d’organiser les deux autres élections prévues en 2015 : celle des députés provinciaux et celle des conseillers communaux.

    Du côté de la Céni, on se dédouane de toute responsabilité. Les 23 contraintes pour organiser toutes ces élections avaient été clairement listées dès février, affirme-t-on.

    Ces retards vont-ils avoir un effet domino sur les autres scrutins à venir ? En tout cas la crainte d’un glissement est là, partagée par toute l’opposition. Et pour de nombreux observateurs indépendants, le report de l’élection présidentielle prévue en novembre 2016 serait déjà en cours.

    RFI

  • Pré-dialogue secret UDPS-Pouvoir : Franck Diongo éventre le boa

    Pré-dialogue secret UDPS-Pouvoir : Franck Diongo éventre le boa

    Tshisekedi n’a jamais dit ni aux elus de l’opposition ni a ceux de l’UDPS de ne pas sieger au parlement, a dit Honorable Franck Diongo au micro de Don Kayembe– L’opposant Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste a dévoilé, en prévision du dialogue, le lieu, les participants et le contenu des récentes négociations secrètes entre les délégués du régime Kabila et ceux de l’Udps. Le président du Front Anti-dialogue-FAD rappelle que le devoir de vérité l’impose à
    donner toutes les informations au peuple congolais. L’élu de la Lukunga dit avoir réuni tous les détails grâce aux patriotes congolais membres du FAD se trouvant au pays et à l’étranger. Il précise que les deux parties se sont retrouvées pendant une semaine à Rome en Italie soit du 11 au 17 aout. Des informations recoupées par le président du
    Mlp renseignent que les négociateurs de l’Udps sont partis en deux groupes. Le premier groupe constitué de Norbert Yamba Yamba, Claude Mamba et Rubens Mikindu, est parti le 10 aout par Turkish Airlines alors que Me Jean Joseph Mukendi est parti seul, le jour suivant soit- le 11 aout par un vol régulier de la compagnie belge, Sn Bruxelles
    Airlines. Les travaux ont eu lieu dans la villa Borghes à Sofitel Hôtel où 27 personnes étaient présentes. Maitre Joseph Mukendi conduisait la délégation de l’
     
    Udps alors que celle du pouvoir était chapeautée par Kalev Mutond, le patron de l’Agence nationale des renseignements. Me Mukendi était accompagné de trois personnes à savoir Norbert Yamba Yamba, Claude Mamba et Rubens Mikindu. Dans l’autre camp, Me Néhémie Mwilanya, le directeur de cabinet du chef de l’état, Me Nkulu Kilombo et François Mwamba étaient aussi de la partie. De quoi ont-ils parlé ?, le chercheur Franck Diongo indique qu’ils ont abordé tous les aspects majeurs du dialogue mais ils ne se sont mis d’accord que sur deux points. Le format de quinze participants dans chaque groupe et la co-médiation interne et internationale avec des acteurs à désigner consensuellement. Mais d’autres points tel que la cohabitation les a divisés et les deux parties ont promis de poursuivre les discussions pour arriver au compromis, précise l’élu de la Lukunga. Et Diongo de s’interroger : ‘‘ Pour quelle motivation, pour quel intérêt, l’Udps et le pouvoir ont fait ces négociations en cachette’’. Pour lui, le dialogue présente un caractère dangereux pour le pays. Il appelle les acteurs de deux parties à rendre public au plus vite les résultats de leurs négociations. ‘‘Ce qui est choquant et énervant, ce que la facture a été payée par le trésor public- hôtel et restauration pour les 27 personnes qui étaient présentes pendant une semaine à Sofitel à Rome en Italie’’, a dénoncé le radical opposant. Le leader du Mlp pense que le dialogue est une trahison et une supercherie qui va conduire le président Kabila de se représenter au-delà de ses deux mandats lui reconnus par la constitution. En termes de solutions pour résoudre la crise actuelle, le président du Front anti-dialogue propose au président Kabila de se désengager de la logique du dialogue et de se préparer au passage civilisé du pouvoir en décembre 2016. Aujourd’hui, la demande nationale, c’est le départ de M. Kabila du pouvoir, dit-il. Au sujet de l’Udps dont il reconnait avoir appris auprès de son leader Etienne Tshisekedi, le sens du combat de la liberté et de la démocratie, Diongo est tranchant : Aujourd’hui, ce n’est pas hier.
     
    Il insiste que depuis 1990 à ces jours, le peuple congolais a pris conscience parce que les réalités, répète-t-il, ne sont plus les mêmes. Tout leader qui se détournera de la volonté du peuple sera combattu. L’élu de la Lukunga promet de s’opposer à tout le monde même à Etienne Tshisekedi qu’il considère comme son maitre. ‘‘Je m’opposerai à tout le monde même à mon maître Etienne Tshisekedi auprès de qui j’ai beaucoup appris. Le disciple applique ce qu’il a pris à son maitre contre lui-même’’, gronde-t-il. En outre, il s’est attaqué aux propos qu’il juge xénophobes et séparatistes du député Ne Mwanda Nsemi, au discours propagandiste de Kin Kiey Mulumba et aux thèses de glissement de Lambert Mende. Discours, propos et thèses qu’il trouve totalement déconnecté des réalités politiques actuelles
    où le peuple est prêt à s’assumer.
    7sur7
  • CONTACTS INDIRECTS POUR LE DIALOGUE INCLUSIF POUVOIR – UDPS : LE DÉSACCORD PERSISTE SUR LA MÉDIATION INTERNATIONALE

    CONTACTS INDIRECTS POUR LE DIALOGUE INCLUSIF POUVOIR – UDPS : LE DÉSACCORD PERSISTE SUR LA MÉDIATION INTERNATIONALE

    FelixTshiskd1-Le dialogue inclusif n’est pas encore enterré comme certains pouvaient le penser. Des tractations se poursuivent en ce moment en Belgique entre les émissaires du chef de l’Etat et ceux du Lider Maximo de l’Udps, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Il s’agit donc de concertations indirectes entre les deux camps. Celui qui les annonce de Bruxelles hier n’est pas n’importe qui.
    C’est Félix Tshisekedi Tshilombo, Secrétaire national aux Relations extérieures du parti et fils du chef charismatique de l’Udps.

    L’émissaire du Lider Maximo est optimiste sur l’issue heureuse de ces contacts indirects avec les Envoyés spéciaux de Joseph Kabila et les délégués de son parti. Il nuance toutefois en relevant qu’il y a encore une grosse divergence qui n’a pas encore été élaguée.
    C’est le point chaud concernant la médiation de ce forum. L’Udps ne jure que sur une médiation internationale conformément aux prescrits de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Alors que pour le camp présidentiel, l’argumentaire est que les Congolais sont suffisamment mûrs pour se parler directement, sans un intermédiaire international.
    Comme on le voit, ces deux positions sont inconciliables entre ces deux camps qui sont d’accord pour la tenue d’un dialogue, le fond avec les matières, mais c’est sur la forme que les Romains s’empoignent : la médiation. S’ils ne se mettent pas d’accord, les chances de la tenue de ce dialogue seront compromises.

    UNE ASSISE SOCIOLOGIQUE INCONTESTABLE
    « Un tel forum n’aura de légitimité suffisante qu’avec la participation d’un poids lourd comme Tshisekedi Wa Mulumba avec son assise sociologique incontestable », soutiennent les inconditionnels de l’UDPS. Mais hier même, le cabinet du Coordonateur du Mécanisme national de suivi (MNS) de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba a réagi, par son directeur de cabinet, sur cette conditionnalité de l’Udps.
    Pour cette structure officielle, nulle part l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ne parle de médiation internationale pour un dialogue comme un engagement du Gouvernement congolais. Mais, l’on croit savoir que c’est plutôt dans les deux Résolutions du Conseil de sécurité qui portent mise en œuvre de l’Accord-cadre, les Résolutions 2098 et 2211.

    LECTURES TRANCHEES DE L’ACCORD-CADRE
    Ce sont ces Résolutions qui donnent mandat au Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu d’assurer le suivi du processus électoral. Il n’y a rien sur la médiation internationale pour un dialogue, relève-t-on au MNS, la structure chargée de l’application de l’Accord-cadre.
    Malgré ces lectures tranchées de l’Accord-cadre, les deux camps, c’est-à-dire l’Udps et la majorité présidentielle sont contraints de trouver une porte de sortie sur la question de la médiation qui les divise, avant de se séparer à Bruxelles.
    Ce n’est qu’à ce prix que cette rencontre aura un sens plutôt que de livrer aux Congolais un piteux spectacle de queue de poisson sur une divergence d’approche, alors que, comme on le sait, ils sont d’accord sur l’essentiel.
    Si tel n’était pas le cas, ils ne se seraient jamais rencontrés. A la différence des autres partis de l’Opposition comme le Mlc, l’Unc …, etc. Ceux-ci sont farouchement opposés à un dialogue avec Joseph Kabila, préférant à la place un autre cadre MP-CENI-Opposition, oubliant peut-être qu’ils ne peuvent traiter là que des questions d’ordre technique là où les attentes des populations sont purement politiques.

    POSITIONS DES DEUX CAMPS DIAMETRALEMENT OPPOSEES
    Qu’en est-il alors des Médiateurs internationaux dans des crises politiques en RDC ? Ce vocable est arrivé dans le lexique congolais dans la transition du Maréchal Mobutu de 1990 à 1997. Il y a eu d’épisodiques tractations entre le camp présidentiel, conduit par le Maréchal Mobutu lui-même et l’Opposition avec son chef de file de l’époque, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, le Lider Maximo de l’Udps.
    Comme très souvent, les positions des deux camps sont restées diamétralement opposées. Il fallait donc recourir aux Médiateurs internationaux. C’est ainsi qu’on a vu débarquer les Lakdar Brahimi, Emile Zinsu, Abdoulaye Wade, Moustapha Niasse,… malgré cette intervention de la flopée de Médiateurs internationaux, la crise a persisté jusqu’à un certain 17 mai 1997, jour où l’AFDL a chassé le Maréchal Mobutu par les armes.
    Laurent-Désiré Kabila, qui accède au pouvoir dans les conditions que l’on connait, ne voit la paix que le temps d’une rose. En 1998, le Rwanda et l’Ouganda agressent la RDC, occupent une partie du pays et créent des rébellions de pacotille à leur solde.
    En 1999, sous l’égide de l’Onu tous les belligérants signent un Accord de paix à Lusaka en Zambie, dénommé « Accord de paix de Lusaka ». Le Médiateur, c’est bien le Président zambien de l’époque, Frederic Chiluba. La RDC commence une nouvelle ère des Médiateurs internationaux.
    A la manœuvre, Nelson Mandela dit « Madiba », Chiluba, Chissano, Tabo Mbeki, Ket Masire… A chaque rendez-vous crucial, la Communauté internationale est omniprésente, du début à la fin. Par exemple pour la bonne fin de la période de transition 1+4 de 2003 à 2006, la Communauté internationale assure une sorte de surveillance du fonctionnement des institutions par le biais du CIAT, le Comité international pour l’accompagnement de la transition.

    KANDOLO M.( Forum des As)

  • UDPS : EtienneTshisekedi désavoué et invité à faire « un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti »

    UDPS : EtienneTshisekedi désavoué et invité à faire « un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti »

    Etienne-Tshisekedi-Wa-Mulumba-20-Vingt-cinq (25) membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, photo), après avoir constaté que le parti « traverse depuis janvier 2013 une crise aiguë de leadership commuée en crise grave de légitimité exacerbée par l’existence de deux statuts du Parti », exigent de « choisir un président du parti intérimaire ».
    « Afin de mettre fin à l’indisponibilité du président, la mise en place d’un nouveau leadership s’impose. Nous organisons un mini-conclave du 11 au 13 septembre 2015 à Bruxelles qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa aux fins de nous choisir un Président du Parti intérimaire qui nous représentera jusqu’à la tenue d’un Congrès extraordinaire », affirment-ils dans une Déclaration. Publiée le 31 juillet 2015 à Bruxelles (Belgique), à l’issue de leur séminaire.
    Durée et missions du président intérimaire

    Indiquant que le président du parti intérimaire « sera secondé par un vice-président qui le remplace en cas d’absence », ils invitent « tous les membres du Parti qui s’inscrivent dans cette logique à contribuer à l’organisation de ce conclave et à y participer activement afin de sortir le Parti de l’impasse actuelle ».
    « La durée de la mission du Président intérimaire est de deux mois. Le Président intérimaire est chargé notamment de « mettre en place une structure légère pour la gestion administrative et politique du Parti; récupérer le patrimoine du Parti; négocier les termes de la réunification du Parti; organiser le Congrès extraordinaire qui élira le Président du Parti ainsi que notre candidat à la Présidence de la République ».
    « Préoccupés par l’avancement et l’aboutissement d’une lutte qui a presque perdu ses repères », les 25 séminaristes déclarent avoir pris « l’initiative de réunir les délégués représentant les fédérations de l’UDPS aux fins d’ouvrir un dialogue interne pour préparer un Congrès extraordinaire qui établira un ordre nouveau respectueux des objectifs fondamentaux que notre Parti s’est fixé, à savoir la conquête, l’exercice, et la conservation démocratiques du pouvoir ».
    Dans l’entendement des signataires de la Déclaration, le « mini-Conclave à la mi-septembre 2015 à Bruxelles, qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa, entend préparer le Parti à affronter efficacement les prochaines échéances politiques ».
    « Il proposera notamment la mise en place de structures organisationnelles appropriées. Un leadership intérimaire et responsable sera désigné pour conduire la période de transition nous menant vers le Congrès. Le Fonds U.D.P.S. sera réorganisé pour permettre une meilleure collecte et gestion de fonds », soulignent-ils.
    Manque de transparence et mauvaise gestion des finances du parti
    Les 25 séminaristes insistent « sur la mise en place de la Convention Démocratique Nationale, dotée de ses commissions permanentes (contrôle financier et discipline), pour un meilleur contrôle de l’argent du parti et pour éviter des détournements ».
    Ils proposent que, « désormais, la gestion de l’argent récolté à l’extérieur du pays soit confiée au «Fonds UDPS» qui doit être ré-organisé pour ce faire ».
    En outre, ils exigent « du Président qu’il fasse un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti dans le cadre de la campagne électorale de 2011 et celui de la récupération de l’impérium », dans leur Déclaration ci-après.

    MINI-CONCLAVE POUR LA MISE EN PLACE D’UN NOUVEAU LEADERSHIP DE L’UDPS DU 11 AU 13 SEPTEMBRE 2015

    I. LE FOND DU PROBLEME : MEGESTION DU PARTI ET NON TRIBALISME

    L’UDPS traverse en ce moment une grave crise causée par différents actes et comportements répréhensibles et condamnables posés par le président du parti. L’éthique même dont se targue l’UDPS d’être le meilleur défenseur s’en trouve écorchée.
    La condamnation de ces actes par des membres du parti et même par le public aurait mérité que la personne incriminée y apporte des réponses adéquates pour crever ce gros abcès et soulager le parti du malaise qui le ronge.
    Malheureusement, pour toute réponse, et pour se donner de la contenance, ceux qui sont concernés par les faits, et qui sont les affidés bénéficiaires occultes de ces actes, veulent noyer le poisson, se voilent la face, et manipulent l’opinion publique en qualifiant d’injures et de tribalisme les dénonciations de faits avérés, risquant de conduire inutilement le pays dans une situation dramatique. Il s’agit en fait de créer une diversion afin d’éviter de répondre aux questions pertinentes qui leur sont posées.

    II. MISE AU POINT DE LA SITUATION : MANQUEMENTS GRAVES ET CAUSES PROFONDES DE LA CRISE ACTUELLE.

    1. La crise actuelle a pour nom « Etienne Tshisekedi » et pour prénom «l’attentisme des cadres de l’UDPS qui ont peur et refusent de voir cette réalité en face ». Il y a des manquements graves qui constituent les causes multiples et profondes de la crise actuelle à l’UDPS.
    2. Ce sont :
     L’indisponibilité du président du Parti.
     Les tripatouillages et la falsification des statuts par Etienne Tshisekedi.
     L’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires du parti.
     Le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti.

    L’indisponibilité du Président du Parti

     Depuis plus d’une année, le Président du Parti est malade, raison de son séjour prolongé en Belgique. De ce fait, il est absent du Parti, et ce dernier est littéralement paralysé. L’article 22 point 2- des statuts du 14 décembre 2010 stipule que «le président supervise et coordonne le fonctionnement des activités du Parti».
    C’est dans ce cadre et au cours des réunions de la Présidence, localisée à Kinshasa, que les décisions sont prises sous sa supervision, conformément à l’article 21 des statuts. Mais cela n’a pas été le cas!
    Le Président élu au 1er Congrès a abandonné le Parti. Il n’a organisé aucune réunion de la Présidence conformément à l’article 21 des statuts depuis plus d’un an. Pendant quatre ans depuis qu’il a été élu au Congrès, sa présidence n’a produit aucun rapport d’activité ni de projet de budget du Parti tel qu’exigé par les statuts au point 7 de l’article 20.
    Aucune organisation respectable et démocratique ne peut fonctionner adéquatement en ignorant ses propres règles et même les règles élémentaires de fonctionnement et en l’absence de son principal gestionnaire.
    L’absence prolongée de Etienne Tshisekedi revient pratiquement à son auto exclusion implicite de la gestion du Parti, aussi avons-nous le devoir et l’obligation de désigner rapidement un nouveau leadership disponible pour la conduite effective du parti.

    Les tripatouillages des statuts.

     En ce qui concerne les tripatouillages, voici ce que révèle l’examen comparatif des deux statuts en présence, ceux issus du Congrès de 2010 qui avait réuni près de 800 délégués, et ceux modifiés par Etienne Tshisekedi tout seul.
    Le constat est amer! Etienne Tshisekedi qui, pour la première fois depuis la création de l’UDPS en 1982, a été élu Président du Parti au Congrès de décembre 2010, s’est mis au-dessus du Congrès, organe suprême du parti, pour opposer à l’effort fait par celui-ci de créer un Parti fort, une centralisation à outrance et la confiscation des pouvoirs entre ses seules mains.
    Le Parti est maintenant affaibli par sa maladie, ses prises de position contradictoires, et son absence continue du terrain des opérations.
     Il a commis un forfait en violant de manière flagrante, l’article 62 des seuls statuts valables, ceux de décembre 2010, en nommant des Représentants/Présidents fédéraux, alors que ceux-ci devaient être élus.
     Il n’a pas installé ou a supprimé des organes essentiels du parti tels que la Convention Démocratique du Parti et la Commission Electorale du Parti pour demeurer le seul maître à bord.
     Il a modifié unilatéralement les Statuts pour justifier de manière tacite son renoncement à la lutte pour l’imperium. En outre lorsque la remarque lui est faite par des membres du parti à propos de cette modification arbitraire, Etienne Tshisekedi répond qu’il l’a fait parce que c’est lui qui incarne l’UDPS.
    Nous disons non à cette allégation orgueilleuse, car l’UDPS est un patrimoine commun qui n’appartient à personne et elle survivra à chacun de nous.
     Le Président Tshisekedi a modifié les objectifs du Parti et transformé ce dernier en un groupe de pression ou un syndicat familial, tout en s’arrogeant tous les pouvoirs.
    Les Statuts signés par Etienne Tshisekedi le 25/10/2013, curieusement notariés le 01/03/2013, c’est-à-dire avant leur signature, ont été rédigés le 25 janvier 2013! Ceci montre qu’un crime n’est jamais parfait.
    Ces Statuts modifient l’article 10 des statuts officiels adoptés au Congrès de 2010 en supprimant l’objectif principal que s’est fixé ce Congrès, et qui est le fondement même de tout parti politique, à savoir: « … la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir en vue de réaliser son projet de société…».
    En effet, voici ce que la Loi no 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des Partis politiques en RDC dit à son Article 2:
    «Aux termes de la présente loi, il faut entendre par parti politique, une association de personnes physiques de nationalité congolaise qui partagent la même idéologie et le même projet de société en vue de conquérir et d’exercer démocratiquement et pacifiquement le pouvoir d’Etat».
    D’après le site La Toupie : «un parti politique est un groupe de personnes qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées, et qui s’associent dans une organisation ayant pour objectif de se faire élire, d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique ou un programme commun. L’objectif de gouverner distingue les partis politiques d’autres organisations comme les groupes de pression, les corporations et les syndicats».
     L’UDPS, parti politique auquel nous appartenons, a comme objectif d’accéder au pouvoir et de gouverner. L’UDPS familiale, non autrement identifiée, constitue un groupe de pression ou un syndicat familial dont l’objectif est le  «changement». Il n’est pas clairement précisé quel est le modus operandi de ce changement.
     Depuis deux ans, l’UDPS est orpheline. En supprimant l’objectif principal de conquête du pouvoir des statuts officiels, en étant toujours absent du terrain des opérations, et en renonçant à la lutte pour « l’imprium », Etienne Tshisekedi a tout simplement pris congé du grand parti UDPS qu’il a abandonné dans la rue.
     Kwame Nkrumah, le premier Président du Ghana, paraphrasant la Bible, nous recommande ce qui suit: «cherchez d’abord le pouvoir politique (imperium) et vous pourrez par la suite appliquer votre programme». Malheureusement, certains parmi nous utilisent l’UDPS plus pour se remplir les poches que pour faire arriver le parti au pouvoir.

    L’ingérence de la famille biologique du Président dans les affaires du parti.

     La question de l’ingérence de la famille biologique du Président dans les affaires du parti avait été dénoncée et largement traitée dans la déclaration de la Base du Parti, signée par plus de 40 fédérations de l’UDPS en novembre 2014.
    Cette déclaration avait désavoué Messieurs Mavungu et Tshilombo respectivement Secrétaire Général et Secrétaire du Parti chargé des Relations Extérieures pour incompétence.
    L’incompétence de ces deux « responsables » vient de s’étaler au grand jour par le fiasco criant de la liste de l’UDPS qu’ils ont présentée aux élections provinciales.
    En effet cette liste est classée en 20ème position, loin derrière tous les nouveaux partis tels que le PPRD, le MSR, l’AFDC, le PALU, le CRC, l’UNC, le MCR, le PPPD, le PND, l’ARC, le BUREC, le CCU, le LDIC, l’UNADEF, le PDC et l’ACO.
    Elle ne comprend que 276 candidats dont 21 femmes, soit à peine 8%, sur 711 sièges à pourvoir.
    L’UDPS n’a présenté des candidats que dans 81 des 189 circonscriptions électorales. Ces statistiques sont sympomatiques d’un leadership défaillant qui doit être remplacé illico presto.
     L’ ingérence de la famille s’est manifestée notamment par des interventions intempestives et par une volonté manifeste des membres de la famille  biologique du président d’ostraciser des cadres du parti afin que ceux-ci ne rencontrent pas le président dans le cadre de leurs activités normales.
     Aucune sanction n’a été prise à l’endroit des membres de la famille qui ont choisi de collaborer avec le pouvoir en place en allant siéger au parlement ou en touchant nuitamment les émoluments de parlementaire.
    Par contre, les cadres consciencieux qui, bien que élus, se sont démarqués du pouvoir en respectant le mot d’ordre de Etienne Tshisekedi et les instructions du parti de ne pas siéger, se sont vus sanctionnés par ceux de la famille biologique qui ont pourtant trahi, et tout ceci, devant un silence assourdissant de Etienne Tshisekedi.
     L’utilisation abusive de l’état de santé de Etienne Tshisekedi pour promouvoir  un membre de sa famille, à qui tout est permis, en vue de placer le parti devant le fait accompli d’un remplaçant obligé du président du parti, est une démarche que nous refusons et rejetons de toutes nos forces.
    Le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti
     Des révélations avérées d’une gestion financière catastrophique des fonds de la dernière campagne électorale auraient dû susciter l’intervention des commissions de contrôle financier et de discipline.
    Malheureusement, ces commissions prévues respectivement aux articles 57 des statuts et 69 du Règlement intérieur n’existent pas du fait que le Président du Parti n’a pas mis en place la Convention Démocratique Nationale du Parti, conformément à l’article 63 des Statuts et 74 du règlement d’ordre intérieur qui précisent que la Convention Démocratique du Parti devait être installée 4 jours après la clôture du Congrès.
    Les actes suivants posés par le Président du Parti ne reflètent pas la bonne gouvernance et la transparence prônées par le parti, conformément à la résolution n°10 du Congrès.
     De manière générale, le Président a mal géré les fonds récoltés dans le cadre de la dernière campagne électorale de 2011 qui ont échoué dans ses mains plutôt que dans les comptes du parti, conformément à l’article 63 du Règlement Intérieur du parti. A ce jour, le parti ignore le total des fonds reçus. Joseph Kasa-Vubu aurait été nettement plus transparent.
    Il aurait spontanément communiqué le détail de toutes les sommes reçues, ainsi que les dépenses effectuées et remis le reliquat à la trésorerie.
    Dans notre cas, les choses se sont très mal passées:
     En décembre 2011, sur décision personnelle du Président, trois cents mille US dollars ont été remis au Secrétaire Général en mains propres en espèces sonnantes et trébuchantes sans document comptable pour des dépenses non budgétisées.
     Quatre cents mille euros ont été, sur ordre du président, virés du compte de la fédération du parti en Belgique au compte privé de son épouse. A ce jour, le parti ignore l’usage qui a été fait de cet argent.
    Contrairement au cas précédent pour lequel le responsable du parti impliqué a été emmené par le Président devant la justice du pouvoir que nous contestons pour justifier l’utilisation de l’argent reçu, dans le deuxième cas, c’est l’embargo total, et aucune explication n’a été donnée.
    Bien au contraire, le responsable du parti en Belgique qui a révélé cette information a été débarqué arbitrairement de son poste avec comme motif fallacieux que cette révélation constituait une insulte à la famille.
     Une propriété immobilière (Bercy), située sur le Boulevard Lumumba à Limete, acquise pour environ un million de US$ comme permanence de l’UDPS et payée avec des fonds reçus par le parti, a changé de propriété de manière inexpliquée en faveur de la famille du Président.
     Certains cadres qui avaient perdu l’argent du parti avaient reçu ordre de le rembourser, tandis que les membres de la famille peuvent impunément s’approprier le patrimoine du parti.
     Des fonds récoltés au Canada (plus de dix mille dollars) ont été transférés à New York sur ordre du Président, et ont ensuite pris une destination inconnue.
     Les fonds récoltés à partir de 2012 dans le cadre de la campagne hypothétique de lutte pour la récupération de l’imperium et dont le montant est inconnu n’ont jamais été justifiés et leur gestion est totalement opaque.
     Les cas sont légion où l’argent du parti a été mal géré. C’est ainsi que le parti continue à demeurer indigent alors que beaucoup d’argent qui lui revient a été détourné.
    Malgré le fait qu’il y a eu autant d’argent, le président s’évertuait à dire aux candidats députés en 2011 qui avaient péniblement payé 150 US$ pour s’inscrire sur la liste du parti, qu’ils devaient se débrouiller et qu’il n’y aurait aucune contribution pour leur campagne, car le parti n’avait pas d’argent et que lui même avait déjà fait sa campagne par la «longue lutte» qu’il avait menée.
    Il s’est avéré par la suite que le parti avait suffisamment d’argent et qu’il pouvait largement contribuer à la campagne de ses candidats.
    3. Nous, membres du parti signataires de la présente déclaration, ayant analysé les causes profondes de la crise que traverse l’UDPS, avons jugé nécessaire de prendre les dispositions idoines permettant de mettre fin à cette situation délétère et stopper la gangrène.

    III. LEÇONS POSITIVES DE L’HISTOIRE DE NOTRE LUTTE.

    4. A présent, il est grand temps que nous prenions une nouvelle initiative comme l’histoire de notre propre lutte nous l’apprend:
     En 1987, lorsque le leadership du mouvement a signé les Accords de Gbadolite, acceptant de rentrer dans le MPR, des cadres du Parti ont créé la
    Direction Politique Rénovée (DPR) pour continuer la lutte. Ils ont ainsi gardé le flambeau et l’esprit du mouvement.
     Toujours en 1987, quand Sennen Andriamirado de Jeune Afrique a écrit que M. Frédéric Kibassa, Président en exercice de l’UDPS, avait, au cours d’une interview à l’aéroport de la Luano où il était détenu, accepté de travailler sous la houlette de Mobutu, Raymond Kabalu, Boniface Kayembe Mitonga et André Kalonzo ont rédigé un droit de réponse qu’ils ont fait signer à Kibassa par l’entremise de «petit Jean», un providentiel jeune compatriote trouvé par Mutombo Nzengeja, et qui faisait la navette entre Kibassa et le groupe. Le droit de réponse fut publié par Jeune Afrique à Paris, et l’on évita l’implosion du Parti.
     En 1988, Etienne Tshisekedi ayant décidé d’abandonner la politique (trop tôt en ce moment-là, mais très encouragé aujourd’hui), une dizaine de cadres s’étaient alors réunis à Boston pour convaincre Marcel Lihau de prendre lesrênes du Parti.
    Ce qui nous conduisit jusqu’à la Conférence Nationale où Tshisekedi fut élu Premier Ministre d’un gouvernement de Transition qui devait organiser les élections. Pourtant, seul contre tous ses collègues, Tshisekedi avait soutenu la tenue d’une Conférence Constitutionnelle en lieu et place de la Conférence Nationale. Ce n’est que par la persuasion qu’il finit par en accepter le principe.
    L’ UDPS aurait dû organiser les élections à l’issue de la période transitoire de 24 mois, mais Etienne Tshisekedi avait choisi la confrontation et pas le dialogue avec Mobutu; et ce dernier le chassa de la Primature.
    5. En conséquence de la situation catastrophique qui vient d’être décrite précédemment, en tant que membres à part entière de ce Parti et à l’instar des actions rappelées ci-haut qui ont permis à l’UDPS de survivre, nous prenons une nouvelle initiative qui se résume dans les résolutions ci-après pour sauver le Parti et redonner l’espoir à notrePeuple.

    IV. RESOLUTIONS

     Sur l’indisponibilité du président du Parti
    Afin de mettre fin à l’indisponibilité du président, la mise en place d’un nouveau leadership s’impose. Nous organisons un mini-conclave à la mi-septembre 2015 à Bruxelles qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa aux fins de nous choisir un Président du Parti intérimaire qui nous représentera jusqu’à la tenue d’un Congrès extraordinaire.
    Il sera secondé par un vice-président qui le remplace en cas d’absence.
    Nous invitons tous les membres du Parti qui s’inscrivent dans cette logique à contribuer à l’organisation de ce conclave et à y participer activement afin de sortir le Parti de l’impasse actuelle.
    La durée de la mission du Président intérimaire est de deux mois. Le Président intérimaire est chargé notamment de:
     mettre en place une structure légère pour la gestion administrative et politique du Parti;
     récupérer le patrimoine du Parti;
     négocier les termes de la réunification du Parti;
     organiser le Congrès extraordinaire qui élira le Président du Parti ainsi que notre candidat à la Présidence de la République.
     Sur les tripatouillages et la falsification des statuts par Etienne Tshisekedi.
    En définitive, les statuts modifiés en 2013 par Etienne Tshisekedi sont illégaux et illégitimes. Les seuls statuts valables sont ceux approuvés au Congrès de 2010.
    En conséquence, toutes les nominations faites par Etienne Tshisekedi au-delà de la période transitoire de trois ans après le Congrès de 2010 (fin 2013) sont toutes nulles et de nul effet.
     Sur l’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires du parti.
    Le nouveau leadership mettra une ligne de démarcation nette entre les affaires du parti et celles des familles en évitant particulièrement d’œuvrer dans les propriétés privées des responsables du parti. Particulièrement, le nouveau président du Parti utilisera tous les moyens légaux pour récupérer la permanence actuellement confisquée par la famille du Président Etienne Tshisekedi.
     Sur le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti.
    Pour un meilleur contrôle de l’argent du parti et pour éviter des détournements, nous insistons sur la mise en place de la Convention Démocratique Nationale dotée de ses commissions permanentes (contrôle financier et discipline), et nous proposons que, désormais, la gestion de l’argent récolté à l’extérieur du pays soit confiée au «Fonds UDPS» qui doit être ré-organisé pour ce faire.
    Nous exigeons du Président qu’il fasse un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti dans le cadre de la campagne électorale de 2011 et celui de la récupération de l’impérium.
     Les manquements graves qui viennent d’être relevés dans la gestion du Parti auraient dû faire l’objet de la saisine par les Commissions de Contrôle financier et de Discipline du Parti, malheureusement inexistantes, mais ce sont là des fautes très graves qui devront être sévèrement sanctionnées, raison pour laquelle nous demandons au président intérimaire de mettre immédiatement en place la Convention Démocratique d’où seront issues les différentes commissions permanentes.
    6. Nous nous sommes finalement souvenus de nos martyrs, ces héros qui ont payé de leur sang pour que vive ce parti, oubliés au détriment d’un culte personnel et l’encensement des profiteurs ayant vécu dans l’opulence en marge du combat.
    Ils doivent sans doute aujourd’hui se retourner dans leurs tombes devant les abominations que connaît le parti et les violations des principes qui constituent le fondement même de la lutte pour laquelle ils ont fait le sacrifice suprême. Nous devrions penser à eux chaque fois que nous voulons poser un acte qui doit engager l’avenir du parti et de notre pays.
    Nous voulons les répertorier tous, afin que, le moment venu, nous puissions leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Nous citons Roger Kana Kange, Evrard Makota, Tshal Kalend, Cédric Nyanza; nous pensons aussi à tous les autres non encore identifiés, qui ont été jetés au fleuve ou dans des fosses communes.
    Dans cette longue lutte de l’UDPS décrite comme un « bal de chauves », Il est très troublant de constater, si tard dans la lutte, que l’animateur principal de ce bal de chauves, le «DJ», n’est pas chauve!
    Que faire, sinon constater cette triste réalité, la dénoncer, et se choisir un nouveau «DJ», réellement chauve à même de conduire le bal jusqu’à son épilogue.
    En d’autres termes, nous devons trouver un nouveau leader qui va emmener le parti à concrétiser son objectif d’accéder au pouvoir.
    7. Au nom de Robert Kane-Kange mort en relégation sous le régime de Mobutu, Tshal Kalend pendu par la sécurité de Mobutu à Lubumbashi, Evrard Makota abattu à bout portant par la DSP sur le Boulevard Lumumba à Debonhomme (Kinshasa), Cédric Nyanza immolé dans le Bas-Congo pour revendiquer la victoire électorale de Tshisekedi à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, et tant de nos membres fauchés par les différentes dictatures qui se sont succédées au pouvoir à Kinshasa, nous demandons à Etienne Tshisekedi de faire un sérieux examen de conscience si cela est encore possible, et de se retirer de la politique pour consacrer le reste de son temps à sa santé, car il est malade. Les rares sorties forcées qu’il a effectuées dernièrement prouvent éloquemment qu’il a vraiment besoin de repos.

    V. NON A LA PARTICIPATION DE L’UDPS AU DIALOGUE AVEC KABILA

    8. Nous avons enfin examiné un problème d’actualité relatif à la proposition de Etienne Tshisekedi de faire participer l’UDPS à un dialogue avec le pouvoir dictatorial en place à un an de la fin du mandat en cours de Joseph Kabila, par ailleurs très controversé.
    Nous sommes arrivés au constat amer que ce dialogue prôné par Etienne Tshisekedi n’était d’aucun intérêt pour la concrétisation des objectifs que nous poursuivons, à savoir: la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir.
    Au contraire, il est visiblement destiné à satisfaire des intérêts purement égoïstes. Pire encore, c’est une passe en or adressée à Joseph Kabila, car elle n’est rien de moins qu’une ouverture à la recevabilité de sa candidature pour un troisième mandat!
    En effet ce dialogue débouchera inéluctablement sur la formation d’ un gouvernement (de Transition ou d’Union Nationale), ce qui correspond à l’ instauration d’ un nouvel ordre juridique conformément à la nouvelle pratique constitutionnelle.
    Le partage du pouvoir dans un gouvernement (de transition ou d’union nationale) avec l’opposition, que l’UDPS accepte d’y participer ou non, induit l’interruption du mandat actuel de Joseph Kabila, par ailleurs très controversé et, celui-ci n’étant pas arrivé à son terme, offre de manière implicite à Joseph Kabila une source de légitimité pour briguer un troisième mandat.
    Notons qu’une situation équivalente qui représente une jurisprudence sur le plan international, avait permis au Président Abdoulaye Wade du Sénégal de briguer un troisième mandat constitutionnellement prohibé, pour avoir modifié la durée de son mandat de 7 à 5 ans au cours de son deuxième et dernier mandat, mettant ainsi en place un nouvel ordre institutionnel.
    En réclamant la tenue d’un dialogue en position de faiblesse, on donne à son interlocuteur le loisir d’imposer ses propres conditions, surtout si au départ on a invoqué un prétexte fallacieux pour le réclamer.
    Il faut déplorer que dans les mêmes circonstances avec le pouvoir finissant de Mobutu hier, Etienne Tshisekedi avait forcé un dialogue avec Mobutu à Nice que tout le monde avait rejeté et qui avait permis à ce dernier de rebondir dans un retour triomphal à Kinshasa.
    Nous savons que Mobutu en avait profité, l’UDPS n’en avait pas bénéficié, Dieu seul sait quel bénéfice personnel Etienne Tshisekedi en a tiré.
    Par ailleurs, la feuille de route proposée par Etienne Tshisekedi reprend de nombreuses dispositions de la loi électorale qui doivent être respectées, mais qui ne l’ont jamais été dans le cadre de la loi. Par quel mécanisme un simple dialogue entre groupes d’individus imposera-t-il le respect de ces dispositions là où la loi n’a pas réussi à le faire ?
    Les Accords d’Addis-Abeba invoquées ont été mal interprétées et ne peuvent pas être la référence pour réclamer un dialogue.
    Comment peut-on, en outre, décider d’aller dans un dialogue contre la volonté populaire et déclarer ensuite souhaiter recourir à ce même peuple en cas d’échec?
    N’est-ce pas un véritable mépris à l’égard du peuple que l’on considère comme un simple objet que l’on n’utilise que pour satisfaire son orgueil personnel? Quoi qu’il en soit, comme la grande majorité des membres de l’UDPS, nous nous opposons à la tenue de ce dialogue contre-nature qui doit être considéré comme une véritable trahison.

    Fait à Bruxelles, le 31 juillet 2015.

    Les Signataires :

    André Kalonzo Ilunga Co-fondateur ; Représentant honoraire aux Nations Unies, Ancien Secrétaire du Parti Chargé de Mission au Katanga

    Raphaël Kashala Ancien Directeur de Cabinet du Secrétaire National aux
    Relations Extérieures; Conseiller honoraire à la Représentation au Benelux ; Ancien Conseiller particulier du Président Tshisekedi

    François Tshipamba Mpuila Représentant honoraire au Benelux; Coordonnateur du Bureau d’Etudes, Expertises et Stratégies (BEES)

    Léonard Mpoyi Muadianvita Représentant honoraire en Norvège
    Raymond Kabalu Kadima Co-fondateur, Ancien Conseiller Culturel du Premier Ministre Tshisekedi, Représentant-Adjoint au Danemark

    Ange Kalonji Tshidimba Conseiller honoraire à la Représentation du Canada

    Madame Kashika Membre du Parti Fédération de Belgique

    Sylvain Nsenda Kalala Président honoraire Comité Fédéral du Canada, Président de la Convention Démocratiique du Canada

    Urbain Ndondo Conseiller Diplomatique à la Représentation du Canada

    Oscar Mutombo Membre du Parti Fédération du Canada

    Marcellin Kwilu Mondo Président honoraire Section Ontario / Canada

    Papy Bisungu Membre du Parti Fédération du Canada

    Toure Kabongo Mukendi Président Section Ontario / Canada

    Nono Ilunga Bukasa Président honoraire Comité Fédéral Canada

    Andre Kabemba Membre du Parti Fédération du Canada

    Eddy Bozinga : Président-Adjoint Section Ontario/Canada

    Sage Gayala Secrétaire Fédéral chargé de la communication
    Fédération du Canada

    Bernard KabeyaTshilumbayi Représentant-Adjoint en France

    Liévin Tshiembe Ntambue Secrétaire Fédéral chargé de l’Administration Fédération du Danemark

    Philippe Mandangi Représentant honoraire au Royaume Uni

    Albert Mukendi Conseiller honoraire Représentation au Royaume Uni

    Placide Kanema Président honoraire Comité Fédéral de Norvège

    Félix Mulamba Président honoraire de l’Assemblée Fédérale de Norvège

    Georges Mboa Membre du Parti Fédération de Belgique

    Marie Tshibwabwa Membre du Parti Fédération des Etats-Unis d’Amérique.

  • RDC : «pas de combines pour un autre mandat de Kabila» pour le MLC

    RDC : «pas de combines pour un autre mandat de Kabila» pour le MLC

    Eve Bazaiba Masudi-La question d’un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila après novembre 2016 provoque un vif débat. Hier à la même heure, vous avez entendu un partisan de cette option, le ministre congolais des Relations avec le parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba. Voici aujourd’hui le point de vue d’une figure de l’opposition. La députée nationale Eve Bazaiba Masudi est la secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), dont le numéro 1, Jean-Pierre Bemba, avait mis le président Kabila en ballotage en juillet 2006. En ligne de sa circonscription de Bassoko, dans la nouvelle province de la Tshopo, dans l’est du Congo, la numéro 2 du MLC répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Dans la majorité présidentielle, beaucoup disent que Joseph Kabila doit rester au pouvoir au-delà de novembre 2016 pour garantir la paix et la stabilité au Congo ?

    Eve Bazaiba Masudi : Le fait pour Kabila de rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat, conformément à la Constitution, constitue une cause de l’insécurité.

    L’argument des partisans d’un troisième mandat, c’est de dire que votre pays est immense, il y a plusieurs centaines d’ethnies et il n’y a que lui pour garantir la paix et la stabilité ?

    Il n’y a pas que lui pour garantir la paix et la stabilité. C’est un argument qui ne tient pas debout face au délai constitutionnel. Kabila dirige ce pays de la manière que l’on sait. Il est venu d’abord par une succession qui ressemble à un coup d’Etat, et deux fois il a été très mal élu. Maintenant ça fait cinq ans qu’il dirige avec 46%, mais là, s’il doit aller au-delà du mandat tel que le lui permet la Constitution, c’est ça, la création de troubles dans notre pays.

    Autre argument des partisans de Joseph Kabila, le pays est en train de décoller sur le plan économique grâce aux cinq chantiers lancés par le président ?

    Le pays ne décolle pas, au contraire, le pays ne fait même pas du sur place. Il y a un nivellement vers le bas. Des cinq chantiers, Kabila n’en a réalisé aucun. Moins de 1% de la population congolaise a accès à l’eau potable, a accès à l’électricité, il n’y a pas l’accès aux soins de santé, non plus. Donc il n’y a rien qui a été réalisé par Monsieur Kabila. Les inaugurations qu’il est en train de faire aujourd’hui, c’est l’œuvre des ONG. Il a inauguré la piste de l’aéroport de Goma, ça a été réhabilité par des ONG.

    Craignez-vous une tentative de révision de la Constitution ?

    Ils ont commencé les stratégies de révision de la Constitution depuis longtemps. La majorité au pouvoir a tenté d’organiser des pétitions pour réviser la Constitution, ils ont tenté d’introduire dans la loi électorale des alinéas qui devaient nous amener au-delà du mandat du président Kabila, tout ça a été contré par le peuple congolais, même la stratégie actuelle d’avoir un dialogue politique à la recherche d’un accord qui va l’amener dans une période de transition pour aller au-delà de son mandat.

    Il ne réussira pas, parce que le peuple congolais est debout comme un seul homme au respect de la Constitution. Finie, cette affaire de combines des partis politiques. Nous ne sommes pas d’accord à un dialogue qui va nous amener à des combines politiques pour prolonger le mandat de Kabila et violer ainsi la Constitution.

    Et si le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille, qu’allez-vous faire ?

    Nous allons appliquer la Constitution parce que l’article 63 dispose que le peuple congolais a les droits de s’opposer à quiconque qui veut prendre le pouvoir par la force et gérer le pouvoir en violation de la constitution. Si le président de la République ose violer la Constitution en allant au-delà de son mandat constitutionnel, il va être poursuivi pour haute trahison conformément à la même Constitution.

    L’opposition semble très affaiblie aujourd’hui. Côté UDPS, Etienne Tshisekedi est malade et séjourne en Europe depuis un an. Côté MLC, votre leader Jean-Pierre Bemba est en prison à la Cour pénale internationale, peut-être encore pour de longues années. Comment pouvez-vous faire face au pouvoir ?

    L’opposition ne peut pas être réduite seulement à deux individus au-delà de leur charisme politique. Nous connaissons le charisme du président Tshisekedi de l’UDPS, nous reconnaissons le charisme du président Jean-Pierre Bemba du MLC. Mais actuellement pour cette question de ne pas aller au-delà du mandat présidentiel constitutionnel, c’est l’intérêt du peuple congolais qui est mis en jeu.

    Souvenez-vous du mois de janvier 2015, comment le peuple congolais dans son ensemble, a dit non au fait d’aller au-delà du mandat du président Kabila en essayant de faire du subterfuge à réviser la loi électorale avant l’organisation des élections.

    Etre une femme au milieu de tous ces hommes politiques, cela est-il difficile au Congo ?

    Ce n’est absolument pas difficile. Eve Bazaiba a une très longue expérience politique d’une trentaine d’années, donc j’ai de très bonnes relations avec tous mes collègues hommes avec qui je travaille au sein du MLC.

    Certains vous manquent-ils de respect parce que vous êtes une femme ?

    Cette étape là, en ce qui concerne Madame Bazaiba, au Congo, est révolue depuis longtemps. Je préside aussi une commission parlementaire à l’Assemblée nationale. On ne met pas la question de la femme au premier plan, on met plutôt mes compétences.


    En RDC, suite aux déclarations sur RFI du ministre chargé des relations avec le Parlement, Kin Kiey Mulumba faisant état d’un possible glissement du calendrier électoral et du possible maintien au pouvoir de Joseph Kabila, le 3e parti d’opposition l’UNC s’insurge. Dans un communiqué, l’UNC rappelle les délais constitutionnels auxquels est lié le président sortant et alerte la communauté internationale sur la volonté manifeste, selon le parti, du régime en place de se maintenir au pouvoir.

    RFI

  • RDC : Etienne Tshisekedi contesté à l’UDPS

    RDC : Etienne Tshisekedi contesté à l’UDPS

    udps-25 cadres de l’UDPS tirent à boulets rouges sur leur leader historique et remettent en cause la gestion du parti, ainsi que le choix de participer au dialogue du président Joseph Kabila. Une première au sein du parti d’opposition.

    L’UDPS a déjà traversé de nombreuses crises, mais celle-ci a quelque chose de très particulière : c’est la première fois que le leadership d’Etienne Tshisekedi est directement remis en cause. Un tabou vient même de tomber avec la déclaration de 25 membres importants du partis, installés essentiellement en Europe ou au Canada.: ils demandent le « remplacement » d’Etienne Tshisekedi ! Du jamais vu dans le parti congolais d’opposition. Dans un communiqué envoyé à la presse, dont Afrikarabia, les frondeurs dénoncent « la crise actuelle » du parti « qui a pour nom Etienne Tshisekedi et pour prénom, l’attentisme des cadres qui ont peur et refusent de voir la  réalité en face ». Rien ne va plus au sein du parti selon les signataires : « l’indisponibilité du président du parti, les tripatouillages des statuts par Etienne Tshisekedi, l’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires du parti et le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances ».

    « Ingérence de la famille biologique »

    Les causes de la crise profonde que traverse l’UDPS sont à chercher du côté des absences répétées d’Etienne Tshisekedi pour des raisons médicales. A 82 ans, le leader historique vieillissant de l’opposition congolaise est en effet en convalescence depuis un an à Bruxelles et ses récentes apparitions publiques n’ont rassuré personne sur sa santé chancelante. L’opposant n’est plus que l’ombre de lui-même et beaucoup pensent que le parti a déjà glissé dans les mains de son fils, Félix, responsable des relations extérieures de l’UDPS. En novembre 2014, plus de 40 fédérations du parti avaient dénoncé « l’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires de l’UDPS ».

    Non au dialogue

    La prise du parti par Félix Tshisekedi passe mal pour bon nombre de cadres de l’UDPS et la stratégie du parti de participer au dialogue convoqué par le président Joseph Kabila reste incompréhensible pour la plupart des militants. Le reste des partis d’opposition, MLC, UNC et dissidents de l’UDPS ont tous refusé le dialogue, accusant Joseph Kabila de vouloir rallonger son mandat en dehors de tout cadre constitutionnel. Les 25 frondeurs sont également de cet avis : « c’est une passe en or adressée à Joseph Kabila, car elle n’est rien de moins qu’une ouverture à la recevabilité de sa candidature pour un troisième mandat! En effet ce dialogue débouchera inéluctablement sur la formation d’ un gouvernement (de Transition ou d’Union Nationale), ce qui correspond à l’ instauration d’ un nouvel ordre juridique conformément à la nouvelle pratique constitutionnelle. »

    Entêtement

    Le divorce semble donc bien consommé entre une partie de l’UDPS et les Tshisekedi père et fils. L’enfermement du parti après la réélection frauduleuse de Joseph Kabila avait découragé beaucoup de ses cadres. Etienne Tshisekedi, convaincu d’avoir gagné l’élection et d’être le président élu de la RDC avait interdit à ses députés de siéger à l’Assemblée nationale. L’entêtement d’Etienne Tshisekedi dans son « Imperium » qui se limitait au quartier de Limete avait décidé certains à franchir la porte de l’Assemblée nationale et à prendre leur distance. Son intransigeance envers le pouvoir de Joseph Kabila n’est donc plus compréhensible à l’heure où il veut maintenant dialoguer avec le président, à moins de deux de la fin de son mandat. La stratégie des Tshisekedi devient désormais illisible.

    L’UDPS en solo

    On assiste donc à une énième dissension interne au sein de l’UDPS. Les 25 signataires proposent  la tenue d’un « mini conclave à la mi-septembre à Bruxelles qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa aux fins de nous choisir un Président du Parti intérimaire qui nous représentera jusqu’à la tenue d’un Congrès extraordinaire. » Le remplacement d’Etienne Tshisekedi est donc exigé. Reste à savoir comment vont réagir Félix et Etienne Tshisekedi à cette nouvelle péripétie ? Au mieux quelques cadres partiront vers d’autres partis d’opposition ; au pire, le parti implosera au risque de perdre définitivement son rang sur l’échiquier politique congolais. Car une chose est sûre, l’UDPS a déjà beaucoup perdu depuis les élections de 2011. Le plus important : son leadership sur les autres partis d’opposition. Aujourd’hui se sont le MLC et l’UNC qui tirent la caravane des autres partis et qui sont aux avant-postes de la contestation. En janvier 2015, au plus fort des manifestations contre la loi électorale, l’UDPS n’avait pas appelé à manifester et s’était « réveillée » trois jours après le début du mouvement voyant que la contestation prenait de l’ampleur. Aujourd’hui encore, l’UDPS la joue « solo » en s’engageant dans un dialogue risqué avec Joseph Kabila et en refusant encore une fois de se joindre aux autres partis dans la prochaine manifestation prévue le 15 septembre à Kinshasa. Félix Tshisekedi avait choisi de se démarquer du reste de l’opposition en prenant les rênes du parti. Pour le moment… c’est très réussi.

    Christophe RIGAUD – Afrkarabia

  • RDC : rififi au MNS, chargé de suivre l’Accord-cadre d’Addis-Abeba

    RDC : rififi au MNS, chargé de suivre l’Accord-cadre d’Addis-Abeba

    FRACOIS MWAMBA-Entre François Muamba, coordonnateur du Mécanisme national de suivi et de supervision de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS), et son adjoint, Léon Engulu III, rien ne va plus !

    Le second accuse le premier d’orchestrer « une violente campagne de dénigrement contre [sa] personne » sur les réseaux sociaux, à en croire une plainte déposée le 4 août sur le bureau du procureur général de la République. La rupture entre ces deux hommes chargés de suivre l’application des engagements pris le 23 avril 2013 entre la RDC et les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) est consommée.

    « Depuis vingt-six mois, Muamba refuse de communiquer à ses adjoints les pièces justificatives de la gestion du Mécanisme », dénonce Engulu III. Ce dernier affirme pourtant avoir plusieurs fois alerté la « hiérarchie » à ce sujet. « Où sont passés par exemple les 400 000 dollars – normalement destinés au porte-parole de l’opposition – que Patrice Kitebi, alors ministre délégué aux Finances, nous avait envoyés pour nous dépanner ? » interroge-t-il, soulignant également qu’il n’a jamais vu les traces des quelque 80 000 dollars (plus de 73 000 euros) que le gouvernement débloque tous les mois pour le fonctionnement du MNS. Du côté de Muamba, silence radio. En attendant, Luzolo Bambi, conseiller du chef de l’État chargé notamment de la lutte contre la corruption, a été saisi.

    Jeune Afrique