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  • Thierry Taeymans , le DG de la Rawbank à son tour arrêté

    Thierry Taeymans , le DG de la Rawbank à son tour arrêté

    -Nouvelle arrestation d’un acteur important de l’économie congolaise. Cette fois, c’est Thierry Taeymans, le directeur général de la Rawbank, citoyen belge, qui a été arrêté.
    L’homme a d’abord été conduit au poste de garde de Matete où il aurait été longuement entendu avant d’être transféré, ce vendredi 13 mars en fin de matinée, à la prison centrale de Makala.
    Le directeur général de la Rawbank est soupconné d’être impliqué dans le détournement de 57.000.000 de dollars en complicité avec Jammal Samih, le patron des sociétés Samibo Congo Sarl et Husmal SARL, dans un dossier de construction de maisons sociales, notamment à destination des militaires, passé dans un des innombrables contrats de gré à gré avec les services de la présidence congolaise.
    Jamamal Samih, par ailleurs président de la communauté libanaise en RDC, est lui déjà derrière les barreaux depuis la fin du mois de février, il avait été interpellé pratiquement en même temps que David Blattner, le patron de Safricas SA, et du DG de l’Office des Routes, Mutima Sakrini. Tous les trois sont poursuivis pour abus de confiance, dans le cadre des enquêtes diligentées par le parquet général près les Cours d’appel de Kinshasa sur les travaux lancés dans le cadre du programme des 100 jours.
    Selon des sources porches de l’enquête, le banquier belge est soupçonné d’avoir permis le détournement de 57 millions sur un contrat de 114 millions destinés à la construction de ces maisons dans 5 provinces. La somme incriminée aurait été versée sur un compte parallèle et ne serait jamais arivée dans les comptes officiels de la société de M. Jammal Samih.

    Selon les enquêteurs, le travail n’a pas été fait mais l’argent a été bel et bien encaissé. En l’occurrence, plusieurs millions de dollars auraient été envoyés sur un compte de la Rawbank alors que le patron de la Somibo avait initialement donné un numéro de compte Ecobank. Pour la presse congolaise, 37 millions ont été virés vers un compte qui n’était effectivement pas connu des autorités congolaises. Contacté ce vendredi, l’avocat de Thierry Taeymens, Me Shebele, a refusé de commenter une affaire encore en instruction par respect éthique, a-t-il dit.

    Dans un communiqué rendu public, vendredi, la Rawbank a déclaré regretter l’emprisonnement de son directeur général, et affirmé qu’elle continuera de collaborer avec la justice congolaise, étant convaincue que la vérité finira par être établie.

    Avec la LA

  • 2 cas de Coronavirus en RDC, les mesures annoncées peinent à rassurer

    2 cas de Coronavirus en RDC, les mesures annoncées peinent à rassurer

    -En République démocratique du Congo (RDC), un deuxième cas de Covid-19 a eté confirmé. Une réunion d’urgence sur le coronavirus s’est tenue ce jeudi 12 mars. Des décisions ont été prises par les autorités, mais les mesures annoncées ne semblent pas rassurer les Kinois.

    Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
    « Un deuxième cas de coronavirus a été confirmé en RDC. Il s’agit d’un sujet Camerounais. Il se trouve dans une institution hospitalière de la place pour une prise en charge. Le Ministère de la Santé exhorte une fois de plus à la population le respect strict d’hygiène », écrit le ministère de la Santé sur son compte Twitter.

    Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a réuni jeudi 12 mars les autorités sanitaires, en tête le ministre de la Santé, mais aussi ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense, des Transports et des Sports. Des décisions ont été prises pour renforcer les mesures d’hygiène corporelle et surtout des mesures aux frontières. Des mesures qui sont loin de pourtant rassurer les Kinois.
    Aux termes de la réunion, le ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo, s’est voulu rassurant. Quelque 109 personnes ayant eu des contacts avec le premier cas ont été mis en quarantaine. « Le gouvernement a pris toutes les dispositions », a-t-il affirmé, ajoutant qu’a « ce stade le port du masque n’était pas nécessaire ».

    Des fiches de renseignements ont été mises à disposition dans les aéroports pour une identification minutieuse des passagers. Des espaces d’accueil pour d’éventuels cas qui se déclareraient sont aménagés dans quelques hôpitaux de la capitale.
    Mais la veille, le virologue, Jean-Jacques Muyembe, qui pilote la riposte contre l’épidémie d’Ebola, a émis des réserves sur la capacité des structures sanitaires à répondre aux urgences, en cas de propagation de la maladie.

    Dans les rues de la capitale, les Kinois se disent également inquiets surtout avec l’apparition d’un deuxième cas. Ils jugent les mesures prises insuffisantes et estiment qu’elles devraient s’étendre notamment au secteur des transports urbains et aux écoles, pour limiter au maximum les contacts.
    Par ailleurs, RFI a joint par téléphone, le premier cas de coronavirus en RDC, un Congolais âgé de 52 ans qui vivait en France. Celui-ci ne cesse de se plaindre des conditions de son isolement dans un hôpital sino-congolais où il dit ne pas être à l’abri des moustiques et de l’insalubrité. Autre affirmation de sa part : il n’a reçu aucun traitement depuis son isolement.

    Avec RFI

  • Coupure de câble internet au large de la RDC

    Coupure de câble internet au large de la RDC

    -Près de trois mois après un double incident qui avait privé d’internet une dizaine de pays africains, une nouvelle « coupure franche » intervenue sur un câble sous-marin international de fibre optique a été détectée dans la matinée ce mercredi 11 mars au large de la RDC.
    « Et zut… nouvelle coupure franche enregistrée ce jour sur, le câble SAT3, toujours au large du Congo ». Sur le réseau social Twitter, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux et services internationaux d’Orange, ne cache pas son dépit.
    Lui qui a l’habitude de chroniquer heure par heure les pannes et réparations d’Orange Marine, la filiale de l’opérateur français dédiée à la pose et la maintenance de câble internet sous-marins, vient d’annoncer qu’une nouvelle « coupure franche » est intervenue sur le câble de fibre optique South Africa Transit 3 (SAT-3) au large de la République démocratique du Congo.
    Tout juste revenu de mission dans la zone, le navire câblier Léon Thévenin d’Orange Marine est réquisitionné pour intervenir sur la zone de l’incident.
    Orange Marine à la réparation
    C’est la deuxième fois en quelques semaines qu’un incident de ce type se produit sur le même câble quasiment dans le même lieu. La rupture se situe « toujours dans le canyon du fleuve [Congo] mais pas exactement au même endroit », précise Jean-Luc Vuillemin à Jeune Afrique.
    Fin janvier, une double coupure sur le SAT-3 et son voisin WACS, avait été détectée à environ 300 kilomètres des côtes de la RDC, paralysant le trafic à travers une dizaine de pays du continent.
    Positionné au Cap en Afrique du Sud, l’équipage du Léon Thévenin, avait déjà été chargée de réparer les deux incidents, s’autorisant une mission supplémentaire vers Tema au Ghana pour régler un défaut d’isolation sur le câble WACS. En un peu moins de trois semaines, soit le 26 février, les différentes pannes étaient réparées.

    Précédents
    Installés tous les deux au début des années 2000, le SAT-3 et le WACS n’en sont pas à leur première coupure. Les deux infrastructures télécoms sont la propriété d’un consortium mené par Telkom South Africa et composé initialement d’opérateurs internationaux comme Tata Communications, AT&T, BT, Orange, Verizon Vodafone ou encore BICS , aux côtés d’opérateurs africains comme Camtel, Angola Telecom, Ghana Telecommunications, Mauritius Telecom, Maroc Telecom ou Bénin Telecoms.
    En 2009 puis 2011, les câbles ont été sectionnés au large des côtes béninoises. À chaque fois, l’accident a été causé par une ancre d’un navire qui a coupé l’installation.

    AvecJA

  • Les femmes mobilisées contre l’insécurité à Lubumbashi

    Les femmes mobilisées contre l’insécurité à Lubumbashi

    -Près de 200 femmes de Lubumbashi se sont réunies mercredi 11 mars pour discuter de l’insécurité dans la ville. D’après les chiffres officiels, en moyenne chaque mois depuis le début de l’année, 150 femmes et filles ont subi un viol pendant un cambriolage. La rencontre, organisée par le Front commun pour le Congo local, avait pour intitulée : « Stop à l’insécurité dans le Haut-Katanga »

    De notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho

    Si l’insécurité préoccupe toutes les femmes de la province, c’est surtout ces chiffres sur les cas de viol qui choquent. « Pour l’année 2020, de janvier à février, la statistique est de 315 victimes des violences et viol », informe Kabera Mugijinma, représentant du ministère des Droits de la femme et de l’enfance à Lubumbashi.

    Ces victimes ont pour la plupart subi un viol lors de cambriolages. Pour Francine Muyumba, sénatrice et membre du Front commun pour le Congo, il faudrait que les femmes aient moins peur de dénoncer leurs agresseurs. « Ce sont ces femmes qui ont ces bandits dans leurs maisons, et ces bandits, après avoir volé, tué, violé des petites filles, rentrent dans ces maisons et les femmes ne les dénoncent pas ».

    Christine Kimbilwe, syndicaliste au sein de la Gécamines affirme quant à elle, que l’insécurité est générée par la pauvreté. « Si nous commençons d’abord par gérer tous nos revenus, les entreprises payent mieux, on crée les emplois, vous verrez que l’insécurité va prendre fin ».

    Dans leurs recommandations, les femmes réunies mercredi ont interpellé le gouvernement lui demandant d’améliorer les conditions de vie des forces de sécurité trop souvent obligées, selon elles, de s’en prendre à la population pour subsister.

  • Premier cas de Coronavirus déclaré en RDC et plusieurs réunions de la SADC annulées.

    Premier cas de Coronavirus déclaré en RDC et plusieurs réunions de la SADC annulées.

    La République démocratique du Congo vient de confirmer son premier cas de coronavirus.

    Le ministre congolais de la Santé a annoncé qu’un cas de coronavirus a été identifié à Kinshasa. Dans le même temps, plusieurs réunions de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont été annulées.

    Il s’agit du onzième pays africain à enregistrer des cas de Covid-19.

    Le patient est un Congolais de cinquante-deux ans résidant en France, entré dans le pays dimanche.

    Le patient présentait des symptômes à son arrivée, et a été immédiatement isolé grâce à des analyses cliniques.

    Il est maintenant soigné dans un ancien centre Ebola à l’est de Kinshasa – réaménagé pour traiter le Covid-19.

    Le ministère congolais de la santé tente maintenant de retrouver tous ceux avec qui il a voyagé et de les mettre en quarantaine – une tentative pour arrêter la propagation du virus.

    Le ministre a appelé la population à rester calme et à se laver les mains plus souvent possible.

    Les quatre principaux aéroports de la RDC ont renforcé la surveillance des voyageurs ayant des températures élevées – une pratique déjà en vigueur dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola.La maladie – qui a débuté en Chine – a jusqu’à présent tué plus de 3 800 personnes.

    Le ministre congolais de la Santé, Eteni Longondo, a annoncé qu’un patient atteint du coronavirus avait été identifié à Kinshasa. Il s’agit d’un Congolais de 52 ans, qui revenait de France. « Nous venons d’avoir la confirmation de ce cas par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) : le patient est arrivé à Kinshasa il y a deux jours et il était depuis suivi par les services médicaux », a déclaré à Jeune Afrique le Dr Eteni Longondo, ministre congolais de la Santé. « Il a été mis à l’isolement et nous recherchons les personnes qui ont été en contact avec lui », poursuit le ministre, qui a confirmé lors d’une conférence de presse la nationalité congolaise du patient, après avoir initialement évoqué « un patient belge ».

    Cette annonce intervient alors que les autorités congolaises ont annoncé une série de mesures pour prévenir la propagation du virus, à l’issue du Conseil des ministres de vendredi. Plusieurs membres du gouvernement avaient à cette occasion proposé que les vols  en provenance des pays européens et asiatiques touchés par l’épidémie soient suspendus.

    « Plan stratégique national »

    Le Conseil des ministres a finalement décidé que toute personne venant de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Iran, d’Irak et de Chine « ne présentant aucun signe (fièvre, toux, rhume, céphalées, fatigue intense,…) sera isolée pendant 14 jours à domicile et suivie pendant 14 jours par l’équipe médicale en tenant compte des informations recueillies dans les fiches sanitaires des voyageurs ».

    Par ailleurs, toute personne « présentant les symptômes [du coronavirus] à l’arrivée et considérée comme cas suspect sera transférée au site d’isolement et pris en charge par le ministère de la Santé ».

    Lundi, le Dr Eteni Longondo, s’était toutefois voulu rassurant, affirmant que le plan stratégique national élaboré par le ministère de la Santé allait être « mis en pratique », avant d’insister sur le fait que « le plus important, c’est la préparation, en commençant par donner une bonne information pour ne pas créer la panique dans la population ».

    Parmi les mesures déployées, un système de surveillance et d’identification des cas suspects grâce à des caméras thermiques, installées aux postes-frontières et aéroports du pays. Le ministère de la Santé prévoit en outre de « pré-positionner » dans les principales villes du pays des moyens de transports pour acheminer vers les laboratoires les échantillons prélevées sur les personnes présumées contaminées.

    La SADC suspend réunions et sommets

    La Communauté de développement de l’Afrique australe (Southern African Development Community – SADC) a de son côté pris la décision de suspendre plusieurs réunions prévues à l’agenda. Le sommet des chefs d’État des pays signataires de l’accord cadre d’Addis-Abeba – qui devait se tenir le 24 février et avait été reporté pour des raisons financières – pourrait de nouveau être reporté. Ou ne réunir les chefs d’État annoncés – Afrique du Sud, Angola, Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Congo, Centrafrique, Soudan, Soudan du Sud, Kenya, Tanzanie et Zambie – que via un système de visioconférence.

  • Gédéon Kyungu encerclé pour éviter une attaque à Lubumbashi

    Gédéon Kyungu encerclé pour éviter une attaque à Lubumbashi

    -La résidence du bandit Gédéon Kyungu, membre du PPRD (parti de Joseph Kabila), a été encerclée lundi sur ordre du gouverneur de la province. Il s’agissait de l’empêcher de mener à bien un projet de nouvelle attaque contre Lubumbashi, la capitale du cuivre au Katanga.

    Lubumbashi est le théâtre, depuis la fin 2019, d’une recrudescence du grand banditisme, alors que ce dernier avait régréssé après la visite dans la ville du président Felix Tshisekedi. Ces violences font, logiquement, monter la tension dans la capitale du cuivre.
    Déstabiliser le Katanga
    Alors que la tension monte, depuis quelques mois, entre le président Tshisekedi – devenu chef de l’Etat en raison d’un accord avec Kabila et en l’absence de preuves de sa « victoire » électorale – et celui qui l’a fait roi – irrité de l’interpellation de plusieurs de ses proches – des politiciens katangais dénoncent à mots feutrés, des tentatives de susciter des affrontements entre Katangais et Kasaïens. Les deux alliés locaux de Félix Tshisekedi – Gabriel Kyungu (parti UNAFEC) et Jean-Claude Muyambo (SOCODE) – viennent de mettre en garde ceux qui attisent « l’incitation à la tribalisation au Katanga », y voyant, selon les mots de Me Muyambo, « une machination qui vise à déstabiliser le pouvoir du président Félix Tshisekedi ».
    Selon Le Phare, qui cite les deux politiciens katangais, le sanguinaire bandit Gédéon, rallié depuis 2016 au camp Kabila, avait l’intention de profiter d’une marche des jeunes à Lubumbashi pour organiser une nouvelle attaque de la capitale katangaise lundi soir ou ce mardi. Il faut se rappeler que plusieurs attaques des « Bakata Katanga » (sécessionnistes katangais liés à Gédéon) dans cette ville ont été perpétrée après que des miliciens se soient infiltrés peu à peu dans la ville. Des attaques de ce type ont encore été observées le 11 juillet dernier, une autre en septembre et une troisième le 11 octobre, date anniversaire de la reddition de Gédéon.
    Selon Le Phare, Gabriel Kyungu, ex-gouverneur du Grand Katanga, a donc alerté le gouverneur du Haut-Katanga (entité issue du découpage de la province en 2015) il y a quelques jours et ce dernier « s’est aussitôt organisé pour faire encercler la résidence de Gédéon Kyungu (NDLR: pas parent avec Gabriel Kyungu) afin de le neutraliser ». En outre, les manifestations publiques ont été interdites jusqu’à nouvel ordre.
    La terreur du Nord-Katanga
    Gédéon s’était fait connaître par la terreur qu’il faisait régner, avec ses hommes – largement issus des milices créées par le défunt Laurent Kabila qui, ne les finançant pas, les « força » à se payer sur la population –  dans « le triangle de Mitwaba » (Nord-Katanga) au début des années 2000. Il s’était rendu aux Casques bleus en 2006 et, livré à la justice congolaise, avait été condamné à mort en 2009 – avant de s’évader en 2011 de la prison de la Kasapa dans des circonstances largement jugées suspectes.
    Après de nouveaux ravages au Katanga – et l’adoption d’un discours sécessionniste – le bandit Gédéon avait « déposé les armes » le 11 octobre 2016, lors d’une cérémonie festive; il portait alors un T-shirt à l’effigie de Joseph Kabila. Selon Le Phare, il adhèrera à son parti PPRD en 2017. En tout cas, selon les informations de La Libre Afrique.be, à partir de mars 2017, les hommes de Gédéon ont été utilisés par le régime Kabila comme supplétifs pour combattre la rébellion « Kamina Nsapu » au Kasaï, qui avait entraîné une meurtrière répression.
    Ses crimes
    Depuis fin 2016, Gédéon vivait dans une villa du quartier Golf de Lubumbashi, logé et nourri aux frais de l’Etat. Cette sinécure a-t-elle pris fin avec le changement de Président?
    En raison des accusations de crimes qui pèsent contre lui (notamment des actes de cannibalisme, visant à terroriser les villageois), il fait l’objet de sanctions de l’Union européenne depuis mai 2017 et de l’Onu depuis février 2018.
    Avec la L.A
  • La Monusco dit n’avoir pas été sollicitée pour enquêter sur la mort de Kahimbi

    La Monusco dit n’avoir pas été sollicitée pour enquêter sur la mort de Kahimbi

    -En République démocratique du Congo (RDC), une dizaine de jours après la mort dans des conditions non encore élucidées du général Delphin Kahimbi, proche de l’ancien président congolais, de nombreuses questions se posent sur les enquêtes en cours.

    En République démocratique du Congo (RDC), alors que l’enquête est officiellement entre les mains de la justice militaire depuis ce drame, les propos attribués au président Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 6 mars semblent indiquer qu’il aurait demandé à la Monusco de diligenter une enquête indépendante, ce que nie la mission de l’ONU dans le pays.

    Les propos du président Tshisekedi étaient pourtant on ne peut plus clairs. Il avait informé les membres de son gouvernement, selon le compte-rendu du porte-parole du gouvernement, qu’il avait « décidé de diligenter une enquête indépendante à l’initiative de la Monusco ».

    « Très bonne initiative » a salué le 9 mars un haut cadre du FCC [Front commun pour le Congo], en parlant d’une « décision de nature à instaurer la confiance sur les résultats de l’enquête en cours sur la disparition du général Delphin Kahimbi ». « Même le président Tshisekedi a parlé d’une mort par pendaison sans préciser si c’était le fait de lui-même ou d’une main autre que la sienne », a pointé cette source.

    Problème, la Monusco assure n’avoir reçu aucune demande dans ce sens, mais son porte-parole reconnaît que la Mission de l’ONU a donné son « appui » à une enquête menée à l’initiative de la justice congolaise. « Nous avons apporté un soutien technique et scientifique à la demande des autorités congolaises, explique Mathias Gillmann, porte-parole de la mission onusienne. C’est une enquête menée par les autorités judiciaires nationales, non à l’initiative de la Mission [de l’ONU] mais à l’initiative des autorités congolaises et nous ne ferons aucun commentaire concernant une enquête qui est non seulement en cours, mais aussi diligenté et menée par les autorités nationales ».

    Les investigations sont menées par la justice militaire et non par la Mission de l’ONU dans le pays qui n’a été sollicitée que pour des raisons techniques, confirme sur RFI le porte-parole du président congolais.

    L’enquête a été confiée aux autorités congolaises compétentes et non à la Monusco… le concours de la Monusco a été requis sur les plans techniques et scientifiques et uniquement dans ces deux domaines.

    Avec RFI

  • Bercy signe-t-il le grand retour du chanteur congolais Fally Ipupa dans les salles européennes?

    Bercy signe-t-il le grand retour du chanteur congolais Fally Ipupa dans les salles européennes?

    -Fort de sa “victoire” sur les “Combattants” qui, depuis quelques années, empêchaient la tenue de ses concerts notamment en Europe, le célèbre chanteur congolais se produira à Londres le 29 mars 2020.

    Le chanteur congolais Fally Ipupa a pu se produire sur la scène de l’AccorHotels Arena le 28 février 2020 à Paris. Il a ainsi eu raison de ces fameux “Combattants”. Ce mouvement, constitué par des membres de la diaspora originaire de la République démocratique du Congo (RDC) et installée en Occident, est depuis quelques années le cauchemar des artistes congolais.

    Le phénomène des “Combattants” date de 2006, expliquait Radio Okapi dans un article publié en 2012. “Plusieurs artistes musiciens de la RDC ne se produisent plus en Europe. Ils sont menacés par les Congolais vivant à l’étranger qui leur reprochent leur appartenance politique. La plupart d’entre eux ont participé aux campagnes électorales de Joseph Kabila de 2006 et de 2011. Ce jeudi 21 juin (2012), ils ne pourront pas aller se produire en Europe à l’occasion de la Fête internationale de la musique”.

    “La détermination” et “le courage” des fans de Fally Ipupa

    A l’instar d’autres grands noms de la musique congolaise, Fally Ipupa n’avait pu se produire en Europe depuis une décennie. C’est pourquoi, dès le lendemain du concert, l’artiste congolais se réjouissait et remerciait les 20 000 personnes” qui avait rendu “cette soirée du 28.02.2020 inoubliable” et saluait “(leur) détermination, (leur) courage, mais surtout (leur) amour (qui avaient) permis de réécrire une nouvelle histoire”. “Mes regrets les plus sincères à tous ceux et celles qui n’ont pas pu accéder à l’intérieur de la salle, ce n’est que partie remise”, poursuivait-il. Car en dépit de l’arrêté du 26 février 2020 de la préfecture de police interdisant toute manifestation aux abords du lieu du spectacle, situé dans le XIIe arrondissement de Paris, les “Combattants” n’ont pas renoncé à leur action.

    Objectif atteint, en partie. Avec la fermeture de la gare de Lyon à Paris aux alentours de laquelle une trentaine de véhicules ont été brûlés, la perturbation du trafic des bus de la RATP (lignes 71, 29 et 64), mais aussi avec leurs barrages et leurs manœuvres d’intimidation, les “Combattants” ont réussi à empêcher quelques fans d’accéder à la salle de spectacle. Pourtant, les spectateurs ne se sont pas découragés en cherchant par tous les moyens à aller écouter leur idole. Comme cette jeune femme rencontrée dans le bus 64, qui avait déjà dû trouver un trajet alternatif, avant de poursuivre sa route et de s’entendre dire par d’autres fans que les accès à la salle étaient bloqués par les “Combattants”.

    A la suite des incidents, rapportait l’AFP le 1er mars 2020, “au moins 71 personnes ont été interpellées pendant la soirée, ce qui a donné lieu à 52 gardes à vue”. De même, “à l’issue de ces gardes à vue, au moins quatre personnes seront jugées, soit très prochainement en comparution immédiate, soit ultérieurement via une convocation devant le tribunal”. 

    Le concert du 28 février 2020 s’apparente à une double performance à la fois artistique et symbolique. Outre le soutien de ses compatriotes, Fally Ipupa a été félicité par ses pairs africains. Notamment le célèbre groupe ivoirien Magic System qui soulignait “cette belle victoire au profit de la musique africaine”.

    Une “victoire” puisqu’en 2017, la préfecture de police de Paris avait tout simplement annulé le concert de Fally Ipupa à La Cigale par crainte de débordements. Trois ans après, le rendez-vous de Bercy sonnait comme un défi. D’autant que Fally Ipupa avait rencontré certains “Combattants”, confiait-il, quelques jours avant l’événement, sur les antennes de France 24. “J’ai rencontré plusieurs ‘Combattants’ qui veulent juste combattre pour le bien de notre pays, (pas) pour boycotter les artistes musiciens. Aujourd’hui, il y a des ‘Combattants’ qui ont avancé dans leur combat, qui ont une autre vision de leur combat. Ils sont pour la reprise de la musique congolaise en France et en Europe, un peu partout”. 

    Le grand Papa Wemba, disparu en 2016, soulignait dans l’article de Radio Okapi sur le phénomène des “Combattants”, que les artistes étaient “pris au piège de la politico-politique”. “Mais j’ai toujours dit qu’on finira par fumer le calumet de la paix”, avait-il ajouté.

    Le calumet de la paix a-t-il été fumé à Bercy ? Rien n’est moins sûr. Les méthodes des “Combattants” sont source de controverse, mais elles posent la problématique de la neutralité politique pour les artistes africains, dont certains se font le chantre de régimes abhorrés par leurs compatriotes. Les artistes congolais sont d’autant plus tiraillés qu’ils sont passés maîtres dans l’art de l’”atalaku” (“crieur” en lingala, l’une des principales langues parlées en RDC), à savoir faire l’éloge de quelqu’un en glissant son nom dans une chanson. Les noms des amis, des producteurs, des animateurs ou des politiques appréciés des interprètes, tout y passe. Cependant, au niveau politique, l’exercice peut se révéler périlleux.

    “Je suis un artiste, comme l’église dans le village”

    Fally Ipupa était ainsi interrogé à propos de l’opposant congolais Martin Fayulu, qui venait d’être déclaré candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2018, cité dans l’un de ses titres sur le plateau du journal Afrique de TV5.

    “C’est ‘un vieux’ (terme affectueux, NDLR) qui m’a soutenu, depuis que j’ai commencé mon aventure en 2006 (…). Je suis très fier de lui (…), expliquait-il. C’est d’ailleurs très bien que les politiciens se mettent d’accord pour l’intérêt du pays. En tout cas, bonne chance à mon ‘vieux’ Martin Fayulu”. Dans la foulée, l’artiste précisait : “Je ne soutiens pas le politique parce que j’estime que je suis un artiste, comme l’église dans le village, même si j’ai des relations avec des politiciens. Je préfère pour l’instant chanter (…) Quand il y a des problèmes, j’arrive juste pour panser les plaies, pour ramener un peu d’amour”. 

    Fally Ipupa est, entre autres, ambassadeur de bonne volonté de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Par ailleurs, il avait annoncé qu’une partie des recettes du concert du 28 février irait à la fondation du Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles en RDC.  Après le concert de Bercy, Fally Ipupa attend donc ses nombreux fans le 29 mars 2020 à Londres.

    Avec Fr. inf

  • Félix Tshisekedi a rencontré mardi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo

    Félix Tshisekedi a rencontré mardi le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo

    -Alors que la société civile lui réclame des sanctions contre le milliardaire israélien Dan Gertler, le président congolais a rencontré le lobby juif aux Etats-Unis. Une offensive aux enjeux multiples.

    Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi est en visite aux Etats-Unis. Celui-ci a débuté son séjour de 72 heures par une rencontre ce dimanche (01.03.2020) avec le Comité des affaires publiques israélo-américain qui représente la communauté juive des Etats-Unis.
    Une rencontre qui intervient alors qu’en RDC, le chef de l’Etat est sous la pression de la société civile. Celle-ci lui demande d’enquêter sur des activités du milliardaire israélien Dan Gertler, impliqué dans de nombreuses affaires liées à l’industrie minière.

    Un contexte marqué par une enquête contre Dan Gertler
    Même s’il n’y a pas de lien direct connu entre les ennuis de Dan Gertler en RDC et la rencontre du président Félix Tshisekedi avec le lobby juif américain, le contexte retient l’attention.
    La justice congolaise enquête en effet sur un prêt douteux de 128 millions d’euros que Dan Gertler, peu avant d’être la cible de sanctions américaines en 2017, a consenti à l’entreprise nationale minière Gécamines.
    L’homme d’affaires israélien est très proche de l’ex-président Joseph Kabila qui l’a rendu incontournable dans les secteurs des mines et du pétrole durant ses deux mandats.

    Dans son discours ponctué d’applaudissements, Félix Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption une base de sa relation avec le lobby pro-israélien en assurant que “les défis nouveaux liés à la lutte contre le terrorisme, la corruption et le blanchiment des capitaux ainsi que la lutte contre la cybercriminalité nous donnent l’opportunité, que dis-je, l’obligation de renforcer nos liens pour des objectifs partagés”.
    L’engagement contre la corruption vise des enjeux multiples
    Félix Tshisekedi a aussi besoin des lignes de crédit promis par le Fonds monétaire international (FMI), un autre enjeu de son engagement affiché contre la corruption.
    Une visite du président congolais au siège du FMI est d’ailleurs au menu de son voyage aux Etats-Unis.
    Le 24 février, un collectif de sept organisations de la société civile à l’origine de la campagne “le Congo n’est pas à vendre” lui a adressé une lettre demandant des sanctions à l’encontre de Dan Gertler.

    La RDC détient d’importants gisements de cobalt (Katanga, 14.10.2006-Archives)
    Emmanuel Umpula Nkumba est le directeur exécutif de AfreWatch, une ONG membre de ce collectif. Il rappelle que “déjà en 2017 des entreprises liées à Dan Gertler ont été sanctionnées par le Trésor américain”.
    Les entreprises de l’homme d’affaires sont mises en cause dans des faits de blanchiment d’argent et de corruption. “Malheureusement en RDC, il n’y a pas assez d’intérêt pour initier des enquêtes et c’est pourquoi nous avons décidé d’adresser une lettre au président de la République lui demandant de prendre des mesures”, regrette Emmanuel Umpula Nkumba.
    Jusqu’ici, Félix Tshisekedi n’a pas montré son intention d’inquiéter son prédécesseur et partenaire de coalition Joseph Kabila.
    Mais les pressions extérieures l’ont visiblement contraint à affaiblir plusieurs pro-Kabila, dont le chef de son parti (PPRD) et ancien candidat à la présidentielle Emmanuel Ramazani Shadary, l’ex-chef des renseignements Kalev Mutondo, ou encore Albert Yuma, le patron de la Gecamines, qui n’a pas le droit de quitter Kinshasa en raison du dossier judiciaire lié au prêt des 128 millions d’euros.

    Avec DW

  • Kinshasa: “Les sauts de mouton nous font souffrir”

    Kinshasa: “Les sauts de mouton nous font souffrir”

    -Environ dix mois après le lancement des travaux du programme des 100 jours du président Félix Tshisekedi, les activités sont paralysées par les embouteillages dus aux travaux de construction dits des “sauts de mouton”.

    Une seule route relie le centre-ville de Kinshasa, qui concentre les activités principales des habitants, à l’aéroport international de Ndjili.
    Il s’agit du boulevard Lumumba, sur lequel on compte trois chantiers “sauts de mouton” dans le district de la Tshangu, le plus peuplé de Kinshasa. Les habitants se plaignent des conséquences de ces travaux. L’un d’entre eux, qui préfère ne pas donner son nom, explique le calvaire que cela représente au quotidien.
    “Il y a trop d’embouteillages et de perte de temps. Pour arriver à temps il faut venir à pieds. Si vous prenez la moto ou bien un taxi c’est que pour quelques mètres. Ensuite, il faut descendre et en prendre un autre et ça coute beaucoup d’argent. Et puis quand on marche, on rentre à la maison fatigué. Nous dépensons plus de 8.000 francs par jour dans les transports.”
    Kinshasa compte sept chantiers “sauts de mouton” sur les boulevards qui sont souvent rétrécis sur une ou deux voies dans lesquelles les véhicules, les milliers de motos, les pousse-pousse et les piétons s’agglutinent.
    C’est un véritable calvaire que subit la population au quotidien, comme l’explique ce conducteur qui a aussi requis anonymat.

    “Ça perturbe la circulation et la population souffre. Nous, les conducteurs, souffrons également mais la population souffre plus parce qu’ils ne font que courir du matin au soir. Nous allons le matin au boulot et nous devons partir tôt pour pouvoir circuler facilement. Les sauts de mouton nous font souffrir. Les vendeurs arrivent en retard et ceux qui vont au boulot arrivent aussi en retard, parfois même à neuf heures.”
    Malversations financières
    Les travaux ne devaient durer que six mois mais désormais la barre des dix mois est franchie et ceux-ci sont loin d’être finis.
    La raison est liée en partie aux détournements des fonds destinés à ces travaux.
    Des enquêtes sont en cours et plusieurs arrestations ont eu lieu, dont celle du patron de la compagnie Safricas, l’américain David Blattner, et du directeur général de l’Office des routes, Mutima Sakrini.
    Ceux-ci ont été placés en détention préventive pour abus de confiance.
    Ce scandale a été évoqué la semaine dernière en Conseil des ministres et le président Félix Tshisekedi a insisté sur le respect des lois, comme le précise cet extrait du compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, Jolino Makelele.
    “S’agissant des enquêtes judiciaires, le chef de l’Etat a insisté sur le fait que celles-ci doivent se dérouler dans le strict respect de la constitution et des lois de la République. Il a en effet déploré que certains magistrats en charge des dossiers soient l’objet de menaces et de manipulations. De même, il a relevé que certaines personnes interpelées sont victimes de mauvais traitement dans l’unique but d’extorquer leurs aveux.”
    Le lancement de ces travaux avait suscité un grand espoir au sein des habitants de Kinshasa mais désormais, c’est la déception qui l’emporte face aux retards et même à une aggravation des bouchons. La population souhaite aussi voir les coupables de détournements réellement punis.

    Avec DW