Tag: rdc

  • 4 millions de dollar pour réaliser les travaux de rénovation de la salle plénière du Sénat par un proche de J. Kabila et de A.T Mwamba

    4 millions de dollar pour réaliser les travaux de rénovation de la salle plénière du Sénat par un proche de J. Kabila et de A.T Mwamba

    -En RDC, deux affaires défraient la chronique : le marché de rénovation de la salle plénière du Sénat et la découverte d’un trafic d’armes à Gbadolite. Derrière les sociétés citées dans ces dossiers, Modern Construction et Serve Air Cargo, il y a un homme d’affaires indien Harish Jagtani qui a prospéré sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila. Enquête.

    Depuis le 30 avril 2020, Harish Jagtani, « l’ami » de Joseph Kabila ancien chef de l’État congolais, fait les gros titres des journaux sans même que son nom ne soit mentionné. Selon les informations recueillies par RFI, il est à la tête de Modern Construction, l’entreprise qui a réalisé les travaux de rénovation de la salle plénière du Sénat. Ce marché de 4 millions de dollars, contracté hors budget, fait un tollé, il a été passé de gré à gré, en pleines vacances parlementaires et dans un contexte de réduction des dépenses publiques. Le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba est mis en cause pour ses liens avec cette entreprise. .

    Le même jour, en ce jeudi 30 avril, une cargaison d’armes est interceptée à plus d’un millier de kilomètres à Gbadolite, capitale de la province du Nord-Ubangi chère au cœur du maréchal Mobutu. Le gouverneur Zato Nzege Koloke annonce quelques jours plus tard que plus d’un millier de cartouches de kalachnikovs et des lanceurs de type Castor ont été découverts. Le colis, destiné à un groupe armé anti-balaka en Centrafrique selon des sources sécuritaires, a voyagé sur un avion-cargo de la compagnie Serve Air Cargo, la principale entreprise privée de fret aérien du pays. Son fondateur, c’est aussi Harish Jagtani, le même homme d’affaires indien, quasi inconnu du public en République démocratique du Congo. Deux des employés de cette société ont été brièvement interpellés avant d’être relâchés.

    Ce n’est pas le premier incident de ce genre et pourtant, sa quinzaine d’avions parcourt le pays pour le compte de tous, institutions congolaises, agences onusiennes, humanitaires. L’un de ses appareils avait déjà été épinglé en juillet 2007 par le groupe d’experts de l’ONU chargé de contrôler l’embargo sur les armes imposé au Congo depuis la fin des deux guerres. Dans leur rapport final, ces experts onusiens notaient qu’un « Antonov 12 ER-AXI » qui assurait la liaison Kinshasa-Goma avait dérouté vers Entebbe en Ouganda. Le groupe d’experts évoquait « une violation présumée de l’embargo sur les armes » tout en précisant, fait inhabituel, ne pas être parvenu à boucler son investigation. « Tous les indices avaient disparu », s’étaient contenté d’expliquer les auteurs de ce rapport.

    Harish Jagtani  a tout juste 20 ans, quand il est arrivé en RDC en 1995 pour travailler pour Ganesha, une société d’importation dirigée par un commerçant indien. Moins de dix ans plus tard, « fort de ses succès commerciaux », il « crée » une première compagnie Services Air dont il est « actionnaire et président du conseil d’administration ». « En 2003, Harish n’était pas riche, il vivait dans un appartement de deux chambres dans l’un des immeubles occupés par les Indiens près du grand marché, c’est la poubelle de Kinshasa », raconte un familier. Un autre assure que « Harish a commencé comme un simple employé, sa mère avait un service traiteur pour nourrir les commerçants indiens de la capitale. »

    Cette compagnie aérienne décroche un marché exceptionnel, celui des élections de 2011. Aux côtés des avions des armées angolaise et sud-africaine, deux régimes à l’époque alliés de Joseph Kabila, Services Air va assurer le déploiement du matériel pour ces scrutins déjà contestés.

    Services Air connaît quelques déboires et prend le nom de Serve Air Cargo, mais garde ses entrées à la commission nationale électorale indépendante pour les élections de 2018. « Serve Air, c’est aujourd’hui la meilleure compagnie de fret du pays avec plus d’une dizaine d’avions et 200 millions de dollars de chiffre d’affaires », assure l’un des familiers de Harish Jagtani. Cela n’empêche pas ses avions d’être contraints d’opérer presque tous les ans des atterrissages d’urgence. Cette société, comme tant d’autres en RDC, est bannie du sol européen.

    Jusqu’au deuxième mandat de Joseph Kabila, l’homme d’affaires indien passe encore inaperçu, même pour la plupart des hauts dignitaires de son régime. Mais une affaire, un litige autour de la construction de la tour Icon rebaptisée depuis Kiyo Ya Sita, va leur révéler l’étendue de ses réseaux.

    Avant même la fin des travaux de la tour Kiyo Ya Sita, les relations d’affaires entre le jeune homme d’affaires indien et le vétéran du système bancaire congolais tournent au vinaigre. « Ils se sont définitivement brouillés en 2015. Pascal Kinduelo a même fait un procès à Harish », raconte une source dans l’entourage de l’homme d’affaires congolais. « Harish Jagtani lui réclamait trois millions de dollars de plus alors qu’il avait pris du retard dans les travaux et qu’il n’arrivait pas à justifier l’origine de ses apports et l’utilisation des fonds reçus. »

    Pourtant, selon les dires de ce proche du banquier congolais, l’argent affluait de tout côté. « Il y a beaucoup de personnalités qui ont investi pour avoir des bureaux et des appartements dans l’immeuble comme Matata Ponyo [ancien premier ministre congolais, ndlr] ou un général de Brazzaville. Kinduelo et Harish avaient dit qu’ils réservaient le penthouse pour Joseph Kabila et sa femme, mais le reste était en pré-vente. » Le plateau coûte trois millions de dollars. Il y a des bureaux sur huit étages et des appartements au dessus. Beaucoup de sociétés y ont élu domicile comme Svelte Pharma, Ascoma RDC ou encore VFS Global employé par certaines chancelleries comme leur service de visas au Congo.

    La société Modern Construction se trouve au sixième étage qu’elle partage notamment avec le cabinet d’Alexis Thambwe Mwamba, aujourd’hui président du Sénat. « Il était à l’époque ministre de la Justice, il a bloqué le jugement du tribunal de commerce de la Gombe qui était en faveur de Kinduelo, il a toujours été l’avocat de Harish »..

    La tour Icon est rebaptisée Kiyo Ya Sita et les Kinois en attribuent volontiers la propriété à Olive Lembe di Sita, l’ancienne première dame dont elle reprend le patronyme. Le revers de fortune du tout puissant Pascal Kinduelo étonne en tout cas le chercheur John Dell’Osso de l’ONG américaine The Sentry. L’organisation créée par l’acteur et activiste américain Georges Clooney a enquêté et produit un rapport qui mettait en lumière le rôle-clef joué par M. Kinduelo dans la tentative de contrôle du système bancaire congolais par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila et ses proches. « C’est surprenant que Pascal Kinduelo ait été contraint de se retirer de ce projet au profit de Harish Jagtani au vu de son statut d’homme d’affaires éminent du régime », pointe John Dell’Osso. « Pascal Kinduelo a bénéficié d’un appui important de la famille Kabila et à plusieurs reprises, il a aussi beaucoup fait pour l’ancienne famille présidentielle. »

    Il n’y a pas que l’aviation et l’immobilier. Depuis cinq ans, Harish Jagtani a multiplié les acquisitions de terrain et diversifié ses activités. Il est le promoteur de HJ Hospitals, le complexe hospitalier parmi les plus performants de la capitale qui cherche aujourd’hui à travailler avec la coordination de la riposte contre la pandémie de coronavirus. « C’est normal, Harish a une vingtaine de respirateurs, c’est plus que l’ensemble des hôpitaux publics de Kinshasa », confie encore le familier de l’homme d’affaires indien. Selon plusieurs sources, il a aussi récemment acquis un terrain de quelques 20 000 mètres carrés à la Gombe, achetés à bon prix, au Grand Hôtel de Kinshasa. Sur le site internet de Modern Construction, d’autres projets d’infrastructures sont annoncés : route, pont et même un bien mystérieux complexe appelé « Villa Kamerhe ».

    lavdc avec rfi

  • Risque d’une contamination croissante de Covid-19 a Kinshasa selon le Gouvernement

    Risque d’une contamination croissante de Covid-19 a Kinshasa selon le Gouvernement

    En RDC une propagation à grande échelle  de l’épidémie du Covid-19 est a craindre après l’enregistrement d’une centaine de cas dans une prison militaire de Kinshasa, selon le gouvernement. « La contamination au niveau des prisons risque d’être un facteur de propagation à grande échelle dans notre société, en particulier si la prison de Makala devrait être concernée, en raison de son surpeuplement », s’est alarmé le conseil des ministres.

    Avec l’apparition des cas du Covid-19 à la prison militaire de Ndolo, « le risque d’une propagation fulgurante, pour cause de promiscuité, n’est pas à exclure », affirme le compte-rendu parvenu mardi à l’AFP.

    Dans cette prison située au nord de Kinshasa, un total de 101 cas ont été enregistrés.

    « 92 cas confirmés sur les 101 trouvés à la prison militaire de Ndolo sont classifiés bénins ou légers. Sur les 9 restants, 3 cas sont pris en charge en dehors de la prison, en milieux hospitaliers », indique le dernier bulletin sur l’évolution de l’épidémie publié mardi.

    Aucun cas de Covid-19 n’a été déclaré à Makala, la grande prison de Kinshasa qui héberge au moins 8.400 détenus, selon les récentes statistiques.

    D’après le compte rendu du conseil des ministres, le rapport de l’équipe chargée de la riposte contre le nouveau coronavirus « fait état du risque toujours accru de voir cette épidémie faire davantage de dégâts parmi la population ».

    A ce jour en RDC il y a 705 cas confirmés. Au total, il y a eu 34 décès et 90 personnes guéries », selon le dernier bulletin sur l’évolution de l’épidémie publié mardi.

    En RDC, des cas du Covid-19 ont été détectés dans 7 des 26 provinces. Kinshasa (environ 12 millions d’habitants) concentre la grande majorité des cas (675) et la totalité de décès (34).​

  • Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir pour soigner des patients atteints du Covid-19, deja etait teste en RDC contre Ebola

    Le remdesivir écourte la durée de rétablissement des patients atteints du Covid-19, selon une étude menée par les Instituts de santé américains, devenant le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus.

    Qu’est-ce que le remdesivir? 

    Le remdesivir est un médicament expérimental produit par le laboratoire américain Gilead Sciences, qui a initialement été développé pour soigner les malades de la fièvre hémorragique Ebola.

    Il s’était montré prometteur lors d’essais en 2016, et avait été ensuite testé lors d’une étude de grande ampleur en République démocratique du Congo, qui le comparait à trois autres traitements.

    Cette étude s’est achevée en 2019 et n’a pas conclu que le médicament permettait une augmentation du taux de survie aussi importante que celle de deux autres traitements.

    En février, l’Institut national des maladies infectieuses annonçait qu’il allait sortir le remdesivir du placard pour le tester contre le virus SARS-CoV-2, à l’origine de la maladie Covid-19, car il avait donné des résultats prometteurs chez les animaux contre d’autres coronavirus, du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) et MERS (Syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

    Quelle est son efficacité ?

    Les résultats de cette étude, sur plus d’un millier de personnes, ont été annoncés mercredi, avec pour conclusion que les patients hospitalisés atteints du Covid-19 et en détresse respiratoire se remettaient plus vite que ceux recevant un placebo.

    Plus précisément, les patients soignés au remdesivir se sont rétablis 31% plus vite en moyenne que les autres.

    « Bien que les résultats étaient clairement positifs du point de vue de leur sens statistique, ils étaient modestes« , a nuancé jeudi sur NBC le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, qui conseille la Maison-Blanche dans ce contexte de crise.

    En clair, même si le médicament marche, il ne s’agit pas d’un remède miracle.

    Mais c’est cependant la « démonstration » qu’un médicament peut agir, et il pourrait donc ouvrir la voie à de meilleurs traitements. Comme cela a été le cas pour les traitements contre le VIH développés dans les années 1980, beaucoup moins efficaces que ceux utilisés aujourd’hui.

    Les résultats ont aussi montré que le remdesivir abaissait le taux de mortalité – de 11,7% à 8%  – mais cette donnée est considérée comme moins fiable car en dessous du niveau de pertinence statistique.

    Pourquoi y a-t-il eu des résultats contrastés?

    L’étude menée par les Etats-Unis a été annoncée le même jour qu’une autre étude plus petite publiée dans la revue médicale The Lancet, qui n’a pas conclu à un résultat bénéfique du remdesivir.

    L’étude a porté sur 237 malades à Wuhan, en Chine, et était également un essai contrôlé randomisé, considéré comme la norme d’étude la plus élevée. Mais elle a été interrompue faute de malades car l’épidémie s’est arrêtée à Wuhan.

    « Les ordres de grandeur de cet essai sont trop petits pour en tirer de vraies conclusions« , a jugé Stephen Evans, expert en statistique médicale à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

    Quand sera-t-il disponible?

    Le remdesivir a déjà été donné à des patients du monde entier, à la fois dans le cadre d’essais cliniques et en dehors.

    Aux Etats-Unis, l’Agence américaine du médicament (FDA) devrait bientôt accorder une autorisation d’utilisation d’urgence, c’est-à-dire avant son approbation formelle.

    Le chef de l’agence « avance très rapidement », a déclaré jeudi M. Fauci, qui a dit lui avoir parlé mercredi soir. « Ils n’ont pas encore pris de décision (…) mais je dirais que nous allons voir cela dans un avenir raisonnablement proche. »

    Le médicament étant compliqué à produire et étant administré par injection, des questions ont été soulevées quant à d’éventuelles restrictions initiales.

    Le patron de Gilead Sciences, Daniel O’Day, a annoncé que le laboratoire disposait actuellement de 1,5 million de doses, dont il s’est engagé à faire don, permettant de traiter 140.000 patients « sur la base d’un traitement d’une durée de dix jours« .

    Mais selon une autre étude, un traitement de cinq jours serait aussi efficace que dix jours.

    Comment fonctionne-t-il?

    Le remdesivir attaque directement le virus. C’est ce que l’on appelle un « analogue de nucléotide ». Il s’insère dans le génome du coronavirus et le court-circuite pour l’empêcher de se répliquer.

    « Le virus ne fait pas très attention à ce qu’il incorpore« , explique le virologue Benjamin Neuman, de la Texas A&M University. « Les virus essaient généralement d’aller vite, et échangent rapidité contre prudence« .

    Durant une conférence téléphonique sur les résultats du groupe, le responsable médical de Gilead, Merdad Parsey, a expliqué jeudi que si les patients qui avaient des symptômes depuis peu de temps semblaient réagir le mieux au médicament, ceux qui étaient dans des états plus critiques semblaient aussi pouvoir en tirer des bénéfices.

    Cela s’explique car le virus déclenche un emballement de la réaction immunitaire, phénomène nommé « tempêtes de cytokine » s’attaquant aux organes, notamment aux poumons.

    « En limitant la réplication du virus, on va limiter l’inflammation, on va réduire le nombre de personnes qui développent des problèmes aux poumons, et on va pouvoir les débrancher des respirateurs plus rapidement« , a détaillé M. Parsey.

  • Au senat tout flame tout brulle entre le Pdt du Senat Alexis Thambwe Mwamba et la senatrice Bijoux Goya Kitenge

    Au senat tout flame tout brulle entre le Pdt du Senat Alexis Thambwe Mwamba et la senatrice Bijoux Goya Kitenge

    -Le président du senat Alexis Tambwe Mwamba n’a pas apprécié la démarche de la sénatrice Bijoux Goya Kitenge de l’AFDC-A qui lui demandait des comptes sur les travaux de rénovation effectués dans l’hémicycle et ses dépendances.

    Le 29 Avril, la sénatrice du Haut-Katanga, Bijoux Goya Kitenge a envoye un courrier au président du Sénat.       Une lettre de deux pages dans laquelle elle constestait les travaux de rénovation effectués au Sénat sous les ordres de M. Thambwe.

    L’élue du Haut Katanga en profitait pour s’interroger sur la procédure suivie par le président du Sénat pour faire exécuter ces travaux. Pas question pour elle que ses travaux aient pu être effectués sans appel d’offres. Elle a demande donc au président du Sénat de présenter tous les documents officiels relatifs à ces travaux.

    Ce jeudi 30 Avril, le président du Sénat Thambwe Mwamba ne s’est pas prononcé sur le fond de la question mais s’est ouvert publiquement de démarches entreprises par la sénatrice  Bijoux Goya Kitenge quand celle-ci briguait le poste de questeur du Sénat.

    Et le président Thambwe d’expliquer que la dame était « passée plusieurs fois dans ses bureaux du sénat et ses bureaux d’avocat » durant la précampage pour l’attribution du poste de questeur. Il continue en expliquant : avoir reçu plusieurs invitations de la sénatrice pour « aller prendre une coupe de champagne chez elle ». Et de poursuivre ; « Vous vouliez mon appui pour devenir questeur du sénat. Vous m‘avez dit que nous allons nous faire du fric si vous êtes élue questeur. Je vous ai répondu que je suis venu au Sénat pour y laisser mon emprunte et non pour faire du fric et que j’en avais assez pour vivre décemment et faire vivre ma famille ».

    Avant de conclure, devant les sénateurs, en expliquant que la désignation du questeur est revenue au FCC. « Les autorités du FCC ont rejeté cette candidature considérant que vous n’avez pas la compétence nécessaire pour cette fonction et que vous n’avez pas la moralité qu’il faut pour cette fonction »

    Madame Kitenge, qui était présente, s’est emporté et a déclaré que M. Thambwe ne « mérite pas d’être le président du Sénat ».

    Un échange qui démontre que le temps n’est pas au beau fixe entre les partenaires de la majorité.

     

     

  • Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en RDC

    Covid-Port de masque: Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en RDC

    C’est depuis une semaine que les autorités congolaises ont rendu obligatoire le port des masques en public dans la capitale congolaise pour stopper la propagation du Covid-19.

    La police est déployée à tous les coins des rues, même en tenue civile, pour arrêter toute personne qui circule sans masque.

    L’amende est de 5.000 Francs Congolais, environ 3 dollars américains, mais l’opération est entourée d’une brutalité que dénoncent les habitants. 

    “J’ai porté ce masque parce que la police est en train de nous arrêter. Nous n’avons pas peur de la maladie, nous avons peur de la police. Si on t’arrête, tu dois payer l’amende de 5.000 Francs”, a reconnu un Kinois.

    Un autre déclare : “je ne voulais pas au fait porter ça, mais si je le porte, c’est parce que lorsqu’on ne le porte pas, la police agresse, surtout en ce moment où on est en train de vivre la misère”.

    Des organisations de la Société civile qualifient l’amende d’illégale et estiment que les actes commis par la police sont arbitraires.

    Parmi ces organisations, figure la Fondation Congolaise pour la promotion des droits humains et la Paix.

    “C’est une décision illégale et non conforme aux lois de la République Démocratique du Congo. C’est une décision qui ne vise qu’à semer l’anarchie et cautionner les violations des droits de l’homme. Tous les comportements des policiers, des arrestations, des tortures qu’ils infligent aux paisibles citoyens sont des actes arbitraires et qui doivent être sanctionnés sévèrement conforment aux lois en vigueur, a estimé André Marie Kito, le président de l’organisation”.

    Les Kinois sont encore très nombreux à douter de la présence du coronavirus en République Démocratique du Congo. C’est le cas de Mechack Ilumpa qui refuse d’y croire tant qu’il ne verra pas de vidéos montrant les malades.

    “En Italie j’ai vu des vidéos, il y a mon ami qui est en Belgique qui m’a envoyé des vidéos sur Whatsapp. Ma grande sœur qui est en Chine m’a envoyé aussi des vidéos, j’ai vu plusieurs morts. Pour ici, c’est à la radio qu’on entend ça. Je n’ai pas vu de vidéo. Il n’y a que les radios, on ne peut pas croire à ça. Les Congolais aiment les vidéos”.

    Les autorités ont beau faire d’obliger la distanciation sociale et le respect des mesures d’hygiène, celles-ci sont difficilement observées, surtout dans les marchés.

  • Le taux d’echange:  (1 dollar pour 1. 850 Francs Congolais), le Franc Congolais en perte de vitesse

    Le taux d’echange: (1 dollar pour 1. 850 Francs Congolais), le Franc Congolais en perte de vitesse

    -En RDC, une fois de plus, la monnaie nationale dévisse face au dollar, en pleine pandémie de coronavirus. Dans la capitale la RDC, épicentre de l’épidémie, un dollar s’echange a 1850 Francs Congolais. Pour les autorités, cela ne se justifie pas sur le plan économique. Certains analystes parlent de spéculation.

    Sur l’avenue Kasavubu, Thambwe, empile des liasses de billets. Assis sous un parasol, il troque le franc contre le dollar. « A chacun son taux, moi je le fais à 1800 voire à 1820 ». Il y a quatre jours, la devise s’échangeait contre 1700 voire 1750 francs congolais.

    Ce dimanche, Armand, fonctionnaire, est venu pour convertir une partie de son salaire. Il redoute les conséquences de cette envolée sur son pouvoir d’achat. « Aujourd’hui à 1850, demain ce sera 19 puis 20… toujours le taux monte… et pour le chômeur, pour celui qui ne travaille pas ?? la situation empire ! »

    Cette situation, certains analystes comme Hubert Mpunga, l’attribuent à une forme de spéculation. Rien sur le plan macroéconomique ou officiel ne justifie cette envolée des taux de change, qui s’explique selon lui par les mesures de confinement dûes à l’épidémie de coronavirus qui ont entraîné une pression sur la demande et un accès plus compliqué à la Gombe -le quartier des affaires- qui a réduit l’offre de dollar. « les cambistes en ont profité ! ce sont les cambistes qui ont exagéré », nous assure t-il.

    Même discours du côté de la banque centrale, rien ne causerait une telle chute du franc en cette période, assure un responsable. Même si, depuis janvier, la BCC admet avoir multiplié les avances à l’Etat et crée un surplus de masse monétaire en francs congolais.

    Sur son site, la banque des banques affiche bien un taux de 1720 le dollar. Alors que dans toutes les grandes villes congolaises, le taux chez les cambistes est de plus de 1800.

  • Ne Muanda Nsemi a ete transféré au Centre Neuro-Psychiatrique (CNPP) de Kinshasa avec  sa conjointe

    Ne Muanda Nsemi a ete transféré au Centre Neuro-Psychiatrique (CNPP) de Kinshasa avec sa conjointe

    -Ne Muanda Nsemi ,le chef spitituel de la secte Bundu dia Kongo a été conduit samedi 25 avril, avec sa conjointe, au Centre neuro-psychopathologique (CNPP) de Kinshasa pour des examens appropriés. Le parquet s’est adressé à cet établissement spécialisé pour se rassurer de son état psychologique et mental. Ne Muanda Nsemi a passé la nuit de vendredi à samedi au commissariat provincial de la police de Kinshasa, après avoir reçu des soins à la clinique de Ngaliema dès les premiers moments de son arrestation.

    168 adeptes du gourou ont été arrêtés lors de l’assaut contre sa résidence, selon les autorités.

    Ex-professeur de chimie, Ne Muanda Nsemi s’était autoproclamé le 4 janvier président de la RDC au bénéfice, selon lui d’un « coup d’État divin », entre autres élucubrations.

    L’ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), a été arrêté vendredi lors d’un assaut contre sa résidence qui a fait au moins huit morts, selon la police.

    « M. Ne Muanda Nsemi a été transféré au CNPP (Centre neuro-psychopathologique) sur réquisition du parquet qui demande à ce centre psychiatrique de déterminer s’il est en possession de toutes ses capacités mentales pour subir un interrogatoire », a déclaré un officier de la police de Kinshasa.

    « Dans le cas où son état nécessiterait des soins appropriés, il sera gardé là-bas sous la responsabilité du parquet », a ajouté l’officier.

    Avant le transfert de Ne Muanda Nsemi au CNPP, son avocat, Philippe Kibangu, l’a rencontré samedi matin au commissariat provincial de la police. L’avocat, qui a déclaré avoir accédé difficilement aux installations, a affirmé que son client était serein, en dépit d’une plaie à la tête.

    Le chef spirituel de Bundu-dia-Kongo a été blessé vendredi au cours de l’opération de police qui a conduit à son arrestation. Le caucus des députés de la province du Kongo Central est, lui, allé prendre langue avec la police.

    Sur instruction du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, 8 femmes et 3 enfants ont été libérés samedi soir, annonce le général Sylvano Kasongo. Selon cet officier, d’autres personnes, plus d’une centaine, avec des charges légères le seront également ce dimanche matin.

    Il est prévu qu’un convoi de bus les accompagne dans leurs lieux de provenance, au Kongo Central. Seuls devront rester en détention 45 hommes sur qui pèsent de lourdes présomptions. La police affirme avoir trouvé sur eux des armes blanches et des fusils. Ces hommes devront en répondre devant la justice. Peut être aux cotés de Ne Mwanda Nsemi, si ce dernier est reconnu sain d’esprit après les examens au CNPP.

     

  • Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrêté à Kinshasa

    Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrêté à Kinshasa

    – Le « gourou » du parti-secte Bundu dia Mayala (ex-Bundu dia Kongo) a été arrêté vendredi par la police, qui encerclait sa maison de Ma Campagne (Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema), à Kinshasa, depuis la veille. Elle entendait ainsi donner une chance à des négociatiateurs chargés de le convaincre de se rendre. En vain. Il a fallu recourir aux tirs pour que celui qui s’était proclamé président du Congo en janvier dernier soit finalement capturé. On ignore combien de blessés a provoqué l’assaut de la police; il n’aurait pas fait de morts. De nombreux adeptes ont été arrêtés

    La police congolaise annonce l’arrestation de l’ancien député Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom. Le leader du mouvement polico-religieux Bundu dia Kongo est accusé d’être responsable des violences de ces derniers jours, dans la province du Kongo central. Il était retranché depuis plusieurs jours dans son domicile de Kinshasa.

    Les forces de l’ordre en ont assez des provocations du chef de la secte Bundu dia Kongo, responsables des violences de ces derniers jours dans la province du Kongo central. Depuis mardi soir, la résidence de Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom, à Kinshasa, est encerclée par des policiers. Des négociations sont en cours.

    La police congolaise a lancé l’assaut de la résidence de Ne Muanda Nsemi ce vendredi matin. Ces dernières heures, il y a eu des négociations, mais elle n’ont pas abouti et ont été particulièrement laborieuses. Devant l’échec des discussions, la police a donc décidé de passer à l’action avec des tirs de gaz lacrymogènes.

    Des fidèles de la secte Bundu dia Kongo se sont alors rendus aux forces de l’ordre. Retranché à l’intérieur de la maison, le chef du mouvement politico-religieux a été récupéré par les éléments des forces de l’ordre. L’homme aurait été blessé à la tête par un coup de crosse qui lui aurait été asséné par l’un des policiers. Il a été conduit à la clinique Ngaliema.

    La police n’a pas encore donné de bilan. Elle promet de le donner dans les heures qui viennent.

    L’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’Homme) a, dans un tweet, de son dirigeant Jean-Claude Katende, condamné « le pillage des biens de Ne Mwanda Nsemi par certains policiers et particuliers lors de son arrestation

  • Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    Kigali mène-t-elle une guerre secrète en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armée rwandaise est soupçonnée de mener des opérations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basés sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la société civile rwandais, comme congolais, dénoncent l’impact de ces incursions à répétition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au démenti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communauté internationale.

    « Kagame était dans tous ses états », raconte en octobre 2019 le général Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la République démocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants où il avait ses habitudes à Kinshasa. L’entretien dont parle à l’époque l’officier aujourd’hui décédé [Delphin Kahimbi a été retrouvé mort fin février 2020 dans des circonstances mystérieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dépôt des candidatures à la présidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournés vers le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonné de vouloir se maintenir pour un troisième mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le général Delphin Kahimbi sont photographiés, alignés sur un canapé face au chef de l’État rwandais. Le cliché est publié sur les réseaux sociaux et suscite bien des spéculations, Paul Kagame ayant été régulièrement accusé de parrainer ou menacer le régime de Joseph Kabila, rôle qu’il avait déjà joué auprès de son père et prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du président congolais à son homologue rwandais. Paul Kagame est généralement bref dans ses échanges avec ses voisins, mais cette fois, les émissaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrêtait pas de parler de la situation régionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le général Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basés au Congo -les Forces démocratiques de libération du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du régime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliés tutsis [le RNC est dirigé par le Général Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien régime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait à nouveau exigé des résultats et une coopération pleine et entière de son voisin pour étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation dirigée contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsé un niveau de coopération rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce très long entretien : « À la fin, tout le monde était vraiment satisfait, et s’est félicité pour la sincérité des échanges. Paul Kagame avait même interpellé le général Delphin en l’appelant mon frère Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de manière un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce à un nouveau mandat et se retrouve contraint à s’allier avec le fils de son principal opposant, Félix Tshisekedi, qui s’installe à la présidence. Jeune retraité, l’ex-président conserve le contrôle des assemblées, nationale comme provinciales, des forces de sécurité et se retrouve à la tête d’une fortune considérable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner à installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au régime de son prédécesseur, comme à toute référence au président rwandais. Félix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en décembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraîner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une période intense d’opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’Université de New York relève en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliqués, sans que cela ne suscite de réelles réactions. « Des opérations menées conjointement par Paul Kagame et Félix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communauté internationale, elles ne veulent toucher ni à l’un ni à l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-là d’octobre 2019, dans l’alcôve d’un restaurant quasi désert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais évoque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donné trois mois après sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais démobilisés et des membres de leurs familles sont rapatriés de force au Rwanda par l’armée congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, réclamant tour à tour un dialogue politique et leur réinstallation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrôle d’un régime qu’ils redoutent et sans garanties de liberté et de sécurité.

    Delphin Kahimbi a souvent été à la manœuvre contre les rébellions que le Rwanda était accusé de soutenir, comme celle du M23. Longtemps très critique sur les motivations réelles du Rwanda à mener des incursions sur le sol congolais, le général Kahimbi dit ce soir-là comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir définitivement avec tous ces groupes terroristes et génocidaires », explique-t-il. Nés dans les camps de réfugiés après le génocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mélanges d’officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR) et d’anciens génocidaires à l’origine, sont, plus de 25 ans après, majoritairement composés de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à représenter à peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisième mandat, il redoute la rébellion de demain », finit par pointer le général Kahimbi.

    Entre deux bouchées, le chef du renseignement militaire congolais se félicite des derniers coups portés à ces groupes armés étrangers qu’il a été longtemps accusé lui-même de soutenir. Il se vante d’avoir coordonné en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblématique porte-parole des FDLR, et Théophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvé dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies à Kigali, les deux hommes sont livrés. Interpellé sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent représenter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopère pas, on est complices des génocidaires. Et quand on coopère avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considération pour les droits de l’Homme. Allez dire ça à votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusé à admettre la présence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portés disparus ou assassinés dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multiplié les voyages pour convaincre les armées d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major régional intégré souhaité par le nouveau chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent à rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opérations secrètes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce même officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dû à la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les réseaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’année 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tués, et sur les réseaux sociaux, des officiels et proches du régime de Kigali multiplient les messages de félicitations aux « vaillantes » Forces armées de la RDC (FARDC). Les mêmes ne s’étaient pourtant jamais privés par le passé de les accuser d’être inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa création, le groupe d’experts de l’ONU chargé de contrôler l’embargo avait dénoncé les liens étroits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplétifs, notamment face aux rébellions soutenues par Kigali. Mais la donne change après la défaite de la dernière-née d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opérations de l’armée congolaise et d’attaques de groupes armés hostiles, sur pression du Rwanda et de la communauté internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-là très peu de personnalités de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armée congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pénale internationale, est assassiné avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hanté les forêts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillère négligemment posée sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armée congolaise revendique, elle, cette opération. Dans les jours qui ont précédé, des informations circulaient sur la tenue d’une réunion de haut niveau des leaders de la rébellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui était là, où et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidérant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours été les meilleurs connaisseurs de l’armée congolaise, leurs chefs étaient informés des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des représentants de la société civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines déjà, ils soupçonnent la présence de troupes rwandaises sans parvenir à le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les réseaux sociaux avant même que notre armée ne soit capable de nous confirmer. C’est une manière de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unité et la démocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le même sort. Un ministre rwandais se réjouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forêts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtrière menée début octobre sur son sol, à Kinigi, attribuée à des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait même d’utiliser son téléphone. « Tous les groupes sont infiltrés, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-être pas une simple paranoïa. Quelques jours plus tôt, WhatsApp a annoncé poursuivre en justice une société israélienne, le Groupe NSO. L’enquête de l’ONG Citizen Lab, à la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait démontré que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un téléphone sous écoute, mais également d’ouvrir son micro ou d’allumer sa caméra. Près de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanée avaient été ciblés, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armés basés en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’année 2019, d’autres événements passent plus inaperçus: ceux-là concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait été créé en décembre 2010 par des dissidents du président Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le général Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, Théogène Rudasingwa et un ex-procureur général du Rwanda, Gerald Gahima. Cette même année, le général Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 décembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, étranglé dans une chambre d’hôtel de Johannesburg. À l’époque, le président des FDLR, Victor Byiringiro, dénonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la méfiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusé par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systématiquement massacré combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalé pour la dernière fois ce jour-là à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dès le lendemain et rallier des combattants du RNC réfugiés dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » était plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’Armée patriotique rwandaise [APR, rébellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient à une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est à la fois le beau-frère d’Assinapol Rwigara, financier de la rébellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des dernières opposantes à vivre encore au Rwanda. Cette disparition crée de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en être responsable et d’avoir demandé à ses alliés ougandais d’arrêter ce rival. Sur plainte d’une ONG américaine animé par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera même aux services de sécurité ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur évoque des différends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors même qu’il est porté disparu.

    Mais un autre hypothèse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup porté au RNC et à sa branche armée au Sud-Kivu. Cette disparition émeut jusqu’au sein de la communauté banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au régime de Kigali et qui dit se retrouver prise en étau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisième mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implanté dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communauté et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaît depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana était le chef des opérations militaires du RNC au Congo, il a été tué comme les autres par un commando des forces spéciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapés de son groupe armé qui était parti de chez nous à Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous été décimés ou capturés en juin 2019 dans le Masisi par l’armée rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront présentés le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont été que « récemment » capturés par l’armée congolaise et extradés à Kigali.

  • Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    -Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi le versement d’une aide d’urgence de 363 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo pour combattre la pandémie du coronavirus.

    « La RDC connaît un choc sévère. A mesure que l’impact économique du Covid-19 s’accentue, les perspectives à court terme se détériorent rapidement« , souligne l’institution dans un communiqué, notant en particulier la chute des prix des minéraux, dont les exportations notamment vers la Chine constituent la principale source de revenus du pays.

    « Les autorités ont réagi rapidement, augmentant les dépenses liées à la santé et déployant une série de mesures de confinement » notamment, note-t-elle. Mais ces mêmes mesures ont freiné brutalement l’activité économique du pays.

    « Le déficit budgétaire devrait se creuser cette année compte tenu de la baisse attendue des recettes publiques et de l’augmentation des besoins de dépenses liés à la pandémie« , a commenté Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI, cité dans le communiqué. L’assistance financière d’urgence du FMI est accordée au titre de la facilité de crédit rapide.

    Pays riche en minerais (cobalt, cuivre, coltan, or…), la RDC était déjà avant la pandémie l’un des pays les plus pauvres au monde en termes de revenu moyen par habitant (environ 452 euros par an et par habitant selon des statistiques de la Banque mondiale réalisées avant le coronavirus).

    La récession mondiale attendue cette année, causée par la pandémie, est un nouveau coup dur pour la RDC qui luttait déjà depuis 2018 contre une autre épidémie, celle d’Ebola. Ebola a tué plus de 2.200 personnes dans l’est du pays depuis sa déclaration le 1er août 2018.