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  • LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    LE DECOUPAGE TERRITORIAL DU KATANGA EN 4 : CONDITIONS DE SA REUSSITE AU DELA D’UN SCEPTICISME AFFICHE

    Nouvelle carte RDC-I. PRELIMINAIRES
    Comme un fleuve irrigué par de nombreux affluents, voilà plus de neuf ans  que l’on entend des voix s’élever pour ou contre le « découpage territorial », rappelant l’époque de la tour de Babel  avec son cortège de divisions et d’incompréhensions. Cette cacophonie s’est intensifiée depuis la récente  promulgation de la loi de programmation n° 15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelle s provinces.
    En effet, à la faveur de la révision constitutionnelle sanctionnée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, l’article 226 de la Constitution fut modifié dans le sens de la suppression du délai constitutionnel initial, laissant au législateur le soin d’adopter une loi de programmation déterminant les modalités d’installation de ces nouvelles provinces.
    Ladite loi de programmation – tant attendu – a pour objet la mise en application  de la volonté du peuple congolais. Elle fixe un nouveau calendrier d’installation des provinces qui est conçu en deux phases : la première concerne la Ville de Kinshasa et les quatre provinces actuelles non démembrées ; la seconde, dont la durée ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des commissions, concerne les autres provinces dont le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganyika issues de la province du  Katanga.
    Cette loi définit également les actions à entreprendre en vue de la mise en place effective de ces provinces, parmi lesquelles la désignation des membres de la commission, par le décret du Premier Ministre, chargés d’effectuer des tâches spécifiques notamment,  d’établissement de l’actif et du passif des anciennes provinces.
    En optant pour la « décentralisation », la République Démocratique du Congo (RDC) n’innove pas. Plusieurs pays africains l’ont opté à la suite des crises économiques, sociales et/ou politiques qu’ils ont connu. La décentralisation est souvent perçue comme la panacée pour relever toute une série de défis en matière de développement: reconstruire l’État, combattre la corruption, restaurer la confiance dans le gouvernement, promouvoir des formes de gouvernance plus participatives et lutter contre la pauvreté. En pratique, les choses sont loin d’être aussi simples si, pour d’aucuns, la décentralisation est intrinsèquement une bonne chose à laquelle il convient d’avoir recours en toutes circonstances, il existe cependant un courant de scepticisme important et la RDC ne fait pas exception.
    C’est pourquoi il sied de réfléchir sur les conditions de sa réussite !
    II. AU DELA DES PESANTEURS ET SCEPTICISME AFFICHES
    Depuis que la décentralisation fut introduite dans la Constitution, sa matérialisation en RDC n’a cessée de  rencontrer des pesanteurs qui font que l’urgence de l’application de cette politique fut diversement appréciée. Pour nous en convaincre, nous faisons recours à la situation de la province du Katanga. En effet, au terme de l’article 2 de la Constitution, la RDC compte 25 provinces et la ville de Kinshasa, contre 10 provinces et la capitale actuellement. En clair, il sera procédé au découpage territorial. À ce sujet, le Katanga qui éclate en quatre provinces : le Haut- Lomami, le Haut- Katanga, le Lualaba et le Tanganika. Mais l’on a assisté au chapelet des pétitions et des contre-pétitions sur le découpage ou non du Katanga, lettres ouvertes et prises de position confuses. Tous les coups furent permis.  Certains opérateurs politiques soutenant mordicus le processus compte tenu de leur attachement à de sentiments tribaux et/ou ethniques. Par contre ceux qui sont en défaveur de la décision craignent de perdre certains avantages.
    Au-delà de toutes ces positions, contre-positions, peurs et cauchemars sur le découpage territorial au Katanga, il est impérieux que les antagonistes aient présent à l’esprit que la RDC est un « Etat uni et Indivisible» et la décentralisation, d’essence constitutionnelle soit-elle, n’est pas synonyme de fédéralisme, encore moins de confédéralisme. La ligne de démarcation mérite d’être rapidement tracée…
    Ainsi, nous soutenons qu’il ne s’agit plus de décider si le découpage  territorial  est une option, ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment le mettre en œuvre dans la pratique pour qu’il puisse réaliser les objectifs qu’il s’est fixés en assurant à la fois la stabilité, l’efficacité de l’Etat ainsi que les libertés démocratiques créatrices d’idées et de progrès. Ainsi, la RDC a pris un tournant décisif dans le mode de gouvernance de ses provinces puisque les principes de l’Etat central fortement décentralisé ont été précisés comme fil conducteur pour le fonctionnement des institutions.
    L’on doit effacer les peurs d’être chassés dans telle ou telle autre contrée ou d’aller obligatoirement résider ou travailler uniquement dans sa province dite d’origine car, tout congolais a le droit de s’établir partout ou il veut et personne ne pourra le lui en priver sans violer la Constitution et les droits fondamentaux. Pour ce faire, ayons tout simplement à l’esprit l’idée que  la décentralisation est juridiquement un mode d’organisation des pouvoirs publics. C’est le transfert de certaines compétences de l’Etat à des collectivités territoriales, autonomes financièrement et juridiquement du pouvoir central. Mais en réalité, elle est aussi l’affaire de chaque citoyen car elle modifie profondément ses relations avec les pouvoirs publics. TOCQUEVILLE affirmait par exemple que la centralisation administrative n’était propre « qu’à énerver les peuples » car elle tendait « à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».
    En RDC, les mutations institutionnelles et socio-politiques attendues doivent être comprises comme un élargissement de la démocratie participative pour stimuler la responsabilisation des acteurs à la base. Dans ce sens, la décentralisation offre non seulement des espoirs d’un renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance locale mais aussi des promesses d’une plus grande efficacité et efficience dans l’offre de services adaptés aux besoins locaux et un cadre adapté pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Toutefois, la décentralisation n’apportera une plus grande efficience dans l’offre des services, une meilleure gouvernance locale et ne contribuera à la réduction de la pauvreté et à la consolidation de la paix sociale seulement si certaines conditions sont remplies.
    III. QUELQUES CONDITIONS POUR UN DECOUPAGE TERRITORIAL REUSSI AU KATANGA ET EN RDC
    3.1. Le respect et la compréhension des textes légaux qui organisent le découpage territorial  par le peuple et ses élus
    La culture démocratique veut qu’après la promulgation de la loi de programmation qui détermine, en application de l’article 226 de la Constitution les modalités d’installation de nouvelles Provinces en RDC et pour le cas d’espèces, qui détermine les quatre provinces qui sont issues de la province du Katanga telles que énumérées à l’article 2 de la Constitution, les frondeurs doivent s’incliner et se mettre au pas. Il leur aussi appartient le droit de mener d’autres démarches légales pour que leurs desideratas soient entendus pour un remembrement ou pour un autre démembrement possible. Cela doit cependant se faire dans  le strict respect des normes.
    L’on entend donc par modalités d’installation de nouvelles Provinces, l’ensemble des opérations à effectuer dans chaque Province selon le calendrier d’installation des nouvelles provinces .
    A ce sujet, l’on doit retenir que l’installation de nouvelles Provinces et de la Ville de Kinshasa se déroule en deux phases dont la première phase concerne les Provinces du Kongo Central, du Maniema, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et la Ville de Kinshasa.  La deuxième phase concerne les Provinces du Bas-Uelé, de l’Equateur, du Haut-Katanga, du Haut-Lomami, du Haut-Uélé, de l’Ituri, du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental, du Kwango, du Kwilu, du Lomami, du Lualaba, de Maï-Ndombe, de la Mongala, du Nord-Ubangi, du Sankuru, du Sud-Ubangi, du Tanganyika, de la Tshopo et de la Tshuapa. [ Article 3]
    L’installation des nouvelles provinces issues du Katanga se fait dans les quinze jours suivant la promulgation loi  et pour les besoins de leurs installations, sur proposition du Ministre ayant l’intérieur  dans ses attributions, un Décret délibéré en Conseil des Ministres met en place une Commission par Province à démembrer, ici le Katanga qui comprendra aussi des sous-commissions en vue d’effectuer les opérations relatives à l’installation.
    Composée d’au plus quinze membres à raison de trois membres par sous-commission, la Commission a pour tâches de  :
    – établir l’état des lieux de la Province ;
    – dresser l’actif et le passif de la Province ;
    – repartir, entre les nouvelles Provinces, le patrimoine ainsi que les ressources humaines et financières.
    Il sied donc d’insister sur le respect par l’exécutif national de mettre en place cette commission et que le travail débute sans oublier  l’audit afin de contrer les dissipations et autres manipulations financières et  dissimulations des deniers par les dirigeants sortant !
    3.2. L’avenir du  découpage territorial quand les députés provinciaux demeurent encore acteurs voire actifs
    Dans les trente jours de sa constitution, la Commission présente son rapport des travaux à l’Assemblée provinciale existante qui en prend acte.
    La présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante enclenchent le processus d’éclatement de la Province.
    Il sied de nous poser la question de la légitimité et du sérieux des députes provinciaux qui doivent prendre acte du rapport de la commission afin d’enclencher le processus si l’on sait que la plupart desdits députés sont des godillots comme bien élaboré dans notre livre intitulé « Le parlement provincial pour quoi faire ? » . N’est-ce pas laisser cette charge entre les mains de ceux qui ne partagent pas voire ne portent pas la voix du peuple depuis leurs élections par hasard en 2006 ? Pour le cas du Katanga, comment cette institution – Assemblée provinciale – peut-elle enfin se prendre au sérieux et ne pas demeurer sous le dictat de son « speaker » ennemi du découpage territorial quand ses intérêts sont menacés oubliant que le fédéralisme tant prôné n’est pas loin de ce qui se trouve sur le gâteau ?
    Au regard de la loi de programmation, le quinzième jour suivant la présentation du rapport par la Commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante, chaque Assemblée provinciale de la nouvelle Province se réunit de plein droit en session extraordinaire en vue de :
    1. l’installation du Bureau provisoire dirigé par le doyen d’âge assisté de deux membres les moins âgés ;
    2. la validation des pouvoirs qui vaut pour le reste du mandat à courir.;
    3. l’élaboration et l’adoption du Règlement intérieur ;
    4. l’élection et l’installation du Bureau définitif ;
    5. l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur de Province, conformément à l’article 168 de la Loi électorale.
    La séance d’ouverture est présidée par le fonctionnaire ayant le grade le plus élevé dans l’administration publique de la nouvelle Province.
    La session extraordinaire prend fin à l’épuisement de l’ordre du jour.
    Lorsqu’une Assemblée provinciale ne se réunit pas dans le délai sans motif valable, le Ministre ayant l’intérieur dans ses attributions la convoque en session extraordinaire. Dans ce cas, la séance d’ouverture est présidée par un délégué du Ministre de l’Intérieur.
    La durée de l’installation effective des institutions provinciales ne peut excéder cent vingt jours à dater de la mise en place des Commissions. Voilà donc qu’il est urgent que la commission soit nommée et mise en place et que le travail se fasse sans délai pour que les députés provinciaux ne se refugient derrière le défaut de commission alors qu’ils doivent cette fois-ci sortir de leurs carcans et devenir des tambourineurs justifiant leur existence par les deux attributions fondamentales qui fondent la compétence de tout parlement : adopter la loi des hommes, et contrôler l’Administration chargée de l’appliquer. Cette double justification répond à la théorie de la séparation des pouvoirs de MONTESQUIEU.  Pourtant, le Parlement provincial du Katanga a fait montre de l’amateurisme ou carrément ce qu’il convient d’appeler « l’analphabétisme parlementaire », « l’incultisme  démocratique », etc.
    Il est certes vrai qu’avec les élections passées, nous avions dans une certaine mesure salué la victoire de la démocratie. Mais, une question demeure : Avons-nous choisi des bons acteurs ? La réponse est bien connue de tous. De plus en plus, nous déplorons amèrement la crise de légitimité que les Parlements provinciaux, institutions pivots de la démocratie – traversent. Au Katanga, le gouvernement provincial dominant l’agenda; la cohabitation entre les deux institutions politiques provinciales basée sur les intérêts égoïstes et mesquins ont engendré une gouvernance provinciale peu transparente démocratiquement, et les citoyens se demandant a quand le bout du tunnel ? Serait-ce par  l’installation des nouvelles provinces ?
    De ce qui précède, l’on est en droit de se demander dans quelles mesures, l’Assemblée provinciale qui doit être le symbole de l’expression démocratique joue-t-elle encore un rôle dans le processus de décision politique de nos démocraties dans les nouvelles provinces? Ainsi, avec le lancement du processus d’installation des nouvelles provinces, il sied que les députés réfléchissent sur leur rôle. Il est temps que le Parlement provincial cherche d’apparaître de plus en plus comme une institution à même de répondre aux attentes démocratiques profondes. Sans être le lieu unique des décisions importantes, le Parlement en est bien souvent la condition nécessaire. Il ne doit plus être  « la chambre d’enregistrement » ou mieux « la caisse de résonance »  que l’on dénonce, mais un acteur incontournable dans un système global de production de la norme : lieu de négociation de la décision finale, tribune d’affrontement des idées, meilleur moyen d’assurer un débat transparent et équilibré. Par ailleurs, le Parlement devra être de plus en plus, notamment dans sa fonction de contrôle, comme un acteur à même de répondre à l’exigence croissante de compte-rendu, constituant ainsi des garanties démocratiques : les Gouvernements  provinciaux des nouvelles provinces issues du Katanga devront agir désormais sous le contrôle effectif des parlementaires.
    3.3. L’implication active des citoyens dans le processus
    Presque tous les débats voire « ébats et émois » sur le découpage en RDC sont faits en l’absence du peuple, le souverain et bénéficiaire primaire. Il est donc important que les citoyens soient au centre du processus par implication active dans le processus. En effet, pour que réussisse la décentralisation, le processus doit être inspiré par l’exigence de la population d’une redéfinition des rapports entre l’État et ses citoyens et non être l’œuvre des calculs politiciens. La population locale doit s’approprier la réforme pour veiller à ce que l’esprit de la décentralisation soit respecté, que les dispositions juridiques formelles reflètent ses préoccupations et les réalités dans lesquelles elle vit et que ces dernières soient appliquées. Pour y parvenir de façon efficace, la population doit acquérir un certain nombre de compétences et d’aptitudes, en particulier une bonne compréhension des textes relatifs à la décentralisation. Les citoyens doivent avoir une meilleure compréhension des enjeux et de la manière dont ils peuvent participer et intervenir efficacement au niveau local dans les processus de prise de décisions qui affectent leur vie et leurs moyens d’existence. Fondamentalement, la population locale doit avoir foi dans les réformes et les opportunités qu’elles offrent, être convaincue qu’elle est capable de jouer un rôle important et demander aux collectivités de lui rendre compte de la gestion des affaires locales.
    Reconnaissons cependant que la réalisation de cette condition est un défi majeur en RDC car le chapelet de la pauvreté et l’analphabétisme, freine la participation active et informée des populations locales. Là où l’information existe, elle apparaît souvent tintée des discours partisanes et de division pour faire échec à la décentralisation.
    3.4. Rendre des entités décentralisées et leurs animateurs capables et compétitifs
    Fort de l’arsenal juridique sur la décentralisation, les collectivités locales doivent assurer des services sociaux et économiques (santé, alimentation en eau, éducation, etc.) sur la base de plans de développement locaux. Elles sont censées s’acquitter de ces services dans la concertation et l’équité, en veillant à la pleine participation des communautés qui relèvent de leur autorité. L’une des raisons principales de la décentralisation est d’accroître l’efficience et l’efficacité générales en permettant aux collectivités locales de renforcer leur sensibilité, leur responsabilité à l’égard des citoyens et l’efficacité de la production et de la fourniture de services. Ainsi, le processus de décentralisation est essentiel pour que les instances locales puissent jouer un rôle actif et important en termes de gouvernance locale.
    À court terme, le succès de la décentralisation dépend largement de la mesure dans laquelle la population locale constate qu’elle apporte des avantages tangibles. Étant donnés les niveaux de pauvreté actuels, cette population, qui perçoit les principes de la gouvernance démocratique comme essentiels à l’expression de ses initiatives, veut aussi voir mises en œuvre des mesures concrètes susceptibles de résoudre ses problèmes quotidiens : Installations sanitaires et éducatives inadaptées, alimentation en eau insuffisante, manque d’opportunités en matière d’emploi, de débouchés commerciaux et d’investissement, routes impraticables voire inexistantes, etc. Si les collectivités locales ne peuvent répondre à ces questions, cela compromettra gravement leur légitimité et la possibilité d’opérer des changements structurels dans le mode de gestion des affaires locales.
    Il sera aussi essentiel de renforcer les capacités des autorités locales pour répondre aux défis de la « décentralisation- découpage » et leur permettre d’agir en adoptant une démarche participative, transparente et durable pour réussir à gagner la confiance et la reconnaissance de la population locale, et, à terme, développer et renforcer leur autonomie financière. Reconnaissons cependant, que cela ne sera pas que facile.
    3.5. Fournir un cadre institutionnel favorable qui donne l’autorité et les pouvoirs de décision au niveau local.
    Les textes légaux sur la décentralisation permettent la création des entités territoriales légalement reconnues, dotées d’un budget et d’un personnel propre, ainsi que des pouvoirs de décision sur un éventail de domaines relevant directement de leur compétence. Le principe de subsidiarité et la nécessité de faire en sorte que le transfert de responsabilités s’accompagne d’un transfert simultané de ressources sont reconnus. Toutefois, dans la pratique, cet engagement politique en faveur d’un transfert de compétences connaît des embûches en RDC qu’il faille élaguer au plus tôt. De surcroît, l’absence d’un pouvoir effectif des collectivités locales sur le contrôle de leurs ressources financières compromettra leur viabilité économique et nuira à la légitimité du processus de décentralisation aux yeux de la population locale. Il appert donc nécessaire que tous les boulons d’étranglement du processus de décentralisation soient réellement supprimés afin que renaisse la RDC de ses cendres comme le phénix. Ce n’est donc pas un problème de moyens mais de volonté et vision managériale. Quelles garanties avons-nous qu’en réduisant les provinces de onze a une, la RDC serait nantie en infrastructures et que la misère cesserait ? Aucune et l’on fausserait les prémisses !
    IV. En guise de conclusion !
    Que conclure, sauf affirmer qu’au delà des inquiétudes politiciennes plutôt que citoyennes, il ne nous reste qu’à affirmer que découpage territorial du Katanga – en quatre nouvelles provinces – réussi constituera une réforme politique mettant les élus locaux au défi de répondre aux demandes des populations.
    Il permettra de mettre en relation directe le besoin social tel qu’il est vécu par le citoyen et la décision politique qui lui répond. Il autorisera alors non seulement une réforme de l’Etat par la déconcentration de ses moyens et la réduction de son périmètre d’intervention. Un véritable processus de reconstruction de l’Etat pourrait ainsi être amorcé en s’appuyant sur les communautés de base et les entités décentralisées. Cela est d’autant vrai car, l’espace local constitue, en effet, le lieu d’ancrage de la citoyenneté, le maillon initial des liens sociaux et la base du « vouloir vivre collectif ». Pour cette raison, il est impérieux de favoriser l’émergence d’entités fortes au plus près des préoccupations des citoyens. Mais une gouvernance locale ne peut être efficace que si les relations avec les autres niveaux de pouvoir sont prises en compte, donnant lieu à des échanges, à des négociations et à des actions de coopération. Comme qui dirait l’unité dans la diversité et non dans l’adversité !
    D’ou l’importance des actions à entreprendre pour un découpage territorial réussi et la loi sous examen est explicite quand elle affirme  à son article 10 : «  …dès l’installation de nouvelles Provinces, le Gouvernement de la République initie, en concertation avec les autorités provinciales, un programme d’équipement, de réhabilitation et de construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de nouvelles provinces. Il prévoit, sur une période de cinq ans, un budget pluriannuel d’investissement destiné au financement des travaux prioritaires de nouvelles Provinces. Il procède annuellement à une évaluation des travaux réalisés dans le cadre du programme …. Le rapport d’évaluation de ces travaux est présenté, à chaque session budgétaire, à l’Assemblée Nationale et au Sénat… ».
    Toutefois, pour prévenir les risques d’iniquité territoriale, de dilution des responsabilités et des compétences, l’instauration d’une démocratie locale doit être assortie de politiques complémentaires (renforcement des capacités, déconcentration des services de l’Etat, aménagement du territoire…) auxquelles tous les Congolais devront contribuer.
    Au finish, retenons qu’ « il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu ». Cette observation de Victor Hugo semble pouvoir avec modestie être appliquée à cette contribution pour une découpage territorial réussi au Katanga et partant en RDC.

     

    Dr. Joseph Yav
    ———————-
    – Avocat / Attorney at Law
    – Consultant
    – Professor (University of Lubumbashi:DRC)
  • APRÈS 58 ANS DE CARRIÈRE GLORIEUSE : LUTUMBA SIMARO ABANDONNE LA GUITARE !

    APRÈS 58 ANS DE CARRIÈRE GLORIEUSE : LUTUMBA SIMARO ABANDONNE LA GUITARE !

    Lutumba-Lutumba Simaro Masiya a décidé de se retirer de la scène musicale, après 58 ans de carrière glorieuse. L’annonce a été faite par son Manager, au cours d’un entretien téléphonique avec la rédaction du quotidien kinois, La Prospérité.

    Pour Willy Tafar, deux raisons principales poussent l’artiste à mettre fin à la musique. Le vieux est fatigué, vu le poids de l’âge qui est aussi avancé, a-t-il déclaré, en justifiant la raison première.

    Lutumba Simaro séjourne au pays, depuis deux semaines après un séjour médical de trois mois en France où il a été évacué d’urgence pour le problème de santé. Dès son retour, le leader de l’orchestre BANA OK ramène un bulletin de santé sur lequel le médecin proscrit tout travail devant entraîner la fatigue supplémentaire. Surtout de ne plus se tenir debout pendant très longue temps ou encore moins, de faire une longue distance à pied.

    Il faut noter que le 19 mars de cette année, la légende vivante de la rumba congolaise va totaliser 77 ans d’âge. A cette occasion, apprend-on, il envisage annoncer officiellement, la fin de sa carrière musicale active, à ses fanatiques. Toutefois, l’auteur de la célèbre chanson « Ebalé ya Zaïre » est obligé de le faire parce que son médecin traitant l’attend de nouveau à Paris pour le contrôle.

    En principe, le Poète devait passer sa convalescence à l’Hexagone. Or, cela a été impossible à cause de son visa de séjour qui était déjà arrivé à sa fin. D’où, il a été obligé de regagner le pays pour négocier avec l’Ambassade de France à Kinshasa, une prolongation de visa. C’est après que le Vieux Simaro pourrait alors voler de nouveau, pour le pays de Gaules afin de continuer à subir l’encadrement médical, grâce aux soins appropriés.

    «Ma Prière» : la dernière griffe du Poète !

    Rappelons que le doyen guitariste souffre de problèmes de jambes et autres douleurs cardiaques.

    Qu’à cela ne tienne, il ne jure que sur la sortie de son nouvel album « Ma Prière » qui semble être sa dernière signature sur le marché de disques. Cette compilation musicale sera constituée de six chansons, à savoir : «Ma prière», «Papa Yav», «Maria Victoria», «Toto», «In Memoriam Laurette» et «Okozua ya wapi».

    Né en 1938 à Kinshasa, Simaro est un auteur compositeur chevronné. Il a servi la nation congolaise à travers sa guitare et ses compositions de haute facture. Certaines chansons du Poète ont la valeur d’un livre de la vie, d’un patrimoine national. C’est en 1958 que Simon Lutumba dit Simaro Masiya a débuté professionnellement sa carrière à la guitare rythmique dans l’Orchestre Micra Jazz.

    Un an plus tard, il rejoint le Congo Jazz de Gérard Madiata avec lequel il enregistre «Simarocca». Quelques années après, il sera sollicité par Grand Maître Franco Luambo Makiadi pour renforcer l’orchestration de l’OK Jazz. Ainsi, est-il devenu bras droit de Franco jusqu’à sa mort, décédé en octobre 1989.

    Après la mort de son maître, il fonde en 1994, il avait fondé le groupe BANA OK en compagnie de Josky Kiambukuta, Ndombe Opetum et les autres. Jusqu’à preuve du contraire, Lutumba reste le Président de cette formation musicale, malgré la dégradation lente mais sûre de son état de santé.

    (Source: Facebook)

  • RDC : Festival Amani ou chanter pour la paix dans les Grands Lacs

    RDC : Festival Amani ou chanter pour la paix dans les Grands Lacs

    Musique: Le bayuda du Congo au Festival « Africafestival hertme »-Du 13 au 15 février, la ville de Goma, dans l’est de la RDC abrite pour la deuxième année consécutive le Festival Amani. Un rendez-vous culturel qui se veut “une des étapes vers la paix” dans la région des Grands Lacs. Plus de 33 000 festivaliers sont attendus. Mais aussi des artistes de la région et du continent.

    Après le succès de sa première édition organisée à Goma en février 2014, le Festival Amani revient dans la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Pendant trois jours no stop, du 13 au 15 février, 33 000 festivaliers y sont attendus. Avec un seul mot d’ordre : “Danser pour changer, chanter pour la paix.”

    Derrière l’aspect manifestement festif de l’événement, les organisateurs du Festival Amani cherchent en effet à “établir un climat de dialogue entre les artistes et la population” des Grands Lacs. Une région marquée par deux décennies de violences et de conflits armés !

    Jeune Afrique
  • Sida : ” la RDC parmi les mauvais élèves”

    Sida : ” la RDC parmi les mauvais élèves”

    Ruban-SIDA-Selon Médecins Sans Frontières, plus de 80 % des personnes atteintes du virus du Sida en RDC n’ont pas accès aux soins dont ils ont besoin.
    L’ONG estime que le gouvernement et les bailleurs de fond ne tiennent pas leurs engagements.
    Une situation qui d’après MSF, place la RDC parmi les mauvais élèves de la lutte contre le VIH en Afrique.
    Si les médicaments antirétroviraux sont en principe gratuits, la réalité est tout autre.
    Les patients doivent débourser de l’argent pour leur dépistage et leur traitement.
    Dans un pays où plus de la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, souvent les patients sont obligés de faire un choix douloureux : soit payer pour leur traitement soit acheter à manger.
    Selon les chiffres officiels, le taux de prévalence du SIDA est de 1,2 % en RDC : un chiffre relativement bas, comparé à celui de pays comme la Namibie, où la prévalence est dix fois plus élevée.
    Mais d’après une source proche du programme national de lutte contre le SIDA en RDC, les conclusions de Médecins Sans Frontières sont ‘’volontairement alarmistes et les chiffres largement surévalués.’’

    BBC

  • Gouvernement : Kabila –Matata, long tête-à-tête hier

    Gouvernement : Kabila –Matata, long tête-à-tête hier

    kabila-matata-Reçu en tête-tête par le Président Joseph Kabila, le Premier ministre Matata a visiblement eu du mal à dissimiler la joie profonde qu‟il avait au fond de son coeur. Les journalistes qui ont scruté son visage, au sortir de la longue audience, environ deux heures, ont vu un Augustin Matata rayonnant, sûr de lui. Même si, officiellement, rien n‟a filtré, la seule rencontre entre les deux hommes a suffi pour relancer la rumeur, de plus en plus persistante, sur la reconduction de Matata à la tête du Gouvernement. Que se sont-ils dit ? C‟est la question qui est sur toutes les lèvres après le face-à-face Joseph Kabila- Augustin Matata Ponyo. Les ministrables ont appelé partout pour tenter de pénétrer le mystère qui a entouré l‟entretien entre les deux têtes de l‟exécutif. Des fins limiers de La Prospérité, eux, ont, après recoupement de plusieurs bribes d‟information, réalisé que l‟avènement de la nouvelle équipe gouvernementale est, comme jamais au par avant, imminente. Le Premier ministre Matata Ponyo part avec de fortes chances de conserver son fauteuil. Ildevrait diriger un Gouvernement ouvert à l‟Opposition, particulièrement celle ayant participé activement aux travaux des Concertations nationales. On pense ici à l‟Opposition dite républicaine chère à Léon Kengo.On signale aussi la venue des personnalités politiques en pointe sur le dossier de la révision constitutionnelle. Le nom de Matata circulait déjà Si Matata était reconduit, cela ne constituerait en rien une surprise. Dans la matinée d‟hier, lundi 8 septembre, alors qu‟il inspectait la rentrée scolaire dans certaines écoles de la capitale, Augustin Matata est apparu très détendu, souriant. D‟après certaines indiscrétions, le Chef de l‟Etat a procédé, depuis la semaine dernière, à des consultations de dernières minutes avec ses alliés. Le Palu de Gizenga a été reçu en début de week-end. D‟autres avaient précédé.Hier, c‟était le tour de l‟ARC d‟Olivier Kamitatu. Au-delà de la question des listes des candidats, le Président de la République, Autorité morale de la Majorité, aurait plaidé et soutenu le maintien, pour une année encore, de Matata à la tête du Gouvernement. Ce dernier faisant l‟objet d‟une contestation de la part de certains chefs des partis politiques de la Majorité. L’Opposition radicale non concernée Du côté de l‟Opposition dite radicale, la venue du prochain Gouvernement est un non événement. A l‟Udps, l‟on s‟attend tout simplement à la conquête de l‟impérium. L‟Unc, le MLC ainsi que d‟autres formations politiques d‟opposition qui comptent avaient déjà dit non et attendent le calendrier électoral global comprenant la présidentielle en 2016. Il reste à savoir jusqu‟où ira la cohésion nationale annoncée. Pour ce, il faudra attendre la sortie du Gouvernement pour voir sa composition.

    La Prosperite

  • De quoi on se mêle si les Etats-Unis accueillent leur marionnette « Joseph Kabila » ….

    De quoi on se mêle si les Etats-Unis accueillent leur marionnette « Joseph Kabila » ….

     whitehouse2J’ai toujours pensé, et si j’avais bien compris, que des Congolais luttent généralement pour l’indépendance et la souveraineté de la RD-Congo. Mais je suis surpris de constater que les mêmes qui parlent d’indépendance de la RD-Congo n’hésitent pas à porter des calicots, soit à produire une écriture, ici je m’adresse particulièrement aux intellectuels congolais, qui invitent et rappellent à Obama, c’est-à-dire aux États-Unis dont la politique étrangère n’est pas du ressort du Chef de l’État mais plutôt de l’État profond, sa promesse de sauvetage de la RD-Congo. Des congolais comptent sur lui et lui demandent, et ce dans un état de faiblesse étonnant, d’avoir en quelque sorte pitié du pauvre nègre congolais qui n’en peut rien de lui-même.

    La classe politique, le pouvoir comme l’opposition politique au Congo, fait le voyage des États –Unis quand elle est tout simplement convoquée par une institution sous le contrôle de la CIA. Attention, car il ne faut point aborder la question de cette façon pour ne jamais courroucer le samaritain sur qui la demande est faite. Et ceux qui l’écrivent ou adoptent cette position que même les Américains ne comprennent voudraient que nous autres applaudissions ou apprécions. Que des Congolais nous disent comment ils sont hypnotisés par les Anglo-saxons, comment ils aiment faire le voyage des États-Unis et aller débattre des questions de souveraineté nationale face aux étrangers et loin du pays. Et après on dira que les Américains ne les respectent pas.

    Voilà finalement à quoi ressemble la classe politique congolaise quand personne ne se montre homme et assez courageux pour dire je ne vais pas aux Etats-Unis. Aucun respect !

    À vrai dire, pendant que je souffre, je peine à suivre et me demande souvent si réellement des Congolais savent ce qu’ils veulent pour la RD-Congo. Le comportement reste indigne de l’indépendance et de la souveraineté que nous ne semblons mériter.

    Que « Joseph Kabila » fasse le déplacement des Etats-Unis, ce que je trouve évident, des Congolais s’en plaignent. Que la marionnette soit reçue par ses maîtres, c’est le même discours et attitude chez les Congolais qui n’admettent pas que les États-Unis puissent se permettre cet impair pour eux. Je ne dirais pas que j’ai honte mais j’essaye de saisir le pourquoi du retard, voire du tâtonnement qui caractérise ce que les Congolais reconnaissent tous comme étant le combat pour la libération du Congo.

    Et aujourd’hui, beaucoup se plaignent que le pauvre Ewanga soit arrêté. Et le voilà seul croupir, et ce comme le Vieux Tshisekedi hier et tant d’autres dans les prisons du maréchal. Voilà ce qui arrive à une élite ou à un peuple qui en se moquant de son passé reproduit les mêmes fautes qui font souffrir des individus presque inutilement alors que le savoir du passé pouvait aider à éviter des souffrances moins efficaces.

    On reproduit la roue face à un adversaire dont le seul mérite est de se multiplier pour fatiguer ses proies. Bon, après tout que chacun fasse ce qu’il veut selon ce que son intelligence peut comprendre et que les autres poursuivent leur marche.

    Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila

     Mufoncol Tshiyoyo

    Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
    Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo
    004745007236

  • Le 17 mai 1997 ou le 2 Aout 1998, je pose ma question

    Le 17 mai 1997 ou le 2 Aout 1998, je pose ma question

    Interview de M. Tshiyoyo Mufoncol sur la liberation de la RD Congo!-Pour l’histoire et des générations à venir, se suis désagréablement surpris d’apprendre que des Congolais commémorent la date du 2 Août 1998 comme étant celle du début d’agression de la RD-Congo. Je voudrais pour ma part souligner que le 17 mai 1997 marque la date d’agression de la RD-Congo. Et le 2 Août n’est que la suite, je dirais logique, ou le prolongement du 17 mai 1997.
    En effet, les différentes armées ( éthiopiennes, soudanaises, érythréennes, ougandaises, rwandaises, burundaises, bref des nilotiques) qui s’emparent de Kinshasa le 17 mai 1997 par le beach Baramoto du côte de Kingabwa, et il fallait les voir, cette masse soldatesque, et ceux qui entrent par l’Aéroport de N’djili en provenance de Bandundu, à ne pas oublier l’infiltration de quelques éléments de services de renseignement militaire déjà présents sur place à Kinshasa qui y perpétraient des crimes et y tuaient des gens, ne sont jamais parties de la RD-Congo et ce jusqu’à ce jour. On ne quitte un pays que l’on vient d’occuper et ce du jour au lendemain surtout que Laurent Désiré Kabila faisait la chasse aux militaires Congolais de la DSP et autres EX-FAZ.
    Quand nos enfants, notre jeunesse prêtait ses bras en transportant, qui des armes, qui des sacs à dos de ceux qui marchaient triomphalement à Kinshasa et qui étaient présentés comme des “Kadogo” pendant que leur morphologie les trahissait, et que certains d’entre – nous chantaient et dansaient, et que dans certaines ruelles, nos mamans accueillaient en étalant à même la terre leur pagne pour que des envahisseurs y marchent dessus, les Congolais dans leur ensemble tombèrent dans un piège de ce qui ressemblait à peu près au départ de Mobutu mais en réalité l’accueil était celui des armées d’occupation. Le 17 mai 1997 se transforme en une occupation militaire. C’est le jour de honte où nous avons tous vendu notre pays par le biais d’un conglomérat d’aventuriers, ces fameux Kabilistes et qui ne se gênent même pas aujourd’hui de relever le visage et de parler du Congo. À votre place messieurs et dames, j’apprendrais à me taire.
    Je ne menace personne mais j’enrage. Car j’en connais le véritable prix: l’exil

    Shame on you….!

    Likambo ya mabele, likambo ya makila…
    Mufoncol Tshiyoyo
    Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
    Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, Facebook Mufoncol Tshiyoyo
    004745007236

     

  • Lettre ouverte au Peuple congolais

    Lettre ouverte au Peuple congolais

     

    Joël Asher Lévy-Cohen *
    Joël Asher Lévy-Cohen *

    -‘‘L’Autorité divine qui ordonne au Roi d’être juste défend au Peuple d’être esclave’’
    Maximilien de Robespierre
    Par Joël Asher Lévy-Cohen
    Peuple congolais,
    Le lundi 28 novembre 2011, des élections frauduleuses manifestement cautionnées par la Communauté internationale qui ‘‘sponsorise’’ le génocide en République démocratique du Congo ont reporté au pouvoir le général-major Joseph Kabila Kabange. Fort de cette imposture aux allures de sélection par les puissances étrangères, ce dirigeant-gendarme a complètement verrouillé l’appareil de l’État. Il a muselé le système politique et le jeu démocratique au point de violer comme bon lui semble l’édifice constitutionnel, pourtant largement placé au-dessus de sa volonté personnelle. Aussi a-t-il confisqué les entreprises publiques. Celles-ci sont pratiquement devenues la vache à lait du clan familial, la caverne d’Ali Baba des intérêts politico-militaro-maffieux et tribalo-ethniques.
    À ce propos, la République démocratique du Congo est, à vrai dire, fort éloignée de la prédiction faite par l’oracle belge Louis Michel, d’ailleurs tuteur autoproclamé du jeune tyran, selon laquelle Joseph Kabila Kabange est, à n’en pas douter, ‘‘une chance inestimable pour l’avenir de ce géant d’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs’’. En effet, depuis le coup d’État sanglant du 17 janvier 2001 ayant éliminé physiquement le chef mercenaire postmarxiste et poststalinien Mzee Laurent-Désiré Kabila, votre pays demeure englué dans la crise de légitimité politique. Depuis ce pronunciamiento rendu possible par les forces armées angolaises et zimbabwéennes et ayant porté au pouvoir cet ancien sociétaire des forces de défense rwandaises (FDR), votre État demeure paralysé à tous points de vue.
    Paralysie politique accentuée par la volonté de confisquer indéfiniment le pouvoir et l’absence de concorde entre toutes les familles de pensée. Paralysie économique aggravée par des politiques publiques sans consistance et sans clarté, sans direction précise et, surtout, sans orientation sérieuse. Bref des politiques publiques qui bradent indéniablement le patrimoine national et mettent littéralement le pays en coupe réglée.
    Paralysie sociale indubitablement accentuée par l’absence de volontarisme politique, de cohérence administrative et d’adhésion populaire et, surtout, la mise en place d’un système éhonté de racket des revenus de travailleurs, ainsi que des fonds affectés au développement humain. Paralysie culturelle aggravée par l’inversion des valeurs morales et de la pyramide de compétences techniques et professionnelles, faisant naturellement de votre Congo le seul et unique pays de la planète où ‘‘l’intelligence est incontestablement au service de la médiocrité et de la bêtise’’. Le seul et unique pays du monde où ‘‘les gens sans foi ni loi gouvernent au détriment de la multitude et de la Collectivité publique’’.
    Peuple congolais,
    Depuis le 26 janvier 2001, date de l’assermentation présidentielle de Joseph Kabila Kabange, votre Pays, la République démocratique du Congo n’existe véritablement que de nom. C’est, en réalité, un État comateux, végétatif, avec un peuple somme toute zombifié. En effet, la puissance publique et administrative est incapable de se déployer concrètement sur l’ensemble du territoire national. L’Autorité politique et gouvernementale de l’État, incarnée par ce dirigeant adoubé par des intérêts internationaux, est évidemment incapable de défendre l’intégrité physique du pays. Elle s’avère, par voie de conséquence, inapte à protéger ses limites territoriales.
    Depuis cette date, votre Pays est délibérément enfermé dans un cul-de-sac irréversible. Otage d’un système cautionné par les tenants du désordre international, la République démocratique du Congo ne peut absolument pas décoller. Votre État, pourtant doté d’immenses ressources physiques et matérielles, ne peut, en aucune manière, entrevoir à moyen, court et long terme, comme perspective souhaitable voire respectable, le développement économique de la Collectivité publique ainsi que le progrès social de sa population. Cela est d’autant plus vrai que les concepteurs et promoteurs du génocide en terre congolaise, en l’occurrence les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ancienne puissance coloniale, la Belgique, ont décidé le parrainage à Kinshasa d’un pouvoir totalement faible. Celui-ci est, en fait, animé par bon nombre de mercenaires locaux et étrangers avec qui ils pourraient négocier, en tout temps et en toute quiétude, l’effondrement du château national. Et ce à vos dépens.
    À preuve, leur obsession pathologique à parrainer coûte que coûte des gouvernements d’union nationale qui servent de blanchissage, donc de recyclage, aux massacreurs du droit international, aux violeurs des libertés fondamentales et aux assassins des droits de la personne humaine qu’ils brandissent, pourtant, à titre de rempart et de préservation de la paix et de la sécurité. À preuve, leur soutien inconditionnel à tous les criminels et génocidaires au service de leurs causes funestes, qu’ils présentent comme une solution viable et incontournable à la crise qu’ils ont artificiellement provoquée pour l’affaissement de la Collectivité publique. À preuve, leur acharnement à vous embarquer dans d’autres dynamiques politiques présentées à tort comme la panacée à la crise dont pâtit, depuis des lustres, le pays.
    À cet égard, point n’est besoin de céder au chant des sirènes. Point n’est besoin de participer activement au processus électoral dans lequel la Communauté internationale, promotrice attitrée du génocide au Congo, compte vous embarquer en 2016. En effet, comment peut-on s’engager, en toute franchise et en toute sincérité, dans une dynamique électorale d’ailleurs pilotée par les mêmes fossoyeurs de la République démocratique du Congo ? Comment peut-on s’engager dans un processus politique et électoral curieusement vicié voire délibérément corrompu par les pupilles de puissants intérêts internationaux ? Comment peut-on s’engager dans un processus politique et électoral préalablement piégé et malignement détourné, dont les profondes causes ne sont jamais sérieusement traitées voire même résolues, et dont les conséquences prévisibles sont manifestement niées ?
    Peuple congolais,
    Il y a bel et bien eu, le lundi 28 novembre 2011, des scrutins présidentiel et législatif. Dans le secret des urnes et malgré le cafouillage délibérément provoqué cette journée, le vainqueur que vous avez désigné est connu de tous. Y compris de cette même Communauté internationale promotrice du génocide en République démocratique du Congo. À preuve, celle-ci a effectivement envoyé à Limete son ‘‘fondé de pouvoir’’ à Kinshasa en vue de signifier de vive voix à votre avocat de céder le pouvoir politique à l’imposteur étranger au cas où il ne lui plairait aucunement de nommer ‘‘Léon Lobitch’’, de sinistre mémoire, à la tête du gouvernement pourtant national. En d’autres termes, les résultats desdites consultations ont été, à vrai dire, l’œuvre des intérêts extérieurs qui récusent votre émancipation. Quelle démocratie de pacotille !
    Comme il en est vraiment ainsi, il vous appartient, en réalité, en tant que Souverain primaire, d’exiger sans concession, sans condition et sans compromis, le retour à la démocratie. Cela passe par la reconnaissance officielle de sa défaite électorale par l’imposteur et sa disponibilité permanente à assurer la passation des pouvoirs avec le vrai vainqueur des élections présidentielle et législatives du lundi 28 novembre 2011. C’est de cette seule manière que le processus politique en République démocratique du Congo sera complètement relancé, remis sur les rails. Toute autre solution en réalité échafaudée dans le but d’ignorer carrément votre volonté politique sera vaine. Elle est purement et simplement vouée à l’échec.
    Peuple congolais,
    Ne prêtez point le flanc aux distractions émanant directement des fossoyeurs de la République démocratique du Congo recyclés, contre toute attente, en défenseurs patentés de la Nation. Devant leurs élucubrations et gesticulations qui ne sont point sans rappeler les mimiques du singe moqueur du chasseur et perché dans un arbre, posez-vous la question de savoir pourquoi ceux-ci ont effectivement tué dans l’œuf la véritable Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992, pourtant salvatrice de la Nation et de l’État. Posez-vous, sans gêne et sans retenue, la question de savoir pourquoi en leurs temps de gestionnaire politique et administratif du pays, ils ont étranglé votre démocratie et, surtout, asphyxié votre liberté. Pourtant, la promotion de cet esprit d’indépendance et de dignité par cette plénière devrait permettre à votre Collectivité publique de décoller et, par voie de conséquence, de s’inscrire parmi les Nations les plus dignement développées.
    Méfiez-vous comme de la peste de celles et ceux qui vous abreuvent à longueur de journée de purs mensonges. Ils vous font accroire dans leurs propagandes qu’ils disposent des agendas de Kabila, qu’ils maîtrisent jusque dans les moindres détails l’emploi de temps de l’imposteur. Ces derniers donnent l’impression qu’ils sont capables d’un baroud d’honneur qui n’est pas sans rappeler les exploits intrépides d’un certain justicier du cinéma d’action ‘‘Rambo’’. Cependant, plus les années passent tranquillement, plus l’on se rend compte que ce sont, à n’en point douter, des ‘‘bluffeurs’’ attitrés.
    Peuple congolais,
    Méfiez-vous comme de la peste de celles et ceux qui prennent des initiatives spectaculaires au profit des populations de l’Est du pays. Ce sont, en réalité, des opérations destinées à endormir l’opinion publique nationale. Ces acteurs sont, en fait, des chevaux de Troie du pouvoir en place pour infiltrer les forces de l’Opposition politique et non-armée. Ils sont au service de mêmes intérêts sordides qui ont placé au pouvoir tous les criminels maffieux qui ont dirigé ou dirigent la République démocratique du Congo. En vérité, ceux-ci dînent nuitamment avec vos geôliers et vos bourreaux. N’oubliez jamais qu’ils ont eu l’outrecuidance de fabriquer artificiellement tant le CV que la biographie de l’étranger doublement imposteur et mercenaire qu’ils prétendent combattre avec acharnement aujourd’hui !
    Méfiez-vous viscéralement de l’Opposition dite institutionnelle et républicaine. Ces gens ne sont pas vos représentants nationaux. Ils siègent dans les institutions de la République démocratique du Congo pour nouer les deux bouts du mois. Ils y sont pour échapper uniquement aux affres du chômage et de la précarité matérielle. Ils y sont pour des besoins alimentaires, la satisfaction de leurs tubes digestifs. Ils n’y sont pas pour défendre effectivement vos droits les plus sacrés. Ceux-ci sont, à n’en pas douter, ‘‘la caution morale’’ de l’imposture politique. Aussi sont-ils effectivement ‘‘le paravent’’ du système dictatorial, d’ailleurs parrainé par la mafia internationale à vos dépens. En vérité, ce sont eux qui ‘‘légitiment’’ le fameux coup d’État électoral du lundi 28 novembre 2011, lequel est entièrement préjudiciable aux intérêts vitaux du sanctuaire national et dommageable à la prospérité et la sécurité de la Nation.
    Peuple congolais,
    Aujourd’hui, vous avez certes le choix. Un choix somme toute cornélien. Soit rester indéfiniment esclave en participant activement ou passivement à votre propre mort lente, d’ailleurs, décidée de l’extérieur. Dans ce cas, vous êtes sans nul conteste complices et coauteurs de votre propre sort. Soit vous faire violence en acceptant d’arracher votre liberté et votre dignité au prix du sang des Martyrs. Dans ce cas, vous acceptez d’écrire l’histoire de la liberté humaine en lettres de feu et d’or.
    À cet effet, il vous revient d’utiliser tous les moyens en votre possession afin d’arracher votre indépendance et votre souveraineté. Ce qui vous permettra d’assurer sans contrainte, sans entrave, votre avenir et le devenir de vos enfants et petits-enfants. Ce faisant, ayez toujours à l’esprit cette maxime du révolutionnaire et avocat français du 18e siècle, Maximilien de Robespierre : ‘‘Le premier principe des hommes libres est d’exterminer tous les traîtres’’.
    À bon entendeur salut !
    Joël Asher Lévy-Cohen
    Journaliste indépendant